Un retour aux sources
Ulquiorra marchait dans les couloirs en direction du laboratoire de Szayel. Cela faisait plusieurs semaines qu'Aizen avait été vaincu. Il avait reconstruit totalement Las Noches. Il avait aussi poursuivi tous les fidèles restants d'Aizen et leur avait laissé le choix entre cesser le combat ou mourir. Beaucoup avaient rendu les armes. Mais pas tous. Il était aussi retourné deux fois dans le monde des humains avec un gigai amélioré pour dissimuler sa pression spirituelle et il avait rendu visite à Orihime et ses amis. Surtout Orihime. Ils avaient passés quelques moments à se promener dans le parc de Karakura, à discuter ensemble et apprendre à mieux se connaître. Ils avançaient lentement dans leur relation, prenant leur temps.
Il y a quelques temps, le Primera avait demandé un service au Sexto : se renseigner sur la situation au Royaume-Uni, Voldemort, la guerre, ses amis, … Il se dirigeait maintenant vers son laboratoire pour voir où il en était dans ses recherches. Il frappa à la porte. L'arrancar aux cheveux roses et aux lunettes rectangulaires l'ouvrit. En voyant Ulquiorra, il s'écarta et le laissa entrer.
« Alors, » fit le Primera après qu'il eut fermé la porte. « Qu'as-tu trouvé ? »
« Beaucoup de choses, » répondit le Sexto. « Dis-moi, Harry Potter c'était toi, c'est bien ça … ? »
« Oui. »
« Eh bien, tu étais dans un sacré merdier là-bas. »
« M'en parle pas, » soupira Ulquiorra. « Je le sais depuis que j'ai onze ans. Qu'as-t …. Wow … Tout ça ?! »
Szayel venait de lui donner un gros dossier d'au moins dix centimètres d'épaisseur dans les bras.
« Oui. Bonne lecture. »
« Euh … Merci … Je suppose. »
Le Primera sortit du laboratoire pour se diriger vers ses propres appartements. Il avait une grosse lecture à faire. Et il voulait la terminer au plus vite. Il voulait savoir ce qui se passait depuis sa disparition. Savoir comment s'en sortaient ses amis et ses proches.
US HP US HP US
Ulquiorra se tenait devant les grilles de Poudlard. Il ne s'était pas encore glissé dans son gigai, il voulait voir les choses de lui-même d'abord avant de se révéler aux autres. Il avait appris que depuis sa disparition, un peu moins de dix-huit mois s'étaient écoulés. Ses proches l'avaient enterrés, bien qu'il n'y avait jamais eu de corps. Cela avait été plus symbolique qu'autre chose. Voldemort avait été ravi par la nouvelle de sa disparition à travers le voile et poursuivait sa campagne de terreur. Sirius et Remus étaient retournés tous deux enseigner à Poudlard, ensemble, le premier ayant été innocenté des crimes dont il était accusé. Ils se soutenaient l'un l'autre depuis ce soir-là au Ministère.
Il avait lu aussi un truc étrange au sujet d'une prophétie qui le concernait ainsi que Voldemort. Il avait relevé un sourcil, perplexe, en la lisant. Quelque chose que Dumbledore ne lui avait jamais dite. Il comptait tirer cela au clair d'ailleurs.
Il inspira à fond. Il sentit la main d'Harribel sur son épaule. Elle, Sunsun et Nelliel avaient décidé de l'accompagner. Il avait laissé la protection de Las Noches entre les mains de Starck, pas qu'il craignait une attaque mais on n'était jamais trop prudent. Ensemble, ils sautèrent au-dessus de la grille et atterrirent de l'autre côté. Ils avaient à peine senti les protections de Poudlard les stopper. Ils étaient d'un tout autre niveau. Mais ils les avaient senties. Elles devaient très certainement repousser aisément les simples hollows de bas-niveau.
Tout le long du chemin menant vers le château, Ulquiorra observa le paysage familier, le chemin de terre, la forêt, la cabane de Hagrid, le Saule Cogneur qu'il apercevait au loin, et le château toujours aussi grand et magique que dans ses souvenirs. Encore plus que la neige recouvrait l'entièreté du paysage dans l'obscurité naissante. On approchait de la période des fêtes. Il avait pu le remarquer en passant en ville et en lisant la première page d'un journal.
« C'est ici que tu as appris la magie ? » demanda Harribel alors qu'ils entraient dans le hall.
Ils virent quelques élèves passer et se diriger vers la Grande Salle.
« Oui, » sourit Ulquiorra, nostalgique. « J'y ai passé cinq merveilleuses années. Bon, il y a bien eu quelques moments horribles et j'ai couru de terribles dangers au sein de ce château mais si c'était à refaire je recommencerais sans hésiter. »
Une merveilleuse odeur de nourriture arriva à leurs narines. Le repas du soir était servi. Il mena alors ses trois espadas et amies dans la Grande Salle où tout le monde, ou presque, se trouvait déjà pour manger. A peine entré, Ulquiorra se figea. Une larme coula sur sa joue. Il vit ses amis Ron, Hermione et Ginny discuter à la table des Gryffondors avec un léger sourire. Pendant un instant, il les vit avec le regard légèrement triste. Mais cela ne dura qu'un instant avant qu'ils ne changent de sujet. Du moins, il le supposait. Peut-être parlait-il de lui … Hermione et Ron se prirent la main pour se soutenir. Ulquiorra avait lu qu'ils s'étaient rapprochés depuis sa disparition et qu'ils sortaient dorénavant ensemble. Il reconnut aussi Luna, Neville et quelques autres qui étaient membres de l'A.D. Il porta un instant son regard sur la table des Serpentards où il vit la tête blonde de la fouine de Malfoy. Mais il n'y resta qu'une ou deux secondes avant de se porter vers celles des professeurs.
Ce qui le frappa le plus, c'était la maigreur des traits de Sirius ainsi que ses yeux. Surtout ses yeux. Ces perles d'acier avaient perdu le feu qui les animait. Et son visage ne semblait pas avoir souri depuis longtemps. Remus semblait encore plus pâle et maladif que d'habitude et pourtant la pleine lune était passée depuis une quinzaine de jours. Dumbledore et McGonagall semblaient aussi avoir perdu un peu de leur étincelle. Quant à Snape, il semblait plus sombre que jamais.
Ulquiorra ne s'était pas rendu compte qu'il s'était approché d'eux pour les observer plus attentivement. Il se tenait maintenant sur l'estrade à quelques mètres à peine de son parrain. Il se retourna vivement en entendant la voix de son ancienne nemesis s'écrier.
« Tu ne peux pas faire attention, Weasley ! »
« Ferme ton clapet, Malfoy ! »
Ulquiorra soupira en souriant légèrement, nostalgique. S'il y avait des choses qui avaient changés, ce n'était apparemment pas le cas pour d'autres. Il observa la dispute entre son meilleur ami et le blond, les bras croisés, en silence. Il vit McGonagall se lever pour essayer de tempérer l'affaire. Snape s'était pincé l'arête du nez, à la limite du désespoir mais ne s'était pas levé. L'arrancar ne pensait pas intervenir dans la dispute jusqu'à ce qu'il entende Malfoy dire quelque chose. Un mot qui le mettait toujours hors de lui. Il venait d'insulter Hermione alors qu'elle prenait la défense de son petit ami. Malfoy avait dit Sang-de-Bourbe.
Le sang d'Ulquiorra ne fit qu'un tour. Il sortit sa baguette et lança un Levicorpus sur la fouine. Ce dernier se retrouva suspendu par les pieds dans les airs. Le serpentard se défit rapidement du maléfice et il exigeait de savoir qui venait de le lui lancer. Et il n'était pas le seul. Ron, Hermione ainsi que plusieurs professeurs et quelques curieux cherchaient activement le coupable.
« Qui a fait ça ? » demanda le professeur McGonagall d'une voix sèche et cassante. « Si je trouve le coupable, il aura cinquante points en moins ainsi qu'une retenue. »
Ulquiorra soupira. Il ne pouvait pas laisser un autre déguster à sa place. Et cela lui faisait du mal de voir ces têtes d'enterrement. Il fallait de toute façon qu'il se montre et il savait déjà que cela allait faire un choc. Il lança son patronus, toujours aussi sombre et aussi grand mais reconnaissable entre mille. Il lui murmura à l'oreille avant de l'envoyer vers le professeur de métamorphose.
« Je crains d'être coupable, Professeur McGonagall …, » fit le cerf avec la voix d'Harry.
« Potter ? » fit cette dernière, les yeux écarquillés de surprise et une main sur la bouche.
« Par contre, n'étant plus élève de cette école, je doute que vous puissiez enlever des points à Gryffondor. Cela dit, si cela peut vous faire plaisir, j'irai en retenue. Nous enfilons notre gigai et nous arrivons. »
« Nous ? » murmurèrent plusieurs personnes. « Potter ? Impossible. »
Ulquiorra se dirigea rapidement dans le Grand Hall pour avoir plus d'espace, conscient que tous resteraient dans la Grande Salle pour comprendre ce qui venait de se passer. Les trois femmes arrancars le suivirent. Il sortit leur quatre gigai de sa poche et leur rendit leur forme normale. Il se glissa dans le sien. Il avait totalement repris l'apparence d'Harry Potter, bien que les cheveux un peu plus longs et surtout sans les lunettes. Elles ne lui étaient d'aucune utilité. Il portait une chemise vert émeraude pour souligner ses yeux et un pantalon noir. Il avait une écharpe noire autour du cou.
Nelleil était habillée d'un tailleur trois pièces noir qui mettait en valeur ses formes et elle avait ses cheveux turquoise qui lui tombaient en cascade dans le dos. Sunsun arborait une simple robe blanche, égale à sa tenue d'arrancar, aux manches beaucoup trop longues comme à son habitude. Elle gardait son habitude de garder une main devant sa bouche et avait son attitude hautaine, digne d'un serpentard. En même temps, sa Résurrecíon prenait la forme d'un serpent... Ce n'était pas étonnant. Quant à Harribel, elle avait exactement la même tenue. Elle portait son hakama traditionnel blanc, ainsi que son haut beaucoup trop court qui ne cachait que son opulente poitrine et son visage, révélant son nombril. Ses cheveux blond paille désordonnés encadrant son visage avec une mèche plus longue qui lui tombait sur le sein. Aucun d'entre eux n'arborait leur masque de hollow.
« Hmm, » fit Ulquiorra. « Je maintiens que tu aurais dû mettre une tenue moins osée, Harribel. Enfin, ce n'est pas grave. Allons-y. »
Le Primera passa par l'embrasure de l'immense double porte de la Grande Salle. Le silence se fit dans la pièce alors que tout le monde les dévisageait. Il s'y attendait.
« Louveteau ? » fit Remus en approchant avec Sirius. « Est-ce que c'est vraiment toi ? »
« Oui, Lunard, c'est moi, » sourit l'arrancar.
« C'est impossible, » coupa Snape en arrivant. « Harry Potter est mort il y a un an et demi au Ministère, Lupin ! C'est un imposteur. »
« Je m'attendais à ce genre de réaction, professeur Snape, » fit lentement Ulquiorra en croisant les bras. « Mais je suis tout à fait à même de prouver qui je suis puisque cela s'avère nécessaire. »
« Ah ? Vraiment ? » fit l'homme en noir, un sourcil relevé. « Et comment comptez-vous vous y prendre ? »
« Je n'en ai pas la moindre idée. Mais comme c'est vous que je dois convaincre … Je vous laisse les trouver pour moi. »
« Je suppose que vous ne serez pas contre le fait de répondre à quelques questions, » fit l'homme en noir avec un sourire en coin, dangereux.
Harry Potter aurait frémi en le voyant, mais en devenant Ulquiorra, il était devenu insensible à ce genre d'intimidation.
« Mais je vous en prie, professeur, » répliqua-t-il platement avec un geste désinvolte de la main. « Faites. »
« Pendant que tu fais tes retrouvailles Ulquiorra, je vais explorer le château, » fit Nelliel d'une voix joyeuse, sautillant d'impatience. « Il y a tellement d'énergie ici ! Ca vibre tellement dans mon pesquissa ! J'ai envie de tout découvrir. »
Et elle disparut dans le couloir.
« Nel ! Attends ! » fit le Primera en la suivant. « Fais attention aux escaliers, ils n'en font qu'à leur tête ! Et ne mange pas les fantômes ! » Sauf qu'elle s'était littéralement envolée. « Non mais … Quel enfant ! » Il soupira en revenant vers les deux autres arrancars. « Des fois, elle est vraiment désespérante. »
« Et pourtant tu l'as choisie pour devenir une Espada, » commenta Harribel.
« Parce qu'elle est forte et qu'elle peut être sérieuse quand il le faut, » répliqua Ulquiorra en haussant des épaules.
'Un peu comme Luna,' pensa-t-il soudain en posant quelques secondes son regard sur la blonde en question.
Il reporta son attention sur les sorciers qui écoutaient l'échange sans rien dire. La salle était vraiment silencieuse. Cela faisait vraiment étrange à Ulquiorra qui connaissait cette salle pleine de vie et de bruit quand elle était ainsi bondée.
« Et ces questions, » fit l'arrancar pour les faire réagir. « J'attends. »
