Chapitre 50
Alors que Lira s'était plongée dans un profond sommeil, Ron, qui venait de reprendre ses esprits, commença à paniquer. Ce n'était pas la première fois qu'il connaissait une heure de retenue de la sorte, mais jamais on ne l'avait laissé dormir si longtemps et jamais il ne s'était réveillé dans un lieu inconnu. Il regarda autours de lui. Il ne pouvait pas être à Poudlard, il connaissait les lieux par cœur et aucun endroit n'était aussi peu éclairé... bien qu'en y réfléchissant, les choses avaient changé, depuis la rentrée. Il se leva en s'appuyant sur le mur, ses jambes étaient engourdies, et il ne tarda pas à sentir des fourmis monter de ses pieds à ses jambes. Il se raidit alors et, sans faire un geste, laissa ses yeux s'habituer à l'obscurité. Il en était sûr à présent : il était bien loin de Poudlard. Les murs n'étaient pas faits des mêmes briques. Pourtant, il était incapable de se souvenir d'un quelconque déplacement. Quand il se sentit à nouveau capable de marcher il s'approcha de ce qu'il avait identifié comme étant la porte. Comme il s'y attendait, elle était fermée. Il approcha son oreillle mais n'entendit aucun bruit. Aucune lumière ne filtrait en dessous
, il compris donc qu'il faisait nuit. Par réflexe, il passa sa main dans sa manche et constata avec effroi qu'il n'avait plus sa baguette. Il comprit alors que la situation était bien plus imposante qu'il ne s'y serait attendu, et, à cet instant, le rêve qu'il venait de faire faire lui revint à l'esprit. Il se laissa alors tomber au sol en faisant revenir ces images.
Tôt dans la matinée suivante, alors que le sommeil réussissait enfin à la gagner à nouveau, la porte s'ouvrit et il se redressa aussitôt. À cause de la lumière, il ne pût voir aucun visage, mais ils étaient deux. L'un le dépassait de quelques centimètres, et l'autre, qu'il identifia comme étant une femme, faisait à peu près sa taille, tout en restant un brin plus petite.
Un sourire passa sur les lèvres de Lira lorsqu'elle vit que, malgré que Ron se soit levé, il eut un mouvement de recul. Elle échangea un regard éloquent avec Jonathan, alors qu'elle refermait la porte. A son arrivée, les quelques torches qu'elle avait mises s'allumèrent. Ils virent que la lumière piqua les yeux de Ron, ce qui n'empêcha pas Jonathan de commencer :
- J'imagine que nous n'avons pas besoin de nous présenter..
Quand il ouvrit les yeux et put enfin constater qui lui faisait face, Ron se raidit et sa respiration se mit à trembler.
- Notre petit Weasley aurait-t-il peur ? demanda Lira.
- Pourquoi m'avoir emmené ici ? répondit-il.
- Cela me semble pourtant bien clair.
- Je n'ai plus de nouvelles de Harry depuis que vous nous avez attaqués au mariage de Bill et Fleur... et vous y êtes pour quelque chose.
- Mais sans cela, remarqua Jonathan, tu serais avec eux et nous n'aurions pas pu t'avoir ici.
- A quoi vous servirais-je sans rien savoir de ce qu'ils sont devenus ?
- Certainement à plus de choses que si tu étais avec eux, répondit Lira. Si tu n'as rien à nous dire à présent, tu peux toujours accepté une... collaboration, tu les connais assez pour que les retrouver de soit simple. En plus, tu en as déjà fait l'expérience, seulement, cette fois, nous sommes le ministère, ce qui fait que tu aurais bien plus d'avantages à accepter.
- La dernière fois, j'y ai bien trop perdu, je ne...
- Certes, mais si tu ne l'avais pas fait, ta Ginny serait morte à l'heure qu'il est. Ne me dit pas que tu n'es pas heureux de l'avoir sauvée.
- Avec vous au ministère, je n'ai fait que retarder son départ.
- Peut-être, mais n'est-ce pas déjà quelque chose ?
- J'aurais préféré qu'elle ne connaisse pas ce monde.
- Fais attention, Weasley, prévint Jonathan. Tu peux toujours critiquer cela devant nous si cela te chante, mais ce ne sera pas sans conséquences...
Il frissonna.
- Pauvre Weasley, ta peur prend plus de place dans cette pièce que tu ne le pourras jamais, dit Lira en plongeant ses yeux noirs dans les siens.
Ron s'efforça de soutenir son regard, mais il se sentit trembler de tous ses membres. Un sourire de satisfaction apparut sur le visage de la mangemort, mais elle resta fixer sur lui. Jonathan observa alors celle qui respirait la confiance face un sorcier dont l'appréhension était évidente. Cela dura deux longues minutes qui semblèrent des heures. Alors que les tremblements de Ron avaient doublés, seule son impatience semblait déranger Lira, et, comme on pouvait s'y attendre, ce fut le rouquin qui détourna son regard le premier.
- A présent, tu ne peux plus le nier, alors dis-le, ordonna Lira.
- Jamais je ne m'abaisserai à cela.
- Vraiment ? Pourtant, ton regard était déjà un aveu, de plus, tu l'as détourné, donc j'ai gagné, tu as perdu, tu fais ce que je te dis. Cela tiens en trois mots... littéralement.
La mâchoire de Ron se crispa et, ne pouvant plus parler, il secoua, hésitant, sa tête.
- Voilà bien un caractéristique des traitres à leur sang, dit Lira en sortant sa baguette, ils sont incapables d'accepter certaines évidences. Concernant, par exemple, notre supériorité - Endoloris - leur défaite face à nous - Endoloris - et, surtout, à quel point notre puissance les effraie - Endoloris.
Le sorcier était à présent à ses pieds et ses cris n'avaient cessé d'augmenter en volume à chaque sortilège, tandis que la voix de Lira s'était faite plus basse et plus proche de lui. Des larmes coulaient alors que le rire de Lira se fit entendre. Lorsque le sort s'arrêta, Ron ne bougea pas mais ouvrit seulement les yeux devant lesquels Lira s'était postée.
- Dis-le, lui murmura-t-elle.
Il secoua avec difficulté sa tête, sachant qu'il devait tout faire pour en accepter le moins. Lira, elle, hocha la tête, se leva et lui assena un coup dans les côtes qui arracha un mince cri.
- Réfléchis bien avant de faire quoi que ce soit, lui susurra la mangemort au creux de l'oreille, alors qu'elle était dans son dos.
Devant l'absence de réaction de Ron, Jonathan s'approcha d'eux et dit :
- Je connais très peu de gens qui ne sont pas effrayés par Lira, et il n'en existe aucun qui ne soit pas dans les rangs du Seigneur des Ténèbres ou le Seigneur des Ténèbres lui-même. J'imagine que tu n'as pas la prétention de prétendre l'être, cependant, dire que tu n'aurais pas peur d'elle reviendrait à dire que tu acceptes de nous rejoindre. Je pense savoir ce que tu t'apprêtes à présent à dire, mais, sachant ce que je viens de te dire, il va falloir que tu nous dises à quel point ton appréhension est profonde.
Retenant quelques larmes, Ron n'eut d'autre choix que d'avouer, en tremblant :
- Je... Je... Je suis terrifié.
- Bien, fit Lira dans un soupir en échangeant un regard mesquin avec Jonathan.
A bientôt pour la suite ! N'hésitez pas à laisser des reviews, je répondrai avec plaisir ;-)
