Chapitre 4
- Coupable.
Ces quelques syllabes raisonnaient encore dans la tête de Lira. Comment cela avait-il pu se produire ? Tout avait commencé comme elle l'avait voulu mais, vers le milieu de l'audience, Alexander Smith avait repris peu à peu ses esprits et avait compris ce dont il était victime. Il avait alors déclaré Lira « coupable ». Lira frissonna rien qu'au souvenir de sa voix. Froide comme l'air du vent qui soufflait alors qu'elle était dans la barque qui l'emmenait sur l'île où se trouvait Azkaban. Car c'était bien là qu'elle avait été envoyée à passer le restant de ses jours. Elle avait confié sa baguette à Narcissa comme l'avait fait Bellatrix avant elle afin qu'elle ne soit pas réquisitionnée par le ministère de la Magie et en sécurité.
Lira se souvenait encore du regard d'Aaron, sorti du coma, qui la regardait avec une sorte de déception, (qu'elle prenait pour un compliment venant de lui). Elle ne l'avait toisé qu'avec un profond mépris, mépris qui s'était amplifié avec ce mot : « Coupable ». Elle ne comprenait toujours pas ce qui avait échoué, non, ce n'était pas tant qu'elle ne comprenait pas, c'était qu'elle ne voulait pas s'avouer que c'était son assurance anticipée qui l'avait fait manqué. « Coupable ». Ce mot était devenue insoutenable aux oreilles de Lira.
Elle frissonna. Le vent soufflait sur la barque et la robe que le ministère l'avait obligée à mettre était aussi légère que du coton.
- Prenez ça.
Lira leva les yeux : le conducteur de la barque lui tendait une couverture.
- Merci, répondit la sorcière en la saisissant aussi vite que si elle allait disparaître.
- Vous m'avez l'air bien jeune ?, demanda le batelier, la voix pleine de bonté. Quel âge avez-vous ?
- Je… J'ai 18 ans, dit Lira, grelotante
- Mais qu'avez-vous bien pu faire pour être envoyée là-bas ?
- Vous ne… vous ne voudriez… voudriez pas le… le savoir.
- Dites-moi, dites-moi.
- J'ai lancé des… des Impar… Impardonnables… deux…. deux fois.
- Mais pourquoi ?
- Un… Doloris sur… sur mon… mon ex qui… qui m'avait men… menti à prop… à propos de son… de son sang. Et la… la seconde fois... un Impe… un imperium… sur le… le juge. Il a… a raté au… au dernier mo… moment.
Le batelier ne répondit rien. Certainement choqué de ce qu'il venait d'apprendre. Il n'avait jamais dû conduire à Azkaban quelqu'un d'aussi jeune et, encore mois, pour un crime de cette envergure.
Il avait de la peine pour elle. Il avait de la peine car il avait vu ce que devenait les jeunes filles au bout d'un certain passé dans cette prison, avec les Détraqueurs. Et il était persuadait qu'elle méritait mieux.
- Il ne nous reste que quelques minutes avant d'arriver. Il me faut savoir votre nom pour…
- Lestrange. Lira Lestrange.
- Vraiment ? s'exclama le batelier
- Oui.
Lira économisait son souffle. Il faisait froid, l'eau était rentrée dans la barque et Lira n'avait plus de chaussure, de plus, les chaines magiques qu'on l'avait obligée à mettre glaçait ses poignets.
Lorsqu'ils furent sur la berge, le batelier descendit et dit quelques mots à un autre homme. Celui hocha la tête, et s'approcha de Lira. Il lui enleva ses chaînes et lui saisit violemment le bras et se mit à marcher d'un pas rapide. Lira retint un cri. « Rester digne en toutes circonstances ». Les murs d'Azkaban étaient froids, au touché, mais protégeaient l'intérieur de la prison du vent.
Ils montèrent des escaliers. Les pieds de Lira s'écorchait à chaque marche, mais elle ne disait rien. Toujours rien. Arrivés au bout de l'escalier, l'homme la jeta presque dans une cellule, qu'il referma -sorte : mon sang est certainement le plus pur de nous deux et mon rang bien plus élevé. ». En réponse, l'homme répondit : « Certainement, mais je suis le plus libre des deux ? »
Lira s'effondra sur le sol, encore enveloppée dans la couverture du batelier. Elle ne voulait se l'avouer, mais elle avait peur. Peur d'être ici. Seule. Seule ?
Elle sentit une main lui empoigner la gorge, et quelqu'un, certainement la propriétaire de cette main, lui murmurer au creux de l'oreille :
- Qui êtes-vous ?
- Je… je m'appelle Lira… Lira Lestrange.
- Vous mentez !, cria la jeune femme en resserrant sa prise
- Non, je… je vous assure, attesta Lira, en fermant les yeux.
- C'est impossible ! Dites-moi a vérité !
- C'est la… la vérité, dit Lira, étouffante.
La femme avait encore contracté sa main.
- Prouvez-le !
- Regardez mon… mon bras.
L'autre sorcière desserra légèrement sa main, mais Lira ne put de résoudre à ouvrir les yeux. Elle sentit la femme relever sa manche gauche et passer son pouce sur la Marque. Elle sentit alors sa gorge se libérer. Elle ouvrit les yeux et prit une grande bouffée d'air.
-Lira, murmura l'autre sorcière.
Celle-ci dirigea son regard vers elle et ne compris pas tout de suite ce qu'elle vit.
- Bella ?
