Chapitre 28

Cela faisait une heure que Lira lui avait envoyé une lettre quand Jonathan arriva. Elle l'avait attendu si impatiemment que dès qu'il entra dans le manoir Malefoy elle lui lança directement :

- Où est-elle ?

- Qui ? répondit-il

- Il est vrai que tu ne sais pas : Mia a disparu.

- Comment ?

- Drago m'a dit que tu étais resté après lui, ce matin. Elle ne t'a pas parlé d'une quelconque fuite.

- Même si elle l'avait planifiée, penses-tu qu'elle m'en aurait parlé ?

- Non, certes, mais… qu'a-t-elle dit ? Pourquoi es-tu…

- Tu me crois capable de l'avoir libérée ?

- Elle est ta sœur, il aurait été possible que…

- Tu me crois capable de l'avoir libérée ? répéta Jonathan, en posant sa baguette sur sa gorge.

- Je ne sais pas mais…

- Lira, ce serait comme affirmer que Bella, ta mère, aurait pu protéger Andromeda, sa sœur…

- Bien, maintenant, lâche-moi.

Jonathan dégagea alors sa baguette.

- Puis-je au moins savoir ce qu'elle t'a dit ?

- Elle m'a dit qu'elle attendait sa mort. Elle n'avait en aucun cas l'intention de s'en aller.

- Je vois… entrons, proposa Lira car ils étaient restés dans l'entrée.

La clarté du jour éblouissait les yeux de Mia. Bien que le soleil ne soit pas visible, sa lumière donnait aux nuages un blanc si clair qu'elle ne put ouvrir les yeux avant d'être à l'intérieur. Cela faisait si longtemps que son décor n'était que ténèbres, qu'elle n'avait pas entendu une voix aussi douce. Celle de Tamara l'apaisait, tant.

- Comment m'as –tu retrouvée ? lui demanda-t-elle d'une faible voix.

- Je savais que tu étais chez les Malefoy, il ne pouvait en être autrement. Bien qu'il ne te porte plus dans son cœur, Jonathan n'aurait pas eu cette idée de lui-même, du moins, j'en étais persuadée. Il était impossible que Bellatrix accepte que quelqu'un qu'elle aurait jugé aussi insignifiant, sans arrière-pensée, chez elle. Et la maison de Lira a été détruite, quand ils ont…

- Tués Logan, termina Mia, je le sais.

- J'en suis désolée.

- Ce n'est pas à toi de l'être… Continue ton…histoire.

- Bien, donc, j'ai attendu que la demeure soit vide - et il a fallu du temps avant que Narcissa ne sorte – et je suis entrée.

- Mais, comment ? Il y avait forcément une sécurité, quelque chose…

- Il y en avait une, en effet, mais j'ai réussi à persuader un elfe de m'ouvrir, mais il est vrai que celui-là était particulièrement enclin à m'aider.

- Je suis si heureuse que tu sois venue avant qu'ils ne me… tuent.

Elle avait prononcé ce dernier mot dans un souffle, comme si elle-même n'arrivait pas à y croire.

- Crois-moi, je le suis aussi, mais dis-moi ce qu'ils t'ont fait.

Dans le salon, Lira avait venir et s'aligner tous les elfes de maison.

- Où sont Narcissa et Drago ?

- Cissy doit encore être chez Bella, elles devaient se voir. C'est Drago qui m'a appelait et je lui ai conseillé d'aller prévenir le Maître, puisque cela s'est passé chez lui.

- Tu l'as envoyé pour y échapper toi-même. Excellente stratégie.

- Je le sais, affirma Lira. Mais tu ne devrais pas te réjouir, cela finira par revenir vers toi.

- C'est faux. Mia était sous la responsabilité de Drago. Elle devrait être sa prisonnière.

- Je vois.

- Dans ce cas, interroge la moitié droite des elfes, je m'occupe de la gauche. (Aux elfes) A moins, que l'un d'entre vous ne veuille se dénoncer, ou en dénoncer un autre.

Ils n'eurent pas à attendre deux secondes avant que l'un d'eux tombe à genoux et s'exclame :

- Pardonnez Jana ! Jana est désolée ! Jana n'aurait pas dû désobéir à maitresse Lestrange !

Un air de satisfaction apparut sur le visage de Lira. L'elfe se tut quand les yeux de la sorcière se plantèrent dans les siens.

- Partez ! Tous ! Sauf toi, ordonna Lira, tu dois t'en douter.

Ils firent ce qu'il avait demandé, tandis que la Letrange échangea un regard entendu avec lui.

- Approche, dit-elle à Jana. Approche.

Lira se baissa à sa hauteur planta ses yeux dans les siens, sortit sa baguette tandis qu'elle maintenant son regard dans le sien, et lança :

- Endoloris.

La jeune elfe tomba et convulsa au sol : elle savait que leurs maitres préféraient en général ne pas les entendre crier.

- Jana vous prie de l'excuser, dit-elle alors que Lira avait relevé sa baguette. Jana ne…

- Endoloris. Tu n'as pas à me prier de faire quoi que ce soit, ne l'oublie pas.

Elle arrêta le sortilège, s'approcha de l'elfe au sol, posa sa baguette sur sa gorge et dit :

- Comment est-elle partie ? Qu'as-tu fait ?

- Jana n'a fait qu'ouvrir la porte quand elle s'est présentée. Jana ne savait pas qu'elle…

- Qui ? demanda Jonathan. Qui s'est présenté ?

- C'était une sorcière qui…

- Précise, reprit Lira, une sorcière ou bien une simple Sang de Bourbe.

- Jana ne sait pas.

- Et elle laisse entrer les gens sans même se poser la question…

- Continue, ordonna Jonathan.

- Oui, maître Brown. Elle avait de grands yeux dont je ne me souviens pas la couleur et des cheveux blonds, elle…

- Tamara Jones, s'exclama Lira. C'est elle. C'est sa description parfaite et elle est devenue une proche amie de Mia.

- Tu en es sure ? demanda Jonathan

- Parfaitement.

Leurs regards se croisèrent et le sorcier lança à Jana un « Avada Kedavra », auquel elle succomba avant même qu'il n'est fini de le prononcer.

- Sais-tu où elle habite ? demanda Jonathan.

- Non, quand j'ai tué Aaron, nous n'étions pas chez eux, et je crois que sa famille à déménagée, depuis.

- Bien, j'en trouverai d'autres pour entrainer Drago mais si tu les croises, ne les épargne pas.

- Que pensais-tu que je pourrais faire ?

- Il fallait bien que je dise quelque chose.

- En effet.

Lira soupira et les deux sorciers s'assirent.

- Je suis, à présent, avec vous, déclara Jonathan.

- Le maître t'a apposé sa marque ?

- Oui, Kate doit certainement en être, elle aussi.

- Je l'espère, soupira Lira.

Le soir, quand elle fut chez elle, la fille de Bellatrix admira les photos qui se trouvaient sur sa table de chevet : il y en avait trois. La première était celle de Narcissa et Bellatrix, celle-ci devait avoir vingt quand la photo avait été prise. La deuxième représentait le cercle de mangemorts dont sa mère faisait partie, elle datait de la première guerre des sorciers. La dernière fut celle que Lira observa avec le plus d'attention ce soir-là : elle avait été prise l'année de ses quinze ans. Elle y était en compagnie de Jonathan, de quelques-uns des Sang-Pur qui faisaient parties de ses connaissances. Ceux-là mêmes qui l'avaient soutenue sans rien dire quand elle avait été renvoyée. (Mia y était aussi, avant, mais Lira l'avait faite disparaître à l'aide d'un sortilège). Pourtant, il y avait toujours eu une sorcière qui l'avait intriguée, et ce fut seulement ce soir-là qu'elle la reconnut. Kate Johnson n'avait pas l'âge que Lira lui donnait au départ, elle était en réalité bien plus jeune. Si elle en croyait la photo, elle avait celui de Jonathan. Elle comprit qu'ils ne se connaissaient pas assez, à l'époque, pour se reconnaître, à présent : ils étaient éloignés mais pas comme s'il souhaitait s'éviter seulement parce que les choses étaient ainsi. Lira se souvint alors qu'elle était passé par là et qu'un de ceux qui devaient être sur le cliché final lui avait proposé de se joindre à eux, sachant qu'elle supportait les idées de Voldemort.

Sur cette pensée, Lira s'endormit en pensant à la rencontre qu'elle aurait certainement le lendemain avec son père, à la suite de ce qu'il s'était passé dans la journée.

A bientôt pour la suite.