Chapitre 40
- Maître, articula Lira en s'inclinant.
- Relève-toi.
Elle s'exécuta tout en sentant Nagini s'approcher d'elle.
- Lira, tu te doutes certainement que la façon dont les Aurors t'ont rattrapés m'ont fait douter de toi.
- J'en suis profondément désolée. Je ne suis pas digne d'être votre héritière, je…
- Kate m'a déjà fait part de tes paroles, lorsque tu as été envoyée à Azkaban. J'imagine qu'elles n'ont pas changées depuis.
- Non, en effet.
- Je sais que ce que nous défendons a toujours été dans ton esprit quand tu étais là-bas, de plus, ta fuite a été remarquable. Je me suis alors souvenu que tu étais l'une de mes plus fidèles mangemorts, que tu avais toujours accompli tes missions de la façon qu'il fallait, contrairement à certains autres…
- C'est un honneur d'avoir regagné votre confiance.
- Sache tout de même que tu me seras redevable…
-Bien sûr, je n'en pensais pas moins, et, si je peux me permettre... Dolohov a, lui aussi, joué un rôle important dans cette évasion.
- Je le sais. A présent, si tu n'as rien à ajouter, tu peux partir.
- Bien, maître.
Lira s'inclina à nouveau et transplana. Cela avait été bref, mais elle savait maintenant à quoi s'en tenir et elle en fut heureuse.
Les jours passèrent, ensuite. Elle évita les Aurors avec soin, assura qu'elle était bien libre à tous ceux à qui elle le devait. Tout se passa comme elle le souhaitait jusqu'à un fameux matin, vers quatre heures, où elle entendit que l'on tambourinait à sa porte. Elle courut alors vers sa fenêtre puis vint ouvrir. Drago s'écroula dans ses bras. Il était en sang et paraissait faible. Lira le déposa alors sur son canapé et lui demanda, avec de la panique dans la voix :
- Est-ce-que ce sont des blessures magiques ?
- Je… Je n'en ai aucune idée.
Elle sortit pourtant sa potion et la lui passa sur le visage alors qu'il faisait de même sur ses mains.
- Que s'est-il passé ? demanda Lira
- Tu n'es pas au courant... ?
- La seule chose que je sais est que Dumbledore est mort, c'est ce qui se répète depuis une dizaine d'heures, maintenant. Alors, comment était ce premier meurtre ?
- Je… Je ne l'ai pas tué.
- Comment ? s'exclama Lira. Mais, il…
- Rogue l'a fait, pas moi, murmura-t-il.
- Et tu oses te présenter ici. Tu penses vraiment vivre tes dernières heures chez moi, tu penses que je vais guérir tes plaies avant ta mort.
- Je ne pense pas mourir, pas maintenant.
- Tu espères vraiment que le Seigneur des Ténèbres t'épargnera.
- Je suis déjà allé à sa rencontre et il m'a laissé un... un certain choix : dix heures sous sa torture ou la mort.
- Puisque tu sembles avoir choisi cela, endoloris. Tu n'as pas eu d'épreuves à passer pour entrer dans le cercle des mangemorts, dit-elle sans interrompre le sort. Ensuite, il t'a confié une mission, tu as échoué, et il t'a laissé vivre. Je ne comprends pas pourquoi et crois-moi, je n'en ai pas spécialement envie, mais sache que je t'en veux pour cela.
Drago hurla. Son corps étant déjà affaibli par les foudres de Voldemort, ses yeux ne tardèrent pas à se fermer et ses cris à se taire, il allait perdre conscience.
Lira arrêta les effets du doloris, s'approcha de lui et reprit :
- Maintenant, vas-t-en, impero.
Sous l'effet de ce sortilège, il se leva, tremblant. Il tomba lorsqu'elle releva sa baguette. Il saisit alors la poignée, et transplana.
En remettant sa baguette dans sa poche, Lira s'écroula et pleura. Elle aimait son cousin et pourtant elle ne pouvait s'empêcher de le faire souffrir, pour se venger des privilèges qu'elle pensait qu'il avait auprès de Voldemort. Puis, elle sentit qu'il lui restait une chose à faire avant de se sentir totalement soulagée. Alors, elle sortit de chez elle et partit chercher Jonathan, non sans faire réapparaître sa maison aux yeux du monde, au passage, pensant qu'à présent, cela serait mieux ainsi.
Un elfe de maison lui ouvrit, et lui demanda d'attendre sur le palier.
- Lira, s'exclama le mangemort étonné, sais-tu qu'il n'est pas cinq heures du matin ?
- Oui, et j'ai besoin de toi.
Elle lui expliqua alors son plan en détails et sa cause. Il accepta et ils transplanèrent 12, square Grimmaud.
- C'est ici ? demanda Jonathan
- Oui, cette fenêtre particulièrement.
- J'imagine que tu n'as pas les clés…
- Non, en effet, c'est pour cela que j'ai fait appel à toi. Il faut que tu m'aides à voler jusqu'au troisième, là où je t'ai indiqué, avec un sortilège de lévitation.
- Bien, mais, es-tu sûre que personne ne vit ici ?
- La maison était à Sirius, Sirius est mort, il n'y a personne.
- Et si quelqu'un en avait hérité ?
- Cette maison est à notre famille depuis de lustres, j'espère qu'il n'aurait pas eu l'inconscience de la légué à quelqu'un d'autre.
- Il vous a trahi une fois, il aurait tout aussi bien pu…
- Jonathan, fais-moi léviter jusqu'à cette fenêtre que nous en finissions.
Il soupira et s'exécuta. Lira brisa alors le carreau et entra. Elle avait visé juste, elle avait atterrie dans la pièce où se trouvait la tapisserie de la famille Black. Des doigts, elle caressa les portraits des membres qu'elle connaissait et s'attarda sur le siens. Des frissons la parcoururent alors. Elle se sentit honorée de faire partie d'une famille qu'elle jugeait si noble. « Toujours Pur ». Elle murmura cette phrase sur un ton solennel. Puis, elle saisit sa baguette, la posa sur le visage de Drago et une tâche commença à le recouvrir entièrement. Elle soupira et se précipita vers la fenêtre par laquelle elle était rentrée, car elle entendit le plancher craqué, comme sous des pas, de l'autre côté de la porte.
Les deux mangemorts se retrouvèrent et Jonathan l'invita à rester chez lui jusqu'au lever du jour.
