Chapitre 21

Si Lira n'avait qu'une seule certitude, c'était qu'elle ne pourrait agir seule. En revanche, elle savait déjà qui elle solliciterait. C'est pourquoi dès le début de la matinée, elle mit ses vêtements de mangemort et transplana chez eux, bien qu'elle sache que celui qu'elle cherchait ne s'y trouverait pas.

Ils habitaient une demeure de taille correcte pour une famille de Sang-Pur à la noblesse presque aussi récente que le déshonneur. Un seul de leur membre en avait été épargné, et c'était précisément celui qu'elle comptait retrouver. Une fois sure que son visage ne pouvait être vu que par celui qui ouvrirait la porte, elle retira son masque et frappa. Une jeune fille d'à peu près treize ans la fit entrer.

- Mlle. Lestrange, s'exclama-t-elle d'une voix teintée de respect, je ne pensais que nous vous reverrions ici depuis que ma sœur a conduit notre famille à son déclin. Nous n'étions pas assez élevés pour que ses erreurs ne retombent pas sur toute la lignée.

- Tina, je suis honorée de t'être si chère mais l'objet de ma venue n'est pas de redoré votre image. Je cherche Jonathan.

- Mon frère ne vit plus ici, mais je pourrais vous conduire à lui.

- Indique-moi simplement où il habite, je suis recherchée dans tout le pays et il est hors de question que je me fasse repérée à cause du simple fait que tu ne saches pas transplaner, mais je t'en remercie.
- Bien. Il n'est pas très loin d'ici. Il vous suffit de rejoindre la forêt qui se trouve au bout de cette rue. Il vit dans la clairière centrale du bois.

- Ca ne m'étonne pas de lui. Je m'en vais le retrouver sur le champ.

- Votre visite fut un plaisir.

Lira hocha la tête et repartit. Elle trouvait agréable le respect que Tina lui avait toujours montré. Cela lui donnait une indescriptible sensation de puissance.

Arrivée là où devait vivre ce Jonathan, elle vit exactement ce qu'elle s'attendait à voir. Une forêt déserte au milieu de laquelle se dressait un immense manoir dans lequel le sorcier devait vivre seul, avec quelques elfes de maison. Il avait pu garder son honneur grâce à Lira, précisément. En effet, les familles s'intéressant à ces choses-là étaient toutes défenseuses des idées de pureté du sang. C'est pour cela qu'ils avaient tous pu savoir, au moment de la chute de la famille Brown, causée par Mia, que le frère ainé de celle-ci avait pour habitude de d'entraîner à la magie noire en compagnie de Lira, de temps à autres. Il avait deux ans de plus que sa sœur, il avait rencontré Lira à Poudlard mais il s'était éloigné lorsque le plus âgé eut terminé ces études et que Lira fut envoyée à Azkaban.

- Lestrange, dit-il en la faisant entrer. Que me vaut cet honneur ?

- Le Seigneur des Ténèbres est revenu, j'imagine que tu es au courant.

- Qui ne le serait pas ?

- Je pense aussi pouvoir dire sans mentir que ton désir de le rejoindre est toujours aussi intact ?

- Il ne fait que croitre.

- Bien. Tu as donc besoin d'une mangemort pour appuyer cela, et personne, en dehors de Bella, ne serait mieux placé que moi. De mon côté, j'ai besoin d'une aide pour faire comprendre à certains Aurors qu'ils ne sont pas chez eux… Tu vois où je veux en venir ?

- En effet, cela me semble être un marché correct, d'autant plus que j'ai récemment appris que tu étais… sa fille.

- C'est exact. Je ne l'ai moi-même appris qu'il y a quelques années. On dirait bien que la plus grande différence qu'il y a entre nous et que je m'anoblie avec le temps.

Lira avait dit cela avec un franc mépris alors qu'en réalité, elle considérait Voldemort avec la même crainte que les autres mangemorts, même plus grande encore. Elle osait se l'avouer mais savait que si elle voulait obtenir quelque chose de Jonathan, elle devait cacher ses émotions d'une façon plus prononcée qu'avec les autres car il la connaissait mieux.

- Fais attention à ce que tu peux dire, Lira. Ma puissance magique était peut-être faible quand nous nous sommes quitté mais elle s'est renforcée.

- Jonathan, tu crois vraiment faire peur à une ex prisonnière d'Azkaban avec ces mots. Garde les plutôt pour les vrais faibles Aurors qui sont en ce moment même chez moi.

- Quand souhaites-tu attaquer ?

- Maintenant.

- Comment ?

- Je… J'ai dit à Bel… à celle qui m'héberge que je serais partie ce soir…

- Je vois, répondit Jonathan, ayant toujours connu le respect apeuré que Lira avait pour sa mère. Tu pourrais dormir ici, si…

- Que voudrais-tu faire de plus en une nuit ? Nous n'avons pas besoin de plan pour cela. Je veux seulement en garder un vivant.

- Donc tu en as déjà un, de plan.

- En effet.

Ils s'en allèrent donc, Jonathan à la suite de Lira.

Lorsque celle-ci entra, elle n'en vit aucun de particulièrement connu pour ses prouesses magiques. Elle se doutait bien que le ministère n'avait pas envoyé l'élite pour une simple maison, pourtant, elle n'aurait pas imaginé qu'il ne laisserait que quatre personnes en surveillance après le nombre d'Aurors qu'elle avait vu la veille. Elle les retrouva tous dans son salon, en train de jouer aux cartes. Partie que sa venue interrompue.

- Qui êtes-vous ? demanda le premier, qui ne pouvait savoir qui était sous le masque et qui n'avait jamais entendu parler de celui qui l'accompagnait.

- Je préfère poser les questions qu'y répondre. Endoloris.

L'homme tomba à terre, en hurlant. Lira pris un certain plaisir à voir souffrir un de ceux qui avaient envahi sa maison. Lorsque le sort cessa, elle le laissa convulser.

- Bien. J'imagine que l'un de vous à… une famille… des enfants.

- Moi, dit la seule femme présentes.

Lira échangea un regard avec Jonathan : Celle-ci serait le seul qui partirait vivant.

- Ton nom, demanda le prétendant mangemort, quel est-il ?

- Je…

- Attends, la respiration saccadée de ton ami me gêne. Avada Kedavra.

Tous mouvements de l'homme que Lira avait ensorcelé un peu plus tôt s'arrêtèrent.

- Joli, remarqua celle-ci.

- Merci, répondit Jonathan avant de s'adresser de nouveau à l'Auror. Maintenant, donnez-moi votre nom.

- Pourquoi ferais-je cela ?

- Pensez-vous vraiment être en position de poser ce genre de question ? demanda Lira

- Vous comptez répéter ce que vous avez fait subir à cette Tamara Jones, et je ne l'accepterai pas.

- Tout se passera bien pour vous si vous acceptez de coopérer. Dans le cas contraire, vous n'avez pas idée de ce que nous serions de faire.

- Janice Clarkson, intervint l'homme qui était toujours en vie. Elle s'appelle Janice Clarkson.

- Comment peux-tu me faire ça ? s'exclama l'intéressée.

- Je pensais déjà avoir fait comprendre que je détestais le bruit inutile, reprit Jonathan. Avada Kedavra.

- Tu ne devais pas faire ça ! s'exclama Lira. Mon regard disait clairement qu'elle…

- Ne penses-tu pas qu'il y en a un autre qui te serra certainement beaucoup plus utile pour je-ne-sais-quoi faire ?

Lira jeta un regard sur celui qui avait trahi Janice Clarkson puis eut un sourire.

- Stupefix, tenta le quatrième Auror.

Les deux mangemorts l'évitèrent de peu.

- Enfin un qui veut se battre, déclara Jonathan.

- Sa défaite en sera encore plus satisfaisante, affirma Lira.

Jonathan fut projeté en arrière par un sort lancé par l'Auror.

- Voiyez cela comme une vengeance, dit-il

- Je ne vous connais même pas…

- Mon visage n'a pas l'air de vous avoir marqué beaucoup en effet.

- Votre nom l'aura certainement fait. Endoloris.

Il se baissa juste avant qu'il ne l'atteigne.

- Je suis Logan Williams.

- Quoi ? Souffla Lira complétement décontenancée.

- Laisse-le, dit Jonathan qui avait repris ses esprits, je m'en occupe.

- Qui êtes-vous ?

- Le frère de Mia, endoloris.

Il avait été dit à une telle vitesse qu'il ne put l'éviter. Il retint tout cri malgré la douleur mais ne put empêcher des larmes de couler sur ses joues.

- Le petit traître Logan veut résister ? Intervint Lira, encore sous le choc. Endoloris.

Le fait que les deux sorts se superposent fit craquer l'Auror. Ses cris déchirèrent le silence de la pièce. Il n'avait plus le temps de reprendre son souffle et ne tarda pas à succomber à un étouffement.

Lira en fut comme soulagée, Jonathan laissa paraître la même émotion.

- Il ne reste que vous, dit ce dernier à l'Auror restant. Je crois que Lira peut vous proposer un… disons… accord ?

- Je ferais tout ce que vous voudrez.

Suspens, suspens… Vous le saurez ce qu'il va se passer dans le prochain chapitre…