La fin de la guerre

Ulquiorra reprit connaissance. La première chose qu'il vit fut le sol jonché de gravats. Il sentit qu'il était même sous certains. Il se releva lentement, avec aisance, les blocs de pierre lourds d'au moins une centaine de kilos n'étaient que des grains de poussière à ses yeux. Il s'inspecta rapidement. Il était toujours dans sa forme libérée, ses ailes intactes et ses cornes se dressant fièrement vers le ciel. Il ne nota qu'une différence. Partant de son trou de hollow, une bande noire tomba jusque dans sa fourrure mais en son milieu, une autre plus fine, d'un vert profond, suivait le même chemin avant de se perdre au niveau de son nombril. En s'analysant plus de l'intérieur, il se sentit aussi plus puissant, beaucoup plus puissant. Et quelque chose de chaud pulsait dans sa poitrine. C'était doux et bienveillant mais aussi, il le sentait, dévastateur s'il le voulait. Il avait fusionné avec le Hogyoku.

Il sortit de l'immeuble rapidement. Il sentait avec son pesquissa que le combat contre Aizen n'était pas fini. Heureusement qu'il n'était pas resté dans les vapes plus longtemps. Il ne restait plus qu'Harribel et Starck pour l'affronter. Les autres étaient tous tombés et recevaient des soins de la part du capitaine Unohana, Orihime et quelques autres mais ces derniers aussi étaient épuisés à force de prodiguer des soins.

Ulquiorra reprit son envol pour, il espérait, la dernière fois et se dirigea droit vers le monstre qui avait repris une forme plus classique et un niveau plus normal, celui de simple shinigami. Mais Aizen restant ce qu'il est, il était très puissant et donnait du fil à retordre. Il vit non pas un Aizen mais cinq. En voyant ses deux derniers camarades se battre pour tenter de les détruire tous les cinq, il comprit qu'il s'agissait en fait du Bankai du shinigami. Ils l'avaient enfin repoussé dans ses derniers retranchements.

Mais hélas, chaque fois qu'ils pensaient en détruire un, il se régénérait. Le Primera Espada se concentra sur son pesquissa pour repérer le point faible du pouvoir d'Aizen. Il sentit qu'à chaque fois que l'un d'entre eux était détruit, les autres donnaient une infime partie de leur énergie pour le régénérer. Il était impressionné. C'était à la fois une très grande force mais aussi une faiblesse pour qui comprenait comment il fonctionnait. Il paraissait certes invincible mais il ne l'était pas du tout. Ce n'était qu'une illusion. C'était tout ce que KyōkaSuigetsu pouvait faire. Des illusions.

Il fit réapparaître sa Lanza del Relámpago et fonça dans la bataille, juste au moment où Coyote Starck tombait à son tour, épuisé et gravement blessé. Il lança sa lame d'énergie et détruit l'un des zozies d'Aizen et se rapprocha d'Harribel.

« Il faut s'arranger pour détruire les cinq en même temps, » lui dit-il en arrivant.

« Ulquiorra ? » s'étonna-t-elle. « Mais je croyais que tu étais … »

« Plus tard. Les cinq en même temps. »

« D'accord, » fit-elle.

Ulquiorra vit qu'elle tirait elle-même sur la corde. Elle était la dernière à part lui. Ils devaient absolument réussir où les mondes, l'univers entier seraient perdus. Il fit à nouveau apparaître sa lance alors qu'ils se retrouvaient à nouveau à deux contre cinq. Ils attaquèrent et coordonnèrent leurs coups, esquivant et parant à une vitesse vertigineuse.

« Vous perdez votre temps, » ricana Aizen bien qu'il faisait de son mieux pour garder son souffle. « Vous ne pouvez pas gagner. »

« Tu te trompes, » répondit calmement Ulquiorra en sortant une nouvelle lame d'énergie. « Ta plus grande force est aussi ta plus grande faiblesse. »

Aizen blêmit mais ne perdit pas pour autant son sourire. « Tu as peut-être trouvé mon talon d'Achille, Ulquiorra. Mais cela ne veut pas dire que tu pourras l'exploiter ! »

« Nous verrons. Cela fait longtemps que je me suis fait à l'idée de devoir sauver le monde. Que ce soit de Voldemort ou de toi, cela ne change pas grand-chose pour moi ! »

Ulquiorra se coupa la paume de la main avec l'une de ses griffes et laissa volontairement le sang couler. Harribel qui l'avait vu faire du coin de l'œil, en fit de même. Ils lancèrent tous deux en même temps leur Gran Rey Cero et détruisirent trois zozies, Ulquiorra lança Lanza del Relámpago une fois encore et eut un quatrième et les deux Espadas foncèrent sur le dernier Aizen encore présent. Harribel lui trancha de son requin, l'amputant d'une jambe, tandis que le Primera lui plantait sa main griffue dans le torse et lui saisit le cœur pour ensuite le compresser.

« Tu as perdu, Aizen, » dit-il platement. « La guerre est finie. »

Il ôta sa main du torse de son ennemi quand les yeux de ce dernier perdirent de cet éclat si caractéristique aux vivants. Ils étaient à présents vides, morts. Il laissa tomber le corps d'Aizen dans les décombres de ce qu'était auparavant la ville de Karakura. Ou du moins sa copie.

Il sentit derrière lui l'énergie d'Harribel flancher et il la rattrapa immédiatement avant qu'elle ne s'écrase au sol. Il l'étendit en douceur tout en la gardant dans ses bras. Il écarta une mèche de ses cheveux blonds et plongea son regard dans ses yeux verts clairs. Elle reprenait son souffle. Ulquiorra étendit ses sens et analysa le champ de bataille. Finalement, à part Baragan, ses fracciones et Wonderweiss Margela, il n'y avait aucune perte à déplorer du coté arrancar. Du côté des shinigamis, il n'en avait absolument aucune idée.

Il reporta son attention sur Harribel quand elle lui adressa la parole.

« Je croyais que tu t'étais sacrifié pour qu'on puisse le battre, » murmura-t-elle.

« Je le croyais aussi, » répondit Ulquiorra. « Ma vie tant humaine que hollow n'aura été que sacrifice finalement. »

« J'ai été bien inspirée de te guider alors. »

« Oui, Harribel et je t'en suis reconnaissant. Merci beaucoup. Sans tes conseils et sans les humains, je n'aurais jamais recouvert la mémoire. »

« C'est ce qui t'as permis de devenir plus puissant. »

Elle reprit petit à petit sa forme de base et son zanpakuto reprit sa place dans son fourreau. Le Primera Espada en fit de même.

« Qui étais-tu ? Avant ? »

Le regard de la femme arrancar était empreint de curiosité.

« Un jeune homme du nom d'Harry Potter. Un sorcier au destin tout aussi tragique que son passé. »

« Un sorcier ? Comme dans les légendes ? »

« Oui, comme dans les légendes, » sourit Ulquiorra, surprenant Harribel par cette simple expression faciale. « Baguette magique et balais volants. La totale. »

« Tu as dit que tu t'étais sacrifié pour quelqu'un… »

« Mon parrain, oui. J'étais un orphelin. Mes parents ont été assassinés alors que je n'étais qu'un bébé. Sirius était ma dernière famille et il était sur le point de se faire tuer. Je me suis interposé. Je n'ai pas été touché, lui non plus. Mais j'ai traversé une sorte d'arche. L'instant d'après je me suis retrouvé dans le désert du Hueco Mundo et ma chaîne de karma se dévorait déjà. »

Ils gardèrent un petit moment le silence.

« On ferait bien de rejoindre les autres, » fit Ulquiorra. « Est-ce que tu peux marcher ? »

« Je pense. »

Le Primera aida Harribel à se lever. Elle tenait à peine sur ses jambes. Il passa un bras autour de sa taille et fit en sorte qu'elle s'appuie sur lui pour avancer. Il se doutait qu'elle était trop fière d'elle pour se laisser totalement porter. Il la ramena auprès d'Orihime qui s'occupait des autres arrancars. Il laissa sa camarade auprès de ses fracciones toujours inconscientes. Au moins, elles n'avaient plus les chairs carbonisées comme quand ils étaient tous arrivés en trombe. Sunsun, Mila-Rose et Apachi se remettaient doucement. Ulquiorra alla chercher les derniers blessés sur le champ de bataille, sans considération qu'ils soient des arrancars ou des shinigamis, ou même des Vizards. Ils avaient tous combattus ensemble devant le même ennemi jusqu'à rétablissement total, ils étaient encore dans un cessez-le-feu.

Une fois tous au même endroit, Ulquiorra s'installa en tailleur auprès des siens, Murciélago sur ses genoux, et attendit la guérison totale de ses amis. Il vit qu'Orihime était épuisée et tenait à peine debout. Elle peinait à prodiguer encore quelques soins mais refusait de s'arrêter malgré les demandes de ses amis et du capitaine Unohana. Il se leva alors pour attraper l'humaine et alla l'installer sur une civière.

« Tu restes sur ce lit de fortune pendant au moins une heure et tu te reposes, » ordonna-t-il calmement en la maintenant allongée d'une main sur son épaule. « Ce n'est pas discutable. »

« Mais Ulquiorra, je dois … »

« Tu as fait déjà énormément, Femme. Tu nous as tous soignés de nombreuses fois sans te reposer. Maintenant, c'est à ton tour de te reposer ! Plus personne ne risque de mourir. »

Ulquiorra ôta sa main de son épaule et rangea une mèche rebelle derrière l'oreille de la courageuse humaine. Il lui fit un petit sourire.

« Repose-toi, Orihime. Toi plus que quiconque ici en a besoin. »

Elle soupira et obtempéra. De toute façon, l'arrancar ne lui laissait pas le choix. Ulquiorra se réinstalla auprès d'Harribel et attendit. Il se mit à réfléchir à la suite. Ils avaient perdu au total quatre Espadas. Il allait devoir trouver des remplaçants car il fallait toujours être dix. Il y avait toujours dix Espadas à Las Noches. Il était déjà sûr d'intégrer à nouveau Nelliel dans leurs rangs. Mais restait encore trois places vacantes. Il ne savait pas encore à qui les donner. Il allait devoir tester les fracciones mais aussi d'autres arrancars. Il y en avait des centaines au palais.

Il réfléchissait aussi par rapport au Hogyoku. Il se sentait plus vivant et plus émotif depuis qu'il avait fusionné avec l'artefact. Il avait récupéré sa mémoire en bloc grâce à lui. Il se demandait pourquoi c'était Snape qui était venu à lui. En quoi l'homme l'avait-il autant marqué alors qu'il le détestait au plus haut point. Il savait certes qu'il l'avait plus d'une fois défendu et protégé mais c'était son rôle de professeur. Il protégeait ses élèves. Et il obéissait aussi à Dumbledore. Mais pourquoi lui ? Cela aurait pu être n'importe qui d'autre. Hermione, Ron, McGonagal ou même Dumbledore lui-même. Cela aurait été plus logique que ce soit eux qui apparaissent devant lui…

Il soupira.

« Espada, tout va bien ? » demanda Sunsun qui était maintenant à genou à proximité d'Harribel en attendant le rétablissement de Mila-Rose et Apachi.

« Oui, Sunsun. Tout va bien. Juste certaines choses qui me trottent dans la tête. Je réfléchissais au passé et à l'avenir. »

« Qu'allons-nous devenir ? »

« Nous allons rentrer en paix comme je l'ai promis aux shinigamis lorsque nous étions à Las Noches et nous allons reconstruire. Et personnellement, j'irai chercher des réponses aussi. »

« Des réponses ? A quel sujet ? »

« Moi. Mon passé. Je me souviens de beaucoup de choses mais certaines choses que je n'ai pas comprises à l'époque restent toujours sans réponses. Et je n'ai jamais aimé les énigmes. »

Elle n'ajouta rien et ils restèrent en silence un long moment. Petit à petit, Arrancars et Shinigamis reprirent conscience et furent capables de se lever. Et se séparèrent en deux groupes distincts. Les Vizards, quant à eux, se placèrent du coté des humains, juste derrière Ichigo Kurosaki. Voyant que cela commençait vraiment à bouger - et accessoirement risque de tourner au vinaigre - Ulquiorra se leva et se plaça devant ses congénères. Il croisa le regard dur et sage du Capitaine-Commandant Genryūsai Shigekuni Yamamoto. Le vieil homme avait vécu au moins plus de mille ans. Et il semblait encore parfaitement en forme, si ce n'est le bras gauche qui lui manquait. Il avait entendu dire qu'il se l'était lui-même sacrifié en faisant face à Aizen avec un sort de kido d'une incroyable puissance. Et le shinigami débordait de puissance, Ulquiorra le sentait. Mais il avait une force équivalente. Juste pas autant de sagesse et d'expérience que lui.

« Maintenant que la guerre est finie, » commença-t-il. « Mes camarades et moi-même allons nous retirer, retourner au Hueco Mundo comme nous l'avons promis. »

« Tu l'as promis, Ulquiorra. Pas moi. »

« Noitra, la ferme ! Tu nous feras tous tuer avec ta soif de sang légendaire ! » coupa le Primera. « Je prends les décisions ! On rentre ! »

« Je ne te suis pas, » fit l'arrancar avec sa voix menaçante et son sourire carnassier.

« Tu n'es que le cuarto, Noitra, » intervint Harribel, glaciale. « Trois Espadas sont au-dessus de toi. Dont Ulquiorra, ton roi. »

« Roi de rien du … ! »

CLAC !

« Maintenant, tu la fermes Noitra ! »

Nelliel venait de lui donner une claque en pleine face pour lui remettre les idées en place.

« Tu n'as vraiment pas changé ! Apprends à réfléchir ! »

Ulquiorra soupira. Il planta son regard émeraude de celui noir d'encre et joua de sa pression spirituelle pour lui faire comprendre où était sa place. Il s'approcha lentement de lui et plaça un doigt d'avertissement.

« Arrêtes de jouer au Gryffondor sans cervelle, Noitra, » lui conseilla-t-il froidement. « Continue sur cette voix et je te tue de mes propres mains. Aizen a déjà causé suffisamment de torts avec sa guerre. N'en déclenche pas une à ton tour ! »

Le Cuarto s'écrasa sous la menace de son roi. Il tremblait sous la pression écrasante et lourde de l'énergie que dégageait Ulquiorra.

« Veux-tu toujours te battre ? » lui demanda-t-il.

« N…Non, Ulquiorra, » bégaya Noitra.

« Bien. » Il se tourna à nouveau vers les shinigamis. « Comme je le disais, nous allons repartir pour le Hueco Mundo. Comme promis sans causer le moindre mal à votre camp. »

« Et ensuite ? » demanda le Commandant. « La nature hollow est ainsi faite. Vous tuez les âmes des autres pour vous en approprier leur pouvoir. Vous laissez vivre serait une erreur. »

Tous les arrancars se mirent sur leurs gardes.

« Avant qu'Aizen ne vienne au Hueco Mundo, vous nous laissiez tranquille dans notre monde, » répliqua le primera. « Vous ne vous occupiez que de ceux qui absorbait des âmes dans le monde des humains. C'est Aizen le responsable de tout ceci. » Il montra le champ de ruines de la ville. « Pourquoi ne pouvons-nous pas retourner à ce semblant de paix entre nos deux camps que nous avions jusqu'à ce qu'il vienne, pardonnez-moi l'expression, foutre la merde ?! »

Les arrancars regardèrent leur roi avec des yeux ronds. Il venait de dire une grossièreté, ce qui n'était pas dans ses habitudes, même lorsqu'il se mettait en colère.

« Et le Hogyoku ? Il doit être remis à la Soul Society pour être détruit ! »

La voix rocailleuse du vieil était sèche et sans appel.

« Je crains fort que cela soit impossible, » répondit Ulquiorra. « J'ai en quelques sortes absorbé le Hogyoku. Il est en moi à présent et c'est grâce à lui qu'Aizen a été vaincu. »

« C'est aussi le Hogyoku qui est à l'origine de tout ceci ! »

« J'en conviens. Mais je ne suis nullement responsable de vos erreurs ou de votre aveuglement car, si mes informations sont exactes, Kisuke Urahara a tenté de vous avertir, il y a un siècle. » Ulquiorra porta la main à sa poitrine. « De plus, je doute de pouvoir me départir du Hogyoku sans attenter à ma propre existence…. »

« Ce n'est pas un problème, » interrompit Zarachi en portant une attaque de son sabre.

Ulquiorra dégaina son sabre et para, juste en même temps que Kurosaki.

« Ichigo ? » dit l'arrancar, étonné.

« Tu m'as épargné sur le toit de Las Noches, Ulquiorra, » répondit-il en grinçant des dents sous l'effort. « Tu nous as aidé à sauver Karakura. Je te dois au moins ça ! »

Ils repoussèrent à deux l'attaque du shinigami.

« Dégage, Ichigo, » fit Zarachi avec colère. « Tu me gênes. »

« Fais ce qu'il te dit, Shinigami, » fit le Primera. « Tu vas t'attirer des ennuis en m'aidant. »

« On ne te l'a jamais dit ? » fit le rouquin. « Je n'obéis jamais aux ordres et j'agis selon mon cœur. Tu es peut-être un arrancar, mais tu es quelqu'un de bien, Ulquiorra. »

'Petit Poufsouffle,' songea le Primera.

« Assez ! » gronda le Commandant Yamamoto. « Ichigo Kurosaki. Es-tu avec nous ou contre nous ? »

« Je ne suis que le suppléant de Karakura, Commandant. Je ne fais que défendre ma ville et mes amis. Ulquiorra et les autres arrancars nous ont aidé à la défendre et ils sont prêts à partir sans tuer qui que ce soit d'autre. Laissez-les partir, Commandant. S'il vous plait. Tant que c'est encore sur de relativement bons termes. »

Ils parlementèrent beaucoup avec autant de civilité que possible. Ichigo et Orihime tentaient de convaincre les Shinigamis de les laisser partir sans problème. Ulquiorra attendait derrière silencieux mais prêt à se battre, son sabre toujours en main. Il ne voulait pas se battre. Il n'y avait déjà eu que trop de combats. Il préférait invoquer le Négacíon et partir sans plus aucun mort ou blessé mais cela signifierait une guerre ouverte une fois encore. Il voulait éviter cela. Il n'était pas naïf au point de ne pas savoir que des hollows se feraient toujours exécuter par des Shinigamis dans l'avenir. C'était l'ordre des choses, mais il ne voulait plus revoir de guerre dans le Hueco Mundo à cause des Shinigamis. Alors autant paraître le plus cordial et disposé possible à faire la paix. Au plus loin qu'il se souvienne, c'est tout ce qu'il avait toujours voulu. Même en tant qu'humain et il allait se tenir un maximum à cet idéal.

Finalement, Orihime et Ichigo réussirent à les convaincre et c'est dans un semblant de paix et sans crainte immédiate d'un coup dans le dos que les Arrancars repartirent pour le Hueco Mundo. Ils s'apprêtaient à ouvrir un garganta quand Orihime s'approcha d'eux.

« Ulquiorra ? »

L'Espada porta son regard émeraude sur la jeune humaine. Elle semblait rouge et arborait un air timide sur son visage.

« Oui, Orihime ? »

« Je … Je voulais te dire … »

Elle rougit encore plus. Il lui sourit et attendit patiemment qu'elle termine sa phrase. Il était intrigué. Il fut surpris par le geste de la jeune humaine. Elle lui prit le visage entre ses mains et l'embrassa avec douceur. Ulquiorra se figea un instant. Il aurait pu l'arrêter sans problème mais il s'attendait à tout sauf à cela. Mais son cœur se réchauffa. Il lui rendit son baiser et la prit en douceur dans ses bras. Il s'écarta d'elle à regret après avoir échangé ce doux baiser.

« Orihime, » lui dit-il après. « Il serait plus sage que tu ne recommences pas. »

« Parce que je suis humaine et toi un arrancar. » Il confirma d'un hochement de tête. « Cela m'est égal. Je t'aime, Ulquiorra. »

Son cœur d'arrancar fit un bon dans sa poitrine à ces derniers mots. Il lui fit un merveilleux sourire et s'approcha d'elle. Il porta sa main à son visage et plongea son regard dans ses yeux noisette.

« Moi aussi, Orihime. Tu m'as réveillé. Toi, Femme, ta gentillesse et ta naïveté, ton désir de protéger ceux que tu aimes ont réveillé et mon cœur et ma mémoire beaucoup plus vite que prévu. »

« Plus vite ? »

« Elle revenait par bribes. J'aurais sans doute récupéré ma mémoire après quelques siècles mais il ne m'a fallu que quelques mois finalement. Grâce à toi et tes amis. Et au Hogyoku aussi. Je vous en serais reconnaissant à jamais. »

« Est-ce qu'on se reverra ? »

« Si tu le souhaites vraiment, cela pourrait s'arranger, » sourit l'arrancar. « Pour le moment, j'ai beaucoup de choses à faire, mais je viendrais te rendre visite, » promit-il ensuite.

Il l'embrassa à nouveau, un doux et chaste baiser, puis s'écarta pour ouvrir le garganta et retourner au Hueco Mundo avec ses camarades. Ces derniers avaient suivi l'échange avec l'humaine en silence. Ils se posaient des questions mais ce n'était clairement pas le moment. Ils avaient tous compris que le Hogyoku avait radicalement changé la personnalité d'Ulquiorra. Mais la plupart ignorait que c'était en fait sa vraie personnalité, celle qui était la sienne avant de devenir Ulquiorra Schiffer. Celle d'Harry Potter.