Après le départ du véhicule de luxe, Naruto fut touché d'une incroyable envie de la rattraper. Il n'en connaissait pas la raison au juste, mais cela lui était complètement égal. Il fallait qu'il la rattrape coûte que coûte. Ni une, ni deux, retrouvant un regain d'énergie et ignorant la protestation de ses muscles, il s'élança derrière la limousine. Qu'importe que ses poumons le brûlaient à cause de l'air glacial qui rentrait par sa bouche, qu'importe les battements de son cœur qui raisonnaient jusque dans ses oreilles, il courut à perdre à l'haleine. A chaque foulée, il s'auto-motivait en se répétant qu'il y arriverait, bien que la silhouette de la voiture ne cesse de diminuer. A la vue d'un des feux de signalisation les plus longs de cette rue, il pria pour qu'il passe au rouge et au miracle, il fut entendu.

Sa cible arrêtée, l'Uzumaki redoubla d'efforts, l'espoir renaissant. Il se voyait déjà ouvrir cette portière et en tirer de force Hinata pour la mettre à l'abri sous sa protection. Il ne savait pas pourquoi, mais il était certain que ce type n'était pas quelqu'un en qui on pouvait avoir confiance malgré son aire avenant. Le regard glacial de cet individu lui avait hérissé le poil, témoignant de la naissance d'un mauvais pressentiment. Malheureusement, était-ce à cause de la fatigue, d'un caillou désireux de le briser dans son élan ? Qu'importe ! Le destin voulut que son pied heurte une difformité du sol pour qu'il trébuche. Cela lui fit perdre quelques secondes très précieuse. En effet, au moment où il se releva malgré la protestation de ses jambes douloureuses, la limousine repartit, suivie par le 4x4.

Ce fut donc avec horreur qu'il dut abandonner la partie quand il les vit accélérer pour enfin disparaître derrière un virage. Le mutisme gagna alors Naruto, se figeant sur place, ses membres tremblant après un tel effort. Il n'arrivait pas se sortir de la tête cette image d'Hinata suivant cet inconnu et lui incapable de la rattraper. Il avait l'impression de vivre son pire cauchemar. Et puis qui était cet homme ? Quel lien avait-il avec elle ? Etait-il un amant ? Pourquoi avait-il été aussi con ? Des questions et toujours des questions que la fatigue lui tomba dessus. Il avait du mal à réaliser encore. Elle qui l'aurait suivi autrefois jusqu'en enfer venait de repousser sa main. Il serra les poings et la mâchoire, rentrant ses oreilles entre ses épaules, les yeux fermés de rage et de déception. Oui, il était en colère, mais surtout il se sentait plus seul que jamais.

Le blond en voulait à Mei de s'être trompée de chambre. Il en voulait à Iruka de ne pas lui avoir présenté plus tôt sa petite-amie. Il en voulait à Kiba et, à son grand étonnement même à Sakura d'avoir interféré dans sa relation amoureuse. Il en voulait à Neji et aux anciens d'avoir mis un tel carcan sur celle qu'il désirait toujours appeler sa princesse. Il en voulait à cet individu d'être arrivé avant lui. Il en voulait à ses amis en couple d'être heureux en ménage. Il en voulait à Hinata d'avoir rompu sans lui laisser une autre chance et d'avoir refusé sa main à l'instant,…, mais surtout il s'en voulait à lui-même. Oh comme qu'il s'en voulait. Il venait de louper une belle occasion de discuter avec elle de ce qu'il avait réalisé suite aux remontrances d'Ayame, et pourquoi pas tout arranger. Il aurait dû voir les signes plus tôt, savoir que jamais elle n'aurait franchi les portes de cette boîte de nuit si particulières, se rendre compte que l'Inuzuka n'était pas dans son état normal. Il était tombé dans le même piège qu'elle, alors qu'il le lui avait reproché sa crédulité et sa naïveté.

Quand Hinata avait surprise Mei dans sa chambre, elle avait conclu trop vite qu'il lui avait été infidèle… Et il venait de faire la même chose, mais en pire. En effet, il avait osé l'insulter, alors que jamais aucune injure n'était sortie des lèvres qu'il avait adoré embrasser il y avait encore quelques semaines. Reconnaissant sa défaite et sachant qu'il ne pouvait rien faire de plus, Naruto repartit vers sa moto avec la ferme intention de rentrer chez lui pour y dormir, même s'il était certain qu'il n'arrivera pas à fermer l'œil du reste de la nuit. Son esprit était beaucoup trop torturé, même la présence de Sakura ou de Sasuke ne parviendrait pas à le soulager. Il en était certain. Son cœur lui criait que la seule qui en avait le pouvoir et qu'il désirait était Hinata. Malheureusement, il avait l'impression qu'il était trop tard maintenant. Elle était partie loin de lui.

Dans son départ, il repassa devant la ruelle, théâtre de ce nouveau drame, sans y prêter attention, oubliant jusqu'à la présence encore possible de Kiba. Il continua son chemin, la tête basse et les mains dans ses poches. Il ne prêta même pas attention au rat qui se faufila entre ses jambes, profitant de la noirceur de la nuit pour chercher sa pitance. Ainsi, Naruto ne vit pas le rongeur se diriger vers le club libertin, ou plus précisément vers ses poubelles cachées dans une arrière coure, pour savoir s'il n'y trouverait pas son bonheur. A la vitesse de ses petites pattes et aux cliquetis de ses griffes sur le béton, l'animal ne perdit pas de temps pour arriver à destination. Toutefois, une odeur très particulière de fer le stoppa nette si bien qu'il se dressa sur ses postérieures pour humer l'atmosphère. Revenant à sa position initiale, il s'avança prudemment pour se retrouver devant une jambe humaine.

La reniflant un instant, il s'en détourna, complètement désintéressé, préférant se concentrer sur les effluves de nourritures pourrissant dans les containers à ordures. Pour se faire, il devait enjamber cet obstacle. S'accrochant de ses griffes sur le jean, il se hissa sur ce membre qui se mit soudain à bouger. Pensant à une attaque, l'instinct du rat le fit déguerpir à toutes pattes. Rebroussant chemin, il croisa alors, sortant justement du club avec un sac poubelle, une ombre féminine. A sa vue, celle-ci sursauta, retenant un petit cri de stupeur. Reprenant son sang froid, la main sur le cœur, après cette rencontre fulgurante, cette nouvelle actrice reprit sa tâche, jeter son chargement. Levant le couvercle, elle s'en défit quand un grognement sourd arriva à ses oreilles. Intriguée et d'une curiosité angoissante, elle contourna les containers et tomba alors nez à nez avec un corps inanimé dont le visage était ensanglanté et commençait à se boursouffler. La main sur la bouche pour s'empêcher de hurler, l'inconnue prit la fuite, bousculant quelques poubelles au passage qui tombèrent avec fracas.

Ce bruit assourdissant eut l'air de réveiller l'inconscient qui tenta de sortir du brouillard où il se trouvait, entrouvrant les paupières. Il bougea un peu, mais chaque mouvement lui tira des gémissements de douleur. Tout son organisme le faisait souffrir le martyr, surtout au niveau des côtes. Une énième tentation de se redresser fut de trop et une quinte de toux eut raison de ses dernières forces. Dans un grondement, il abandonna. Ses yeux se fermaient malgré sa tentation d'y résister alors qu'il entendait plusieurs pas arrivés dans sa direction. Il réussit une dernière fois à les garder ouvert, bien qu'ils ne fussent plus qu'une fente. Sa vision était floue, mais il put voir se pencher sur lui plusieurs silhouettes. Alors qu'il se sentit être soulevé et amené au chaud, ses oreilles perçurent un léger murmure avant qu'il ne perdit une nouvelle fois connaissance.

« - Bon dieu, Kiba. Qu'est-ce qui a pu se passer ? »

Pendant ce temps, au sein de la limousine, uniquement le bruit de la voiture régnait, aucun de ses occupants n'osant rompre le silence. L'intérieur était composé d'un mini bar et de trois banquettes en cuir formant un U. Hinata était seule sur l'une d'entre elles, alors que sur celle d'en face se trouvait Toneri avec, à ses côtés, sa tante. Cette dernière affichait un petit sourire, tout en observant son autre neveu, installé sur la troisième et concentré sur son portable. Néanmoins, c'était un faux semblant. En effet, les deux Otsutsuki observaient leur jeune invitée, mais surtout leur parent. Ce dernier n'avait pas une seule fois détourné son regard de la Hyuga. Il la trouvait si belle, si désirable. Plus il posait ses yeux sur elle, plus il se trouvait chanceux d'avoir suivi son instinct quand il avait entendu des cris féminins au moment où le repas d'affaire avait pris fin. Il s'était un peu isolé des collaborateurs de Kaguya pour se fumer une cigarette à l'extérieur, près de lui ses gardes du corps qui ne lui lâchaient pas les basques.

Cela faisait des mois qu'il rêvait de rencontrer la jeune femme qui habitaient tous ses fantasmes les plus fous. Et maintenant, elle était là, devant lui et dans une position des plus avantageuses pour lui qui plus est, celle de lui être redevable. Oh, il ne cacherait pas qu'il aurait préféré faire son entrée dans une atmosphère un peu plus romantique, ou du moins un peu moins mouvementée. Cependant, il fallait avouer que le rôle du chevalier blanc chevauchant au secours de sa belle quelque soient les dangers dans un périple romanesque lui allait comme un gant. A la minute, il aurait aimé entendre sa douce voix, mais vu quelque peu déçu de ne pas entendre aucun son briser la barrière de ses lèvres pulpeuses. Il se contenta de profiter du spectacle qu'elle lui offrait et chérit chaque seconde, bien qu'il aurait aimé voir ses magnifiques pupilles.

En effet, depuis le départ de la limousine, Hinata voyageait la tête quelque peu baissée, trouvant ses mains posées sur ses genoux très fascinantes. Sentant cette présence permanente sur sa personne, elle s'hasarda à jeter un petit coup d'œil au travers de sa frange. Elle tomba nez à nez avec le visage de Toneri. Comprenant qu'il ne l'avait pas quitté des yeux, ses joues se colorèrent en rouge. Elle se détourna dans la seconde comme attirer par les lumières de la rue visibles au travers de sa fenêtre tintée. L'héritier des Otsutsuki sourit face à cette adorable gêne, montrant ainsi une certaine satisfaction d'engendrer chez elle un tel effet. Son charme était déjà entrain d'opérer et cela gonfla son égo… Bientôt, oui, bientôt, plus aucun homme n'existera pour elle, et certainement plus ce blond.

Il avait toutefois senti une certaine crainte à la voir accepter la main tendue de ce dernier. Et pourtant, il avait réussi à garder son sang froid, jouant son rôle de gentleman jusqu'au bout, lui donnant l'illusion d'avoir le choix. A son plus grand soulagement, elle avait snobé son rival pour le suivre, lui. Il amorçait les choses sur le bon pied qu'il en sourit encore plus. Sa fierté avait été si bien brossée dans le sens du poil que la réalité ne l'atteignait même pas, préférant se croire dans un rêve. En effet, de son côté, Hinata était de plus en plus mal à l'aise. Elle supportait de moins en moins la pression que ce regard faisait peser sur ses épaules qu'elle en avait rougi. Elle regrettait presque d'avoir accepté d'être ainsi raccompagnée. Il y avait quelque chose de perturbant dans ces iris presque grises qui la fixaient, mais sans qu'elle sache en quoi exactement.

Peut-être qu'elle aurait dû s'en tenir à son idée du taxi, en empruntant le chemin de la prudence, car il était vrai qu'elle ne les connaissait pas ces Otsutsuki. En fait, la présence d'une femme dans le véhicule l'avait un peu rassuré, d'où sa décision. Ces deux cousins n'oseraient rien tenter en présence de leur tante qu'ils semblaient avoir une certaine ascendance sur eux. Et puis, ce Toneri s'était conduit en vrai gentil homme. Il l'avait sauvée tout de même et d'une certaine manière, elle lui en était redevable. Lui accorder cette faveur de la raccompagner était très peu de chose. Naruto avait pourtant eu l'air sincère dans son intention de l'aider. Elle avait été touchée par son retour et par l'idée qu'il ait réalisé dans quelle véritable situation, elle s'était trouvée. Toutefois, elle était consciente qu'il aurait voulu des explications, des explications qu'elle n'avait pas du tout envi de lui donner. Pas pour le défier, mais parce qu'elle avait été si fatiguée de devoir lutter, ou de se justifier à tout bout de champ.

Néanmoins, son cœur s'était serré de tristesse et l'était encore, bien que rempli de fierté d'avoir résisté. La vue de ce faciès parsemé de mèches blondes, profondément subjugué par la souffrance et la déception, la hantait et l'hantera certainement pendant longtemps. Au fil des secondes, l'image de l'Uzumaki se transforma sans plus de cérémonie en celle de Kiba. La mémoire des événements qui l'avait amené dans cette limousine l'inonda. Cela l'attrista encore plus. Jamais elle n'aurait imaginé son meilleur ami agir ainsi avec elle. A cause de lui et de sa manigance, Naruto avait eu une mauvaise image d'elle, doutant de ses motivations concernant leur rupture. Vu qu'il connaissait visiblement les lieux, elle comprenait maintenant pourquoi un tel jugement à son encontre. Comment pouvait-elle espérer garder une amitié avec l'homme qu'elle avait tant aimé après tout ça et toutes ces paroles mortifiantes ? C'était pratiquement impossible.

Essayant d'oublier, elle se concentra sur les lumières de la ville qui filaient dans le paysage. La limousine arriva enfin à bon port alors que le silence régnait toujours à l'intérieur. Quand le moteur se tut, Toneri se leva et sortit le premier. Agissant encore une fois en gentleman, il tendit sa main à Hinata afin de l'aider à sortir de la voiture. La jeune femme salua alors Kaguya et Momoshiki qui lui rendirent la politesse. Puis, posant sa paume dans celle de son sauveur, elle retrouva l'air libre. Les deux restèrent un moment immobile, lui savourant le contact de sa peau contre la sienne et voulant le faire durer encore, elle se retenant de retirer dans un geste brusque et impoli ses doigts de cette prise pourtant délicate. Cette situation la mettait tellement dans l'embarras le plus complet, mais surtout une sueur froide l'avait prise soudainement. Voulant couper court à cet échange plus que gênant, Hinata prit donc congé en reprenant le contrôle de sa main.

« - Merci, monsieur Otsutsuki de…

- Toneri, la coupa-t-il. Appelez-moi Toneri.

- Bien… Toneri… Merci de m'avoir aidée et de m'avoir raccompagnée. Je ne vais pas abuser encore plus de votre temps.

- Tout le plaisir fut pour moi, soyez-en sûr. Je suis juste heureux d'être arrivé à temps pour vous sortir de ce guet-apens. Je vous souhaite donc le bonsoir, conclut-il.

- A vous de même. Bonsoir, lui rendit la Hyuga avant de prendre l'allée qui l'emmènerait jusqu'à chez elle.

- J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir dans de meilleures conditions, » continua pourtant Toneri comme s'il voulait poursuivre cet entretien.

Se retournant, Hinata lui sourit tristement, ne sachant plus trop quoi dire d'autre. La politesse aurait voulu qu'elle lui renvoie l'ascenseur en lui souhaitant la même chose, mais elle ne le pouvait pas. Au fond d'elle, il existait toujours cette appréhension, cette sueur froide quand elle se plongeait dans ses yeux. Cette convoitise qu'elle lisait dans ses yeux lui faisait un peu peur. Sentant qu'il s'était montré maladroit, le jeune homme s'excusa brièvement en lui offrant de la compassion dans le regard. Ce qui eut le don de la détendre quelque peu, mais vraiment qu'un peu. S'inclinant une dernière fois, il se décida à remonter en voiture, alors que l'ex de Naruto reprit son ascension vers sa demeure sans daigner lui accorder un dernier coup d'œil. Elle entendit juste le moteur de nouveau vrombir pour s'éloigner quand, enfin, elle put s'engouffrer derrière la lourde porte d'entrée.

Sans bruit, Hinata se dirigea directement à sa chambre et sans prendre la peine de se changer ou de se rafraîchir, se jeta sur son lit. Ses nerfs lâchèrent d'un coup, sans qu'aucun barrage ne puisse rien n'y faire. Les images de cette terrible soirée se mélangeaient dans sa tête. Les visages de Toneri, Kiba et Naruto tournaient devant ses yeux pourtant clos, inter changeant leur position et leur expression en passant d'une mine enjouée à des grimaces cauchemardesques. Leurs paroles se mélangeaient, bourdonnant dangereusement à ses oreilles. C'était dans un tel tourbillon qu'elle en eut le vertige. Elle en pleura même, baignant son visage dans un déluge de tristesse et de perdition. Epuisant ses dernières forces, elle finit alors par s'endormir, alors qu'une dernière larme roula sur sa joue pour mourir sur son oreiller.

Par contre, dans la limousine, une toute autre ambiance était présente. Toneri était songeur. Le menton dans la paume de sa main, alors que son coude prenait appui sur le haut de la banquette, il laissait ses pensées vagabondées vers la princesse aux yeux blancs qu'il avait secourue en cette étrange soirée. Soudain, le silence céda sa place à la sonorité d'applaudissements sonores. A ce bruit assourdissant, le jeune Otsutsuki revint à la réalité en fixant du coin de l'œil Momoshiki. Ce dernier avait délaissé son portable, devenu un véritable objet sans aucune importance, et démontra une certaine euphorie à sa manière si sonore. Un sourire

« - Félicitations, cousin, finit-il par s'exprimer. Très bien jouer le coup du gentil homme, défenseur de la femme opprimée ! Je ne te connaissais pas un tel talent d'acteur. Quelle performance !

- Qui te dit que je jouais un rôle, le nargua Toneri d'un sourire narquois. Je n'allais quand même pas laisser ce mécréant souillé ma promise.

- Tu n'as pourtant pas autant de scrupules avec tes conquêtes habituelles, lui répondit d'un ricanement son cousin. Tu es passé maître dans l'art de les jeter après utilisation.

- Tu me flattes cousin. N'oublie pas que j'ai été à bonne école… Toutefois, je ne pense pas réussir à te dépasser dans ce domaine, mon cher professeur. »

A cette réplique, Momoshiki explosa de rire. Cet éclatement fut tel qu'il en eut mal dans les côtes. Il ne pouvait pas lui donner tord. Son frère et lui avaient pris un malin plaisir à réaliser son éducation sexuelle. Les femmes n'étaient là que pour assouvir leur plaisir et rien d'autre, à part peut-être leur donner des héritiers…, et encore, c'était généreux à lui de leur donner cette importance.

- Tu as eu raison, Toneri… intervint Kaguya, calmant instantanément le plus âgé des deux hommes. Il aurait été déshonorant et inadmissible que tu n'es pas le privilège de la prima note.

- Vous la croyez donc encore vierge, ma tante, malgré sa triste mésaventure, quémanda-t-il. Il m'est déjà pénible de savoir que l'autre ait eu le droit à ses baisers en premier,…, alors pensé à passer derrière lui…

- Je comprends ton inquiétude est légitime au vu de la réputation de cet Uzumaki et de son pitoyable entourage… Quand je pense qu'il s'affiche et loge deux homosexuels, lui répondit sa parente qui se mit à frissonner de dégoût.

- Ils doivent organiser de sacrée orgie tous les trois, renchérit Momoshiki. Je serai à peine surpris d'apprendre que ce Naruto ait trompé cette pauvre jeune fille avec son meilleur ami. La fidélité n'est pas le panache de ces individus à cette orientation contre nature… Il lui a peut-être même demandé de participer. »

A cette supposition, la mâchoire de Toneri se serra. Il se refusait s'imaginer sa Hinata capable d'accepter et de se retrouver au milieu de tous ces mécréants de la pire espèce. On lui avait appris qu'elle avait été très amoureuse de ce blond. L'avait-elle été au point de se transformer en leur jouet sexuel ? Et lui, arriverait-il à envisager une vie avec elle alors qu'elle avait été souillée ?

« - Voyons Momoshiki, arrête de dire des bêtises à ton cousin, intervint Kaguya d'un ton ferme, l'obligeant à s'incliner devant elle en signe de soumission.

- C'est avant tout une Hyuga, continua-t-elle en parlant surtout à son plus jeune neveu. Ne pas oublier qu'elle a été élevée dans le respect de la convenance religieuse la plus stricte par les esprits les plus étriqués que je connaisse. Jamais elle n'aurait dérogé à la règle sous peine de subir la foudre des anciens… J'en sais quelque chose.

- Nous le leur ferons payer leur infamie à votre encontre ma tante, la défendit Momoshiki. Notre famille retrouvera sa juste place et les écrasera tous.

- Merci, lui sourit presque tendrement sa parente, reconnaissante avant de reprendre son sérieux. Bien qu'héritière, cette jeune femme n'a pas hérité ni de la hargne de son père, ni du courage de sa mère. Elle craint les retomber des anciens sur elle pour les défier en perdant sa virginité avec un va-nu-pieds.

- Je l'espère, ma tante, je l'espère, » répliqua Toneri, le regard un peu dans le vide et reprenant le fil de ses pensées.

Face à cette moue, le démon de la moquerie s'empara de son cousin. Il adorait énormément son cadet. Enfin, il aimait particulièrement comment il mordait à l'hameçon.

« - Oh, oh, notre brave Toneri serait-il prêt à s'assagir pour une pauvre brebis, alors qu'il devrait en être le loup ? Rentrera-t-il sa queue dans son pantalon ? Tes maîtresses vont vite dépérir et vont vouloir lui arracher le cœur pour te garder pour elles.

- Ne me cherche pas, tu veux, répliqua sa cible en grinçant des dents.

- Pourquoi ? Se pourrait-il que j'ai vu juste ? Ricana de façon mauvaise son cousin avant de se stopper face au regard glacial qui lui fut offert.

- Elle est ma fiancée, je te le rappelle, Momoshiki, n'y tenait plus Toneri d'un ton aussi noir que l'enfer, pouvant tuer d'un seul mot. Je t'interdis de lui manquer autant de respect. Elle vaut mieux que toutes ces poufiasses en chaleur, qui ne sont là que pour me divertir. Si une d'entre elles s'en prenait à Hinata, lui touchant un seul de ses cheveux, elle le regrettera jusqu'à la fin de ses jours. C'est moi qui te le dis… Et c'est valable pour toi aussi. Je refuse qu'on la traite comme un vulgaire pion. Cousin ou pas, je te le ferai payer. Elle n'est pas à toi, mais à moi… Jamais je ne te la cèderai.

- Cette Hyuga est comme toutes les autres. Tu ne devrais pas t'abaisser en la traitant différemment. Tu dois lui être supérieur. Ne l'oublie pas, ce serait lâche de te trainer à ses pieds.

- Je la traiterai comme je l'entends, un point c'est tout. »

Amusé autant que satisfait, Momoshiki leva les deux bras en signe d'apaisement. Le taquiner pour le sortir de ses gongs était certes son jeu favori, mais il savait quand s'arrêter, surtout quand il obtenait le résultait qu'il escomptait. Entretenir son orgueil et sa fierté à son paroxysme, au point de les transformer en hargne et en une telle rage qu'il serait prêt à tout écraser sur son passage. Malgré ce levé de drapeau blanc, les deux hommes se défièrent encore pendant de longues minutes alors que la limousine était sur le point de s'avancer dans l'allée du domaine Otsutsuki. Aucun des deux ne désirait rompre leur duel en premier, voulant autant l'un que l'autre en sortir en vainqueur.

Ce combat silencieux fit sourire Kaguya qui se délectait de ce spectacle. Sur son visage, l'ombre de mesquinerie et de la sournoiserie y fit un passage fugace. Son plus jeune neveu commençait enfin à morde de tous ses crocs, refusant de lâcher prise. Peut-être qu'elle devrait en remercier cette Hyuga la prochaine fois qu'elles se croiseraient toutes les deux. Toneri l'idolâtrait, la fantasmait tellement qu'il serait prêt à tout pour l'avoir, même à écraser le monde. Cette rage allait lui être utile pour arriver à ses fins. Elle plaignait pourtant cette jeune femme d'un certain côté. En effet, la passion démesurée, presque obsessionnelle, le désir hardent d'obtenir ce qu'on veut à tout prix, s'accompagnait bien souvent de la désillusion par la suite.

Toneri avait été charmé par son physique et son tempérament maternel. Cependant, un Otsutsuki ne se contenterait jamais d'une faible. Il lui fallait quelqu'un de caractère, à la poigne de fer… Comme elle, en fin de compte, mais personne ne lui arrivait à la cheville, personne. Le manque de personnalité et la tendance à se soumettre de la dite promise risquaient de le lasser. Quand il aura fini de goûter à ce fruit tant désiré pendant si longtemps, Toneri saura-t-il résister à aller voir ailleurs ? Le plaisir du sport ayant disparu, la laissera-t-il pourrir dans sa cage dorée, à lui donner juste des enfants ? A moins qu'elle soit celle qui arrivera à l'assagir. De tous, il avait le potentiel de la fidélité. Ces états d'âme la firent presque pouffer de rire, car peu lui importait à elle comment il allait traiter la fille de Hiashi, qu'il soit infidèle ou non, tant qu'elle obtenait ce qu'elle voulait.

La limousine s'arrêta enfin devant leur demeure. Le chauffeur alla ouvrir la portière. Tentant la main, il aida sa patronne à s'extraire de l'intérieur. Momoshiki et Toneri suivirent dans la seconde. Le trio rentra donc pendant que l'employé reprit la direction du garage. Arrivée au bas du grand escalier qui menait aux chambres, Kaguya s'adressa une dernière fois au sauveur d'Hinata.

« - En tout cas, je te félicite mon cher Toneri. Ton action te fera rentrer dans les bonnes grâces de Hiashi. Cette jeune femme te doit maintenant une fière chandelle. Je reconnais qu'elle est un bon choix pour toi… Cependant, Momoshiki n'a pas tout à fait tord. Ne laisse personne te marcher sur les pieds, même elle. Ton avenir est plein de promesses. Tu as un énorme potentiel. Ne le gâche pas bêtement… Mais surtout, ne me fais pas regretter de t'avoir choisi comme l'héritier de notre famille. Me suis-je bien fait comprendre ?

-Parfaitement, ma tante, rétorqua le concerné en s'inclinant. Je ne vous ferai jamais défaut. »

Sur ces mots, Kaguya lui sourit, satisfaite. Puis, elle prit congé alors que ces deux neveux lui souhaitèrent la bonne nuit. Après son départ, Momoshiki se dirigea également vers ses appartements, sans prendre en compte son cadet qu'il ignora. Ce dernier le regarda disparaître dans les couloirs. Bien que le milieu de la nuit avait été dépassée, Toneri n'avait pas du tout envi de dormir. L'adrénaline de la confrontation, mais surtout de sa rencontre avec Hinata avaient réchauffé son sang. Il se sentait tout exciter, bien trop pour trouver le sommeil. Prenant son portable, il composa un numéro alors qu'il se dirigeait vers ses appartements. Une voix féminine bien qu'encore endormie se fit rapidement entendre dans le combiné.

« - Dans une heure chez moi. »

Ce fut les seuls mots qui sortirent de sa bouche alors qu'arriver à destination, il se déshabilla, restant juste en sous-vêtement et enfilant juste une robe de chambre de soie. Une cigarette à la bouche, il entreprit d'attendre, le regard dans le lointain au travers de la baie vitrée. Ses pensées divaguèrent sur les paroles de Momoshiki. Rester fidèle à une femme ? Oui, peut-être. En tout cas, pour cette princesse de la lune, il se voyait bien en époux prompt à la fidélité, car il était sûr d'une chose. Les autres le décevant bien des fois et ne méritant rien de lui, elle sera la seule à savoir le combler dans tous les domaines qu'il s'en lécha les lèvres de convoitise. Sentant son excitation arrivée à son paroxysme, son pied commença à taper le sol d'impatience.

Heureusement pour lui, cela ne dura pas longtemps. En effet, l'heure accordée s'était transformée en une trentaine de minutes quand il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir et le cliquetis de talons aiguilles se diriger vers lui. Ni une, ni deux, il se saisit violemment de son invitée pour la jeter sur son lit sans aucun ménagement. Fendant sur elle, il ne lui laissa à peine le temps de crier sa surprise qu'il lui avait arrachée ses vêtements. Retirant ses maigres affaires, Toneri prit à peine le temps de la préparer pour enfin fondre en elle. Un hurlement contenu mais douloureux fut sa récompense.

« - To… Toneri… Tu me fais mal, » voulut se dégager la jeune femme.

Malheureusement pour elle, il n'en avait cure, tellement il était dans un état second, mais surtout refusant de laisser ses partenaires le dominer dans ses ébats. Sans aucun ménagement et ne se souciant pas de celle qui se trouvait sous lui, il débuta alors des mouvements brutaux sous des gémissements de souffrance qui s'atténuèrent petit à petit à sa grande satisfaction. En effet, se résignant, sa pauvre victime essaya de penser à autre chose qu'à la brûlure qu'elle ressentait à chaque assaut et de se satisfaire de la jouissance de l'Otsutsuki. Au bout d'un moment, la nature reprit ses droits, l'aidant enfin à moins souffrir, mais vraiment qu'un peu.

« - To… Toneri…, se mit-elle à gémir.

-Kin… Tais-toi, » l'ordonna-t-il.

En effet, il ne voulait pas entendre sa voix de crécelle. Elle risquait de gâcher ce moment, son délire. Ne se posant pas plus de questions, Kin obtempéra en le serrant contre elle pour mieux l'avoir entre ses bras. Son cœur était déjà si comblée qu'il l'ait appelée pour qu'ils puissent se voir tous les deux. Bien que surprise par son appel tardif et sa brutalité, elle était heureuse de voir un tel empressement venant de sa part à lui faire l'amour. Il s'était littéralement jeté sur elle pour ne faire plus qu'un. C'était qu'il était empressé de l'avoir près de lui, de la sentir. Il n'existait qu'un manque énorme envers sa personne pour le faire agir ainsi. Malgré la douleur, elle était heureuse, oui heureuse de compter ainsi pour lui. Peut-être qu'il lui demandera un jour de divorcer. Elle était prête à tout pour lui, tellement un sentiment qu'elle avait encore un peu de mal à comprendre la prenait quand il s'agissait de lui.

Bientôt la fin du voyage foudroya Toneri. Le plaisir fut tel qu'il eut beaucoup de mal à retenir de crier sa jouissance dans le prénom qu'elle pensait être le sien. La pauvre si elle savait qu'en cet instant, ce n'était pas son visage qu'il voyait, que ce n'était pas elle qu'il imaginait gémir sous ses coups de rein, que ce n'était pas elle avec qui il imaginait baiser et en qui il se déversait, mais une jeune femme aux pupilles de lune et aux cheveux de nuit, elle n'aurait eu que ses yeux pour pleurer et le désespoir comme compagnon.

Le lendemain, dans une immense demeure, une jeune femme aux mèches sombres émergea difficilement de son sommeil. La nuit agitée qu'elle venait de vivre l'avait toute courbaturé qu'elle eut du mal à se redresser. Elle eut cependant le courage de sortir de sous les draps pour s'asseoir sur le matelas. Scrutant un instant, comme si elle était à la recherche de quelque chose ou d'une présence humaine, son regard se perdit dans le spectacle de la baie vitrée. Visiblement, il était encore tôt, le soleil ne se faisant à peine deviner à l'horizon, mais vraiment à peine. Trouvant le courage de se lever, l'ancienne endormie se dirigea vers une petite table où était installé un mot et le lut.

« - Fais attention de ne pas te faire repérer en sortant ma chère Kin. Signé Toneri. »

Estomaquée, la dite Kin retourna le billet dans l'espoir d'y voir inscrit d'autres inscriptions, mais rien. Le verso était complètement vierge. Pas de remerciements pour avoir répondu présente après son coup de fil ou pour leur moment de passion. Pas de mots doux. Rien, absolument rien, à part une mise en garde de ne pas tomber sur sa tante ou ses cousins. Recommandation superflue d'ailleurs. Elle ne les aimait pas de toute façon. Le regard des deux autres Otsutsuki lui faisait froid dans le dos. Elle n'aimait pas du tout rester seule avec eux, tellement elle avait l'impression d'avoir affaire à deux sadiques en recherche d'une proie à faire souffrir. Heureusement que Toneri n'était pas comme eux, bien qu'il avait fait preuve de brutalité dans leur ébat de cette nuit. Elle en ressentait encore les effets. Sa vulve était comme en feu, la brûlant encore. Elle allait devoir se mettre un gel hydratant et cicatrisant pour adoucir ses muqueuses.

Kin eut même du mal à se rhabiller tellement elle était tendue à cause de la douleur avec le peu de vêtement que son fougueux amant lui avait laissé. Malheureusement, le haut de sa robe était vraiment déchiré. Elle s'en fit une jupe et emprunta sans aucune gêne une chemise de l'héritier. Sortant sa tête au travers de la porte prudemment, elle s'assura de ne voir personne dans le couloir et partit, estimant que la voie était libre. Quand enfin, elle réussit tant bien que mal à atteindre la porte de service une voix grave la stoppa net.

« - Mais que vois-je ? Une femme infidèle qui se faufile comme une voleuse… A moins qu'elle le soit vraiment. »

Se retournant, Kin vit apparaître un homme aux cheveux courts, épineux et d'un bleu grisâtre portés en queue de cheval. Le reconnaissant comme étant Urashiki Otsutsuki, elle en grimaça de mal chance. Le seconde oncle et frère cadet de Momoshiki la dévisageait avec un sourire mauvais sur elle. Il la scrutait de haut en bas de ses yeux de fouine. Elle avait l'impression qu'il la jaugeait cherchant à savoir comment profiter de la situation à son avantage. Un frisson d'effroi et de dégoût la parcourut en quelque s secondes. Il y avait encore quelques années elle aurait peut-être sauté sur l'occasion de se divertir.

Cependant, depuis sa rencontre avec Toneri, elle commençait à comprendre sa sœur Sonia et ce qu'elle lui disait, comment c'était plus fort de se consacrer qu'à un seul partenaire pour qui une forte affection l'unissait. Elle en percevait petit à petit la lumière, sans vraiment réussir à en définir la signification pour le moment et y puiser assez de courage pour se défaire de sa tendance vénale. Elle aimait encore trop l'argent et son luxueux confort. Pour le moment, sa situation la contentait puisqu'à ses yeux, elle vivait les deux, un époux pour le luxe, un amant pour le plaisir du sexe et l'amour.

« - Je ne suis pas une voleuse. Je suis ici par invitation de Toneri. Vous n'avez aucun droit sur moi… Laissez-moi passer ! S'argua-t-elle, refusant de lui montrer son désarroi et sa peur.

- Quelle arrogance ! S'avança Urashiki en lui levant le menton de son doigt. J'aime ça.

- Je ne vous permets pas de me toucher, se dégagea Kin.

- Cette petite chose mordrait-elle ? Se moqua l'homme devant elle avant de reprendre son sérieux d'un ton obséquieux. Mais cette petite chose a l'air d'oublier qu'elle n'est pas en position d'ordonner quoi que ce soit dans la situation qui est la sienne. »

Cette menace à peine dissimuler tendit encore plus la maîtresse de Toneri qui voyait son mari la destituer de son rôle d'épouse. Cela signifiait dire de nouveau bonjour à son ancienne vie médiocre, elle qui avait réalisé son rêve à se faire entretenir, en vivant de la richesse d'un homme fortuné. Le sien était certes aveugle, crédule et des plus naïfs, mais il avait été des plus explicites. Il ne pardonnerait jamais l'infidélité. La voir tremblante dégoûta Urashiki, autant qu'il en était satisfait.

« - Que… que voulez-vous pour garder le silence,…, pour ne pas prévenir mon époux ? Demanda peu sûre d'elle Kin.

-… Ce que je veux ?

- Oui.

- Oh si peu de chose, » se fit mystérieux Urashiki.

Face à cela, sa victime eut un mouvement de recul s'imaginant devoir s'offrir à cet odieux personnage ou à subir un chantage à l'argent. Malheureusement pour elle, il était plus riche qu'elle, donc obtenir des billets de banque ne serait pas sa première motivation. Il ne restait plus que le sexe. Elle s'attendait maintenant à ce qu'il lui somma de rejoindre sa chambre, mais en cet instant, à cette pensée, sa nausée naissante s'intensifia. Elle voudrait refuser, mais aurait-elle le choix ? Les secondes défilèrent, augmentant son stress. Regarder cet homme garder de façon ostentatoire le silence la mettait à la torture. Son sort fut enfin scellé quand il daigna enfin ouvrir la bouche d'un ton presque chaleureux et désolé d'avoir eu un tel comportement à son égard.

« - Pars !

- Par… pardon, s'étonna Kin, le souffle coupé et n'y comprenant plus rien.

- Tu es sourde maintenant, ricana Urashiki, la taquinant gentiment. Je t'ai dis de partir sans te retourner et si possible, ne revient jamais en cette maison si tu ne veux pas voir ton cœur être détruit en miettes. »

Cet ordre laissa pantois Kin pendant quelques instants, mais vraiment qu'un peu. Ne désirant pas s'éterniser dans ce lieu en sa présence, elle sauta sur cette occasion pour prendre la fuite. Elle se saisit de cette porte de sortie inespérée et s'engouffra dans l'aurore. Enfin à l'air libre, elle souffla un bon coup avant de sourire. Cet arrogant et si singulier personnage ne lui avait rien fait, bien au contraire. Il avait presque été charmant, la mettant en garde contre un éventuel danger de rester attacher à un des occupants de ce lieu. Quel contraste avec son frère aîné qui ne serait pas gêné lui pour lui écarter les jambes en paiement de son silence.

Toutefois, sa recommandation la laissa de marbre. Elle avait peut-être été muée par de bonnes intentions, bien que ce fût assez surprenant de sa part, mais ce n'était certainement pas à lui de lui dire quoi faire. Et puis, sa « bonne » action n'en était peut-être pas une en fin de compte. Il agissait surement pour son propre profit, comme son frère. Urashiki n'avait certainement pas eu envi de défier son cousin, l'unique héritier de sa famille, celui qui allait avoir tous les pouvoirs. Il a certainement voulu lui faire peur pour qu'elle s'éloigne d'elle-même. Cette dernière hypothèse parut plus plausible à Kin. Finalement, elle avait enfin réussi.

Oui réussi à se mettre à l'abri de la dureté de la vie, et cela grâce à sa position de maîtresse d'un homme puissant. En ce jour, elle bénissait sa rencontre d'avec Toneri et d'avoir terminé dans son lit. Forte de ce constat, elle jeta un dernier regard sur la demeure avec orgueil. Comme si elle allait écouter cet Urashiki. Elle y reviendrait si son amant voulait d'elle et il ne pourra pas l'en empêcher, au risque d'éveiller la rage de son amant, pensa-t-elle avant de disparaître au loin, réfléchissant déjà à l'excuse à fournir pour son mari sur son absence, à moins qu'elle n'arrive à rentrer avant son réveil.

A l'intérieur, alors qu'il la regardait s'éloigner à travers une fenêtre, la face de l'Otsutsuki changea. D'abord neutre et stoïque, elle se déforma en un rictus diabolique. La chair rose de sa langue passa la barrière de ses lèvres, les léchant comme pour savourer les effluves de peur et de faux espoirs qui avaient émanés de sa nouvelle victime. Oui, il venait de trouver un nouveau mouchard à son service, bien qu'elle l'ignorait encore, mais surtout son nouveau jouet. Comme il allait adorer exiger le remboursement de la dette que cette petite souris venait de contracter. Il allait savourer chaque versement et lui faire payer au centuple sa vénalité, cette vénalité qu'il vomissait chez la gente féminine.

Au même moment, à des kilomètres de là, une voiture entrait dans l'immense parking de l'école militaire, entouré d'arbres centenaires. Après s'être garés, les deux portières avant s'ouvrirent pour laisser sortir deux jeunes hommes, un aux cheveux aussi noirs que la nuit et le second aux mèches aussi dorés que le soleil qui débutait à poindre son nez. Fait étrange en ce décembre, ils portaient des lunettes teintées, comme s'ils désiraient cacher aux yeux d'autrui quelque chose. Et c'était effectivement le cas. Shino, déjà arrivé depuis la veille au soir et s'étant levé tôt comme à ses habitudes, les croisa dans les couloirs. Les reconnaissant, il s'apprêtait à les saluer, mais dût se contenter d'un hochement de tête du brun alors que le blond feignit de ne pas le voir, indifférent à sa présence.

«- Vous pourriez dire bonjour… Enfin surtout toi, Naruto, attaqua l'Aburame. Que Sasuke ne l'exprime pas toujours est dans sa nature, mais toi… Ce n'est pas parce qu'Hinata a rompu qu'il faut que tu en oublies tes amis,… enfin si un jour, tu m'as considéré comme tel.

- Ami ? Tiqua l'Uzumaki, s'arrêtant dans son avancée. Je pensais que tu l'étais en effet, mais difficile de le croire aujourd'hui. Tu n'as pas beaucoup bougé ton petit doigt quand Kiba nous emmerdait Hinata et moi… Tu parles d'un ami.

- Tu es de plus en plus pathétique à ne voir que ce qui t'intéresse, mon pauvre, » se défendit le collectionneur d'insectes.

L'Uchiwa eut juste le temps de retenir son camarade de toujours qui était sur le point de se jeter à la gorge de leur interlocuteur.

« -On se calme tous les deux. Ce n'est ni le moment, ni le lieu, s'interposa-t-il. Ecoute Shino, je sais que tu as horreur qu'on t'ignore, mais ce n'était pas une raison pour remuer le couteau dans la plaie. Le week-end fut éprouvant et on est fatigué, alors excuse-nous, mais on va essayer de pioncer un peu avant le début des cours dans deux heures. »

Cette phrase laissa leur compagnon très septique. Fatigués du week-end ? A quoi faire ? Se morfondre sur son pauvre petit sort ? Face à ce scepticisme, et déjà lasse de devoir jouer l'arbitre, Sasuke se défit de ses lunettes de soleil, se frottant les yeux de ses doigts. Les ouvrant pour faire face à Shino, il lui offrit le spectacle de cernes, montrant qu'il n'avait pas dû beaucoup dormir. Curieux et tout de même étonné d'un tel état, l'Aburame fixa alors Naruto. Celui-ci était visiblement dans le même état. En réalité, c'était même pire. Bien qu'il n'ait pas enlevé ses binocles, d'énormes poches sombres dépassaient et se laissaient voir au travers des verres teintés. Ses traits étaient tirés à leur maximum. Oui, tout chez lui transpirait d'un épuisement engendré par plusieurs nuits blanches et le stress.

Constatant le silence de leur camarade, Naruto n'attendit pas plus longtemps et entreprit de rentrer dans la chambre qu'il partageait. Pendant ce temps, Sasuke resta encore un peu avec Shino. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait ressenti le besoin de discuter de la situation avec cet ami qui était le plus pragmatique de tout leur groupe. Peut-être pourra-t-il avoir un autre point de vue ?

« - Sale nuit ? Demanda ce dernier.

-Très mauvais week-end, tu devrais dire, lui répondit l'Uchiwa. Plusieurs confrontations, mais surtout, il a revu Hinata et ça ne s'est pas très bien passé.

- Il fallait s'y attendre. Il a fait énormément d'erreurs avec elle, notamment avec Sakura, et il refuse de les reconnaître. Il ne fait que la blesser depuis leur séparation.

- Elle non plus n'a pas été franche avec lui, rétorqua Sasuke. Et vous non plus ceci dit en passant. »

Un silence se dressa entre les deux jeunes hommes, tous deux désirant défendre son « poulain ». Au bout d'un moment, les adversaires baissèrent pavillon pratiquement d'un même mouvement. En effet, il existait dans chacun de leurs dires une certaine vérité qu'ils ne pouvaient nier. Finalement, il n'était pas si facile de rester neutre dans ce genre d'histoire.

«- Il va mal, n'est-ce pas, finit par quémander Shino.

- Ouais, et bien plus que vous le croyez tous. La rupture l'a anéanti car il ne la comprend pas. Il y réagit violemment pour faire passer la souffrance, se vengeant sur son entourage. Je ne renie pas le fait qu'Hinata souffre aussi, mais… la plus grande crainte de Naruto s'est réalisé… Il est de nouveau seul, abandonné encore une fois, et ça le ronge. »

L'Aburame ne sut pas trop quoi dire à cela. Le contredire était inutile car il n'était pas aveugle. Il l'avait bien vu. Naruto avait perdu de sa joie de vivre. Pourtant, il avait été à l'image de l'homme le plus heureux du monde avec Hinata. Elle aussi avait respiré le bonheur,…, enfin jusqu'à ce qu'il dérape avec Sakura. Il reconnaissait que ce ne fut pas la seule raison de ce fiasco. Savoir qu'il en connait une autre très bien lui rappela une des accusations de son blondinet d'ami.

« - Tu sais, j'ai tenté de faire entendre raison à Kiba, mais il a préféré ne rien entendre. J'avoue que je ne reconnais plus mon pote depuis quelques temps et je regrette de ne pas avoir fait plus pour eux.

-Mmm. Dommage qu'il ait fait la sourde oreille alors. Bon, il ne fut pas le seul. J'ai moi-même tenté ma chance avec Naruto par rapport à Sakura, mais en vain. Toutefois,…, enfin, je suis conscient qu'il n'a peut-être pas été le meilleur petit-ami du monde, mais il aimait sincèrement Hinata. Le comportement de Kiba a mis de l'huile sur le feu… et il continue visiblement à le faire… Quand je pense que Naruto était sur le point de se remettre en question, mais il a fallu que ton cher meilleur ami fasse tout capoter une nouvelle fois. Ca me dégoûte.

- Comment ça ?

- Naruto m'a confié certaines choses durant le trajet… D'ailleurs, je me demande comment on a réussi à venir jusqu'ici sans avoir un accident tellement on était crevé tous les deux.

- Raconte. »

Sasuke tourna la tête vers son camarade, lui qui avait le regard perdu un peu vers le lointain. Il ne savait pas si c'était une bonne idée de tout révéler à Shino. Cependant, d'un certain côté, peut-être qu'en le mettant dans la confidence, il aura une certaine influence sur l'Inuzuka. Il était presque le seul à être capable de lui envoyer dans la face ses quatre vérités sans risque de déclencher la quatrième guerre mondiale, à part peut-être Hinata. Toutefois, vu qu'elle était impliquée, ce n'était pas avec elle qu'il fallait espérer quelque chose. En fait, quand Naruto était rentré, il ignorait qu'une personne avait attendu son retour. Et cette personne n'était autre que Sasuke. Un mauvais pressentiment l'avait pris quand il avait vu l'heure s'avancer de plus en plus sans qu'il réapparaisse de sa promenade en solitaire. Quand enfin, il avait entendu la porte de l'entrée s'ouvrir, il se serait bien rué sur l'Uzumaki, mais une chose le stoppa nette.

Au moment où ce dernier était passé devant la pièce qui l'habitait sans faire attention à sa présence, il avait aperçu sa mine détruite. Il avait alors préféré rester dans l'ombre. Le reste de sa nuit fut aussi mauvaise que celle de son comparse, en plus de devoir supporter le visage fermé de son amant tôt le matin. En effet, Juugo avait eu du mal à digérer le fait que l'Uchiwa ait préféré sacrifier leur dernière nuit ensemble avant les vacances pour le compte de Naruto. Le roux comprenait leur lien d'amitié, mais il trouvait que Sasuke faisait beaucoup trop de zèle. Son implication frôlait l'exagération. De nouveau, le doute était revenu en lui depuis la rupture du couple du blond. Etait-ce vraiment que de l'amitié ?

Quoi qu'il en soit, quand les deux élèves officiers s'étaient retrouvés pour le petit-déjeuner, en voyant leur têtes de déterrer, ils comprirent tous les deux qu'une nouvelle nuit blanche était à cocher à leur palmarès. L'entrée d'Iruka et de Mei les coupa dans leur élan de discussion qu'ils reprirent en fin de compte dans la voiture. Ce ne fut pas facile de délier la langue de Naruto, mais Sasuke y était parvenu. Il avait dû lutter rudement. Son meilleur ami avait finalement cédé quand il lui fit remarquer qu'à cause de ses problèmes, une tension était née entre Juugo et lui, son petit-ami ayant refusé un dernier baiser avant son départ pour lui montrer son mécontement. Il mettait en péril sa propre histoire pour lui, donc la moindre des choses était de lui répondre. Culpabilisant quelque peu, le blond avait alors parlé.

« - Malheureusement, je ne connais pas les détails. Tout ce qu'il a accepté de confié représente peu de choses en fait… Quand il a croisé Hinata, elle n'était pas seule… Kiba était là. Tous les deux étaient devant une boîte de nuit à ce que j'ai compris.

- Une boîte de nuit ? S'étonna Shino avant de s'exprimer avec dédain. Il aurait fait toute une histoire pour une boîte de nuit. Hinata a le droit d'aller danser avec qui elle veut. Ce n'est pas pour autant que c'était un rendez-vous galant.

- Je suis d'accord avec toi, mais n'oublie pas qu'on parle de Kiba qui a entretenu l'ambigüité sur ses intentions pendant leur relation. A ce que j'ai entendu, il aurait encore provoqué Naruto.

- C'est bien son genre, eut du mal à reconnaître l'Aburame.

- Et puis, tu connais Naruto. Il fonce souvent tête baissé sans réfléchir. Et vu ses doutes, on peut imaginer ce qu'il a cru.

- Ouais, mais quand même.

- Ecoute Shino, continua Sasuke. Apparemment, ce n'était pas une boîte de nuit ordinaire. La situation était assez grave pour qu'Hinata ait préféré accepter l'aide d'un inconnu au lieu de celle de Naruto. La voir en rendez-vous avec Kiba, puis partir avec un autre, et puis ce refus l'a encore plus embrumé qu'autre chose. Il ne sait plus quoi penser d'elle, de ce qu'il ressent et de la situation, alors qu'il…

- Alors qu'il commençait à se rendre compte de certaines choses, affirma son compagnon, comprenant la déception du ténébreux. Et puis, c'était qui cet inconnu et qu'est-ce qu'il a fait ?

- Je n'en sais rien. C'est tout ce que j'ai pu avoir comme informations. Si tu veux avoir des détails, il te faut te tourner vers Hinata ou Kiba. Enfin, s'ils acceptent de t'en parler. Pas la peine de demander au baka, il ne te répondra pas.

-…

- Sur ce, je vais aller me reposer un peu avant le début des cours.»

Ni une, ni deux, Sasuke salua une dernière fois Shino et rentra dans sa piole. Là, il vit son compagnon d'infortune, déjà allongé et semblant assoupi. Déposant ses affaires dans un coin, il entreprit de faire de même. Fermant les yeux, il ne se rendit donc pas compte qu'une autre paire d'azur s'ouvrit au bout de quelques minutes, en fronçant les sourcils. Visiblement, il s'était trompé. Naruto ne dormait pas. En fait, il avait tout entendu de l'échange entres ses deux amis et encore une fois, ses émotions se divisaient. Il s'en voulait d'avoir jugé Shino, alors qu'il se souvint l'avoir vu plus d'une fois tenter de faire la morale à Kiba. Cependant, de l'autre, il était en colère que son frère de cœur ait eu l'audace de révéler ses confidences à une tierce personne. Il n'avait pas besoin qu'une autre personne soit au courant, et certainement pas un proche d'Hinata…

Hinata… A ce prénom, son cœur se serra au point de lui faire mal. Il en referma les paupières. Malheureusement, le soulagement le fuyait. L'image de son ex acceptant la main de cet individu aux cheveux blancs ne cessait de le hanter et de passer devant lui. Pour la fuir, son regard revit le jour et se plongea dans le néant de sa chambre. Les mêmes questions, les mêmes appréhensions de leur rencontre le torturaient, continuant à mettre à mal son ouverture à la vérité. Il avait l'impression de faire du surplace alors qu'Hinata semblait continuer à avancer dans la vie. Sinon, pourquoi avoir refusé sa main et suivre un autre ? Etait-il donc le seul à souffrir ? Selon Sasuke et les autres, non, mais il avait du mal à le croire. Soupirant une nouvelle fois, ne sachant plus ni quoi faire, ni quoi penser, il se résigna à s'abandonner à la fatigue et au sommeil.

Il n'était pas le seul à s'interroger. En effet, de son côté, Shino était plus que circonspect face au récit de Sasuke. Cela lui paraissait tellement incongru que Naruto fasse deux pas en arrière alors qu'il était sur le point d'un faire un en avant. Marchant vers la sortie, il se retrouva dehors, espérant que l'air froid l'aide à trouver des réponses. Il aimait se promener au milieu de la nature alors qu'elle se réveillait doucement et qu'il était seul à l'entendre. Petit à petit, sans savoir pourquoi le prénom de son meilleur ami et le mot boîte de nuit tournaient dans sa tête. Cela dura une bonne heure quand enfin, un détail le fit s'arrêter dans sa promenade. Sasuke avait parlé d'une boîte de nuit non ordinaire. Associant cela à Kiba, une ampoule s'illumina soudain. Il se rappelait très bien d'une de leur soirée de « chasse ». Se pourrait-il que ce soit le même lieu et qu'il ait osé amener Hinata pour tenter d'y entrer comme il se l'était promis avec hargne ? Malgré l'heure matinale, il prit son téléphone et composa un numéro. Il lui fallait des réponses.

A Konoha, au sein d'une chambre à la décoration recherchée et étrangement relevée par des tentures rouges, du mobilier en bois sculpté, ainsi que jonchée de coussins en soie de la même couleur, un portable vibra sur une commode, son écran s'illuminant avant de s'éteindre. Personne ne l'avait décroché, alors que dans un lit baldaquin, un grognement plaintif se fit entendre avant de retrouver le chemin du silence. A l'autre bout du fil, Shino ragea avant de retenter sa chance, mais en vain. Il voulut encore essayer mais il entendit au loin le bruit du clairon annonçant le début des cours. Courant pour ne pas arriver en retard, l'Aburame arriva à temps et s'installa auprès de ses deux comparses. Cette fois, Naruto lui offrit un léger sourire, mais détourna vite la tête pour se concentrer sur le professeur faisant son entrée. Le collectionneur d'insectes comprit vite que c'était surtout pour ne pas lui montrer ses traits fatigués. Sa petite sieste n'avait pas suffi visiblement pour le reposer.

Se concentrant sur l'exposé, Shino se promit d'avoir le fin mot de l'histoire à la pause. Ce fut ce qu'il fit, mais pareil sans aucun résultat. Il se résigna à attendre le soir. Seul dans la nuit, il refit le même numéro. Entendant les tonalités, il croisa les doigts pour que cette fois, sa tentative soit couronnée de succès, quitte à la renouveler encore et encore. Ainsi, dans la même chambre que plus tôt, le bruit incessant d'une vibration tapa sur les nerfs d'un jeune homme qui se redressa péniblement sur un lit dans un grognement douloureux. Se tirant les cheveux tellement il avait mal à la tête, il tendit sa main sur son portable et s'en saisit. Reconnaissant son interlocuteur, il décrocha.

« - Ouais Shino, salua-t-il d'une voix enraillée.

-…

- A… attends. Qu'est-ce que tu racontes ? Ne comprenait pas l'interlocuteur en se rallongeant lourdement sur les oreillers.

- …

- Hier soir ? Se mit-il à réfléchir pendant un certain temps mettant à rude épreuve la patience de Shino qui la perdit rapidement. Oh, oh, tu te calmes et arrête de crier… J'ai mal au crâne… et pas que d'ailleurs.

-…

- Ouais, j'ai vidé quelques verres hier. Et alors ?

-…

- Oh ça va ! Tu n'es pas mon père et je suis majeur. Je fais ce que je veux. Et puis, ce n'est pas à cause de ma consommation d'alcool que tu m'appelles. Si ?

-…

- Hinata ?... Ouais, je crois l'avoir croisée, mais… je n'ai qu'un vague souvenir. Pourquoi ? Il y a un problème ?

-…

- Quoi ! Mais ils débloquent complètement. Tu diras à Sasuke et Naruto de s'occuper de leurs affaires. Et puis, je ne suis même pas certain d'avoir vu ce con d'Uzumaki hier… J'ai juste le souvenir d'une touffe jaune ou blanche. Je ne sais plus.

-…

- Bon ok ! Peut-être que oui, et alors ? Qu'est-ce que cela change ?

-…

- Je n'ai rien fait à Hinata, ok ?! Je ne l'ai pas amenée dans cette boîte de nuit ! Tout ce que je sais, c'est que j'ai mal de partout… Merci de demander et de prendre de mes nouvelles ! Maintenant, lâche-moi la grappe ! »

Rageur, l'interlocuteur de l'Aburame raccrocha, balançant son portable au loin avec force. De son côté, Shino ne comprenait plus rien. Qui mentait ? Qui disait la vérité ? Il voyait mal Sasuke lui mentir. Naruto ? Non, ce n'était pas dans sa nature. Et puis, quel intérêt aurait-il à raconter des craques ? Rien en fait, à part peut-être se venger de Kiba. Bizarrement, il n'arrivait pas à envisager cette possibilité. Il ne lui restait plus qu'un espoir pour connaître la vérité, mais il allait devoir user de diplomatie, mais surtout de délicatesse pour ne pas la braquer. Néanmoins, ce n'était plus l'heure des confidences. Il se faisait tard et alla travailler un peu ses cours avant d'aller se coucher.

A Konoha, ayant perdu la notion du temps et n'y prêtant de toute manière aucune attention, l'alité, le bras sur ses yeux, essayait de rassembler ses souvenirs. Malheureusement, ses efforts et les paroles du collectionneur d'insectes ne lui valurent que la migraine, augmentant sa douleur déjà présente. Inspirant un grand coup en espérant que cela le soulagerait, une odeur lui chatouilla les narines. Intrigué, il se concentra sur son odorat. Bizarrement, il ne reconnut pas l'odeur caractéristique d'Akamaru qui embaumait normalement sa chambre. Son chien dormait pourtant au pied de son lit d'habitude. Non, ici, c'était plutôt les effluves des orangers. N'était-il donc pas chez lui ?

Libérant son visage et s'appuyant sur ses bras endoloris, il se redressa à nouveau, tentant de s'asseoir. Ce fut éprouvant tellement tous ses muscles lui faisaient souffrir le martyr. Il y parvint cependant, en serrant les dents, les paupières closes à cause de l'effort. Les ouvrant, il réalisa alors qu'il ne voyait plus que d'un œil. Il avait une sensation de tuméfaction sur l'autre. Faisant vite un check-up de sa personne, il découvrit qu'il était couché dans des draps de satin. Quelques bandages, mais surtout des ecchymoses, parsemaient tout son corps. S'était-il donc battu hier soir ? S'était-il mêlé à une bagarre entre soulards ? Les accusations de Shino étaient-ils donc véridiques ? Un peu paniqué, il observa autour de lui. La pièce était grande et étrangement circulaire. Elle contenait comme un petit salon avec un canapé en cuir rouge et en son centre, de long drapé pendouillé du plafond jusqu'au sol. Mais où était-il tombé ? Où étaient ses vêtements ?

Il se posait des tas de questions qu'il entendit des coups sur la porte. S'y focalisant, le jeune homme vit le loquet s'abaisser et entendit le grincement d'ouverture. Il était tellement absorbé par le mouvement qu'il avait l'impression que cela mettait une éternité à se produire. Quand enfin tout se termina, il retint son souffle tellement il était impatient d'avoir des réponses à ses interrogations et savoir où il se trouvait. Son regard se posa alors sur une silhouette féminine dont le visage était encore caché dans l'ombre. Le voyant assis, elle n'entra pas tout de suite.

« - Bonjour Kiba. Contente de te savoir réveiller.»

A cette voix, l'Inuzuka se concentra sur elle. A première vue, elle appartenait à son type de femmes, mais pour le moment, il était trop absorbé par son arrivée pour s'en rendre compte. Rentrant dans la lumière, celle qu'il pensait être son hôtesse apparut, portant un plateau rempli de victuailles et de quoi le soigner. La regardant de haut en bas, il vit une femme de taille moyenne et à la belle chevelure châtain dans une coupe simple, lui arrivant aux épaules. Ses yeux noisette exprimèrent une certaine joie de le voir sorti de son coma. Réalisant soudain qu'elle l'avait appelé par son prénom, ses yeux se rétrécirent dans l'espoir de se souvenir. L'avait-il déjà rencontré auparavant ? Malgré ses efforts, il n'arriva pas à la situer. Ne voulant pas rester dans cet inconfort, il se montra direct, sans penser une seconde à lui rendre sa salutation.

« - Excusez-moi, mais on se connait ? »