Chapitre 29 : Un tour au Ministère

Ulquiorra marchait calmement dans le grand hall du Ministère de la magie. Il était accompagné d'Harribel, toujours vêtue de son haori court et de son hakama blanc. Il avait refusé que Severus l'accompagne puisqu'il allait être dans un milieu agressif et que le serpentard devait déjà en temps normal combattre ses instincts de hollow, ce ne serait que plus dur dans un milieu empli d'énergies combatives. Il ignora les nombreux flashs des journalistes. Des aurors vinrent directement à sa rencontre, baguette au poing. Il s'arrêta à quelques mètres d'eux, mains dans les poches de sa robe de sorcier.

« Je souhaite parler avec le Ministre Cornelius Fudge, » dit-il avec sa voix dépourvue d'émotion.

« Et pourquoi devrait-on emmener un criminel et un mage noir devant le Ministre ? » demanda le chef du groupe à la chevelure flamboyante le faisant ressembler à un lion. « Les mages noirs sont envoyés à Azkaban ! »

« Et vous êtes ? » demanda Ulquiorra sans se départir de son masque de froideur.

« Rufus Scrimgeour, chef du département des aurors. »

« Bien, Mr Scrimgeour. Ecoutez-moi bien car je ne le dirai qu'une fois. Je ne suis, je n'ai jamais été et ne serai jamais un mage noir. Je ne dépends plus de vos lois. Cela dit étant responsable de la destruction des détraqueurs, je suis venu parlementer avec Mr Fudge pour lui proposer une solution. Soit vous me conduisez jusqu'à lui, soit je force le passage pour l'y rejoindre. Ce ne sera pas de simples sorciers qui m'arrêteront. »

« Je refuse, Mr Potter ! »

« Schiffer. »

« Je vous demande pardon ? »

« Je me nomme Ulquiorra Schiffer. Le Harry Potter que vous connaissiez est mort dans vos locaux, dans l'enceinte même de cet établissement, dans le département des mystères. Je suis maintenant Ulquiorra Schiffer et je demande à voir votre Ministre. »

L'Espada reprit lentement sa marche et se plaça à moins d'un mètre du chef auror, toujours aussi détendu.

« Alors soit vous m'escortez, soit vous me laissez passer. Mais si vous tentez de m'attaquer, je vous tue exactement comme j'ai tué Voldemort. En lui brisant la nuque. Ou bien pire encore. Et je n'ai pas besoin de magie pour tous vous écraser. Le monde magique m'importe peu, faites en ce que vous voulez, j'ai tué Voldemort parce qu'il avait enfreint des règles. S'il ne les avait pas enfreintes, vous seriez encore tous sous son joug car je ne vous aurais jamais aidé. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser mais j'ai une journée très chargée. J'ai autre chose à faire que de m'attarder et discuter avec des sous-fifres. »

Il passa devant les aurors, croisant au passage le regard de Rita Skeeter. Il fit semblant de chasser quelques poussières de sa robe et tapota son épaule avec un regard plein de sous-entendus à la sorcière. La blonde sourit et rangea sa plume à papote avant de s'éloigner du groupe des journalistes pour sortir. Personne ne le remarqua sauf Ulquiorra. Il se retint de sourire. Lui et Harribel marchèrent vers le hall des ascenseurs, ils furent bien rapidement rejoints par les aurors qui ne voulaient pas laisser le criminel recherché seul en présence de leur ministre. Ils tenaient tous leur baguette en main, prêts à se battre.

« Ulquiorra ? » fit soudain Harribel.

« Laisse. »

« Comme tu voudras. »

Ils avaient tous deux senti la présence d'un être invisible. Sûrement un sortilège de désillusion. Le Primera se doutait qu'il s'agissait de Rita Skeeter. Il en fut certain quand il sentit l'énergie changer et qu'il vit un scarabée se mouvoir sur sa robe pour se positionner sur son épaule. Il retint à nouveau de sourire mais croisa le regard de sa subordonnée. Harribel put voir le feu qui brillait dans les yeux d'Ulquiorra. Tout se passait relativement comme prévu.

Ils sortirent tous de l'ascenseur quelques instants plus tard et s'avancèrent. Ulquiorra lança un sortilège d'intimité autour de lui quelques secondes.

« Je vous suggère, Mme Skeeter, que dès que nous entrons dans le bureau du Ministre, vous vous écartiez de moi. Il serait regrettable que je vous tue dans un accès de colère. Je prendrais probablement prochainement contact avec vous et si je ne le fais pas, Drago Malfoy sait exactement comment me contacter. »

Il annula directement le sort, sachant pertinemment que cela se remarquerait s'il le laissait trop longtemps.

« Si vous tentez quoi que ce soit, » dit Scrimgeour en s'arrêtant devant une double porte en bois de chêne savamment sculptée et aux poignées d'or. « Nous vous abattons. »

Harribel se tendit sous la menace faite par un misérable humain mais un geste d'Ulquiorra l'arrêta tout de suite. Il ne fit que serrer les poings et croiser les bras sous sa poitrine pour montrer son mécontentement.

« Du calme Harribel, malgré la menace prononcée, ils ne peuvent absolument rien contre nous. Ils sont encore plus faibles que Voldemort lui-même. Et l'abattre n'a été qu'un jeu d'enfant pour nous, » ajouta-t-il en plongeant son regard émeraude dans celui jaunâtre du chef des aurors. « Nous n'avons absolument rien à craindre. »

Les aurors se tendirent et serrèrent d'autant plus leur baguette. La voix du jeune homme leur semblait beaucoup trop calme et assurée pour que cela soit normal. Cela pouvait signifier soit un excès de confiance en soi, soit il était réellement aussi puissant qu'il le disait. Plus le fait qu'il était recherché pour avoir usé de magie noire et avoir détruit les détraqueurs …. Cela donnait froid dans le dos. Les deux arrancars sentirent l'odeur de la peur et échangèrent un sourire bref avant de rentrer dans le bureau du Ministre de la magie.

Ce dernier se trouvait assis devant son bureau à déguster un verre de cognac tout en admirant la vue par la fenêtre. Un homme petit et corpulent avec des yeux de fouine. Il porta directement son regard face aux nouveaux venus dans son bureau. En voyant Ulquiorra, il se leva directement, renversant son verre sur son bureau, répandant ainsi son contenu sur multitude de parchemins.

« Qu'est-ce que Potter fait ici, Rufus ? » s'exclama-t-il, à la fois en colère et effrayé. « C'est un criminel. Il doit immédiatement être enfermé à Azkaban ! »

« Pourriez-vous me dire exactement en quoi je suis un criminel, Monsieur le Ministre ? » fit calmement Ulquiorra en s'asseyant à une chaise.

Harribel resta debout derrière lui. Le scarabée qui se tenait sur l'épaule du Primera commença à se déplacer discrètement pour s'éloigner du jeune homme comme conseillé et pour avoir un meilleur point de vue sur la situation.

« Usage de magie noire en détruisant les détraqueurs et meurtre. »

« Ah. »

Ulquiorra se pinça l'arête du nez et fit un effort pour réprimer la vague de colère et désir de sang qui l'envahissait. Il était là pour Drago. Il devait faire quelque chose pour lui. Et il allait le faire. Il inspira profondément et reporta son regard glacial sur Fudge.

« Pour meurtre, » répéta-t-il lentement, faisant poindre légèrement sa colère dans sa voix. « Vous plaisantez, j'espère ? »

« Pas du tout, vous êtes un meurtrier ! »

« Dites-moi si je me trompes, Monsieur le Ministre. Mais n'est-ce pas le monde magique tout entier, en commençant par vous et Dumbledore, qui a été jusqu'à dire que je devais tuer Voldemort ? Peut-être auriez-vous préféré rester sous son joug ? Pourtant j'ai l'impression que le monde sorcier entier semble ravi de sa disparition. Je me suis peut-être trompé. Harribel. »

« Ulquiorra ? » fit cette dernière en avançant d'un pas.

« Rappelle-moi en rentrant à Las Noches d'aller voir Szayel pour qu'il crée deux corps, un pour Voldemort et l'autre pour Bellatrix Lestrange. Si le monde sorcier n'est pas content d'être débarrassé d'eux, il va de soi que je vais leur rendre les âmes de ces deux sorciers à leur monde. »

« Bien, Ulquiorra, je te le rappellerai, » fit-elle calmement.

Elle réfléchissait toutefois au plan que pouvait avoir le Primera. Il s'était battu et avait cherché un plan pour justement tuer Voldemort, ce n'était pas pour le relâcher maintenant, surtout qu'il était devenu bien plus puissant et dangereux pour les humains. Mais en voyant le visage des humains pâlir et leur énergie vaciller encore plus de frayeur, d'appréhension et un peu de colère, elle comprit que ce n'était qu'une ruse.

« Impossible ! » s'écria Fudge. « Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et Bellatrix Lestrange sont morts. Des médicomages se sont bien assurés de ce fait en examinant leur cadavre ! Ce que vous d… »

« Ne me dites pas ce qui est possible et ce qui ne l'est pas, Monsieur le Ministre, » interrompit calmement Ulquiorra. « Je suis bien plus au courant que vous sur le fonctionnement des mondes. Quant à Bellatrix Lestrange et Voldemort, ils sont certes morts dans cette dimension et j'ai été contraint d'accepter leurs âmes dans ma demeure. Ils sont actuellement enfermés mais je peux très bien les libérer et faire en sorte qu'ils reviennent hanter votre monde et faire régner la terreur. Et je les laisserais faire sans intervenir cette fois. Ils ne sont pas prêts à enfreindre à nouveau les lois de la nature. Tout au contraire, ils se nourriront de vos âmes, à vous, misérables humains. Je suis votre seul rempart face à leur appétit et croyez-moi quand je vous dis qu'il est insatiable. Des centaines de morts en quelques jours, des milliers en quelques mois. Leur nature même est plus dangereuse que celle d'un détraqueur. Ils sont maintenant des hollows et je suis leur roi. Enervez-moi et je les relâche sur vous sans remord, écoutez attentivement ma proposition et je réfléchirai si vous valez la peine d'être sauvé ! »

US HP US HP US

Ulquiorra ressortit du Ministère avec Harribel, le sourire aux lèvres avec un petit scarabée sur son épaule.

« Restez avec moi, ma chère Rita Skeeter. J'ai certaines choses à vous dire. »

Il lui tendit la main paume vers le haut et l'invita à s'y installer pour qu'il puisse la garder à l'œil le temps du trajet car cela allait être rapide et dangereux pour elle si elle restait sur son épaule. Elle se déplaça lentement jusqu'à la main de l'arrancar qui lui fit un petit sourire amical avant de refermer lentement sa main, pas totalement, de telle manière à ce que le scarabée ne puisse pas s'échapper ou tomber entre ses doigts. Ensuite, Ulquiorra et Harribel s'éloignèrent du Chemin de Traverse et allèrent directement au Square Grimmaurd.

Une fois arrivé à destination, il se dirigea immédiatement vers la cuisine où il retrouva Maugrey Fol Œil, Sirius et Remus. L'ex-auror tenta d'attaquer le Primera mais fut tout de suite arrêté par Harribel qui le fit tomber à terre d'un croche pied, écarta sa jambe de bois et posa son pied sur sa poitrine pour l'empêcher de bouger. Ulquiorra fit venir à lui la baguette de Maugrey et la posa sur la table en même temps que le scarabée.

« Vous pouvez reprendre forme humaine très chère, » dit-il simplement.

Il se dirigea directement vers ses parrains et les salua chaleureusement, les serrant dans ses bras. Rita Skeeter reprit forme humaine et attendit de savoir la suite, curieuse. Ce qu'elle avait entendu dans le bureau du Ministre l'intriguait au plus haut point. Et elle avait bien l'intention de connaître le fin fond de l'histoire. Ulquiorra se dirigea ensuite vers la cheminée et prit de la poudre de cheminette. Il contacta la famille Weasley et demanda à ce que Drago vienne immédiatement Square Grimmaurd. Le blond arriva quelques minutes plus tard, suivi de Severus dans un gigai.

« Snape ?! » s'écrièrent tous les sorciers de la pièce à l'exception de Drago.

« Bonjour, » dit simplement l'homme en noir en s'installant à la table à coté de son filleul.

Szayel avait fait du bon travail en reproduisant l'apparence exacte de Severus Snape. Ce dernier n'aimait pas trop être confiné dans un gigai mais il était habitué depuis des années à subir l'inconfort. Et pour le bien-être et le moral de son filleul, il était prêt à tout.

« Comment tu peux être en vie, Snape ? » demanda Sirius qui était en état de choc.

« Je ne le suis pas vraiment, Black. Et c'est Severus Prince maintenant. Je ne veux plus jamais avoir un quelconque lien avec l'humain qui me servait de géniteur ! »

« Qu'entends-tu par pas vraiment, Severus ? » demanda Remus à son tour.

« Je suis comme Ulquiorra, » répondit Severus. « Enfin, beaucoup plus faible et moins évolué que lui mais … »

« Oui, » termina le Primera avec un léger sourire en s'installant à table. « Pour faire simple, on peut dire qu'on est plus ou moins pareil. Un trou à la place du cœur, un masque et une énergie spirituelle sauvage en plus d'un appétit vorace. »

« Me parle pas de manger maintenant, Ulquiorra ! » siffla Severus avec une grimace. « J'ai du mal à gérer ça ! »

« Je trouve au contraire que tu t'en sors très bien, » intervint Harribel qui avait relâché Maugrey pour s'installer en face d'Ulquiorra. « La preuve : tu ne sautes pas sur les humains pour dévorer leur âme. Ce qu'un hollow aussi jeune que toi devrait faire normalement. Ta grande maîtrise de toi-même me laisse penser que tu deviendras extrêmement puissant avec le temps. »

« Est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut m'expliquer ce qu'il se passe ici ? » s'exclama Rita Skeeter qui ne comprenait plus rien du tout et était persuadée d'être tombée dans un univers alternatif.

Ulquiorra se leva et invita la sorcière à s'asseoir. « Mille pardons, Mme Skeeter. Je vous ai momentanément oubliée. On va tout vous expliquer. Je vous ai fait venir ici pour plusieurs raisons. Nous aurions besoin de votre talent de journaliste et de votre plume acérée pour faire comprendre à la population sorcière ce que cherche de faire notre cher Ministre Mr Cornélius Fudge, ainsi que ma situation et la solution que le ministre a eu l'audace et l'inconscience de décliner. »

« Alors comment es-tu sorti ? » demanda Severus en fronçant les sourcils.

« Je les ai écrasé avec ma pression spirituelle bien sûr. Mais je ne les ai pas tués. Cet insecte n'a rien voulu entendre et a voulu que les aurors m'emmènent illico à Azkaban. Comme si une seule prison humaine pouvait me contenir … Déjà que je ne suis même pas sûr qu'une cellule de Las Noches le puisse… »

Ulquiorra se tourna vers Skeeter.

« Ma chère, acceptez-vous d'écrire tout ce que nous vous raconterons ? »

« C'est mon travail, Harry, » sourit-elle en sortant sa plume à papote. « Alors racontez-moi tout. »

« Alors, tout a commencé dans le Départements des Mystères …. »