Bonsoir ! Après plusieurs mois d'absences, je reviens enfin. Le syndrome de la page blanche vient et squatte chez moi un petit moment puis repart, à croire qu'on est bons copains lui et moi ! ;)
NOTE: Je viens de retrouver le véritable chapitre 25 comme une grande fille ! Youhou !
N'hésitez pas à me laisser un petit mot doux dans les reviews pour me dire ce que vous pensez de ce chapitre et bonne lecture ;)
« Sasuke ! Est ce que tout va bien ?! » Hurla Shion en larmes.
Il grommela une réponse un peu brouillon, peu de chance pour que quelqu'un comprenne, mais il ne pouvait pas faire mieux : son menton était trop douloureux pour pouvoir être bougé.
« Amenez-le devant le grillage, en attendant les pompiers. » décréta Tobi Obito, son sauveur pour la journée, voire même pour les prochains mois.
D'un coté, Shino le portait en lui tenant un bras et une jambe et de l'autre coté, Choji faisait de même. Ils avancèrent jusqu'au grillage suivit d'un groupe de lycéens qui faisaient office de bouclier et qui jetaient des regards en arrière, soucieux de l'arrivée imminente du Policier belliqueux. Ils le posèrent tout en douceur sur le trottoir. Il fut rejoint quelques secondes plus tard par Hinata qui tenait la main de Karui, l'amenant vers le sociopathe avec douceur. Lançant parfois des regards inquiets à son amie qui se tenait la tête, visiblement encore secouée de la violence dont elle avait été victime. Quand Sasuke entra dans son champ de vision, la rousse se libéra de la prise d'Hinata et s'avança vers lui enjouée :
« Ça va ? Il t'a pas loupé en tout cas. » Lui fit-elle en venant s'asseoir à ses cotés sur le bord du trottoir, Hinata à sa suite.
Il baissa la tête pour tenter de confirmer les dires de la lycéenne mais fut incapable de réaliser ce projet, son être entier lui faisait mal. Il ne savait pas quelle tête il avait, mais s'il se fiait uniquement aux différentes douleurs qu'il ressentait de là et part dans son corps : l'inspecteur ne l'avait effectivement pas raté. Finalement les courbatures de ce matin n'étaient pas grand-chose à coté de ce qu'il ressentait, Ino allait tirer une de ces têtes quand elle le verra rentrer... il allait sûrement passer encore une semaine à être choyer par elle.
« Et toi, comment tu sens ? » Répondit Sasuke chassant de ses pensées Ino qui avait tendance à s'y introduire sans son consentement.
« Bah, j'ai l'habitude... » Elle tourna la tête et regarda le ciel comme s'il allait lui répondre puis revenant vers Sasuke, elle lui dit :
« Je suis contente qu'il t'ait pas trop abîmé. Tu sais… on pourrait croire qu'un simple coup de poing pourrait te casser, tellement tu es petit et maigre. »
Sasuke prit une respiration qui resta bloquée dans ses poumons ; comment ça ''petit et maigre'' ? Certes, toutes les filles de classe y compris Shion, Ino et Hinata pourtant considérées comme ''petites'' étaient plus grandes que lui, mais cela ne voulait pas dire que ça durerait toute sa vie …. si ?
« Finalement t'es assez costaud, t'as tout encaissé ! Et sans hurler. » Karui lui fit une très légère tape sur l'épaule puis prenant conscience de son geste, elle s'excusa presque instantanément, avant même que Sasuke ait pu émettre le moindre bruit de douleur.
« Bah, j'ai l'habitude... » lui répondit-il. Karui émit un rire timide à cette réponse.
Oula.
Qu'est ce qu'il venait de se passer ?
Avait-il vraiment fait rire quelqu'un ?
C'était quelque chose de réellement étonnant. Il faudrait qu'il en parle à Ino...
Dans les couloirs trop clairs de L'Hôtel de Police Iruka faisait les cents pas, ils devaient arriver dans très peu de temps. Tsunade était déjà de retour dans son bureau, elle avait dû écourter ses congés et de ce fait elle était d'une humeur explosive s'il se fiait à ce qu'il entendait depuis la pièce principale de la police régulière.
Assis à son bureau qui se trouvait en face de celui, vide, de son coéquipier, il trifouillait des papiers dans l'espoir de les ranger. Mais il fut obligé de se rendre à l'évidence, cela ne servait à rien : il n'avait vraiment pas la tête à ranger ou même travailler. Il ne savait pas ce qui se passait, tout ce qu'il savait c'était qu'Obito avait appelé des renforts et il avait seulement dit que Kakashi était en danger, il n'en fallait pas plus à l'homme à la cicatrice pour se faire un sang d'encre.
Il voyait ses collègues de la police travailler, l'air de rien alors que lui se sentait mal, mal d'être si impuissant pour aider son ami. Mal, de ne pas réussir à gérer ses émotions alors que ses collègues restaient parfaitement sereins tout en sachant qu'il était sans doute arrivé quelque chose à Kakashi. Genma avait essayé de le rassurer mais seuls les mots de l'inspecteur aux cheveux blancs pourront avoir cet effet.
D'un coup, la porte du bureau de Tsunade s'ouvrit dans un fracas et leur cheffe apparu le visage sévère :
« Guy, tu t'occupes de faire tourner la maison pendant que je ne suis pas là. Iruka, Genma et Hayato : suivez-moi. On va avoir besoin de vous. »
Kakashi... Pensa anxieusement le policier à la queue de cheval en suivant sa cheffe.
Ils traversèrent les couloirs de l'Hôtel de Police dans le silence total. Tsunade avait toujours cette même expression sur son visage habituellement chaleureux, ses collègues quant à eux restaient d'un calme olympien. Et pourtant face à tant de professionnalisme, il n'arrivait à se saisir de son courage pour demander plus d'explications à sa cheffe. A peine, ils étaient arrivés au niveau du secrétariat qu'Iruka entendait des hurlements et autres cris. Quelqu'un avait-il fait rentré des animaux ou bien ?
« C'est un scandale ! » Hurla à qui voulait l'entendre le professeur Yamato, le visage rouge de colère.
« Monsieur, s'il vous plaît... Veuillez attendre votre tour. » Tenta vainement la secrétaire.
Elle avait du mal à gérer à elle seule tous les civils qui venaient de faire éruption dans l'Hôtel de Police. Il y avait au moins un cinquantaine de personnes, majoritairement des adolescents et quelques adultes. Iruka ne savait pas pourquoi ils étaient là, mais ils avaient l'air prêt à en découdre.
« C'est un scandale, je vous répète ! J'exige de voir quelqu'un de haut placé sur le champ ! » Ne démordit pas le professeur de sport du Lycée privé de Konoha.
« S'il vous plaît, veuillez vous mettre en rang. Nous allons prendre vos dépositions. » Réitéra la secrétaire.
« C'est honteux un comportement pareil, HONTEUX ! » Ajouta sa collègue, professeure de mathématique : Madame Mitarashi en tapant du poing sur la table.
« Que se passe-t-il ici ?! » Intervint finalement Tsunade, la voix forte.
Elle se trouvait dans l'embrasure de la porte en direction du couloir qui donnait sur les bureaux de la Police régulière de Konoha. Elle analysa la troupe de personne qui se tournèrent dans sa direction au son de sa voix, un troupeau de moutons dirigés par deux loups professoraux.
« Il se passe Madame, » Appuya fortement le professeur Yamato en signe d'insolence : « qu'un policier a agressé l'un de mes élèves et que je ne tolérerais pas que l'on s'en prenne à l'un d'entre eux. » Sa collègue de maths poursuivit le réquisitoire de son collègue :
« Les Policiers doivent protéger les citoyens et non pas leur faire du mal. Comment je suis censée dire à mes élèves de faire confiance à la Police et les encourager à venir ici en cas de problèmes, quand la Police elle-même a agressé gratuitement et sans aucune raison l'un de leur camarade.
- Comment ça ?
- Iruka, reste neutre. » Murmura Tsuande à l'encontre de son collègue plus jeune.
« Vous allez défendre votre collègue bec et ongle, et bien... nous allons défendre bec et ongle notre élève. Lui et une camarade qui a voulu le défendre sont actuellement à l'hôpital.
- D'autant plus qu'il s'agit d'un élève très discret. » Reprit un professeur aux cheveux longs.
- Et qui n'a jamais provoqué aucun problème au lycée !
- Et dont les parents sont très hauts placés ! » ajouta encore un autre professeur avec des lunettes.
« Exactement. Nous voulons tous porter plainte pour préjudice moral : cette agression a choqué tous les élèves du lycée. Une cellule psychologique a déjà été mise en place par la direction.» En conclu Yamato lançant à Tsuande un regard de défi.
« Monsieur, je vous pris de me suivre. Nous allons passer aux interrogatoires et prendre la dépositions de chacun d'entre vous. Genma, Hayato, emmenez-les dans la salle principale et installez-les. Demandez à Choza, Tsume et Shibi de nous aider à faire les dépositions.
- Bien, Madame. » Firent solennellement les deux coéquipiers en une même voix.
« Iruka, tu restes ici avec moi. On doit accueillir quelqu'un...» Chuchota Tsuande à l'oreille de l'inspecteur à la cicatrice pendant que le troupeau de moutons était évacué vers les bureaux de la Police régulière.
Il déglutit avec difficulté, l'attente anxiogène de voir arriver l'un des hommes les plus importants de sa vie : blessé. Mais le soulagement ne vint pas quand il vit finalement passer l'entrée de l'Hôtel de Police, Kakashi avec des menottes poignets tenu fermement par le bras par Obito qui avait un visage grave qu'il n'avait jamais vu. Des larmes coulèrent dès que son regard croisa les yeux froids de son ami enchaîné. Il chercha du soutien au près de l'inspecteur du lunettes qui détourna son regard de lui.
« Kakashi...
- Ne t'inquiète pas Iruka. Je gère.
- Tu gères rien du tout, Kakashi. » Gronda la voix de Tsuande qui avança à grands pas de lui jusqu'à se retrouver à sa hauteur. « Je t'avais dit de laisser ce gamin, tranquille. »
Iruka voyait dans les yeux de leur cheffe de la déception. Puis l'évocation du terme "gamin" lui déplût, il ne parlait tout de même pas...
« Quoi ? Encore le fils d'Uchiwa ?
- Heureusement que je le suivais, le gamin. » Continua l'Inspecteur Tobi en avançant vers les cellules toujours en tenant fermement son collègue et ami par le bras.
Ils passèrent les couloirs dont les néons lui brulèrent les yeux, ou bien était-ce ses larmes qui ne cessèrent de couler qui lui irritaient les yeux. Il ne saurait trop dire. C'était comme une vision d'horreur, l'image qui se présentait à ses yeux maintenant ne semblait même pas réelle tant cette scène semblait si peu probable. Il n'y avait de mots pour décrire ce qu'il ressentait à ce moment-là. Kakashi, son modèle, son grand frère était derrière les barreaux.
Comme un criminel.
Comme ceux qu'il s'était promis de trouver et d'arrêter. Comment avait-on pu en arriver là ? Il savait que Kakashi n'était pas au meilleur de sa forme depuis que Rin l'avait quitté mais il ne pensait pas que son ami était dans un état si déplorable. S'il avait su, il l'aurait aidé ! N'importe qui le connaissant lui serait venu en aide. Pourquoi n'a-t-il pas tout simplement demandé de l'aide? Avec ce masque qu'il s'était imposé de porter, il était difficile de savoir s'il allait mal.
« Je vais aller récupérer le petit pour le ramener au poste. Je pense qu'on peut toujours se gratter pour que ses parents fassent le déplacement...
- Oui, vas-y Obito. » A ces mots, l'homme brun partit promptement sans se retourner, sans un regard pour son ancien ami. Silencieusement, Tsunade ordonna à Iruka de suivre son collègue d'un regard. Mais il ne pouvait pas bouger, il était comme collé au sol. Il ne pouvait pas abandonner Kakashi ici.
Et le laisser là.
Seul.
Avec les autres détenus, comme s'il était l'un d'entre eux mais Iruka connaissait la vérité.
« On reviendra te voir quand tu seras calmé.» Dit-elle avant de tourner les talons. Elle prit Iruka, qui restait immobilisé de stupeur, par le bras et le força à faire marche arrière.
« Mais il est coupable, j'ai toutes les preuves contre lui ! Elles sont chez moi. » Cria-t-il depuis sa cellule à s'en railler la voix.
Tsunade soupira et revint à sa hauteur avec lassitude :
« Elles sont chez moi. Allez-y. Dans un coffre dans mon bureau.» Reprit l'homme au masque, plus confiant.
Elle s'approcha de lui, méfiante, et posa sa main sur l'un des barreaux de la cellule de l'inspecteur. De quel genre de preuve pouvait-il bien disposer pour accuser un adolescent d'un meurtre ?
« C'est ta dernière chance, Kakashi.
« Fais-toi plaisir. » Lui répondit l'homme, comme un défi.
Du blanc.
Le plafond était blanc. Les murs étaient blancs. Les draps étaient blancs. Les meubles étaient blancs.
Tout était blanc.
Mais pas un blanc apaisant, mais plutôt un blanc angoissant qui lui rappelait de mauvais souvenirs. Depuis cet été, il haïssait les hôpitaux. Leur simple vue lui mettait les intestins à l'envers et il sentait en permanence une odeur imaginaire de brûlé qui lui prenait à la gorge. Il avait l'impression que le feu pouvait commencer d'un instant à l'autre, dans ses narines il sentait l'odeur pestilentielle de chair brûlée l'attraper au ventre.
Entre la voisine à gauche ne faisait que se plaindre de ses douleurs et l'homme en face était un vieil ivrogne qui braillait sur chaque personne qui passait à son niveau, il sentait que sa tête allait exploser. Cela faisait tout juste deux heures qu'il attendait dans ce box blanc aux urgences avec toujours ces douleurs à l'épaule et au genoux. Ses radiographies des genoux n'avaient pas montré de fractures, ce qui était déjà en soi une bonne nouvelle mais son épaule était malheureusement disloquée. Il voulait juste rentrer chez lui et se réfugier dans la cave.
Comme une habitude, son cœur s'emballa et comme à chaque fois les souvenirs de cet été lui revenait en mémoire. Il ne fallait pas penser à cet été, surtout pas. Non ! NON ! Il sentit une brique se former dans son ventre et sa salive s'acidifier pour préparer sa bouche à un éventuel prochain rejet qu'allait mettre en œuvre son estomac, pas très content de toutes péripéties.
Je ne veux pas rester ici.
Personne ne pouvait venir le sauver, comme la dernière fois. Il se recroquevilla sur lui-même, sa vision était devenue floue, il ne distinguait aucune forme. Il n'arrivait pas à voir la porte, il ne pouvait même pas s'enfuir !
Que quelqu'un vienne me chercher. Supplia-t-il intérieurement. Mais malheureusement pour lui, Ino ne risquait sûrement pas de sortir de sa cave pour voler à son secours. Elle était bien verrouillée dans la cave.
Il attrapa sa gorge à deux mains, essayant vainement d'aspirer le plus d'air possible mais son souffle restait coupé. Comme si sa gorge était enflée ou que quelque chose obstruait le passage. Il n'arrivait plus à respirer.
A l'aide ! Pitié !
« Hé, tout va bien ?! »
La personne à qui appartenait la voix en question s'approcha de lui brusquement par derrière et glissa sa main, bien plus épaisse, à l'intérieur de celle de Sasuke. De son autre main, la personne qu'il supposait être un homme caressait son dos de long en large. Il chuchotait dans le creux de son oreille inlassablement " Ça va, tout va bien." Le va et vient constant le rassurant et progressivement son angoisse s'en alla aussi vite qu'elle était venue. Il n'avait même pas réaliser qu'on le touchait et quand il s'en apparu ne ressentait aucune gêne de ce contact. Pourtant, c'était un étranger.
« Comment tu te sens ? » Reprit l'homme en murmurant. Entre deux respirations, Sasuke parvint à sortir un "oui" fatigué, comme s'il avait couru un marathon. Qu'est ce que cela pouvait être épuisant. Il passa sa tête au dessus de son épaule et fit face à l'homme qui l'avait aidé.
« Je suis l'infirmier qui s'occupe de toi. Tout va bien. » Fit l'homme tout sourire, caressant toujours son dos.
L'infirmier avait de longs cheveux attachés en une queue de cheval qui lui arrivait en bas du dos. Mais ce que Sasuke avait vu en priorité, c'était son sourire. Le sourire de cet homme était... brillant, comme une étoile en peine nuit. Il aurait pu continuer à le regarder éternellement. Il avait des yeux en amande, qui trahissait une origine asiatique, profondément noirs et cernés mais qui n'enlevait pas cette espèce de sensation qu'il ressentait. Une sorte de sécurité, il se sentait bien avec lui.
D'un geste doux il prit la main droite de Sasuke, comme pour ne pas l'angoisser plus. Le lycéen le vit regarder la cicatrice qui entourait* son poignet et mettre en place le cathéter sans évoquer le sujet :
« On va mettre des calmants en plus des antalgiques, ok ? » Sourit bienveillant l'homme cerné.
« D'accord. » Lui répondit-il, complétement hypnotisé par les gestes experts de l'infirmier. Après un temps qu'il ne saurait définir, passer à le contempler entrain de travailler, il zyeuta le nom de l'homme : "Hoshigaki".
Étrange comme nom, mais pourquoi pas.
« Comment tu sens ? » Lui demanda l'infirmier qui abaissa son visage au niveau de son jeune patient.
Ses yeux lui inspirèrent de la confiance et l'odeur de brûlé qui avait stagné dans ses narines bien trop longtemps fut remplacée par celle de l'homme qui sentait la vanille. Le plus jeune ne savait pas quoi répondre à cette question, il n'avait pas été préparé à cela. Jamais personne avant Ino ne la lui avait posée avec une réelle envie de connaître la réponse. A elle, il pouvait dire la vérité mais pas à l'homme en face de lui.
Il plongeait ses yeux en plein dans ceux de Sasuke, le regardant fixement dans détourner le regard. Il était peut-être un peu tard pour le sociopathe lorsqu'il réalisa que ses lunettes étaient tombées par terre au moment de sa crise d'angoisse. Il était nu comme un vers face à un parfait inconnu. La seule à avoir vu ses yeux sans masque était Ino mais elle savait qui il était, alors il ne se cachait plus face à elle. L'infirmier pouvait le voir tel qu'il était mais il ne disait rien. Ou bien ne voyait-il rien ?
« Euh... bien. » Répondit-il gêné par cette proximité.
« Super. On va faire une prise de sang.
- Pourquoi ? »
Il parut surpris de cette question, il répliqua : « Simple vérification.»
En disant cela, il planta son aiguille délicatement dans la chair blanche du sociopathe, après l'avoir désinfectée. Cela arrivait aussi à Sasuke de planter des aiguilles dans d'autres personnes mais lui-même n'était pas vraiment fan de la sensation. Mais même cela, l'infirmier arrivait à le rendre plutôt agréable. Ses doigts froids sur sa peau le détendaient davantage, l'endormant presque.
« Le médecin va bientôt arriver pour prendre le relais. » S'enjoua l'adulte, replaçant derrière son oreille une mèche de ses cheveux noirs jais qui s'était échappée de l'emprise de son élastique.
Après avoir pansé la petite plaie, l'infirmier se releva et dans un silence rassurant il ramassa les lunettes du plus jeune et les lui donna puis quitta le box en rangeant les tubes de sang dans sa poche. Puis il lui précisa que s'il se sentait de nouveau mal, il pouvait l'appeler n'importe quand grâce au petit interrupteur sur le coté de son brancard.
Rassuré, Sasuke fixa des yeux l'homme fermer la porte coulissante de son box et partir, toujours avec un sourire accroché à son visage. Il s'allongea et il sentit ses yeux devenir lourds, il ne avait pas si c'était les calmants qui lui faisaient un effet pareil mais c'était justement de ce dont il avait besoin. Il ferma les yeux et se laissa tomber dans le sommeil quand arriva malheureusement pour lui une tornade rouge :
« SASUKE ! » Hurla-t-elle à son attention.
« K-Karui ? » Balbutia le garçon à lunettes en se relevant difficilement.
D'instinct, il se couvrit avec un drap. Certes, il n'était pas nu, portant une chemise d'hôpital particulièrement laide, mais elle laissait entrevoir ses cicatrices et il ne tenait pas à ce Karui les voit et se mette à lui poser des questions auxquelles il n'avait pas envie de répondre. Devant la porte du box se tenait la rousse qui lui avait sauvé la vie aujourd'hui. Elle était vêtue de la même chemise trop grande fournie par l'hôpital et dans sa main elle tenait les radios qu'elle venait de faire.
« Tu le connais le gars qui sort de ta chambre ?
- Euh... Non c'est l'infirmier, pourquoi ?
- Oh... Bah, vous vous ressemblez vachement !
- Tu dis ça parce qu'on est asiatiques tous les deux ?
- Mais non, c'est pas ce que je voulais dire ! » Dit-elle d'un air gêné. « Je pensais que c'était ton frère, c'est tout. Vous aviez l'air de bien vous entendre en plus !
- Non. J'ai pas de frère, ni de sœur. »
Il s'était toujours demandé ce que c'était que de grandir avec un frère ou une sœur. De ce qu'il voyait avec Ino et Temari, cela était un mélange étrange de haine et d'amour. Même si aujourd'hui il ne savait pas ce que c'était, de ce dont il se souvenait : les deux n'allaient pas vraiment ensemble. Sa prisonnière lui avait dit qu'elle avait toujours pu parler à sa sœur de ses problèmes et que souvent elle l'avait couverte quand elle avait fait de grosses bêtises mais que pour les choses sans importance, c'était la guerre et victoire à celle qui balancera l'autre le plus rapidement.
A part un cousin éloigné (fils de la cousine de sa mère) qu'il se souvenait ne pas aimer, il n'avait pas de famille proche. Pas de tantes ou d'oncles à porter. Du coté de son père, on ne se reproduisait que en tant qu'enfant unique de père en fils... Cela faisait plusieurs générations que c'était ainsi. Ce qui allait parfaitement à Sasuke réduisant grandement ses obligations sociales.
« Comment tu sens ? » Il bredouilla timidement la même réponse qu'à l'infirmier plus tôt, quand bien même l'effet de l'antalgique se faisait attendre.
« On se fait un blackjack ? » Lui sortit la rousse sans prévenir. Puis elle lui montra un paquet de cartes qu'elle avait emmené avec elle, puis elle montra du doigt le lit du jeune homme. Après quelques secondes de silence à se fixer mutuellement dans le vide, le sociopathe ne comprenant pas les sous-entendus, la jeune fille fut obligée de lui expliquer qu'il devait lui laisser la place de venir s'assoir sur son brancard avec lui. Il ramena ses jambes vers lui en bredouillant dans sa barbe inexistante. Une fois qu'elle fut bien installée, il lui renvoya la question :
« Ça va, j'ai rien de cassé. C'est juste foulé. Mes parents ont dit qu'ils allaient quand même porté plainte. Tu vas porter plainte aussi, j'imagine.»
Il ne comptait pas vraiment porter plainte puisque c'était bien évidemment de sa faute si l'inspecteur était parti en vrille mais il espérait bien que quelque chose se ferait dans ce sens. Certes, il pourrait faire appel à ses parents. Mais cela pourrait faire les grands titres des journaux : "le fils du député de la région et d'une ancienne mannequin agressé par un policier !" mais et ça pourrait se révéler être dangereux pour lui. De toutes façons connaissant ses parents, il ne pensait pas qu'ils allaient agir et se mettre dans une position délicate pour si peu.
Si son père voulait pouvoir reconduire son mandat, il ne devait pas se mettre à dos la police étant donné qu'il s'était fait élire en faisait campagne contre la violence et avait promis plus de policiers pour "plus de sécurité". N'importe quoi... Surtout quand on sait d'où venait la violence de ses derniers mois : c'était bien lui qui semait la terreur dans la ville. Quelle ironie...
« Je pense pas.
- Pourquoi ?
- On s'entend pas très bien. Je préfère limiter mes contacts avec eux.
- Ah... Excuse-moi. » Fit la jeune fille avant de changer complétement de sujet : « Tu comptes rentrer comment ? » Lui demanda-t-elle en distribuant les cartes.
« En bus, je suppose.
- Mes parents vont bientôt arrivés, on peut te ramener si tu veux. » Proposa toute guillerette la jeune fille.
Il y avait un certain danger à laisser Karui savoir où il habitait mais elle avait risqué, peut-être pas sa vie certes, mais elle avait fait un sacrifice pour l'aider. Elle était de son coté à présent, elle ne risquait pas de balancer son adresse au grand manitou. Cela lui rappela que Kiba ne l'avait pas dénoncé non plus...
Ils jouèrent un temps qui parut être une éternité au sociopathe ne supportant ni la sociabilité, ni l'engouement de Karui qui était trop joyeuse pour son propre bien, encore moins la défaite cuisante qu'elle lui assénait. Il fut finalement sauvé par le gong quand une voix rauque s'éleva dans la petite pièce :
« Excusez-moi, jeunes personnes, de vous déranger dans votre discussion mais nous devons faire un petit examen.» Un homme grand et aux épaules larges venait de rentrer dans la pièce. Il s'approcha des deux adolescents :
« Je suis l'un des médecins responsables des urgences : Dr. Hoshigaki. Je viens pour ton épaule, jeune homme. »
Sasuke le regarda en clignant des yeux plusieurs fois. Hoshigaki ? Comme l'infirmier de tout à l'heure ? Il ne savait pas s'ils étaient de la même famille, mais une chose de sûre c'est que cet homme ne lui inspirait pas autant de confiance que l'infirmier.
« Il y a un problème avec mon nom, mon garçon ?
- Euh.. n-non. Je me disais juste que vous aviez le même nom que l'infirmier qui ...» Lui répondit Sasuke, ne sachant pas trop où se mettre.
Pour une raison obscure, le livre des émotions que Ino l'avait forcé à acheter lui revint en mémoire. Ce sentiment, s'il ne se trompait pas : il s'agissait de la honte. Mais oui, c'était ça ! Il se félicita intérieurement pour ces nombreux progrès en si peu de temps quand la grosse voix du médecin le ramena à la réalité :
« Ha oui ! Il s'agit de mon petit frère.
- Vous vous ressemblez pas du tout...» Fit remarquer Karui, pas vraiment convaincue.
« Adoptif. » Ajouta le médecin d'un sourire effrayant comme s'il s'y attendait.
Alors qu'il se retournait pour prendre les radiographies de Sasuke, Karui lui chuchota qu'elle pensait plutôt qu'ils étaient mariés mais qu'ils ne devaient sans doute pas vraiment s'assumer. Il ne sut pas vraiment quoi répondre. Est-ce que cela était réellement important ? Tant que le médecin faisait bien son travail, c'était tout ce qui comptait, non ? Et puis Sasuke n'avait pas envie d'être mêlé à sa vie sexuelle. Ni celle de l'infirmier, ni celle de personne et encore moins celle d'Ino.
Comme s'il l'avait entendue, le docteur se retourna et annonça : « Bon, les amoureux. Je suis désolé de vous séparer mais je dois lui parler seul à seul.
- ON EST PAS AMOUREUX ! » S'exclama la rousse, le feu aux joues, prenant ses clics et ses clacs et partant sans se retourner presque immédiatement.
« Elle est du genre timide ta copine, non ? » Railla l'homme sous le regard indifférent de Sasuke qui n'en avait rien à faire. Puis en prenant ses radios, il reprit son sérieux : « Bien, une cheville de foulée, mais surtout épaule gauche disloquée : au moins trois moins d'arrêt de toute activité physique... »
Allait-il être dispensé de sport ? Cela aurait pu être beau, mais le professeur Yamato faisait toujours participer d'une façon ou d'une autre les élèves dispensés, pour leur plus grand malheur et le sien à présent. Il avait espéré pouvoir dormir tranquillement le lundi matin.
« Je te prescrits des anti-douleurs pour surmonter tout ça, mais il faudra surtout bien te reposer. » Fit le médecin en lui donnant la prescription en question. « Et je te laisse te rhabiller.»
Il se releva et partit ouvrir la porte coulissante du box qui fit apparaître l'inspecteur Obito Tobi qui discutait intensément avec l'infirmier :
« Le gamin... s'en est un aussi, Ob'
- Putain, mais c'est pas vra-» Répondit le policier en chuchotant.
Puis réalisant que la porte était ouverte, l'infirmier ouvrit grand les yeux, un air étrange que le sociopathe ne parvenait pas à déchiffrer sur le visage puis il fit un signe de la main à Sasuke quand il le vit. Ne sachant pas quoi faire, le lycéen le lui rendit simplement.
Venaient-ils de parler de lui ? Qu'est ce que ça voulait dire ?
Sasuke ne savait pas de quoi ils venaient de parler mais il n'avait pas une bonne intuition à propos de cela. Comment avait-il être pu démasqué ? Il n'avait rien fait ou rien dit de suspect. Il valait mieux s'éloigner pour le moment. L'homme aux cheveux longs s'approcha à grands pas de lui et vint s'asseoir à ses cotés sur son brancard et lui expliqua calmement :
« L'inspecteur te prend avec lui. »
- Mon amie a proposé de me ramener, alors je vais aller avec elle.
- C'est pas une proposition. » Intervint le policier depuis l'embrasure de la porte : « Je t'emmène au poste, on doit prendre ta déposition.
- Ton amie y va avec ses parents. » Fit l'infirmier à ses cotés en posant sa main sur celle de Sasuke. Il n'avait pourtant pas l'air plus hostile que précédemment... De quoi avaient-ils bien pu parler ?
« Allez on y va, gamin. » Fit le policier, puis il demanda à un autre collègue de prendre les affaires de Sasuke, il ajouta ensuite en direction de l'infirmier : « Embrasse-la pour moi. On se voit samedi. »
L'inspecteur Tobi Obito attrapa par la même occasion le lycéen gentiment par le bras et l'entraîna avec lui vers la sortie. Mais Sasuke ne pouvait pas partir comme ça, il devait savoir. C'était presque comme un besoin vital, une nécessité :
« Attendez ! Est-ce que je peux vous poser une question ? » Cria-t-il en direction de l'infirmier.
« Bien sûr ? » Répondit l'homme, hésitant.
« Vous vous appelez comment ? » Il devait mettre un nom sur ce visage qui lui apportait tant sans même savoir pourquoi. Après un flottement silencieux, comme si le temps s'était arrêté, l'infirmier dit simplement :
« Itachi. »
Réponses aux reviews :
Miko2005 : Ooooh merci bien ! Contente que cela te plaise :) "Bientôt" est un concept assez flou ici, haha ! J'espère quand même pouvoir poster assez régulièrement maintenant que ma meilleure amie la page blanche est partie ;)
Guest : Voyons voir jusqu'où il peut ressentir ! Merci pour la review :)
Sakka-Sensei : C'est bien vrai, même s'il ne l'attend pas l'aide viendra ! Merciiii, Obito est l'un de mes persos préférés. Peut-être à tu eu la réponse à ta dernière question dans ce chapitre, haha !
Rappel sur les cicatrices de Sasuke :
Aux deux poignets ( à cause de menottes) : il porte toujours une montre à gauche et un bracelet large à droite.
Au niveau des avants-bras : il les caches avec des manches longues.
Chevilles (à causes de menottes) : chaussettes hautes et pantalons longs
(Il a aussi des cicatrices sur le dos en entier, fessiers, bas-ventre, mollets, cuisses et sur torse : une seule grande)
Désolée pour les fautes éventuelles, Rivertale n'a pas eu le temps de relire !
