Dans un appartement des plus coquets, un homme tentait de rassurer et de réconforter sa compagne, propriétaire des lieux. Cette dernière était complètement abattue par le désastre qui s'était produit devant ses yeux et dont elle pensait en être l'instigatrice. Iruka faisait pourtant son possible pour la rassurer et lui faire comprendre que ce n'était pas de sa faute, mais de la sienne. Malheureusement, il avait beau lui dire que s'il n'avait pas poussé le bouchon trop loin, s'il avait identifié la détresse de son fils adoptif, tout cela ne se serait jamais produit, il n'arrivait à rien. En effet, pour Mei, elle n'aurait jamais fait cette erreur funeste que la situation ne se serait jamais envenimée ainsi, que ce jeune homme serait peut-être entrain d'apprendre à la connaître et ainsi former un semblant de famille ensemble. C'était ce qu'elle avait toujours souhaité au final, mais le destin en avait décidé autrement. Son aimé finit par opter pour un soutien silencieux, gardant Mei dans ses bras, en la berçant.
En réalité, tous deux étaient complètement perdus. Il ne comprenait pas vraiment d'où venait une telle rage chez Naruto, surtout pour Iruka. Il avait dû se passer quelque chose de grave et ce n'était que maintenant, face aux conséquences de son aveuglement et de sa fierté à avoir gain de cause, il ouvrit les yeux. Pendant tout son affrontement avec son fils adoptif, il aurait dû voir cette aura de désespoir qui l'avait entouré. Il aurait dû comprendre que derrière ce déchaînement de rage se cachait un cœur meurtri et qui disait cœur meurtri, disait Hinata. L'hypothèse d'une rupture se faisait des plus brûlantes dans son esprit, à moins qu'elle ait exigé une pause pour jauger ses sentiments. Mei et lui, qui avaient espéré que les révélations sur son passé et sur les événements de ce funeste week-end ait eu un impact bénéfique, s'obligèrent à penser que la réalité était tout autre. Et c'était qui faisait le plus mal à sa compagne, ne pas avoir été capable de réparer son erreur.
« - Je suis désolée Iruka.
- Ce n'est pas de ta faute, mais de la mienne.
- Non, tu n'as fait que me défendre et…
- J'aurai dû voir qu'il n'allait pas bien et arrêter de le défier comme je l'ai fait, la coupa-t-il. Ma fierté m'a poussé trop loin. J'espère juste trouver un moyen pour rattraper les choses avec Naruto. Pour le moment, le plus sage est d'attendre qu'il se calme, et je pense que seul Sasuke en a le pouvoir.»
Mei se mit à lui sourire tristement. Les deux se mirent alors à reconnaître que les tords étaient partagés, bien que le seul responsable était surement et plus raisonnablement le destin et les enchaînements de mauvaises circonstances. Etait-ce par besoin de réconfort ou par simple désir, mais bientôt, Iruka s'approcha doucement du visage de sa compagne et lui captura doucement les lèvres. A cette sensation où transpiraient tous les sentiments de l'homme qui la tenait dans ses bras, Mei se laissa emporter et y répondit. Le baiser devint vite passion et sans savoir comment, elle se retrouva sur son lit, lui au-dessus d'elle. Il la caressait tendrement, la faisant se sentir si bien. Ses gestes étaient doux et la détendaient plus qu'ils l'excitaient, bien qu'une certaine contraction naissait dans son bas-ventre. C'était assez étrange pour elle, car elle n'était pas habituée à ce genre de tendresse, elle qui, poussée par son hypersexualité pathologique, était plutôt violente dans ses anciens rapports. Au fil et à mesure, elle se surprit à préférer cela à la brutalité qu'elle avait toujours connue.
En manque d'air, les deux se séparèrent, essoufflés. Iruka ne quitta pas les yeux de sa petite-amie et sourit amoureusement à l'image qu'elle lui offrait, abandonnée. Quand à Mei, elle ne réalisait pas encore ce qui se passait, quand enfin, suite à un baiser sur son front, puis suivant un chemin de sa joue à son menton pour finir dans son cou, elle prit conscience de la situation. Elle se sentit soudain mal à l'aise, pas parce qu'elle n'avait pas envi de lui, c'était tout le contraire, mais à cause de sa nature à lui. Elle détourna le visage et se tendit, interloquant son compagnon.
« - Quelque chose ne va pas ?
- Je… Je ne veux pas que tu te sentes obliger, alors que je sais que tu n'es pas attiré par le sexe proprement parlé.
- Mei, l'obligea Iruka à le regarder. Sache que je ne m'oblige en rien.
- Mais tu es…
- Je sais, la coupa-t-il en glissant sur le côté en la tirant contre son torse et en l'entourant de ses bras. Je sais aussi que toi par contre, tu aspires à faire l'amour, que tu en ressens l'envie.
-…
- Et contrairement à ce que beaucoup pensent, les asexuels peuvent avoir des rapports sexuels et en ressentir du plaisir, ou du moins qu'on en apprécie les effets de bien-être induits. Nous n'avons aucun dysfonctionnement physiologique. Je peux avoir une érection et une éjaculation tout à fait normalement. Disons que cela ne m'attire pas spécialement, c'est tout, mais sois sûr d'une chose, cela ne m'empêche pas de t'aimer et de vouloir construire quelque chose avec toi. C'est ce que nous avions décidé tous les deux quand nous en avons discuté au parc. Par contre, si tu veux changer d'avis, je comprendrais.
- Non, le contredit sa petite-amie. Je veux aussi essayer et ne pas avoir de regrets d'avoir passé à côté d'une belle histoire. Je t'aime aussi. Il me faudra juste du temps pour me faire à cette idée, tu sais, qu'on puisse aimer sans désirer l'autre sexuellement. C'est si nouveau pour moi.
- Je m'en doute, lui embrassa la tête Iruka. Pendant des années, l'intérêt d'avoir une vie sexuelle ne me traversait même pas l'esprit, mais maintenant, les choses sont différentes.
- Comment ça ?
- Pour toi, je suis prêt à te faire l'amour quand tu en ressentiras le désir, ou à t'aider à avoir du plaisir d'une manière ou d'une autre. Ton envi sera mon envi. Ton plaisir entraînera le mien.
- Oh Iruka, fut touché Mei. Jamais un homme n'a été aussi prévenant avec moi. Merci. »
La femme se blottit encore plus contre lui, alors qu'il lui caressait le bras du bout de ses doigts. Elle était heureuse et cela faisait des années qu'elle ne l'avait pas été ainsi. Comme elle regrettait de ne pas lui avoir donné une chance à l'université. Ceci dit, elle était déjà entrain de tomber dans sa pathologie à cette époque, et elle n'en avait pas encore conscience. Elle aurait surement tout détruit. Forte de cette constatation, finalement, peut-être qu'il était mieux pour eux deux qu'ils ne se croisent à nouveau qu'après tout ce temps à faire leur vie chacun de leur côté. De son côté, Iruka eut quand même un petit doute concernant leur intimité. Ne voulant ne plus rien lui cacher de ses états d'âme, il reprit la parole, avec un ton pouvant faire penser qu'il marchait sur des œufs.
« - Par contre, je ne pense pas être trop adepte à te savoir avec un autre homme pour assouvir ton désir. Cela ne fait pas parti de mes fantasmes ou de mes fétichismes qui me sont inconnus d'ailleurs. Alors, si je ne le sens pas, j'espère que tu ne m'en voudras pas et…
- De quoi as-tu peur ?
- J'ai peur que ce genre de situation à refuser le rapport se présente de façon récurrente ou que tu n'oses pas me le demander, craignant me forcer, et de ce fait que tu t'en lasses un jour ou l'autre pour te voir avec un autre ou partir à cause de mon orientation sexuelle. »
Coupée entre la compréhension et la blessure de penser qu'il parlait de son ancienne nymphomanie, Mei ne sut pas trop quoi répondre à ça. Sa crainte était légitime, elle devait le reconnaître. Il lui avait raconté comment ses anciennes tentatives de vie en couple avaient été soldées par un échec à cause du manque d'intimité, jusqu'à ce qu'il renonce à tenter sans ressentir de forts sentiments amoureux. Ce moment avait coïncidé, selon ses dires, à la période où son adoption de Naruto avait été officiellement établie. De plus, elle s'attendait à un peu à ce qu'il craigne de la voir chercher avec un autre l'assouvissement. Par contre, il oubliait une chose primordiale. Elle était avant tout un être humain, et encore plus, une femme amoureuse, et non plus un être soumis à ses instincts sexuels.
« - Iruka, se redressa-t-elle sur le coude pour le regarder dans les yeux. Je t'aime. Jamais je ne te tromperai. J'en connais que trop bien la blessure, bien que je fus celle qui l'infligeait. Je préfère rompre ou parler pour trouver une solution aux problèmes au lieu de courir dans les draps d'un autre. Jamais je n'irai dans les bras d'un autre homme si tu le refuses. J'ai un passé de libertine, et je comprends que tu puisses penser que j'ais besoin de retrouver ce genre de vie…, mais je ne suis même pas sûre moi-même que c'est ce que je désire vraiment… Peut-être était-ce les prémices de ma maladie, puisque je n'ai même pas été capable d'en respecter les règles ?… Tout ce dont je suis certaine, c'est que tout comme toi, je suis prête à faire des efforts.
- Alors c'est à nous de trouver le juste milieu, celui où nous trouverons un terrain d'entente.
- Oui, acquiesça Mei, en se reprenant sa place contre son petit-amie qui l'accueillit bien volontiers. Il nous faut essayer et parler sera la meilleure solution.
- Tu as raison, lui embrassa le front Iruka, en fermant les yeux. Mais pour le moment, nous sommes tous les deux fatigués. Restons comme ça…, à moins que tu veuilles qu'on continue.
- Non, cela ira très bien comme ça.
- Bonne nuit, Mei.
- Bonne nuit Iruka, » lui répondit-elle, le sourire aux lèvres.
Ainsi, s'endormit le couple, oubliant même qu'ils étaient encore habillés et qu'ils n'avaient même pas pris le temps de manger. Une seule chose était certaine. La petite-ami de l'instituteur passa une merveilleuse nuit et découvrit le bonheur de rêver dans les bras d'un homme sans aucune pensée sexuelle, juste dormir entourée de la chaleur de l'amour. Oui, elle était vraiment prête à faire des concessions et de découvrir une vie sexuelle posée, bien qu'un peu plus compliquée qu'une relation avec un hétérosexuel. Tous les deux allaient devoir trouver leur rythme et la façon de communiquer pour arriver à vivre une histoire à deux.
Le lendemain, il avait bien fallu qu'Iruka rentra chez lui. Il le fit assez tard dans la matinée, une boule d'appréhension dans le ventre. Comment allait-il trouver Naruto ? Acceptera-t-il de lui parler et d'écouter ses excuses ? Mais surtout, allait-il les prendre au sérieux et les croire sincère ? De cela, il en doutait, vu comment lui, l'avait traité. Il entra donc dans la résidence Uzumaki en soufflant un bon coup. Etrangement, il la trouva bien silencieuse. La maison semblait bien vide et non habitée. Regardant tout autour de lui et tendant l'oreille au moindre bruit, il avança dans les couloirs à la recherche d'une trace de vie. Il finit par se rendre dans le jardin, et plus précisément vers la volière. Y jetant un coup d'œil à travers une des grandes vitres, il vit la silhouette de Juugo entrain de nourrir ses inséparables qui volaient tout autour de lui.
« - Bonjour Juugo, le salua Iruka après avoir franchi la porte qu'il prit soin de refermer derrière lui.
-Bonjour, lui rendit le concerné après avoir sursauté tellement il ne s'était pas attendu à cette arrivée.
- Tu es seul ?
- Oui. Naruto et Sasuke sont déjà repartis pour l'école militaire.
- A cause de ce qui s'est passé hier, sans doute, culpabilisa l'instituteur en se mettant à sa hauteur.
- Entre autre. Après sa crise, Naruto n'était plus que l'ombre de lui-même. Je n'ai jamais vu un mec dégagé une telle aura. C'était comme s'il avait enfermé son cœur dans un coffre-fort et dont il aurait jeté aux oubliettes la clé. »
En effet, à son réveil, le blond souffrit d'une horrible migraine, mais aussi de toutes ses blessures. Cependant, celle qui lui faisait la plus souffrir fut bien sûr la plaie de son cœur. Se dirigeant vers sa salle de bain personnelle, il se passa de l'eau sur le visage, puis regarda son reflet dans le miroir. Il n'était pas du tout beau à voir. Sa lèvre était tuméfiée et fendue. Sa joue arborait un sacré hématome. Tout en observant ce visage blessé, il n'arrivait pas à croire qu'il était de nouveau célibataire. Il n'arrivait pas à comprendre les raisons de cette rupture qui n'aurait jamais eu lieu sans l'intervention de cette femme. Savoir que cette dernière risquait de devenir sa belle-mère réveilla la colère que le sommeil avait réussi à calmer. Frappant de son poing bandé la vitre devant, au risque de la casser, il serra les dents pour ne pas craquer. Puis se regardant une dernière fois, ses yeux perdirent de leur lueur, même ses cheveux devinrent plus sombres. Il perdit cette aura de soleil que tous lui connaissaient. Il enferma alors son âme à double tour.
Ce fut ainsi que Sasuke avait retrouvé son frère de cœur quand il avait daigné sortir de son antre. Il portait des lunettes de soleil et n'ouvrit pas la bouche que pour l'informer qu'il partait dans l'heure. Libre à lui de l'accompagner. Le ténébreux hésita un instant alors que le roux, témoin de cette discussion, quitta la pièce, comme s'il connaissait déjà la réponse et qu'il la fuyait. Cela ne l'empêcha pas à donner son accord au blond avant d'aller rejoindre son petit-ami qu'il trouva entrain de leur préparer des bentos pour la route.
« - Juugo, je…
- Tu veux des tomates ?
- Pardon ?
- Tu as accepté, non ? Alors, je vous cuisine un petit truc à manger pour la route.
- Pft, souffla l'Uchiwa avant de s'approcher de lui. Je suis désolé. Je sais que ce soit avant ou après l'intégration, on ne s'ait pas beaucoup vu et que tu te faisais une joie de ce week-end... Et moi aussi… Cependant, je ne peux pas le laisser seul dans son état. Il risque de faire des bêtises et…
- Je sais, Sasuke… Je comprends. Disons que je commence à saisir le comportement de ces derniers temps de Hinata. Je suis presque certain qu'elle a rompu, vu la rage de Naruto.
- Explique », l'invita le ténébreux qui ne voulait pas rompre sa promesse de silence sur ce sujet.
Juugo stoppa alors le couteau qu'il manipulait juste au-dessus de la tomate qu'il coupait, hésitant à ouvrir son cœur. Cela faisait plusieurs semaines qu'il trouvait que l'Uchiwa agissait étrangement, ou du moins qui se préoccupait beaucoup plus de ses meilleurs amis que de leur propre problème. Pas que leur couple en avait beaucoup, presque pas en vérité, mais il aurait aimé qu'il laissa un peu de côté les soucis des autres pour se concentrer sur comment faire avancer leur romance à eux. Se souvenant que la communication était primordiale et que c'était surement le silence qui avait entraîné dans le fond celui de Naruto, il décida de ne pas faire la même erreur.
Le roux lui avoua qu'il avait de plus en plus de mal à supporter l'éloignement qu'il avait inconsciemment mis entre eux à force de s'acharner à surveiller son meilleur ami et de tenter à le mettre en garde. En un sens, il se retrouvait dans ce qu'avait vécu Hinata, à voir le blond au petit soin avec Sakura, et à pousser le paroxysme jusqu'à l'ignorer, elle et ses souffrances. Sasuke fut un peu sur le cul en entendant cela. Il n'avait pas l'impression qu'il maintenait Juugo à distance ainsi.
« - Tu trouves vraiment que je me préoccupe plus d'eux que de nous. Si c'était si vrai, Naruto n'aurait pas enchaîné les bourdes.
-Tu ne peux apprendre à un sourd à entendre. Tout comme tu ne peux rendre la vue à un aveugle. Je crois que tu aurais pu dire ce que tu voulais, il ne t'aurait pas écouté, même si c'est triste à admettre.
- Pourtant, j'ai souvent lâché l'affaire, peut-être même un peu trop.
- Peut-être, mais reconnais que tu n'as pas apprécié que tes deux meilleurs amis t'aient laissé de côté, alors qu'ils nouaient une relation assez secrète… Cela t'a mis sur la défensive et t'a empêché de discuter posément avec lui… Tu étais jaloux et cela a eu des répercussions sur ta relation avec lui, mais surtout sur nous. »
Fermant les yeux, Sasuke s'obligea à se souvenir. Petit à petit, il se revoyait regarder du coin de l'œil Sakura et Naruto à chaque fois qu'ils étaient réunis, déplorant l'attitude de ce dernier sans vraiment soutenir Hinata, à se glisser entre ses deux meilleurs amis pour avoir des explications sans succès, à tenter d'écouter les conversations téléphoniques de son frère de cœur et à le réprimander, mais surtout à parler que de ce triangle à Juugo presque sans arrêt. Il s'entendait râler devant lui de n'être pas mis dans la confidence. Oui, il comprenait que son amant puisse penser qu'il mettait en première place de ses préoccupations le blond, pouvant peut-être le faire douter sur le destinataire de son amour.
« - Tu as raison, finit-il par dire. Je ne me suis pas beaucoup concentré sur nous. J'étais surement jaloux de leur complicité, alors qu'avant nous étions un trio, mais surtout que j'étais le premier confident de Naruto.
-…
- En tout cas, rassure-toi. A part une profonde amitié, je ne ressens plus d'amour pour Naruto. Disons que j'ai le pressentiment que cette histoire est plus complexe qu'on croit et ça m'énerve de ne pas comprendre ou qu'il ne m'ait pas écouté. Malheureusement, à cause de ça, je lui ai mis la pression au lieu de le pousser à me parler. Je l'ai enchaîné à me fuir.
- Ouais, lui sourit Juugo. Tu n'as pas vraiment lâché prise, mais comme un enfant à qui on refuse un jouet neuf, tu t'es mis à bouder dans ton coin, tout en continuant à le vouloir, oubliant tout le reste.
- Je suis désolé de ne pas avoir pris en compte ce que tu ressentais.
- T'inquiète, le rassura son petit-ami. Je comprends. Il est ta famille, mais j'aimerai en faire un peu plus parti.
- Tu en fais déjà parti, renchérit Sasuke. Je compte sur toi pour me remettre sur la bonne voie. »
A cela, Juugo eut un autre sourire à son encontre, pour le rassurer. Il l'espérait vraiment, bien que, sans s'en rendre compte, la discussion avait encore viré vers Naruto. Enfin, il ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. C'était lui qui avait mis le sujet sur la table. Disons qu'il aurait apprécié que cela ne dérive pas que sur lui. Enfin, c'était ainsi. Au moins, il s'était fait entendre, et c'était le plus important. Vu l'état du blond, il était presque naturel que pour le moment, la priorité soit ce dernier. Dans la même situation, il aurait fait surement le même choix. Et c'était pourquoi, il avait décidé de préparer aux deux jeunes hommes de quoi manger et qu'il le laissait partir.
C'était ainsi que Naruto et Sasuke finirent par arriver à l'école militaire. Tout le voyage avait été fait dans un silence, certes pas très confortable, mais de plomb. Ce fut pareil quand ils montèrent leur sac dans leur chambre commune. En tout cas, une chose était sûr pour l'Uchiwa, à moins d'épuiser physiquement, mais également psychiquement son frère de cœur, jamais plus il n'aurait accès une nouvelle fois à ses émotions. Celles-ci étaient maintenant enfermées derrière un mur infranchissable où se trouvait aussi le vrai Naruto. Celui devant lui n'était que colère et noirceur. Il espérait juste que cet état ne dura pas trop longtemps. Peut-être que s'il parlait à Hinata, il arriverait à remédier à la situation, car il était sûr d'une chose, le blond était fou d'elle, bien qu'en cet instant, il n'était pas certain qu'il puisse libérer ses sentiments. L'Uzumaki serait-il capable de s'ouvrir à un nouvel amour si la Hyuga refusait de revenir vers lui ? Il en doutait grandement, même avec Sakura.
De son côté, Iruka avait écouté Juugo jusqu'au bout, bien que le roux garda pour lui la conversation qu'il avait échangé avec Sasuke. La culpabilité se faisait sentir chez le père adoptif du blond. Il s'en voulut encore plus d'être resté ancrer dans sa fierté. Il aurait ainsi su ce qui était à l'origine de cette souffrance et peut-être pouvoir aider. Malheureusement, il devait s'armer de patience maintenant pour connaître le fin mot de l'histoire, enfin si Naruto consentait à lui en faire la confession. De son côté, étrangement, les larmes fuyaient maintenant Hinata, comme si elle avait épuisé son quota de pleurs. Oh, elles avaient coulé après son départ du parc, mais bizarrement, revenant chez elle, plus rien et cela resta ainsi depuis.
Ainsi, elle vaquait à ses occupations machinalement, cuisinant, faisant ses cours particuliers, allant à l'université comme à l'accoutumée. Elle souriait à sa sœur comme à son habitude, bien que la connaissant bien, Hanabi sentait que quelque chose sonnait faux, sans réussir à en déterminer la source. Son aînée échangeait comme avant avec Neji, riant parfois de sa maladresse avec Tenten. Cette dernière retrouvait une meilleure amie plus détendue, ne marchant plus sur des œufs, ne culpabilisant plus de devoir se servir d'elle comme alibi. D'ailleurs, cela n'était plus arrivé depuis un certain temps. Même Hiashi la trouva changer, sans pour autant chercher à en savoir les raisons. Elle qu'il avait quitté effondrer redevenait celle qu'elle était avant sa mise en couple, bien qu'une certaine tristesse coulait dans ses veines.
Hinata était redevenue silencieuse, et bien plus qu'avant en réalité, sans pour autant inquiéter le groupe d'amis, même Kiba n'y fit pas grand cas, le maître d'Akamaru reprenant son comportement normal, comme si son duel avec Naruto n'avait jamais existé. Il était trop heureux de retrouver l'ancienne Hinata. Enfin, ce n'était pas tout à fait vrai. A part l'Inuzuka, tous se questionnaient sur ce changement d'attitude, mais surtout sur le pourquoi ils la surprenaient parfois à expirer, comme si la vie la fatiguait, ou le pourquoi ses yeux ne brillaient plus vraiment de joie malgré son sourire. Et pourtant, malgré leur interrogation, personne n'osa en chercher les réponses. L'héritière, elle-même, se surprit à se croire comme dans une bulle, gardant sa rupture pour elle et ne remarquant même pas que les pamphlets se firent plus rares pour disparaître complètement. C'était devenu une telle routine que rien ne la chamboulait et elle ne fit rien pour y remédier, se sentant protéger ainsi.
Pourtant, durant la semaine qui suivit ce triste dénouement, cet esprit calme connut des perturbations. En effet, il avait bien fallu qu'elle aille récupérer ses affaires chez Naruto. La Hyuga profita alors de l'absence de son père et de Neji pour se faire en plein de la semaine pour éviter de croiser son ex. Ce dernier avait bien tenté de lui envoyer des messages qui la suppliaient de revenir sur sa décision, mais elle ne lui répondait pas et au fil du temps, il arrêta, à son grand soulagement. Elle pensait honnêtement qu'elle avait besoin de prendre du temps et un peu ses distances avant de renouer une amitié avec lui, enfin si c'était encore possible. Elle se trouvait donc pour l'heure devant la demeure du blond. Après avoir sonné, elle fut alors accueillie par Juugo. Elle lui expliqua la raison de sa présence. Ainsi il avait juste, Hinata avait rompu, sinon pourquoi reprendre ses valises. Sans en être surpris, il la laissa donc rentrer.
Ce fut donc en pleine récupération qu'Iruka revint de ses cours et qu'il eut la surprise de croiser la jeune femme dans le hall. A ses pieds, prônaient ses sacs. Il en eut le souffle coupé et les yeux écarquillés. Face à ce visage éberlué, l'ancienne petite-amie de Naruto en fut très mal à l'aise. Elle se tritura les doigts et n'osa pas trop le regarder. Elle qui voulait éviter cette confrontation, c'était complètement raté. Quand la surprise fut passée, il réussit à prononcer les mots qui étaient bloqués dans sa gorge.
« - Que fais-tu Hinata ?
- Comme vous le voyez, je reprends mes affaires. Elles n'ont plus aucune utilité ici.
- Mais… mais pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? … Et que va dire Naruto ? Il est au courant ? »
Face à cette panique, la jeune femme réalisa que son ancien instituteur n'avait pas été mis dans la confidence. En cet instant, elle en voulut à son ex de la mettre dans la situation de tout révéler. Fermant les yeux, elle s'emplit de courage avant de reprendre la parole.
« - J'ai rompu avec Naruto. »
A cette vérité, le cerveau d'Iruka eut beaucoup de mal à assimiler l'information. Hinata, cette jeune femme qui avait passé des années à soupirer pour son fils adoptif, à supporter des mois et des mois de silence et de le voir amouracher d'une autre, avait décidé de mettre fin à leur romance. Que s'était-il donc passé pour qu'elle puisse envisager cela ? Etait-ce à cause de Mei ? Pourtant, elle connaissait la vérité. Mais, comment… pourquoi… Il ne cessait de se poser des questions que soudain cela fit tilt dans sa tête. Alors voilà la raison du comportement violent de Naruto… Hinata avait rompu. C'était donc bien de la souffrance qui avait guidé ses poings et ses paroles acerbes. Il avait mis tout sur le dos de la personne qui était à la fois impliquée, mais aussi qui lui était tombée sous la main. Le voir en couple avait dû lui rappeler sa rupture et sa douleur, d'où sa virulence à voir Mei partir, allant même jusqu'à lui demander de la quitter. Son fils adoptif n'était pas arrivé à le voir heureux, alors qu'il était malheureux.
« - Pourquoi ? Fut le seul mot qu'il réussit à prononcer.
- Je n'ai pas envi d'en parler avec vous.
- Mais… Il t'aime, Hinata.
-… Je l'ai cru à un moment donné, mais je me suis trompée, se surprit-elle à répondre, alors que ses yeux se remplirent de larmes qui avaient été secs pendant des jours.
- Hinata… »
Le désarroi de cette dernière était si visible qu'Iruka sut en cet instant que ses sentiments à elle étaient toujours présents, si forts qu'elle pensait avoir bien fait en prenant cette décision si difficile.
« - Hinata, il t'aime. Tu ne peux pas savoir comment il était anéanti ce soir-là. Il s'est même battu avec Sasuke. Ils ont dû si mettre à deux, avec Juugo, pour le calmer. C'est pour te dire que son cas est sérieux... Il a fermé son cœur… Ne pourrais-tu pas reconsidérer les choses et te remettre avec lui si vous vous aimez tous les deux ? Ne le nie pas. Je vois bien que tu l'aimes encore. »
A ces paroles, la Hyuga en releva la tête qu'elle avait baissée face à ses souvenirs douloureux. Elle avait du mal à le croire. Il en avait eu autant de souffrance que cela pour se confronter brutalement avec son frère de cœur. S'était-elle donc trompée ? Elle allait lui répondre qu'elle s'avisa à la dernière seconde. Cela ne changeait rien à sa situation. Naruto et elle n'étaient pas compatibles, alors qu'il semblait avoir plus d'atomes crochus avec la rose, ou même une autre fille. Il fallait voir comment il était à l'aise avec elles.
« - Même si c'est le cas, nous ne sommes pas faits pour être ensemble de toute manière, alors je l'ai libéré. Il sera beaucoup mieux avec Sakura.
-Sakura ?! Mais qu'est-ce qu'elle a voir avec ça ?
- S'il vous plaît, je ne veux plus en parler, répliqua la Hyuga en se saisissant de ses valises. Maintenant, j'aimerai que vous me laissiez partir. »
Elle s'avança donc, passant à côté d'Iruka en regardant droit devant elle. Cependant, il n'était pas dit qu'il ne fasse rien. Lui prenant le bras, il la stoppa une dernière fois.
« - Hinata, réfléchis-y s'il te plaît. Fais le au moins pour votre bonheur à tout deux.
- Pourquoi vous acharnez vous, alors que je sais que vous la préférez à moi, lui balança-t-elle dans la figure en le foudroyant du regard. C'est cruel.
- Mais pas du tout, la contredit son ancien instituteur. Je n'ai jamais eu de préférence.
- Ne me mentez pas. Je vous ai entendu au travers de la porte, vous savez ce jour-là, quand Naruto est rentré tard à cause d'un accident sur la route et que j'avais dû rentrer sans l'attendre. Vous avez dit que vous vous en fichiez de moi, que ma vie n'était pas importante contrairement à celle de Sakura. Soyez satisfait, bientôt, elle fera parti des vôtres, je pense. »
Iruka n'y comprenait rien à ce discours. Oui, il se rappelait de ce jour-là, mais pas avoir prononcé ces mots… Quand il réalisa de quoi elle parlait. La pauvre, elle avait tout compris de travers, surement à cause de l'épaisseur du bois qui avait bloqué certains d'entre eux. Il fallait absolument qu'il lui raconte comment cela s'était déroulé. Il le fallait si cela lui permettait de rattraper la situation.
« - Je t'assure sur ce que j'ai de plus précieux que tu te méprends.
-Mais…
- Je ne peux pas te laisser partir sans que tu connaisses la véracité des événements de ce jour. »
Iruka commença alors son récit sans lui permettre de l'en empêcher en vaine parole. Il était décidé, surtout si cela pouvait l'aider à revenir sur sa décision.
Etrangement, Hinata fut fascinée par sa voix avant de comprendre qu'une partie d'elle était assez curieuse, mais surtout désirait connaître la vérité. Cette partie savait que son ancien instituteur était incapable d'avoir osé prononcer les paroles qu'elle avait espionnées, mais à l'époque, elle avait été incapable d'écouter cette voix intérieure.
Ce jour là donc, dès son arrivée, Naruto était entrain de retirer son casque, alors que lui-même l'avait assommé de questions devant un Sasuke et un Juugo silencieux, mais tout de même très intéressés par les explications de leur ami. D'ailleurs, le visage de ce dernier leur était apparu avec un grand sourire comme s'il ne s'était rien passé. Cela avait eu le don d'énerver encore plus son tuteur.
"- Arrête de sourire comme l'idiot que tu es et tu vas me dire tout de suite ce qui s'est passé ! Pourquoi est-ce que tu rentres que maintenant ? Cela fait des heures que Sasuke est arrivé et qu'on t'attend."
Malheureusement pour lui, le blond était resté sourd aux paroles de l'Umino et avait semblé plutôt chercher quelque chose derrière les épaules de son frère de coeur, comme s'il avait tenté d'apercevoir une ombre. Face à ce snobisme non dissimulé, Iruka s'était apprêté à réitérer sa demande qu'il avait été coupé par le concerné.
"- Où est Hinata ?
- Quoi, n'en revenait pas son père adoptif, qui avait eu du mal à contenir sa colère.
Il lui avait parlé d'un sujet sérieux, mais lui, avait préféré se préoccuper de sa petite-amie à l'époque. L'explosion de ses nerfs avait été imminente s'il avait continué à les prendre pour des idiots. Et pourtant, leur blondinet national avait continué dans cette voie.
"- Je parie qu'elle est à la cuisine entrain de me préparer des ramens, s'était léché les babines l'Uzumaki, salivant à l'idée de son plat préféré. Ces mains sont recouvertes de farine, c'est pourquoi elle n'ose pas venir dans l'entrée ou alors elle a ses écouteurs dans les oreilles et ne m'a pas entendu arriver. Dites, j'ai vu juste ou pas ?
-...
- Je vais aller la voir tout de suite. J'ai hâte de goûter à sa cuisine."
A peine prononcer, à peine exécuter. Naruto était passé devant un Iruka estomaqué par son irrespect et sa désinvolture. Ce dernier en avait fermé les yeux, ainsi que les poings si forts que tout son corps en avait tremblé. Le volcan aurait rentré en éruption si cela avait continué. Alors qu'il avait atteint le niveau de son meilleur ami, celui-ci l'avait informé de la vérité.
"- Hinata n'est pas dans la cuisine.
- Ah, s'était arrêté l'Uzumaki. Au fin fond du jardin, alors ?... Dans la volière, peut-être ? Les oiseaux y font un tel tapage que cela a dû camoufler mon arrivée.
- Non, Naruto.
- Non plus, avait-il froncé les sourcils. Où est-elle ?
- Hinata est rentrée chez elle, avait répondu stoïquement le ténébreux alors qu'Iruka n'en pouvait plus de cette discussion futile.
- Quoi !? Tu me fais une blague, avait suggéré le blond avec un petit sourire, mais devant le sérieux de Sasuke, le perdit. Mais pourquoi ?
- Elle en a eu marre de patienter, monseigneur, l'avait alors nargué son ami de toujours.
- Ce n'est pas son genre... Elle m'avait dit qu'elle m'attendrait jusqu'au souper... Avait affirmé Naruto, plus pour lui-même que pour les autres qui l'avait entendu malgré tout. Ecoute, Sasuke, je suis sûr que tu me fais une farce, mais je te le dis, elle n'est pas marrante... Où est Hinata ?
- A tout avis, il est quelle heure, gros malin ?!" L'avait défié le concerné.
A ce défi, l'Uzumaki avait regardé sa montre et avait constaté avec stupéfaction qu'en effet, le créneau du dîner était déjà bien avancé. Cependant, il n'avait pas cru que sa princesse ne l'avait pas attendu. A chaque fois qu'il avait été en retard, il avait pu compter sur sa patience et sa présence quand bien même elle en serait tombée malade. D'ailleurs, cela était déjà arrivé et gravement en plus, alors il était inenvisageable qu'elle ne soit pas là, sous son toit. Alors qu'il s'était apprêté à démentir Sasuke à grand coup de pied au derrière, le Vésuve qu'avait été Iruka dévasta Pompéi, faisant trembler les murs de la maison.
"- Naruto ! On s'en contrefiche de tes ramens et de ce que tu crois. Le père d'Hinata l'attendait et elle était déjà en retard.
- Mais elle m'avait dit que…
- Elle n'a pas à accès sa vie sur toi. Elle n'est pas à tes ordres. Tu la prends pour quoi ?!… ta soubrette ?!
- Hey, je ne te permets pas.
- Et bien si, je me le permets justement.
- J'ai juste croisé Sakura et j'ai discuté avec elle en perdant la notion du temps. Ce n'est pas la mer à boire.
- Tu crois vraiment qu'elle est plus importante… Sakura ?! Te savoir en sécurité l'es plus… Mais cela tu ne l'as pas vu, n'est-ce pas ?
- I... Iruka, était tombé des nues le blondinet face à cette colère qu'il en avait reculé d'un pas alors que Sasuke avait été désabusé devant un tel comportement. Calme-toi. Je ne voulais pas te mettre en colère... Je...
- Tu ne te tends peut-être pas compte le sang d'encre qu'on s'est fait. Et ne je ne parle même pas d'Hinata. Elle était morte d'inquiétude et a dû partir la mort dans l'âme, l'avait coupé l'Umino en descendant de ton, mais dont la voix avait toujours été aussi colérique. Alors, maintenant, tu vas te mettre à table, ici et maintenant ! Où étais-tu ?"
Ce fut ainsi qu'Iruka termina son récit face à une jeune femme qui se sentit mal de l'avoir cru aussi cruel vis-à-vis d'elle. La Hyuga s'en voulut. Ce fut ce jour-là que sonna le départ à croire ses doutes et ses angoisses les plus profondes. Son esprit était complètement perdu. Si elle ne s'était pas méprise, en serait-elle là aujourd'hui, à se retirer de la vie de son amour de toujours ? Peut-être pas. Voyant ses pupilles dansées d'incertitude, l'Umino crut qu'il existait une chance qu'elle se ravise. Avait-il réussi à lui faire changer d'avis ?
« - Hinata…
-Je vous demande pardon de vous avoir mal jugé, vraiment, l'interrompit-elle. Cependant, cela ne change rien à ma décision. Vous me dites que Naruto souffre, et je veux bien le croire… J'en suis désolée, mais…, je suis sûre que cela lui passera vite… grâce à ses liens avec Sakura et Sasuke… Il aura vite oublié ses sentiments quand il prendra conscience de la véracité de mes raisons. »
En effet, contrairement à ce que pensait Iruka, ses propos ne l'avaient pas rassuré. Bien au contraire. Cela confirmait que ce jour-là, Naruto avait déjà commencé à faire passer la rose avant elle. Oh elle se rappelait bien de ses explications et de l'intervention d'une certaine madame Haruno, mais celles-ci ne faisaient pas le poids avec ce qui avait suivi. En fait, ce n'était que le sommet de l'iceberg et elle n'avait pas la force de l'expliquer à Iruka. S'inclinant devant l'Umino, Hinata prit alors congé sur ces mots. L'instituteur ne put que la voir disparaître ainsi de leur vie sans savoir comment la retenir.
« - Pardon Naruto… J'aurai au moins tenté. »
Le cœur en peine, il ferma la porte et partit vers le salon. S'affalant dans un fauteuil, il prit son téléphone et appela la seule personne qui saura le soutenir et l'encourager. Sa conversation dura toute la soirée et l'avait soulagé un peu. Il hésita après à appeler Naruto pour finir par décider de lui laisser un peu de temps. C'était la seule chose à faire. Chez elle, après avoir rangé ses affaires, le cœur quand même lourd, Hinata reprit sa vie quotidienne, comme si rien n'était arrivé, inquiétant de plus en plus Hiashi et Hanabi. Quand aux anciens, ils en haussèrent les épaules, s'interdisant de la comprendre. Tant qu'elle restait dans les « standards » de la famille, qu'importait son sort. Neji, quand à lui, était plutôt satisfait de ne plus la voir à la botte de cet enquiquineur. Certes, il n'était pas au courant de la rupture, mais constater qu'elle n'axait plus sa vie sur celle du blond, à courir chez lui à la moindre occasion, lui faisait dire que bientôt il n'aurait plus à les surveiller. Enfin, il allait pouvoir se consacrer à 100 % à ses études et à Tenten.
Ainsi, s'entama le mois de décembre, Hinata s'enfermant dans son quotidien et Naruto faisant face à sa tristesse qui se transforma vite en fierté et en orgueil blessés à force d'avoir un téléphone muet. Il en emprisonna sa raison et son cœur derrière une taciturne aura. Tous deux lui auraient été pourtant bien nécessaires pour comprendre leur séparation et pour se remettre en question. Malheureusement, il avait les nerfs si à vif qu'il restait sourd aux paroles de Sasuke. Ce dernier tendait plus d'une fois à lui en parler et à réfléchir avec lui sur où se situaient sa responsabilité et celle de la jeune femme, mais en vain. Pour le blond, les sacrifices qu'il avait fait pour être digne d'elle ont été piétinés et n'avaient pas été pris en compte. Les deux meilleurs amis avaient même été jusqu'aux mains quand le ténébreux insistait de trop, surtout quand excédé, il commençait à douter, tout comme Hinata, qu'il l'avait choisie pour son nom ou qu'il s'était de nouveau amouracher de Sakura.
Pourtant, ce fut grâce à l'Uchiwa que l'Uzumaki échappa de justesse à passer devant le colonel, dirigeant l'école militaire, pour se faire remonter les bretelles. En effet, un de leurs camarades avait charrié Naruto en lui demandant s'il s'était déjà fait la Hyuga. La rage lui avait alors brûlé les veines et il l'avait envoyé droit dans les tulipes à grands coups de poings. Sasuke était intervenu et avait dispersé l'attroupement en faisant valoir son nom, même s'il détestait en user ainsi, en promettant de faire de leur vie un enfer s'ils en parlaient à quiconque. Toutefois, plusieurs rumeurs circulaient maintenant dans la promotion. Cela allait du il était encore puceau au Hinata était si douée dans l'art du sexe qu'il voulait garder ses secrets pour lui. Heureusement, pour tous, Naruto n'en fit pas grand cas, comme s'il était déconnecté, trop enfermé sur lui-même, enfin quand cela le concernait. Par contre, quand ça touchait l'honneur de son ex, malgré sa douleur, il ne supportait pas qu'on parla ainsi d'elle. Ainsi, tous ceux qui osaient le faire avaient le droit à un Uzumaki prêt à en découdre sans l'intervention de son ombre.
Face à cela, Sasuke arrêta donc de vouloir casser le barrage derrière lequel son ami de toujours s'était réfugié. Et il n'avait pas envi d'engager un nouveau combat pour le fatiguer physiquement et moralement afin d'avoir accès de nouveau à ses émotions, à ses sentiments et ainsi pouvoir renouer le dialogue sur ce sujet délicat. Il prit donc son parti dans la patience. Il s'évertuait donc maintenant à calmer le volcan pour qu'il reprenne son sang froid et redevienne le Naruto qui l'avait aidé à savoir qui il était. Et ce n'était pas une mince à faire, surtout quand ils retournaient à Konoha. En effet, ils ne pouvaient rester calfeutrer à l'école militaire. Ainsi, les deux meilleurs amis y revinrent dès le premier vendredi après-midi de décembre. Juugo fut content de voir Sasuke, mais déchanta un peu quand il vit son visage débité. En cet instant, il comprit que sa semaine n'avait pas été de tout repos.
Quant à Naruto, il ne dit mots et passa devant Iruka sans le regarder. Ce dernier le suivit du regard alors qu'il allait s'enfermer dans sa suite avant de se tourner vers l'Uchiwa qui hocha négativement la tête. Son visage affichait un air désolé et l'instituteur comprit. Son fils adoptif n'avait pas encore digéré la pilule et en fut vraiment meurtri. Il ne souffrait pas pour lui-même mais pour la personne du blond. Comment pouvaient-ils l'aider à se sortir de ce nuage noir ? Ce fut ainsi pendant tout le reste du jour. Le blond faisait tout pour éviter son tuteur, mais surtout il appréhendait de revoir Hinata le lendemain. Tout le groupe avait décidé de passer du temps ensemble autour de la patinoire. Sasuke avait réussi à le convaincre de l'accompagner en s'attaquant à sa fierté. Ce ne fut pas très glorieux de sa part, mais insinuer qu'il se comportait en lâche, ayant peur de se confronter à elle, de se voir piétiner fut la seule idée qui lui était venue pour le faire sortir prendre l'air. Refusant cette image, Naruto avait donc cédé.
Quand il arriva, celle qui habitait encore toutes ses pensées y était déjà présente. Elle était là, avec la plupart de leurs amis, dans son manteau à peau de mouton, un bonnet blanc sur la tête, des mèches de cheveux s'y échappant et virevoltant dans la brise. Elle était si belle à ses yeux, surtout avec ce halo de lumière qui l'entourait. Il n'y avait qu'elle en cet instant, là devant ses yeux. Les autres ne comptaient pas. Son cœur battait la chamade qu'il aurait pu à la seconde oublier toute sa rancœur si elle venait à l'instant lui demander pardon et de repartir à zéro. Oui, en cet instant, il aurait pu la serrer dans ses bras et le lui accorder sans aucune once d'hésitation. Malheureusement, ce fantasme ne fut que de courte durée quand dans un mouvement possessif, il vit un bras se poser sur les épaules de celle qu'il aimait encore. A l'autre bout, se tenait Kiba, souriant comme un beau diable et qui le défiait du regard. Cela eut le don de planter encore plus profondément le couteau qui lui labourait le cœur. Et si… ? Non il ne pouvait pas imaginer une seule minute cette hypothèse.
Ce fut donc avec un air sombre et renfermé que Naruto, blessé dans son orgueil autant que dans ses sentiments, continua à avancer vers le petit groupe. Son avancée ne se fit pas dans la discrétion et Hinata le vit. A cette image de l'homme pour qui elle nourrissait encore un amour immense, elle se dégagea de la prise de Kiba et s'éloigna un peu de lui en baissant la tête. Etait-ce de gêne ou de honte ? Même elle l'ignorait. Elle était certaine d'une chose. Iruka avait eu raison. Il avait mal. Cela se voyait dans ses pupilles bleus où plus aucune lumière d'espièglerie ne régnait. Etait-ce pour le préserver d'une nouvelle blessure qu'elle repoussa son meilleur ami ou se préserver elle-même ? Au fond que elle désirait-t-elle ? Que son ex ne se méprenne pas et qu'il ne se fasse pas de fausse idée croyant que c'était pour se mettre avec l'Inuzuka qu'elle avait rompu ? Surement.
En tout cas, face à cette aura blessée, elle douta de sa décision et encore plus quand elle constata qu'il salua tout le monde, sauf elle, étonnant toute l'assistance. Avait-il compris son action ? Une amitié était-elle encore possible ? En cet instant, elle n'était plus très sûre. Tenten la regarda d'un air interrogateur, alors que Temari était prête à envoyer son coup de poing dans la tête de ce blondinet pour avoir ignoré de façon aussi ostentatoire celle qui était encore à leurs yeux sa petite-amie. D'ailleurs, l'Uzumaki vit sa ligne de vie diminuée de façon drastique quand une jeune femme aux cheveux roses, venant tout juste d'arriver, se jeta sur son dos en guise de salut. Après avoir repris son équilibre, le blond se tourna vers elle et lui fit la bise avant de la serrer dans ses bras. Il était heureux de voir la seule personne sur qui il pouvait compter vraiment. Bon, il avait aussi Sasuke, mais il l'énervait en s'obstinant à ne pas le comprendre et à vouloir lui faire porter le chapeau. Face à ce spectacle, tous eurent le souffle coupé, avant que deux rages s'éveillent d'un coup. Comment osait-il ?
Le fils adoptif d'Iruka trouva son salut dans l'intervention de Shikamaru et de Shino, le premier retenant sa petite-amie, le second le cousin. Tous deux, loin d'être bêtes, avaient compris que quelque chose se tramait sous tout ça. D'ailleurs, tous jetèrent un regard sur Hinata dont le visage était caché derrière sa mèche, et tellement elle semblait fascinée par le sol. Pourtant, elle ne cessait du coin de l'œil à assister à un Naruto, la face moins orageuse, entrainant un peu à l'écart Sakura, alors qu'il n'était que noirceur la minute d'avant. Il foudroya même son ex du regard en partant, la narguant et lui faisant bien comprendre que sa présence à elle l'indisposait. A cette vue, les hésitations de la Hyuga s'envolèrent. Ce qui se passait devant elle lui donnait raison dans sa décision. Au fond de lui résidait toujours son amour de jeunesse et personne d'autre. Elle voulut alors être heureuse pour lui. Voulant rassurer ses amis sur ce point, elle releva le visage, abordant un fin sourire.
Malheureusement, tout ceux qui la connaissaient bien y virent de la fausseté, surtout quand un voile de tristesse recouvrait ses blanches pupilles. Car oui, le voir ainsi, confortant son idée qu'il n'avait jamais cessé d'aimer l'Haruno, lui faisait mal, même si la rupture était de son chef. De toute manière, Hinata se disait qu'elle aurait dû le savoir que leur romance avait été destinée à s'écrouler dès le départ. Au moins, elle aura vécu son rêve pendant un petit moment et elle aura su sauvegarder ses convictions, d'ailleurs, vu la finalité, heureusement. Au fond, peut-être que c'était pour ça aussi, qu'elle avait eu tant de mal à départager ce qu'elle désirait. Elle avait sans doute pressenti l'échec depuis bien longtemps. Elle était maintenant décidée à préserver dans sa mémoire les bons souvenirs, enfin, en espérant qu'ils ne soient pas supplantés par les plus mauvais.
De son côté, la rose fut aussi le témoin de cette risette toute sauf véridique. Voulant recevoir des réponses à ses questions, elle se pencha vers Naruto. Cependant, elle garda le silence face à ce qu'elle voyait. Le jeune homme ne souriait pas parce qu'il était heureux de la voir, bien que c'était en partie vrai, mais il existait une étincelle de sournoiserie au fin fond. Elle le sentait et elle n'était pas loin de la vérité. En effet, dans la tête du blond, c'était le branlebas de combat. Puisque son ex était persuadée qu'il préférait sa meilleure amie, alors il allait lui en donner une raison de le penser. Au moins, elle pourra vraiment le lui envoyer dans la figure cette fois. Ce ne sera plus un mensonge. Il était tellement plongé dans cette perspective de lui faire payer l'écrasement de son cœur qu'il resta aveugle à son affliction et au fait qu'Hinata renonçait à eux pour son bonheur à lui, quitte à le voir avec une femme qui, selon son jugement, lui correspondait mieux qu'elle..
Oui, Naruto resta ainsi dans sa bulle, sans être capable de déchiffrer derrière les opalines de celle à qui il avait encore déclaré sa flamme dans le but ultime de la garder près de lui il y avait quelques jours, la souffrance qui l'habitait. Tournant enfin son attention sur Sakura, il vit son air interrogatif et soufflant, s'empressa de répondre à sa question muette. Elle saura le conseiller au fond. Il lui livra donc la vérité. En l'entendant, la rose en écarquilla les yeux en tremblant de tout son corps. De leur côté, les amis des deux anciens amoureux hésitaient à bombarder la Hyuga de leurs interrogations, Sasuke et Juugo refusant de divulguer l'information cruciale, comme ils l'avaient promis. D'ailleurs, à force d'être harcelés, les deux amants rejoignirent leur compagnon dans son éloignement en attendant qu'enfin, tous se décident à rentrer au sein de la patinoire, bien qu'une petite voix leur disait que celle-ci ne pourra pas se targuer de les voir en son sein.
En effet, certains d'eux étaient concentrés ailleurs, puisque Neji et Temari aboyaient sur les personnes qui les avaient empêchés de refaire le portrait de ce traître. Karui aurait bien porté assistance à sa consœur au sang chaud, mais elle avait tellement d'autres soucis en tête avec un Choji qui ne dormait qu'avec de l'inquiétude dans le ventre à force de s'en faire pour sa propre cousine que les soucis d'Hinata lui passaient à des années lumières. Matsuri aussi avait d'autres problèmes et jetait des coups d'œil à son propre petit-ami qui restait aussi stoïque qu'à l'accoutumée, bien qu'un léger froncement de sourcils était présent sur son front. Quand à Ino, elle était trop absorbée et préoccupée par l'image de Sakura dans les bras de Naruto qu'elle en oublia de faire sa commère. Finalement, Kiba fut celui qui se désigna comme le porte parole, mais il fut devancé.
« - Hinata, je viens d'apprendre la nouvelle.»
Tous se retournèrent et purent voir une Haruno, le visage peiné, bien que dans ses yeux une lueur étrange que seule Ino put voir brillait.
« - Je suis vraiment désolée que cela n'ait pas marché entre vous.
- Quoi !? Crièrent leurs amis. Qu'est-ce que cela veut dire ?
-… Je… J'ai rompu avec Naruto, » se résout à avouer l'héritière.
Cette nouvelle eut l'effet d'une bombe dans tout le groupe. Personne n'aurait imaginé que cela aurait pu arriver et pourtant… Comme quoi rien n'était certain dans ce monde. La réaction de chacun était aussi différente que leur personnalité était aussi diversifiée. Beaucoup en furent désolé pour l'ancien couple, les plaignant tous les deux. En tout cas, ils comprirent un peu plus le comportement de Naruto, mais quand même, ce dernier était un peu exagéré. Cependant, contrairement à ce qu'elle aurait pu le penser, Tenten, bien que touchée par l'affliction d'Hinata qu'elle avait vite identifié, se sentait comme soulager et s'en voulut pour ça. Quand à Ino, elle n'arrêtait pas de fixer Sakura, un doute dans le cœur. Elle espérait qu'elle n'avait rien à voir là dedans.
« - Il fallait s'y attendre, déclara Temari en croisant les bras sous sa poitrine. Vu son comportement, cela ne m'étonne pas. Moi, ce qui me sidère est que tu ais attendu aussi longtemps pour le faire. Il t'en a fait pas mal baver quand même… D'ailleurs, c'était à prévoir depuis le début. Personnellement, j'ai toujours douté de ses sentiments pour toi, surtout avec tout son cinéma avec toi Sakura.
- Hey, je n'y suis pour rien moi dans cette rupture, répliqua cette dernière. Je te fais remarquer que j'étais là pour les aider… Bon je reconnais que je n'ai pas été sympa au début, mais j'ai réparé mon erreur.
- C'est vrai, mais depuis des années, il criait sur tous les toits son amour pour toi et du jour au lendemain, il reporte tout sur Hinata. Moi, j'ai toujours trouvé ça louche. Je vous rappelle que je vous en ai déjà parlé et…
- Galère, Temari, intervint Shikamaru. Ca ne nous regarde pas, alors laisse couler. Ce sont leurs affaires. Ne remous pas le couteau dans la plaie. Tu ne vois pas qu'Hinata n'a pas besoin d'entendre tes doutes. »
A cette remarque, la No'Sabaku ne put que penser qu'il avait raison. Devant elle, la concernée semblait porter le monde sur les épaules, un poids tombant sur elle à chacune de ses paroles. C'était vrai que Temari lui en avait déjà touché un mot. Cependant, savoir que certains d'entre eux nourrissaient ce genre de suppositions depuis qu'elle était avec Naruto lui faisait vraiment mal. Elle, qui croyait que cela n'était arrivé à leur esprit que quand il avait commencé à ne plus s'impliquer dans leur couple, venait de tomber de haut. Alors ils pensaient que toute manière, elle n'avait jamais eu sa chance d'y arriver depuis le tout début. Soupirant un bon coup pour éviter de craquer devant eux, elle refusa de détourner le visage et leur sourit quand même.
« - Ce n'est pas grave, Shikamaru.
-Et bien moi, je trouve ça grave, » affirma une voix d'outre tombe.
Tous se retournèrent pour voir Sasuke qui fut de retour auprès d'eux. Il s'était avancé vers eux pour savoir ce qu'ils décidaient par rapport à la patinoire, laissant à quelques mètres de là Juugo et Naruto. L'activité était-elle toujours d'actualité ou pas. Il avait alors espionné la fin de la conversation.
« - Vous n'êtes que des hypocrites. Vous tous, vous étiez bien heureux quand Naruto a choisi Hinata et quand il s'est déclaré. Vous étiez tous contents, en les félicitant, quand ils ont formé un couple… Et maintenant qu'ils ne le sont plus, vous critiquez sans vergogne…
-Sasuke, on ne pense pas tous ainsi, tenta Ino.
- Ah ouais, la foudroya-t-il. Alors pourquoi je n'ai pas entendu un seul d'entre vous contredire Temari ? Pourquoi aucun d'entre vous n'a tenté de discuter avec lui pour l'aider à voir ses erreurs, à part Sakura et moi ?
- Cela ne nous regardait pas, tenta de se défendre la petite amie de Shikamaru sous le regard de celui-ci qui lui rappelait qu'elle s'en était mêlée, mais pas dans le bon sens du terme.
- Dit celle qui essaie de se cacher derrière l'excuse de son copain… Vous êtes tellement plongé dans vos vies confortables que vous ne voyez pas plus loin que votre nez. Et pourtant, vous étiez tous témoin de l'acharnement de Sakura en premier lieu, mais qui a su heureusement faire preuve de repentance, et ensuite de Neji, ainsi que de Kiba pour nuire à leur couple, mais vous n'avez rien fait, à part peut-être Tenten.»
A l'énonciation de leur nom, les deux interpelés voulurent se jeter sur leur accusateur, mais encore une fois, ils en furent empêchés par les mêmes protagonistes. Ces derniers ne pouvaient pas donner tord à l'Uchiwa, bien que l'aimée du Hyuga sentit une pointe de culpabilité d'avoir prié pour ne plus avoir à se prendre la tête avec cette histoire. Par contre, jamais elle n'avait souhaité cette fin. Les trois jeunes hommes se défièrent tout de même du regard. Un silence suivit ce duel qui fit monter la rage de Sasuke et le malaise d'Hinata. Jamais elle n'avait voulu en arriver là et que cela tourna ainsi. Elle qui espérait retrouver une vie tranquille, comme avant, elle devait se rendre à l'évidence. C'était un souhait dessué de sens
«- Après tout ce qu'il a fait pour vous, vous êtes prêts à tout lui mettre sur le dos. Oui, il a commis des erreurs, mais il en paye aujourd'hui le prix et il n'a pas besoin que vous lui cassiez du sucre sur le dos... Il souffre et vous ne le voyez même pas…
- C'est faux, vociféra Karui. Nous aussi, nous avons nos problèmes, figure-toi.
- Au point de le prendre comme défouloir, sans doute.
-…
- Putain, vous me dégoûtez ! »
Leur tournant le dos avec la ferme intention de rejoindre ses deux compères, Sasuke eut une dernière parole.
« - Hinata.
-Ou… Oui ?!
- Malgré ce que son comportement t'a fait penser, Naruto t'aime et c'est pourquoi aujourd'hui, il a fermé son cœur… J'espère que quand tu t'en rendras compte, il ne sera pas trop tard que ce soit autant pour lui que pour toi. »
Sur ce, il quitta le groupe et rejoignit ses deux acolytes. Aucuns des deux n'eurent besoin d'un long discours pour comprendre que leur excursion se terminait ici et maintenant. Le trio prit alors la direction opposée à la patinoire dans un silence monastique. Face à cela, Sakura regarda le groupe, puis Ino avant de prendre aussi la poudre d'escampette.
« - Où tu vas Sakura, lui cria la Yamanaka.
-Désolée Ino, mais je suis d'accord avec Sasuke, lui répondit la rose ne stoppant sa course quelques secondes. Alors je vais les rejoindre. Faites ce que vous voulez. »
A peine son petit discours fini, que la rose courut et se retrouva rapidement à la hauteur de ses deux meilleurs amis et de leur accompagnateur. La voyant à ses côtés, Naruto lui en fut reconnaissant et lui proposa même son bras auquel elle s'empressa de s'accrocher, en toute amitié bien sûr et sous le regard quand même suspicieux de Sasuke. Bien que ce dernier les ait défendus, sa mémoire était intacte et il n'oubliait pas le harcèlement de l'Haruno sur son frère de cœur par le passé. Il espérait juste qu'elle n'ait vraiment rien à se reprocher sur la rupture, et qu'elle ne profitera pas de cette souffrance pour tenter sa chance. Ce ne serait ni bon pour elle, ni bon pour lui car son frère de cœur n'était pas encore en état d'oublier Hinata et de s'ouvrir à un autre amour sans risquer de se blesser ou de blesser l'autre. En pensant à la Hyuga, cette dernière n'arrivait pas à détacher ses yeux du dos de l'Uzumaki, un frisson la parcourant.
Les paroles de Sasuke ne cessaient de tourner dans sa tête. Naruto l'aimerait-il vraiment ? Malheureusement, voir la tête de la rose se poser sur son épaule alors qu'il lui embrassait les cheveux en attendant à un passage piéton sonna le glas de cet espoir. De toute manière, ce n'était pas le seul problème, car quel que soient ses sentiments ou les siens, elle ne pouvait pas lui accorder ce qu'il souhaitait d'elle, alors à quoi bon revenir en arrière. Sakura saura le rendre heureux. N'ayant plus du tout envie de patiner, se sentant coupable d'avoir entraîné de la zizanie entre tous ses amis, elle préféra alors prendre congé à son tour en direction de chez elle. Elle fut alors accompagnée de Neji, Tenten, et du duo des inséparables, Shino et Kiba.
D'ailleurs, ce dernier avait un sourire béat inscrit dans son esprit, bien qu'il faisait en sorte de ne pas le montrer à Hinata. Dès qu'elle se tournait vers lui, ce fut un air compatissant qu'il affichait. Cependant, au fond de lui, il savourait sa victoire. Il avait prouvé que les sentiments du blond n'étaient pas si solides que cela, quoi qu'en disait Sasuke. Il fallait le voir avec Sakura. Naruto avait échoué à lui montrer sa combattivité à tout faire pour choyer l'ange qui se trouvait à marcher devant lui avec toute la tristesse du monde, même à résister à la moindre difficulté. Quand aux autres, ils se dispersèrent aussi, certains dans l'indifférence de la situation, d'autres en pleine réflexions sur les paroles de l'Uchiwa.
