Les jours passent et notre petite vie continue tranquillement jusqu'il y a quelques minutes...

— Stiles n'ouvre pas la fenêtre.

— Mais faut bien voir ce qu'à la voiture !

— Je vais sortir voir.

Je deviens blanc et j'ai envie de la gifler. Encore.

— Non ! Ne sors pas ! Imagine qu'il commence à pleuvoir ! Tu ne sors pas !

— Si la pluie tombe, tu ferais mieux de fermer la fenêtre.

Je retiens un soupir et ferme cette stupide fenêtre. Théo fixe le capot comme s'il voulait voir le moteur à travers.

— Comment ça se fait qu'on a calé ? Pourquoi elle ne redémarre pas...

— Théo ne t'en fait pas, elle va sûrement redémarrer plus tard...

— Je sais, mais ça me stresse. Elle ne m'avait jamais fait ça...

La pauvre, elle doit être à bout de souffle. Elle a beaucoup roulé ses derniers temps.

Je le sens perturbé, je glisse donc ma main dans la sienne.

— Ne t'inquiète pas Théo...

—Je crois qu'on ferait mieux de s'inquiéter là...

— Pourquoi ?

Théo pointe le ciel qui se pare d'énormes nuages noirs.

— Ça annonce quoi ça Stiles ?

Ça paraît logique, mais la façon dont il le demande c'est comme s'il y avait quelque chose de plus. Théo soupire et se penche dans la boîte à gants.

— Ça annonce une assez grosse tempête.

Sa main s'agite dans la mienne.

— Théo… tu trembles !

— Ce n'est rien. Je vais prendre mes médocs.

Liam s'installe entre les deux fauteuils, comme souvent ces derniers jours. Je ne sais pas comment il fait pour tenir dans ce petit espace.

— Il commence à faire sombre Stiles. Et Théo angoisse. Ça ne veut rien dire de bon...

— Merci pour moi Liam...

Je ne peux pas retenir un petit rire qui se calme face à son visage. J'ai vraiment besoin de décompresser et ce n'est pas dans cette voiture que je pourrais le faire.

Le tonnerre retentit autour de nous et les éclairs touchent terre pas si loin de notre position.

La pluie frappe si fort contre les vitres qu'on a l'impression qu'elle veut traverser ce seul rempart qui nous protège de la contamination et d'une mort horrible. Avec tout cela, le froid s'installe tout comme la peur. Il n'avait jamais autant plu depuis qu'on est sorti du bunker.

Liam renifle, retenant ses larmes et Théo angoisse. Je prends une main à chacun et je les sers. Je leur apporte un peu de chaleur et de soutien. Ce n'est pas grand-chose, mais mieux vaut ça que rien.

Après un long moment, je donne la console à Liam et l'installe sous la couverture. Un rempart supplémentaire. De plus, je l'oblige à mettre les écouteurs.

Je me tourne vers Théo qui est pâle. Très pâle. Trop pâle. Casper aurait l'air bronzé à ses côtés. Je prends son visage dans mes mains.

— Théo, ça va aller...

Je l'attire contre moi et je l'embrasse. D'un coup, durement. Je le sens se détendre et je commence à sourire contre ses lèvres pleines.

Soudainement, on se retrouve ébloui.

Nos regards se tournent vers l'extérieur et on devine un gros 4x4 derrière le faisceau lumineux.

Les phares finissent par s'éteindre, nous procurant une nouvelle peur.