Aizen
Ulquiorra courait rapidement dans l'obscurité dense du garganta, traçant avec aisance son chemin dans cet espace chaotique rempli de particules spirituelles. Ichigo Kurosaki courait à ses cotés en tenant Orihime dans ses bras.
« Donne Orihime au Quincy, Kurosaki, » lui ordonna-t-il. « Tu seras plus utile en entrant directement au combat en arrivant de l'autre coté. L'effet de surprise pourrait être crucial et ta puissance comparée à celle d'Uryu Ishida est non négligeable. »
« J'ai pas d'ordre à recevoir de toi, Ulquiorra. »
« Mais il a raison, Ichigo, » rétorqua Orihime dans ses bras. « Uryu me déposera à terre et vous rejoindra directement après. »
« Uryu ? »
« Pas de problème pour moi. »
Pendant qu'Orihime rejoignait le Quincy sur sa sorte de planche de surf spirituelle – il utilisait une variante de l'Hirenkyaku, une technique de déplacement Quincy – Nelliel se rapprocha du Primera.
« Ulquiorra. » Les yeux émeraudes de l'espada croisèrent ceux noisettes de l'arrancar. « Occupe-toi directement de foncer sur Aizen pour le distraire le plus possible des combats. Nous, on va s'occuper de les arrêter pour retourner le gros des troupes contre lui. Si c'est possible. »
« Le problème avec Aizen, c'est le Hogyoku, » répliqua le Primera. « Je ne sais pas comment il s'en sert mais cet objet a des propriétés époustouflantes. Tant qu'il l'aura en sa possession, le vaincre sera impossible. »
« Alors il faut le lui arracher. »
Ulquiorra acquiesça mais dans un sens, c'était plus facile à dire qu'à faire.
« Dès que possible, venez me donner un coup de main, » dit-il. « Je doute fort que ma forme finale suffise contre lui. »
Elle hocha de la tête et ils foncèrent tous, shinigamis et hollows prêts à combattre, occasionnellement ensemble face au même ennemi. En sentant le bout du chemin, Ulquiorra dégaina Murciélago.
« Mets ton masque, Ichigo, » conseilla-t-il avant que le garganta ne s'ouvre sur la ville de Karakura.
La lumière était éblouissante, mais Ulquiorra se guida à l'aide de son pesquisa. Baragan était mort, Harribel et Starck étaient acculés dans leurs derniers retranchements, presque la totalité des fracciones étaient tombées. Leurs énergies étaient faibles ou avaient complètement disparues. Il se dirigea immédiatement vers Aizen. Ce dernier s'approchait un peu trop près d'Harribel à son goût. Elle qui se battait déjà face à un capitaine shinigami et deux autres adversaires portant un masque de d'hollow équivalent à celui de Kurosaki.
« Maître Aizen ? » dit-elle, figée dans son combat, en même temps que ses adversaires. « Vous êtes là… »
Ulquiorra vit Aizen dégainer son sabre. Il fit un pas de sonido et para le coup avant même qu'il ne touche celle qui l'avait aidé ces derniers mois, l'avait conseillé, l'avait guidé. Il s'interposa entre Harribel et Aizen.
« Ulquiorra ? » fit ce dernier, légèrement surpris. « Je t'avais demandé de garder un œil sur Las Noches. »
« Plus aucun Shinigami ne se trouve à Las Noches, Aizen, » fit calmement le primera. « Parce que je les ai tous ramenés avec moi, ainsi que le groupe d'Ichigo Kurosaki. »
« Tu as désobéi à ton Maître ? » fit le traître shinigami en faisant augmenter sa pression spirituelle alors qu'il s'efforçait de garder un air confiant, un léger rictus mauvais sur les lèvres.
« Le roi du Hueco Mundo n'a pas de maître, Aizen, » répliqua fortement Ulquiorra, suffisamment fort pour que tout le monde l'entende. « Et ce que tu t'apprêtes à faire détruira tout. Je dois protéger les miens et pour cela … »
Ulquiorra augmenta sa propre puissance et repoussa la lame de son adversaire et recula au niveau d'Harribel.
« … On doit t'abattre sur le champ. »
« Aucun de vous ne le peut, » ricana-t-il doucement. « Aucun de vous n'a la puissance nécessaire pour me vaincre. Et toi, le roi du Hueco Mundo ? Le Cuarto ? Impossible ta puissance est loin en dessous de celle de Tia Harribel. »
« Était. »
« Je te demande pardon ? »
Ulquiorra ouvrit son haori et révéla le numéro sur sa poitrine. Les yeux d'Aizen s'étrécirent. Starck et Harribel observaient leur camarade, étonnés. L'insensible espada que rien ne touchait, qui avait un point de vue nihiliste sur tout, qui vénérait Aizen et lui obéissait tel un chien, se révoltait contre lui.
« Sanglote, Murciélago, » fit le Primera.
Il eut à peine pris sa première forme libérée qu'il fonçait déjà sur Aizen, sa lance en main. Il frappa continuellement. Il parait, esquivait, contre-attaquait, feintait. Et son adversaire souriait et ne semblait même pas s'épuiser. Il attrapa une aile d'Ulquiorra et trancha dans le vif avant de lui porter un coup de pied pour le projeter au loin.
« Un roi ? ça ? » ricana Aizen. « Ridicule. Vous n'êtes que des arrancars. Des grains de poussière sur mon chemin. Je vais tous vous éliminer rapidement. »
« Ulquiorra, » murmura Harribel.
Ce dernier atterrit durement dans un immeuble, non loin des blessés. Il cracha du sang et serra les poings sous la douleur. La membrane de son aile droite était déchirée et son torse était traversé de la hanche jusqu'à l'épaule par une énorme estafilade. Profonde et douloureuse. Un de ses poumons avait été touché, vraisemblablement. Il respirait difficilement.
Une fois le nuage de poussière causé par sa chute dissipé, il vit au loin tous les shinigamis et les hollows s'allier contre Aizen, en forme shikai ou bankai, utilisant leur Resurrecíon pour les arrancars, ou leurs masques pour les Vizard. Ils y allaient tous à fond. Ulquiorra se redressa péniblement, crachant encore du sang. Ses organes internes étaient touchés. Le seul moyen de guérir était de se libérer totalement. Mais ce serait sa dernière chance. Il n'aurait plus droit à l'erreur.
« Résureccíon Secunda Etapa, » haleta-t-il en se relevant, libérant toute sa puissance.
Son corps se recouvrit de fourrure, son aile se répara, la douleur se dissipa en même temps que ses blessures et son poumon se fit moins écraser. Il respirait à nouveau librement. Il ferma les yeux et rappela à sa mémoire pourquoi il avait pris sa décision de combattre Aizen. Pour sauver le monde, les mondes. Il battit des ailes et prit son envol, le regard brûlant d'une colère froide et contenue. Pour ses camarades. Des visages apparurent dans son esprit : Grimjow, Harribel, Starck, Sunsun, Mila-Rose, Apachi, Orihime, Kurosaki, … Mais d'autres vinrent aussi s'imposer et instinctivement, il réussit à les nommer, les personnes de son passé : Ron, Hermione, Sirius, Remus, Neville, Luna, McGonagall, Dumbledore, la famille Weasley, …
Il n'arriva pas à se souvenir exactement qui ils étaient pour lui si ce n'est des visages qui avaient marqués son passé d'une certaine manière.
'Mes amis ?' se demanda-t-il. 'S'ils sont encore en vie, il faut que je les protège de la folie d'Aizen !'
Pour la première fois de toute son existence hollow, Ulquiorra pleura. Il pleura pour ses souvenirs qui revenaient, pleura pour ses camarades qui risquaient de mourir, pleura parce qu'il ne comprenait pas pourquoi il pleurait, mais cela lui faisait du bien. Mais surtout, il hurla de rage en brandissant sa lance d'énergie verte et fonçant vers le groupe qui se battait contre Aizen et son acolyte, Tosen. Gin Ichimaru semblait s'être allié à eux dans les combats et cherchait à vaincre le monstre avec la même rage qu'eux.
Tosen finit par se transformer petit à petit en hollow, surprenant tout le monde, et le groupe se divisa en deux pour les combattre. Ulquiorra resta concentré sur Aizen, et avec Harribell, Grimjow, Starck, Noitra, Kurosaki, plusieurs capitaines shinigami et quelques vizards, ils l'acculèrent dans ses derniers retranchements. Quand, par il ne savait quel miracle, Aizen fut projeté au loin, le Primera joignit ses mains ensemble pour faire apparaître une lance plus puissante que toutes celles qu'il avait utilisées jusqu'à présent. Mortelle.
« Lanza del Relámpago. »
Il la lança immédiatement. Elle fit beaucoup de dégâts, détruisant la moitié de la ville de Karakura. Aizen disparut sous les décombres pendant un instant.
« Ulquiorra ! Es-tu devenu fou ? » s'exclama Kurosaki en arrivant en trombe derrière lui. « Tu aurais pu tous nous tuer ! »
« Non. Mais lui, oui. Un Voldemort suffit amplement. Il n'en faut pas deux. »
« Voldemort ? » fit le roux. « Attends, je suis perdu. »
« Laisse, shinigami, » interrompit Harribel. « Ulquiorra, es-tu perdu dans ta mémoire ? »
« Non, mais elle me revient de plus en plus, » répondit-il. « Et elle me motive. Je dois sauver mes amis. »
Ulquiorra fonça vers Aizen avec une nouvelle lance d'énergie en laissant derrière lui les espadas qui le regardaient, perplexes.
« Est-ce que j'ai bien entendu ? » demanda Grimjow. « Il a dit ami. Ulquiorra a dit ami ? »
« On tirera tout cela au clair plus tard, » décida Harribel. « Allons l'aider. »
Ulquiorra, pendant ce temps, pointait sa lance vers le torse d'Aizen et réussit à déchirer son haori. Ses yeux verts s'étrécirent. En plein milieu de son torse se trouvait …
« Le hogyoku, » murmura-t-il.
Il évita un coup de sabre destiné à le décapiter et recula de plusieurs mètres. L'arrancar observa la sphère bleutée qui flambait doucement dans le torse du shinigami. Il vit de ce dernier des filaments blancs en sortir et recouvrir le corps d'Aizen.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-il.
« Il semblerait que j'ai atteint mes limites, » répondit Aizen. « Mais rassure-toi, il ne s'agit que mes limites de shinigami. »
« Limites de shinigami, » répéta dans un murmure Ulquiorra. « Que veux-tu dire ? »
« La volonté du hogyoku commence enfin à opérer et à comprendre mon coeur. Je vais pouvoir donner libre cours à ma puissance. »
'Quoi ?! Cet objet a une volonté propre ?'
« Sa volonté, dis-tu ? Explique-toi ! »
Ulquiorra fouetta l'air de sa queue, la faisant claquer.
« Le pouvoir du hogyoku est d'absorber les désirs de ceux qui sont autour de lui et, une fois absorbés, de les matérialiser. »
Les yeux d'Ulquiorra s'étrécirent. « Vraiment ? »
« En effet. Mais bien sûr, le pouvoir du hogyoku a ses limites. Il peut matérialiser les désirs de ceux qui l'entourent, mais si ces derniers n'ont pas la volonté d'aller jusqu'au bout de ce qu'ils désirent, alors rien ne se réalise. En un sens, son pouvoir nous montre la voie de nos désirs. »
« Nos désirs, » répéta l'arrancar. « Dans ce cas. »
Il frappa à nouveau de sa lance, mais Aizen para aisément.
« Tu vas me dire que toi, l'arrancar réfractaire à tous sentiments, indifférent à toutes choses, toi, Ulquiorra, tu as des désirs ? » ricana Aizen. « Je n'en crois pas un mot. »
'Crois ce que tu veux, pourriture. Pour moi, la discussion est close !'
Il reporta un coup de sa lance, attaqua sans cesse tout en réfléchissant aux propos d'Aizen. La clef de sa puissance se trouvait là. Le hogyoku. Mais pour le vaincre, il fallait d'abord comprendre. Ce qui n'était pas chose évidente. Les désirs, ce n'était pas compliqué d'en avoir mais la volonté … Ca c'était autre chose. Avait-il seulement cette volonté en lui ? D'aller jusqu'au bout ?
Il fut projeté à nouveau dans un immeuble la jambe et le bras amputé.
« Merde, » siffla-t-il en se redressant. « Me voilà out pour un moment. »
Ignorant la douleur, laissant le temps à ses membres de repousser. Heureusement qu'il avait gardé cette faculté en évoluant. Il se mit à réfléchir sur lui-même, sur ce qu'il souhaitait ardemment, ses désirs les plus profonds. Ses membres prenaient un temps fou à pousser - du moins, il trouvait le temps long - et ce n'était pas sans douleur. Il serra les dents en se concentrant à la fois sur le combat plus loin et sur la clef qui leur donnerait la victoire.
'Mon désir …. Quel est mon désir ?'
Le visage d'Orihime s'imposa à son esprit mais aussi ceux de certaines personnes de son passé.
'Ne pas être seul, peut-être. En me réveillant dans la douleur, au Hueco Mundo, j'étais désespérément seul. Peut-être que c'est ce que je veux. Mais dans quel sens ? Des amis ? Une famille ? Ces choses et ces concepts humains qui tournent autour du cœur… Merlin, Ulquiorra, réfléchis ! Que veux-tu ? Qu'est-ce que je veux ?! Qu'est-ce que j'ai toujours voulu ?!'
Ses yeux s'allumèrent d'un feu ardent, ses émeraudes scintillèrent comme autrefois alors que son cœur d'arrancar se réchauffait et que la réponse s'imposait à lui. Il sourit. Un vrai sourire, doux et pur. Innocent. Il se releva lentement et testa sa jambe ainsi que son bras nouvellement repoussés. Il fit apparaître sa lance d'énergie pure et y insuffla sa force, sa détermination ainsi que son désir le plus profond. Il repartit au combat.
Il ne restait plus grand monde devant Aizen, bon nombre étaient tombés et Ulquiorra vit du coin de l'œil Orihime peiner à les soigner avec Unohana et quelques autres. Il s'envola et fonça vers l'ennemi avec son désir bien à l'esprit et avec sa volonté de le protéger à tous prix. Le traître d'Aizen était différent, son énergie même était différente. Le hogyoku l'avait fait muter et rendu plus fort encore. L'arrancar piqua avec sa lance mais fut à nouveau arrêté.
« Tu es de retour, Ulquiorra, » ricana Aizen. « N'as-tu donc rien compris ? »
« Si, justement, » siffla l'arrancar. « Et c'est justement parce que j'ai compris que je vais te vaincre ! »
