Chapitre 8

Ils attendaient. Cela faisait une semaine que sa renaissance avait été faite et ils attendaient une libération. Les Détraqueurs venait de plus en plus souvent et leurs états respectifs ne s'amélioraient pas.

Depuis, Rodolphus s'était muré dans un profond silence et n'avait pas dit un mot. Il se sentait trahi par sa femme, par celui qu'il se devait d'appeler « maître » et d'attendre le retour. Il savait que ce sentiment ne le mènerait qu'à sa mort. Sa mort : un meurtre réalisé par l'amant de sa femme, par le plus puissant mage noir de tous les temps. Sa famille ne se soucierait pas de sa mort : pour eux, qui ne connaîtraient pas l'exacte raison qui motivait Voldemort, il resterait un traître, au mieux, s'ils savaient, ils diraient qu'il était trop faible pour une femme comme Bella.

Bella. Elle était celle qui avait le plus d'espoir, celle qui, sans le savoir, donné de l'espoir aux autres, sauf, bien sûr, à son mari. Elle admirait presque tout le jour la Marque qui ornait son bras et qui avait retrouvé son « éclat », elle continuait de passer sa langue sur sa peau tatouée pour se prouver qu'elle était toujours là. Elle ne tenait plus en place, elle partait souvent dans des crises de rire hystériques qui glaçait les autres. La crainte qu'elle inspirait augmentée de jour en jour, comme sa folie.

Lira continuait inlassablement de marmonner. De murmurer qu'elle resterait fidèle à son « maître », de murmurer qu'elle souhaitait son retour, de murmurer qu'elle tuerait pour lui, de murmurer qu'elle se vengerait des Martinez, de murmurer qu'elle serait digne de sa famille, de murmurer qu'elle ferait tout pour un peu d'honneur auprès de lui, de murmurer qu'elle était sa fille, qu'elle descendait des Blacks et des Jedusor, de murmurer que sa baguette lui manquait, de murmurer qu'elle voulait sortir d'Azkaban.

Rabastan, lui, parlait. Il parlait à Rodolphus qui ne lui répondrait, il le savait. Il lui parlait comme il l'aurait fait, plus jeune, lorsque son frère avait déjà des problèmes avec sa femme, lorsque lui-même en avait, avec autre chose. Comme s'il n'était pas en prison, comme pour préserver les liens fraternels qui les unissait. Car, de tous, Rabastan était le plus effrayé et celui qui avait le moins sombré dans la folie. Celui qu'Azkaban avait le moins changé. Celui qui voulait toujours avoir un frère. Une famille. Parfois, il parlait à Lira. Il lui parlait comme si elle était vraiment sa nièce, bien qu'il ne se fasse aucune illusion. Il savait qu'elle ne serait jamais aimée, par aucun de ses parents, alors qu'elle en était persuadée. Il n'ignorait pas qu'une fois sortie de prison, elle ne serait qu'une mangemort qu'il croiserait de temps à autre, alors, il se disait chaque jour qu'elle n'était qu'une voisine de cellule, et s'était fait à l'idée.

- Il est surement déjà en train de chercher un moyen de nous libérer, disait Bellatrix. Il ne fera dans peu temps, j'en suis persuadée. Il ne peut pas me laisser mourir ici alors que dehors ils sont certainement en train de se battre.

- J'espère que tu as raison, murmura Rabastan.

- Evidemment que j'ai raison, je suis sûre que le Bébé Potter est dans son cercueil à l'heure qu'il est.

- S'il l'était, le ministère aurait déjà plié et nous serions libre, en ce moment même.

- Ne lui fais-tu pas confiance, Rabastan ?

- Si, seulement…

- Il n'y a pas de « seulement », possible. Si tu lui fais confiance, tu devrais savoir qu'il ne nous laisserait pas mourir dans ce trou. Il est revenu, c'est tout ce qui devrait compter à tes yeux. Nous avons été les seuls à assumer nos actes pour lui. Il est impensable qu'il nous oublie après tout ce que nous avons fait.

Elle entendit alors Rodolphus souffler malgré les murmures de Lira, qui se faisait entendre sans cesse.

- Parle, mon cher mari, parle. Tu te permets de soupirer alors que nous parlons du Seigneur des Ténèbres alors que tu sais que lui seul pourra nous tirer de là. Alors, parle, dis-nous ce que tu as sur le cœur. Tu te tais depuis son retour, n'es-tu pas heureux à l'idée de pouvoir servir à nouveau sa cause ? N'es-tu pas heureux de savoir qu'il est enfin revenu après tous les sacrifices que nous avons fait pour lui ?

Rodolphus ne répondit rien, sachant qu'il se trahirait dès ses premiers mots. Il se contenta d'éviter le regard que Bellatrix lui lançait. Elle s'approcha alors de lui, de son oreille et lui susurra :

- Tu as mal, n'est-ce pas ? Ton égo a mal. Toi, qui étais censé être le plus fort de notre couple, te voir trompé par la faible Bellatrix, la voir gémir au retour de son maître, ça te tue à petit feu, parce que tu n'as jamais réussi à me faire cette effet-là.

Elle marqua une pose sans s'écarter de lui, le laissant toujours entendre son moindre souffle. Voyant qu'il ne réagissait pas mais que son regard s'enflammait, elle reprit :

- Imagine-le m'embrasser, me serrer contre lui. Vois nos deux corps se mélangeaient pour former l'enfant qui est là. (Lira ne les entendrait pas tant que son prénom ne serait pas dit). Figure-toi dans notre lit, toutes les fois où tu m'as entendu après ces réunions…

- Tais-toi, chuchota son mari.

- Toutes les fois où tu te demandais où j'étais sans imaginer le pire, continua Bellatrix. Toutes les fois où tu aurais souhaité me faire l'amour mais où j'ai refusé.

- Bella, arrête ça, reprit Rodolphus, un peu plus fort.

- Et cette fois-là, où, après toutes ces nuits à attendre en te rappelant notre nuit de noce, je t'ai moi-même provoqué, et où nous nous sommes aimés pour la seconde fois. Ce moment où tu pensais que je t'appartenais alors que je t'avais manipulé pour te faire croire qu'elle serait ta fille. Tu t'en souviens n'est-ce pas ?

Alors, et seulement alors, Rodolphus s'éloigna, s'éloigna de tous et pleura, silencieusement en tentant de cacher ses larmes, du mieux qu'il put devant une Bellatrix des plus satisfaites. Elle avait eu ce qu'elle voulait et éclatait d'un rire hystérique.

Malheureusement, une autre personne pleurait en cette nuit dans la cellule : Lira. Lira qui avait entendu car les cris attiraient parfois son attention à travers ses paroles. Elle venait de comprendre qu'elle représentait bien plus qu'un enfant pour Bellatrix et Voldemort...