Chapitre 46

Comme il l'avait décidé, Lira et Jonathan passèrent à l'action le vendredi suivant. Ils n'eurent aucun mal à entrer en Poudlard, étant donné le personnel corrompu qui gardait, à présent, l'établissement. L'un d'eux leur indiqua que Ron était en cours et leur indiqua brièvement où se trouvait la classe en question, avant de les abandonner à leur sort au milieu d'un couloir. Le temps et Azkaban avaient effacés le peu de souvenir que Lira avait de la disposition des salles de Poudlard et Jonathan, qui avait quitté le collège à quinze ans quand un héritage pouvant lui permettre de vivre plusieurs vies lui était tombé dessus, n'avait en mémoire que les matières qui correspondait à chaque classe, ce qui avait manifestement changé depuis.

- Frappons ici, proposa Lira, s'il n'est pas là, on trouvera bien quelqu'un à l'intérieur qui nous dira où aller.

- Penses-tu sérieusement que tout Poudlard s'est dit « Tiens, donc, peut-être que Lestrange et Brown vont passer chercher Weasley un jour. Apprenons donc son emploi du temps par cœur, ça pourra toujours servir » ?

La mangemort ne put s'empêcher de rire, en écoutant le ton qu'il avait pris, et elle fut vite suivie de Jonathan. C'était des rires joyeux, simplement. Sans aucun sous-entendu. Simplement des rires comme ils n'en avaient pas beaucoup connus, eux, nés de famille soi-disant « pure ». Et lorsque cela prit fin, leurs regards se croisèrent et ils ressentirent chacun comme une reconnaissance envers l'autre pour ce moment.

Ils prirent de grandes inspirations et se sourirent. Puis, ne sachant pas exactement quoi faire, Lira frappa à la porte qu'elle avait désignée plus tôt. Quand une voix leur dit d'entrer, Jonathan poussa la porte, ils s'introduisirent dans la salle où se trouvaient Minerva McGonagall ainsi qu'une classe d'élèves s'à peu près seize ans.

- Bonjour, nous cherchons Ronald Weasley, annonça Lira, devançant Jonathan, mais j'imagine qu'il n'est pas ici. Alors, gagnons du temps, et passons directement à la question suivante : où est-il ?

La mangemort avait du mal à cacher sa satisfaction de se sentir en position de force devant celle qui avait contribuée à son renvoie quelques années auparavant.
- En effet, il n'est pas là, et, voyez-vous, je ne connais pas l'emploi du temps de chacun des élèves par cœur, je ne peux donc pas vous dire il se trouve à cet instant même. Autre chose ?

- Evidemment, murmura Lira en lançant un regard complice à Jonathan, qui le lui rendit, avant qu'elle ne reprit :

- Dans ce cas, nous n'avons qu'à attendre dans cette classe, il finira bien par arriver.

- Sachez, Mlle. Lestrange, que celui que vous cherchez n'as pas cours ici, aujourd'hui, et que vous feriez mieux de vous en aller, à moins que vous ne souhaitiez réellement rester ici jusqu'à lundi.

- Ne serait-ce pas sa sœur, là-bas ? demanda Jonathan, en désignant effectivement Ginny.

- Certes, mais je ne vois pas ce que cela vient faire ici ?

- Je me souviens que Mia connaissait le mien quand nous étudions ici, peut-être qu'elle pourrait nous conduire à lui.

- Non, dit-elle, je… je ne connais pas ses horaires.

- Tu mens, coupa Lira.

- C'est faux, je… comment pourriez-vous savoir cela ?

- Je le sais et tu le sais, il n'y a pas en dire plus, alors tu vas gentiment nous conduire à ton frère.

Lira ne savait pas elle-même comment elle pouvait en être aussi sûre, mais elle le sentait, une certitude s'était imposée à elle, et elle ne pouvait pas l'ignorer.

- Je vous dis que…

- Ecoute-moi bien, jeune fille, je connais plutôt bien Azkaban, et je sais que tu n'as pas envie d'y aller, j'imagine que je n'ai pas besoin de me justifier là-dessus. Maintenant, tu as le choix : aide le ministère et sois libre ou dis-toi que tu peux nous empêcher de l'avoir, ce qui est faux, et je ferais en sorte que tu sois enfermée dans moins d'une semaine.

- Arrêtez de persécuter cette jeune fille, ordonna McGonagall, elle…

- C'est vrai, je sais où il est.

Les mangemorts se tournèrent en direction de Ginny, dont le visage scintillait de quelques larmes qu'elle tentait de retenir.

- Bien, murmura Lira, approche.

Ils sortirent sans que les regards de la mangemort et du professeur ne se lâchent.

- Vous n'avez pas besoin de me faire sortir, dit la rousse, c'est… c'est la porte qui est en face.

- Certainement, répondit Jonathan, mais s'il s'avérait que ce n'était pas le cas, il est préférable de t'avoir sous la main.

- Bien.

Lira frappa à la porte puis l'ouvrit.

- Est-ce-que Weasley est ici ? demanda-t-elle.

- Lestrange et Brown, fit Alecto Carrow, qui était là, je ne vous entendais pas… maintenant.

- Pourtant, nous sommes là, coupa Jonathan. Nous aurions aimé parler plus longuement, malheureusement, nous cherchons quelqu'un et nous aimerions savoir si le quelqu'un en question serait ici. Je ne le vois pas, ce qui me laisse penser que votre effectif va certainement se réduire dans les jours qui suivront.

Après s'être rendue compte de cela, Lira enfonça ses ongles dans le bras de Ginny qui retint un cri. Elle, qui n'avait osé lever les yeux depuis son entrée ici, toisa les élèves qui étaient là et, en plus de la douleur, une sorte de surprise se forma sur son visage.

- Vous n'avez pas de chance, reprit Alecto, il aurait dû être là, en effet, mais il connait un… contretemps qui fait qu'il est… ailleurs.

Lira lâcha brusquement le bras de Ginny et lui murmura au creux de l'oreille « vas-t-en, ne pense pas que je vais te laisser une chance de le retrouver pour le prévenir, bien que cela ne pourra servir à rien. ». Elle hocha la tête et se précipita à l'extérieur.

- Où est-il ? reprit Jonathan, pendant ce temps.

- Au fond du couloir, à droite, première porte.

- Je vous remercie.

Et ils s'en allèrent sans lui laisser le temps de répondre.

- Je commence à me souvenir pourquoi j'étais incapable d'arriver à l'heure, ironisa Jonathan alors qu'ils marchaient.

- Je suis persuadée que notre motivation jouait aussi beaucoup là-dedans, répondit Lira.

- Non, si cela avait était le cas je ne serais jamais venu ici.

- Quoi qu'il en soit, Weasley à intérêt à être là-bas où je te promets que j'attends le repas pour aller le trouver dans la Grande Salle, un des rares endroits d'ici dont je me souviens l'emplacement, et voler deux-trois choses à manger au passage.

- Cela aurait pu être une bonne idée s'il n'était pas presque neuf du matin.

Ils rirent de nouveau.

Quand ils furent devant la porte, Jonathan ouvrit, sans prendre le temps de frapper et leurs yeux se posèrent sur Ron. Ou plutôt sur son corps, inanimé.

- Lestrange, accueillit Amycus Carrow, cette fois, et Brown. J'imagine que vous êtes là pour lui.

- Enfin quelqu'un qui fait preuve d'un peu de perspicacité, murmura Jonathan.

- Que lui as-tu fait ? demanda Lira.

- Je ne pensais pas que vous seriez là si tôt, il était en retenu, j'avais un cours à présenter… mais ne vous en faites pas, il est en vie, seulement un peu assommé par la douleur.

- Crois-moi, tu as tout intérêt à ce qu'il soit vivant, du reste, je me fiche complétement qu'il est souffert ici, je m'inquiète simplement de ce que j'appellerai le transport.

- J'imagine que les sortilèges de lévitation ne te sont pas totalement étrangers...

- Certes, et s'il se réveille avant que nous ne soyons sortis et que nous ne pouvons transplaner, que faisons-nous ?

- Crois-moi, il ne s'éveillera pas.

- Dans le cas contraire, tu auras de mes nouvelles, prévint Lira en dirigeant sa baguette en direction de Ron.

- J'imagine qu'il ne me reste qu'à vous dire au revoir.

Lira lui fit un signe de la main et sortit, suivie de Jonathan. Une fois dehors, leurs regards se croisèrent. Ils soupirèrent et se dirigèrent vers la sortie.