Chapitre 18
Lira se réveilla avec un affreux mal de tête. Elle eut du mal à ouvrir les yeux mais entendait des voix au loin. Peu à peu, ces voix devinrent des supplications, des pleurs et des silences. Lorsqu'elle en eut la force, ses yeux s'ouvrirent. Elle regarda autours d'elle sans comprendre où elle avait atterrie. « Impossible », souffla Lira lorsqu'elle eut repris ses esprits. Les murs gris de pierre, ceux qui étaient autours d'elle. Elle était pourtant persuadée d'avoir transplané à temps. De toute évidence, elle était à Azkaban. Ses yeux se posèrent sur Lucius. Il ne disait rien, elle ne voyait rien sur son visage vide de toute expression, que du désespoir. Alors, un cri s'échappa de ses lèvres. Un cri perçant.
Lira ouvrit les yeux, des larmes avaient coulées sur ses joues, rougies de peur. Elle tourna la tête de tous côtés. Elle n'était pas à Azkaban. Le décor était une grande chambre où elle savait être déjà venue. Elle n'était pas chez Narcissa, elle n'était pas chez elle. Elle était dans sa chambre d'enfance, où rien, si ce n'est le lit, n'avait changé.
Quelque peu remise de ses émotions, elle descendit du lit où elle était allongée. Ses vêtements étaient déchiquetés de nombreux et minuscules trous, sa manche droite était imbibée de sang. A y regarder de plus près, il y avait cette couleur rouge autours de chacune des fissures de ses habits. Quelqu'un avait pris soin d'enlever ses chaussures.
Lira sursauta en entendant sa porte s'ouvrir, elle saisit sa baguette qu'elle avait repérée sur sa table de chevet. Un elfe de maison entra. Son étonnement fut grand lorsqu'il la vit et s'empressa de repartir. En marmonnant qu'il devait aller la prévenir.
Effectivement, quelques minutes plus tard, Bellatrix entra à son tour, avec son allure habituelle : élégante et, majoritairement, faisant paraître toute la crainte qu'elle voulait inspirer et tout son sadisme.
- Je pensais que tu ne te réveillerais jamais, soupira-t-elle.
- Depuis combien de temps étais-je… dans cet état ?
- Seulement toute la journée d'hier, et depuis le moment où la mission a pris fin plus ou moins mal.
- La mission…, se souvint Lira. Je suis désolée.
- C'est-à-dire…
- J'imagine vous avoir tant déçue, vous et… le maître. Je… Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi je suis encore ici, je…
- Lira, tu nous as déçue, ceci est indéniable, cependant moins que les autres.
- Que s'est-il passé ?
- Il ne reste que le Seigneur des Ténèbres, toi et moi. Les autres sont tous à Azkaban.
- Tous ?
- Tous. Mais ne crois pas qu'il sera indulgent. C'était un échec des plus grands. Nous étions je ne sais plus combien, et ils étaient six d'à peine quinze ans. Je suis persuadée que si j'avais été à la place de Lucius, les choses se seraient passées tout à fait différemment.
- J'en suis tout aussi convaincue, affirma Lira.
- Tout le monde en est convaincu.
Il y eut un silence. Un long silence durant lequel les mots de Bellatrix résonnèrent dans les esprits.
- Puis-je vous poser… une question ?
- Pose-la, j'imagine que, de toutes façons, tu te souviens ce qui t'attend si jamais elle ne mérite pas d'être.
Lira hocha la tête avant de reprendre :
- L'entaille est magique n'est-ce pas ?
- Bien sûr qu'elle l'est. Pour que tu te souviennes que tu es une Sang Pur, une Black, bien que tu n'en portes pas le nom.
- Toujours Purs, dirent les deux sorcières comme d'une seule voix.
- Il vaut mieux que ce sang coule qu'il soit trahi, reprit Bellatrix dans un souffle. J'imagine que je n'ai pas besoin de te dire comment les autres plaies sont apparues…
- Non, je crois le savoir.
Lira se souvenait, à présent avoir transplané chez les Malefoy, dont le manoir était entourés de rosiers magiques qui recueillaient ceux qui n'atterrissaient pas sur le chemin menant du portail à la porte, où devant ce premier. Par chance, il ne devait pas laisser de marque éternellement.
- Dans ce cas prépares-toi. Le maître ne devrais pas tarder à t'appeler et crois-moi, ce ne sera pas pour t'envoyer des fleurs.
- Je dois avouer que je m'y attendais.
- Si tu tiens encore debout, après cela, rejoins-moi chez Cissy.
- Bien.
Sur ces mots, Bellatrix s'en alla.
Lira ouvrit alors une armoire, il y avait sa robe et son masque de mangemort ainsi que quelques vêtements à sa taille. Elle en saisit et se rendit dans une salle de bain attenante à la chambre.
Lorsqu'elle fut dévêtue, elle remarqua toutes les marques que les rosiers avaient laissées : il y en avait sur l'arrière de ses jambes et de ses bras et sur tout son dos. L'entaille de Bellatrix était redevenue comme elle l'était avant la mission, seulement, du sang séché l'entourait. Lorsque l'eau commença à couler sur son corps, toutes ces plaie la firent souffrir, notamment son bras droit duquel elle du enlever les traces de sang.
Ce fut justement lorsqu'elle fut prête qu'il l'appela. Lira observa son reflet et pris une grande inspiration avant de transplaner. Elle arriva encore une fois dans la demeure de son maître, au même endroit que la fois précédente.
- Maître, dit-elle en s'inclinant, mais sa voix était étouffée par la peur.
- Relève-toi.
Elle s'exécuta, en tentant de paraitre le plus impassible possible.
- Tu devrais savoir que rendre ton visage impénétrable n'a pas le même effet sur ton esprit.
- En effet, veuillez excuser mes faiblesses.
Il sentait qu'elle était terrifiée, et c'était pour cela qu'il attendait le plus possible pour annoncer la sentence.
- Tu m'as déçue, j'ai parfois l'impression que tu as la même puissance que le jour où cette marque t'a été apposée.
Lira ferma ses yeux, pour éviter que les larmes ne coulent, et crispa son visage dans une expression de regret et de souffrance.
- Regarde-moi lorsque je te parle, Lira, ordonna Voldemort en plaçant sa baguette sous son visages afin que ses yeux soit dirigés dans la direction des siens.
- Je sais exactement chaque geste que tu as fait lorsque tu étais là-bas. Tu aurais pu récupérer cette prophétie une centaine de fois, mais tu étais obnubilée par tes objectifs personnels. Il n'était pas même question de vengeance, les Lestrange et Bella avait déjà gagné.
- Je m'en excuse…
- Ne me coupe pas la parole. Sache que tes regrets ne change rien au fait que cette prophétie ai été détruite et que vous ayez été vaincue par six adolescents d'une quinzaine d'année. Endoloris.
Lira s'écroula, ses muscles se contractèrent, son sang brulait dans ses veines et ses cris déchiraient ses cordes vocales. Deux minutes de cette souffrance où elle lutta pour rester consciente. « Tu es faible ». Une voix dans sa tête lui répéta cela durant ces deux minutes. « Tu es faible ». Lorsque le sort cessa, Voldemort reprit :
- J'ai des projets concernant le fils de Lucius, Drago. Charge-toi de l'entrainer, au moins durant les deux mois suivants. Tu es la seule personne de son entourage qui soit assez puissante et sadique pour le faire en dehors de Bella.
- Je… Je m'y attèlerais… dès… qu'il me le… le sera possible.
- Je suis persuadé que tu pourras commencer par l'entrainer sur une traitresse que tu connais bien et qui se trouve en ce moment-même dans les cachots des Malefoy.
- Mia, souffla Lira.
- En effet.
- Elle souffrira de ma main et de celle de Drago jusqu'à ce que nos sorts aient atteints une force presque égale.
- Bien.
Il lui fit signe qu'elle pouvait s'en aller. La jeune fille transplana donc chez sa tante, comme Bellatrix lui avait indiqué.
