Chapitre 60

- Est-ce le maître qui t'envoie ? demanda Drago sentant que Lira crispait sa main sur sa baguette.

- En effet, répondit-elle sans lâcher son regard.

- J'imagine que tu es ici pour... me tuer ?

- Tu aurais dû t'y attendre : tu n'as rien fait pour le Seigneur des Ténèbres après avoir échoué à achever Dumbledore, alors qu'il t'avait laissé une chance.

- Je m'y étais préparé, mais je m'étais jamais dit que cela pourrait être toi... la dernière personne que je verrai.

- Tu ne t'imaginais tout de même pas que le maître allait se déplacer lui-même alors que Potter vient de s'enfuir d'ici ?

- J'ai vu ce que tu as fait à Weasley, reprit Drago afin de changer de sujet, comptes-tu me faire souffrir de la sorte ?

- Tu ne détiens aucune information pouvant m'être utile et je tiens à en finir le plutôt possible.

- Alors qu'attends-tu ?

- Je pensais que tu tenterais au moins de t'excuser pour ta lâcheté.

- Je sais ce que tu penses mais je crois toujours en notre supériorité et je suis heureux des privilèges qui nous ont été accordé mais pourquoi tuer les autres ? Si nous arrêtons de les prendre en charge et que les moldus, sur lesquels nous avons à présent le pouvoir, ils s'éteindront d'eux-mêmes.

- Ils ne sont pas digne de vivre, Drago. Leurs parents sont des moldus, l'aurais-tu oublié ? "Toujours Pur", c'est la devise de notre famille.

- Je vais mourir, en quoi ce que je pense peut-il avoir la moindre importance, bien que je sois de ton avis ?

- Tu es un Malefoy, descendant des Black, ta cousine est la fille du maître : il n'y a pas que ton honneur qui se joue.

- Les gens ne sauront jamais ce qu'il s'est passé ici. Leur opinion ne changera pas avec ton simple récit.

- Le maître le saura et il est le seul à pouvoir rendre à tes parents leur prestige.

- Serait-ce ce qu'il t'a promis en échange de mon meurtre : de la reconnaissance ? Une position plus influente dans ses rangs ?

- Ma puissance suffirait à me donner l'influence dont j'ai besoin, c'est une simple question de fidélité. Ceux qui ne lui sont pas entièrement dévoué ne devra pas être à sa suite.

- Je défends les mêmes choses que vous.

- Tu n'en as pas assez fait la preuve.

Le silence suivit. Il était aussi pesant que la volonté des deux mangemorts de ne pas détourner le regard.

- Tu as une minute, dit finalement Lira.

- Une minute ?

- Pour dire tes derniers mots.

- Le temps qu'il te faut pour te rendre compte de ce que tu t'apprétes à faire à un Sang-Pur... Ton cousin, qui plus est.

- Non, le temps qu'il me faut pour me souvenir du moment où tu es devenu si faible.

- Certainement quand j'ai su que tu avais été séduite par un Sang de Bourbe.

- J'ai au moins pu sauver mon honneur et me racheter auprès du maître.

- En allant à Azkaban.

- Entre autre, maintenant, finissons-en.

Lira sentit une larme couler sa joue mais ne fit aucun geste, comme si ignorer sa tristesse l'empêchait d'exister.

- Je ne pensais pas que me tuer te causerait autant d'émotion.

- Ce ne sont pas des pleurs.

Lira ne justifia pas sa phrase mais Drago n'eut pas le cœur à insister mais il ne dit rien. Attendre que Lira fasse son décompte dans sa tête lui semblait être la meilleur défense et il se disait que ces mots-là sonnaient assez bien pour pouvoir être les derniers. Son cœur s'accéléra alors que sa cousine levait sa baguette à la hauteur de son torse. Les mains de la mangemort se crispèrent un peu plus sur sa baguette alors que l'angoisse de Drago augmentait. Les lèvres de la sorcière de déssererent peu à peu jusqu'au moment où elle pût finalement articuler un fin "Avada Kedavra". À peine touché par cette lumière verte, le mangemort tomba mort.

Un minute après, Lira se rendit compte qu'elle avait cessé de respirer et reprit, petit à petit, ce geste. Elle reprenait vie alors que son cousin ne se relèverait pas. Elle ne l'avait pas vu aussi paisible depuis qu'ils étaient enfants. Derrière la jeune mangemort, la porte s'ouvrit sur Narcissa. Elle avait été attirée par le bruit de la chute. Ses yeux se posèrent tout d'abord sur sa nièce, à qui elle demanda : "Que s'est-il..." puis, en voyant son fils, elle s'interrompit. Son regard passa par mille émotions d'horreur avant qu'elle ne s'écroule dans un cri.