Petit mot de l'auteur: Je ne m'attendais pas à avoir déjà une review, je m'avoue touchée. ^^Donc, pour répondre à Danny; je vais d'abord tenter d'être rassurante, il est vrai que j'ai donné un ton un peu fataliste dans mon précèdent petit mot, mais je vais tenter de ne pas tomber dans un "misérabilisme" exagéré, car si la vie n'est pas un long fleuve tranquille, elle est aussi faite de petits bonheurs même dans le plus grand des malheurs! Je ne vais pas laissé le destin s'acharner abusivement sur les personnages car l'intérêt de cette fic repose aussi sur le fait de voir les différentes réactions, les différents chemins que prennent des personnes face à une situation semblable (et pourtant si unique chacune, mais je ne vais pas trop m'étaler ^^).Et comme je l'ai déjà dit, j'ai envie que l'on puisse se reconnaître dans les personnages même si leur vie est particulièrement difficile, c'est là mon plus grand challenge, toucher le lecteur par les sentiments et les souvenirs. Quoi qu'il en soit, merci de l'intérêt que tu portes à la fic, ça va me pousser à continuer malgré la rentrée qui approche!


Chapitre 2, Repas de Noël, deuxième partie

Les trois sœurs rejoignirent leur parent dans l'antichambre, toutes portaient des vêtements aristocratique d'un autre temps. Narcissa arborait une simple robe en mousseline de coton blanc, surmontée à la taille par un ruban bleu, comme beaucoup de fillettes à la fin du XVIIIe en France. Bellatrix possédait la même robe, à la différence que c'était un ruban rose qui marquait sa taille à peine naissante. Quant à Andromeda, elle avait atteint l'âge où sorti de l'enfance, les jeunes filles se paraient traditionnellement d'habits plus adulte, en l'occurrence une robe d'inspiration victorienne en tissu rouge avec une jupe légèrement évasée décorée de quelques dentelles.

Cet accoutrement ne semblait pas adapter pour cette petite demoiselle au physique encore enfantin, mais ce curieux mélange de style et d'époque n'était autre que l'un des codes vestimentaires de la famille Black, qu'ils suivaient a priori depuis près d'un siècle. Il était inenvisageable de transgresser ces règles lors d'une réunion de famille de cette importance, bien qu'arrivé en 1966 porter ce genre de tenues pouvait frôler le ridicule. Druella s'approcha et examina soigneusement sous la moindre couture l'apparence de ses filles, elle resserra quelques nœuds, remit un bouton mal attaché et refit les plis récalcitrants d'une jupe avant de se tourner vers son mari pour déclarer enfin :

« Nous sommes prêtes pour le transplanage. »

Narcissa se saisit immédiatement du bras de son père tandis que Bellatrix lui jetais un regard emplit de hargne car elle devait une nouvelle fois se résoudre à contre cœur de transplaner avec leur mère.

En l'espace d'un instant, Cygnus, Druella et leur trois filles étaient apparus dans le hall d'entrée du 12, square Grimmaurd. Devant eux, se tenant droite et haute comme à son habitude, Walburga les fixait d'un air pincé. En guise de salutation elle annonça un à un le prénom des nouveaux arrivants, ne manquant pas d'ajouter une pointe de mépris quand vint le tour de Druella et les invita à rejoindre le grand salon d'un geste de la main.

Andromeda constata que cette femme était toujours aussi effrayante, elle arrivait même à faire pâlir sa mère, ce qui n'était pas chose aisée. Elle semblait être aussi froide que la glace et pourtant elle pouvait devenir aussi redoutable que des flammes ardentes, c'était là le plus terrorisant dans le tempérament si particulier de la maîtresse de maison. Bellatrix, au delà de l'effroi, éprouvait une certaine admiration pour leur tante, sa sœur se souvenait parfaitement de ce qu'elle avait déclaré il y a de cela un an :

« Plus tard j'espère être comme tante Walburga ! » Une véritable Black, avait-elle ajouté pour reprendre les termes souvent employé dans la famille, ce qui ne paraissait pas plaire à leur mère pour une raison qui échappait à Andromeda.

Quoi qu'il en soit, c'était à présent le temps des salutations, un exercice difficile auquel il était obligatoire de se soumettre. Dans le salon il y avait une dizaine de personnes présentes, Andromeda devait tous les saluer différemment, en fonction de leur âge, de leur sexe et surtout de leur rang dans la famille. Son père lui avait signifié qu'elle n'était plus une enfant à présent et qu'aucune erreur de sa part ne serait tolérée, l'image du regard du regard qu'il lui avait lancé à ce moment là hantait encore la jeune fille qui craignait une correction des plus sévères si elle venait à se tromper.

Elle prit une profonde inspiration et s'avança dans la pièce suivie de près par ses sœurs qui allaient répété le moindre de ses faits et gestes. Tout d'abord une simple courbette peu appuyée comme considération pour sa grande-tante Cassiopea, une plus longue avec une inclinaison plus importante envers sa tante Irma, une élégante petite révérence devant son oncle Alphard qui lui renvoya un regard bienveillant, lui signifiant que pour l'instant elle tenait à la perfection son rôle. Et, arrivée face à son cousin Sirius, Andromeda se contenta d'un simple signe de tête, réservé communément aux personnes n'ayant pas de respect particulier à se manifester. C'est en apercevant l'expression effarée de sa mère qu'elle pris conscience de la bavure inadmissible qu'elle venait de commettre. Comment avait-elle pu avoir un tel manquement, une fille de son âge devant une distinction des plus spécifiques à l'héritier, le futur grand chef de famille ? Baissant humblement la tête, la demoiselle se confondit en excuse et suivie par ses sœurs, elle releva les pans de sa robe en accentuant profondément le fléchissement de ses genoux, exécutant admirablement une grande révérence avec tout le respect dont elle était tenu d'avoir pour son cousin.

A vrai dire, le petit Sirius Black ne comprenait pas le spectacle qui était en train de se dérouler sous ses yeux. Il ne saisit pas non plus pourquoi le teint de sa cousine était soudainement devenu rougeâtre avant qu'elle ne fasse ce drôle de geste accompagnée par ses sœurs, ni pourquoi elles le répétèrent devant leur grand-père s'accroupissant cette fois-ci tellement bas que leurs genoux touchaient presque le sol. Il nota que Narcissa paraissait aussi perdue que lui et suivait aveuglément sa sœur aînée qui semblait mener cette drôle de danse. Il aurait préféré rester dans la chambre avec Regulus, mais sa mère lui avait expliqué qu'aujourd'hui il était suffisamment âgé pour assister à certaines réceptions, et surtout pour accomplir son rôle d'héritier. Qu'est-ce que c'est être l'héritier ? A ce jour Sirius n'avait pas conscience de l'ampleur de ce statut, il savait juste que cela lui donnait une importance conséquente au sein de la famille, et n'hésitait pas parfois à en user.

Bellatrix s'installa sur l'un des canapé en vieux cuir noir, son père était assis auprès d'elle, pour le grand bonheur de la fillette. Aussi loin que remontait ses souvenirs, cette partie du repas était toujours la plus ennuyeuse à son goût; les adultes discutaient entre eux tout en buvant du Whisky pur feu tandis que les enfants devaient rester silencieux et n'avaient le droit qu'à un unique verre de jus de citrouille alors que la faim tiraillait leur ventre. Néanmoins, profitant de l'agitation que provoquait une conversation animée entre Alphard et Walburga Black, qui se trouvaient sans cesse des choses à se reprocher, elle se tourna vers son père pour lui murmurer, la voix remplit d'une certaine fierté :

« Avez-vous vu père, l'erreur qu'a faite Andromeda ? Heureusement que j'étais présente pour rattraper ça, n'est-ce pas ? »

Cygnus Black se contenta de froncer les sourcils et Druella jeta immédiatement un regard glacial à sa fille pour lui ordonner de se taire sur le champ. La fillette se renfrogna, croisant les bras contre sa poitrine pour marqué son mécontentement, Père et Mère ne savent pas faire preuve de reconnaissance ! Moi qui respecte les codes comme il faut contrairement à l'autre idiote! Pensa t-elle en se mordant sauvagement la lèvre inférieur pour réprimer sa colère.


Dans la minuscule maison située dans l'Impasse du Tisseur, l'ambiance était encore plus morose. La famille Rogue était rassemblée pour le repas de Noël, Eileen n'avait rien prévu d'extravagant, elle faisait selon leur moyen. Quant à Tobias, il avait affreusement bu sans doute avait il passé le début de la soirée dans un bar, en compagnie de quelques collègues. Il se trouvait que quand M. Rogue était ivre, il ne contenait plus ses pensées et les commentaires désobligeants fusaient.

« C'est dégueulasse, putain ! Grogna-il en recrachant le morceau de pomme de terre qu'il venait à peine de mettre dans sa bouche. Tu sais ce que les autres mangent à Noël ? Des trucs mangeables, comme de la dinde ou encore des marrons... ajouta l'homme en observant avec dédain le plat déplorable qui se trouvait au centre de la table. Sa femme ne réagit pas, elle savait parfaitement qu'il n'était pas temps d'envenimer la discussion, elle laissait couler les remarques de son mari, s'efforçant de se montrer impassible face aux reproches.

Tu sais, reprit Tobias, Noël est une fête importante pour les gens comme moi... et toi, tu... ne la célèbre pas comme il faut... ça montre bien que tu n'es qu'une... qu'une... » le mot maudit ne sortit pas de sa gorge, comme si fatalement il avait lui même du mal à admettre ce qu'il s'apprêtait à dire.

C'est reparti, considéra Eileen Rogue. L'homme qu'elle avait épousé avait été élevé dans une de ses familles éminemment stricte et religieuse, à défaut de réelle conviction, c'était plutôt des principes qu'ils respectaient, allant toutes les semaines à la messe et étant persuadés de suivre rigoureusement les enseignements de la Bible, quand bien même ce ne fut pas le cas. Cette éducation était vraisemblablement une cause de l'aversion de Tobias envers la magie, par certain moment d'ébriété il n'hésitait pas même, à cracher à sa sorcière de femme qu'elle rejoindrait l'enfer pour s'être rangée du côté du Diable. Eileen ne s'en souciait guère, le rapport à la religion était différent entre sorcier et moldu, bien que beaucoup des siens croyait eux aussi en un « après ».

« - Pourquoi tu n'utilise pas tes tours de magie pour faire apparaître de la nourriture plus convenable, hein? La phrase assassine qu'on venait de lui lancer sortie instantanément la jeune femme de sa torpeur. Elle se redressa difficilement, l'exaspération faisant trembler tous ses membres de façon incontrôlable.

- Dois-je te rappeler que tu as pris ma baguette pour la cacher hors de ma portée ? Que tu m'interdis d'utiliser la magie sous n'importe qu'elle forme ?» Répliqua t-elle d'un ton cinglant, se retenant d'ajouter que faire apparaître de la nourriture par magie était impossible selon les cinq exceptions fondamentales à la loi de Gamp sur la métamorphose élémentaire.

Les propos d'Eileen ne parurent pas déstabiliser Tobias qui se borna à la dévisager, un brin de haine illuminant son regard. La tension était à présent insoutenable, même le petit Severus s'était ratatiné sur sa chaise, s'attendant assurément au pire. Elle était allée trop loin en osant répondre aux pics de son époux, mais une rage intense lui brûlait la gorge, les outrages ne demandaient qu'à sortir qu'importe les conséquences. M. Rogue se leva d'un air bourru en ne manquant pas de renverser sa chaise dans un fracas assourdissant. Il saisit avec violence les poignets de son épouse qui ne put s'empêcher de pousser un glapissement de surprise. Et, avec une haleine fétide empestant l'alcool, il lui susurra d'un ton mielleux :

« - Heureusement que je l'ai caché ton machin, c'est pour le bien de tous d'empêcher les monstres comme toi d'agir.

Le visage d'Eileen pâlit, sa colère très vite remplacée par une peur légitime qui provenait du plus profond de ses entrailles.

- Je ne suis pas un monstre... tu m'aimes... tu m'as épousé. Murmura t-elle comme une supplication envers son mari.

- J'ai épousé Eileen Prince ! Hurla t-il soudainement en projetant brutalement le corps de la jeune femme contre un meuble de la cuisine. JE N'AI PAS EPOUSE UNE PUTAIN DE SORCIERE ! »

Aussitôt un poing s'abattit sur le visage d'Eileen, elle tomba lourdement à terre, sentant le goût du sang envahir peu à peu sa bouche. Elle se recroquevilla sur elle-même et porta une main chevrotante à sa joue tuméfiée. La magie présente dans son être lui conjurait de s'échapper, de s'extraire de son corps dans une défense désespérée, mais elle s'efforçait de la contenir, les paroles de Tobias étaient transcendantes de vérité, c'était sa nature de sorcière qui provoquait l'échec de son couple.