3. Academy Arc : Chapitre 2

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Contre le danger, être préparer paye – Aesop

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La nuit avant notre entrée à l'Académie, je n'ai pas vraiment bien dormi. Il serait plus juste de dire que j'ai fait un cauchemar, probablement amené par la nervosité et l'anticipation que je ressentais. Chakra rouge et pure terreur, l'impuissance d'être sourde et aveugle. Je me réveillais silencieusement, mon souffle ne quittant pas mes lèvres, mes yeux s'efforçant d'embrasser précisément toute ma chambre. Durant une seconde, je crus qu'il y avait quelqu'un se tenant dans le coin. Mais non. Il n'y avait personne. Mon chakra me confirmait en s'étendant dans la maison que les seules personnes présentes étaient moi, mon frère et mes parents.

Le cerveau humain était fort en reconnaissance faciale. Trop fort parfois, parce qu'il trouvait même des visages dans d'autres choses -des ombres par exemple. C'était particulièrement commun durant l'hypnagogie, ou le somnambulisme.

Aussi drôle que cela puisse paraitre, cela ne me rassurait pas vraiment.

Je rassemblai du chakra dans mes mains. Si vous atteignez une assez grande concentration de cette énergie, elle peut devenir visible. Quelque chose comme le Rasengan, ou ce n'était pas seulement visible mais presque solide, en demandait une quantité incroyable, bien plus que je n'en avais actuellement, mais je pouvais gérer une sorte de lumière fantomatique assez facilement.

Je fis appel a mon chakra et brandis mes mains devant moi, tentant de me rassurer sur l'absence d'inconnu dans la pièce. C'était suffisamment éclairé pour voir maintenant le scintillement caressait le sol et les murs. Je pris ma respiration, tremblante, et glissais mes jambes hors du lit, tressaillant à l'idée que quelque chose puisse sortir d'en dessous pour m'attraper.

Rien ne se passa.

Juste un cauchemar, je me dis. Il n'y a rien ici.

La maison était tellement silencieuse je pouvais entendre le vent passer à travers les arbres, le faible appel d'un cerf, le grincement du plancher. Je me levai et me glissai en avant, mes pas ne faisant aucun bruit, éclairant mon chemin avec mes mains dressées souplement.

La chambre de Shikamaru était juste à côté de la mienne. Sa porte était entrouverte, et je n'eus même pas à la pousser pour entrer. Dans le silence surnaturel de la maison, sa respiration était lourde et rassurante. Je sentis la tension de mon dos s'alléger.

Nara de ma condition, je n'aurais pas dû être effrayée par les ombres de la nuit. C'était là où nous étions les plus forts. Mais je n'aimais pas être seule avec celles-ci.

Je m'arrêtais au milieu de sa chambre, jusqu'à ce qu'une sorte de sens lui dise qu'il n'était pas seul et il me regarda, papillonnant de ses yeux troublés, puis se retourna. C'était la seule invitation que j'aurais.

J'atténuai mes lumières jusqu'à les faire disparaitre et me glissai dans son lit. Je ne m'endormis pas pendant un long un moment, mais en fin de compte, entre deux battements de paupières, je tombai dans la torpeur.

« Debout tous les deux ! On sort du lit et on se prépare ! » Quelqu'un criait à une heure indécemment matinale. Je tâtonnai à la recherche d'un oreiller à mettre sur ma tête, et fini par me rendre qu'il avait été enlevé, les couvertures avec. Plissant les yeux, je les levai et découvrit maman tenants les objets susnommés. De toute façon il ne faisait pas si froid. Je me recroquevillai, heurtant Shikamaru qui avait eu la même idée.

« Oh non certainement pas, » dit-elle fermement. « Debout ! C'est votre premier jour à l'Académie, vous ne serez pas en retard ! »

Quelques temps plus tard, je chancelai dans ma chambre et essayai de m'habiller, devant répéter l'opération plusieurs fois, les vêtements se trouvant tout seul à l'envers ou au mauvais endroit. Mais je finis par réussir, à temps en plus.

« Si vous n'êtes pas tous les deux descendus dans trois secondes … ! » menaça maman. Je me trainai hors de ma chambre, percutant presque Shikamaru, et nous descendîmes l'escalier avec le même entrain. Elle nous poussa dans le jardin. Attendez, elle voulait toujours nous faire faire nos étirements ? J'aurais préféré avoir une demi-heure de plus de sommeil. Vu sa tête, Shikamaru était du même avis.

Mais nous étions tous les deux trop intelligents pour le dire à voix haute.

« Je me suis levée au matin et j'ai vu la montagne au loin, » commença Maman, sa voix sonnant clairement alors qu'elle joignait ses bras tendus au-dessus d'elle. Elle s'étira, les amenant vers l'arrière puis forma un large cercle en les abaissant. Nous la copiâmes, et ma voix joignit la sienne dans un marmonnement enroué. Nous faisions cette séquence depuis des années -cela avait commencé bien plus court mais s'était allongée au fur et à mesure que s'ajoutait les vers. Cela nous prenait maintenant une demi-heure pour effectuer cet exercice, ce qui franchement, prenait un temps fou. Je me rappelle une époque où je n'aurais même pas fait comme seul entrainement ce qui était aujourd'hui un simple échauffement.

Il est vrai que cela faisait des miracles pour se réveiller. Le temps d'en arriver à 'J'aurais pu être un soldat, un danseur ou un arbre. J'aurais pu être un fermier, un marchand ou une reine', (ces mouvements étaient pour le coup assez sympas) j'étais définitivement bien plus éveillée. Quand cela fut finis, nous rentrâmes et mangeâmes avant d'aller nous nettoyer. Nous arrivions presque à une heure raisonnable pour être debout, et il était bientôt temps pour nous d'aller à l'Académie. C'était à une certaine distance de la maison après tout.

L'Académie des Ninjas, étonnamment, était localisée juste à côté de la montagne, dans le même bâtiment que le bureau du Hokage et celui d'assignation des missions. Cela semblait assez contrintuitif d'avoir autant de jeunes et bruyants enfants si près d'un environnement de travail aussi important et sérieux, mais quelqu'un finit par se rendre compte que c'était surement le lieu le plus protégé du village. En vérité le seul et unique endroit vraiment protégé était à l'intérieur même de la montagne.

Le fait que je le réalise également montrait à quel point j'étais bien plus affecté par ce nouveau monde que je ne l'avais anticipé.

Une fois arrivés à l'Académie, nous eûmes droit à une petite cérémonie d'introduction. Maman et Papa nous envoyèrent retrouver les autres enfants accompagnant leur geste par une sorte d'avertissement : « Soyez sages ». Le troisième Hokage était là, et il parla en longueur du fait d'apprendre, de bien faire, de se faire des amis et de maintenir la Volonté de Feu. C'était en vérité un discours très inspirant, mais je passai la grande partie de celui-ci à observer furtivement mes camarades de classes, cherchant à dénicher les neuf Rookies. Tout le monde était si petit.

Le nombre d'enfants qu'il y avait ici me surprenait. J'avais jusqu'ici eu l'impression qu'il n'y avait qu'une classe par année. Mais c'était faux. Il y en avait plutôt cinq ou six. Je suppose que c'était logique puisque tout le monde ne tiendrait pas jusqu'au diplôme et que parmi ceux-là tous ne le réussiraient pas. Il devait y avoir plus de trois équipes de shinobis pour renflouer les rangs chaque année, ou alors la population ninja allait diminuer très très rapidement.

Deux professeurs appelèrent une liste d'élève avant qu'Iruka-sensei n'arrive sur l'estrade. Il paraissait tellement jeune et gêné. « Très bien. Avec moi : Aburame Shino… » J'écoutais avec beaucoup d'attention, espérant être dans la même classe que Shikamaru. Je n'avais même pas envisagé être séparé de lui – ne pas faire partie des neuf rookies.

« … Nara Shikako, Nara Shikamaru… »

Je fis un discret sourire à Shika, heureuse que l'on soit ensemble. Il acquiesça, et se leva pour glisser vers l'endroit où les autres attendaient. Je pus repérer Shino, le premier à avoir été appelé et Chouji, évidemment. Hinata aussi était facile à reconnaitre avec son air terrorisé, sans compter son ascendance purement Hyuga qui bien sur la trahissait. Les cheveux roses pétants de Sakura étaient assez reconnaissables mais celle-ci semblait aussi timide qu'Hinata.

« … Uzumaki Naruto, » la voix d'Iruka-sensei monta dans légèrement dans les aigus. « Et Yamanaka Ino. Merci. Suivez-moi s'il vous plait. »

Il nous amena plus loin pendant que je regardai Maman et Papa nous faire signe. Plusieurs parents autour avaient du mal à respirer. J'avais mes suspicions sur le sujet.

La salle de classe où l'on nous amena était étonnamment grande. Il y avait des énormes fenêtres le long du mur, pour nous permettre de profiter de la lumière naturelle et d'une voie de repli. Même si Konoha ressemblait beaucoup au Japon -où les maisons étaient petites et compactes- les ninjas ne supportaient pas être dans des endroits confinés, créant ainsi des bâtiments bien plus grands et spacieux qu'on ne pourrait s'y attendre. Il y avait dans la classe des bancs organisés en rangées, chacune plus haute que la précédente, comme dans un auditorium. En face se trouvait un large tableau noir et légèrement sur le côté un bureau qui devait être celui du professeur. Plusieurs posters à portée éducative tentaient d'égayer la classe, couleurs et dessins à l'appuis.

Je m'installais près de Shika sur un des bancs du fond. Dans mon ancien monde, s'assoir au fond était synonyme de désintérêt scolaire, ici cela signifiait qu'il n'y avait personne derrière nous, ce qui était la marque d'un bon ninja. C'est étrange comme la perspective peut changer les choses. L'installation du reste de la classe pris bien plus de temps qu'elle n'aurait dû, mais je suppose que c'est le jeu quand on travaille avec des enfants. Je regardai distraitement les autres élèves se chamailler en s'installant et Iruka-sensei tentant vainement de garder le calme dans la classe.

Une grande partie de la matinée fut consacrée aux incontournables d'un premier jour : liste des fournitures et livres, explication des règles et des attentes de l'Académie, et confection de badges pour que nous puissions apprendre à tous nous connaitre. Des choses parfaitement normales que j'avais vécu plus d'une douzaine de fois avant. Désabusée, je me rendais rapidement à l'évidence cela avait beau être une école de ninja, c'était toujours une école. Quelle joie.

Ce n'est pas que je n'aimais pas l'école… Bah, je n'avais juste jamais été très encline à y aller.

Certains enfants portaient une attention diligente à Iruka-sensei- Sakura, Hinata, Shino- pendant que plusieurs autres avaient abandonnés- Shika s'était endormi et Chouji mangeait- et je pouvais prédire que très prochainement Kiba et Naruto allait commencer à créer quelques perturbations.

Heureusement ce fut le moment où la cloche du repas sonna.

« Très bien les enfants ! » hurla à moitié Iruka-sensei pour couvrir la soudaine explosion de bruit. « Vous avez une heure ! Je veux que vous soyez tous revenu ici quand la cloche sonnera ! »

Je secouai doucement Shikamaru pour le réveiller et nous quittâmes la salle ensemble, Chouji sillonnant derrière Shikamaru, machant quelques chips. Seuls les élèves de dernières années avaient le droit de quitter l'enceinte de l'Académie donc nous nous installâmes sur un bout de pelouse du terrain pour manger notre repas.

« Alors ? » je demandai en regardant négligemment les autres enfants s'installer également. Certains seuls, certains en groupe. Certains avaient l'air de déjà se connaitre, quand d'autres se sentaient visiblement gênés par leur nouvelle amitié. Le déjeuner était divisé par niveau, donc tous les enfants qui avaient commencés aujourd'hui était présents. Les autres classes mangeraient à un autre moment.

Il y avait Shino assit seul vers les arbres. Là-bas Hinata. Et de l'autre côté… il y avait Naruto.

Je voyais plusieurs problèmes à cette histoire de secret que le troisième Hokage avait mis en place. La mentalité de groupe avait déjà montré que les idéaux du groupe persistaient bien après le départ des membres l'ayant porté en premier -ou si les vraies raisons de ce comportement avaient été oubliées. C'était comme la vieille histoire avec les singes qui se poussent mutuellement de l'échelle. Ne pas savoir pourquoi ils traitaient mal Naruto ne voulait pas dire qu'ils n'allaient pas le faire.

Le 'problème' Gaara n'était devenu catastrophique que parce que tout le monde essayait de l'assassiner. Sa capacité instinctive à bouger le sable n'avait pas non plus aidé, mais il n'avait jamais eu de tendances meurtrières avant cela.

Peut-être que cela n'avait rien avoir avec la façon dont les gens le traitaient, mais juste pour empêcher Naruto lui-même de savoir. Uzumaki Mito avait conçu le sceau du Kyuubi et elle l'avait utilisé sur elle-même. Ce sceau avait été créé pour un hôte consentant, contrairement aux autres jinchuriki qui étaient tous aussi piégés que les bijuu. Je savais qu'il pouvait enlever le sceau lui-même et relâcher le Kyuubi. Vous voudriez qu'un enfant sache cela ? Que tout ce qu'il fallait pour redevenir normal était d'enlever un simple morceau de papier d'une cage ? La tentation serait énorme.

Est-ce que le sceau de Gaara avait cette possibilité ? Je ne sais pas. Clairement le sien fonctionnait différemment, lui permettant d'utiliser du sable et des transformations partielles. Naruto n'avait pas cette option. A part sa capacité de guérison il ne gagnait pas de pouvoir tangible.

C'était certainement quelque chose à étudier plus sérieusement. Mais je devais admettre, Naruto à cet âge n'était pas vraiment ce que j'avais imaginé inconsciemment. Il était jeune, silencieux et un peu renfrogné. Il était facilement négligeable. Très diffèrent du genin de l'anime.

« Pénible » déclara Shikamaru après un long silence.

« J'aime bien Iruka-sensei » offrit Chouji entre deux bouches pleines.

J'acquiesçai. « Il a l'air gentil. »

Il y eut une explosion de bruit, lorsque les enfants commèrent à se rassembler au milieu du terrain. Ils avaient fini leur repas et commençaient un jeu de ninja. Chouji reprit de l'entrain.

« On peut aller jouer ? » demanda-t-il impatiemment.

Je regardai Shika qui haussa les épaules. « Bien sûr. » Aucun de nous n'était particulièrement enthousiaste à cette idée, mais hé, si Chouji voulait… Nous nous dirigeâmes vers les autres pour retrouver notre vieil 'ami' qui dirigeait le jeu.

« Je vous avais dit qu'il ne pouvait plus jouer ! » dit Youbirin, mécontent quand nous voulûmes nous joindre à eux.

Chouji s'effondra, complètement abattu. Shika et moi échangeâmes un regard.

« Vraiment pénible » dit Shikamaru.

« Laissez tomber les gars » lança Chouji. « Je vais juste… partir. »

Je secouai ma tête. « Nous pouvons faire notre propre jeu » je proposai.

Youbirin ricana, « Vous n'êtes que trois. Je suis sûr que se sera super amusant ».

Je lui jetai un regard noir et il sembla reculer. Mais Chouji avait pris en compte sa remarque. C'est à ce moment-là que je repérai une immanquable tête blonde trainant tristement de l'autre côté. Naruto regardait le jeu. Apparemment ils ne l'avaient pas laissé jouer non plus. Je donnai un petit coup de coude à Shikamaru.

« Mais à quatre ça le sera » dit-il d'une voix trainante, ayant rapidement compris. Il passa devant Youbirin, Chouji et moi le suivant simplement. C'était assez étrange d'avoir fait de Shikamaru notre leader, sachant qu'il préférait surement regarder les nuages que jouer, mais puisque ni Chouji ni moi ne pouvions, il avait pris la place par défaut.

Il y eut quelques étouffements derrière nous. « Vous n'allez pas jouer avec lui ? Nos parents nous ont dit de ne pas l'approcher ! » Nous l'ignorâmes.

Naruto, scrutant la scène à travers sa frange, nous regarda approcher avec un mélange de d'espoir maussade et de méfiance.

« Donc, » dit Shika, marquant un arrêt. « Tu veux jouer au ninja avec nous ? »

La joie qui apparut sur son visage était à fendre le cœur.

Les règles étaient simples, si vous étiez seul à regarder un endroit sur le pavé vous étiez un illuminé. Si vous étiez deux, c'est qu'il devait y avoir quelque chose d'intéressant, et d'autres allaient s'arrêter regarder. Dans cet esprit, en commençant à jouer, de plus en plus d'enfants nous rejoignirent. Au moment où la cloche sonna, nous avions réussi à mettre en place un plutôt bon jeu. Chouji et Naruto rayonnaient presque de joie.

Après le déjeuner nous eûmes classe de taïjutsu a.k.a éducation sportive, la classe que j'avais le plus en horreur avant, et celle qui paraissait la plus nécessaire à ce jour. Être un ninja impliquait un sacré paquet de courses et bonds même si je ne me spécialisais pas en taïjutsu. Ce qui voulait dire que j'allais devoir me bouger les fesses et essayer.

Ce fut pire que ce que j'avais craint. J'étais même un peu abasourdie par la catastrophe que ce fut. Concernant la vitesse et l'endurance, j'étais juste en dessous de Shika qui n'essayait même pas. Il courrait d'un pas trainant pour éviter de trop se faire remarquer par Iruka-sensei. Je n'étais pas vraiment surprise d'arriver dernière. J'avais à de nombreuses occasions été « malade » durant les périodes de compétions à l'école pour éviter de subir encore et toujours cette dernière position, mais j'étais surprise aujourd'hui à quel point j'étais loin derrière.

C'était un peu embarrassant pour être honnête. Douche froide pour l'anticipation et les espoirs qui m'avaient portée. C'est une chose de savoir qu'être ninja demandait beaucoup de travail, c'en est une autre d'avoir ses bras et ses jambes brulés par l'effort au dixième tour de piste quand il en restait encore dix autres à faire. Dans un monde sans voitures, c'était la seule manière pour les ninjas de se déplacer. Courir.

Oh joie.

Après avoir couru, il y eut des étirements, des flexions-extensions et une course d'obstacle … Il y avait un espace slalom et un autre de jeux d'attrapes. Nous étions encore trop jeunes pour qu'ils nous laissent avec des vrais kunais, même émoussés ou en bois, mais nous nous exercions tout de même au lancer.

C'était incroyablement tentant d'abandonner. C'était vraiment difficile de me motiver. Certes je n'avais jamais été une bosseuse avant. Je n'avais jamais été vraiment un génie, mais suffisamment intelligente pour comprendre les choses plus vite que mes pairs, me permettant de naviguer à travers le cursus scolaire sans avoir à faire le moindre effort. Les prouesses physiques n'avaient jamais compté avant, et je me rendais compte que je n'étais vraiment pas préparé pour que se soit le cas.

J'admets, je commençais à avoir de sérieux doutes sur mon futur en tant que ninja à cause de cela. C'était assez décourageant. Et certainement très humiliant. Peut-être malgré moi j'avais eu un faible espoir, celui d'être … brillante ? Que j'aurais pu être forte ?

Je suis morte jeune. Plus vieille que la plupart des ninjas auraient espérés vivre probablement, mais tout de même moins d'un tiers de mon espérance de vie, d'après les scientifiques. J'étais proche de mes parents et de mes sœurs, fière de mon niveau d'études et satisfaite de mon travail, mais il n'y avait rien dans cette vie que j'avais voulu désespérément faire ou être quand j'avais dix ans. A cette âge-là, je voulais la gloire, la célébrité et la reconnaissance. Moi ? Je n'étais en rien spécial.

Peut-être que je voulais encore cela.

C'était un peu bête de penser que la vie de ninja allait m'apporter tout ça. Trop de fanfiction je suppose, pas assez d'attention portée aux personnages canons.

Mais bon ça aurait été pathétique d'abandonner après juste un cours.

Heureusement c'était le dernier de la journée. Iruka-sensei nous laissa partir avec un demi-sourire et un regard soulagé, et tous semblèrent trouver un regain d'énergie en sortant de la salle de cours. Même Shika semblait réveillé.

« Mec, c'était tellement ennuyant ! » s'exclama Kiba, tandis qu'il fonçait dans l'allée. « Liberté ! »

« Pénible » soupira Shika quand un professeur sortit sa tête d'une porte pour leur crier de ne pas courir dans les couloirs.

« Ce n'était pas si terrible » dit Chouji en sortant de sa poche un paquet de chips.

Je marmonnai une sorte d'approbation. « On a rencontré Naruto. »

Le susnommé tilta au son de son nom et regarda vers nous. A l'extérieur de l'Académie attendait une foule de parents trépignants dans l'attente de leurs enfants venants de faire leur premier jour d'école. Je remarquai que plusieurs regardaient Naruto, avant de pousser leurs enfants loin de lui. Ce n'étaient pas vraiment méchant mais définitivement pas amical non plus. Il le remarqua aussi et regarda le sol avec colère.

« Il y a Papa » dit Shika en secouant mon épaule et se dirigeant vers lui.

J'hésitai, puis me tournai vers Naruto. « On se voit demain » je lui lançai maladroitement.

Le sourire qui me répondit était éclatant. « Ouais ! On pourra jouer au ninja hein ?! »

J'acquiesçai et avançai d'un pas tranquille vers Papa. Ce dernier n'avait bien sur pas loupé une miette de notre conversation, mais je n'arrivai pas à savoir ce qu'il pensait.

Il ne dit rien à ce propos tout de suite, m'installant sur ses épaules et Shika dans son dos. Essayer de nous faire marcher jusqu'à la maison aurait pris cinq fois plus de temps que de nous porter, comme j'étais fatiguée et endolorie et que la vitesse normale de Shikamaru s'apparentait plus a ramper que marcher.

« Comment était l'école ? »

« Pénible » répondit Shika. Je ricanai. C'était une réponse typique de mon frère.

« C'était bien, » je dis. « Iruka-sensei est gentil. Et on a rencontré des nouvelles personnes »

« C'est ce que j'ai vu » dit-il doucement. « Comme ce garçon blond auquel tu parlais ? » Il avait légèrement élevé la voix en disant cela.

Je hochai la tête, même s'il ne pouvait pas le voir. « Il s'appelle Naruto. Il est ok. Est-ce que tu sais… les gens le traite bizarrement. » Je changeais ma phrase en cours de route. Je ne voulais pas trop lâcher d'informations.

Il ne réagit pas. Il était un bien trop bon ninja pour ça. Mais je pense qu'il était un petit peu surpris, plus que si nous lui avions juste raconter ce que nous avions remarqué.

« Vous devriez faire ce que vous pensez être juste. » dit Shikaku. J'aurais adoré dire que j'aurais continué d'essayer même s'il me l'avait interdit mais je ne sais pas si j'aurais pu. Je détestais décevoir les gens, particulièrement mes parents.

Mais c'était important de nous laisser penser par nous-mêmes. Nous faisions nos propres choix et nos propres erreurs. Je considérai la chose. « Qu'est-ce que papa pense être la bonne chose ? » je demandais finalement.

C'est à ce moment que cela me frappa : les gens n'avaient pas peur de Naruto lui-même, mais plutôt qu'il laisse le Kyuubi s'échapper. Certaines personnes avaient du savoir que Kushina était le réceptacle. Cela ne pouvait pas avoir été un secret absolu, pas dans un village de ninja. Mais si la faiblesse du sceau pendant l'accouchement avait été tenu secret … personne ne devait avoir compris pourquoi le démon à neuf queues s'était libéré. Le Troisième était dans une situation perdant-perdant. Connaitre la faiblesse du sceau compromettrait le jinchuriki et causerai la panique, mais s'il ne disait rien, les gens ne pouvaient que se demander pourquoi …

Elle était trop proche de Konoha pour avoir été tué dans une bataille. Ce qui laissait la possibilité qu'elle l'ait volontairement libéré.

Et si Kushina l'avait fait, une adulte et Shinobi tout à fait capable, alors un enfant … ferait-il la même chose ?

Bien sûr, les Jinchurikis jouissaient d'une mauvaise réputation. Que se soient mérité ou pas, justifié ou pas, c'était un fait que plusieurs d'entre eux avaient des tendances meurtrières et instables. Garder ses distances de quelqu'un comme ça, était juste du bon sens. Et le dire à ses enfants doublement.

« Pourquoi cette question ? »

« Parce que Papa sait des choses que je ne sais pas. » Je répondis, sans manquer le fait qu'il avait esquivé la question.

Il gloussa. « Papa sait beaucoup de choses que tu ne sais pas. Qu'est ce que tu penses de lui ? »

Je jouai d'un air absent avec ses cheveux. Leur apparence m'avait toujours fait penser qu'ils étaient épais et rugueux, mais ils étaient étonnamment doux.

« Il est casse-pieds, » Je dis franchement. « Mais autant que Kiba et personne ne nous dit de ne pas l'approcher. »

Il gloussa encore, peut-être en reconnaissant le nom. Je n'aurais pas été surprise que ce soit le cas.

« Tu sais qui sont les parents de Naruto ? » Je demandai.

Il ne se tendit pas, il était trop bon pour ça, mais il y avait un soupçon de prudence dans sa voix que j'aurais manqué si je ne l'avais pas cherché. « Pourquoi cette question ? »

« Parce que tu es vieux » je dis rapidement, sachant très bien que ce n'était pas ce qu'il voulait dire. « Et parce que tout le monde dit à Shikamaru, » je soupirai alors lourdement, de manière très théâtrale « 'Tu es exactement comme ton père' et après ils le laissent tranquille parce qu'ils savent que tu es génial » je dis en hochant la tête. « Donc, les parents de Naruto ont fait quelque chose de mal ? »

Je savais que Shikamaru était réveillé, mais il ouvrit les yeux à ce moment-là.

J'aurais dû me sentir mal de l'avoir mis en avant comme ça, mais pas du tout.

« Personne ne sait qui sont ses parents », dit Shikaku prudemment.

« Mais il a un nom de famille, » j'objecta. Certains orphelins n'en ont pas, par exemple Tenten.

« Cela pourrait être un hommage, » dit Shikaku, « D'après quelqu'un mort le jour de sa naissance »

Traduction- il aurait pu être appelé Uzumaki parce qu'il était le réceptacle et non le réceptacle parce qu'il était un Uzumaki. Ce qui était tout à fait plausible. Si les gens ne savaient pas qu'elle était enceinte à l'époque … Je suppose que les gens n'aimaient pas penser à ça.

Je 'mmhmm'ai et laissai le sujet tomber. C'était après tout une conversation minée. Elle m'avait déjà beaucoup donné à réfléchir.

Cela fut vraiment le peu qu'il suffit pour être ami avec Naruto, un jeu et un aurevoir. Le matin suivant, alors qu'Iruka-sensei essayait d'amener le calme dans la classe, il nous approcha avec hésitation, le regard plein d'espoir. Je ne savais pas combien de fois les gens étaient devenus distant avec lui après que leurs parents leur aient parler, mais pour ce que je voyais c'était le Naruto canon. Il n'était pas dangereux. Je poussai la chaise à côté de moi et son visage rayonna tellement de joie que c'en était presque douloureux à voir.