Chapitre 9
Il n'y avait plus eut aucun bruit à part les rires de Bellatrix. Les murmures de Lira avait cessé et seul son regard vide persistait. On l'avait plusieurs fois prise pour morte mais l'appel de son nom la réveillait systématiquement. Ils avaient tous perdu espoir. Tous sauf une. Et tous l'observait dans sa perpétuelle démence. Tous sauf un.
Croiser son regard était devenu insupportable à Rodolphus mais elle continuait à le faire souffrir, parce que Bellatrix avait toujours été sadique et que la douleur des autres, particulièrement de celui qui devait être son mari, était le seul « plaisir » qui lui restait. Parce que tout autour d'elle n'était que ténèbres, les larmes de Rodolphus étaient sa lumière, ce qui la faisait vivre… et ce qu'elle faisait prouver à Rodolphus qu'il était toujours vivant. Qu'il pouvait encore ressentir de la souffrance.
Lira voulait que Voldemort les libèrent. Elle voulait retrouver les Malefoy, elle voulait retrouver Kate avec qui elle était devenue amie après le procès, elle voulait retrouver sa maison. Elle voulait se battre pour lui. Elle voulait sortir de cet endroit maudit.
- Lira.
C'était Rabastan qui l'appelait. Elle s'approcha alors des barreaux qui séparaient leur cellule.
- Rabastan, penses-tu qu'il nous sauvera un jour ?
- Je n'en ai aucune idée. En revanche, j'ai entendu des gardes parler en bas. Ils disent ne pas croire au retour du maître.
- Mais, il est revenu, nous l'avons tous senti…
- Oui, mais si le ministère ne crois pas en cela, alors il doit profiter de la situation et trouver un moyen des plus subtiles de nous libérer.
- Y a-t-il eu des cas de ce genre la dernière fois ?
- Non, mais…
Il fut interrompu par un cri. Un cri qu'il n'avait pas l'habitude d'entendre. Un cri qui fut suivi d'un silence, vite coupé par Lira :
- Rodolphus, souffla-t-elle.
Il était mort. Plus précisément, il venait de se tuer.
Quelques minutes plus tôt
- Je sens une peur en toi, lui avait dit Bellatrix, une peur du Seigneur des Ténèbres. Ainsi qu'une… une tristesse. Tu m'aimes, Rodolphus, et tu détesterais te l'avouer parce que tu ne comprends pas toi-même ce qui t'attire chez moi, mais je vais te le dire. Tu aimes mon corps, tu aimes ma cruauté lorsqu'elle n'est pas dirigée contre toi et par-dessus tout, tu aimes le fait que je te sois inaccessible. Tu aimes que je susurre ces mots à ton oreille, tu trouves ça incroyablement attirant parce que tu peux entendre, en plus de mon souffle, chaque claquement de ma langue, chaque fois que mes lèvres se touchent. Tu aimerais qu'elles soient encore plus près de toi, et c'est ce qui te fais souffrir, autant que mes mots, tu m'aimes Rodolphus, et tu as peur de m'aimer parce que tu sais qu'en faisant cela, tu haïras le maître, et donc qu'il te tuera. Mais, moi, la seule chose que j'aime chez toi, ce sont tes larmes, tes larmes qui perlent sur tes joues parce que tu es mon prisonnier, en plus d'être celui de cette prison.
En effet, Rodolphus ne pouvait s'éloigner d'elle, Bellatrix tenait son bras dans sa main et ses ongles avaient déjà commencé à attaquer sa chair. Pourtant, il ne pouvait en supporter plus, alors, il saisit la lame de Bella, que celle-ci avait déjà utilisée sur Lira, et se l'enfonça dans le cœur, avec un cri.
Alors, Bellatrix repartit dans un rire hystérique, mais les autres n'eurent pas le temps de réaliser ce qu'ils venaient de voir, qu'ils entendirent une explosion derrière eux. Les Détraqueurs étaient en train d'ouvrir les portes de chaque cellule.
- Maître, souffla Bella.
Ils eurent tous une seconde d'hésitation avant de courir vers l'extérieur.
Lira n'avait jamais autant apprécié cette sensation. Ses pieds qui s'animaient à une vitesse qu'elle ne connaissait plus. Elle éclata d'un rire joyeusement terrifié. Dès qu'elle fut à l'extérieur, elle transplana vers le seul endroit où elle savait qu'elle trouverait des gens de confiance.
Elle frappa à la porte du manoir. Elle s'assit devant les escaliers qui menaient à la porte et observa le ciel qu'elle n'avait pas vu depuis bien longtemps. Il devait être minuit, et pourtant, elle entendit la porte s'ouvrir. Elle se retourna et vit un jeune homme d'à peu près quinze ans devant elle. Elle n'eut aucun mal à reconnaitre ses cheveux blonds et son regard gris, toujours aussi hautain. Elle l'entoura de ses bras en pleurant. « Drago » murmura-t-elle.
- Qui êtes-vous ? répondit-il en la repoussant
- C'est Lira.
Il referma la porte derrière aux sans la quitter des yeux.
- C'est impossible…
- Qui est-ce, Drago ? demanda une voix féminine, au loin.
Aucun des deux ne répondit, ils ne pouvaient se quitter des yeux.
- Lira, reprit la voix féminine. Comment…
Les deux femmes se jetèrent dans les bras l'une de l'autre, en larmes.
- Tu as tellement changée depuis… Tu es si… Enfin, reprenons-nous. Drago, conduis-la à sa chambre. Il vaut mieux qu'elle reste ici, le temps que les choses se calment. Tu sais, Lira, les Aurors doivent déjà être en train de surveiller ta maison.
- Bien, dit-elle, plein d'émotions dans la voix.
Elle suivit Drago jusqu'à son ancienne chambre bien qu'elle se rappelle parfaitement le chemin.
- Rien n'a changé, ici.
- Tu fais bien de préciser « ici ». Dehors, c'est le bordel.
- Dis-moi, Drago. Dis-moi tout ce qu'il s'y passe.
Il lui raconta brièvement ce que vous, lecteurs, savez déjà puisque j'imagine que vous avez lu les bouquins.
Lira ne crut pas ce qu'elle entendit et il fallut que Drago lui emmène la Gazette du Sorcier pour lui en apporter la preuve.
- Tu veux manger quelque chose, demanda le jeune homme. Ne pense pas qu'une quelconque politesse est arrivée dans mon esprit depuis le temps, mais tu es si… maigre.
Lira accepta mais ne comprit pas ce qu'elle vit avant de passer devant un miroir. Elle ne devait pas peser plus de trente kilos pour son mètre soixante-dix.
- Drago, dis-moi, quel âge as-tu ? demanda Lira, lorsqu'un elfe de maison leur eut apporté de quoi manger.
- Quinze ans.
- Déjà… soupira-t-elle
- Tu es restée quatre ans en prison. Et pour ton information, demain, ce sera Noël.
- Vraiment ? Cela fait tellement longtemps que je n'ai pas fêté Noël.
- Il y a toujours un sapin, rien n'a changé à ce niveau-là.
Lira laissa échapper un rire qu'elle partagea avec son cousin quand ils entendirent de nouveau quelqu'un frapper à la porte. Ils ne prirent pas la peine de se déplacer mais Lira reconnut distinctement la voix de sa mère.
- Ton père n'était pas…
- Mon père n'est pas celui que tu crois.
Drago la toisa d'un air interrogateur.
- Mon père est le Seigneur des Ténèbres, murmura Lira
- Impossible…
- Je ne te mentirais jamais sur quelque chose de ce genre, tu peux me croire.
Il y eut un long silence, entre eux, durant lequel Lira ressentit une douleur sur son avant-bras gauche.
- Je… je dois te quitter.
Elle laissa seul Drago, sortit du plus vite qu'elle le put, puis transplana.
