Chapitre 44
Lira s'était rendu au ministère, ce jour-là, afin de voir le fameux bureau chargée de recenser les nés-moldus du monde sorcier et de se renseigner sur l'un d'eux. Elle y croisa Kate, qui faisait voler autour d'elle des cartons certainement dans le but de les transporter.
- Lira, s'exclama-t-elle, je ne m'attendais pas à te voir…
- Moi non plus, du moins pas avec une trentaine de cartons à ta suite…
- Il est vrai que tu n'es pas au courant… Si tu te souviens bien, le maître m'avait recruté, entre autre, grâce à ma capacité de persuasion, te j'ai enfin compris en quoi cela pouvait lui être utile : j'ai été nommée à la direction de la Gazette du Sorcier.
- Je commencerai peut-être à aller plus loin que la couverture, dans ce cas,
- Je l'espère.
- Bien, soupira Lira, je serai restée plus longtemps, mais je dois me rendre ailleurs.
- Si tu souhaites me voir, ne cherche plus ici.
Elles se sourirent et chacune repris son chemin.
Lira se rendit jusqu'au département qu'elle recherchait avec une assurance inhabituelle en ce lieu. Pourtant, elle ne pût s'empêcher de soutenir le regard des quelques anciens employés qui s'étaient pliés au nouveau gouvernement ou qui étaient sous Imperium, qui travaillaient et se déplaçaient au milieu des mangemorts. Elle souriait toujours intérieurement en voyant ceux de la première catégorie baisser les yeux en croisant les siens.
Elle frappa à la porte réservée aux employées et une petite sorcière toute de rose vêtue lui ouvrit et reconnut :
- Lira Lestrange, que me vaut le plaisir de votre visite ici ? Je suppose que quelqu'un comme vous n'est pas ici pour nous annoncer de douteuses origines.
- Dolores Ombrage, j'imagine, répondit-elle.
- En effet.
- Bien, je souhaiterai vous prévenir qu'aucune parole, de votre part où de celle de l'un de vos collègues, qui, même sans arrière-pensée, pourrait mettre en doute mes liens de parenté, je m'arrangerais pour que vous vous souveniez que je descends de Bellatrix Lestrange et du Seigneur des Ténèbres. Me suis-je bien faite comprendre.
- Evidemment. Quelle est l'objet de votre visite ? répondit la sorcière dont le sourire pincé cachait mal sa vexation et son impatience.
- Je cherche à savoir s'il me serait possible d'être prévenue aussitôt qu'un certains Lewis Martinez passera cette porte.
- Suivez-moi, nous verrons s'il est déjà passé, conclut Dolores Ombrage, à moins que vous ne préfériez m'attendre ici.
- Ne pensez pas vous débarrassez de moi de la sorte.
- Bien.
Ombrage entra, Lira à sa suite, qui eut un mouvement de recul à peine son regard avait passé la porte. Des Détraqueurs flottaient autours du bureau central. Il rappelait tant Azkaban à la mangemort que même son orgueil ne put l'empêcher de déclarer « Après réflexion, je pense vous attendre à l'entrée. ». Et de s'en aller, sans voir le sourire satisfait son interlocutrice.
Une fois à l'extérieur, elle s'assit, appuyée contre le mur, et reprit son souffle. Inspirer. Expirer. Elle était loin d'eux à présent. Il ne tenterait pas de la retrouver. Le pouvoir du ministère avait changé de main. Elle n'était plus recherchée à présent. Il resterait de l'autre côté du mur. Ayant repris ses esprits, elle se souvint que Dolores Ombrage reviendrait d'une seconde à l'autre et elle ne voulait pas montrer une trace de faiblesse en elle. Lira se releva, tête haute, et la porte s'ouvrit sur celle qu'elle attendait.
- Mlle. Lestrange, nous l'avons déjà vue, dans la matinée.
- Est-il déjà à Azkaban ?
- Non, mais il a été enfermé dans cette prison, en attente de son départ. J'imagine que je ne vous montre pas le chemin.
- En effet, il faut dire que j'ai déjà eu l'occasion de servir le Seigneur des Ténèbres. Certainement plus que vous en tous cas.
Elles échangèrent des regards signifiant l'aversion que chacun avaient envers l'autre. Puis, elles hochèrent la tête avant de se quitter.
Lira soupira et se rendit là où on lui avait indiqué la présence de Lewis Martinez, non sans une certaine appréhension à l'idée de retourner à cet endroit, bien qu'il ne la terrifiait pas autant qu'Azkaban elle-même. Arrivée devant la grande porte de fer, elle prit une grande inspiration et l'ouvrit. De l'autre côté, se trouvait une petite table avec un petite sorcier juste derrière. Elle se rappela alors qu'il fallait passer devant lui avant de finalement pouvoir entrer.
- Nom, prénom ? demanda le garde d'une voix lasse.
- Lira Lestrange.
- Objet de cotre visite ?
- J'ai des choses à dire à Lewis Martinez.
- Seuls les mangemorts possédant la Marque peuvent rendre visite aux prisonniers. Puis-je avoir la preuve que vous en êtes ?
- C'est une plaisanterie ?
- Vous pourriez simplement avoir pris son apparence, mais, même le polynectar ne permet pas de la faire apparaître.
- Bien, soupira Lira en relevant sa manche.
- Parfait, vous avez un quart d'heure.
- Cela sera amplement suffisant.
Il se rendit près de la seconde grande porte, en bois cette fois, et la lui ouvrit.
- Suivez-moi, dit-il. Et ne vous inquiétez pas des Détraqueurs, ils ne vous feront rien.
- Il y en a ici ?
- Oui, mais nous ne ferons pas un long chemin : Martinez est dans la première cellule. De plus, j'imagine que vous êtes là pour une vengeance. N'oubliez pas que c'est certainement votre dernière occasion.
Lira hocha la tête et le suivit à l'intérieur. Elle fixait le sol afin de ne pas voir les Détraqueurs qui flottait au-dessus et autour d'elle. Il la laissa devant la cellule qu'il avait ouverte et s'en alla. Chacun était doté d'une porte, toujours ouverte, en plus des barreaux pour les refermer. Lira poussa alors la première porte afin que les Détraqueurs ne puissent entrer tant qu'elle serait là. Dans l'obscurité, la mangemort eut d'abord du mal à distinguer le prisonnier enchainé au mur qui lui faisait face, ce qui ne fut pas son cas.
- Lira Lestrange, murmura-t-il, comme pour lui-même.
- Exactement, répondit-elle. Et je suis persuadée que tu ne pensais pas que les rôles s'inverseraient à ce point un jour.
- Ils finiront par revenir à leur place, soyez-en sûre.
- Crois-moi, l'espoir ne fait pas passer le temps plus vite, même à Azkaban.
- Pourquoi tant en vouloir à notre famille ?
- Nous pouvons commencer par le fait que vous êtes des Sang-de-Bourbes, ce qui est à l'origine de tout. Si ton idiot de frère n'avait pas été là, jamais je ne serais allée à Azkaban, du moins, pas la première fois.
- Il t'aimait…
- Je ne t'ai jamais autorisé à ma tutoyer.
- Je n'ai aucun envers toi.
- Peut-être, mais j'ose espérer que tu en as pour ma baguette, dit-elle en passant celle-ci sous la gorge de Lewis.
Il ne répondit pas, mais Lira le sentit frissonner en louchant sur sa baguette.
- Bien, susurra-t-elle, ravie de voir que ce qui est arrivé à ton frère et à ton neveu.
- Aaron te… vous aimait plus que tout. Plus que Tamara même. Après tout ce que vous lui avez fait, je n'ai jamais su pourquoi. Il aurait été capable de tous nous renier pour vous. Il l'a fait, en partie, quand vous étiez ensemble.
- Certainement, mais cela n'aurait pas purifié son sang.
- Est-ce donc tout ce qui compte à vos yeux ?
- C'est même devenu la loi, à présent.
- Ce n'est pas ce que vous décidez qui fera que les moldus feront naître moins de sorcier.
- Pour commencer, vous n'êtes plus considérer comme « sorcier », ensuite…
- Pourtant, nous en sommes.
- Ne me coupe pas, dit Lira en articulant chaque syllabe et en appuyant sa baguette sur la gorge de Lewis.
- Bien.
- Te ferais-je peur ?
- Je n'ai même plus ma baguette. Tu pourrais me tuer aussitôt que l'idée te traversera l'esprit.
- Non, Martinez, je ne le ferais pas. Parce que la mort te libèrerait de la souffrance d'Azkaban. Tu me l'as faite endurée, et je compte bien te rendre la pareille.
- Tu as tué Aaron, Jake et Logan, ne penses-tu pas que j'ai assez souffert ?
- Le jour où tu mourras, gisant au milieu de ta cellule, détraqué des centaines de fois, à cet instant, je jugerais que ce sera le cas.
Sur ces mots, Lira sortit de la cellule, ferma seulement la grille et s'en alla en faisant toujours attention de ne pas voir les Détraqueurs autour d'elle.
J'espère que ce chapitre vous a plu. La suite arrive bientôt. N'hésitez pas à laisser des reviews ;-)
