Chapitre 63

Si Lira avait, certes, eu du mal à s'endormir, lorsque ce fut fait, son sommeil n'en fut pas aussi perturbé qu'elle l'espérait. Elle n'aurait pu affirmer avoir passé une bonne nuit, mais cela allait.

La première image qui lui vint à l'esprit le matin suivant fut pourtant celle de Drago. La raison lui disait que c'était pour la cause, qu'elle n'avait rien à regretter, qu'il était un traitre mais un pincement au coeur se faisait tout de même ressentir. Elle ne put décider qui, des deux, elle devait écouter mais, au bout de trois heures de pure réflexion, elle décida que la première était à suivre. Mais, contrairement à ce qu'elle croyait, ce ne fut pas l'image de Voldemort, ou même celles d'Azkaban qui la firent pencher. Non, ce fut le souvenir de la soirée de la veille qu'elle avait passé chez Bellatrix. Pour la première fois depuis des années, elles avaient pris un repas ensemble, en tête à tête, sans que cela ne soit car l'une ou l'autre était trop faible pour rentrer chez elle. Sachant que sa mère l'avait conforté dans l'idée que ce qu'elle avait fait été tout à fait ce qu'il fallait, Lira inspira et prit un petit déjeuner.

Elle pensait alors pouvoir être tranquille, sachant que si Voldemort lui avait parlé de l'appeler, cela n'aurait été qu'en cas de défaite de sa part. Cette ambiance dura, jusqu'au moment où Jonathan frappa à la porte, dans l'après-midi. La mangemort fut tentée de le laisser à l'extérieur, faisant croire qu'elle n'était pas là, mais les torches étaient toutes allumées à cause du mauvais temps et il aurait été idiot de penser qu'il se laisserait décourageait par une simple absence de réponses. Elle lui ouvrit donc, mais l'introduisit tout de même avec un :

- Je t'en pris, sois bref.

- Bien, répondit Jonathan en s'installant, je souhaitait simplement savoir si ce que l'on raconte est vrai...

- Si tu parles de Drago, ça l'est. J'imagine que son manque d'action t'avait autant marqué que moi.

- Je n'ai passé qu'un été en sa compagnie, mais il est vrai que...

- Dans ce cas, je ne vois pas pourquoi il t'est utile de venir me demander confirmation. Si cela t'a frappé, cela n'aurait pas échappé au Seigneur des Ténèbres, et il n'aurait jamais gardé un sorcier si peu dévoué dans ses rangs.

- Certes, mais...

- C'est parce qu'il est mon cousin ? Si l'on t'avait demandé de faire de même avec Mia, tu n'aurais pas hésité, n'est-ce pas?

- En effet, mais tu étais bien plus proche de Drago que je ne l'ai jamais été de ma soeur.

- Cela signifie-t-il que tu aurais douté ?

- Aucunement.

La conversation put alors reprendre sur un autre ton, mais les pincements se firent parfois à nouveau ressentir. Lira insista alors pour l'inviter à rester dîner en sa compagnie.


Narcissa, quant à elle, pleurait encore son fils. Elle devait avoué s'être assoupie deux petites heures mais cela sans s'éloigner de son fils, et sans lâcher sa main. Les larmes ne cessaient de couler sur ses joues. Le lendemain, alors que Lira s'éveillait doucement chez elle, Narcissa entendit que quelqu'un était arrivée dans l'encadrement de la porte. Pensant qu'il s'agissait de Lucius, elle ne se tourna et se contenta d'attendre qu'il s'approche de lui-même. Elle fut alors surprise d'entendre une voix connue féminine dire :

- Je pensais que tu prendrais au moins la peine de diŕe bonjour à ta sœur.

Narcissa se retourna et constata que Bellatrix était appuyée contre la porte et la fixait, ainsi que le corps de Drago.

- Bella, que fais-tu ici ? Demanda Narcissa sur un ton qui ne traduisait plus aucune émotion.

- Mon neveu est mort, je viens prendre des nouvelles de ma famille, tout ce qu'il y a de plus normal.

- C'est ta fille qui l'a tué.

- Je n'y suis pour rien.

- Tu as passé ta soirée dernière avec elle. Cela n'est pas arrivé depuis plus de dix ans, et maintenant qu'elle a tué mon fils...

- Elle n'a pas simplement "tué ton fils", elle loyalement servi le Seigneur des Ténèbres.

- Cela ne change rien au fait que mon fils ne soit plus. (Ayant achevé cette phrase, elle murmura pour elle même:) Je ne sais pourquoi je m'entête, tu ne peux pas comprendre.

- J'imagine que tu peux m'expliquer le sens de cette phrase, répondit Bellatrix, qui avait entendu, en s'approchant de sa soeur.

- Tu le sais parfaitement.

- Cissy, mets-toi bien en tête que, même si Lira a longtemps vécu chez toi, elle est loin d'être ta fille. Tu en as eu la preuve hier même. Je suis celle qui l'a inspiré. Je suis sa mère.

- Le problème n'est pas ce que tu es pour elle, je le sais déjà. Ce qui le pose question c'est ce qu'elle représente pour toi.

- L'amour inconditionnel n'est pas dans mes principes.

- La pureté du sang et de l'esprit est le seul, j'imagine.

- Tu peux bien me critiquer, mais n'oublie pas que l'honneur est la valeur dominante de ta famille, ajoutée à celle que tu viens de nommer. Dire le contraire serait oublier ce que Père et Mère nous ont appris, j'ai parfois l'impression que tu oublies que tu es une Black.

- Mon fils vient de mourir, je n'ai pas la tête à savoir ce qui est, ou non, digne d'être fait. De plus, je me permet de te rappeler que tu étais la première à critiquer l'éducation de Père quand il t'a mariée à Rodolphus.

- J'ai pu en tirer certains bénéfices... et cela t'a permis d'être avec ton Lucius, et te faire ton cher Drago.

- Vas-t-en, Bella, je n'ai pas la tête à parler de cela. Je serais simplement heureuse de te voir à... l'enterrement.

Les larmes de Narcissa reprenant leur cours, la brune n'ajouta rien et s'en alla.

J'espère que vous avez aimé ce chapitre. Bientôt la suite...