Voldemort en colère
Ulquiorra se préparait à partir pour le manoir Malfoy. En une semaine, ils avaient pu récupérer tous les Horcruxes à l'exception de celui qui se trouvait dans un coffre de Gringott's. Ils avaient pu les récupérer et les détruire. Apparemment les zanpakutos avaient autant d'effet sur ces objets qu'un croc de basilic. Ils avaient donc détruit le médaillon de Serpentard et le diadème de Serdaigle. Au vu de l'importance des objets et leur historicité, Dumbledore soupçonnait la Coupe d'Helga Poufsouffle d'être le dernier Horcruxe manquant, caché dans l'un des coffres des mangemorts du premier cercle.
Le seul moyen de le détruire était de forcer Voldemort à le récupérer. Et Ulquiorra savait comment l'y obliger. La peur. Même s'il s'était coupé l'âme en petits morceaux et était devenu peu à peu inhumain par ce fait, il ressentait encore très certainement les sentiments primaires qui étaient à la base de la survie. La peur en faisait partie.
Il ne voulait pas encore se dévoiler avec son gigai devant lui, il voulait un peu jouer, comme le mage noir l'avait fait avec lui auparavant. Il lui avait alors écrit une lettre. Il allait l'observer la lire. Il avait demandé à Dumbledore d'envoyer Snape en mission au loin pour le préserver au cas où Voldemort serait tellement en colère qu'il s'en prendrait à ses mangemorts. Cet homme avait le doloris facile et était capable de bien pire.
Il était dans le bureau de Snape qui discutait avec sa mère et Orihime. Le serpentard semblait bien moins effrayant et moins strict en privé. Un sourire en coin flottait sur son visage alors que Lily lui parlait. Il s'approcha du groupe. Il vit sa mère se tendre légèrement tandis qu'il enlaçait amoureusement son amante. Lily était encore un peu mal à l'aise avec sa présence. Ce n'était pas dans ses habitudes de fréquenter un hollow, même s'il s'agissait de son fils. Il lui fit tourner la tête pour l'embrasser.
« Mes yeux brûlent de cet excès de mièvrerie, » fit la voix de Snape, faisant rire toutes les personnes présentes dans la pièce.
« J'y vais, » fit Ulquiorra avec un sourire.
« Sois prudent, » dit Orihime.
« Ne te tracasse pas, Hime. Il ne peut pas me voir. C'est à peine s'il peut me sentir et seulement quand je suis proche de lui. »
Il l'embrassa encore et partit. Il s'éloigna rapidement de Poudlard pour rejoindre le Manoir où Voldemort avait établi son QG. Il posa le pied à terre et parcourut lentement jardin enneigé avant de rentrer. Il suivit l'énergie du mage noir et il le retrouva dans la salle à manger en compagnie de Lucius et Narcissa Malfoy ainsi que Bellatrix Lestrange. Le serpent, Nagini, s'enroulait devant le feu de cheminée.
Il sortit la lettre qu'il avait écrite pour Voldemort et la fit léviter jusqu'à ce dernier. Toutes les conversations cessèrent à table tandis qu'ils observaient l'enveloppe léviter.
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Lord Voldemort dînait en compagnie de deux de ses fidèles mangemorts ainsi que son hôtesse. Ils parlaient de leurs prochaines manœuvres à faire et Bellatrix venait de donner quelques idées intéressantes.
Il se coupait un morceau de son steak saignant quand une exclamation de surprise lui fit relever les yeux. Il vit une enveloppe venir vers lui et se poser à côté de son assiette. Ses yeux carmins s'agrandirent de surprise et légèrement de colère en voyant le nom inscrit. Ce nom qu'il avait renié pour rejeter et effacer au mieux son lignage moldu.
Tom Jedusor.
Cela venait du camp de la lumière. Il sortit sa baguette pour vérifier qu'il n'y avait aucun sortilège ou malédiction avant de l'ouvrir.
Cher Lord Voldemort,
Ou plutôt,
Cher Tom,
Je t'envoie cette lettre afin de te mettre en garde. Nous connaissons ton secret. Tu cherches l'immortalité et tu as créé des horcruxes, faisant ainsi fi des lois immuables de la nature. Nous les avons presque tous détruits, il n'en reste plus que deux et je suis en chemin pour les réduire en cendres et te tuer.
Tu dois rire de mon ton quelque peu suffisant, n'est-ce pas ? Toi, le grand et ténébreux Lord Voldemort, plus grand mage noir de ce siècle, tu ne crains personne ni rien. Tu te fourvoies. Si vraiment tu ne craignais rien, tu n'aurais jamais créés ces horcruxes. Tu crains la mort et le néant, disparaître sans plus laisser de trace dans le monde des hommes.
Maintenant qui suis-je pour oser t'envoyer cette lettre ? Tu dois te le demander et je vais te répondre sans détour. Je suis ta nemesis. Celle que tu as choisie en cette funeste nuit d'Halloween. Je suis Harry Potter. Mais en même temps, je ne suis plus ce jeune Gryffondor que tu as rencontré dans ce cimetière, il y a un peu plus de deux ans. Cette escapade au ministère a eu des répercussions assez ... importantes sur ma personne. Cela m'a rendu beaucoup plus fort, beaucoup plus puissant.
Tu peux ricaner, Tom, mais ce que je dis est la pure et simple vérité. Tu as d'ailleurs pu me sentir il y a peu, mais tu ne peux juste pas me voir car tu es trop faible, trop ancré à la terre pour voir le monde tel qu'il est. Et pourtant, tu as créé les inferi. Cet acte seul me motive à te détruire car tu as soumis les miens et je ne peux le tolérer.
Je vais te tuer Tom. Je vais détruire ton enveloppe charnelle et une fois qu'il ne restera plus que ton âme morcelée, je la torturerai à son tour avant de t'envoyer personnellement en Enfer. Les Cuchanadas attendent avec impatience de se repaître de ton âme, Tom. Et moi, Seigneur Ulquiorra Schiffer, Primera Espada et roi du Hueco Mundo, je vais leur offrir ce plaisir. Je t'en fais la promesse.
Il te reste deux Horcruxes, Tom. Ta mort approche rapidement. Réfléchis bien à tes prochaines actions si tu tiens toujours à la vie. Mais sache que face au désespoir le plus pur ainsi qu'à la mort, il n'y a jamais de vainqueur. J'en suis la preuve.
Ulquiorra Schiffer alias Harry Potter.
P.S. : Je me présenterai au cimetière où l'on s'est rencontré juste après le tournoi dans une semaine jour pour jour. Je t'y attendrai à la tombée du jour.
La magie du mage noir éclata dans la salle à manger, faisant tout trembler autour de lui. Il se saisit de sa baguette et déversa toute sa colère et sa frustration sur les trois sorciers présents dans la pièce. Il leur lança à chacun une dizaine de doloris avant de s'être calmé.
Il reporta son attention sur la lettre et vit quelques mots ajoutés rapidement au crayon avec la même écriture, celle de Potter.
Torturer tes mangemorts ne t'aidera pas pour résoudre ce problème … U.S.
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Ulquiorra quitta le Manoir Malfoy après avoir observé le mage noir se déchaîner sur ses fidèles. Il pourrait presque les plaindre. Presque. Il avait laissé un petit mot au crayon sur le parchemin et avait laissé le crayon juste pour qu'il voie qu'il venait d'être écrit afin que Voldemort ressente un peu de peur et de frustration supplémentaires.
Il l'avait d'ailleurs vu scanner la pièce à sa recherche baguette en main alors qu'il tenait le bout de parchemin de l'autre. Il l'avait appelé et lui avait demandé d'arrêter de se cacher. L'arrancar s'était approché du mage noir et lui avait murmuré à l'oreille.
« Je ne me cache pas, Voldemort. C'est toi qui ne me vois pas. »
Toutefois le sorcier avait senti sa présence qu'il avait faite volontairement oppressante car il s'était retourné précipitamment en reculant de quelques pas. Cela avait fait sourire l'arrancar alors qu'il goûtait l'odeur de la peur dans l'air.
Ulquiorra communiqua avec Szayel qui était retourné au Hueco Mundo pour surveiller le mage noir. Il l'avait acculé au pied du mur avec sa lettre. Voldemort irait vérifier toutes ses caches et récupérerait l'horcruxe de Gringott's pour le garder sur lui, il en était certain. Une fois les deux horcruxes proches l'un de l'autre, l'Espada en profiterait pour les détruire tous les deux d'un coup, si possible devant les yeux horrifiés de Voldemort lui-même. Rien que le fait de le penser impuissant dans la protection de ses morceaux d'âme faisait jubiler le Primera.
Lord Voldemort serait très bientôt l'un des siens et il pourrait lui faire payer toutes ces années de souffrances ainsi que sa transformation douloureuse et prématurée en hollow. Il allait le torturer de toutes les manières possibles, il avait vraiment l'embarras du choix. Et Szayel ne serait pas de trop, ayant l'esprit extrêmement imaginatif avec toutes ses expériences. Il laisserait Voldemort le supplier de le tuer et il continuerait un moment avant d'enfin lui accorder la délivrance pour un enfer encore plus douloureux.
Étrangement, penser à cela lui rappelait cette nuit dans le cimetière où Voldemort lui-même lui disait qu'il allait le torturer jusqu'au seuil de la mort, jusqu'à ce qu'il le supplie lui-même de mettre fin à son existence. Et que lui, en bon prince, lui rendrait ce service.
US HP US HP US
Ulquiorra passa la semaine suivante à faire des emplettes avec ses parrains, Orihime, Sunsun, Harribel, Grimjow, Nelliel et, étrangement, Snape. Ce dernier passait beaucoup de temps avec Lily, mais comme elle ne devait pas s'éloigner de son secteur, elle ne pouvait les accompagner.
Elle avait appris à reconnaître son fils en Ulquiorra. Pour beaucoup, l'arrancar était comme elle, le cœur sur la main. Mais il avait aussi le tempérament fonceur de son père. Elle comprenait alors pourquoi Severus ne l'aimait pas trop. Mais elle avait réussi à convaincre son vieil ami de le garder à l'œil. Pas qu'il ne le faisait pas déjà avant, mais avec moins d'hostilité dorénavant.
Alors le petit groupe arpentait le Chemin de Traverse. Ulquiorra voulait refaire l'entièreté de sa bibliothèque pour parfaire ses connaissances en magie. Il avait l'éternité pour la maîtriser et il avait bien l'intention de commencer dès la fin de toute cette histoire. Peut-être même revenir régulièrement à Poudlard pour demander conseil aux professeurs dans différentes matières.
Plus d'une fois, il avait dû calmer Grimjow qui était sur le point de piquer une crise de colère et libérer son cero en plein milieu de la rue commerçante pour de petites broutilles, la plus anodine étant un sorcier l'ayant bousculé sans prendre la peine de s'excuser.
Ils passèrent naturellement par le magasin de Farces pour sorciers facétieux. C'était un incontournable. Au grand dam de Snape. Mais Ulquiorra voulait absolument le voir car il était à l'origine de ce magasin. Sans l'argent qu'il avait gagné au tournoi, les jumeaux n'auraient jamais pu réaliser leur rêve. Ils avaient racheté Zonko et avaient continués à faire ce qu'ils faisaient le mieux : être les cancres les plus farceurs et les plus drôles d'Angleterre. Après les Maraudeurs bien sûr. Bien qu'ils étaient bien moins dangereux que ces derniers.
Il fit une commande de plusieurs produits et quand il voulut payer, il vit deux paires d'yeux marrons le fixer avec un sourire espiègle alors qu'ils refusaient tout bonnement l'argent qu'il leur donnait. L'arrancar avait d'abord protesté mais avait fini par abandonner.
« Hey Harry, » fit Fred alors que le petit groupe s'apprêtait à sortir. « Cela te dirait un Quidditch, prochainement ? »
« Oui, pourquoi pas ? » réfléchit Ulquiorra. « Cela fait longtemps que je n'ai pas joué. »
« C'est quoi le Quidditch ? » demanda Grimjow, curieux.
« Un sport sorcier, » répondit le Primera. « Rassemble des joueurs, Fred et on se fera une petite partie amicale. Par contre, n'oublie pas que je vais affronter Voldy mardi soir. »
« Voldy ?! » s'exclamèrent les jumeaux et Snape d'une même voix, les premiers avec un sourire aux lèvres tandis que le dernier était presque terrorisé.
« Par Salazar, Potter ! » continua le serpentard. « Vous tenez tant que cela à mourir ? »
« Ce n'est pas un simple mortel comme lui qui va réussir à me détruire, professeur Snape, » sourit Ulquiorra. « Et dans le pire des cas, je finirais à la Soul Society au côté de ma mère. Il y a pire comme tableau. »
Les jumeaux pouffèrent avant de demander.
« Cela ne te dérange pas si on le fait plus tard ? »
« Comme ça tu auras tout le temps de te préparer pour la bataille. »
« Non, cela ne me dérange pas du tout. Mais je ne savais pas que je devais me préparer. »
Ulquiorra sortit en souriant en laissant les jumeaux perplexes. Ces derniers regardèrent le groupe disparaître au coin de la rue, puis échangèrent un regard avant d'hausser les épaules.
« Harry est devenu fou, mon cher George, » fit Fred.
« Devenu ? Il l'était déjà, mon cher Fred. »
Ils rirent et retournèrent s'occuper de leurs clients.
