Chapitre 33
Quand Jonathan remonta, il déclara :
- En vue du peu de temps que nous avons, il ne faut pas le perdre. Je m'occuperai de lui la nuit, Lira, tu ferras ça le jour. On ne lui laissera que quatre heures pour dormir. C'est la seule solution.
- Et moi ? demanda Kate.
- Si tu nous as appelés, au départ, c'est parce que tu ne pensais pas avoir la puissance nécessaire pour le faire, et je pense que…
- Fais-ça pendant nos pauses déjeuner, coupa Lira.
- Bien, soupira Jonathan.
Kate eut l'air satisfaite. Lira se rendit alors à la cave.
Elle prit soin de refermer la porte derrière elle, puis posa son regard sur Ron qui faisait les cents pas dans sa cellule. Elle s'approcha de lui, il s'arrêta. Lira avait du mal à distinguer son visage au milieu de ces murs de briques froids qui ne laissaient entrer aucune lumière.
- Weasley, dit-elle, j'imagine que tu sais pourquoi tu es ici.
- Je ne vous dirai rien.
- Tu sais pourtant ce qui t'attend…
- Je ne trahirai pas Harry.
- Endoloris.
De là où ils étaient, Jonathan et Kate entendirent les cris de Ron. Lira l'interrompit au bout de quelques secondes, afin qu'il puisse l'entendre.
- Pourquoi ne pas vouloir les trahir ? Ils t'ont rendu si faibles. Si tu avais été né dans une de nos familles, tu ne hurlerais pas si vite. Tu pourrais être au-dessus de tout ça. Tu connaitrais la puissance.
- Drago Malefoy, votre cousin, ne semble pas être un modèle de puissance.
- Endoloris.
Ses cris furent plus forts que les précédents, des larmes commencèrent à couler sur ses joues.
- Il ne saura même pas ce que tu fais, reprit Lira en arrêtant le Doloris. Et que fais-tu ? T u ne fais que parler, ça ne lui fera pas de mal. Tu as trahi ton sang, quel déshonneur peut-être plus grand ?
- Le sang ne signifie rien à mes yeux.
- Alors tu penses que ton ami pourrait tous vous « sauver » ? Lui ? Face à nous ?
- Il a déjà vaincu Vous-Savez-Qui un nombre de fois suffisant pour le prouver.
- Endoloris.
Les muscles de Ron se contractèrent, ses cris déchirèrent le silence. Il fut pris de violents spasmes. Sa sueur se mélangeait à ses larmes et il se tordait au sol. Cela dura trois minutes. Trois longues minutes. Lorsque la mangemort arrêta les effets du sort, le sorcier ne bougea plus. Seule sa respiration saccadée lui prouvait qu'il était encore en vie. Elle se baissa près de lui et lui murmura :
- Tu pourrais accepter dès maintenant et tout cela serait fini. Tout.
- Ja…Jamais je… je ne… ne se… serais libre… en… en acceptant, répondit-il.
- Certes, mais tu le serais encore moins mort.
- Je… je pré… préfère… être… mort que… que de… de vous servir… vous et… et…
- Endoloris. Tu comptais prononcer son nom, je le sais, et, crois-moi, tu es loin d'en être digne.
Elle leva sa baguette et à nouveau le silence se fit.
- Te faire taire et si simple… si tu pouvais te montrer aussi conciliant lorsqu'il s'agit de parler…
- Ne… n'y… comptez… pas.
- Aimes-tu la douleur à ce point ? N'en as-tu pas eu assez ?
Lira éclata d'un rire sadique lorsqu'elle croisa le regard effrayé de Ron. Il parut d'ailleurs soulagé lorsque Kate entra dire quelques mots à Lira.
- Prends ta pause, je m'occupe de lui, lui murmura-t-elle.
Lira hocha la tête et repartit.
Quand elle fut à l'étage, elle vit que le repas était prêt. Elle s'assit face à Jonathan et dit :
- Pour l'instant, il refuse catégoriquement mais je n'ai pas l'impression que nous devrions nous en inquiéter.
- C'est un Weasley et rien ne pourra changer cela. La faiblesse fait partie de son héritage.
Ils sourirent puis Lira reprit :
- Sais-tu ce que Kate fait en bas ?
- Tu sais bien qu'elle est différente de toi. Elle fait moins de bruit quand il s'agit de… torture.
Kate était donc descendue. Elle avait avec elle un bol de soupe faite avec le strict nécessaire pour survivre. Elle l'avait posé par terre, à l'exact milieu entre la porte et le mur qui lui faisait face. Elle enchaina Ron et dit :
- Comme tu peux le constater, de l'endroit où tu es, tu ne peux attraper ce bol – Regarde-moi quand je te parle ! Bien. Le principe est simple, je vais te poser des questions et tu vas y répondre. Je serais le seul juge de ce que tu me diras et une bonne réponse signifiera que je l'avance et une mauvaise, que je le recule. J'espère que c'est clair… mais peu importe, je ne répéterai pas. Première question, simple à mon goût : Penses-tu vraiment avoir la force nécessaire pour nous résister ?
- Oui, répondit-il avec un aplomb qui étonna Kate.
- Mauvaise réponse, répondit-elle en reculant la soupe. Je pense que tu n'as pas entièrement compris ce que tu étais censé faire... Mais, passons, deuxième question : As-tu peur de Lira Lestrange ?
Il y eut un silence de quelques secondes après lesquelles Kate dit :
- Tu en as si peur que tu ne peux même pas le nier, est-ce cela ?
- Certes, avoua Ron après encore quelques secondes.
- Bien, murmura Kate à l'oreille de celui-ci. Bonne réponse.
Elle dirigea sa baguette vers le bol qui revint à son point de départ. Elle savait que la question qu'elle venait de poser n'avait pas de sens mais elle savait aussi que faire avouer sa peur à Ron permettrait de le rendre plus vulnérable face à eux.
- Passons à la question suivant, continua-t-elle, toujours en susurrant, la troisième : Pourquoi préférer souffrir ici pour sauver Potter, alors que tu pourrais accepter et sauver ta sœur ?
- Qu'avez-vous fait à Ginny ?
- Rien pour le moment, mais je pensais que Lira te l'avait dit, improvisa Kate avec une assurance qui la surprise elle-même, elle n'est pas même au courant de ce que nous avons en tête. Mais sache que si, avant la fin de la semaine, tu n'acceptais toujours pas notre offre, ou que tu mourrais, elle te rejoindra bien vite. Maintenant, réponds ! S'exclama-t-elle afin d'éviter d'avoir des questions sur ce qu'elle avait elle-même décider sans que les autres n'en soient au courant. Et, n'oublie pas que si tu acceptes, tout le monde restera en vie.
- Je ne veux pas vivre en trahissant Harry.
- Mauvaise réponse, dit Kate en reculant le bol, mais préfères-tu pour autant mourir et faire mourir ta sœur ?
Ron ne répondit pas et, ne souhaitant pas perdre de temps, la mangemort continua :
- Quatrième question :
- Kate.
Celle-ci se retourna et vit que Lira était revenue. Elle s'approcha alors d'elle et lui expliqua en quelques mots ce qu'elle avait dit à Ron un peu plus tôt. Elles échangèrent des regards entendus puis satisfaits avant de reprendre leur chemin.
Lira aperçut le bol de soupe puis eut l'idée de s'offrir une sorte de satisfaction :
- J'imagine que tu as faim.
- J'imagine que vous vous attendez à ce que je réponde « oui ».
- Quelle perspicacité, dit sarcastiquement Lira. Bien que tu ne veuilles pas me l'avouer, je sais que c'est le cas, et comme j'ai un cœur, je vais te le donner… à une condition : supplie-moi.
- Je n'en suis pas réduit à cela.
- Tu n'as pas le choix, Weasley. Endoloris.
Le corps de Ron était faible de douleur et de faim et il se serait évanoui si Lira ne s'était pas arrêtée avant.
- As-tu toujours envie de t'opposer à moi ?
Le sorcier ne put répondre, trop occupé à reprendre ses esprits ce qui n'empêcha pas Lira de dire :
- La prochaine fois ce sera l'Imperium, ce qui signifie que tu seras obligé de le faire mais que, dans l'un des deux cas, tu ne pourras toucher à cette soupe.
La mangemort plongea son regard noir dans celui de Ron, en posant sa baguette sur sa gorge. Elle força tant ses gestes que Ron ne put faire autrement que de plier devant elle.
- Je…
Il s'interrompit.
- Continue, lui ordonna-t-elle.
- Je… Je vous en prie, dit-il la voix enrouée.
- De quoi me pris-tu ?
- Je… c'est ridicule, soupira-t-il.
- Weasley, ordonna-t-elle en appuyant sa baguette sur son cou.
- Je vous implore de… de me lâcher et de repartir de là où vous venez.
- Endoloris.
Cette fois, Lira le laissa s'évanouir puis s'en alla, le laissant attaché à ses chaînes.
J'espère que cela vous a plu. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez -).
