Chapitre 51
Cette "introduction" (comme se plaisait à le dire Lira) dura encore plus d'un quart d'heure, puis ils avaient laissé Ron, les yeux fermés, allongé sur le sol. Cela aurait pu suffire à satisfaire la mangemort mais cela ne fut pas le cas, du moins, cela ne le fut plus après qu'elle aie fermé de sa cave. Elle n'avait rien obtenu de sa part. Jonathan ne réussi à la calmer que deux heures après. Pourtant, dès qu'il s'en alla, Lira se faufila de nouveau dans l'esprit de Ron, dans un état de calme retrouvé mêlé à une irrésistible envie de vengeance.
Ces journées-là furent toutes à peu près les mêmes durant un mois. Lira n'était pas ressortie de chez elle depuis, sauf à l'occasion d'un réunion de mangemorts. Voldemort ne lui ayant pas posé de questions, elle n'avait parlé à personne de la présence d'un proche ami de Harry Potter chez elle. Quelques uns de ses partisans avaient tenté de se renseigner sur ses activités actuelles, étonnés de ne pas l'avoir vu ses dernières semaines mais elle les avait vite dissuadé d'en savoir plus. Il n'y avait que Kate qui était au courant. Son but n'étant pas de monter aux yeux de leur maître, ce qui faisait que Lira lui avait accordé sa confiance, en plus de la puissance qu'elle lui connaissait, de plus, le fait qu'elle travaille à la direction de la Gazette du Sorcier, faisait qu'elle aurait pu savoir rapidement si quelqu'un savait. Elle aurait pu l'en avertir, au plus vite.
Au fil du temps, Lira avait aussi remarqué des changements sur Ron. Physiquement, d'abord. A la différence d'elle-même lorsqu'elle était à Azkaban, il ne voyait pas la lumière du jour. Il était donc d'une immense pâleur, qui contrastait avec de grandes cernes et avec son sang écarlate. Mentalement, aussi. A la différence de la première fois où ils l'avaient convaincu avec facilité de les "aider", cela faisait maintenant plus d'un mois qu'ils n'arrivaient à rien. Elle avait suggéré de menacer à nouveau sa soeur, mais Jonathan lui avait répondu que Kate lui avait dit qu'elle tenait à ce qu'il la laisse. Elle disait avoir des projets afin qu'elle les rejoigne dès que Harry Potter serait mort, ayant l'impression d'avoir vu un côté venu des Ténèbres en elle.
- Dis-moi, Weasley, lui susurra Lira, un jour qu'elle était seule avec lui, pourquoi ne pas vouloir coopérer ?
- Pour les mêmes raisons qui ont fait que vous êtes allées, par deux fois, à Azkaban, j'imagine, répondit-il.
- Moi, il ne m'avait pas rejeter.
- Mais vous... vous ne l'aviez pas trahi.
- Certes, mais je savais que, si tel avait été le cas, j'aurais pu me racheter de par ma dévotion et ma puissance. Et cela s'est avéré, j'imagine que tu connais cette histoire qui me lie à celle d'un... Sang de Bourbe. Peut-être aurais-tu dû choisir notre camp... et il n'est pas trop tard.
- Je ne vous rejoindrez pas, ne perdez pas votre temps.
- L'insolence est proscrite, ici, menaça Lira en appuyant sa baguette sur la gorge de Ron. Et n'oublie pas que je ne te tuerais pas avant que nous ayons Potter, alors il vaudrait mieux que tu prennes tes précautions pour vivre dans le meilleur état possible... Mais, là n'est pas la question : pourquoi ne pas vouloir nous aider ? Il n'est plus ton ami, à ce que j'ai compris.
- Même s'il n'avait pas été celui qu'il est, j'aurais été là, à refuser de vous en parler. Parce que j'ai une famille et des amis que vous finirez par tuer si Harry ne vous vainc pas.
- Des amis comme la Sang de Bourbe Granger, si j'ai bien compris...
- Comment savez-vous ? demanda Ron, dans un souffle.
- Cela fait partie des choses qui ne te concerne plus, mon petit Weasley.
- Personne ne savait... Personne.
- Pas même elle, je sais tout ça, et je sais à quel point tu l'aimes... Mais, n'oublie pas ce qu'elle est. Je sais que les Sang de Bourbe peuvent paraître irrésistibles, mais ils n'en sont pas.
- Elle n'est pas Aaron Martinez et je suis loin d'être vous et nos histoires sont en tous points différentes.
- Je le sais : je te suis supérieure en bien des points et mon sang est bien plus pur. Moins enclin à être gâché, pourtant, quand tu as si peu de noblesse en toi, comment peux-tu te résigner à tomber encore plus bas ?
- Je l'aime.
- Même si celle que tu convoites t'a abandonnée, sachant qu'à cet instant, nous, mangemorts, étions en train de vous attaquer ? Même si elle n'a pas même essayé de comprendre pourquoi tu avais accepté d'envoyer ces courriers ? Même si elle n'a pas compris que c'était pour ta propre soeur ? Elle a préféré suivre Potter plutôt que toi... son "amour".
- Laissez-moi, hurla Ron.
- T'aurais-je fait mal ? fit Lira, avec un sourire sadique.
- Je vous en pris.
- Tu pourrais faire une éloge au Seigneur des Ténèbres, cela ne me suffirait pas. Je veux que tu acceptes. Si tu le fais cela, pourrais t'être bénéfique à toi-aussi. Cela serait ta vengeance de la Sang de Bourbe, pour cette douleur qu'elle te fait ressentir.
- Ce n'est pas elle, c'est vous.
- Je ne fais qu'analyser la situation. Si la vérité te fait ressentir cela, peut-être serait-il temps d'en changer.
- Arrêtez !
- Tu sais que j'ai raison, Weasley, n'est-ce pas ? Il ne te reste qu'à te l'avouer.
Et, sur ce, Lira passa la porte.
Ron tomba alors au sol, laissant couler les larmes qu'il retenait et, la nuit suivante, un rêve dont il ne trouva l'origine revint le hanter.
J'espère que cela vous a plu. La suite arrive bientôt.
