Petit rappel : Les pensées du personnage en POV sont en italiques et le début et la fin des flash back sont marqués en gras.

N'hésitez pas à me laisser un petit mot doux dans les reviews et bonne lecture ;)

Les choses se corsent pour Sasuke ! ;)


« 'suke ! » fit une voix.

Il grogna un coup. Il n'aimait pas se faire réveiller de la sorte.

« Sasuke ! » Recommença-t-elle plus fort.

Encore 5 minutes. Il avait mal partout, il voulait dormir encore. Un petit peu. Il avait dû déménager quasiment l'intégralité de l'appartement de l'inspecteur Hatake. Cela n'avait pas vraiment de lien avec son plan, mais en tant que maniaque il avait espéré que cela pourrait bien embêter l'inspecteur gênant.

Le faire chier, oui.

Pas vraiment de raison d'être poli, il se parlait à lui-même après tout.

« Réveille-toi ! » reprit Ino le sortant ainsi de son monde onirique..

Il ouvrit à moitié son œil droit et aperçu Ino en compagnie de ses cheveux remplis d'adn gênant. Elle fronçait les sourcils dans une vaine tentative de l'intimider. Inutile, c'était lui le danger ici, pas elle.

Sauf si on parle de sa cuisine...

« Laisse-moi, Ino, retourne dans la cave. » Fit un Sasuke grincheux qui se retourna face au mur dans l'espoir de pouvoir retourner plus vite dans le monde des rêves. Pour une fois qu'il passait une bonne nuit, il avait envie d'en profiter encore un peu.

« Tu vas être en retard en cours ! » répliqua cette dernière, bien décidée à ne pas abandonner.

Sasuke émit un bref « pffff » en réponse à cet acharnement futile et qui était censé faire comprendre à cette agaçante prisonnière que cela n'avait pas d'importance pour lui.

« Et ton plan pour l'inspecteur ?! » Lui rétorqua la blonde en essayant de trier vers elle la couverture que le brun tenait bien serré contre lui.

« M'en fiche » lui jeta-t-il au visage en s'enroulant un peu plus dans sa couverture ne laissant visible qu'un front pâle marqué par la trace gracieuse d'un oreiller.

Soudain, elle lâcha sa prise et Sasuke n'entendit plus rien pendant quelques secondes. Sûr que son argumentation sans failles avait fait faiblir cet insupportable moulin à paroles blond qui le harcelait, le sociopathe fut déçu de l'entendre monter sur son lit, encore plus de la sentit se pencher au dessus de lui. Ses cheveux blonds virent lui chatouiller le front et il eut un frisson quand elle lui chuchota ces mots près de son oreille :

« Si tu arrives en retard en cours, je vide la poubelle dans toute la maison, je me roule dedans et après je m'ouvre les veines sur la moquette de ta chambre. »

Sasuke ouvrit ses yeux qui s'arrondirent instantanément dû à la grande quantité de lumière déjà présente dans la pièce et il se releva d'un coup sans l'aide de ses mains. Avant d'avoir eu le temps de laisser Ino ajouter quoique ce soit de plus il sauta dans la salle de bain, non sans oublier de prendre de quoi se changer.

Elle avait trouvé la faille.

Une telle menace ne pouvait être prise à la légère, le sang était l'une des pires choses à nettoyer. Surtout celui de cette fille, si ses souvenirs étaient bons.

En descendant dans la cuisine après sa douche express, il eut la surprise de voir son petit-déjeuner de prêt face à une prisonnière un peu trop fière de son plan machiavélique. Il la regarda d'un air qui se voulu menaçant mais il se heurta au rire amusé de sa colocataire qui ne le prenait pas au sérieux.

Il se vengerait deux fois pour la peine, foi d'Uchiwa.

Ce n'était pas parce qu'il était en retard qu'il perdait le nord, il avait tout de même enfermé Ino dans la cave au cas où l'inspecteur se serait décidé à faire un petit tour pendant son absence (qui serait sans doute dû au remue-ménage de la veille.). La prisonnière avait prit de quoi manger (pour au moins 3 semaines...) et était descendue bien sagement, non sans un petit sourire narquois que Sasuke ne put reconnaître, n'ayant pas encore abordé avec elle ce qu'était le sarcasme ou encore ce qu'étaient les marques de l'amusement et du rire.

Il sorti en courant de chez lui. En jetant un bref regard dans la rue perpendiculaire il reconnu Obito Tobi, l'inspecteur pot-de-colle, sortir de sa voiture et y re-rentrer précipitamment après avoir vu Sasuke sortir de chez lui. Il le vit démarrer sa voiture et se mettre à le suivre comme à son habitude.

Pourquoi être sorti de sa voiture ? Il comptait venir le réveiller ou quoi ?

Il chassa ces pensées et poursuivit sa route jusqu'au lycée en courant. 7h54 : il ne lui restait que six minutes pour arriver au lycée, monter les deux étages qui le mèneraient en cours de Physique-Chimie à l'heure. Il allait y arriver ! Pourquoi n'y arriverait-il pas ?

Il élança ses jambes comme jamais.

D'habitude en sport, il trottinait à petite vitesse ne pouvant pas aller vite sur de longue distance, mais là, ses jambes parcouraient une grande distance en peu de temps et ce, sans difficulté que ce soit dans ses jambes ou au niveau de sa respiration. Sa condition physique avait évolué dans le bon sens. C'était une bonne nouvelle, il ne devait surtout pas être en retard.

Car au lycée d'élite de Konoha le retard n'était pas toléré, ainsi si un élève arrivait en retard il devait attendre la demi-journée suivante pour se présenter en classe, afin de ne pas ''perturber l'apprentissage de ses camarades''. Mais avec le Grand Manitou et ses toutous, tous les élèves de sa classe étaient en permanence dérangés dans leur apprentissage et cela ne semblait pas déranger l'administration plus que ça.

Cette mesure d'une sévérité sans nom, ''c'est abusé'' dixit Ino à l'époque où elle allait encore en cours, était aussi faite pour punir l'élève en question qui devra rattraper les cours de toute une demie journée pour seulement cinq petites minutes de retard. Sans compter un appel aux parents et une heure de retenue...

Sasuke passa le portail quelques secondes avant que le gardien ne le ferme. Et malgré toute sa bonne volonté de poursuivre dans cette optique, il marcha sur l'un de ses lacets, défaits par sa courses, et s'étala par terre dans toute sa longueur.

Sa montre lui indiqua l'heure : 8h01

Merde !

Il était en retard pour la première fois de sa vie.

Il fallait espérer que ses parents ne répondraient pas à l'appel du lycée mais surtout il ne faudrait pas qu'Ino en ait vent : les tâches de sang, c'est pas très feng shui. Et en plus, ça n'irait définitivement pas avec la décoration de sa chambre qui arborait des couleurs dans les tons bleus foncés, plus propices à l'endormissement, ce qui est important quand on est (habituellement) insomniaque comme Sasuke. Depuis quelque temps, sa qualité de sommeil s'était améliorée, c'était sûrement dû à la fatigue de devoir supporter Ino une journée entière. Un exercice complexe qui demandait une grande quantité d'énergie.

« Dommage Suzette. T'étais pourtant si bien partie* ! » Ricana une voix agaçante qu'il ne connaissait que trop bien.

Sasuke tourna la tête et fit face à Sai, tout sourire, avec son téléphone ramené devant le visage, visiblement en train de filmer le tout.

Super.

Il leva les yeux au ciel, bien que personne ne put le voir en raison de l'épaisse paire de lunettes qu'il n'avait sur le nez et que par miracle, il n'avait pas oublié de mettre avant de partir. D'ici quelques minutes, les réseaux sociaux seront inondés de la vidéo d'un pauvre sociopathe s'écrasant par terre comme une pomme tombée d'un arbre, tout ça pour ne pas arriver en retard. Newton aurait pu prouver sa théorie avec ça. Et il avait quand même réussi à être en retard.

Attends. Retard ?

Qu'est ce que le Grand Manitou et ses amis faisaient dehors ? Et le cours de Physique ?

Devant l'air interrogateur du lycéen à Lunette, Kiba lui répondit que le prof était absent.

Sasuke souffla de réconfort, au moins, il pourra assister aux autres cours de la matinée. Il se releva rapidement et épousseta ses vêtements puis lança en toute discrétion un regard à la voiture de l'Inspecteur Obito qui partait. Sasuke espérait qu'il avait apprécié ce spectacle.

Shion, Ayame, Shino, Choji et Udon l'aperçurent de loin s'approchèrent de lui, il amorça un geste pour les suivre quand il entendit le groupe de Sai ricanant bien fort les yeux accrochés sur le téléphone de ce dernier, il devait sûrement être en train de regarder la vidéo que le Grand Manitou venait tout juste de filmer. Kiba intercepta le regard de Sasuke et baissa immédiatement les yeux et se mit à fixer un point invisible sur le coté, les lèvres pincées. D'après le livre des émotions : cela était de la honte. Il semblait au lycéen aux grosses lunettes que le Grand Manitou et Toutou n'étaient plus sur la même longueur d'onde. Cela pourrait expliquer pourquoi, malgré le fait que Kiba connaisse l'adresse de Sasuke, Sai n'était toujours pas venu le voir chez lui.

Bien. Deux heures à ne rien faire.

Shion lui fit signe de le suivre vers l'endroit de la cour dans lequel ils avaient l'habitude de traîner en dehors des heures de cours, sans réfléchir il s'approcha d'elle et il la suivit par pur automatisme quand le portail s'ouvrit de nouveau sous les regards ébahis des élèves qui savaient tous qu'une fois le Styx fermé, personne n'avait le pouvoir de le rouvrir.

L'Inspecteur Hatake s'avança dans la cour du lycée. Son apparence physique s'était encore dégradée : sa chemise était tâchée à plusieurs endroits et était à moitié rentrée dans son pantalon, sa cravate d'ordinaire bien droite était de travers et ses cheveux étaient hérissés à la verticale sur son crâne. Sasuke déglutit difficilement, il sentait que quelque chose n'allait pas. Il eut la sensation que tout n'allait pas se passer selon le plan. Il sentit soudain une chaleur dans sa main : Shion venait de la lui attraper et suivant son exemple : Udon s'accrocha aux épaules du lycéen à lunettes.

Merde, Ino.

Ils avaient fait des réserves pour elle, elle pouvait vivre un petit moment sans son intervention. Pourquoi penser à ça maintenant ? Pourquoi ?

Les cours de Yoga !

Il inspira et expira, il le sentait. Cette boule dans sa gorge qui prenait plus de place à chacune de ses inspirations compliquant de ce fait sa respiration, il savait à présent ce qu'elle était : du stress. Il fallait qu'il s'en débarrasse : sous son influence, il ne pouvait rien faire. Sa pire faiblesse. Il inspira et expira de nouveau tentant de garder sous contrôle sa respiration.

Dans la cour du lycée privé de Konoha, tous les élèves avaient stoppé leurs activités et leur attention était concentrée sur un homme aux cheveux argentés qui se planta au milieu d'eux. A en croire le peu que l'on pouvait voir de son visage : il cherchait visiblement quelqu'un. Défigurant ainsi chaque élève que ses yeux croisaient. Lorsque ses yeux noirs vides se posèrent sur Sasuke. Il reprit son ascension lentement sans le lâcher du regard.

Il s'approcha d'un groupe d'élèves qui, effrayés, reculèrent lentement jusqu'à Sai. Le brun populaire se mit devant ces derniers, le torse bombé comme pour les protéger. Tous regardaient Hatake avec méfiance. Hinata les rassura : il s'agissait d'un policier et en plus il travaillait régulièrement avec son oncle. Mais ses amis n'en furent pas rassurés pour autant, ils la dévisagèrent un moment et se pressèrent tous un peu plus derrière Sai qui toisait le policier de loin et lui envoya un regard farouche auquel le policier ne fit pas attention. Et finalement il les dépassa sans leur accorder la moindre attention.

L'homme de loi s'avançait en zigzaguant dans la direction du brun sociopathe. Sasuke eut un mouvement de recul et profita du fait que ses camarades ne s'intéressaient pas à lui pour s'engouffrer à l'intérieur du bâtiment qui se trouvait à environ deux ou trois mètres d'eux. Il ne pensait pas que Hatake viendrait jusqu'au lycée pour régler ses comptes. Il fallait qu'il s'éloigne, l'Inspecteur ne semblait pas très frais et il ne faudrait pas qu'il s'en prenne à quelqu'un du lycée.

Tous les élèves avaient leurs yeux rivés sur l'homme au masque et tous retenaient leur souffle d'angoisse. Furtivement, il se défit de la prise de Shion qui d'un regard le supplia de revenir vers eux. Il fit quelques pas mais avant qu'il put atteindre l'entrée, Hatake l'interpella :

« UCHIWA ! » Hurla l'homme dans la cour.

Si cela n'avait été son nom de crié, Sasuke aurait pu croire qu'il s'agissait d'un hurlement d'animal torturé tant cette voix n'avait rien d'humaine.

« Pour qui tu te prends, petit merdeux ?! » Fit l'homme le plus âgé tout en avançant dans sa direction.

Il continua sa route et se retrouva face à Shion, Ayame et Udon qui se collèrent les uns aux autres. Shion attrapa la main d'Ayame, Udon se mit derrière Shion et cacha ses yeux derrière l'épaule de son amie plus vaillante.

Dans les yeux de ses amis, Sasuke voyait une lueur qu'il connaissait : c'était celle qu'il avait vu dans les yeux des personnes qu'il avait fait partir de ce monde. Cette lueur, cela devait dire qu'ils étaient sûrement en plein effroi. Les yeux onyx de Sasuke s'arrêtèrent sur la main d'Ayame que Shion serrait fort à en laisser des traces.

« Tu crois que j'ai pas vu clair dans ton jeu ? » Reprit l'inspecteur en posant doucement sa main contre quelque chose qui se trouvait à sa ceinture.

Étrangement, il sentit au fond de lui-même, quelque chose se déclencher. Quelque chose bouger. Alors qu'il avait très bien géré sa respiration jusqu'à présent, celle-ci devenait folle. Plus l'Inspecteur s'approchait de ses amis, plus elle s'affolait. Où étaient passés Choji et Shino ?! Pourquoi ces trois-là qui sont ceux sans défense avaient été laisser seuls ?

Puis quand l'Inspecteur dépassa ses amis sans même leur jeter un regard, sa respiration ralentit.

Qu'est ce qui venait de se passer ?

« Tu te crois plus fort que moi ?! Meilleur que MOI ? JE SUIS LE MEILLEUR ! » Continua l'Inspecteur en crachant ces mots du plus profond de sa gorge. A chaque pas que l'inspecteur faisait vers Sasuke, il voyait un peu mieux les traces de la folie dans le regard de son homologue policier : ses yeux rougis, écarquillés mais surtout vides. Il continuait, inlassablement, de caresser une pochette noire attachée à sa ceinture.

« Je sais ce que tu as fait, tu crois que tu peux me décrédibiliser ?! Que mes collègues préféreront écouter tes mensonges à mes vérités ? » fit encore l'inspecteur.

Il fallait absolument l'éloigner des filles et d'Udon, surtout si ce qui se trouvait dans sa pochette était comme Sasuke le pensait : une arme à feu. Il fallait trouver quelque chose, n'importe quoi. Alors que Hatake poursuivait sur sa lancée, prêt à en découdre avec le sociopathe, Sasuke leva les mains en l'air en signe de reddition.

« Quoi ? C'est tout ?! » Hurla Hatake de haine au visage de Sasuke qui n'ajouta pas un mot même lorsque Hatake arriva à quelques centimètres de lui.

« Montre-moi ton vrai visage. » murmura le policier avant de simplement le gifler si fort que Sasuke s'écroula sur l'asphalte sous la force du représentant de l'ordre. Les lunettes de Sasuke partirent s'écraser plus loin.

Et pour la première fois depuis leur première rencontre, Sasuke croisa de ses yeux nus, les yeux de l'Inspecteur. Il n'avait plus son masque alors que la cour était bondée de monde ! Comment allait-il paraître normal devant les autres ?!

Il avait l'impression de se retrouver nu devant une foule immense, dans un endroit froid et hostile.

Tout le monde pouvait maintenant le voir tel qu'il était vraiment. Un monstre assoiffé de sang, monstre qu'il était devenu contre son gré. Il sentit sur lui les yeux de toutes les personnes présentes dans la cour, ne regarder que lui comme s'il était une bête de foire. Il sentit des palpitations dans son cœur, son souffle se fit court, sa bouche s'assécha subitement et une envie irrépressible de vomir prit possession de son être tout entier. Tout le monde le regardait.

« Alors c'est ça, le vrai toi ? » Fit sombrement l'Inspecteur avant de se jeter sur Sasuke et de lui asséner un puissant coup de poing au visage, qui fut suivit de coups qui tombèrent sur lui avec une violence qu'il n'avait jamais connue jusqu'à lors et sans qu'il n'arrive à se défendre. L'Inspecteur était bien trop fort pour lui et il n'avait pas prit de seringue.

Sans comprendre, il entendait des hurlements dans tous les sens. Il sentit son bras droit, placé en défense entre lui et l'inspecteur, se casser sous la violence des coups. Sa jambe en tension sous lui pour le maintenir se tordre sous l'action de l'homme le plus âgé. Il réussi à tourner la tête pour voir certains de ses camarades s'affoler tandis que Sai et ses amis encourageaient le policier en tapant dans leurs mains. C'est bien, le Grand Manitou et ses toutous ne perdaient pas le nord. D'un coup, des hurlements plus forts se firent entendre et il sentit un poids supplémentairement sur lui, accompagné de cheveux rouges vifs qui dépassèrent au dessus de la tête de l'inspecteur Hatake.

Karui !

Elle s'était hissée sur le dos du policier et essayait vainement de retenir l'Inspecteur par les bras. C'était mauvais, personne ne devait s'en mêler ! Elle était en danger !

« Ça va, Sasuke ?! » Lui lança Karui qui essayait tant bien que mal de l'aider à gérer le policier devenu fou.

Hatake attrapa d'une main les cheveux de la jeune fille et tira si fort qu'il la fit tomber à terre la tête la première. Puis d'un simple coup de pied, il l'envoya valser à deux mètres d'eux. La rousse à fort caractère émit un son de douleur, mais ne se releva pas. Ce cris fit frémir Sasuke sans qu'il ne parvienne à déterminer la provenance de cette réaction.

« Karui ! » cria-t-il machinalement.

Il ne devait pas laisser quelqu'un d'autres être blessé par le policier, c'était son problème et personne d'autre ne devait en être mêlé. Il tenta de réunir ses dernières forces et mit celles-ci dans un unique coup de pied bien placé sur l'entre jambe de l'inspecteur. Ce n'était pas un mouvement très fair-play mais il devait à tout prix contenir l'Inspecteur.

Hatake eut un mouvement de recule mais avant qu'il ne puisse s'en prendre de nouveau au lycéen à lunettes, des professeurs hurlants accompagnés de Shino et Choji arrivèrent jusqu'à eux dans la précipitation. Monsieur Yamato se détacha des professeurs et se plaça entre Hatake et Sasuke. Il sembla dire quelque chose à l'Inspecteur Hatake mais ce dernier ne lui offrit comme réponse qu'un simple grognement animal.

Sasuke n'écouta pas la discussion entre les deux adultes et profita de cette distraction pour se jeter sur Karui, il vérifia son pouls rapidement et sa tête. Elle respirait. Mais sa tête avait cogné violemment le sol bien qu'il n'y eut pas de sang, il fallait une ambulance au plus vite. Il était fort probable qu'elle ait une commotion cérébrale au vu de la violence avec laquelle l'Inspecteur l'avait jeté par terre. Sasuke essaya vainement de la faire réagir, mais elle resta inconsciente, il sentait dans sa poitrine son cœur frapper si fort qu'il en ressentait des difficultés à respirer. Il contempla le corps de la jeune fille inconsciente qui avait tenté de le sauver et n'eut qu'une question en tête.

Pourquoi ?

Pourquoi avait-elle fait cela ? Pourquoi s'était-elle jetée sur l'Insecteur?

Avait-elle voulu ... l'aider ? Mais ils n'étaient même pas amis !

Habituellement personne ne venait jamais l'aider, pour quoi que ce soit, et ce depuis tellement de temps qu'il s'y était habitué et à un point que cela lui semblait normal que personne ne lui demande jamais comment il allait.

Pourquoi est-ce que tout le monde s'inquiétait pour lui maintenant ? Ça n'avait aucun sens ! Tout le monde l'ignorait habituellement. Pourquoi maintenant les gens faisaient-ils attention à lui ? Plus personne ne pouvait rien faire pour lui et le fait que personne ne se souciait jamais de lui, lui allait maintenant parfaitement bien ! Pourquoi tout doit toujours changer ? C'était avant qu'il avait besoin d'eux, maintenant c'était trop tard pour lui, trop tard pour l'aider !

C'était AVANT qu'il fallait s'occuper de lui ! C'était quand il était sorti de l'hôpital abandonné à la fin de l'été après avoir été séquestré, torturé, violé pendant trois mois qu'il fallait venir L'AIDER ! C'était quand il avait tué pour la première fois : quand il avait massacré à coups de couteaux le malheureux postier qu'il fallait lui demander s'il ALLAIT BIEN !

Pas maintenant qu'il était trop tard pour retrouver l'humanité qu'il avait perdu ! Il s'était écarté du droit chemin et personne n'avait été là pour le rattraper, lui demander de revenir ou le consoler.

Il avait toujours été tout seul et il n'y avait aucune raison que cela change !


Elle remit un peu d'ordre dans le pot en verre et le remplit à nouveau d'eau. Ces beauté ne devaient surtout avoir soif, elles étaient si belles.

Enlever les fleurs fanées.

Les jonquilles étaient ses préférées. Elle était contente qu'il s'en soit souvenu. Face à l'ouvrage finis, elle sourit.

La porte d'entrée s'ouvrit et elle l'entendit rentrer.

Ah ! Il était enfin là ! Il lui avait tant manqué !

Certes, ils s'étaient vus ce matin avant qu'il parte au travail mais elle n'avait jamais aimé la solitude. Elle jeta fièrement un dernier regard à son œuvre et sortit de la cuisine en direction du couloir.

Il retira ses chaussures et vint poser sur son front un tendre baiser. Ils échangèrent un regard complice puis il l'embrassa de nouveau mais cette fois-ci sur les lèvres avant de la serrer dans ses bras. Elle respira son odeur qu'elle connaissait maintenant par cœur, un mélange de cannelle et de vanille. S'enfonçant plus dans ses bras, il aimerait ne jamais les quitter.

Elle passa sa main dans les cheveux noirs corbeau de son amant qui frissonna sous ce geste tendre. Il était plus jeune qu'elle, mais était d'une grande maturité pour son âge.

22 ans ! Elle qui en avait déjà 29 !

Ses épaules fortes, ses bras chaleureux, sa respiration réconfortante, son odeur agréable. La chaleur de son corps contre le sien lui faisait tant de bien.

Elle, qui avait tant souffert. D'une tristesse inconsolable. De solitude. De la froideur de l'autre.

NON !

C'était odieux de l'appeler ainsi. Il avait toujours été là pour elle, il avait été un amant parfait et un mari exemplaire... enfin au début. Même avec toute la force de sa volonté, elle n'arrivait pas à lui pardonner tout le mal qu'il lui avait fait.

Rin voulait se convaincre que jamais cet abandon n'avait été volontaire, que jamais il n'avait voulu lui faire du mal. Que Kakashi l'avait toujours aimée, aussi fort que le jour où il l'avait demandé en mariage, aussi fort que la première fois qu'ils avaient fait l'amour. Mais plus elle y pensait plus elle ne voyait que les défauts de l'homme avec qui elle avait passé, les soi-disant meilleures années de sa vie. Ses défauts à lui et ceux de leur vie ensemble étaient la seule chose dont elle se souvenait.

De son ancien mariage, il ne lui restait maintenant qu'un goût amer de solitude et de nourriture froide. D'espoir de le voir arriver et de simplement la prendre dans ses bras.

Mais il ne savait parler que de son travail, que penser à son travail. Elle avait l'impression de n'être rien d'autre à côté.

Au début, elle s'était pensé égoïste. De le vouloir toujours près d'elle. De toujours vouloir avoir de ses nouvelles au cours de la journée même s'ils allaient se revoir à la fin de celle-ci, notamment à cause de son travail parfois dangereux. Avec lui, elle avait toujours pensé que faire passer son travail avant quoique ce soit c'était normal. Qu'elle ne soit toujours que secondaire.

Elle avait toujours pris sur elle pour le bien de leur couple.

Maintenant, elle savait que l'égoïste n'avait toujours été que Kakashi.

Que d'attendre des heures entières, inquiète de ne pas avoir de réponses à ses appels et ses messages, n'était pas normal.

Qu'attendre des heures pour qu'il rentre, n'était pas normal.

Qu'il préfère écrire ses rapports à l'Hôtel de Police plutôt qu'à la maison où elle pouvait profiter de sa présence, n'était pas normal.

Qu'il préfère enquêter sur ses jours de congés pour que l'enquête avance plus vite plutôt de passer un peu de temps avec elle, n'était pas normal.

Que d'annuler un repas en amoureux au dernier moment parce qu'il y avait de l'avancement dans l'enquête, n'était pas normal.

Que toujours privilégier son travail sans jamais se soucier de ce qu'elle ressentait, n'était pas normal.

Que de lui répondre qu'elle en faisait trop quand elle lui en parlait, n'était pas normal.

Qu'il minimise toujours tout ce qu'elle pouvait ressentir, n'était pas normal.

Que face à la Justice elle n'était rien pour lui, n'était pas normal.

Elle se détacha lentement du corps de son amoureux qui lui adressa un regard langoureux avant de s'enfiler dans le couloir qui menait au salon. Il s'installa sur le canapé, elle le surprit avec un thé qu'elle lui amena. Il avait travaillé très dur aujourd'hui.

Il prit la tasse en la remerciant puis la posa sur la table. Face à la surprise de sa compagne, il lui prit le bras et la tira vers lui. En un instant, elle se retrouvait à moitié affalée sur lui et à moitié affalée sur le canapé bleu turquoise.

« OK, mais d'abord : câlins ! » avait déclaré tout sourire l'homme qu'elle aimait, en lui caressant doucement les cheveux.

Qu'il était agréable de se sentir aimé, s'être prise dans des bras, consolée, respectée. Elle savait que Kakashi l'avait aimé, un jour au moins. Mais elle avait besoin de quelqu'un qui lui montrait cet amour et qui ne l'ignorait pas quand elle était malheureuse. Elle n'était pas un objet que dont on pouvait disposer quand on le souhaitait.

Que serait-elle devenu sans cet amour pour la sauver ?


« KAKASHI ! LES MAINS EN L'AIR ! » Hurla de toutes ses forces Obito. D'une puissance telle qu'elle lui venait du fond de son âme, il maintenait le contact visuel avec Kakashi avec beaucoup de difficulté. Il ne voulait pas voir ça. Voir son meilleur ami s'en prendre à un gamin et le frapper sans conscience était quelque chose de plus dur à voir que les cadavres sur lesquels il avait eu à enquêter.

Un professeur avait tenté de se mettre entre Kakashi et le gamin mais son collègue et ami n'en avait fait qu'une bouchée. Il tenait le môme par le col, prêt à lui faire passer un mauvais moment bien que le gosse eut l'air d'avoir déjà bien reçu. Obito tenta de garder son calme.

Mais merde ! Il pointait pour la première putain de fois de vie sa putain d'arme en direction de son meilleur ami.

Il aurait voulu crier, hurler, pleurer. Qu'on lui dise que c'était faux, mais il ne se heurtait qu'aux yeux froids et méfiants de Kakashi.

Après avoir ''accompagné'' Sasuke jusqu'à l'école, il avait vu Kakashi sur le trottoir en face, aller en direction du lycée marchant comme s'il était dans un état second. Il avait écouté son instinct qui lui disait de retourner au plus vite auprès du gamin avant qu'il ne se passe quelque chose de grave.

« Rends-toi, putain » fit-t-il serrant les dents, renonçant de lâcher des larmes devant l'homme qu'il aimait le plus au monde.

« Obito, t'es sérieux là ?

- C'est toi qui est sérieux ? Merde ! T'agresses un putain de gamin, Kakashi ! » répliqua Obito, tremblant de tous ses membres.

« C'est un criminel ! Obito, ouvre les yeux ! » Hurla Kakashi, le regard complément fou.

Il ne voulait pas le faire. Il ne voulait pas le faire. Il ne voulait pas le faire.

Il ne voulait pas que l'une de ses balles traverse le corps de Kakashi. Ni l'une des siennes, ni celles de personne.

« Kakashi, putain ! S'il te plaît !

- J'ai tout les preuves ! J'étais venu l'arrêter, ça a mal tourné ! » Se justifia Kakashi.

« Obito, baisse cette arme. » Reprit Kakashi d'un ton autoritaire.

« Toi, lâche ce gamin, d'abord ! Après on parle. » Obito était à deux doigts de pleurer, comment la situation avait autant lui échapper ?

Kakashi avait toujours été maître de ses émotions mais ces derniers temps c'était comme si son ami c'était tout simplement écroulé. Pourtant il avait essayé de le relever, de le consoler, de l'aider mais Kakashi n'avait fait que le rejeter loin de lui et avait refusé son aide.

L'homme aux cheveux argentés s'était toujours cru mieux que les autres. Et c'était vrai que dans une majorité des cas, Kakashi était bon, il était très bon. Le meilleur d'entre eux, même. Mais pour son bien, parce que c'était son ami, c'était aujourd'hui qu'Obito prenait le dessus lui. Pour Kakashi, il lui tiendrait tête. Parce qu'il déconnait, parce que aujourd'hui c'était lui qui avait besoin de son aide. C'était Obito lui porterait secours cette fois-ci, qu'il le veuille ou non !

« Lâche ce gosse ! » Affirma-t-il une voix forte, confiante et pointant plus durement son arme dans la direction de son collègue.


Réponses aux reviews :

Sakka-Sensei: Oui je saiiiiiis :3. Bon, j'imagine que le soulagement n'a pas duré longtemps, hihihi. Qui est donc l'amant de Rin ? Bonne question ;). Merci à toi, bisous !

Guest: Aaaah qui sait si tu as juste ? On le saura bientôt. A la prochaine et merci, bises.:)


A bientôt pour la suite !