- Tu m'as tellement manqué, soupir Ariel dans les bras de son amant en fermant les yeux.

- Toi aussi, dit Severus en resserrant son étreinte autour du corps frêle de la jeune femme.

- Si j'avais sue, j'aurais laissé le choixpeau me mettre à Serpentard quand il me l'a proposé.

- Il t'a quoi?

- Il m'a laissé le choix entre Serdaigle et Serpentard. Je trouvais qu'il y avait moins de préjugés à Serdaigle concernant le sang et toutes ces conneries. Et je peux m'associer avec n'importe quelle maison et tout le monde s'en fout.

Sev resserre son étreinte autour du corps de son amante à cette réflexion.

- Où elle est?! S'emporte Sirius en cherchant sa fille partout.

- Probablement avec Severus, lui dit son compagnon de la cuisine. Ils ne se sont pas vue depuis plus d'une semaine.

- Ils ne s'étaient jamais vue avant le mois d'octobre, bougonne l'animagus canin dans sa barbe.

- Justement, lui dit le loup-garou d'un regard appuyé. Laisses les se retrouver, tu veux? Soupir Remus, découragé de son compagnon. Occupes toi de ta chèvre, en attendant que ta fille refasse surface. Harry a reçu une nouvelle sorte d'herbe pour Biquette de la part de Neville Longdubas. Ç'est supposé l'aider à évacuer toute la rembourrure que cette pauvre bête a mangé depuis que tu l'as.

Sirius s'occupe donc du petit ruminant avec son filleul et trouve ça plutôt relaxant. Ça doit être ça que les Moldus appellent la zoothérapie!

Quand sa fille descend l'escalier avec la main du Serpentard dans la sienne, Sirius pince les lèvres de contrariété mais réussi à ne rien dire de désobligeant.

- Sirius, relaxe, dit doucement Harry. Imagine que Rogue ait su, pour Ariel et son fils et qu'il l'aurait traité comme tu traites Sev. Tu lui aurais sauté à la gorge.

- Et pourquoi toi, tu ne le détestes pas?

- Pourquoi je ferais ça? Demande Harry en fronçant des sourcils. Sev est un gars bien. Il prend soin de Ariel, il est gentil et est aux petits soins avec elle. Lui et moi on s'entend très bien et même à Poudlard, les Serpentard et les Gryffondor ne sortent plus leur baguette pour s'envoyer des sorts en douce. Bon, il y a Théodore Nott et Lavande Brown qui se sautent dessus, mais c'est pour se dévorer le visage et non pour se convoquer en duel. Et ça, c'est en grande partie grâce à Sev. Le monde change, Sirius. Il va bien falloir qu'un jour, tu suives le mouvement, dit son filleul avec sagesse avant de le laisser méditer en rejoignant sa plus ou moins sœur.

Les journées passent lentement au Square Grimmaurd. Sirius apprend à s'occuper convenablement de sa mini chèvre des montagnes toute noire tout en apprenant à connaître l'amoureux de sa fille. Il a été plus que surpris quand le jeune Serpentard est arrivé près de lui et avait déposé une fiole d'un liquide violet et épais devant lui à la table de la cuisine.

- C'est pour repousser les effets à long terme des Détraqueurs, avait dit Severus Jr. Mon père l'a mis au point quelques semaines avant de…

Severus Jr n'ajoute rien et sort de la cuisine. Quand Sirius l'attrape par le bras, Sev a une réaction qui surprend Lord Black. Severus se recroqueville sur lui-même et entre la tête dans les épaules. Comme si il s'attendait à être frappé.

- Pourquoi tu as fait ça pour moi, demande Sirius en lâchant sa prise sur l'adolescent.

- Bien que je n'ai plus le mien, Ariel mérite d'avoir un père. Un père avec toutes ses facultés, sans flash back traumatisant et sans regard hanté par le passé.

Severus sort de la cuisine et il entend le « merci » de son beau-père à l'instant même où il passe la porte de la pièce. Sirius regarde la fiole devant lui si intensément qu'il ne serait pas si surpris que ça qu'elle disparaisse seulement avec la force de son esprit.

Bien qu'il détestait profondément Servilus, il sait très bien qu'il ne frapperait jamais un enfant et encore moins son propre fils. Alors où est-ce qu'il était, avant d'atterrir chez sa cousine? Il faut qu'il en parle à Remus, maintenant.

Pendant ce temps, Severus fait les 100 pas dans sa chambre en se passant une main tremblante dans les cheveux. Harry voit son ancien professeur de potions qui semble à la limite de la panique.

- Sev? Est-ce que ça va? Demande le Survivant en restant dans l'embrasure de la porte.

- Non! Non, soupir Severus en s'assoyant lourdement sur le bord du lit en pointant le fauteuil à côté pour que Potter s'y assoit. En retrouvant mon corps d'adolescent, j'ai retrouvé mes anciennes réactions. Et ton parrain en a vue une, dit Severus en se passant une main lasse sur le visage.

- Si tu ne l'as pas traité de sale cabot pouilleux, je ne pense pas qu'il se doutera de quoi que ce soit, Sev.

- Ce n'est pas ça, dit Severus avec une sourire en coin en levant son visage vers Potter. Je… Je viens d'une famille pas très unie, se confit l'ex Mangemort. Mon père était Moldu et ma mère, une sorcière Sang-Pur. Elle lui a toujours caché. Quand j'ai fait mon premier éclat de magie accidentel, elle a finalement lui avouer ce qu'elle était et ce que j'étais aussi. Ça a fait capoter notre famille. Mon… mon père est devenu de plus en plus intolérant et violent envers nous. J'ai donc fini par avoir quelques réflexes en ce sens.

- Je comprends, dit doucement Harry.

Devant le regard incrédule de son nouvel ami, Harry fait ce qu'il n'a jamais fait avant, même avec Ron et Hermione, il explique à Sev sa vie chez les Dursley. Le placard, les corvées, la privation de nourriture, les raclées quand il était meilleur que Dudley dans quelque chose, la chasse au Harry, la Tante Marge et son chien… il déballe absolument tout de sa vie dans le monde Moldu. Severus voit bien que son protégé fait de son mieux pour ne pas laisser les larmes couler. Il fait quelque chose qui le surprend lui-même. Il se lève de son lit, se glisse doucement sur l'accoudoir du fauteuil de Harry et le prend fermement dans ses bras.

- Tu as le droit de pleurer, lui dit Severus. Il n'y a personne ici qui te le reprochera. Personne ne te demande de garder le silence sur ce genre de chose. Et personne ne s'en prendra à toi sous ce toit. Tu le sais, n'est-ce pas?

Harry ne dit rien, mais acquiesce contre le torse de Sev.

- Je… je ne connaissais même pas mon nom, avant que ma tante ne soit obligée de m'envoyer à l'école, dit douloureusement Harry. Ils… ils m'appelaient toujours monstre.

- Ce sont eux, les monstres, Harry, dit Sev en le berçant doucement. Pétunia a toujours été une personne horrible.

- Comment tu sais ça? Demande Harry en levant la tête vers le visage de l'ex Maître des Potions.

C'est à Sev de s'expliquer, maintenant. Il lui parle alors de sa rencontre avec Lily et Pétunia Evans quand il avait 9 ans. Que c'est lui qui a expliqué à Lily qu'elle était une sorcière, comment le monde magique fonctionnait, le Ministère de la Magie et Poudlard.

- Pétunia nous espionnait souvent quand on discutait, ta mère et moi. Quand elle a sue pour Poudlard et le professeur Dumbledore, elle lui a écrit une lettre pour lui demandé pourquoi elle n'avait pas reçue sa lettre de Poudlard quand elle avait 11 ans, alors que sa sœur allait en recevoir une à cet âge, explique Severus. Quelqu'un à la poste a reconnu soit le nom de l'école ou celui de Dumbledore, donc la lettre s'est rendu à bon port. Dumbledore lui a répondu que c'était parce qu'elle était une Moldue et qu'elle n'avait rien de magique en elle. Je crois que c'est exactement à ce moment là que Pétunia a décidé de détester la magie et tout ce qui y est rattaché, dont Lily, et toi ensuite. Tu n'y es absolument pour rien, Harry, si ta tante est devenue méchante et amer avec le temps. Et je sais de quoi je parle, j'ai fait la même chose envers toi et j'en suis profondément désolé, Harry.

- Finalement, on se ressemble plus que je ne le pensais, dit Harry, toujours dans les bras de son plus ou moins beau-frère.

Ariel arrive juste au moment où Harry se détachait de l'étreinte de Severus.

- Alors, dit Ariel, on se fait des câlins sans moi? Demande-t-elle, faussement boudeuse.

- Ne me dis pas que tu es jalouse, dit Sev en haussant un sourcil.

- Je dirais plutôt… possessive, dit Ariel avec un sourire goguenard.