Le temps continue de défiler, lentement. Les journées sont longues et finissent par se ressembler. J'essaie de continuer l'instruction de Liam, mais cela n'est pas évident pour nous deux puisque nous sommes inquiets pour notre père qui n'est pas revenu et qui n'a pas donné de signe de vie.
La nuit, j'ai du mal à m'endormir. Mille scénarios me traversent l'esprit au sujet de mon père, mais également de mes amis du lycée. Plusieurs fois, j'ai voulu sortir pour aller voir ce qui se passait en dehors du bunker, mais à la pensée de laisser mon petit frère tout seul me nouait les tripes. Et si je ne revenais pas... Rien que d'y penser, j'en étais malade.
Perdu dans mes pensées, je sursaute quand Liam me secoue. Je le regarde, un peu perdu puis froncent les sourcils en entendant du bruit à l'extérieur. Je me lève brusquement, l'attrape par la main et cours jusqu'à une cachette qu'on avait trouvée, en jouant à cache-cache. Alors que je suis en train de l'ouvrir, Liam court en sens inverse.
— Liam !
Je me demande ce qu'il fout. Je termine de dévisser le panneau quand il revient... avec un sac.
— Tu faisais quoi ?
Pas le temps d'attendre une réponse, je nous mets à l'intérieur puis replace le panneau au même moment où la porte du bunker s'ouvre.
Mon petit frère se colle à moi et je le serre, mettant ma tête dans ses cheveux. On reste très silencieux, tandis que nous entendons du bruit dans ce lieu qui nous abritait.
Cela semble durer des heures et quand le silence est enfin de retour, on reste encore un long moment dans notre cachette.
Quand je suis sûr et certain que nous sommes seuls, je quitte cette cachette et vais vérifier le bunker. Tout est détruit. Il n'y a plus de réserves de nourriture. Nos vêtements et possessions ont été volés. On ne peut plus rester ici.
Alors que j'essaie de sauver quelques trucs, Liam s'approche de moi. Il pose le sac à mes pieds et l'ouvre. Je jette un œil à l'intérieur.
— Ne m'en veut pas Stiles. C'est important pour nous...
Je suis surpris, car il a récupéré des affaires à nous ; les photos, les doudous, mon téléphone et même des biscuits.
Je lève les yeux sur Liam et l'attire dans une étreinte.
— Tu as bien fait Liam. Très bien fait.
Il hoche la tête contre moi.
— On fait quoi maintenant ?
— On va à la maison et de là-bas, on retrouve papa.
On se lève en même temps et doucement, nous quittons le bunker. Le soleil est à son zénith et le ciel est complètement découvert. Donc on a du temps devant nous avant la nuit et une pluie potentielle.
Je mets le sac sur mes épaules, attrape la main de Liam et on court. Heureusement que je connais cette forêt par cœur et il ne nous faut pas longtemps pour arriver dans notre rue.
Saccagé est le seul mot qui me vient à l'esprit. La porte d'entrée est défoncée. Les vitres sont explosées. On ne sera pas en sécurité ici donc je fais demi-tour.
— On va au lycée. Peut-être que des gens y ont trouvé refuge.
Liam ne dit rien et un simple coup d'œil me fait comprendre qu'il a peur. Je l'attire contre moi, puis le porte jusqu'au lycée. Il y a qu'une voiture garée devant et il y a quelqu'un dedans. La voiture gronde, signe que le moteur a été redémarré.
Je pose Liam et cours jusqu'au véhicule qui commence à rouler doucement. Je tape sur l'arrière pour la faire arrêter, ce qu'elle fait brusquement. Je recule jusqu'à retrouver mon frère.
Un jeune homme, d'environ mon âge, sort avec une hache. Cette vue nous fait peur. Et s'il nous tuait ? J'aurais échoué à protéger mon frère, comme mon père me l'a demandé.
Il a l'air effrayé donc je veux le rassurer. Pour qu'il nous aide. Je lâche mon petit frère et fais un pas en avant. Je tends un bras en avant pour me présenter, mais je fais qu'empirer la situation.
Je sursaute, ne m'attendant pas à sa voix coupante. Je recule pour lui montrer que je ne suis pas son ennemi. Je passe mes bras autour des épaules de Liam qui regarde l'inconnu de ses yeux innocents.
— Je suis désolé... on ne te veut pas de mal.
Il nous fixe, comme s'il nous jugeait. Et son verdict pourra nous sauver ou nous conduire à la mort.
Je hoche la tête car c'est tout à fait normal. Notre survie passe par la collaboration et la confiance.
Il finit par baisser la hache, ce que je prends comme un signe positif. Il ouvre sa voiture.
— Merci...
Je mets Liam à l'arrière, avec le sac à dos que je glisse entre la banquette et le fauteuil du conducteur... Théo. Je monte à l'avant, à la place du mort. J'espère que ça ne me portera pas préjudice.
Alors que je referme la portière, Théo monte à son tour puis verrouille les portières et mon regard se pose sur la boîte à gant ouverte et remplie de petite boîte orange.
Malade ou drogué ?
Il ferme brusquement la petite boîte afin de cacher ce qui s'y trouvait, tout en me jetant un regard noir. Message reçu... pas de question. Pour le moment en tout cas...
Je hoche la tête pour confirmer, même si ce n'était pas nécessaire.
On arrive papa...
Bonsoir,
J'espère que ce chapitre vous a plu. N'hésitez pas à laisser un petit commentaire, ça fait toujours plaisir.
Cette histoire est toujours écrite en collaboration avec Natacha qui s'occupe du point de vue de Théo. Vous pouvez trouver son chapitre sur Wattpad (Natachou26).
Pour rappel, nous ignorons le rythme de publication car nous sommes toujours en train de l'écrire. J'ai pris du retard dans les chapitres car je suis trop prise par mon travail. Mais dans deux semaines, je serais en vacances donc j'en profiterais pour écrire afin d'avoir un rythme de publication plus rapide.
A bientôt pour la suite.
Bises
Mélanie
