Chapitre 2

(chapitre un peu en dessous des autres : prenez-le seulement comme une étape à connaitre)

Lira avait accepté. Cela faisait quatre mois qu'elle le voyait, et elle lui avait dit oui. Elle sortait à présent avec Aaron Martinez, et elle était à présent certaine qu'ils avaient plus de point commun que ce qu'elle croyait au départ. Lira était heureuse, Mia était heureuse pour elle, Aaron était heureux, son ami Logan semblait heureux… la seule qui ne semblait pas l'être était Tamara Jones, la jeune fille blonde qui avait été dans le train avec eux.

Elle avait toujours secrètement été amoureuse d'Aaron sans s'en apercevoir, et, ce n'était que maintenant qu'il était avec une autre qu'elle s'en rendait compte. Elle n'aurait pas été si attristée si elle avait été sure que celle avec laquelle il sortait était quelqu'un de tout à fait correct. Seulement, elle avait vu en Lira quelqu'un d'horriblement mauvais. Alors, elle faisait tout pour ne pas croiser Lira, pour éviter un accident, dont on ne pouvait prévoir la victime.

Les vacances de Noël venaient de se terminer, au moment où, elle avait accepté sa « proposition ». Pourtant, elle avait déjà planifié sa rupture avec Aaron, sachant que leur relation n'aurait pas d'avenir. Elle ne pouvait se permettre de rester avec lui lorsque sa scolarité serait terminée, du moins elle en était persuadée.

Au retour de ces vacances, Lira devait fêter son anniversaire, ce qui n'échappa pas à Aaron, qui insista pour l'inviter dans un des restaurant de Près-Au-Lard, il n'avait rien de luxueux mais avait l'avantage d'être à proximité du collège.

Ils se retrouvèrent donc là-bas, au moment où nous reprenons le récit.

- Lestrange, dit calmement Aaron lorsqu'elle arriva.

- Je pense que, voyant nos relations actuelles, tu peux m'appeler Lira.

- Bien.

Ils prirent place à une table, commandèrent et entamèrent le déjeuner.

- Tu as passé de bonnes vacances ? demanda Aaron, afin de commencer la conversation

- Parfaite, aucun moldu à l'horizon, contrairement à ici.

- Il est vrai que cela apporte un certain confort.

- Surtout en ce qui te concerne : as-tu vu la maison où tu as atterri ? Tu es obligé d'en croiser à longueur de temps. De plus, j'imagine que Jones dois beaucoup les aimer.

- Vous ne vous appréciez pas tant que ça, à ce que je vois.

- Pas le moins du monde, en effet.

- Il est vrai qu'elle m'évite depuis que nous sommes ensemble.

- Cela doit te soulager.

- Ce n'est pas le mot que j'emploierais.

- Alors, elle te manque ?

- Ce serait plus approprié, avoua Aaron

- C'est étrange qu'un Sang-Pur comme toi soit si attaché à une fille comme elle.

- Tu ne la connais pas, Lira.

- Je n'en ai aucune envie, vois-tu.

- Je pense que c'est mieux ainsi.

Lira sourie et il lui rendit son sourire. Une atmosphère particulière flottait dans l'air. C'était un amour, bien sûr, partagé mais savouré de façon différente. Aaron l'aimait et aurait pu gravir toutes les montagnes pour elles, alors que Lira ne voyait leur relation que comme une étape provisoire et qui n'aurait pas d'impact particulier concernant l'avenir.

C'est pour cela qu'au moment du dessert, le jeune homme, qui s'était évidemment enflammé trop vite, annonça :

- Lira, notre histoire n'en est une, aux yeux des autres que depuis quelques jours, mais nous savons tous deux que cela dure depuis quatre mois et, sachant que nous sommes adultes, et que notre vraie vie va vraiment commencée dans quelques mois, et c'est pour cela que, compte tenu de ce que je ressens pour toi, je dois te demander si… (Il sortit quelque chose de sa poche) toi, Lira Lestrange, tu veux m'épouser.

Lira était devant une bague des plus brillantes dont toutes les femmes du monde aurait rêvé. Devant l'homme le plus sincère du monde. Cependant, tout cela n'était pas réciproque, et elle ne put faire autrement que de dire :

- Aaron, je dois y réfléchir, je ne sais pas exactement si je suis prête à cela, je dois… partir.

Et elle s'enfuit vers la sortie.

Une fois revenue à Poudlard, elle retrouva Mia et lui expliqua sa situation. Ce à quoi son amie répondit :

- Il t'a déjà demandé les fiançailles ? Mais, il est fou !

- Je sais, je l'ai planté tout seul tellement sa demande m'a étonnée, je ne comprends pas ce qui lui a pris. Je pensais que nous étions d'accord sur la durée de notre relation. Il veut m'épouser, mais qu'est-ce qui a bien pu lui passer par la tête ?

- Quoi ? s'exclama une voix dans le dos de Lira. Aaron Martinez a fait quoi ?

- Jones, constata Lira en se retournant, il y a des moments où j'accepterais rien que pour voir ta réaction.

- Il n'a pas pu te demander une telle chose, je… je ne comprends même pas ce que vous faites ensemble, c'est fou qu'une fille comme toi puisse être avec quelqu'un qui…

- Est aussi beau, coupa Lira

- Tu le fais exprès, ma parole !

- Faire exprès de quoi ?

- Eh bien, de ne pas savoir que ton Roméo est de parents moldu.

- Que dis-tu ?

- Il ne te l'avait pas dit ? demanda Tamara, l'air réellement choqué.

- Non…

La sonnerie interrompit les paroles de Lira. Elle vit tous les élèves se diriger vers les salles de classes autours d'elle, puis, entendit une voix derrière elle :

- Je suis désolé de t'avoir effrayée, je ne voulais pas…

La jeune fille se retourna et vit Aaron.

- Est-ce vrai ? demanda-t-elle

- Oui, bien sûr, mon plus grand désir est de t'épouser, et rien d'autres…

- Non, pas ça. Que tu es né moldu.

- Lira, qui t'as dit que...

- Réponds, ordonna-t-elle

- Lira, je…

- Réponds ! hurla-t-elle, au bord des larmes

- Oui, avoua-t-il mais, crois-moi, je…

- Endoloris !

Le silence se fit dans le couloir. Tous les yeux se fixèrent sur Lira qui était entrée dans un état de démence et sur Aaron qui criait au sol.

Au bout de quelques secondes, Aaron s'évanouit. Lira arrêta le sort, et entendit, comme une voix lointaine, le professeur Rogue qui l'intima de la suivre. Elle s'exécuta, juste après avoir hurlé :

- Vulgaire Sang-de-Bourbe !

Tous la regardèrent s'éloigner, effrayés : elle n'avait jamais autant ressemblée à Bellatrix qu'à cet instant.

Lira ne regrettait absolument rien de ce qu'elle avait fait. Chaque cri d'Aaron entendu avait été comme un soulagement à ses yeux. Comme si Aaron prenait de sa souffrance à chaque seconde. Elle avait même réussi, en un laps de temps si court, à ressentir un certain plaisir à cela.

Elle avait été emmenée dans le bureau de Dumbledore (lequel n'était pas présent dans l'enceinte du collège, en ce moment). Le professeur McGonagall était présent mais pas le professeur Rogue, qui avait un cours à donner. Lira n'avait aucunement peur de ce qui l'attendait.

- Mlle. Lestrange, commença McGonagall, puis-je savoir ce qui vous a pris ?

- Martinez mérite amplement ce qui lui est arrivé, répondit Lira

- Je vous prierez de cesser votre impertinence, de plus personne ne mérite cela. Ce n'est pas pour rien que ces sortilèges sont dits impardonnables, j'imagine que vous le savez.

- En effet, et je vous le répète, il a mérité ce qui lui est arrivé.

- Mlle. Lestrange, avez-vous seulement conscience de ce que vous avez fait ?

- J'ai agi comme toute personne censée devrait agir dans ce genre de situation.

- Ne pensez pas que vous vous sauverez avec une telle attitude, mais je vois que vous ne ferez pas d'effort tant que je ne vous aurez pas demandé ce que, diable, M. Martinez vous a fait ?

- Il m'a menti.

- Mais encore…

- Il m'a fait croire qu'il mérité mon amour. Qu'il venait d'une noble famille de Sang-Pur et qu'il défendait les même idéaux que moi. En réalité, ce n'était qu'un Sang de Bourbe sans aucun jugement, qui…

- Je vous demande de mieux choisir vos mots, particulièrement dans une situation telle que la vôtre. De plus, je trouve que les raisons qui vous ont poussée à commettre un acte de cette envergure ne sont pas, le moins du monde, légitime. Vous risqueriez de finir en prison, à Azkaban ! Vous en rendez-vous seulement compte ?

- Ne pensez pas que je compte m'excuser ou dire que mon acte était irréfléchi, ce serait faux et, contrairement à Martinez, il n'est pas dans mes habitudes de mentir. Alors, passons directement à la sentence, voulez-vous ?

- Avez-vous au moins conscience de la douleur que vous avez infligée à ce jeune homme ?

- Oui, et croyez-moi, si je devais le refaire, ce serez avec plaisir.

Après les paroles de Lira, il y eut un silence. Un silence qui ne fit perdre ni sa droiture au professeur, ni son aplomb à Lira.

- Je vois que vous ne changerez pas votre position, reprit McGonagall. Il est donc de mon devoir de vous annoncer que vous êtes renvoyée. Définitivement. Faites vos bagages, vous partirez demain. En attendant cet instant, je vais devoir vous demandez de me confier votre baguette.

- Vous confier ma baguette ? Vous me demandez de vous la laisser jusqu'à demain ? Vous n'y songez pas ?

- Au contraire, je suis très sérieuse.

Lira se leva, déposa sa baguette sur le bureau qui se trouvez devant elle et s'en alla.

La première chose qu'elle fit lorsqu'elle fut sortie, fut de se rendre à l'infirmerie. Là où se trouvait Aaron Martinez. Mais elle perdit vite son assurance lorsqu'elle tomba, non seulement sur Tamara Jones, Logan Williams et un garçon blond de seize ans, et en plus sur Mia.

Mia, dans les bras de Logan, au chevet d'Aaron.

- Qu'est-ce-que tu fiches ici ? demanda Lira, en tentant de se contenir.

- Lira, dit Mia surprise, toi, ici, je pensais que tu étais…

- Ne tourne pas autour du pot. Dis-moi ce que tu fais dans les bras de… Williams.

- Si ça ne dérange personne, expliqua Logan, je vais répondre. Vois-tu, Lira, pendant que tu sortais avec celui que tu qualifies maintenant de Sang-de-Bourbe, ta meilleure amie s'est dit qu'elle pourrait, par exemple, faire connaissance avec les amis de ton ex-petit ami. Et, comme tu n'as pas l'air de réfléchir assez vite pour le comprendre, Mia et moi sommes devenus… eh bien, un couple. J'imagine que tu as une idée de pourquoi tu ne l'as pas su directement, n'est-ce pas ?

- Ne me dis pas que tu savais ! s'exclama Lira, en direction de Mia. Ne me dis pas que depuis le départ tu le savais !

- Ecoute, repris calmement la jeune fille, je pensais que tu… que tu changerais en étant avec lui et que tu…

- … et que je pourrais trahir mon sang comme tu l'as fait !

- Lira, tout n'est pas question de sang…

- Et tu l'as toujours pensé, n'est-ce pas ? C'est pour cela que tu les as laissés venir avec nous dans le train. C'est pour ça que tu m'as dit que tu me disais que j'en faisais trop. Parce que tu ne souhaites pas le retour du Seigneur des Ténèbres, parce que tu ne crois pas en lui. Je n'aurais jamais pu croire que, toi, tu pourrais…

- Tout n'est pas toujours question de… Voldemort.

- Et tu oses prononcer son nom. Tu oses faire ce que la plupart des traitres ne ferait même pas.

- Lira, il vaut mieux que tu t'en ailles… suggéra le jeune homme blond qu'elle n'avait pas encore identifié.

- Qui es-tu pour me donner des ordres ?

- Lewis, le frère d'Aaron.

- Je vois, votre famille avait tellement honte de sa condition de moldus qu'elle nous a fait deux Sang-de-Bourbes, railla Lira

- Vas-t-en, dit-il en gardant son calme comme le faisait si bien son frère.

- Oui, c'est exactement, ce que je vais faire, répondit Lira avant de planter son regard dans celui de Mia et d'ajouter : Il y a bien trop d'impuretés dans cette pièce.

Et Lira s'en alla alors.

Elle rejoignit la Salle Commune des Serpentards, non sans une profonde amertume. Sa meilleure amie, n'avait pas pu la trahir de la sorte. C'était impossible, il lui fallait une autre explication. Mia, fille cadette d'une noble famille de Sang-Pur respectable, n'avait pas pu abandonner ses privilèges pour ce Logan Williams… et tenté de la laisser faire de même. Rien que cette pensée la rebuter.

Avant d'entrer rejoindre les autres, Lira pris une grande inspiration, releva la tête et pris son habituelle posture, confiante, sûre d'elle… et noble. A peine avait-elle poussé la porte qu'un silence de mort se fit, tous les regards étaient tournés vers elle. Il y eut quelques secondes de ce silence durant lequel Lira s'avança en prenant bien soin de défier le regard de chaque personne qu'elle croisait, avant de s'asseoir sur une place qu'elle se fit offrir sans peine. Lorsque cela fut fait, une voix se risqua à lui demander :

- Pourquoi lui et pas un autre ?

- C'était le seul que j'avais sous la main, répondit Lira avec désinvolture, pourquoi cette question ?

- Certains racontent que tu… que tu es sortie avec lui.

A la suite de cette phrase, elle entendit des rires qui furent bien vite retenus. Lira se leva alors, elle s'approcha de la jeune fille qui avait dit cette phrase et lui annonça avec son regard le plus :

- Sache que demain tu ne me verras plus, comme personne d'autre ici, mais puisque tu es la seule à avoir eu l'audace de me dire cela en face, je pense que tu as des sources fiables et je suis sure que me donner des noms ne te poseras aucun problème.

- C'est Mia, Mia Jenkins qui nous l'a dit, alors, vu vos relations, je pensais que…

- Nos relations sont désormais inexistante, répondit Lira sans le lâcher du regard. Vois-tu, je viens d'apprendre qu'elle-même sort avec Logan Williams, ce qui fait d'elle une traitresse. Alors, maintenant, je vais te poser une question : penses-tu qu'il vaut mieux me croire, moi, fille de Bellatrix Lestrange, qui a lancé le sortilège Doloris, un sortilège Impardonnable, sur un Sang de Bourbe, ou bien croire Mia qui vient d'une famille, certes de Sang Pur, mais sans honneur particulier aux yeux du Seigneur des Ténèbres, et, qui plus est, sort avec un traitre à son sang qui est lui-même ami avec d'autres ?

-Il est vrai que, de ce point de vue, on peut difficilement nier le fait que tu es bien plus fiable, dit la jeune fille, apeurée.

- Bien, conclut Lira. Ce qui eut pour effet de faire reprendre le brouhaha de départ.

Lorsqu'elle se réveilla, le lendemain matin, Lira se rendit dans le bureau de Dumbledore avec sa valise. Elle retrouva alors sa baguette et fut renvoyée chez elle… ou plutôt chez les Malefoy.