Chapitre 48
Jonathan et Lira avaient enfermé Ron dans la cave de celle-ci, la mangemort ayant voulu garder le plus grand contrôle sur le devenir du rouquin, et, après lui avoir pris sa baguette, ils s'installèrent autours d'un thé pour s'assurer de la suite.
- Il ne fait rien faire aujourd'hui, déclara Jonathan. Il faut lui laisse une nuit pour qu'il se questionne. Qu'il se rende compte de tout ce qu'il a gagné à être loin de Potter...
- Je ne sais pas, répondit Lira, si l'urgence de la situation nous permet de nous accorder le luxe d'attendre une nuit avant de faire quelque chose...
- Je ne te parle pas d'attendre sans rien faire, seulement de ne pas nous montrer devant lui avant demain. Ce sont deux choses différentes.
- A quoi penses-tu précisément ?
- Je me souviens que, pendant que j'entraînais ton cousin...
- Ne l'appelle pas mon cousin ! coupa Lira
- Bien sûr, soupira Jonathan, je voulais dire, pendant que j'entrainais Drago -ce qui n'as pas eu les résultats voulus - le Seigneur des Ténèbres t'enseignais l'occlumencie, du moins, cela faisait partie des bruits qui couraient chez les Malefoy... J'imagine que tu vois où je veux en venir...
- Jonathan, je ne sais pas si je serai capable de pénétrer son esprit. Je...
- Tu es l'héritière du maître, tu ne peux être née sans avoir aussi quelques... capacités suplementaire.
- Je sais que je pourrais arriver à cela avec plus d'entraînement mais je n'ai jamais fait cela avant. Fermer mon esprit est devenu chose simple mais je ne...
- Lira, tu es la fille de Bellatrix Lestrange et du Seigneur des Ténèbres, ton sang est des plus purs qui puissent être, et tu as au moins un peu de controle sur les esprits, bien que le seul que tu es expérimenté soit le tien. Lui est un Weasley, un traître, qui n'as jamais, j'en suis persuadé, songé à se défendre de cette magie. Avec autant de chance de notre côté, il serait idiot de ne pas tenter quelque chose... Et je crois me souvenir que tu as su instinctivement que Ginevra mentait quand nous sommes allés chercher son frère, à Poudlard. N'est-ce pas une preuve ?
Il y eut alors un silence entre eux. Un de ces silences qui en disent plus que les mots, mais il fallu le rompre pour que Lira réponde enfin :
- Je vais le faire. Mais je n'attendrais pas la nuit. Nous aurons tous les deux besoin de repos et, lorsqu'il se réveillera et qu'il découvrira qu'il n'est plus là où il est censé être, je veux qu'il soit tellement terrorisé à l'idée de se rendormir sans rien savoir qu'il se tienne éveillé de lui-même... jusqu'à ce qu'il nos voit et qu'il sache enfin.
Jonathan et elle échangèrent des regards entendus et le mangemort reprit :
- Souhaites-tu que je t'emmène un elfe de maison afin de surveiller la cave ?
- A part me prévenir si jamais il arrivait quelque-chose-que-je-ne-peux-prévoir-car-cela-ne-se-passera-pas qui ferait qu'il s'enfuie, il ne me serait d'aucun utilité, autant mettre un sort directement autours de sa prison. De plus, la dernière fois que j'ai croisé un elfe qui gardait une cellule, c'était le jour où Mia - vois comme je ne la présente pas comme ta sœur - s'est enfuie de chez les Malefoy. Je veux ben croire que les tiens sont plus fidèles que ceux-là mais j'ai perdu toute confiance en ces créatures depuis de jour. Alors, je te remercie mais ma réponse est "non".
- Bien.
Plus tard, une fois le sorcier partit, Lira laissa la vaisselle se faire et se range, et s'approcha de la porte de sa cave. Elle sut que Ron n'était pas encore éveillé. Elle percevait sa respiration encore calme, encore frissonnante de la douleur qu'il avait ressentie plus tôt. Elle ferma les yeux et se concentra dessus. Elle n'avait aucune idée de la façon de pénètrer un esprit à distance, mais entrer et lancer un legilimens aurait été risquer de le réveiller et il aurait pu être prêt à résister. Après tout, bien qu'elle doute qu'il se soit déjà essayé à l'Occlumencie, elle n'en savait rien. Elle visualisait maintenant son visage. Ses yeux, fermés. Ses lèvres, que sa respiration faisait trembler. Il avait une fine égratignure sur le sourcil gauche et une seconde qui partait de l'extrémité droite de sa lèvre et allait jusqu'au bas de son oreille. Il était encore appuyé contre le mur où il l'avait laissé. Lira avait tenu à ce qu'il ne soit pas enchaîner. Elle avait voulu qu'il soit à leur hauteur lorsqu'il serait face à eux tant qu'il le pourrait. Elle voulait le voir tomber. Et tenter de se relever. Qu'il puisse s'approcher de la porte sans pouvoir l'ouvrir. Mais ce n'était pas le moment de songer à cela. Désormais, il dormait et Lira devait faire que ce sommeil paisible devienne plus sombre. Plus tourmenté.
