Chapitre 49
Après la vision de son corps, Lira réussit enfin à visualiser les pensées de Ron. Ses rêves actuels. Il y avait Harry et Hermione, face à lui. C'était une version différente du jour où ils avaient reçu la lettre de Lira. Une version où le message n'était pas le même. Où sa réaction était différente. La mangemort eut la sensation que ce n'était pas la première fois qu'il faisait ce genre de rêve. Il devait avoir vécu toutes les possibilités de cet instant. Connaître les répercussions de chaque acte sous toutes ses coutures.
Lira entendit alors les pensées de Ron. Elles allaient vers ses amis. Vers Hermione en particulier. Bien sur, il regrettait les conséquences de ce qui était arrivé sur son amitié avec Harry. Bien sûr, il aurait voulu que cela ne change pas. Mais elle vit qu'il y avait quelque chose de plus fort, concernant la sorcière. Il y avait une chose qu'il n'avait pas pu lui dire : c'était l'amour qu'il ressentait pour elle. Un amour véritable dont il n'avait pas réalisé l'ampleur avant qu'ils ne s'en aillent. Pire encore, elle ne saurait peut être jamais ce qu'il ressentait. C'était ce qui le consumait le plus... Et ce qui réjouissait Lira. Elle avait trouvé avec cela un point faible du jeune homme. Une corde sensible qu'elle pourrait toucher facilement. Qui le ferait souffrir.
Elle sourit intérieurement mais se reconcentra aussitôt sur l'esprit de sa victime. Elle ne savait pas exactement comment contrôler son rêve, alors elle le fit s'estomper et fit revenir le seul souvenir commun qu'ils avaient. Il revoyait à présent la première fois que Lira, Kate et Jonathan l'avait enlevé. Il ressentait à nouveau cette douleur insupportable à chaque fois qu'un Doloris le frappait. Celle encore plus forte lorsque deux d'entre eux traversaient son corps. Lorsque sa tête venait cogner contre le sol. Lira, elle, ressentait un plaisir intense à chaque cri qu'il poussait. Elle faisait revenir tout ce que lui, puis elle, avaient en mémoire. Et, enfin, devant lui, réapparut l'instant où il avait accepté d'envoyer des informations concernant Harry. Elle fit durer ce moment et elle sentit une immense tristesse honteuse l'envahir. Il avait la sensation que ce n'était pas la première fois que cela se produisait, sans avoir totalement conscience que ce n'était qu'un rêve. Les battements de son cœur ne cessait de s'accélérer alors que la scène continuait de défiler :
- Weasley, se souvenait d'avoir dit Lira, n'oublie pas que ta vie n'est pas la seule en jeu et que Kate est dans une position idéale afin de capturer ta soeur. Nous ne te laisserons pas un temps infini de réflexion, tu n'as plus que trois jours pour accepter avant que nous ne mettions nos menaces à exécution.
- Qui plus est, ajouta Jonathan, tu ne seras pas le premier tué, tu n'atteindras le repos auquel tu prétends que lorsque, sous tes yeux, ta Ginny aura tant souffert qu'elle nous mendieras cette mort. Mais, rassures-toi, la tienne sera rapide.
- Imagine la pauvre chérie hurler. Imagine vos regards se croiser, le sien t'accusant de ce que tu auras fait.
- Elle comprendrait ce choix, murmura Ron pour lui-même.
- Cela signifie-t-il, demanda Jonathan en soutenant son regard, que tu serais prêt à sacrifier ton unique soeur ? Alors que vous pourriez tous continuer à vivre comme vous le faites ?
- Je ne peux pas trahir Harry.
- Mais tu peux trahir Ginny ? demanda Lira, avant de se tourner vers Jonathan : Dans ce cas, allons prévenir Kate, j'imagine déjà les cris de cette traîtresse en parfaite harmonie avec le parfait mélange que formeront sa sueur et son sang.
- Non ! Hurla Ron, les larmes aux yeux. Je... J'accepte.
Et, brusquement, Lira sortit de l'esprit du sorcier, qui s'éveilla alors pour la première fois dans sa prison.
Dès l'instant où elle ouvrit les yeux, elle remarqua que sa main droite serrait fermement son poignet gauche. Elle retint un cri en le lâchant : la blessure qu'elle tenait de sa fuite d'Azkaban n'avait pas encore cicatrisée. Elle posa ses yeux dessus et se souvint que la chaîne que lui avait donné Voldemort y était incrustée. En y réfléchissant, elle prit conscience qu'une partie de ses pouvoirs avoir prit une plus grande ampleur depuis le jour où elle l'avait mis en son poignet et elle compris alors que si, comme son père lui avait dit, Harry Potter voulait la prendre, il y avait certainement des raisons à cela qu'elle ne soupçonnait pas. Elle passa une dernière fois ses doigts par dessus, puis se leva et vit qu'il n'était que vingt et une heures. Pourtant, elle décida d'aller se coucher, ses actes l'ayant fatiguée, mais ses projets furent contrariés lorsqu'elle entendit que l'on frappait à sa porte. D'habitude, elle n'aurait pas répondu, mais elle su que ce ne serait que reporter cette visite, alors elle ouvrit.
- Drago, constata-t-elle, je pensais avoir été claire lorsque je t'ai signifié que ta présence n'était plus désirée ici.
- Certes, répondit-il, mais je suis venu te poser une question.
- Parle.
Voyant que sa cousine ne le ferait pas entrer, il soupira et dit :
- Comme tu le sais, je... Je ne suis pas retourné finir mes études à Poudlard cette année et je n'y avais gardé aucun contact. Pourtant, une lettre m'a été envoyée me disant que tu t'y étais rendu... Et que tu...
Sans le laisser finir, Lira l'attira à l'intérieur et claqua la porte.
- Dis-moi ce que tu sais, ordonna-t-elle ayant perd son calme.
- Apparement, tu en aurais fait sortir Ron Weasley.
- En effet, et personne ne doit le savoir sans quoi ils voudront l'interroger à leur tour. Or, quand j'aurais eu Potter, je serais, avec Jonathan, la seule méritante.
- Bien, mais je... Je tenais simplement à savoir ce qu'il allait lui arriver.
- Pourquoi cela ? Il n'est pas de tes amis, et, bien que lui sa famille te soient des ennemis profonds, tu n'aurais rien pu leur faire toi-même. Son sort devrait peu t'importer, savoir s'il est en vie ou s'il est mort devrait te suffire. Il est entre mes mains, il ne pourrait être mieux traiter.
- Je le sais, simplement, j'aurais aimé savoir.
- Tu en sais déjà bien trop et je te déconseille d'en parler à qui que ce soit, suis-je claire ?
- Parfaitement, répondit Drago en frissonnant. Le Maître est-il au courant ?
- Il nous a bien précisé que si nous n'avions pas Potter, l'appeler serait suicidaire. Weasley est loin d'être Potter, j'imagine que tu as assez eu l'occasion de t'en rendre compte.
- Tout à fait, mais pourquoi l'avoir enlevé ? On raconte qu'ils n'ont eu aucun contact depuis plus d'un mois, à présent.
- Il a déjà coopéré une fois. S'il ne sait rien, il pourrait nous être d'une grande aide, mais je n'attache pas d'importance à le garder en vie, sans pour autant souhaiter sa mort. Si elle vient, ce sera à la suite de la douleur et si nous en venons là, c'est qu'il aura eu assez d'occasion d'accepter pour savoir qu'il ne le fera jamais. Mais je b le fais pas de soucis, il dira "oui" bien assez tôt. Maintenant, sors d'ici, tu en sais déjà trop. Et ne t'avise pas de répéter quoi que ce soit, si le Seigneur des Ténèbres t'a laissé vivre la dernière fois que tu l'as dessus, ce ne seras pas mon cas.
Drago hocha la tête et s'en alla, l'air perdu dans une longue réflexion.
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