Chapitre 13

Durant la semaine suivante, Lucius, qui travaillait au ministère, avait prévenu Lira qu'elle pourrait rentrer chez elle, que les Aurors ne pensaient plus rien y trouver et qu'ils avaient enlevé la surveillance qu'ils y avaient placée. Lira en fut heureuse et y retourna dès qu'il lui eut annoncé la nouvelle. Néanmoins, elle ne s'y éternisa pas : nous étions dimanche. Le dimanche. Elle déposa ses affaires qui se rangèrent d'elle-même, puis saisit sa baguette et partit à la recherche d'Aaron Martinez. Elle se souvenait de son adresse, qu'elle avait entendue lors du procès, alors qu'ils signaient d'importants papiers. Elle s'y rendit avec un chaperon afin qu'on ne la reconnaisse pas. Devant chez elle, trônait déjà son avis de recherche affiché un peu partout. Elle savait qu'elle n'aurait pas à s'inquiéter pour ce qui était de a discrétion des habitants de sa rue : ce qui n'était pas, eux-aussi, des mangemorts, n'avait aucun intérêt à appeler des Aurors sachant qu'ils avaient tous des choses compromettantes à cacher. Elle était donc vêtue ainsi pour que ceux qui la verraient lorsqu'elle aurait transplané aux alentours du lieu d'habitation des Martinez ne la reconnaisse pas, eux.

Lira fut étonnée de voir que la rue des Martinez était vide. Elle s'approcha de leur maison, ouvrit le portail qui la mena dans un jardin. Elle eut la chance que les parents du jeune homme vivent dans une maison et non un immeuble. Lorsqu'elle fut sur le perron, elle frappa à la porte, un sourire maléfique aux lèvres. Celle qui lui ouvrit n'était autre que le frère d'Aaron, Lewis. Elle couvrit la bouche de Lewis de sa main, avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit, et pointa sa baguette sur lui, en disant :

- Ne crie pas, ne dit aucun mot, et emmène-moi là où vous êtes tous, si tu ne souhaites pas mourir prématurément.

Il hocha la tête.

- Bien, reprit Lira en enlevant sa main, maintenant, avance.

Lewis avança jusque dans un petit salon où toute la famille était réunie. Ils étaient tous en grande jeune fille squelettique, qui pointait sur lui une baguette.

- Va t'asseoir, ordonna Lira à Lewis.

Elle balaya la pièce du regard, elle reconnut Dina, la mère d'Aaron et Lewis, une petite femme brune, toute fine qui avait toujours un regard emplie de bonté, et Tamara Jones, dont Lira n'avait aucun idée de la raison de la présence.

- Où est Aaron ? demanda Lira.

- Mademoiselle, commença un vieil homme.

- Où est Aaron ?

- Que comptez-vous lui faire ? demanda Dina

- Cela fait partie des choses qui ne vous regardent pas.

- Vous voulez le menacer avec un simple bout de bois, intervint un homme.

- Ils ne savent pas, lui souffla Lewis qui était assis à moins d'un mètre d'elle.

- Bien, on va leur montrer, alors. Endoloris.

L'homme s'écroula en hurlant au milieu de regards terrifiés.

Au bout de quelques dizaines de secondes, le sort fut interrompus, Lira leva sa baguette. Toutes les portes claquèrent.

- Personne ne sortira de cette pièce et ne contactera l'extérieur tant que je ne saurais pas où est Aaron.

Lewis et Tamara levèrent alors eux-aussi leur baguette. Lira put désarmer Lewis, duquel elle brisa la baguette, mais pas Tamara.

- Va-t'en, ordonna celle-ci.

- Il n'y a qu'une manière de me faire partir.

- Tu ne sauras pas où il se trouve. Expedimenta.

Lira évita de peu le sortilège lançait par la sorcière quand des pleurs retentirent. Des pleurs de petits enfants. La mangemort l'aperçut et pointa sa baguette sur lui quand Tamara hurla :

- Ne le touche pas.

- Que comptes-tu faire contre cela ? dit Lira en s'approchant du garçon.

Tamara ne répondit pas, alors que l'autre se baissait derrière lui afin de poser sa baguette sur la gorge du petit tout en l'entourant de son bras.

- Silencio.

Les pleurs du petit cessèrent.

- Si tu me dis où se trouve ce cher Aaron, je ne ferais rien à…

- Jake. Il s'appelle Jake, dit Tamara en tentant de cacher des larmes.

- Pourquoi son sort te touche tant ?

- C'est son fils, dit une voix.

- Ton fils, alors, Logan a enfin quitté cette chère Mia.

- Logan n'a aucun rapport avec cet enfant, reprit Tamara.

- Alors, qui est le père ? demanda Lira en s'avançant devant la mère, baguette toujours pointée sur Jake.

Tamara ne répondit rien.

- Je peux toujours tuer ton fils, si je n'ai pas ma réponse.

- C'est Aaron, répondit Dina. Maintenant, laisse-nous tranquille et va-t'en.

Le regard de la mangemort passa de Dina, à Tamara puis se posa sur Jake. Il ne devait pas avoir plus de trois ans et avait déjà ce perçant regard commun à tous les Martinez. Elle n'aurait su dire pourquoi, mais le fait qu'il soit le résultat de l'union de Tamara et d'Aaron la faisait détester cet enfant. Elle ne savait comment faire disparaitre ce sentiment, alors, elle ne vit d'autre façon que de pointer sa baguette sur l'enfant et de lancer :

- Avada Kedavra

Elle entendit Tamara hurler. Puis celle-ci tenta de la désarmer, elle lui retourna le sort sans effet d'aucune des deux. Elles échangèrent des sorts durant plusieurs minutes, « combat » qui fut interrompus par quelqu'un qui frappa à la porte. « Non », souffla Tamara.

- C'est moi. Vous pouvez m'ouvrir, dit la personne qui avait frappé. Depuis quand, fermez-vous les portes, ici ?

Tous avaient reconnus la voix d'Aaron. Les regards de tous les Martinez se dirigèrent vers Lira.

Elle ouvrit alors la porte qui les séparait de l'entrée. Porte qu'elle referma dès qu'elle fut sortie. Elle prit la poignée de la porte d'entrée et ouvrit. Derrière, il y avait Aaron.

- Lira ? dit-il, dans un souffle.

- Bonne mémoire.

- Qu'est-ce-que tu fais là ?

- Entre, Aaron, entre, fit-elle en le poussant à l'intérieur, afin de pouvoir refermer la porte. J'ai croisé ton fils, il était très mignon.

- Pourquoi « était » ? Se méfia le sorcier

- Ne t'en fais pas, tu le rejoindras bientôt.

- Comment ?

- Je ne veux pas m'éterniser, soit tu choisis de belles dernières paroles, soit on en finit de suite.

- Tu es une horrible personne, Lira.

- Tu ne veux même pas essayer de te défendre ?

- Je ne prends jamais ma baguette quand je viens ici. Ces gens ne savaient pas…

- Maintenant, ils savent.

- Finissons-en, Lira.

- Endoloris.

Le sorcier s'effondra en hurlant. «Plus fort que la dernière fois », se félicita Lira.

Au bout de dix secondes, elle arrêta les effets du sort et le fit transplaner avec elle jusque dans les seules cachots qu'elle connaissait et qu'elle venait de quitter : Chez les Malefoy.

- Je me sentais un peu trop observé là-bas, expliqua Lira lorsqu'ils arrivèrent.

- Pourquoi ? demanda Aaron.

- Pourquoi ? Tu me demandes pourquoi, répéta Lira, moqueuse. C'est simple. Tu m'as menti, tu m'as envoyé à Azkaban. Ta souffrance n'a pas encore atteint le niveau de la mienne. Endoloris.

Les cris reprirent. Le sorcier se convulsait sur le sol. Elle le retint comme cela jusqu'au moment où il fut à la limite de la perte de conscience.

- J'espère que tes dernières heures ici furent douloureuse, Aaron, susurra Lira au creux de l'oreille du sorcier. Avada Kedavra.