Pendant ce temps, dans le quartier de Naruto, les deux colocataires de ce dernier mettaient un point final à leur préparation culinaire, alors que le troisième larron était toujours dans son isolement sportif, s'efforçant de ne plus penser à rien. Toutefois, bientôt la bulle de l'Uzumaki allait exploser quand le moment de le prévenir arriva. D'ailleurs, il eut un moment de fluctuation entre Juugo et Sasuke quand il fallut choisir un volontaire pour cela et peut-être faire face à un ouragan de mécontentement. Ce fut finalement l'Uchiwa qui se dévoua pour l'affronter. Quand il ouvrit la porte de la salle de sport, il y découvrit un blond torse nu et en plein effort physique sur des pompes. Au moment où il entraperçut son frère de cœur, ce dernier assombrit son regard, ne cessant pas pour autant ses mouvements.
« - Qu'est-ce que tu veux Sasuke ?
- Te prévenir que le repas est prêt.
- Je n'ai pas faim. »
A cette réponse qu'il aurait pariée, le ténébreux en souffla débité. Il en avait marre d'essuyer les sauts d'humeur de son camarade de toujours.
« - Ce n'est pas parce que tu as le cœur brisé que tu dois faire passer tes nerfs sur nous, Naruto. Ce n'est pas notre faute si tu n'as pas su garder Hinata près de toi. »
Cette allusion perça le barrage du blond qui d'un bon, se trouva à empoigner Sasuke par le col de son t-shirt. Il plongea ses pupilles remplies de noirceur et de colère dans celles calmes et froides de son meilleur ami.
«- Toi, tu devrais arrêter d'insinuer que tout est de ma faute. C'est Hinata qui a rompu, pas moi.
-Et toi, tu agis comme un gamin capricieux qui n'a pas réussi à avoir le dernier jouet à la mode. Grandis un peu, répliqua le ténébreux en se libérant brutalement de sa prise. Je suis ton ami, et c'est parce que je le suis que je te ceci… Tu es pathétique. »
Naruto était interdit par ce discours qu'il en eut le souffle coupé. Il en baissa aussi ses yeux furibonds, snobant son meilleur ami qui ajusta son vêtement.
« - Ami, se mit en colère l'Uzumaki. Tu oses me dire que tu es mon ami… Alors pourquoi tu ne me soutiens pas ? Tu devrais être dans mon camp.
- Parce que Hinata est aussi mon amie, se défendit son camarade. Je suis prêt à t'écouter, à subir tes sauts d'humeur, mais je n'ai pas à en choisir un plus que l'autre. Par amitié, je ne peux que te donner mon avis et faire preuve de neutralité.
-…
- Je t'avais prévenu, Naruto, que tu t'avançais sur une pente raide en agissant comme tu l'as fait, mais tu ne m'as pas écouté. Je comprends qu'Hinata ait atteint sa limite, à force de tourner en rond. Tout comme un couple se construit à deux, il se détruit aussi à deux. Elle a certainement fait des erreurs et a sa part de responsabilité. Toutefois, toi aussi… Reconnais la tienne et avance en assumant les conséquences..., surtout si tu souhaites la reconquérir. »
A ces derniers mots, le blond releva le visage en le fixant d'un air ahuri comme si Sasuke venait de dire une ânerie avant de fuir à nouveau le regard pénétrant de ce dernier en serrant la mâchoire et les poings.
« - Qui te dis ce que c'est ce que je veux faire ? Pourquoi retourner auprès de celle qui m'a brisé le cœur ? Afin qu'elle me le broie encore une fois… Sans façon merci, défia Naruto d'un ton acerbe et mauvais.
Néanmoins, celui-ci ne fit ni chaud, ni froid à l'Uchiwa. Il était conscient que son compagnon agissait ainsi juste pour avoir le dernier mot et ne pas montrer sa souffrance. En fait, il n'arrivait pas à le croire. C'était un persévérant têtu, que ce soit dans le bon ou le mauvais sens, du terme leur blondinet. Cela venait de lui jouer un mauvais tour, en lui faisant perdre sa belle. Il espérait juste que son frère de cœur en tire une leçon au lieu de s'enfermer, mais pour cela, il faudrait qu'il sorte sa tête du trou de sable où il l'avait enfoncé. Se retournant dans l'intention de remonter à l'étage, ayant accompli sa mission, il eut tout de même une dernière parole pour lui.
« - Faire ton deuil d'Hinata ?... C'est ton droit le plus légitime si c'est ce que tu veux, mais… arrête d'en vouloir au monde entier et aux gens qui t'aiment… Notamment à Iruka. Ce n'est pas de sa faute s'il s'est engagé dans une histoire au même moment où tu étais évincé de la tienne.
-…
- En plus, rester dans ton orgueil et ta fierté blessée ne te va pas du tout… et encore moins la vengeance en te servant de Sakura… Tout comme te trouver un bouc-émissaire ne t'aidera pas à aller mieux, te venger ainsi ne te fera pas avancer… Ce n'est pas toi ça.
-…
- Sur ce, moi j'ai faim… Tu fais ce que tu veux. »
Son monologue terminé, il partit et disparut en direction de la salle à manger, laissant à sa réflexion Naruto. La tête de ce dernier était en fumée presque à force de ressasser les paroles de son ami. Cependant, la migraine le gagna. De plus, ses nerfs à fleur de peau ne l'aidaient pas à donner leur juste sagesse aux mots de Sasuke. Soufflant, il lui donna toute foi raison sur une chose. Il n'avait pas à se défouler sur ses deux colocataires qui n'y étaient pour rien… En ce qui concernait Iruka, il avait encore un peu de mal. En effet, l'image de son père adoptif, main dans la main avec cette Mei, lui restait encore au travers de la gorge. Laissant cela de côté pour le moment, il décida tout compte fait de partager un repas cordial avec ses camarades. Il remonta donc. Malheureusement, le sort semblait vouloir s'acharner sur lui.
En effet, au moment où il atteignit le couloir qui le mènerait à la salle à manger, il tomba nez à nez avec son père adoptif qui venait de rentrer. Ce dernier, pris par surprise, en eut un mouvement de recul avant de se raviser. Reconnaissant son pupille, il tenta un léger sourire en le saluant. Il eut un simple bonsoir comme guise de réponse. Bien que très succinct comme échange, ce fut une agréable surprise pour Iruka qui avait eu droit au silence et au mépris du blond pendant des jours. La tentation de débuter une discussion fut alors forte pour l'Umino, ne supportant pas leur situation, afin d'arranger les choses entre eux. De son côté, Naruto repensa aux paroles de Sasuke. Face ce visage embarrassé et où il pouvait lire le désarroi, il reconnut que lui aussi était fatigué de faire la tête à l'homme qui l'avait élevé. Dans un même mouvement, les deux firent entendre leur voix. Face à cela, les deux se sourirent amusés tout de même de cette conjoncture. Puis, d'un geste, Iruka invita son fils adoptif à s'exprimer en premier.
« -Ecoute, Iruka, je…, » commença l'Uzumaki.
- Ah, Naruto, tu es sorti de ton antre. Tu t'ais donc décidé à manger avec nous ou je retire ton…, l'interpella Juugo, sortant de la salle à manger après avoir entendu le bruit qu'ils faisaient dans le couloir et s'arrêtant quand il s'aperçut qu'il n'était pas seul. Tiens bonsoir Iruka.
- Bonsoir Juugo. Je ne m'attendais pas à vous trouver ici ce soir. Vous n'étiez pas sensés être entre amis ?
- Si, mais nos plans ont changé à la dernière minute… Tu partages notre repas ? Il est prêt et j'avoue m'être un peu défoulé sur la quantité.
- Je veux bien, merci.
- Bon, je vais aller alors mettre un couvert de plus sur la table. »
A cette invitation, Iruka se tendit en se grattant le cou d'une main. Cette attitude gênée interloqua Naruto qui ne comprenait pas en quoi l'initiative de l'amant de Sasuke soit bizarre.
« - Si tu pouvais en mettre deux, je t'en serai reconnaissant. »
Un deuxième ? Pourquoi, s'interrogea l'Uzumaki quand il porta son regard vers le fond du couloir. Un mouvement flou l'avait interpelé avant d'apercevoir une silhouette d'une personne dont il fit la connaissance dans des circonstances bien douloureuses. Cette dernière était là, comme figée depuis qu'elle l'avait vu dans l'attente de la suite. Alors c'était pour ça. Il réalisa alors qu'il allait devoir partager un repas avec cette Mei. Cette idée lui était pour le moment insupportable. De son côté, acceptant sans se poser plus de questions, le roux les quitta pour s'exécuter, alors que de la salle à manger, Sasuke espionnait le déroulement des événements, ne désirant pas intervenir. En effet, une tension était née en son meilleur ami face à l'invitée d'Iruka. Qu'allait faire Naruto ? Tolérer la présence de cette femme ou lui ordonner de quitter les lieux au risque de déclencher un autre esclandre ?
A cette dernière éventualité, il se tint donc prêt à s'interposer. D'ailleurs, face à cette aura malsaine, l'Umino en fut très étonné, surtout quand il le vit serrer les poings et froncer les sourcils. Remarquant qu'il n'avait plus les yeux rivés sur lui, mais au-dessus du son épaule, intrigué, il se retourna et comprit. Fermant les yeux, il en souffla avant de se concentrer de nouveau sur le jeune sous-lieutenant. Celui-ci tentait de se contenir en essayant d'oublier son ressentiment, se raccrochant à son souhait, ou du moins à sa tentative, de retrouver une relation normale avec son père adoptif. Cependant, ce sentiment était encore profondément encré en lui et la revoir réveillait sa blessure. Toutefois, Naruto réussit à résister à hurler et à la prendre pour la dégager de chez lui. Il se répétait inlassablement que ce n'était pas la solution, qu'il valait mieux que cela, tel un leitmotiv.
Il préféra finalement s'éloigner, abandonnant cette chance de réconciliation, et enfonçant ses mains dans ses poches. A ce geste montrant une certaine résignation, un petit espoir étreint le cœur d'Iruka, ainsi que de sa compagne qui ne désirait qu'une chose, une meilleure entente, mais ils furent tout deux déçus. En effet, au lieu de se diriger vers la salle à manger, il prit la direction opposée. Il passa donc devant Iruka qui fut désolé d'un tel déroulement, alors qu'ils étaient à deux doigts de discuter. Il le fut encore plus quand Naruto l'interpella une dernière fois, suspendant quelques secondes ses pas.
« - Tu m'excuseras auprès de Sasuke… Je n'ai plus faim tout d'un coup.
-Naruto, tenta l'Umino avant de s'aviser. Très bien.
- Je vais faire un tour, alors ne m'attendez pas. J'ai besoin de sortir. »
Sur ce, l'Uzumaki repartit. Puis, ce fut au tour de Mei d'être dépassée par ce dernier qui ne la regarda pas, l'ignorant royalement. D'un côté, elle s'avouait préférer ce genre d'attitude, plutôt que la violence de leur dernière rencontre. De l'autre, voir la déception dans les yeux de son petit-ami et sa tristesse d'un tel éloignement était devenu un rappel à sa culpabilité. Ne voulant plus fuir et désireuse de prendre ses responsabilités, elle prit son courage à deux mains et emboita le pas au blond. Mei le retrouva dans le hall de l'entrée, son blouson de motard sur le dos, prêt à chevaucher sa bécane.
« - Attendez ! J'aimerai vous parler.»
A cette interpellation, Naruto suspendit son geste qui était de se saisir son casque et la regarda. La snobant à nouveau, il garda le silence et continua son action. Cependant, ce n'était pas sans compter la détermination de la dame.
« - Je vous en prie. Cela ne prendra pas longtemps.
-Moi, je n'ai pas envi de vous écouter. De toute façon, qu'est-ce vous faire là ? Je vous avais interdit de revenir chez moi, » l'envoya balader le jeune homme qui entra dans le garage.
Toutefois, il ne fut pas le seul, car Mei le suivit de près, prête à en découdre. Alors qu'il ouvrit la porte, il entendit d'ailleurs sa voix montée derrière lui.
« - Je suis présente ce soir sous invitation d'Iruka, car il était certain que vous passiez la soirée à l'extérieur. Je serai partie avant votre retour pour respecter votre souhait de ne plus me voir.»
Malheureusement pour elle, Naruto fit mine de ne pas l'entendre et entreprit de rejoindre sa monture comme si rien n'était. En fait, ses oreilles avaient tout perçu, mais savoir que son père adoptif profitait de son absence pour batifoler ne l'enchantait guère. C'était tout le contraire et bien pire qu'elle imaginerait. Voulant prendre ses distances le plus rapidement possible avec elle, il avait décidé de ne rien répliquer. Néanmoins, il trouva un obstacle devant lui en la personne de la petite-amie d'Iruka. Son attitude enflamma la rage de l'Uzumaki. Comment osait-elle ? Alors qu'il lui avait fait l'honneur de la savoir sous son toit, sans exiger son renvoi. Il avait fait preuve de tolérance et c'était ainsi qu'elle le remerciait ? En venant l'enquiquiner ! Il allait lui balancer le fin fond de sa pensée au visage qu'un spectacle le cloua sur place. Devant lui, Mei inclina son buste en avant, dans une attitude proscrite.
« - Pardon, je vous demande pardon pour ce qui s'est passé, s'excusa-t-elle d'une voix certes déterminée, mais tremblante d'émotions sincères avant de se redresser. Je n'ai jamais cherché à vous nuire ou à entraîner la fin de votre couple.
-…
- Je sais que vous ne me voulez pas me voir à cause de ça. J'aurai voulu que notre rencontre se fasse dans des circonstances totalement différentes… Cependant, votre ressentiment doit-il vraiment faire le malheur des gens que vous aimez et qui vous aiment ? N'ont-ils pas le droit au bonheur ? Manquez-vous tant que ça de maturité ?
- Qui vous permet de me faire la morale ? Vous n'êtes personnes pour moi. Vous ne pouvez pas comprendre.
- Oh si, je vous comprends, bien plus que vous le croyez, le contredit Mei d'un ton qui était sans appel et si convainquant que cela cloua Naruto. J'ai tout à fait consciente de la souffrance que cela procure. Je l'ai vécu, ainsi que l'autre côté de la barrière et bien plus que vous le pensez. C'est pourquoi je suis devant vous, là maintenant. C'est pourquoi j'ai tenté de parler à mademoiselle Hyuga quand…
- Vous lui avez parlé, n'en revenait pas l'Uzumaki.
- Oui, reconnut son interlocutrice. Avant votre rupture… Je… je lui ai tout raconté, jusqu'à mon histoire pour la convaincre de ne pas vous quitter à cause du terrible malentendu de ce jour-là… Malheureusement, cela n'a pas suffi, visiblement.
- Ouais, visiblement, serra des poings Naruto qui n'en revenait pas.
- Je sais que face à cette douleur, on essaie de trouver un coupable sur qui on déverse sa peine, quitte à faire du mal à son entourage ou à la personne qui a rompu... Cependant, c'est comme une fuite en avant durant lequel on refuse de voir la vérité en face. Nous avons tous une part de responsabilité et il faut savoir le reconnaître pour avancer et recommencer à vivre. Rester dans le passé n'est pas la solution, même si cela fait mal et je sais que je vous le rappelle, d'où votre animosité à mon égard… J'en suis consciente. Cependant…
-…
- Iruka souffre de votre colère et s'en veut. Il souhaiterait tant renouer avec vous que j'ai mal pour lui. Je voudrais y remédier… Vous avez exigé de moi de ne plus mettre les pieds chez vous, et ainsi d'être en votre présence. Je peux le comprendre et je suis prête à l'accepter… Par contre, je refuse de rompre avec lui pour satisfaire le caprice de votre affliction. Iruka et moi avons le droit aussi au bonheur. J'aimerai que ce soit encore le cas pour vous, soyez-en certain, mais maintenant il faut que cela cesse. »
Le monologue de Mei prit fin dans une voix déterminée et prête à défendre sa relation, à ne pas se plier à son injonction. Cette attitude cloua le bec à Naruto. Son humeur passa de la colère à la sidération, de la rage à l'admiration. Oui admiration, même s'il avait du mal à l'admettre. Il était impressionné par le courage de cette femme qui avait pris le risque d'être envoyée sur les roses. Il l'avait tout de même malmenée la dernière fois qu'il l'avait eu devant lui… Et il n'en était pas très fier, il devait se l'avouer. La peur aurait dû la paralyser. Pourtant, elle était là devant lui, plaidant pour son père adoptif et pour le retour à une relation normale, espérant faire mieux connaissance sans doute.
Son cœur ne savait plus quoi choisir. Ses réflexions furent encore quelque peu embrouillées quand la voix d'Iruka se fit entendre. Ce dernier se présenta derrière Mei, posant ses mains sur les épaules de celle-ci, en signe de soutien.
« - Naruto, tu n'es plus un enfant. C'est donc en tant qu'adulte à adulte que nous te parlons avec autant de franchise… Sache que jamais je ne serai resté avec Mei si j'étais certain de son implication dans ta rupture. Comment pourrais-je vivre avec celle qui aura fait ta souffrance ?
-…
- Je ne quitterai pas Mei car je la sais sincère et qu'elle n'a rien à voir avec ce qui s'est passé. Que cela t'enchante ou non, cela ne me fera pas changer d'avis. Elle fait désormais parti de ma vie. J'aimerai que tu lui donnes une chance.
A cela, le blond détourna le visage, se mordant l'intérieur de sa bouche pour ne pas vociférer avec toute sa fureur contre le couple, les doigts empoignant si fort son casque que s'il n'était pas si dur, il exploserait. Toutefois, une petite voix lui soufflait que les deux personnes devant lui disaient vrai en un sens.
« - Nous sommes tous les deux prêts à reconnaître que tu vis un moment difficile dans ta vie et jamais nous le nieront. Nous te donnerons tout le temps dont tu auras besoin pour accepter notre relation… Tu peux être aussi sûr d'une chose. Nous serons toujours là pour toi.
-…
- Maintenant, la balle est dans ton camp, mon grand. »
Ces dernières paroles prononcées, un silence régna dans le garage, mais à la différence des dernières semaines, il n'était pas lourd, mais rempli d'indécision. Sentant qu'il ne pourrait pas compter sur la présence de Naruto durant le repas, d'une invitation douce, Iruka poussa Mei à lui libérer le passage vers sa moto. Ainsi cédée, la distance fut vite avalée par l'Uzumaki qui accrocha son casque au guidon le temps de l'enjamber d'un mouvement souple. Reprenant son bien, il allait l'enfiler qu'il interrompit son geste. Il regarda une dernière fois le couple avant de plonger son regard dans la vision de la route devant lui.
« - Tutoyez-moi. Je ne suis pas si vieux que ça.
-D'a… D'accord, n'en revenait Mei. Si tu en fais de même.
- Mmm, murmura-t-il. En ce qui concerne le reste,…, faites comme vous voulez… Restez ensemble, venir vivre ensemble ici… Ca m'est complètement égal.
- Merci, Naruto. Cela nous touche beaucoup, intervint Iruka qui comprit que derrière ses mots, son fils adoptif tolérait d'une certaine manière leur histoire d'amour.
- Mouais. »
L'Uzumaki enfila ensuite son casque sous les yeux reconnaissant d'une Mei. Après l'avoir attaché, il alluma le moteur et le fit vrombir. Au moment où il allait retirer la béquille pour démarrer, il se tourna une dernière fois vers l'Umino et sa compagne.
« - Par contre,…, c'est tout ce que je peux vous accorder pour le moment. Ne vous attendez pas à ce que je fasse ami-ami. »
A peine prononcer ces mots, il tourna l'accélérateur et sortit du garage pour s'élancer sur la route en direction du centre ville de Konoha. Il réussit tout de même à entendre la voix d'Iruka qui s'éleva dans le vent avec force.
« - Pas de problème. Prends tout ton temps ! »
Car oui, l'instituteur avait très vite identifié le message qui était caché derrière ce verbe quelque peu amer et froid. Naruto n'était pas encore prêt à accepter Mei dans leur vie, mais ne se fermait plus à la recevoir chez eux et peut-être, avec un peu de chance, à la connaître. Enfin, s'il se décidait à sortir de sa bulle et d'extraire sa tête du sable. Il espérait juste que cela ne prendrait pas trop longtemps et que la période des tensions ne sera qu'un vilain souvenir très rapidement. Quand à la femme à ses côtés, c'était tout ce pourquoi elle priait. Elle n'espérait pas tant. Dans le coin de sa tête, une idée naquit. Peut-être pourrait-elle l'aider si l'occasion se présentait ? A ce qu'elle avait pu observer la jeune fille était encore amoureuse, sauf si elle se trompait. Ce qui était toujours une possibilité. Enfin, pour le moment, après avoir refermé le garage pour éviter que le froid ne rentre dans la maison, le couple alla dîner. Pendant ce temps, un sourire sur le visage, Sasuke regardait au travers de la fenêtre la silhouette de Naruto s'éloigner dans cette soirée de décembre.
D'ailleurs, le blond ne mit pas longtemps pour se retrouver dans le centre ville. Se garant, il entreprit de rejoindre son stand de ramen préféré, reconnaissant que son ventre criait famine. Alors qu'il s'installait sur une chaise pour commander et discuter avec le gérant qu'il connaissant depuis tant d'années, dans un autre restaurant, un groupe de filles tentait de passer un bon moment entre elles. Au milieu d'elles, se trouvait une jeune femme aux pupilles blanches et aux cheveux bleutés leur souriant et essayant de s'intéresser à la discussion. Il y avait quelques heures alors que Sakura et Ino avait leur discussion, elle avait été tirée de sa sieste par l'entrée de deux furies et d'une meilleure amie toute désolée de la déranger. En effet, rentrant chez elle, Tenten avait croisé Temari, et Karui. Bizarrement Matsuri manquait à l'appel, prétextant que Gaara désirait passer du temps exclusivement avec elle. D'ailleurs, ce cas de figure se présentait de plus en plus, mais sans pour autant alarmer son entourage.
Apprenant qu'Hinata n'avait pas trop le moral, La No Sabaku et sa camarade en ressentirent une pointe de culpabilité. Elles n'auraient peut-être pas dû agir comme elles l'avaient fait devant la patinoire. Laissant alors leurs petits-amis respectifs, elles avaient alors tiré la belle de Neji sous le bras, direction le domaine Huyga. A force d'arguments, toutes avaient réussi à persuader leur compagne à partager une petite soirée entre filles autour d'un bon repas. Arrivées au restaurant qu'elles avaient choisi, elles eurent la surprise d'y voir attabler Ino et Sakura. Cette dernières, les voyant, les invitèrent à les rejoindre. Ce fut donc ainsi qu'Hinata se retrouva à donner le change, enfin au début. En effet, bien qu'un peu réticente au départ, au fil du temps, elle parvint à se détendre et à profiter, jugeant au final que ce n'était pas une si mauvaise idée.
Toutefois, Ino voyait bien qu'une petite ombre était posée sur elle et elle en comprenait la raison. Elle garda quand même le silence, supposant que ce n'était pas le moment de reparler de sa rupture, privilégiant la nouvelle détente qu'elle percevait. Le temps était pour le moment à l'oubli. Les soucis et les prises de tête pouvaient attendre le lendemain. Malheureusement, une personne de leur groupe n'eut pas la même considération.
« - En tout cas, vous ne pouvez pas savoir ce que cela demande comme énergie de sortir ce grand flemmard de sa léthargie. Parfois j'aimerai que Shikamaru ait la même énergie que Kiba ou même Naruto, se mit à rire Temari.
A ce prénom, Hinata se tendit alors que Tenten se tapa le front de la main et qu'Ino foudroya leur amie d'un regard rempli de sous-entendus, même Karui était un peu embêtée. La seule qui ne semblait pas vraiment réagir fut Sakura, qui se contenta de poser des yeux compatissants sur la Hyuga. La blonde aux quatre couettes ne comprit pas tout de suite cette tension quand elle réalisa la teneur de ses propos. Cependant, au lieu de s'excuser, elle eut un autre discours.
« - Ben quoi ?! Je ne vois pas pourquoi j'arrêterai de prononcer le nom de ce crétin fini. Il n'a eu que ce qu'il méritait. Il n'avait qu'à pas se comporter comme le pire petit-ami de l'univers s'il ne voulait pas perdre Hinata. Vous ne pouvez pas le nier… Moi, j'aurai rompu depuis bien longtemps si j'avais été aussi mal traitée.
- Ce n'est pas faux, reconnut Karui alors que Tenten ne savait pas trop où se mettre.
- D'ailleurs, Hinata, revint à la charge Temari. Qu'est-ce qui t'a convaincue à le quitter au final ? »
Ainsi interpellée, mais surtout face à cette interrogation, toutes retinrent leur souffle, reportant leur énorme attention vers la Hyuga. Cette dernière réalisa alors que toutes ses amies se posaient cette question sans oser la lui poser. Elles prouvaient ainsi que oui, l'être humain est une créature nourrissant une soif de curiosité débordante. Une curiosité qui lui avait a permis de conquérir le monde et d'en effleurer sa connaissance. Revenant à la réalité, elle sentit ses joues rougir et le retour de son désir de solitude revenir à grand pas. Finalement, elle aurait dû s'écouter, résister et ne pas les suivre dans leur sortie, surtout si c'était pour subir un interrogatoire. D'un autre côté, plus vite elle règlera cette affaire, plus vite toutes pourront passer à autre chose. En effet, comment leur en vouloir de désirer savoir, elle qui était amoureuse de Naruto depuis si longtemps.
En fait, il fallait qu'elle le reconnaisse, ce qui la gênait le plus était la présence de Sakura. Bien qu'elle ne lui en voulait pas vraiment,…, quoi que peut-être un peu de s'être quelque peu immiscée dans son couple. L'avait-elle fait consciemment ou inconsciemment, ne put-elle s'empêcher de penser. Hinata jeta alors de rapides coups d'œil sur la rose ne sachant pas vraiment si elle pouvait se permettre de révéler tous ses doutes devant elle. Et puis, elle ne désirait pas du tout déballer son intimité concernant l'empressement de Naruto et son incapacité à répondre à ses désirs. Comment répondre sans tout dévoiler et se préserver ? Elle savait par expérience que Temari et Karui ne lâcheraient pas l'affaire. Etrangement, bien que friande de potins, Ino semblait bien gênée de voir leurs amies à la pousser à la confidence.
Quand à Tenten, elle était consciente que la cousine de Neji était dans une position délicate, persuadée de connaître les raisons de ce silence. La présence de Sakura la bloquait, confirmant que son lien avec Naruto y avait joué un rôle en nourrissant ses doutes. Elle avait bien espionné sa sœur de cœur n'osant pas regarder la rose, comme si elle avait peur de sa réaction, ou alors elle ne voulait pas l'envoyer sur le pilori.
« - Temari, je ne crois pas que ce soit nécessaire, essaya Ino de temporiser. Nous sommes là pour passer un bon moment, pas pour un interrogatoire.
Malheureusement, cette intervention ne suffit pas à faire oublier à Temari sa question qui la réitéra avec empressement, comme si elle n'avait pas entendu l'intervention de leur camarade. Se recroquevillant sur elle-même, et remerciant quand même mentalement la Yamanaka de sa tentative échouée, la Hyuga se tendit encore plus. Que répondre ? Que dire ? Se résignant, persuadée que tant que cette curiosité ne soit assouvie, elle ne sera pas tranquille. Sa voix s'éleva donc d'un ton égal, ne traduisant aucune émotion.
- Disons que nous n'étions pas faits pour être ensemble. Je ne lui correspondais pas et lui ne me correspondait pas.
-C'est tout ? S'exclama la No Sabaku. Allez, nous voulons des détails. Qu'est-ce que tu lui as dit ? Comment il a réagi ? »
Face à cette insistance, Hinata en fut débitée. Pourquoi un tel acharnement ? A croire qu'elle voulait lui faire avouer ses doutes sur Naruto et Sakura, et ainsi la convaincre qu'elle avait bien fait.
« - Je ne suis pas certaine que cela aidera Hinata à oublier si à chaque fois on lui rappelle ces évènements et qu'on la pousse à la confidence, affirma cette dernière. Elle a ses raisons pour avoir rompu et si elle n'a pas envi d'en parler, c'est son droit. Nous devrions l'aider à passer à autre chose, plutôt que l'accabler de la sorte… Sur ce, je vous laisse un instant. Il faut que j'aille aux toilettes. »
La rose partit, la dulcinée de Shikamaru s'assura qu'elle soit assez loin pour tenter de revenir en charge. Malheureusement pour elle, Ino vit son jeu et l'empêcha de reprendre la parole en la devançant.
« - Sinon, qu'est-ce que vous racontez de beau, les filles ?
- C'est moi où tu essais de détourner la conversation sur un autre sujet, la défia Temari.
- Tu n'as pas tord, la soutint Tenten. Excuse-moi Hinata, mais on a bien vu que c'est à cause de Sakura que tu n'oses pas nous répondre. Toutefois, elle a raison. Nous n'avons pas à te pousser à la confidence. Par contre, moi, j'aimerai savoir une chose. Sakura, osera-t-elle en profiter pour sauter sur Naruto maintenant qu'il est libre, oubliant tout lien d'amitié et la blessure que cela risque d'engendrer ?
- Sakura n'est pas comme ça, la défendit Ino. Tu exagères. Je sais que tu ne l'apprécies plus après ce qu'elle a fait l'année dernière, mais elle a changé et a tout fait pour les aider. Ne l'oublie pas. Ce n'est pas sa faute si Naruto s'est comporté comme un crétin.
- Ecoutez les filles, intervint alors Hinata. Je n'ai rien à exiger de Sakura. Elle n'a rien à voir avec ma décision, bien que le comportement de Naruto avec elle m'ait blessée, je l'avoue. A ce que je sache, personne n'a mis un couteau sous sa gorge pour l'obliger à faire ses choix… ou à éprouver encore des sentiments pour elle. Je ne blâme donc personne.
- Ah tu le reconnais enfin, s'extasia Temari, blessant sans le savoir la Hyuga. Tu penses qu'il l'aime encore et peut-être même depuis le début. Je me demande pourquoi être sorti avec toi dans ce cas ? Pour l'oublier ? Pour l'éprouver ? Si c'est ça, je vais l'étriper.
- Je ne suis pas d'accord avec toi, la contredit Tenten. Je pense qu'il a sincèrement aimé Hinata, vu comment il a éconduit Sakura par le passé. Je crois plutôt qu'elle s'est rappelée à son bon souvenir, même qu'en tant qu'amie, réveillant son ancien amour pour elle. Il faut juste espérer que son aide n'était pas que du cinéma pour le prendre et qu'elle ne l'ait pas encouragé dans son comportement par de mauvais conseils.
- Et quand bien même, Sakura ait agi pour le séduire à nouveau, intervint la Hyuga, fatiguée de se faire rappeler ses douloureux doutes et d'être ignorée. Cela n'a plus d'importance. J'aurai dû me rendre compte qu'il n'était pas fait pour moi de toute manière… Nous sommes trop différents et mon amour pour lui n'y changera rien… Donc, si un jour, ils sortent ensemble, je n'ai pas à leur en vouloir s'ils sont heureux ensemble.
- Tu dis donc l'aimer encore, se mit à réfléchir Ino avant de l'interroger d'un coup. Et si ce n'était qu'un malentendu et de la maladresse, que Naruto ne sortira jamais avec Sakura, cette possibilité ne l'effleurant pas son esprit une seule seconde, refusant si elle le lui proposait, et qu'il t'aimait vraiment ? Serais-tu prête à le croire et à accepter de lui donner une seconde chance ? »
Le silence suivit cette interrogation. Toutes retenaient leur respiration, concentrant toute leur concentration sur Hinata. Celle-ci ne savait plus du tout où se mettre, mais surtout quoi répondre. Quand soudain une discussion animée se déroula devant ses yeux. Elle n'en revenait pas. Elle n'aurait jamais imaginé que sa situation entraînerait une petite guerre de verbe entre ses amies. Toutes avaient des opinions différentes. Les plus indépendantes à l'image de Temari et Karui défendaient le fait qu'Hinata n'avait pas à espérer quoi que ce soit, qu'elle serait mieux sans lui. Il ne méritait pas d'être pardonné et qu'elle se jette à nouveau dans ses bras comme ça en lui accordant une seconde chance. Ino avait des propos plus nuancés. Que tout être pouvait changer s'il s'en donnait les moyens, enfin si c'était ce qu'il souhaitait. Bon, elle reconnaissait que pour le moment, ce n'était pas du tout ça concernant Naruto. Cependant, elle pouvait comprendre que dans sa peine, il restait encrer dans sa fierté blessée. Peut-être qu'il lui fallait juste un peu de temps pour le réaliser ses tords et redevenir leur joyeux baka.
«- S'il arrive à passer tout ça, à reconnaître ses erreurs et que le temps nous ramène l'authentique Naruto, faudrait déjà qu'il ressente l'envie de la reconquérir. Il serait peut-être prudent que nous attendions de savoir ce qu'il veut faire avant de faire des plans sur la comète et de conseiller à Hinata d'envisager ou non un retour en arrière, s'éleva la voix de Sakura qui revint à sa place. Ne croyiez-vous pas ? »
Le retour de l'Haruno rendit l'atmosphère autour de la table quelque peu embarrassée, voire gelée. Avait-elle tout entendu ? Si oui, toutes anticipaient sa réaction excessive, mais rien ne vint. Inconsciemment, elles en expirèrent l'air qu'elles avaient toutes retenu. Visiblement, ce n'était pas le cas, ou du moins que la dernière partie, celle de leur dispute. La plus gênée fut Hinata qui ne savait pas trop où se mettre. Faisant comme si rien n'était, la conversation redémarra.
« - Ce n'est pas faux, concéda Temari en réfléchissant. Toi qui as discuté avec lui, crois-tu qu'il mettrait une croix définitive sur cette histoire ? Ce serait étrange qu'il abandonne comme ça si ses sentiments sont sincères.
- Mmm, leva la tête la rose comme si elle pesait ses prochaines paroles. J'avoue que je n'en sais rien. Il ne m'a pas beaucoup parlé de ses projets en la matière. Il peut l'aimer encore, mais il peut très bien, par respect pour sa décision, tout tenter pour les oublier quand il arrêtera de faire sa tête de cochon.
- En se servant de toi, supposa malicieusement Tenten. Mais pourquoi ? Parce qu'il t'aime ? Ou se vengerait-il ? Ce qui est encore plus bizarre venant de lui.
- Dans les deux cas, c'est vrai que son attitude actuelle peut le faire penser, mais je t'assure que je ne le cautionne pas. D'ailleurs, je le lui ais fait la remarque. Il m'a promis de ne plus recommencer. Il souffre, c'est tout et agit en conséquence.
-…
- Personnellement, je conseillerai plutôt à Hinata de continuer à vivre sa vie sans se préoccuper de cela pour le moment et si c'est son désir,…, de passer à autre chose. Après si elle souhaite quand même retenter sa chance, libre à elle. J'espère juste pour elle qu'à ce moment là, il aura appris de ce qui s'est passé… Pourtant qu'est-ce que j'ai pu user de salive pour lui faire comprendre et réfléchir ? En tout cas, je la soutiendrais quelque soit sa décision, cela va de soit.
- Mouais, douta un peu la petite-amie de Neji. Enfin bref… Accepterais-tu de sortir avec lui s'il te le demandait ? Ou même toi, l'aimes-tu encore au point d'envisager d'en prendre l'initiative ?»
A ces questions, Hinata foudroya sa meilleure amie, ne comprenant pas pourquoi elle mettait les pieds dans le plat. Pour l'aider ? Pour savoir à quoi s'attendre ? D'un côté, c'était peut-être une bonne idée pour se préparer psychologiquement à les voir ensemble. Une part d'elle voulait ainsi savoir, mais une seconde partie d'elle…
« - Excusez-moi, mais j'ai besoin de prendre l'air, » prit-elle congé, écoutant celle-ci.
Aussitôt dit, aussitôt fait, la Huyga se leva et prenant son manteau, sortit du restaurant. Cette fuite laissa pantois ses amies qui la suivirent de leurs yeux avant de lancer sur Tenten un regard de reproches. Cette dernière se sentit très mal d'avoir poussé cet interrogatoire plus en avant depuis l'arrivée de la rose. Ce n'était peut-être pas le moment. Culpabilisant quelque peu, elle emboîta le pas à sa sœur de cœur pour tenter de voir ce qu'il en était. Elle la retrouva sur le trottoir, devant la devanture. Elle s'avança doucement, comme si elle marchait sur des œufs. Il fallait dire qu'Hinata avait la tête entre ses épaules, penché en avant et les bras croisés devant elle, les mains serrant ses bras comme pour se protéger.
« - Hinata, l'appela doucement Tenten, en lui posant délicatement la main dans le dos quand elle se mit à ses côtés. Je suis désolée.
-Je… Je ne t'en veux pas, lui dit-elle avec une tristesse dans les pupilles.
- Je voulais juste savoir pour…
- Je sais. Ne t'inquiète pas. Moi aussi je dois m'excuser de t'avoir aussi mal parlé plus tôt,…, quand nous étions chez moi. Tu m'as aidée pendant ma relation en me servant d'alibi ou en me donnant des conseils, et je t'ai pratiquement reproché de m'avoir abandonnée… Je n'aurai pas dû.
- Ce n'est pas grave, lui sourit sa meilleure amie, compatissante. C'est vrai que ces derniers temps, je n'ai pas vraiment été présente. Désolée.
- Je ne peux pas te le reprocher… Entre Neji, tes études et surement tes propres soucis… Je t'en ais surement trop demandé… Oublions tout ça et faisons en sorte de tout redevienne comme avant entre nous… Qu'en dis-tu ?
- Je suis d'accord, acquiesça Tenten. Tu reviens à l'intérieur ?
-… Non, je vais rentrer chez moi.
- Entendu, je vais aller chercher mes affaires et je te raccompagne.
- Ce n'est pas la peine, affirma doucement Hinata en s'avançant vers l'entrée du restaurant. Je vais juste aller récupérer mon sac.
- Je t'arrête tout de suite, la stoppa Tenten. De un, ton sac…, tu l'as déjà sur toi…
A cette information, Hinata se rendit compte du poids se trouvant sur son épaule. Rougissant un peu de gêne face à son esprit étourdi, elle prit conscience qu'elle s'en était saisi par reflexe au moment de son départ.
-… De deux, je te rappelle que nous sommes venues toutes les deux avec ma voiture, donc tu n'as pas trop le choix.
- Je sais, mais… ce que je veux dire, c'est que… J'ai envi de marcher…
-…
-… seule… Je me sens un peu trop oppressée… Je t'en prie, Tenten, insista la Hyuga quand cette dernière voulue insister. J'en ais besoin. »
Sa prière eut raison de la résistance de sa meilleure amie, qu'elle en expira un bon coup, débitée et un peu frustrée. Lui souriant, reconnaissante, Hinata la réquisitionna ensuite pour saluer de sa part leurs amies avant de s'éloigner dans le noir de cette soirée. Ainsi furent mises au courant les autres jeunes femmes qui se sentirent un peu coupable d'avoir poussé le bouchon un peu trop loin. Elles qui auraient voulu remonter son moral, c'était un total échec. Elles décidèrent alors de parler d'autre chose. Tant pis si elles n'avaient pas eu la réponse de l'Haruno. Celle qui s'en voulut tout de même le plus fut Tenten. En effet, elle se jugea quelque peu égoïste. Oui, elle avait désiré savoir à quoi la Hyuga allait devoir s'attendre pour l'aider au mieux à faire face. Cependant, elle réalisa, en portant pendant quelques secondes son regard sur Sakura, qu'elle possédait d'autres intentions.
La première était de jauger si la future doctoresse possédait encore des sentiments pour Naruto, et ainsi, savoir si elle était mêlée de près ou de loin à ce qui s'était passé durant les mois précédents, mais surtout si ce dernier en ressentait de nouveau pour elle sans avoir eu le courage de rompre lui-même. Aurait-il été capable de tromper Hinata, même une seule fois ? La seconde et la plus importante était qu'elle avait absolument voulu savoir si elle était enfin à l'abri de cette tension invivable qui les avait tous liés. Elle désirait plus que tout que leur amitié revienne à la normale en perçant l'abcès et laisser sortir tous les non-dits. Elle espérait ainsi ne plus jamais revivre tout ça et arrêter de se sentir tellement coupable. Et c'était cette culpabilité qui l'avait poussé à prendre ses distance avec la bleuté.
Alors que Tenten se lamentait dans son coin tout en donnant le change, la fin du repas sonna bientôt pour les jeunes filles. Toutes prirent alors le chemin de leur demeure. Toutefois, avant de se séparer définitivement, Ino resta un moment avec Sakura. Elle voulait vraiment éclaircir un point qui lui semblait important.
« - Dis-moi, pourquoi tu ne leur en as pas dit ? Lui demanda-t-elle.
- De quoi ?
- Que tu nous as entendues, pardi. Je ne suis pas idiote tu sais.
- Je n'ai jamais prétendu le contraire, lui sourit l'Haruno avant de reprendre un visage sérieux. Pourquoi ?... Parce que cela n'aurait rien changé à leur suspicion… Et puis quoi leur répondre au juste ?!
-…
- Moi-même, je ne saurais le dire avec certitude ce que je veux. Si Naruto me proposait, accepterai-je, alors que je suis consciente que mon amitié avec lui a entraîné tout ce gâchis, en plus de faire souffrir une amie ? … Une amie qui plus ait, a été assez gentille pour me pardonner. Bien qu'elle ait affirmé le contraire, je sais que cela fait mal d'avoir cette impression d'avoir été spoiler de l'homme qu'on aime par une personne proche. J'en ais suffisamment fais l'expérience… Suis-je prête à vivre avec cela sur le cœur ? Peut-être que oui, peut-être que non. Je n'en sais rien du tout…
- Sakura, compatit Ino.
- Et puis, est-ce que je l'aime encore ? Souffla une énième fois Sakura, dans un murmure d'indécision. J'ai tellement enfoui ce que j'ai ressenti pour Naruto. Je me suis tellement persuadée qu'en réalité ce n'était qu'une forte fraternité qui me liait à lui, la prenant pour de l'amour que maintenant, je ne sais plus si je suis heureuse de le savoir libre, ou malheureuse de les voir se séparer au point de les aider à renouer leur vie. Ils s'aiment encore, j'en suis persuadée, alors je n'espère plus grand-chose tu sais.
A la fin de son discours, elle avait la tête baissée et les yeux remplis de mélancolie, à moins que ce ne soit de la tristesse.
- J'ai pris quand même une décision.
-…
- Je vais laisser les choses suivre leur cours, et agir en conséquence, ni plus, ni moins. Seul le temps doit œuvrer maintenant. Ce serait bien que tout le monde en prenne conscience. Nous avons déjà trop interféré dans cette histoire.»
Ino ne sut pas quoi dire à cela, car une part de vérité y était prononcée. En tout cas, elle comprenait pourquoi elle avait éludé toutes les interrogations de leurs amies. Elle s'en voulut aussi d'avoir émis des doutes à son encontre. Et puis, il y avait…
« - Lee… C'est aussi à cause de lui, n'est-ce pas Sakura ? C'est aussi pour ça que tu ne leur as pas dit.
-Ah oui, Lee, souffla cette dernière, une lueur presque affectueuse dans ses émeraudes. Tu as raison. J'ai tout simplement voulu lui éviter de passer à l'abattoir, mais surtout, je ne désirai pas les entendre m'accuser de me servir de lui pour cacher de sombres dessins… Elles ont peut-être passé l'éponge, mais elles aussi n'ont pas oublié ce que j'ai fait dans le passé.
- Tu as protégé ses sentiments, comprit Ino. Mais quand ait-il des tiens ?
- Bonne question, se mit à songer Sakura en regardant le ciel étoilé. Je me suis surprise à beaucoup apprécier nos petites sorties et toutes ses attentions. Je les attends souvent avec enthousiasme… En fait, en réfléchissant bien, je n'ai qu'une seule certitude. Que ce soit Lee ou Naruto ou un autre, je ne vais plus m'imposer comme je l'ai fait.
- D'où ce que tu as répondu à Lee tout à l'heure.
- Oui, je ne suis peut-être pas amoureuse de lui, en tout cas pas comme lui l'espère pour le moment, mais qui sait,…, tout est encore faisable. »
Suite à ses mots, la rose décida qu'il était enfin temps pour elle de rentrer chez elle. Elle proposa même à Ino de passer la nuit chez elle, comme au beau vieux temps. Consciente que cela ne leur était plus arrivé depuis bien longtemps, la Yamanaka accepta avec joie. Les deux jeunes femmes passèrent donc d'abord chez elle avant de se rendre à l'appartement de la rose pour une soirée entre meilleures amies.
Pendant ce temps, Hinata avait bien débuté sa marche, sans vraiment faire attention par où elle passait, dans quelle rue. Elle suivait le chemin machinalement, l'esprit oscillant entre le vide et le trop plein de questions. Elle ne savait plus trop quoi penser. Oui, elle avait eu besoin de se retrouver seule, ou du moins de l'être pour de bonne raison. En effet, dès le retour à la table de Sakura, ses camarades avaient continué leur échange comme si elle n'était pas présente, transformée en simple pot de fleurs. A croire que ses compagnes avaient complètement oublié que la principale concernée était au milieu d'elles et tant pis si elle en souffrait. Elle ne l'avait plus supporté, surtout au moment où Tenten s'était transformée en inquisitrice. Chaque interrogation avait réouvert ses blessures. Ces dernières étaient si criantes qu'elle n'avait pas trouvé la force de rester. Mais au final, pourquoi avait-elle fui ainsi et à ce moment là ?
Pour ne pas entendre Sakura avouer qu'elle se jetterait sur l'occasion ? Pour ne pas réaliser qu'elle avait eu raison de douter des sentiments de Naruto à son égard ? Pourquoi le redoutait-elle ? Elle s'y attendait pourtant et s'était préparée à ces éventualités. Enfin préparer était un grand mot. Visiblement, ce n'était pas si vrai que cela. Soufflant un bon coup, Hinata n'arrivait pas à comprendre son comportement. Leur histoire avait représenté une telle pression pour elle qu'elle aurait dû se sentir soulager. Alors pourquoi c'était l'inverse ? Elle se sentait soudainement comme vide, la culpabilité étant plutôt sa compagne. Elle s'en voulait que la rupture ait entraîné de telles conséquences pour tous. Toutefois, elle était presque certaine que c'était ce qu'il fallait faire, pour tout deux. Après tout, ce n'était qu'un mauvais moment à passer. L'Uzumaki allait bientôt rebondir et cela restera dans sa mémoire comme un simple et lointain souvenir… tout comme leur romance.
A cette idée, Hinata frissonna. Oubliera-t-il vraiment les moments passés ensemble, alors qu'ils étaient gravés à jamais dans sa propre mémoire ? Plausible. Il avait été capable de nier presque son existence pendant leur relation, préférant la rose, alors c'était une possibilité, surtout s'il finissait par sortir avec. D'ailleurs, le ferait-il vraiment ? De nouveau, le doute l'assaillit. Et si elle avait mal jugé la situation et que Sasuke et Iruka avaient raison ? Qu'effectivement, Naruto l'aimait véritablement comme il l'affirmait, prêt à tout pour elle, quitte à attendre, ne songeant à Sakura que comme une sœur ? Et si la rose n'avait pas du tout l'intention d'accepter de sortir avec lui ? Son discours de tantôt ne présumait rien de ses intentions à ce niveau. En fait, elle donnait plutôt l'impression de ne rien souhaiter à ce niveau-là. Aurait-elle fait une erreur ? N'avait-elle pas tout vu en noir et déformer la réalité ? Ses pensées s'embrouillèrent ainsi au point qu'elle en trembla de la tête au pied.
De son côté, Naruto était entrain de finir son énième bol de ramen sous le regard amusé d'Ayame qui, en cette soirée, était venue aidée son père pour le service. Toutefois, sa curiosité avait été piquée au vif quand elle avait vu leur plus fidèle client venir seul avec un air sombre. Il ne semblait pas avoir le moral et cela avait été confirmé par une commande plus modeste qu'à l'accoutumée. De plus, depuis le début de l'année, il était venu très rarement seul. En fait, il était toujours accompagné, mais pas maintenant. La fille de Teuchi réussit tout de même à garder sa langue dans sa poche, mais ce ne fut pas le cas de ce dernier.
« - Alors, Naruto, tu es sûr de ne pas vouloir un dernier bol ? Tu n'as presque rien mangé ce soir.
- Non merci, lui répondit-il. Je n'ai plus faim.
- Etrange, suspecta Teuchi qui avait l'habitude de le voir ingurgiter des tonnes de ramens sauf quand... Cela n'a pas l'air d'aller. Des soucis ? Avec ta copine peut-être ?
- On a rompu, se résigna Naruto d'avouer quand il comprit que le vieil homme ne lâcherai pas le morceau, et puis il était facile de parler avec lui. Enfin, c'est elle qui m'a expulsé de sa vie.
- Oh, je suis navré de l'apprendre. Désolé pour toi… Enfin, tu dois avoir l'habitude de recevoir un râteau de sa part… Dommage que ce fut cette fois alors que tu avais enfin réussi à sortir avec elle après tant d'années à toujours la courtiser.»
Il s'interrompit quand Ayame donna un énorme coup de coude dans les côtes de son père pour le faire taire. Ce dernier la réprimanda en exigeant des explications. Pendant leur petite altercation, le blond eut du mal à comprendre l'allusion du propriétaire de son restaurant préféré. Que voulait-il dire par là ? C'était la première fois qu'Hinata le rejetait. Il n'avait jamais couru derrière elle pendant des années, comprenant ses sentiments que récemment contrairement à ce qu'il pensait pour… Et là, cela fit tilt dans sa tête. Mais comment ?
« - Mais de qui parlez-vous ? Voulut-il savoir pour être certain d'avoir vu juste.
- De Sakura pardi, lui répondit Teuchi en massant un peu le point meurtri par sa fille. Tu sortais bien avec elle, non ?
- Bien sûr que non. C'était avec Hinata.
- Hinata ?! S'étonna le restaurateur. Je croyais que vous n'étiez plus ensemble depuis un moment et que tu t'étais mis avec Sakura par la suite. D'ailleurs, je me souviens comment Ayame t'a insulté de tous les noms ce jour-là quand elle m'en a parlé.
A ce prénom, Naruto se tourna vers la jeune femme désignée et la dévisagea d'un regard interrogateur et réprobateur. Elle se sentit très mal à être ainsi fixer et déglutit présentant qu'elle avait visiblement fait une erreur,…, une très grosse erreur. Elle n'osa même pas le regarder. Malheureusement, elle sentait le poids de son insistance sur elle qu'elle craqua.
« - Et bien,…, tu s ais… J'ai cru que tu t'étais servi d'Hinata pour rendre jalouse Sakura et ainsi, la pousser à sortir avec toi… Enfin, c'était ce que j'ai entendu dire quand j'étais avec Kankuro et sa famille… En tout cas, c'était ce qu'insinuait Temari et Gaara n'a pas démenti. Bon d'un autre côté, il n'est pas très bavard notre Gaara, alors comme il ne disait rien pour la contredire et bien...
-Qui dit mot consent. Et cela t'a suffit, finit à sa place l'Uzumaki d'un ton froid et sans appel. Je n'ai eu le droit à aucun bénéfice du doute. »
Punaise qu'est-ce qu'il détestait cette expression, car bien souvent les gens présumaient des pensées des autres sans en connaître une seule note, et bien souvent ils se trompaient. En tout cas, il n'en revenait pas de ce qu'il entendait. Alors, c'était vrai. Certains de leurs amis le voyaient comme le pire des salauds, comme un type capable de sortir avec deux filles pour inciter l'une à craquer tout en profitant des sentiments d'une autre. Comment pouvaient-ils oser, mais surtout comment Teuchi et Ayame avaient pu croire en ces rumeurs ? Il pensait que ces deux là le connaissaient bien pourtant. Il en serra son verre au point de risquer à le casser.
« - Vous avez vraiment donné du crédit à ces stupidités ? A me croire capable de ce genre de bassesse ?
- Pas au début, mais au fil du temps…, tenta Ayame ne sachant pas trop comment continuer dans sa lancée, cherchant ses mots.
- Je vois, se leva, furieux, Naruto sans lui laisser le temps de poursuivre et avec la ferme intention de partir. Je vous dois combien.
- Naruto, nous…
- Combien ?! »
Décontenancé par cette voix autoritaire et glaciale, Teuchi se résigna à lui fournir le renseignement souhaité, la peine au cœur d'avoir blessé un jeune homme qu'il avait appris à apprécier, limite à le voir comme son petit protégé, à force de le voir grandir. Apparemment, sa fille avait eu tord. Et pourtant, il l'avait su la première fois qu'elle lui en avait parlé. Il aurait dû insister un peu plus pour lui faire entendre raison. Néanmoins, tous deux avaient des circonstances atténuantes, mais pas sûr qu'ils seront écoutés s'ils s'hasardaient à les lui fournir. Maintenant, il avait un mauvais pressentiment concernant la suite, et il eut raison. Après avoir réglé l'addition, le blond commença alors à s'éloigner du comptoir, mais la rage toujours présente, il eut un dernier mot pour ses interlocuteurs.
« - Moi qui vous prenez pour des membres de ma famille… En fait, vous n'êtes que des hypocrites… Vous avez gagné. Je ne reviendrais plus ici et vous épargnerai le spectacle du connard que je suis et je ne souillerai plus cet endroit de mon sal pognon. »
Cette attaque fit très mal au restaurateur qui en eut le souffle coupé. Par contre, Ayame eut une toute autre réaction. Elle était furibonde et le fit savoir.
« - Je t'interdis de nous insulter, Naruto. Tu oublies que grâce à la générosité de mon père, tu as pu manger à ta faim quand l'orphelinat te mettait dehors toute la journée sans rien à te mettre sous la dent. Ce n'est pas notre faute si tu es un parfait idiot. Je veux bien reconnaître que nous n'aurions pas dû écouter toutes ces abnégations, mais c'est toi-même qui nous a donné le bâton pour te faire battre et les confirmer, je te signale. »
Ce discours eut le don d'arrêter le blond dans sa fuite vers la sortie. Il ne comprenait pas du tout ce que voulais dire Ayame. Il se retourna vers le couple père/fille et eut un moment de compassion en voyant Teuchi aussi blessé par ses paroles, mais il ne fit rien pour le soulager de sa peine. C'était eux qui avaient commencé à l'attaquer. Il n'avait fait que se défendre. Toutefois, le regard de la jeune serveuse était si brillant de conviction à le remettre en place qu'il resta sur place, comme s'il attendait la suite. Ce qu'elle fit, sautant sur l'occasion. De toute manière, elle aurait été capable de le suivre dans la rue pour lui balancer ses quatre vérités à la face. Ainsi débuta son récit où elle lui relata toutes les fois où il était venu en compagnie d'Hinata, montrant l'image d'un couple farouchement épris l'un de l'autre, elle si attentionnée avec lui, se nourrissant autant de nourriture que de ses paroles, alors qu'il lui caressait la main du bout des doigts.
Puis petit à petit leur venue s'était espacée pour ne plus n'être que des fantômes dans leurs souvenirs. Elle lui raconta ensuite les avoir revus, mais cette fois, ils étaient tous deux pratiquement toujours accompagnés par Sakura, s'incrustant dans leur rendez-vous. Au début, elle n'y fit pas très attention, mais cela se répéta encore et encore. Au fil du temps, elle avait même eu l'impression qu'il se préoccupait plus de sa meilleure amie que d'Hinata qui aurait pu disparaître qu'il ne l'aurait même pas remarquée. On aurait dit une étrangère au milieu d'un couple à trois. Et quand ils venaient que tous deux, ce n'était plus comme avant. Une tension entre eux était palpable. Le principal sujet de conversation tournait autour de leurs études, certes, mais aussi et revenant dubitablement vers l'Haruno. Et puis, plus d'une fois, il avait laissé des aguicheuses les interrompre sans vergogne. Enfin, Ayame avait remarqué depuis plusieurs semaines, voir mois, qu'il venait de plus en plus qu'en compagnie de Sakura et presque plus jamais avec sa dite copine, si ce n'était jamais plus.
Plus d'une fois, elle avait cru faire une boulette quand elle parlait à cette dernière d'une de ses visites culinaires dont elle semblait ignorée l'existence. Alors oui, elle l'avait imaginé en un véritable salaud à chaque fois qu'elle le prenait entrain de courtiser une autre femme juste devant Hinata, qui se fanait telle une fleur au fil du temps, et lui donnant l'impression de se servir d'elle pour attirer l'attention d'une rose qu'il voulait enfin comme sa petite-amie. Oui, elle avait donné foi aux délires de Temari, mais tout dans son comportement leur avait dictés que cette hypothèse était vraie. Et oui, elle comprenait pourquoi la fille de Hiashi avait mis un terme à leur histoire. Elle aurait fait de même dans sa situation. Très peu pour elle de tenir la chandelle ou d'être la cinquième roue du carrosse. Son monologue terminé, le silence régna entre les trois acteurs, sous le regard quelque peu curieux des autres convives.
Etait-ce à cause de cette curiosité malsaine ou était-ce la réalité d'une certaine vérité qu'il refusait à admettre qui le poussa à partir ? Cependant, ce fut ce que fit Naruto. Ce dernier s'engouffra dans la nuit à grandes enjambées devant les yeux d'Ayame et son père. La jeune femme souffla, soulagée d'avoir libéré son cœur d'un poids qu'elle avait depuis des mois. Néanmoins, une certaine tristesse apparut en elle. Elle avait peut-être été un peu dure avec lui, mais d'un autre côté, elle n'avait pas supporté qu'il fasse porter le chapeau à son paternel qui s'était montré plus que généreux avec lui depuis son enfance. Elle avait l'impression d'avoir joué le rôle de la grande-sœur. Peut-être qu'elle aurait dû le faire plus tôt, quand elle avait senti de l'eau dans le gaz entre Hinata et Naruto, car oui, elle avait vite identifié le désastre que la rupture avait laissé en lui. Toutefois, ce n'était pas une excuse pour s'en prendre au monde entier.
Alors que l'Uzumaki avait quitté Ichiraku, le cœur lourd, et des questions plein la tête, Hinata continuait à déambuler dans les rues, en direction du domaine Hyuga, ses pas l'entraînèrent dans le quartier où beaucoup de jeunes venaient s'y amuser dans les bars et les boîtes de nuit, mais aussi si perdre. En effet, les devantures donnant sur la route étaient brillantes et accueillantes, promettant de passer un moment distrayant en bonne compagnie. Sous l'atmosphère des lustres et des néons, le son des discussions et de l'amusement s'élevait dans l'air. Par contre, l'arrière court était tout autre. A quelques pâtés de maison derrière, se trouvaient les bas quartiers, lieu de perdition, de violence, pour les pauvres ères à la recherche de drogue et d'alcool. Ce n'était pas un endroit des plus recommandés pour une jeune femme.
Heureusement, étrangère à tout ce qui se passait autour, la marche d'Hinata l'éloignait petit à petit de ce risque. Elle se trouva à quelques foulées d'y échapper qu'une ombre lui tomba dessus à l'improviste. Elle fut si surprise qu'elle mit plusieurs secondes pour réagir avant de garder au fond de sa gorge le cri qu'elle s'apprêtait à pousser. En effet, levant les yeux, des tatouages rouges en forme de crocs se dessinaient devant elle. Reconnaissant son agresseur, elle le tapa sur son torse pour le punir de sa maladresse.
«- Kiba, espèce d'imbécile. Tu m'as fait une peur bleue. »
Face à cette faible défense, le rire du jeune homme fut sa récompense qu'elle se sentit vexer. Elle en bouda. Sa moue eut le don d'intensifier le ricanement dont elle était gratifiée, pauvre victime de l'hilarité de son compagnon de fortune. Bientôt, l'amusement de son camarade la contamina et la Hyuga se mit aussi à rire doucement.
«- Tu n'es pas croyable.
- Et c'est toi qui me dis ça. Jamais je n'aurais cru te croiser ici. Cet endroit est loin d'être recommandé à une jeune femme innocente, enfin si tu t'avances dans les sombres ruelles des bas quartiers.
- Ah…, baissa la tête Hinata, se rappelant pourquoi elle était présente à ces lieux. J'étais avec les filles, mais j'ai eu besoin de marcher.
En la voyant ainsi, l'Inuzuka perdit un peu de son sourire en imaginant très bien la raison de sa réaction. Toutefois, cela ne dura que quelques secondes avant que sa joie de vivre l'envahit de nouveau.
« - Allez, ne te laisse pas abattre par tout ça. Puisque tu es là, je t'invite à prendre un verre avec moi.
-C'est gentil, mais non. Je n'ai pas la tête à faire quoi que ce soit, ce soir. Une autre fois peut-être. »
La bienséance aurait poussé l'Inuzuka à accepter son refus. Malheureusement, il ne l'entendit pas ainsi et fit preuve d'une insistance des plus malpolies. Il était là, scotcher devant Hinata, ne lui laissant aucune porte de sortie. Il alla même jusqu'à lui prendre le poigner, certes sans aucune violence. C'était plutôt un toucher tendre, comme s'il se saisissait d'un vase de porcelaine qu'il avait peur de briser. Il alla jusqu'à caresser sa peau blanche d'un effleurement de doigt. Ce geste, au lieu de lui être agréable comme il aurait certainement désiré, gêna Hinata plus qu'autre chose. En fait, son cœur tambourinait dans sa poitrine d'angoisse. La crainte de Naruto de voir son meilleur ami amouraché d'elle revint au grand galop dans son cœur. Son meilleur ami était-il entrain de la draguer, profitant de sa rupture sans aucun scrupule ? Toutes ses tentatives à s'immiscer dans son couple lui revinrent en mémoire.
Ce fut avec une telle force qu'aucun mot ne passa la barrière de sa bouche. Prenant son silence pour un accord, l'Inuzuka la tira vers une petite rue se situant perpendiculairement à la voie principale. Elle était quelque peu sombre, sans pour autant être inquiétante, mais la Hyuga n'aurait jamais eu l'idée de s'y engouffrer seule. Elle se fit amener ainsi devant une porte fermée en métal impact devant lequel gisait un tapis rouge et deux petits cipres les accueillirent. A première vue, rien ne témoignait que ce fut un bar et pourtant Kiba avait l'air de vouloir y pénétrer en sa compagnie. Cependant, revenant à la réalité et ne désirant pas du tout rester à boire un verre, la jeune femme stoppa nette sa progression en réussissant à dégager sa main de la poigne de son camarade un peu trop enjoué à son goût.
