Depuis que Ciel est blond, j'ai l'impression que sa cote de popularité auprès des autres mecs ne fait qu'augmenter.
Comme je ne peux pas intervenir et personne n'est au courant. C'est assez rageant.
En plus j'ai peur de le confondre avec Alois, son ami, du moins de loin.
Je l'entendais venir d'avance.
-Sensei, aidez-moi.
Il ferme la porte derrière lui.
-Tu as un souci, Phantomhive ?
-Oui il y a un gars qui n'arrête pas de me suivre.
-Pourquoi ?
-Je ne sais pas. Il m'a abordé en me disant que j'étais son genre. J'ai beau lui avoir dit non, il revient toujours.
-Je vois.
-Là vous devriez me dire un truc du genre « je m'en occupe, il ne t'embêtera plus ».
-Tu oublis que personne n'est au courant, Phantomhive. Et puis tu es assez grand pour gérer toi-même ce genre de situation.
-Mais c'est votre rôle de petit-ami, vous devez éliminer les mecs qui me tournent autour de moi, répondit Ciel.
-Non on est dans la réalité. Je ne veux pas dévoiler notre relation. Tu sauras gérer tout seul.
-Et si un mec me draguait dans un bar ? demanda Ciel.
-Je n'irai pas dans un bar avec toi. Tu as 15 ans, tu n'as pas le droit d'y entrer, je te rappelle, répondit Sebastian.
-J'y suis déjà aller sensei.
-Je n'en doute pas mais ce sera sans moi, on se ferait repérer directement.
-Vous avez si peur que cela se sache ? demanda Ciel.
-Oui je ne suis pas aussi confiant que toi, Phantomhive. Personne ne sait que je suis gay. En plus si on apprenait que je sortais avec un élève.
-Moi cela ne me générait pas que cela se sache. En plus, on ne peut pas vous virer. Vous vous inquiéter pour rien, sensei.
-Toi au contraire pas assez.
-Pourquoi attendre la fac pour que tout le monde soit au courant ? Je compte bien le dire à mes parents un jour, répondit Ciel.
-Parce que dès que tu auras finis le lycée, je n'aurai plus d'autorité sur toi. Tu es mineur, ce qui inclut que tu as beau être consentant, je suis le coupable. On pensera toujours qu'en tant qu'adulte je t'aurai influencé.
-On s'en fiche de la loi, sensei.
-Pas moi, c'est pour cela que je ne dirai rien sur nous avant la fac. C'est aussi pour être sûr que dans 2 ans, on sera encore ensemble.
-Vous en doutez sensei ?
-Non mais tu es jeune. Tu pourrais te lasser et finir par tomber amoureux d'un mec de ton âge. Dans ce cas, je ne pourrais pas t'empêcher de vivre ta jeunesse.
-Vous me laisseriez partir sensei ?
-Non mais je ne pourrais pas t'emprisonner si tu veux aller voir ailleurs, Phantomhive.
-Moi je suis sûr que dans deux ans, on sera encore ensemble. Je n'arrive pas à croire que vous doutez de mes sentiments pour vous.
-Tu as mal compris. Je n'en doute pas mais je suis réaliste. Tu vas grandir, évoluer et tu ne voudras plus forcément d'un vieux comme moi.
Phantomhive s'emporta pour la première fois comme je ne l'avais jamais vu.
-Vous êtes un idiot sensei. Je vous déteste. Puisque vous doutez de moi, je ne viendrai plus vous voir. Vous serez tranquille maintenant.
-Phantomhive, attends…
Il ne me répondit pas.
-Comment je vais faire pour manger ? Mais surtout comment je vais faire pour qu'il me reparle ?
Je ne sa vais pas vraiment ce que j'allais faire.
Le jour suivant, dans mon cours, Phantomhive ne me regardait même pas.
Cela m'énervait vraiment, mais je ne pouvais pas le montrer.
Je décidais donc d'en parler avec quelqu'un qui était dans la même situation que moi.
-Bien je vois donc il vous en veut de ne pas vouloir officialiser votre relation et de croire que votre relation se terminera quand il sera majeur, dit Claude.
-Oui on peut résumer cela comme cela. Que feriez-vous si Alois vous demandait d'officialiser votre relation ?
-Je suppose qu'il me le demandera un jour. Je préfère attendre qu'il soit majeur. Mais bon, cela finira par se savoir sûrement, répondit Claude.
-Vous le feriez ?
-Oui pour lui, répondit Claude.
-Je devrais donc officialiser vous pensez ?
-Faites comme vous voulez.
Je sorti avec encore moins d'idées de ce que j'allais faire.
Devrais-je revenir vers lui et m'excuser mais de quoi ?
Je n'étais pas en tort. J'étais juste réaliste et Phantomhive était jeune et était plein d'optimisme.
J'avais énormément de chance d'avoir quelqu'un qui croyait autant en nous alors pourquoi je doutais autant ?
A la fin de la journée pas de trace de Phantomhive.
Je rentrais chez moi quand je le croisais avec Alois.
Je voulais lui parler mais un côté de moi attendait de voir au bout de combien de temps il reviendrait de lui-même.
Je passais donc devant lui.
-Tu devrais lui parler, Ciel.
-Non il ne croit pas en nous, si sensei veut me parler il vient de lui-même.
-Il va penser que tu ne comptes pas pour lui, Ciel. Tu veux qu'il te déteste ?
-Sensei ne me détestera jamais.
-Si tu continues comme cela, pas sûr qu'il veuille d'un gamin comme toi.
-C'est sa faute, il n'agit pas comme un petit-ami et en plus il ne veut rien officialiser, répondit Ciel.
-Mets-toi à sa place, il n'a pas fait son coming out lui.
Le lendemain, interrogation, je passais dans la classe, en surveillant qu'il n'y ait pas de triche.
Je m'arrêtais vers Phantomhive et lui chuchota :
-Tu comptes faire la gueule combien de temps ? Quel gamin tu es !
Phantomhive me regarda mais semblait en colère.
A la fin du cours, je l'appelais et lui dis de venir me voir mais il ne m'écouta pas.
Je décidais donc d'agir enfin et de le forcer à me reparler.
Alors qu'il allait sortir de la classe, je le retiens.
-Cela suffit ton attitude de gamin, combien de temps encore tu comptes ne pas me parler ?
-Sensei, je fais ce que je veux. Vous n'avez pas à me donner d'ordres. Après tout je ne suis rien pour vous, vous n'êtes même pas sûr de notre couple. Vous n'êtes que mon prof.
-C'est faux Phantomhive. Je suis ton copain et ton prof. Je t'ordonne de me reparler si je veux. Maintenant tu me suis, on va parler.
Je pris Phantomhive et le forca à me suivre.
-Ne vous inquiétez pas, je ne l'enlève pas. Pas la peine d'appeler la police ou de prévenir quelqu'un. Je suis son petit-ami et on doit parler ensemble.
Je partis avec Phantomhive sous le regard étonné de toute la classe.
Je pense que maintenant tout le monde a deviné, on ne peut pas revenir en arrière.
Sur le parking, j'obligeais Phantomhive à s'asseoir dans ma voiture.
-Sensei, c'est de l'enlèvement, vous n'avez pas le droit.
-J'ai tous les droits te concernant, Phantomhive .
Dans la voiture, Phantomhive faisait la tête.
-Tu es tellement têtu que j'ai dû en venir à cette méthode peu recommandable. Note qu'au passage, tout le monde est au courant maintenant pour nous. Toi qui m'as demandé de le faire, c'est chose faite.
Phantomhive ne voulait pas discuter ni même me regarder.
-Tu es vraiment un gamin, Phantomhive.
-Et vous vous êtes méchant. Je vous déteste.
-Parce que je ne me comporte pas comme dans tes bl, Phantomhive ? Tu as conscience de ce que je viens de faire ?
-Je vous déteste, sensei.
Arrivé chez moi, je lâche Phantomhive.
-Je vous déteste, sensei.
-J'ai compris cela mais on doit parler. Après si tu veux ne plus me voir, tu pourras. Je vais commencer.
Je commençais donc à parler.
-Tu agis comme un véritablement gosse. Tu voudrais que je fasse quoi ? Que je dégage tous les mecs qui te tournent autour ? Tu veux savoir la vérité ? Je crève d'envie de le faire mais je ne peux pas parce que je suis un adulte et ton professeur du moins pour l'instant.
-Faites-le alors. Vous êtes toujours distant et froid envers moi. Vous n'agissez pas comme un petit-ami. Le pire c'est quand quand vous dites que l'on ne restera pas ensemble dans deux ans. Moi je veux passer ma vie avec vous sensei mais vous non.
-Phantomhive, tu as mal compris. Je te faisais juste remarquer que l'on ne sait pas ce qu'il peut arriver dans la vie. J'ai évidemment envie de rester avec toi mais je m'en voudrais de te priver de ta jeunesse et que tu te rendes comptes dans deux ans que tu as perdu du temps avec moi. Je ne sais pas du tout ce nous réserve l'avenir mais rends-toi compte. Tu vas mourir avant moi et je serai seul de nouveau.
-Alors transformez-moi sensei, je serai avec vous pour toujours comme cela.
-Non c'est impossible. Je ne veux pas que tu sois comme moi, Phantomhive.
-Mais je le veux moi, pourquoi vous n'avez pas confiance en vous sensei ?
-Mon ex, il m'a quitté pour un mec plus jeune. Depuis je doute.
-Votre ex est un imbécile, sensei. Je ne compte pas vous quitter, répondit Ciel.
-Tu ne sais pas, Phantomhive.
-Si je le sais. Je ne veux rien d'autre que vous, le reste de ma vie.
Puis Phantomhive s'est approché de moi.
Il me demanda :
-Vous n'avez pas faim, sensei ?
J'avais en effet pris du substitut habituel mais cela ne valait pas le sang de Phantomhive.
-Si mais c'est mauvais.
-Je suis désolé de vous avoir laisser mourir de faim, je vais me rattraper. Mangez, sensei.
-Non.
-Pourquoi vous refusez, sensei ?
-Parce que tu vas croire que je ne m'intéresse qu'à ton sang.
-Non je sais très bien que vous m'aimez mais vous aimez aussi mon sang. Je suis content d'être votre repas préféré, sensei.
-Je ne devrais pas devenir dépendant de toi, sinon un jour…
-Je ne disparaitrais jamais, sensei. Vous m'avez assez prouvé que vous teniez à moi. J'ai adoré ce que vous avez fait, en plus tout le monde est au courant. Comme cela, plus aucun mec ne viendra m'embêter.
-Après cela, je ne compte pas les laisser trainer autour. Cela te gêne si j'agis comme un seme inconscient et que je fais une crise de jalousie à chaque mec trop proche de toi ? demanda Sebastian.
-J'adorerai sensei. Vous seriez trop sexy en seme dominateur.
-Phantomhive, tu es prévisible. Tu es beaucoup trop mignon. Comment j'ai fait pour t'avoir ?
-C'est plutôt moi qui ai de la chance de vous avoir, sensei.
Je décidais de couper ce rapport entre nous.
-Désormais tutoies-moi et partout.
-Sensei, vous êtes sûr ? Même au lycée ? On pourra le faire au lycée dans l'infirmerie ?
-Phantomhive non pas de sexe au lycée et pourquoi l'infirmerie ?
-Parce que c'est sexy comme endroit.
-Non je ne trouve pas. Tu empêches les gens réellement malades de pouvoir y venir, c'est mal.
-Sensei, vous cassez mon fantasme.
-Sebastian, pas sensei dorénavant.
Phantomhive avait du mal à me tutoyer.
-Je n'ai pas vraiment l'habitude…
-Tu la prendras, Ciel. Maintenant je veux bien te manger.
-Je suis tout à … toi.
-Tu es mignon, Ciel. Tu hésites.
-C'est compliqué, je suis habitué à vous appeler sensei.
Comment Ciel faisait-il pour être si mignon ? Je craque littéralement.
