En effet, le maître d'Akamaru arborait un immense sourire et semblait des plus excités au point qu'elle l'avait senti trembler au travers de ses doigts. Finalement libre, Hinata fit un pas en arrière, son visage passant de l'offuscation à l'inquiétude. Elle n'aimait pas du tout ce qui se passait à l'instant et ne comprenait pas du tout ce qu'attendait son camarade d'enfance. Face à ce geste de recul, Kiba perdit petit à petit sa risette, en fronçant légèrement les sourcils avant de se reprendre en paraissant le plus détendu possible.

« -S'il te plaît, Hinata. Juste un petit moment entre toi et moi… Et puis, je vais pouvoir enfin tenter ma chance. Je ne veux pas rater cette occasion. Tu ne vas non plus rester à te morfondre dans ton coin.

- Pardon ?! » N'en revenait pas la jeune femme.

En cet instant, son meilleur ami, enfin si elle pouvait l'appeler encore ainsi, était des plus cruels. Il osait lui faire du rentre dedans. Il osait insinuer que c'était ce qu'il attendait depuis des mois… que son amour pour l'Uzumaki soit mis à mal, qu'elle réalise qu'ils n'étaient pas faits l'un pour l'autre malgré tous ses efforts. Et pourquoi ?! Pour se jeter sur elle ? Avait-il donc espérer cette fin, en poussant avec autant de zèle Naruto dans sa possessivité et sa jalousie ?

Face à l'offuscation qu'il lisait sur son visage de porcelaine, l'Inuzuka en écarquilla les yeux, ne comprenant pas pourquoi elle réagissait ainsi. Il tombait carrément des nues, avant de comprendre la signification de ses propres mots et la méprise de la jeune femme. Au lieu de prendre cela au sérieux, il se mit à rire, offusquant encore plus Hinata. Cette dernière, encore plus blessée, leva tout de même la tête, hautaine, et entreprit de s'éloigner, mais s'en fut empêchée par la main de Kiba qui lui reprit la sienne.

« - Tu me fais bien rire, reprit le futur vétérinaire avec taquinerie après s'être calmé. Cela n'a rien à voir.

- Ah oui ?

- Mais oui, réaffirma-t-il en lui posant un doigt sous son menton sans qu'elle se dégage à sa grande satisfaction. Bien que je ne dirais pas non au moindre signe de ta part. »

En prononçant cette suggestion mal placée, une étrange brillance dansait dans ses pupilles marron dont les apparences inhabituelles firent tiquer un peu l'aînée de Hiashi. Cette lueur était si bizarre qu'elle la mit très mal à l'aise, ne sachant pas trop comment l'interpréter. Bientôt, les mots de son ami d'enfance prirent sens dans son esprit. Et se fut offusquée qu'Hinata se dégagea en repoussant la main lui emprisonnant son visage.

« - Quoi !... Jamais... Je te l'ai déjà dit… Tu es un frère pour moi.

- Je rigolais, Hinata. Allez viens, insista Kiba qui la tira vers la porte sans attendre son consentement. Je compte bien profiter de ta présence. C'est une véritable aubaine pour moi. Tu vas me sauver la mise.

- Mais de quoi parles-tu ? Ne comprenait plus rien la Hyuga, prise totalement au dépourvu, au point de se laisser faire, comme subjuguée.

- Et bien,…

- Je n'y crois pas, » s'éleva une voix, les coupant, et où transpirait une fureur glaciale et retenue.

Hinata et Kiba virent alors à quelques pas d'eux un jeune homme aux cheveux blonds en bataille et aux joues décorées de trois traits en forme de moustache de chat. Ses yeux azur brillaient d'une lueur oscillant entre la rage et une tristesse sans nom, à moins que ce ne fût de déception agrémentée de désespoir. Ses poings étaient aussi serrés qu'un étau, faisant trembler ses bras.

« - Naruto, » murmura la Huyga.

En effet, devant elle se tenait son ancien petit-ami. Le destin était-il donc si cruel pour qu'elle le recroisa dans ces conditions, auprès de celui qu'il avait accusé de vouloir faire d'elle son quatre heures et de l'arracher à lui ? Et puis, que faisait-il là ? C'était vrai ça, que faisait cet enquiquineur en ce lieu, se disait Kiba en le regardant d'un air aussi mauvais que lui. Il le poursuivait ou quoi ? A croire que Naruto avait un radar implanté dans son esprit qui lui signalait quand il se trouvait seul avec Hinata, se pointant à ce moment-là. Ce que l'Inuzuka ignorait, c'était que cette rencontre inopinée était le fruit du pur hasard qui avait décidé de jouer avec eux.

Effectivement, après son départ d'Ichiraku, l'Uzumaki avait aussi ressenti le besoin de se vider la tête en cheminant dans la nuit avant de remonter sur sa moto. Malheureusement, cela avait été peine perdu tellement son esprit surchauffait à ressasser les croyances infondées de Teuchi et les accusations d'Ayame. Pourtant, le repas avait été des plus délicieux, comme à l'accoutumée. Cependant, les paroles des restaurateurs n'avaient été qu'étonnement et blessures pour lui. Son cœur avait battu de colère, puis de peine et enfin d'embarras. Il n'avait cessé de tourner leurs propos et les retourner dans sa tête tout le long de sa marche, les mélangeant à ses souvenirs. Avait-il été un aussi mauvais petit-ami ? A force, un changement s'était opéré en lui. Etait-ce la solitude de la nuit, une certaine fatigue psychique d'en vouloir à tout son entourage ou l'ouverture d'une nouvelle perspective de la réalité qu'il lui en donna le crédit ? Quoi qu'il en soit, la discussion l'avait chamboulé, rentrant en résonnance avec les mots de Sasuke et Mei. Avaient-ils donc tous raison ?

En tout cas, il n'avait pas réussi à se retirer de son esprit qu'Ayame n'avait pas tout à fait tord. Il s'était bien sûr revu se restaurer avec Hinata à son stand préféré, mais de plus en plus le visage de Sakura s'était imposé au côté de son ex, puis seule, et cela de plus en plus. Il se l'avouait. Il était venu plus d'une fois avec l'Haruno durant les derniers mois. Ce que tout le monde ignorait, c'était que ces entrevues avaient été tenues secrètes à la demande de cette dernière. A cause de cette requête, avait-il vraiment négligé celle qu'il disait aimer privilégiant sa meilleure amie ? Apparemment, c'était le cas, au point que des personnes proches de lui avaient pu le croire en couple avec la rose. Face à cette potentielle réalité, il s'était senti soudain penaud d'avoir traité Ichiraku d'hypocrite. La culpabilité avait donc commencé à le prendre aux tripes.

De plus, si Teuchi et Ayame s'étaient mépris à ce point là, peut-être que c'était aussi le cas d'Hinata. Elle avait donc pu le soupçonner de courtiser à nouveau sa sœur de cœur. Sa promesse avait-il donc eu autant d'impact que cela ? La vérité était entrain de le frapper de plein fouet, déchirant le voile qui lui cachait sa part de responsabilité, que le timbre bien connu d'une voix l'avait interpellé. Il avait même cru reconnaître celle de la Hyuga. Son cœur en avait battu plus vite, presque heureux. Avait-t-il donc espéré la croiser pour tout remettre à plat ? Une part de lui l'avait désiré en tout cas. A croire que les remontrances d'Ayame l'avait sorti sa triste face du sable. Il avait regardé autour de lui pour trouver la source de cette mélodie. De fait, il s'était enfin attardé sur le lieu où ses pieds l'avaient amené. Reconnaissant le quartier des loisirs et des milles plaisirs de Konoha, il en avait secoué la tête, déçu. Il avait dû rêver. Cela ne pouvait pas être elle.

Jamais elle ne se serait aventurée dans cet endroit, et surtout pas dans la ruelle d'où était provenu le murmure. Sûr de lui, il allait la dépasser quand de nouveau, il avait entendu la voix d'Hinata qui lui parut plus forte. Curieux et un mauvais pressentiment dans le cœur, Naruto avait rebroussé chemin et s'était alors avancé dans la petite rue. C'était alors qu'il était tombé sur l'image d'un Kiba tenant la main de son ex, les joues rougissantes. Ce rougissement ressemblait à celui qu'elle arborait d'habitude en sa compagnie propre. Ce qui signifierait que… non… C'était impossible. Au début, il n'avait pas voulu se résoudre à croire que ces deux là étaient en rendez-vous. Il avait refusé de le croire. Malheureusement, le poing levé de l'Inuzuka et sur le point de frapper à la porte devant eux, lui avait retiré tout espoir. Etant au courant des activités de cet établissement, son cœur sur le point de s'ouvrir à la raison se referma à double tour dans la seconde où il se brisa à nouveau. Autant furieux que décontenancé, il n'avait pas pu s'empêcher d'intervenir.

L'Uzumaki se trouvait maintenant planter devant Hinata et Kiba, n'arrivant toujours pas à admettre ce qui se déroulait ici et la vérité que cela impliquait. Il dégagea alors une aura destructrice et funeste qui fit tressaillir la jeune femme. Cette dernière ne savait pas trop où se mettre. Elle avait l'impression d'être prise en faute, pire, d'être à l'image d'une épousée trompant son mari et surprise par celui-ci. Elle imaginait très bien les sombres pensées qui devaient habiter la tête blonde. Elle en lâcha la main de son ami d'enfance et fit un pas en arrière, comme si elle fuyait un danger. Ce geste remplit Naruto d'espoir. Se serait-il trompé ? Il l'espérait. Il se reteint tout de même à lui tendre la main pour l'inviter à le rejoindre. Peut-être qu'il aurait dû, car malheureusement pour lui, elle resta immobile. Elle n'osait pas le regarder directement, jetant juste des coups d'œil passant de l'Inuzuka à lui. De nouveau en colère et déçu, le blond défia ce dernier, gardant le silence. Il se refusait à gâcher de la salive en salutation.

« - Tiens Naruto, commença finalement Kiba, d'un ton hautain et condescendant. Quel bon vent t'amène ?

- Un mauvais visiblement, répondit-il sur la même tonalité agrémentée d'un regard aussi noir que la nuit. Je ne dérange rien de grave au moins.

- Puisque tu amènes le sujet, je dirais que oui… Tu nous déranges, Hinata et moi… Nous allions fêter autour d'un verre sa… nouvelle félicité, le nargua l'Inuzuka. S'amuser en somme… tous les deux. »

Le maître d'Akamaru s'était alors déplacé auprès d'Hinata et lui posa une main sur son épaule en un geste possessif. En temps normal, elle se serait dégagée, mais elle resta comme pétrifiée par ce qu'avait osé dire son meilleur ami. Comment pouvait-il ? Levant enfin son regard vers l'homme qu'elle aimait toujours, ses yeux exprimèrent impuissance et compassion face à l'étincelle qui venait de passer sur le visage de son ex petit-ami. Cela fut fugace, mais elle vit la blessure au fer rouge et le désarroi qui naquirent en lui à cause des paroles de Kiba. Pourquoi ce dernier formulait-il les choses ainsi ? A croire que cela lui plaisait de les faire souffrir. Une envie de réconforter Naruto prit la Hyuga. Elle tenta alors de rompre la poigne qui la maintenait. Malheureusement, celle-ci se referma avec encore plus de fermeté, lui infligeant de la douleur.

Face à cela, l'état de détresse de l'Uzumaki ne dura qu'une micro-seconde, et la rage refit surface. Néanmoins, cette fois-ci, il réussit à la cadenasser. Il résista ainsi à l'envi de se jeter sur son camarade pour lui faire connaître la force de son poing. Il préféra foudroyer le couple du regard où tout son courroux y était inscrit. Il y mit tant de convictions qu'une goutte de sueur glissa dans le dos de Kiba qui en frissonna. En cet instant, il faillit regretter sa énième provocation, mais seulement failli. Une certaine audace coulait dans ses veines qu'il sourit mesquinement face à l'aura sombre et menaçante de Naruto. Ce dernier garda pourtant son sang froid comme s'il savait que c'était ce que voulait son adversaire. Il n'allait certainement pas tomber dans son piège. Il enfonça une dernière fois ses azurs glaciaux dans les yeux de la Hyuga, la transperçant de part et d'autre d'éclairs, avant de faire demi-tour et partir.

Ainsi à l'abri, dos à eux, le blond laissa alors son voile de colère tomber pour n'afficher que tristesse et déception. Il n'aurait jamais pensé la douce Hinata capable de mesquinerie, et pourtant, il venait d'avoir la preuve du contraire. Il venait d'atteindre la sortie de la ruelle qu'il se fit stopper. Concentrant son attention sur la source, il vit sur son bras ces doigts fins qu'il avait tant aimer sentir entrelacer aux siens et qui étaient maintenant destinés à un autre. Suivant le chemin qu'il formait, il tomba sur le visage suppliant de son ex. A cette vue, son air renfrogné refit surface et il rompit le contact en se libérant d'un geste sec. Cependant, la jeune femme n'avait pas été aveugle et comprit à la seconde qu'il venait d'être blessé une seconde fois.

Plus loin, Kiba assistait à la scène de deux anciens tourtereaux se fixant intensément l'un l'autre. Il avait été impuissant quand brusquement, Hinata avait giflé sa main pour le faire lâcher prise pour se précipiter derrière Naruto. Il en fulminait même, mais ne fit rien pour l'en dissuader. Peut-être espérait-il encore une erreur de l'Uzumaki ? Il resta donc là, à regarder sa meilleure amie tenter de faire entendre sa voix devant un animal blessé. Il était à parier qu'elle n'avait pas supporté l'idée de le voir la quitter en s'imaginant des choses. Bien que lui, personnellement, l'aurait bien abandonné se noyant dedans. Cela lui aurait fait les pieds à coup sûr. Mais voilà, c'était sans compter sur la générosité d'Hinata. D'ailleurs, cette dernière n'arrivait toujours pas à trouver les mots pour justifier sa présence en ces lieux. Elle s'était précipitée sans vraiment savoir quoi dire. Elle resta alors silencieuse devant un blond attendant le moindre son, mais dont la patience commençait à faiblir, l'irritant un peu plus.

Quand sa limite fut atteinte, mais refusant la mauvaise influence de l'irritation, Naruto mit les mains dans ses poches avant d'amorcer un nouveau départ. Se mordant la lèvre, Hinata s'en voulut et puisa dans sa détermination pour enfin l'interpeller en désespoir de cause.

« - Naruto, attend… Ce n'est pas du tout ce que tu crois.

- Et à ton avis, que dois-je croire, lui répondit-il en stoppant sa course, mais sans se retourner. J'ai peut-être halluciné ta main dans celle de Kiba, les joues rougissantes ?... C'est vrai quoi ? Ce n'est pas comme s'il n'avait pas tenté de te draguer pendant que nous étions encore ensemble.

-… Naruto, je…

- Contrairement à ce que tout le monde pense, à ce que tu penses, Sakura ne détient plus mon coeur... Je t'aimais et… je t'aime peut-être même encore,…, au point que j'ai mal aujourd'hui, se retourna-t-il affichant un visage qui mélangeait mélancolie et irritabilité, et lui caressant la joue du bout d'un doigt. Je t'ai toujours prise pour une personne honnête, innocente… Tu étais ma petite poupée de porcelaine. J'ai cru en ton amour.»

A ces paroles, le cœur d'Hinata la serrait, sa résolution à ne pas céder, à ne pas revenir sur sa décision s'effruitant à chaque mot. Elle le regarda intensément, l'envie de se jeter dans ses bras et le supplier d'oublier tout ça pour repartir ensemble lui brûlant les entrailles. Malheureusement, son expression de compassion se transforma en horreur quand le visage de Naruto changea de tout au tout. Il retira sa main et fronça les sourcils en faisant un pas en arrière, comme si elle avait la peste. Ses yeux n'étaient que déceptions et rage. Il avait l'air dégouté de l'avoir devant lui.

« - Jamais, jamais je n'aurai imaginé que tu me planterais un tel couteau dans le dos, accusa-t-il.

- Qu'est-ce que tu racontes, n'en revenait pas Hinata avant de constater qu'il ne l'écoutait pas, préférant continuer dans ses abnégations.

- Quand je songe que tu as voulu tout mettre sur le dos de mon amitié avec Sakura, tout en m'accusant de… Comment tu as dit déjà… Ah oui ! De n'être avec toi que pour t'écarter les jambes… et te baiser !

- Naruto, s'offusqua la jeune femme. Tu sais bien que c'est plus compliqué. Et puis, je n'ai jamais dit ça.

- Pardon, c'est exact, tu n'as pas dit baiser, reconnut cyniquement l'Uzumaki. C'est moi qui l'ai rajouté, mais… c'est ce que tu as pensé ! Et ne me ressort pas le coup de tes convictions religieuses, s'il te plaît, alors que ce n'était que du flan !

- Mais c'est vrai, la coupa la Hyuga.

- Laisse-moi en douter. Visiblement, ce n'est pas pour moi que tu vas les écarter tes jambes… à moins que tu les aies déjà écartés sans oser me l'avouer. Tu avais surement trop peur que je te rejette, alors que tu m'avais assuré être vierge.

- Quoi ?!... Je ne te permets pas, répliqua-t-elle, oscillant entre la désolation et la colère.

- Oh arrête un peu de faire ta blanche colombe ! Regarde où je t'ai retrouvée,…, dans quel lieu tu t'apprêtais à rentrer avec ce chien mouillé ! Je n'aurai jamais pensé que tu puisses être du genre à suivre Kiba dans ses tribulations, alors que tu t'es refusée à moi… Dis-moi, Hinata. Dis-moi pourquoi lui et pas moi ?... Pourquoi ?... Je n'étais pas assez bien pour partager ta couche ? Je risquais de trop te souiller ?

- Mais de quoi tu parles voyons ? Je ne…»

Malheureusement pour Hinata, Naruto ne lui permit pas de continuer et préféra de nouveau lui tourner le dos, coupant court à la discussion. Il prit une grande inspiration avant de baisser la tête en expirant longuement. Il donnait l'impression de porter tous les malheurs du monde sur ses épaules quand il ouvrit la bouche pour une énième déclaration.

« - Tu sais, je ne t'en aurai pas voulu si tu m'avais confessé avoir eu des rapports sexuels avant d'être avec moi… Par contre, tu as raison sur une chose, jamais je n'aurai pu te partager avec d'autres hommes. Je suis incapable de faire la séparation entre l'amour et le plaisir du sexe… Bien que je ne sache pas ce que cela représente au juste… Alors oui, tu as eu raison de rompre. Nous ne sommes visiblement pas faits pour être ensemble.

-…

- Honnêtement, j'aurai préféré que tu m'avoues être tombée amoureuse de Kiba et enclin à partager son penchant, plutôt que de me sortir de fausses excuses en affirmant m'aimer encore. Cela aurait fait moins mal... Je voudrais juste que tu me dises une seule chose... M'as-tu trompé avec lui et depuis quand ?

- Ja…, tenta Hinata, les larmes aux yeux.

- Non,…, ne répond pas, l'interrompit le blond, revenant sur sa décision. En fait, je ne veux pas savoir… Je risque de te haïr encore plus. Je préfère garder de toi l'image de la douce Hinata, et non de la perfide que tu es devenue. »

Ces dernières paroles ne furent que poignards pour la jeune femme qui n'arrivait pas à comprendre comment tous les deux en étaient arrivés là, comment il pouvait l'imaginer à suivre son meilleur ami dans le dévergondage, ou tout du moins dans sa vision des plus libres de la sexualité. Mais surtout, elle réalisa qu'il n'avait pas encore assimilé les vraies raisons de leur rupture et pourquoi elle s'était jugée incompatible avec lui. Encore une fois, il refusait de les voir et de l'écouter. Ce fut donc impuissante et consciente que Naruto s'était refermé comme une huître, ayant foi dans sa certitude, que la Hyuga le vit la quitter sans un seul regard pour elle. Il s'enfonça dans la nuit jusqu'à ce que sa silhouette disparaisse. Elle était toujours entrai de fixer l'endroit où elle l'avait aperçu pour la dernière fois quand une présence à ses côtés la fit sursauter.

C'était Kiba qui avait décidé de la rejoindre quand il avait vu le blond parti. Il frôla doucement l'épaule de sa camarade. Il n'avait pas vraiment suivi la houleuse conversation, trop loin qu'il était pour tout entendre, mais il présentait que ce fut un véritable carnage pour sa sœur de cœur. D'ailleurs, celle-ci s'essuya les larmes qui menaçaient de couler. Son ex avait eu des accusations dures à encaisser, en plus d'être fausses. Elle n'arrivait toujours pas à comprendre sur quoi il avait reposé ses convictions.

« - Désolé Hinata.

- Ce n'est pas de ta faute. Personne ne pouvait prévoir que nous le croiserions ici et maintenant. Il reste totalement imprévisible… J'avoue que je ne l'aurai jamais imaginé aussi cruel… Et c'est ma faute, s'attrista-t-elle.

- Ne soit pas trop dur avec toi-même, compatit le maître d'Akamaru. Tu sais ce que tu vas faire ?

- Non, mais je sens que tu vas me le dire, lui sourit l'héritière, reconnaissante pour son soutien.

- Laisse tomber ce crétin et viens te changer les idées avec moi.»

Ni une, ni deux, il reprit la main de sa comparse et se dirigea de nouveau dans la ruelle, donc vers cette porte énigmatique. A cette énième proposition et à cette nouvelle précipitation, la Hyuga en écarquilla les yeux. Si elle avait été assisse, elle en serait tombée de sa chaise. Jamais elle n'aurait imaginé Kiba la relançant sur son invitation à le suivre au sein de cet établissement qui avait tant fait bisquer son ex petit-ami. De plus, comment pouvait-il une seule seconde songer qu'elle puisse avoir envi de s'amuser ou d'aller boire un verre comme s'il ne s'était rien passé ? Affichant sa contrariété, elle le lui fit bien comprendre, ou du moins elle essaya tandis qu'elle se libéra pour s'éloigner de l'Inuzuka.

« - J'ai dit non, Kiba. Et puis, arrête de le traiter de crétin. C'est toi le crétin… En fait, vous êtes tous les deux des idiots,…, mais lui, c'était mon idiot,…, celui que j'aimais et que j'aime encore.

- Toujours prête à le défendre, malgré ce qu'il t'a fait, » murmura-t-il d'un air finalement conscrit en s'avançant vers elle alors qu'elle reculait.

Ce visage pouvant penser à de la repentance faillit gruger le cœur d'Hinata, toujours enclin à croire en la sincérité de ses proches qu'elle stoppa sa fuite. Malheureusement pour l'Inuzuka, il creusa lui-même sa tombe quand il osa continuer son discours.

« - Par contre, tu exagères. Je n'ai pas été aussi débile que lui. Moi, au moins, je n'ai agi que dans tes intérêts… J'ai testé sa sincérité et tu as vu le résultat… A continuer à courir derrière Sakura. »

La jeune femme eut le souffle coupé face au toupet de son camarade d'enfance. C'était le pompon. De plus, tout ce qu'avait entrepris son meilleur ami par le passé, contrariant son couple, lui revint en mémoire. Mine de rien à cause de lui, celui qu'elle aimait toujours lui avait avoué la haïr. Cette idée lui donnait envi de vomir et la désespérait. Son espérance de conserver un lien d'amitié avec son ex était entrain de voler en éclats. Elle finit alors par exploser.

« - Pour mon intérêt ?! Le tester ? Je ne t'ai rien demandée à ce que je sache. Neji et ma famille suffisaient largement. Et au lieu de m'aider, tu as préféré jouer avec ses nerfs. Dois-je te rappeler toutes tes provocations ? Avais-tu vraiment besoin de faire tout ça ? Et pourquoi ? Hein, pourquoi ? Tu peux me le dire au moins ? Tu as été égoïste et puérile.

- Bon ok, s'hérita le futur vétérinaire. Je n'ai pas été un cadeau. Je veux bien le reconnaître. Je m'en excuse. Voilà, tu es contente ?

- C'est un début, » se résigna Hinata qui douta tout de même de la véracité de ces mots.

En effet, dans les yeux de l'Inuzuka, elle pouvait y voir de la colère, mais étrangement, il existait toujours cette lueur plus qu'étrange dans ses pupilles marron. C'était comme s'il était possédé. Plus qu'intriguée, mais surtout espérant trouver une réponse à cette sensation de malaise bizarroïde, l'aînée de Hiashi se plongea dans l'étude de son meilleur ami. Que se passait-il donc avec lui ?

De son côté, Naruto déambulait plus qu'il ne marchait. Il divaguait plus qu'il ne pensait. Il ne savait pas depuis quand et où il allait. Il n'avait qu'un seul but, oublié, tout effacé de sa mémoire. Malheureusement, cette dernière refusait de lui obéir, bien au contraire. Toutes les images d'Hinata avec ce chien d'Inuzuka n'arrêtaient pas de revenir. Leurs mains liées, les rougissements de leurs joues le hantaient. Pour lui, c'était clair que tous les deux étaient en rendez-vous. Les images finirent par tournoyer tellement vite dans sa tête qu'il stoppa sa marche. Pliant ses genoux, il plongea ses doigts dans ses cheveux comme s'il voulait les arracher. Peut-être qu'ainsi, cela s'arrêterait, mais c'était peine perdu.

Tout se mélangeait, souvenirs et questions. Depuis quand étaient-ils ensemble ? Hinata et lui étaient-ils encore en couple quand ces deux-là avaient commencé à se voir au sein de… de cet endroit ? La savoir sur le point de rentrer dans ce lieu lui donnait la nausée. Pourquoi avec Kiba et aussi rapidement dans leur relation, alors que lui en un peu plus de dix mois, il l'avait à peine toucher ? Qu'avait-il de plus que lui cet Inuzuka de malheur ? De l'expérience ? A cette idée, il s'en mordit la lèvre au point de se la faire saigner. Il refusait de croire Hinata céder aussi facilement, et pourtant... Cela allait à l'encontre de tout ce qu'il connaissant d'elle. Quoi que… La connaissait-il aussi bien qu'il le pensait ?

Laissant tomber ses bras de toute leur longueur, l'Uzumaki regarda le sol. Il réalisa qu'en fin de compte, la réponse à cette interrogation était non. Avait-il vraiment pris le temps de savoir qui elle était ? Encore une fois non. Il avait préféré rester sur ses acquis et sur l'image qu'elle avait bien voulu donner depuis leur enfance. Cependant, au fond, la Hinata rongée par les attentes des anciens et subissant les séquelles de leur intransigeance lui avait été complètement inconnue jusqu'à ce jour. Pourtant, cela faisait parti d'elle…. Cela faisait parti d'elle… Cette phrase se répéta dans ses pensées inlassablement jusqu'à ce qu'une illumination se fasse en lui.

Naruto en releva la tête. Cela faisait parti d'elle… Mais oui ! Jamais elle n'aurait mis les préceptes de sa famille en danger. C'était encré si profondément en elle que d'y déroger la rendait complètement malade, qu'elle culpabilisait à un point inimaginable. N'avait-elle pas été prête à leur mentir, l'entraînant derrière elle, de leur cacher sa boîte de pilules par peur des représailles ? N'avait-elle pas exigé de faire chambre à part pour éviter à leur couple de tomber sous leur couperet ? Et là, elle se serait jetée dans les bras de Kiba sans aucune hésitation ? C'était absurde. Ce fut à ce moment-là que d'autres images de cette rencontre inattendue dépassèrent toutes les autres. Toutes les paroles qu'il avait espionnées et échangées avec Hinata inondèrent sa mémoire. En réalité, toute son attitude lui balançait la vérité à la figure. Elle avait été plus que récalcitrante face au comportement de leur camarade… Le comportement de Kiba ?

En réfléchissant bien, ce dernier avait été, certes, des plus provocants, mais le blond avait l'impression qu'il existait autre chose, qu'un échelon avait été franchi. Son ancien camarade de lycée s'était montré brutal avec la jeune femme. L'Uzumaki revoyait la force qu'il avait mise dans sa poigne quand il avait saisi l'épaule d'Hinata au point de la faire grimacer. Oui, Kiba l'avait comme empêchée de s'enfuir. L'obligeait-il donc à le suivre ? Pourtant, ce n'était pas dans les habitudes du maître d'Akamaru de la traiter ainsi…, à moins que… Ce fut là que Naruto mit enfin le doigt sur cette sensation qu'il avait ressenti durant leur duel de regard… La dilatation des yeux de son adversaire… Ses pupilles devant lui avaient été complètement dilatées, ouvertes, et cela malgré la lumière des réverbères sur son visage. L'iris avait été à peine visible. Si on rajoutait à cela les joues rougies, cela ne voulait dire qu'une seule chose.

Le blond réalisa alors son erreur et une angoisse naquit en lui. Il avait osé laisser une femme en prise avec un homme loin de son état normal. Se redressant, il fit vite volte face et se dirigea une nouvelle fois vers la ruelle. Il pouvait bien sûr se tromper. En fait, une part de lui l'espérait, même si cela voulait signifier qu'il ait eu raison dans ses précédents propos. Il préférait ça au regret de n'avoir rien fait si un malheur s'abattait sur Hinata. Elle n'était peut-être plus sa petite-amie. Elle était peut-être celle qui avait piétiné son amour et son cœur. Cependant, elle ne méritait pas le sort que lui réservait Kiba, même si en cet instant, ce dernier ne se rendait pas vraiment compte de ce qu'il s'apprêtait à faire. Naruto espérait maintenant arriver juste à temps.

D'ailleurs, en pensant à elle, Hinata était toujours en prise avec l'Inuzuka qui n'en démordait pas, tentant tous les arguments pour l'inciter à le suivre. Cette insistance la blessait autant que les paroles de son ex, car aucun des deux n'avaient pas pris la peine de prendre en compte ses ressentis. Elle n'aspirait qu'à une unique chose en cet instant, partir de ce lieu, s'éloigner de cette porte, symbole d'un nouveau malentendu entre le blond et elle. Elle ne voulait plus se préoccuper de personne. Elle désirait juste retrouver le réconfort de sa chambre. Malheureusement, ce n'était sans compter sur la ténacité de son ami.

« - Ce point étant terminé, on y va ? Allez, ne te fais pas prier. Ca te fera du bien de penser à autre chose.

- Ecoute, Kiba… Ce n'est pas contre toi… Je suis vraiment au bout du rouleau, que ce soit physiquement, ou nerveusement… En plus, tu ne fais que tourner autour du pot en refusant de me dire ce qui m'attend derrière cette porte. Je ne suis pas idiote, tu sais.

- C'est juste une boîte de nuit, se résigna l'étudiant vétérinaire, mais dont la frustration ne faisait qu'en augmentant. Disons qu'elle possède une particularité bien à elle que j'aimerai beaucoup découvrir. »

Une boîte de nuit ?! Souffla intérieurement Hinata, mais ce soupir représentait plus sa fatigue que son soulagement. En effet, en dépit de ce qu'elle venait d'apprendre, elle gardait toujours au fin fond d'elle cette angoisse, cette crainte sourde qu'il se jouait d'elle, qu'il lui cachait quelque chose. Tout ce cinéma pour une boîte de nuit, c'était tout de même abusif.

« - Je… Je t'accompagnerai bien,…, mais pas aujourd'hui… Un autre jour peut-être. Alors, je te souhaite une bonne nuit et à plus tard.

Ceci étant dit, la sœur d'Hanabi se dirigea enfin vers la rue principale, cherchant dans son sac son portable d'une main tremblante, afin d'en sortir son portable. Elle s'apprêtait à chercher le numéro d'un taxi. Elle était si nerveuse que ses doigts avaient du mal à tenir l'appareil dans sa main et de le composer. Fermant les yeux, elle inspira un bon bol d'air par le nez. Puis l'expirant, elle fit en sorte d'y glisser toutes ses peurs, son angoisse. Se sentant un peu apaisée, elle se concentra sur le taxi mais vit bientôt son téléphone lui échapper pour atterrir dans le poing de Kiba. En effet, celui-ci venait de le lui prendre, montrant par ce geste qu'il refusait sa décision. Il lui bloqua même le passage pour être sûr qu'elle ne s'enfuit pas.

« - Kiba, rend-moi mon portable.

-Pourquoi ? Pour que tu t'en ailles… Pas question. J'ai envi de m'amuser avec toi… Et puis, qui sait ? Peut-être même que cela te plaira. »

Tout chez lui transpirait d'un dessein bien plus sombre qu'un simple désir de danser et de boire un verre. Hinata ressentit une nouvelle fois la peur l'envahir, mais refusa de le lui faire voir. Elle tendit la main, exigeant le retour de son dû. Malheureusement, il refusa une nouvelle fois.

« - Ah non, refusa de se plier Kiba. Tu es la seule à pouvoir m'aider sur ce coup là… Hinata, rend-moi ce service. Fait le au nom de notre amitié.

- Mais pourquoi tu insistes tant ? En quoi ma présence est si indispensable ? Tu peux très bien entrer seul dans cette boîte de nuit.

- Et bien justement non. Il faut être en couple, sinon on n'y est pas admis… Alors maintenant, tu viens, » la provoqua-t-il, la dévisageant d'un air de luxure.

- Je ne t'accompagnerais pas, refusa-t-elle. Maintenant, laisse-moi rentrer chez moi.

- Oh si tu vas venir. Je refuse que tu me fasses faux bon. Il n'est pas dit que Naruto aura été le seul à qui tu accorderas tes faveurs et ses caprices,» se montra agressif le maître d'Akamaru en lui prenant brutalement le poignet.

A ce geste, Hinata prit peur. Elle ne reconnaissait plus son meilleur ami. Ce n'était pas lui ça. Que lui prenait-il ? Quand enfin, elle eut la réponse. En effet, la tirant fortement contre lui, la bouche de Kiba se trouva dangereusement au niveau des narines de la jeune femme. Il expira dans sa colère, lui balançant à la figure un air nauséabond. Des effluves de son haleine lui chatouilla le nez, ou plutôt le lui empoisonna. Ecarquillant des yeux horrifiés, elle en identifia aisément l'odeur. Elle avait été tellement absorbée par ses pensées tortueuses, le comportement étrange de son ami et l'arrivée à l'improviste de Naruto qu'elle ne l'avait pas remarqué avant, mais maintenant, c'était très net.

« - Ma parole, tu es ivre, souffla-t-elle, la crainte se lisant en elle.

- Mais non, réfuta l'Inuzuka. Je ne suis pas bourré. Juste un peu guilleret…

- Tu te fous de moi, tenta de se dégager en vain la Hyuga. Ta bouche pue l'alcool et tu te montres très agressif. Tu n'es pas dans ton état normal.

- N'exagère pas. Je n'ai bu que quelques verres, trinquant avec moi-même en ton honneur, se défendit-il en l'emmenant de force devant l'entrée qu'il désirait tant franchir. Maintenant, que la fête continue. Tu vas voir, ça va être génial…

- Kiba, lâche-moi. Tu me fais mal, se plaignit la jeune femme en se débattant. Et je te le répète, je ne veux pas y aller. »

Tout gentleman digne de ce nom aurait normalement cédé, mais pas le jeune homme ici présent. Non, l'alcool lui retira toute dignité, tout sens de l'honneur et le poussa alors à s'offusquer plus qu'autre chose. Le futur vétérinaire resta donc sourd à sa supplique. Bien au contraire, il en affermit sa prise. Hinata en gémit de souffrance encore plus. En cet instant, le regret l'assaillit. Elle aurait dû répondre à la lueur qu'elle avait lue dans les yeux de Naruto, cette lumière qui l'avait supplié de le rejoindre. Pourquoi n'avait-elle pas pris cette échappatoire ? Elle-même l'ignorait au fond. Elle ne savait pas ce qui avait derrière cette porte, mais un mauvais pressentiment lui tordait l'estomac au point qu'elle priait. Oui, elle priait pour que Naruto revienne et la sauve de ce traquenard. Elle jetait des coups d'œil vers la rue principale, l'espoir de le voir réapparaître dans le cœur. Cependant, la ruelle resta déserte. Face à la violence de l'Inuzuka, elle essaya alors de l'amadouer.

Elle fit mine d'accepter son sort et arrêta de se débattre. Elle espérait que cela suffirait à l'inciter à desserrer sa prise. Bon, cet espoir était très mince, mais il fallait qu'elle le tente. La Hyuga ne résista plus et suivit donc son meilleur ami. Ce qui au début, le surprit énormément, mais bientôt, il en sourit satisfait. Enfin, elle se soumettait. Ainsi, ses doigts lâchèrent un peu de leste comme elle l'espérait. Réalisant alors l'opportunité tant espérer, Hinata se stoppa nette et força sur son bras pour libérer le poignet prisonnier. Cela fait, elle se recula pour s'éloigner de son meilleur ami, tout en massant son membre meurtri. Le fils de Tsume resta scotcher par cette action avant de se retourner vers elle. La colère se fit alors voir dans ses yeux. En cet instant, la jeune femme comprit vite que plus rien n'arrivera à le calmer. Que quelqu'un vienne m'aider, pria la jeune femme en murmurant le prénom de Naruto. Kiba allait de nouveau se jeter sur elle qu'une voix posée mais ferme l'interpella.

« - Je crois que cette charmante demoiselle ne me semble pas des plus consentantes. Je vous prierais donc de la laisser tranquille. »

Se retournant, l'Inuzuka fit alors face à un homme en costume-cravate des plus élégants et d'un tissu des plus délicats montrant bien le haut statut de ce singulier personnage debout devant lui, une main dans la poche de son pantalon et l'autre le long de son corps bien formé. De plus, ses yeux extrêmement clairs, un peu à l'image de ceux des Hyuga, mais avec une pupille, transperçaient la nuit qui le cachait quelque peu. Au début, en constatant ses cheveux arborant une nuance claire de gris, Kiba crut avoir affaire à une personne de bien plus vieux que lui, mais s'avançant un peu plus à la lumière, l'importun lui prouva le contraire. Son jeune visage lui révéla qu'il devait certainement appartenir à la même génération que lui, bien qu'un poil plus âgé. Refusant de se laisser démonter par cette apparition des plus dérangeantes, le maître d'Akamaru joua encore de la provocation.

« - Sinon quoi…

-Vous voulez jouer à ça. Soit, » lui sourit mesquinement l'étranger en claquant des doigts.

A ce signal, deux colosses aux lunettes de soleil aussi noires que la nuit sortirent de l'ombre et se mirent au garde à vous à quelques centimètres derrière lui, comme une immense barrière de protection.

« - Il me suffit d'un simple mouvement pour que ces messieurs vous apprennent comment on se comporte avec une dame. »

A cette menace, les deux sbires s'avancèrent et firent en sorte de se placer entre Kiba et Hinata, formant une véritable muraille entre eux et en faisant entendre la jointure de leurs poings en geste menaçant. Face à ces deux mastodontes de muscles et surement formés à tous les arts du combat rapproché, l'Inuzuka hésita en déglutissant. Toutefois, l'alcool dans son sang agissait encore sur lui et de ce fait, le poussa à répondre en se mettant en garde. De son côté, la fille de Hiashi ne savait plus trop quoi faire non plus. Elle était reconnaissante à cet étranger d'être intervenue, mais delà à le laisser défigurer son camarade. Se décidant, elle se planta devant son sauveur à quelques pas de lui.

« - Je vous remercie de votre intervention, monsieur, mais je ne pense pas que ce soit nécessaire d'en arriver là. Mon ami est juste soul et ne sait plus ce qu'il fait.

-A votre guise, mademoiselle, s'inclina son interlocuteur.

Celui-ci fit de nouveau signe à ses gardes du corps de s'écarter de Kiba. Ces derniers s'exécutèrent en reculant quelque peu tout en restant prêt à intervenir.

- Nous allons nous retirer maintenant. Merci encore, salua Hinata.

- Je serai un triste sire si je vous abandonnais face à un soulard, affirma son sauveur. Même si ce dernier est de vos amis… Ce qui me surprend pour tout vous avouer… Vous semblez si délicate qu'il fait très rustre à côté de vous. »

A ces compliments, la Hyuga rougit en fuyant son regard perçant, mais tout de même doux et en triturant le manche de son manteau. La gêne était sa compagne au point qu'elle ne savait plus trop quoi dire. Seul Naruto avait tenu de tel propos à son encontre… Enfin, jusqu'à ce que son comportement et son engagement auprès de Sakura s'immisçasse dans leur couple. De plus, en cet instant, elle ne pouvait pas le contredire. Kiba faisait pitié dans son état d'ébriété. D'ailleurs, ce dernier la regardait abasourdi par le fait qu'elle discuta avec un type qu'elle ne connaissait pas le moins du monde, à moins que…

« - Laissez-moi donc vous servir de chauffeur et vous conduire jusqu'à votre demeure, l'invita l'inconnu. Ainsi que votre ami si vous y tenez.

- Tu crois que je vais te laisser amener ma copine alors qu'on ne connait même pas ton nom !? Tu rêves ! » Vociféra l'Inuzuka en faisant un pas vers lui vite intercepté par les deux sbires.

Face à autant d'impolitesse, l'inconnu le foudroya sans prononcer un seul mot, tout en gardant un calme olympien, comme s'il était si conscient de sa supériorité que personne ne semblait être capable de le faire sortir de ses gongs. Après un silence pesant, il se mit à sourire étrangement.

« - Vous avez raison. Quel impoli je suis, finit-il par dire en s'adressant principalement à Hinata, snobant Kiba qui grinça des dents. Je ne me suis pas présenté. Veuillez me pardonnez. Je suis…

-Et bien et bien, que se passe-t-il cousin ? S'éleva une troisième voix. Notre tante nous attend. »

Entendant cette voix qui avait osé l'interrompre, le sauveur d'Hinata en ferma les yeux débité et rageur, mais réussit néanmoins à contenir sa colère naissante. Il n'allait quand même pas montrer un tel visage devant celle qu'il rêvait de rencontrer depuis si longtemps. C'était une chance à son avantage qu'il ne devait en aucun cas laisser passer, surtout à cause de son parent. Ceci étant dit, cela aurait été un inconnu qu'il lui aurait fait comprendre ce qu'il en coûtait de le couper, lui, l'un des meilleurs espoirs industriels et pourquoi pas politique de ce pays.

Les pas de ce fameux cousin se firent bientôt entendre et le sortirent du monde de ses pensées. Quand il sentit sa présence à ses côtés, ses gardes du corps s'inclinèrent en guise de salut, et en signe de respect. Visiblement, ce singulier personnage appartenait à la caste de leur patron, en déduisit Kiba qui ne put réprimer un sentiment d'infériorité face à l'aura oppressante et bourrée de confiance qui émanait de cet homme. Car oui, c'était un homme d'une telle prestance qu'il se sentit très petit à côté. Ne voulant pas le montrer, l'Inuzuka en fronça les sourcils et en tendit tous ses muscles.

La réaction d'Hinata fut tout autre. En effet, maintenant qu'elle observait les deux individus l'un à côté de l'autre, leur ressemblance la frappa de plein fouet. Bien que le nouveau venu ait le visage plus fin, les cheveux plus clairs et portés sur le blanc, il était indéniable que tous deux, appartenaient à la même famille grâce à leurs yeux remplis de similitudes autant en termes de forme que de couleur. Ce fut alors une révélation pour la Hyuga. Elle comprenait enfin ce sentiment de déjà-vu, cette impression d'avoir déjà côtoyé au moins une fois dans le passé son sauveur

« - Monsieur Otsutsuki ?! » S'exprima-t-elle, un peu surprise.

Ainsi interpellé, l'individu fraîchement présent tourna son attention vers elle, confirmant ainsi son identité. Il s'agissait bien de Momoshiki Otsutsuki, un des concurrents de son père. Elle se rappelait bien de ce dîner qu'ils avaient partagé en sa demeure, invité qu'il avait été par Hiashi il y avait quelques semaines. Un invité qui l'avait mise très mal à l'aise dans sa façon de la dévisager ce soir-là. Malgré sa politesse condescendante, elle avait cru voir un prédateur, chassant la proie qu'elle était surement à ses yeux. Toutefois, malgré le retour d'un certain malaise, elle resta calme et fit ainsi honneur à l'éducation de son père.

« - Mademoiselle Hyuga. Quelle agréable surprise, lui tendit la main Momoshiki qu'elle serra à son tour. Je vois que vous venez de faire la connaissance de mon cousin, Toneri, un jeune homme plein de promesse.

- Je… je n'en doute pas, monsieur.

- Toneri, laisse-moi te présenter mademoiselle Hinata Hyuga, l'héritière de Hyuga corp, nos plus féroces adversaires commerciaux et qui sait, peut-être nos futurs alliés.

- C'est un plaisir pour moi mademoiselle Hyuga, salua donc ce fameux Toneri en lui faisant un baisemain. Je constate que les éloges faites par mon parent sur votre personne sont en-dessous de la vérité. Dommage que nous nous rencontrions dans des circonstances si fâcheuses.

- Et des plus surprenantes, je dois l'avouer, rajouta le plus âgé des Otsutusuki. Jamais je n'aurai songé vous croiser dans ce genre d'endroit ma chère… Un club libertin n'est pas un lieu des plus appropriés pour une jeune femme telle que vous, provenant d'une famille si vertueuse.

- Pardon ? S'étouffa presque Hinata. Un… un club libertin ? Ce n'est donc pas une boîte de nuit ?

- Une boîte de nuit ? Pouffa son interlocuteur qui résista d'éclater de rire. Certes non, enfin sauf pour ceux qui s'adonnent à certaines paraphilies.

- Paraphilie ? Se questionna la jeune femme.

- Vous ignorez donc ce que ce mot signifie, s'étonna faussement Momoshiki. C'est un terme qui regroupe toutes les attirances sexuelles différentes de la sexualité classique ou des comportements sexuels relevant de la norme. Ce sont des fantaisies, des impulsions ou des dérives sexuelles. »

La jeune femme en plissa les yeux, montrant qu'elle ne voyait pas trop de quoi il parlait. Un sourire en coin se dessina sur le visage fin de l'Otsutsuki qui comprit bien vite son interrogation.

« - Je parle bien sûr de l'échangisme, du bondage, de l'exhibitionnisme, du fétichisme, du sadomasochisme, du transvestisme fétichiste, et du voyeurisme.

La surprise fut la seule réponse qu'il reçut et le poussa à continuer sur sa lancée.

- Vu votre étonnement, vous n'êtes donc pas familières de ces pratiques, si je comprends bien ?

- Non, pas du tout. J'ignorais… J'ignorais même que cet établissement était un club permettant ce genre d'activités, s'offusqua Hinata avant de se tourner vers Kiba qui baissa la tête avant de la relever par défi. On m'avait affirmée que ce n'était qu'une simple boîte de nuit.

- Visiblement, cette personne a omis de vous soumettre quelques détails importants. Dois-je déduire que votre présence en ce lieu n'est pas de votre chef et que ce jeune homme vous y a amené de force ? » Déclara Momoshiki qui fixa le concerné d'un regard glacial.

Encore une fois, le silence fut roi, confirmant ses soupçons. De plus, Toneri lui fit vite comprendre d'un seul coup d'œil qu'il avait vu juste. En tout cas, à cette révélation, la Hyuga foudroya aussi celui qu'elle prenait pour un véritable ami. Elle l'avait toujours cru fiable dans énormément de domaine. Avec Shino, leur trio avait démontré, tout comme celui formé par Shikamaru, Choji, et Ino, que l'amitié entre garçon et fille était possible, sans aucune ambiguïté. Apparemment, elle s'était trompée concernant son lien avec Kiba. Dès lors qu'elle avait formé un couple avec Naruto, tout cet équilibre avait volé en éclat, s'effondrant sur lui-même. D'un côté, Hinata culpabilisait d'en être la source. Cependant, de l'autre, elle en voulut à son camarade de toujours.

Son comportement invasif n'avait pas aidé du tout. Cela en avait rajouté à la pression déjà existante. Et maintenant, elle se sentait trahie, utilisée sans vergogne, sans aucune considération pour sa personne. La fille de Hiashi n'arrivait pas à croire que son plus ancien ami d'enfance lui avait monté un coup pareil, l'inviter dans un club libertin, en le lui cachant. Elle en était tellement tombée de haut que sa voix lui manqua. La manigance de l'Inuzuka lui restait au travers de la gorge que ses mots y étaient bloqués, comme dans l'incapacité de sortir.

Quand à Kiba, le jeune homme faisait, ou du moins, tentait de conserver une attitude fière et digne. L'alcool l'empêchait visiblement de prendre conscience de la portée et de l'étendue de ses agissements. Cette liqueur le poussait, bien au contraire, à ne pas rendre les armes face aux deux hommes devant lui, toujours protégés par leurs gorilles. Toutefois, il n'osait pas regarder en face Hinata. Il fuyait son regard, refusant inconsciemment d'y avoir la blessure que sa perfide manipulation avait engendré dans le cœur de la seule femme présente. Les larmes aux yeux, l'ex de Naruto se détourna de lui, le désir de rentrer chez elle le plus rapidement possible augmentant à chaque seconde. Cependant, elle se retint, héritière des Hyuga oblige. Elle se devait de garder la tête haute, mais c'était si difficile qu'elle en tremblait.

« - Vous semblez avoir froid, mademoiselle Hyuga, intervint alors Toneri. Veuillez me pardonner si je me montre insistant, mais laissez-nous vous raccompagner chez vous. Il serait indigne de nous que nous vous laissions dans cette froideur et en ce lieu.

Le maître d'Akamaru voulut riposter, mais en fut dans l'impossibilité de le faire quand, d'un signe, son adversaire ordonna aux deux gardes du corps de se montrer des plus persuasifs. La dite jeune femme resta silencieuse pendant tout l'échange et n'intervint pas, à la surprise de son meilleur ami. Elle qui les connaissait et qui aurait pu alors mettre fin à leur cinéma ne fit rien dans son sens. Bien au contraire. Elle semblait vraiment réfléchir à la proposition sérieusement. Allait-elle vraiment l'abandonner, préférant faire confiance à ces inconnus, alors que lui, il l'avait côtoyée depuis leur enfance ?

« - Hinata ? L'appela Kiba, une inquiétude dans la voix. Tu ne vas quand même pas accepter. On ne les connait pas ces mecs. »

Malheureusement, pour lui, la jeune femme lui tourna le dos et s'avança dignement devant ses yeux écarquillés vers les deux Otsutsuki. Ces derniers comprirent vite qu'elle venait de faire son choix. Toneri se décala pour lui céder le passage en l'invitant du bras à prendre la direction de la rue principale. Alors qu'elle était de dos, il lança le regard satisfait du vainqueur à l'Inuzuka qui en serra les poings avant de la suivre pour la guider vers une voiture garée non loin. Ainsi, il le laissa seul avec son cousin qui afficha pour sa part un sourire machiavélique.

« - Hinata n'ira nulle part avec vous ! S'opposa Kiba qui refusait qu'elle parte, sortant de son mutisme.

- Je crois que nous n'avons aucun ordre à recevoir de vous, monsieur Inuzuka, intervint Momoshiki, surprenant ce dernier de savoir qui il était. C'est à mademoiselle Huyga que l'invitation fut faite et non à vous. »

Malheureusement, le futur vétérinaire ne l'entendit pas ainsi. Il voulut courir derrière sa sœur de cœur pour la retenir. Jamais il ne la laisserait suivre ces types et encore moins pour qu'elle le plante comme ça. Il avait oublié qu'un petit détail, les murs à glaces qui se trouvaient sur son chemin et un homme influent qui n'avait pas peur d'écraser tout ce qui se dressait devant sur son chemin. Au début, aucun obstacle ne vint contrer Kiba. Ce dernier crut même avoir gagné lorsqu'il passa à côté des trois individus. Cependant, au moment où il allait les dépasser, une poigne ferme le stoppa pour le projeter ensuite avec force contre le mur aussi loin que possible de la direction prise par Hinata. Un peu étourdi par le choc, l'Inuzuka leva les yeux sur le responsable qui le toisa de toute sa hauteur, un air mauvais sur le visage.

« - De plus, je ne suis pas certain que votre mère apprécierait la manière dont vous l'avez traitée ce soir. Quelle déception pour elle. Je vous conseillerai donc de renoncer si vous ne voulez pas qu'une personne malintentionnée lui brise son cœur maternel en allant tout lui révéler.

- Laissez ma mère en dehors de ça !

- Sinon quoi ? Le nargua son adversaire, d'un ton aussi glacial que la banquise.

-…

- Vous n'êtes rien pour notre famille. Qu'un insecte sous nos chaussures qu'on écrase d'un seul coup… Pour vous rappeler quelle est votre place et de ne plus tenter d'entacher la réputation de mademoiselle Hyuga…»

Momoshiki leva la main et claqua des doigts, une lueur sadique brillant dans ses pupilles. A ce geste, les deux gorilles firent craquer leur jointure en s'approchant dangereusement de Kiba. Ce dernier recula face à ce barrage de muscles qui s'apprêtait à se déverser sur lui, mais il n'était pas dit qu'il se rendrait sans se battre. Il se mit alors en garde. L'un des gardes du corps arma son bras et l'abattit sur lui avec fracas. S'en suivirent d'autres. Délaissant ce passage à tabac en règle, l'Otsutsuki se mit à rire en partant dans le but de rejoindre son cousin et Hinata. D'ailleurs, cette dernière, totalement étrangère à ce qui se passait dans son dos, était arrivée devant une belle limousine blanche.

A ce moment-là, le doute l'envahit. Avait-elle fait le bon choix ? Les deux hommes s'étaient montrés des plus aimables. Leur proposition de la raccompagner était celle de véritables gentleman, mais à notre époque, pouvait-elle faire confiance à des personnes qu'elle connaissait qu'à peine et qui plus est des représentants de la gente masculine ? Toutefois, Hinata était si fatiguée, avec une telle hâte de rentrer chez elle. Peut-être qu'elle devrait le faire par ses propres moyens. Repensant au taxi, elle se dit qu'elle pourrait en appeler un, quand elle se rappela que son téléphone était resté en la possession de Kiba. En pensant à lui, elle réalisa qu'il ne l'avait pas suivie. Allait-il bien ? Surement. De toute façon, elle n'avait pas du tout envi de le retrouver dans cette ruelle. Sa trahison était beaucoup trop fraîche. Sentant la présence de Toneri près d'elle, elle se décida à lui quémander un petit service.

« - Je ne voudrais pas abuser de votre bienveillance. Je vous remercie pour votre proposition, mais je préférerai de faire appel un taxi. Auriez-vous l'amabilité d'en appeler un pour moi ? Je n'ai plus mon portable.

-Mademoiselle Huyga, murmura Toneri, la regardant avec compassion faisant penser qu'il avait deviné son malaise. Je vous assure que mes intentions à votre égard sont tout à fait louables. Vous ne risquez rien avec moi. Cependant, si c'est votre désir, je l'exécuterais. Toutefois, venez donc vous réfugier dans la voiture en attendant. L'air est glacial. »

Sur ces mots, le jeune Otsutsuki allait se saisir de la portière en l'invitant à prendre place que le bruit d'ouverture se fit entendre. Se reculant d'un pas, Hinata vit alors une main magnifiquement manucurée posée sur la poignée interne de la portière avant de disparaître de nouveau dans l'ombre du véhicule. Puis, deux fines jambes enfermées dans des bas de soie firent leur apparition pour disparaître au niveau du genou sous un tailleur en tissu précieux, alors qu'une voix féminine sortit de la voiture.

« - Toneri, que se passe-t-il donc ? Pourquoi nous as-tu quittés aussi précipitamment après notre dîner avec nos collaborateurs ? J'ai dû me plier en excuse auprès d'eux pour qu'ils ne prennent pas mal ta façon de les saluer avec si peu de cérémonie. Et où est Momoshiki ?

- Je suis ici, ma tante, arriva ce dernier. Une dernière chose insignifiante à régler. Rien de grave, rassurez-vous.

Ceci dit, il rentra dans la limousine et prit place à l'intérieur alors qu'Hinata ne savait plus trop où se mettre. Elle était si gênée qu'elle ne réalisa pas l'absence des gardes du corps, oubliant jusqu'au sort de Kiba.

- Ma tante, veuillez me pardonner, s'adressa finalement Toneri s'inclinant en signe de repentance.

- C'est ma faute, madame, intervint Hinata qui ne voulait pas que celui qui l'avait sauvé de l'ébriété de Kiba ait des problèmes. Votre neveu m'a apporté son assistance lors d'une altercation que j'ai eue plus loin, aidé par son cousin. »

Un silence se fit après ses explications, angoissant la fille de Hiashi qui sentit une goutte de sueur lui couler dans le dos alors que Toneri resta calme à ses côtés. Ce fut alors que des escarpins en cuir se posèrent sur le trottoir pour laisser sortir de la voiture une femme splendide aux longs cheveux blancs et aux yeux aussi clairs que ceux de Toneri. Un maquillage sophistiqué sublimait sa beauté. La Huyga fut subjuguée par sa grâce naturelle dans sa façon de se tenir devant elle.

« - Mademoiselle Hyuga. J'avais bien reconnu votre voix.

- Madame Otsutsuki, salua-t-elle, la reconnaissant et en lui serrant la main qu'elle lui tendit. Je vous prie de pardonner à votre neveu.

- Puisque son action fut pour vous protéger d'un quelconque embarras, bien sûr qu'il l'est. Mais que faisiez-vous dans ce genre de quartier ?

Hinata préféra garder le silence, ne désirant pas du tout s'étendre sur le sujet.

« - Il n'est pas nécessaire de s'étendre sur le sujet, ma tante, intervint Toneri qui avait senti son malaise. L'important est qu'elle soit saine et sauve.

-Tu as raison, en convint Kaguya.

- J'ai proposé à mademoiselle Huyga de la raccompagner chez elle.

- Tu as bien fait, accorda la tante de l'Otsutsuki avant de se tourner vers Hinata en lui souriant. Je vous en prie, prenez place.

- C'est-à-dire que…, » tenta cette dernière, un peu gênée de refuser maintenant et d'amener le sujet du taxi.

Elle ne savait pas pourquoi, mais elle était presque certaine que la femme devant elle serait moins conciliante que son jeune parent. Toutefois, elle ne voulait pas abuser et allait se faire entendre sur ce sujet, mais visiblement, Kaguya ne l'entendait pas ainsi. En effet, sans attendre qu'elle lui donne une quelconque réponse, l'Otsutsuki s'engouffra de nouveau dans l'habitacle. Levant les yeux sur Toneri, la fille de Hiashi aurait aimé le prier de plaider sa cause que le son de son prénom l'en empêcha.

« - Hinata ! »

La concernée tourna alors son visage vers celui qui l'avait appelée, alors que l'héritier des Otsutusuki fit de même. Alors que ce dernier en fronça discrètement les sourcils face à cette apparition compromettant son action, Hinata, le souffle coupé, vit se dresser devant elle son ex-petit-ami. Elle avait l'impression d'halluciner. Jamais elle n'aurait imaginé qu'il soit revenu sur ses pas après leur altercation. Il lui avait semblé tellement en colère, tellement fermé à la croire. Et pourtant, Naruto était bien là, quelque peu essoufflé, montrant qu'il avait couru pour la rejoindre. Elle n'était pas la seule à croire en une illusion. L'Uzumaki avait du mal à réaliser qu'il l'avait retrouvée auprès d'un autre homme, lui qui pensait devoir la sauver de Kiba. Il s'était visiblement trompé.

Soit, il était arrivé trop tard, laissant à un autre ce privilège, soit…, soit ce dernier était une rencontre qu'elle venait de faire au sein de ce club d'échangisme. La voyant devant une voiture de luxe, il prit peur qu'elle puisse suivre ce type pour finir la nuit avec lui. Aurait-il vu juste sur ses penchants ? Non, il refusait de le croire et se tint aux idées dont il s'était persuadé être la réalité. Pendant ce temps, Toneri le foudroyait d'un regard glacial. Il lui donna la chair de poule, mais le blond refusa de se laisser démonter. Il préféra alors se concentrer sur la jeune femme dont le visage se ferma devant lui. Conscient quelque peu de ses raisons, Naruto tenta tout de même sa chance. Il leva le bras, l'invitant ainsi de le rejoindre.

«- Je vais te raccompagner, Hinata… Viens. »

Regardant cette main tendue, cette dernière était plus qu'étonner de ce virement de situation, alors que de son côté, Toneri retint son souffle, ainsi que son envi de lui sauter à la gorge. Il se devait de rester calme et y réussit tant bien que mal. La Hyuga avait l'impression maintenant d'être prisonnière, de ne plus avoir le choix, mais aussi d'être coupée en deux. D'un côté, elle était heureuse de constater qu'il était là, qu'il existait un espoir qu'il ait reconnu son erreur et qu'il avait désiré la réparer. Malheureusement, la vision de Naruto devant elle avait ravivé sa mémoire. Ses anciennes paroles la frappèrent de nouveau de plein fouet, réveillant ses blessures et sa souffrance. De plus, elle ne pouvait plus appeler un taxi. Naruto ne l'aurait pas laissé faire ou aurait exigé de monter à sa suite pour ne pas la quitter. Mais pourquoi ? Pour être certain qu'elle ne courra pas dans les bras d'un autre ? Elle ne pouvait pas retourner vers Kiba non plus. Sentant son indécision qu'il comprenait très bien au vu des événements passés, le blond se fit insistant en faisant un pas vers elle.

« - Hinata, je t'en prie. Parlons-en. »

Plongeant dans ses azurs, la jeune Hyuga y vit toute l'espérance de la voir lui saisir la main. C'était comme une prière de lui prouver qu'elle n'était pas la femme qu'il croyait qu'elle était, soit une menteuse lui faisant croire en son désir de conserver sa virginité, tout en étant capable de passer le cap avec un autre. Bien que blessée, elle identifia autre chose. Une autre lueur y dansait, celle de la peur de la perdre encore une fois, témoin de sa douleur de la séparation. Cette étincelle était si forte qu'Hinata s'y sentit aspirer malgré elle que plus rien n'existait. Elle en leva la main prête à la fondre dans celle de son ex, mais elle dut revenir à la réalité quand une voix la sortit de ses pensées. Elle ne fut tellement surprise qu'elle remit son bras contre elle, au niveau de son cœur.

« - Mademoiselle Hyuga, se rappela à son souvenir Toneri. Visiblement, c'est un ami à vous. Vous êtes bien sûr libre d'aller avec lui. Toutefois, ma proposition tient toujours. »

Un doux sourire aux lèvres s'afficha sur son visage. Néanmoins, son regard renvoyait aussi une certaine peine. Il tenait la portière ouverte de la limousine, tout à l'invitant à y entrer d'un mouvement de bras. Touchée, Hinata se souvint de ce qu'elle lui devait. Fermant un instant les yeux, elle souffla discrètement avant de tourner le dos à Naruto. Ce dernier écarquilla les yeux quand, sans un dernier regard pour lui, elle prit place dans la voiture. Toneri afficha alors un visage de vainqueur, narguant de ce fait le perdant avant de la suivre à l'intérieur et de claquer la porte. Puis, dans un bruit de moteur, la limousine démarra pour s'éloigner d'un blond si abasourdi qu'il ne fit pas attention au 4x4 qui la suivit et portant à son bord les deux gardes du corps qui s'y étaient installés après s'être nettoyé leurs mains ensanglantées.