Chapitre 22
- Il ne reste que vous, dit ce dernier à l'Auror restant. Je crois que Lira peut vous proposer un… disons… accord ?
- Je ferais tout ce que vous voudrez.
Entendant ces mots, Lira reprit ses esprits et plongea ses yeux noirs dans ceux de l'Aurors.
- Nous n'en attendions pas moins, dit-elle. A présent, vous allez retourner au ministère et vous leur direz que je n'étais pas ici, mais qu'un mangemort masqué est venu et a fait ce que j'ai fait. Vous ajouterez qu'il est reparti aussitôt. Ne gardez pas de préciser qu'ils ont fait exploser la maison et que personne ne risque d'y retourner.
- Mais, elle n'a pas…
- Faites ce que je vous dis, cria Lira. Et si jamais l'envie vous prenez de leur avouer la vérité, sachez que vous serez la dernière victime de votre cercle de proches, ai-je été assez claire ?
L'Aurors hocha la tête.
- Alors partez, ordonna-t-elle.
Il ne se le fit pas dire deux fois, et s'enfuit avant même qu'elle eut fini la dernière syllabe.
- Lira, tu vas bien ? demanda Jonathan
Elle se rendit compte, à cet instant qu'elle pleurait.
- Je suis simplement fatiguée, et j'ai peur qu'il ne me dénonce à ses « amis ». Ils engagent vraiment n'importe qui maintenant au ministère.
- Je vois, et que vas-tu faire pour faire croire à tous que ta maison n'est qu'une ruine.
- Un bon sortilège d'illusion devrait faire l'affaire. Seules les personnes que j'en jugerais digne pourront entrer ici et uniquement en ma présence.
Lira sortit de chez elle, pointa sa baguette sur sa demeure qui chancela avant de s'écrouler dans un bruit sourd. Elle fit apparaître la Marque des Ténèbres dans le ciel pour signale les meurtres qui venaient d'être commis après quoi elle fit mine de transplaner et se retrouva dans son salon, où se trouvait déjà Jonathan.
- Voudras-tu que j'enterre ces corps dans la forêt ?
- Non, je vais les laisser devant chez moi. Je tiens à ce que le ministère les retrouve.
- Bien.
Il y eut un silence durant lequel les cadavres disparurent puis se retrouvèrent à l'extérieur.
Les deux sorciers s'assirent. Lira comprit vite ce que Jonathan attendait d'elle.
- Je le contacterai dès demain.
- Faut-il que je sois présent ?
- Si le Seigneur des Ténèbres veut bien de toi dans parmi ses partisans, il trouvera le moyen de te contacter, fais-moi confiance. Mais ne pense que ce tu viens de faire lui suffira. Le défendre est une chose pour laquelle tu peux agir sans le prévenir au préalable, cependant, pour recevoir sa marque, il vaut mieux que tu fasses tes preuves.
- Qu'as-tu dû faire, toi ?
- J'avais six ans, alors la mission qui m'a été confiée n'avait rien d'exceptionnel : le prisonnier avait déjà été enlevé, ma seule peine était de lui soutirer quelques informations.
- Ta première torture ?
- Ce fut exaltant.
Ils eurent un rire complice.
- Je me demande pourquoi ils ne m'ont pas emprisonnée pour cela, d'ailleurs.
- Dis-moi qui aurait pu croire une gamine capable de cela.
- Certainement pas ce vieux Dumbledore. Il peut faire preuve d'une grande naïveté parfois.
- J'aurai aimé être encore là-bas quand tu t'es faite renvoyée. Il a du faire un de ses discours…
Lira sourit. Elle se souvenait que, lorsqu'ils étaient à Poudlard, Jonathan s'était fait une spécialité de parodié les paroles du directeur.
- Je vais devoir m'en aller, reprit Jonathan. Je veux être prêt si jamais le Seigneur des Ténèbres souhaite me voit rejoindre ses rangs.
- Transplane. Les passants trouveraient étrange de te voir sortir d'une maison en ruine.
- Tu laisses ta maison ouverte au transplanage ?
- Non, seulement pour sortir et seulement devant la porte.
- Bien… Au revoir, Lestrange.
- Au revoir.
Lira avait toujours considéré Jonathan comme son propre frère. Et il créa un vide en elle après son départ qui s'envola lorsqu'elle vit une lettre devant sa fenêtre. Un hibou devait l'avoir déposée quelques minutes plutôt. Elle s'en saisit, et la lue en prenant le déjeuner qu'elle venait de se faire apparaître.
Chère nièce,
Je te remercie du soutien dont tu as tenté de faire preuve envers moi il y a deux jours. J'aimerais pouvoir te rendre pareil service mais je me dois te t'en demander un second :
Drago est de retour depuis quelques heures et, comme je te l'ai fait savoir, le Seigneur des Ténèbres tient à le rencontrer dans les plus brefs délais. Ne pouvant le contacter par ses propres moyens, je n'ai vu d'autres solutions que de te demander de venir au plus tôt afin de l'y conduire. Je sais qu'il pourrait nous rejoindre lui-même sachant que Drago est de retour ici, mais je pense que, si nous prenons les devant, il en sera plus satisfait. Bien sûr, j'aurais tout aussi bien pu appeler Bella, mais je suis persuadée que Drago sera moins anxieux en ta présence.
Bien à toi.
Cissy
Lira n'avait pas crue devoir aller à la rencontre de Voldemort dans la journée mais elle savait qu'il ne lui pardonnerait pas une journée de perdue par paresse alors qu'elle pouvait (et devait) se rendre utile. Le fait qu'elle était sa fille ajoutait de l'importance à cette obligation, elle le savait.
Elle termina donc son déjeuner et transplana en direction du manoir Malefoy, en soupirant.
