Bonjour à toutes et à tous,

Un petit mot de ma part pour répondre à Cicidy. En effet, Kiba a oublié une grande partie de la soirée après avoir ingurgité une grande quantité d'alcool. C'est en effet un des effets secondaires d'une énorme cuite, celui qui précède en général le coma éthylique, état qui survient quand le cerveau baigne littéralement dans les molécules alcooliques. Je conviens que cela peut paraître surprenant, mais c'est la vérité. J'en sais quelque chose à force de côtoyer pendant mes jeunes années d'adulte une personne alcoolique qui affirmait ne pas se rappeler ses actes de la veille, les niant avec force. Pour Hinata, c'est vrai qu'elle ne s'en rend pas compte tout de suite. Après, il faut la comprendre, elle est fatigué émotionnellement, psychologiquement et physiquement. Pas facile dans ces conditions de faire attention. Et puis, ce n'est pas évident d'imaginer un ami s'en prendre à toi et de changer complètement.

Bonne lecture

NaruHina82

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A cette question, la jeune femme eut un petit sursaut en écarquillant quelque peu les yeux, de façon presque imperceptible. Détournant le regard un instant, le fixant vers le bas, le plateau qu'elle tenait se mit à trembler quelque peu, comme si elle se retenait de craquer. Cette attitude intrigua Kiba, sans pour autant qu'il s'en soucia. L'aurait-il fait, peut-être qu'il aurait prit garde à l'expression de tristesse qui passa dans les pupilles de son hôtesse. Malgré cela, cette dernière refit face à son invité, affichant un sourire accueillant, et s'avança vers lui, refusant visiblement de lui montrer une quelconque déception. Elle posa son chargement sur une petite table à roulettes qu'elle approcha du lit.

« - Peut-être que tu ne me connais pas, mais moi, je te connais,… ou du moins, je t'ai assez souvent croisé dans ma vie. »

Cette réponse laissa perplexe Kiba. Comment ça, elle l'avait souvent croisé ? Lui, personnellement, il ne se souvenait pas du tout d'elle. Faisait-elle donc parti de ses anciennes amantes d'une nuit ? C'était la seule hypothèse possible pour lui. Un malaise s'empara de lui. Qu'est-ce que c'était gênant quand même ! Cependant, d'un autre côté, il était très flatté. Si son idée était juste, il avait dû lui laisser un souvenir impérissable de leur échange charnel. Après tout, pourquoi cela l'étonnait, il était un amant exceptionnel avec toute son expérience avec les femmes. Elles n'avaient plus de secrets pour lui. Il en avait dans le carburateur, lui. Rougissant un peu par cette flatterie indirecte, il offrit à son hôtesse un sourire des plus séducteurs, mais il fut de courte durée. Ses muscles faciaux et sa lèvre fendue lui rappelèrent qu'il n'était pas en état de les solliciter. Sa risette se transforma vite en grimace qui inquiéta son infirmière improvisée.

« - Ca va ?

- Pas vraiment, maugréa-t-il. J'ai l'impression qu'un rouleau compresseur m'ait passé dessus.

- Pas étonnant vu ton état.

- D'ailleurs, tu sais ce qui s'est passé. J'ai comme un trou de mémoire.

- Non. Je t'ai juste retrouvé très tard dans la nuit auprès de nos poubelles. Tu avait été passé à tabac, mais j'ignore la raison…

- Euh, et bien, la coupa le maître d'Akamaru, pensant qu'elle l'interrogeait sur ce fait.

- Je t'arrête tout de suite. J'avoue, je suis assez curieuse et j'aimerai bien savoir, mais je ne te pousserai pas à la confidence… Je n'ai pas vraiment envi de me mêler de tout ça de toute manière. Moins j'en sais, mieux je me porterai.

- Alors pourquoi m'avoir aidé ?

- Je n'allais quand même pas te laisser tout seul… Tu ne te rappelles pas de moi, mais moi oui, alors j'ai demandé à des amis de te faire entrer ici pour que je puisse te soigner. Je n'aurai pas pu dormir en te sachant gisant dans les ordures, alors que j'avais la possibilité de faire quelque chose.

- Ah, fit Kiba. En tout cas, merci.

- De rien. Je t'ai apporté un antalgique et de quoi changer tes bandages… Je vais changer les cataplasmes que je t'ai mis contre les plus grosses ecchymoses. Puis, tu mangeras un peu... avant de rentrer chez toi. Il te faut reprendre un peu des forces.

- A vos ordres, docteur, » plaisanta l'Inuzuka pour détendre l'atmosphère.

Sa petite boutade reçut comme réponse un sourire un peu plus sincère de son hôtesse avant qu'elle se mette à l'ouvrage. Délicatement, elle retira les vieux pansements. Petit à petit, Kiba vit le témoignage des coups rudes qu'il avait reçu la veille. Sa peau avait perdu de sa coloration cuivrée pour n'être qu'un mélange de jaune, violet et de noir. Les ecchymoses qui lui parsemaient les côtes étaient énormes et lui recouvrait une grande partie du torse. A chaque fois que la jeune femme passait dessus pour y apposer la pommade, il réprimait un grognement de douleur. A chaque fois, elle s'excusait tout en poursuivant son œuvre. Quand enfin, elle eut fini de bander le dernier cataplasme, elle s'attaqua aux blessures du visage, désirant désinfecter les quelques plaies se situant sur ses joues, mais surtout sur ses lèvres.

« - Désolée, mais ça va piquer un peu.

-Pas grave. Ce n'est pas de ta faute. »

Elle était si proche de lui que le blessé eut tout le loisir de l'observer. Finalement, elle n'était pas si mal. Elle était même plutôt mignonne avec son teint naturel et ses yeux bridés espiègles. Cela le changeait de ses conquêtes toujours maquillées et superficielles. D'un autre côté, il ne prenait pas vraiment le temps de les connaître ou les croisait souvent en boîte, donc ses proies étaient bien souvent apprêtées plus qu'au quotidien. Voir une jeune inconnue sans aucun artifice superflu était assez rafraîchissant en fin de compte. Cela lui rappelait un peu Hinata… Hinata… Pourquoi pensait-il à cette dernière, la comparant à celle qu'il pourrait qualifier comme sa sauveuse ?

En pensant à ce prénom, il eut soudain l'air triste. Sa discussion avec Shino lui revint à la mémoire. Il avait quelques flashs lui prouvant qu'il l'avait croisé, mais lui avait-il vraiment fait du mal. Ne voulant plus y penser, il préféra passer directement à autre chose. Il aura tout le temps de se plonger dans sa mémoire plus tard. Ainsi entre deux grognements, il reprit la parole d'une voix aguicheuse, désirant casser le silence pesant de cette chambre.

« - Dommage que je ne me rappelle pas de toi. Tu es plutôt jolie dans ton genre. Tu pourrais me dire d'où on se connait, et puis ton prénom ? Je ne sais même pas comment tu t'appelles.

- Et bien, je…

- En tout cas, j'ai dû beaucoup te marquer, l'interrompit Kiba, sans prêter attention à ce qu'elle aurait eu à lui révéler. On a dû passer un sacré moment ensemble pour que je reste ancrer comme ça dans ta tête.

-…

- Allez, ne fait pas ta timide, la taquina Kiba sans voir qu'elle avait suspendu ses soins à quelques centimètres de sa peau, quelque peu subjuguée par sa remarque. J'ai dû t'envoyer au septième ciel plus d'une fois. Tu as pris ton pied, avoue… Après c'est logique, je suis un amant talentueux, un des meilleurs. »

Il se mit alors à sourire de toutes ses dents, ne réalisant pas les conséquences de ses paroles. L'atmosphère devint lourde et la pression entre les deux jeunes gens se fit oppressante. Un silence de mort régna alors. Perdant petit à petit son air enjoué et fier comme un coq, l'Inuzuka en frissonna, surtout quand il vit la main de son infirmière s'abaisser lentement, très lentement pour se poser sur le matelas. Se concentrant sur elle, il la vit la tête baissée, tremblante comme si elle se retenait d'exploser. Ses cheveux lui cachaient ses yeux, mais cette ombre ne lui disait rien qui vaille. Et il eut raison.

En effet, relevant le visage et lui faisant face, des éclairs surgirent des pupilles de cette jeune femme. La fureur y avait trouvé refuge. Elle n'était plus à l'image de l'aimable hôtesse qu'elle était au moment de rentrer dans cette chambre. Une soudaine crainte s'empara de Kiba qui recula dans un sursaut. Il la vit alors se lever avec fracas, se saisir du plateau pour le lui poser à ses côtés, et enfin prendre le chemin de la sortie sans prononcer un seul mot. N'y comprenant plus rien, il tenta d'obtenir des explications.

« - Qu'est-ce que tu fais ?

- Ca se voit non, je pars.

- Mais pourquoi ? Je te rappelle que tu es responsable de moi.

- Pourquoi je resterai avec un homme qui me remercie en m'insultant ? Ca t'amuse de m'humilier. Vu les conneries que tu me sors, autant que tu t'occupes de toi toi-même.

- C'est ce que je faisais avant que tu t'en mêles, je te ferai remarquer.

- Et on a vu le résultat.

- Je ne t'ai rien demandé, se mit en colère Kiba qui refusait qu'elle l'enfonce ainsi. Et puis, je n'ai dit que la vérité. Je ne vois pas où on se serait rencontré autre que dans un lit. Désolé de ne pas me rappeler de toutes mes…

- Je ne suis pas une de tes putes, s'écria à son tour la jeune femme, les larmes aux yeux et en le coupant.

- Hey, je t'interdis de les insulter. Ce ne sont pas des putes. Juste des femmes qui désirent passer du bon temps avec moi. Elles savent à quoi s'en tenir dès le départ. Je fais toujours attention à ça, moi. »

Ce monologue eut le don de clouer le bec à son interlocutrice qui se détourna. Regardant un instant le sol, ses épaules s'abaissèrent, comme si elle capitulait, tandis que de la mélancolie mélangée à de la tristesse affectueuse remplit ses yeux.

« - C'est vrai. Ce ne sont pas des putes. Juste des femmes qui souhaitent se sentir un instant aimer et recevoir un peu de chaleur humaine, même si c'est un plaisir bien éphémère… C'est surement aussi ton souhait, je suppose, souffla-t-elle avant de murmurer dans un but bien inespéré de ne pas être entendu. Comme ce fut le mien… »

Enfin, en cet instant de son passé, mon espoir avait été tout autre qu'un peu de jouissance, pensa-t-elle pour elle-même, s'arrêtant de parler avant d'en avouer encore plus. En tout cas, sa réplique laissa sans voix Kiba qui ne savait pas trop comment prendre ses mots. Une seule chose était sûre. Sa propre colère s'envola à cette minute face à l'air abattue de son interlocutrice. Apparemment, elle avait connu une mauvaise expérience avec le mauvais type. Elle était peut-être tombée sur un malotru qui avait abusé d'elle. Cela mit donc à mal son hypothèse première. Si elle ne faisait pas parti de ses conquêtes d'une nuit, où l'avait-elle donc rencontré pour que lui l'oubli ? Toutefois, fierté oblige, il n'affirma rien que ce soit pour la réconforter ou s'excuser. D'ailleurs, voyait-il qu'il s'était irrespectueux ? Malheureusement, pas du tout. Face à ce silence, la jeune femme expira un bon coup. Elle préféra alors la solution de la sortie. Une main sur la poignée, elle prononça une dernière parole d'un ton maussade.

« - Je te laisse finir seul… Une salle de bain se trouve au fond de cette chambre si tu veux te changer après avoir mangé un… De nouveaux vêtements t'y attendent. Les tiens sont dans le sac que tu vois là, désigna-t-elle du doigt. Ils étaient tâchés de sang.

- Ok, lui répondit Kiba, toujours ancré dans son orgueil. Je peux juste savoir combien de temps je suis resté ici.

- Toute la journée. Il est plus de 18 heures. Je vais en bas… Au fait, mon nom est Tamaki. »

Sur cette dernière affirmation, cette dénommée Tamaki passa la porte et la referma derrière elle, laissant un Inuzuka abasourdi par l'information. Pas du prénom, mais de la durée de son inconscience. Il venait de louper toute une journée de cours. Cependant, ce n'était pas ça qui lui value un frisson d'effroi. Il venait de faire fond bon à sa propre mère qui devait vivre sa première intervention au sein de son école. En effet, en plus de son emploi dans sa propre clinique, celle-ci diffusait son savoir des chiens auprès des étudiants vétérinaires. Il lui arrivait bien sûr de découcher, et elle n'y prêtait plus attention tant qu'il se protégeait et que cela ne mettait pas à mal sa formation, mais là, cela allait être sa fête. Il venait de déroger à la règle. Il imaginait très bien sa mère, le martinet à la main, entrain de l'attendre pour le lui faire regretter qu'il en déglutit.

Prenant son courage à deux mains, il préféra laisser de côté la collation préparée par Tamaki. Il fallait absolument qu'il rentre chez lui le plus rapidement possible. Sortant du lit tant bien que mal, et en sueur à force de lutter contre la douleur, il réussit à se mettre debout. Il s'avança péniblement vers la salle de bain après avoir quand même pris la peine de prendre le comprimé d'antalgique. Ouvrant le battant, il tomba sur une pièce qui n'avait vraiment rien à voir avec ce qu'il attendait. Une immense douche à l'italienne lui faisait face. A ces côtés, la baignoire ronde et à remous était parsemée de chandelles fixées sur le bord. Sa taille était telle qu'au moins deux couples pouvaient y entrer. Plusieurs miroirs décoraient les murs qu'il pouvait se voir sur toutes les coutures. Toutefois, le plus intriguant était une armoire remplie de produits des plus insolites comme certains jouets waterproof pour adultes et des coupelles remplies de préservatifs. Tout cela côtoyait des serviettes qui semblaient aussi douces que de la laine d'un mouton. Mais où était-il tombé ? Se pourrait-il que ce soit l'intérieur du club libertin ? Cette Tamaki y était-elle employée comme hôtesse de charme, se révélant une pro du sexe ? Il s'en mordit l'intérieur de la joue pour contenir une certaine excitation.

Celle-ci fut tout de même de courte durée quand il se tourna vers un des miroirs. Il resta ainsi quelque peu interdit quand l'image de son corps tuméfié et la douleur le ramenèrent à la réalité. S'avançant péniblement vers une des vasques du lavabo, il s'y appuya pour reprendre son souffle. Posant le regard sur un petit meuble, il y vit les fameuses affaires qui y avaient mis à son attention. Les prenant, il s'habilla. Revenant dans la chambre, il s'intéressa un peu plus à ce qui la décorait. Sa découverte de la salle de bain avait réveillé sa curiosité. Bien que l'alarme de sa conscience sonne dans sa tête, prenant par moment la voix de sa mère lui ordonnant de rentrer, il se mit à fouiller.

Ainsi dans une commode portant encore une fois des boîtes en bois contenant encore une fois des capotes, il trouva des sextoys. Ces derniers étaient rangés en fonction de leur mode de fonctionnement et de leur utilisation. Ainsi, un tiroir était consacré à ceux pour le sexe vaginal, alors qu'un autre était pour l'anal ou contenait quelques martinets. Ils étaient même rangés par taille. Sur une étagère étaient disposés des lubrifiants avec ou sans arômes, des gels alimentaires et autres accessoires. Kiba comprit alors qu'il était tombé dans une chambre consacrée aux lubricités de la nuit. Cela conforta alors son hypothèse. Finalement, il avait enfin réussi. Cela le fit sourire de satisfaction malgré le réveil de ses blessures. Il avait l'impression de redevenir un gamin. Son euphorie fut telle que la prochaine fureur de sa mère fut un lointain souvenir. La convoitise d'en connaître plus l'emporta.

Mordant à pleine dent une petite brioche au passage, il sortit prudemment de la chambre, faisant attention de ne croiser personne. Il ne fallait surtout pas qu'on le surprenne dans son entreprise qui consistait à « visiter » de fond en comble l'endroit de tous ses fantasmes. Il avait hâte de tomber sur la salle spéciale BDSM ou encore le hammam ou le jacuzzi. Pour le moment, il se trouvait sur une mezzanine qui surplombait une immense pièce. Une rambarde en fer forgé et sculpté dans des formes de croix gothique le protégeait du vide. Elle l'empêcha ainsi de tomber en plein milieu de ce qui semblait être une piste de danse aux lumières tamisées mélangeant une nuance de bleu et de violet. Se penchant, Kiba put alors observer au fond de celle-ci un bar où trônait tout ce qu'il fallait pour élaborer de délicieux cocktails. Quelques tables et fauteuils en velours parsemaient également l'endroit.

En face de lui, descendait un immense escalier qui menait à l'étage où il se trouvait. Espionnant à sa droite, puis à sa droite, l'Inuzuka vit plusieurs portes. Certaines étaient en bois, d'autres en métal ou encore en verre translucide. Faisant attention à ce que personne le soupçonne de quoi que ce soit et le surprenne, il s'avança discrètement vers les plus proches de lui. Il avait bien l'intention de connaître le contenu de chacune d'elles. Toutefois, arrivant devant une, il hésita. Elle semblait bien lourde et risquait de grincer, révélant alors sa présence. Il décida alors de se concentrer tout d'abord sur les transparentes. Regardant au travers, il constata encore la présence des mêmes boîtes dont il devinait la contenance, des préservatifs.

Chacune des pièces avait un thème unique en couleur et en mobilier. Leur ambiance était assez moderne, dont une assez futuriste. Terminant son inspection, Kiba s'approcha vers une des portes en bois décorée comme au 18ème siècle. Dessus, il constata une petite pancarte où étaient inscrits les mots Le Roi Soleil. Intrigué, il ouvrit doucement. Comme il le craignait, son pressentiment se confirma. Le panneau se mit à grincer. Passant la tête rapidement, il y vit un mobilier pouvant faire penser à une chambre du château de Versailles avec d'une armoire un costume d'époque dépassé. Comprenant alors que la sculpture de chaque accès et son nom indiquait le thème de la pièce, il avait hâte d'ouvrir les autres.

Toujours désireux de trouver celle BDSM, il se dirigea vers celle pouvant faire penser à une porte médiévale. Il était assez connu que dans l'imaginaire collectif, l'époque de la Grande Inquisition et de sa salle de torture était bien souvent associée à ce monde très particulier de la sexualité. Pour se faire, il passa devant une mentionnant le fantasme de l'infirmière, alors qu'une autre celui de la secrétaire. Il imagina très bien l'univers de ces chambres, le lit d'hôpital et le bureau du patron. Des jeux de rôle devaient s'y dérouler bien des soirs. Enfin, il trouva celle qu'il cherchait assez rapidement. Son cœur battant à tout rompre, il s'apprêta à y faire son entrée qu'une voix ferme et dure le coupa dans son élan.

« - Arrête-toi tout de suite, sale con. »

Se retournant autant par la surprise que par la colère d'avoir été insulté, Kiba se retrouva devant une vraie armure à glace qui devait au moins faire dans les deux mètres et dont la musculature devait faire la double de la sienne, si ce n'était pas le triple. Le reconnaissant, il déglutit. Devant lui, se trouvait un des videurs du club qui l'avait plus d'une fois éconduit quand il avait tenté de se faufiler à l'intérieur de cet établissement.

« - Tu crois vraiment qu'on n'aurait pas vu ton manège, continua-t-il en désignant du regard un coin très discret du toit.

Levant la tête, le maître d'Akamaru vit alors la présence de petites caméras de surveillance cachée au milieu des lumières. Et merde, pensa-t-il avant de se concentrer vers son interlocuteur qui affichait un visage autant dur que sérieux.

-Tu as une drôle manière de remercier Tamaki de sa générosité. Elle aurait dû m'écouter et te laisser crever dans les ordures au lieu de me demander de te porter ici… Maintenant, dégage ! »

D'un geste impérieux, le videur lui ordonna de prendre la direction de l'escalier. Kiba ne put qu'abdiquer, se sachant très bien qu'il ne pourrait pas lutter contre la force devant lui. De plus, le rappel de son irrespect et de son impolitesse face à la gentillesse de cette jeune femme tua son désir de tout connaître de ce lieu et réveilla une certaine honte, mais vraiment mineure. Les mains dans les poches, il repassa quand même par son lit improvisé pour récupérer ses affaires. Puis, il se dirigea vers le rez-de-chaussée, son « garde du corps » sur les talons. Arrivé enfin sur la piste de danse, l'Inuzuka put alors l'observer un peu plus en détail.

Cachées sous la mezzanine, des barres de pole dance, ainsi que des petites plateformes destinées surement à accueillir des danseuses, attendaient des adeptes. Regardant autour, il vit d'autres portes parsemer la pièce. Une attira particulièrement son attention. Elle mélangeait le fer et le bois dans sa structure. Des clous médiévaux forgés à tête saillante en forme d'étoile décoraient des plaques de métal. Passant non loin d'elle, Kiba y lut ces mots inscrits sur une plaque en argent, Le donjon. Sans s'arrêter dans sa marche, il comprit qu'il venait de frôler un de ses objectifs, la salle BDSM. Quel dommage, pensa-t-il. Il était à deux doigts d'en connaître les secrets. Enfin, pour le moment, l'espoir n'était plus permis. Il était maintenant certain qu'il était grillé et qu'il avait usé de toutes ses billes.

Alors qu'il prenait la direction de l'accès principale, son gardien lui saisit l'épaule et l'obligea sans prononcer un seul mot à suivre un autre chemin. Il n'était pas nécessaire d'être un devin pour deviner que la sortie de service lui fut réservée. Il prit alors un étroit couloir dont l'entrée était dissimulée par un voile opaque derrière le bar. Y marchant, il perçut alors des voix qui parvenaient de ce qui semblait être un bureau, surement celui des gérants des lieux. Il ne voulut pas s'y attarder, presser qu'il était par son escorte, mais le prénom de son hôtesse l'interpella.

« - Alors Tamaki, ton « ami » s'est enfin réveillé, affirma une voix masculine.

- Oui, affirma la jeune femme. Mais ce n'est pas vraiment un ami, tu sais.

- C'est pourtant ce que tu as affirmé pour nous convaincre de l'accueillir ici malgré nos premiers refus.

- Disons que je pensais que nous l'étions, ou du moins de bonne connaissance, mais je me suis trompée, se désola Tamaki. Il me l'a fait bien comprendre. Il ne se rappelle même pas de moi.

- Oh Tamaki, intervint une seconde voix féminine qui semblait un peu plus mûre qu'elle au vu de l'intonation. Je suis désolée pour toi. Tu nous parlais pourtant beaucoup de lui à l'époque.

- Meiko, réprimanda celui que Kiba avait identifié de façon certaine comme le propriétaire avant de continuer. Quand je pense que tu sais pertinemment que nous refusons d'accueillir les célibataires, contrairement à d'autres clubs qui leur réservent des soirées... En tout cas, je ne suis pas favorable à leur entrée ici. La dernière fois que cela est arrivé, ils ont failli faire couler la boîte avec leurs bêtises. Certains sont de véritables plaies qui refusent d'accepter les règles, pensant que tout est permis ici, alors que c'est totalement faux. Ils ne le sont pas tous, mais je ne veux prendre plus aucun risque.

- J'en suis consciente, mais je n'allais quand même pas le laisser croupir dehors alors qu'il avait besoin d'aide. Regarde combien de temps il a mis pour se remettre sur pied.

- C'est vrai, souffla-t-il. Tu aurais pu te contenter d'appeler une ambulance.

- Pour que cela fasse une mauvaise publicité au club, rétorqua Tamaki. Dans ce monde numérique, très peu de choses restent secrète. Vos concurrents et les habitués en auraient entendu parler à un moment donné, déformant la réalité. A tous les coups, des rumeurs comme quoi on tabasse les clients au point de les tuer presque et les abandonnant dans les poubelles auraient circulé en peu de temps. Et dans le milieu de la nuit, qui dit mauvaise publicité, dit…

- Banqueroute, termina Meiko. Et cela malgré nos coutumiers.

- Vous venez juste de vous relever de plusieurs années noires à cause d'une affaire précédente de rumeur. Vous avez fait énormément d'investissements pour moderniser et repartir à zéro, au point de contracter un prêt à la banque. Là encore, ce n'avait pas été gagné d'avance d'en trouver une prête à vous soutenir vu votre activité. Vous avez mis tous vos économies dans cette affaire. Ce n'était pas dit que vous vous en serez relevés cette fois. »

Un silence suivit ce discours. Malgré qu'il soit derrière la porte, Kiba put sentir l'atmosphère du bureau se détendre. Visiblement, l'argument de Tamaki avait fait mouche. Et il eut raison. Jetant un coup d'œil au travers de la porte entrouverte, il vit alors un homme derrière un bureau ayant à peu près le même âge que sa mère et donc aux cheveux grisonnants alors qu'il devait être d'un beau noir dans le noir. A ses côtés, une femme légèrement plus jeune que son camarade trônait, assisse sur le bord du meuble. Tous deux sourirent à son hôtesse qui était cachée de lui. Visiblement, le club était tenu par un couple et sa sauveuse y était bien impliquée. Bizarrement, celle qui fut nommée Meiko parut bien plus familière que cette dernière à l'Inuzuka. Où l'avait-elle vu ? En tout cas, c'était plus flagrant.

Il allait pousser encore plus son observation qu'un raclement de gorge le rappela à l'ordre. C'était son garde du corps qui le somma de continuer son chemin. Soufflant un bon coup, il abdiqua. Néanmoins, toujours dans ses pensées, il cogna un long cylindre creux qui chuta avec fracas. Ce bruit se propagea dans le couloir jusqu'au bureau. Venant de celui-ci, la silhouette de Tamaki apparut suivie par le patron et sa compagne. Voyant les deux hommes, le trio s'avança.

« - Alors tu t'en vas sans dire au revoir, tiqua alors tristement la jeune femme. Ce n'est pas la politesse qui t'étouffe.

-… Et bien, se trouva bête Kiba, en tentant de le cacher derrière une attitude fière.

- Il doit partir, intervint le videur. Les habitués vont arriver dans quelques heures et il nous faut nous dépêcher de terminer les derniers préparatifs.

- Kento a raison, appuya le patron avant de s'adresser au blessé. Adieu jeune homme et au plaisir de ne pas vous revoir dans le coin. Bon rétablissement quand même. »

Cela dit, il repartit vers la piste de danse, suivie par Meiko qui salua l'Inuzuka d'un signe de tête et essayant par un sourire conscrit d'excuser son collaborateur d'un tel accueil. Kiba, bien que vexé, se surprit de ne pas en faire grand cas. Il avait d'autres choses à fouetter, comme le souvenir de sa mère furieuse. En effet, avoir croisé une femme appartenant à la même génération qu'elle la lui remit en mémoire.

« - Kento, laisse-nous, ordonna Tamaki.

-Mais…

- S'il te plaît, insista-t-elle en le voyant sur le point de rouspéter. Ils vont avoir besoin de ton aide.

- Bien, mais tu cries s'il te fait quelque chose. Ok ?

- Ok, mais il ne m'arrivera rien. Ne t'inquiète pas. »

Bien que peu convaincu, le videur fit demi-tour et quitta le couloir laissant Kiba et sa sauveuse seuls. Ces deux derniers ne surent pas trop quoi dire jusqu'à ce que le maître d'Akamaru, n'y tenant plus, se décida à casser l'ambiance silencieuse.

« - Il a l'air de tenir à toi.

-Qui ? Kento ? Ouais.

- Tu es sorti avec lui ?

- Pourquoi cette question, demanda Tamaki. Je suis sûre que cela t'ai complètement égal. »

L'Inuzuka se sentit alors en colère à cette réponse. Lui qui avait fait l'effort d'être aimable et de s'intéresser, elle l'avait renvoyé dans ses buts. Toutefois, d'un certain côté…

« -C'est vrai. J'en ai rien à foutre. Tu t'envoies en l'air avec qui tu veux.

-… Finalement, Kento avait raison. Tu devrais partir, » lui rétorqua la jeune femme, de nouveau blessée.

Ainsi invité, Kiba ferma sa bouche et préféra obtempérer plutôt que de se disputer avec elle. Elle l'avait quand même aidé. A cette pensée, alors qu'il se trouvait devant la porte de service, il la regarda une dernière fois et vit la flamme de la déception et de la tristesse danser dans les pupilles noisette. En cet instant, il reconnut qu'il n'avait pas été cool avec celle qui l'avait accueilli malgré les remontrances de celui qu'il prenait pour son patron. Elle aurait pu perdre son emploi pour avoir dérogé à un des points du règlement du club.

« - Ecoute,.., Tamaki c'est ça ?

-…

- Merci de m'avoir quand même aidé. Si un jour, on se recroise, peut-être qu'on pourrait repartir à zéro.

- Peut-être. On verra, lui répondit-elle, d'un ton un peu doux qu'avant. Prend soin de toi Kiba. »

Lui rendant son vœux d'un signe tête, celui-ci se décida enfin à quitter les lieux et se retrouva bientôt dans l'arrière-cour où la veille elle l'avait retrouvé. Voyant la porte se refermer derrière lui, Tamaki resta un instant, le regard dans le vide, à ne pas bouger. Le bruit d'un objet tombant au sol la ramena à la réalité. Visiblement, son aide sera la bienvenue à l'autre bout de ce couloir. Se dirigeant là où elle sera utile, la jeune femme s'arma de courage pour aider à la préparation de la fête d'anniversaire qui s'annonçait. Un couple échangiste d'habitués avait en effet réservé le club pour célébrer une nouvelle année au sein de leur vie de libertinage sexuel, et il y avait du boulot pour respecter le thème rock n'roll des pin-up qu'il avait choisi.

Pendant ce temps, dehors, Kiba avait vu sur les poubelles qui l'avaient accueilli la veille. Des bribes de sa mémoire lui martelèrent alors la tête. Posant une main dessus tellement elle lui faisait mal soudainement, des images de cheveux et d'yeux blancs, ainsi que de quelques flashs jaunes autour du visage flou d'une Hinata toute affligée, tourbillonnèrent. Le souvenir d'un rire machiavélique résonna dans ses oreilles, alors que le souvenir des coups affligés sur son corps l'assaillit. Respirant profondément de l'air frais, tout se calma petit à petit. Il comprit vite que des bribes de la veille tentaient de se réveiller. Malheureusement, c'était trop flou pour qu'il puisse y comprendre quelque chose. Le puzzle ne faisait que commencer. Reprenant contenance et mettant sur l'épaule le sac que Tamaki lui avait prêté et contenant ses affaires, il s'avança dans la nuit en direction de son véhicule qu'il espérait toujours garer là où il l'avait stationné.

Durant tout le trajet, il repensa au club qu'il venait de quitter. Il était quelque peu dégoûté de n'avoir pas eu l'occasion d'avoir vécu cette expérience d'avoir connu une soirée libertine. Punaise, il avait réussi à entrer dans ce lieu de tous les fantasmes, mais pas du tout de la manière qu'il souhaitait. Il aurait voulu être acteur, ou du moins observateur. Il aurait voulu savoir si c'était un monde pour lui ou non. Comme l'espérait sa mère, était-il destiné à se trouver une petite femme à qui il ferait de beaux bébés, vivant une vie de couple plan-plan ? A cette idée, il en eut un frisson. Il n'était pas prêt à ça, mais à quoi était-il prêt au final.

Maintenant, c'était vraiment mort, quoi que… tout n'était peut-être pas perdu. La vision de son hôtesse lui revint alors. Bizarrement, bien qu'elle ait un physique pas trop moche, ce fut son caractère et son tempérament qui le frappèrent. Au premier à bord, elle paraissait timide et se montrait délicate, un peu à l'image d'Hinata, mais en réalité, elle avait un sacré répondant. Il en eut un petit sourire en coin. Au final, cela lui plaisait bien. Oui, elle lui plaisait et il serait assez content de la recroiser. Ce fut là-dessus qu'il se retrouva sur le parking, mais pas de voiture. Paniquant quelque peu, il se mit à sa recherche, mais en vain. Son char était introuvable. Pestant, il dut se contenter du métro.

Arrivé enfin chez lui, Kiba priait pour ne croiser aucune âme qui vive. Il n'avait pas du tout envi de justifier son absence, enfin plutôt la présence de son œil au beurre noir et de toutes ses ecchymoses. Il espérait ainsi que tout le monde soit encore bloqué au travail. Marchant sur la pointe des pieds, il fit en sorte de passer comme une ombre jusqu'à sa chambre. Malheureusement, il avait oublié un élément important dans son calcul. Akamaru. Son chien avait passé la veille et la journée à attendre dans l'inquiétude son jeune maître. Le sentant et l'entendant, il s'était précipité du jardin jusqu'à lui en passant par la trappe. Voyant le nouvel arrivant, en tout canidé qu'il se respectait, il lui fit une immense fête en jappant.

Inquiet à cause du bruit de cette agitation, l'Inuzuka scruta chaque recoin dans la crainte de voir débouler sa mère ou Anna. Heureusement pour lui, personne ne lui tomba dessus tel un faucon sur sa proie. La chance et le destin étaient de nouveau de son côté. Cependant, la prudence était tout de même de rigueur.

« - Akamaru, calme-toi, tenta de le calmer son maître, mais ce fut un échec. Oui, je suis content de te voir, mon vieux, mais arrête. Tu vas ameuter du monde. Je n'ai pas envi qu'on me tombe dessus.

-Trop tard ! »

Entendant cette voix froide provenant de son dos, Kiba se tendit d'un coup, une goutte froide suivant le chemin de sa colonne vertébrale, alors qu'à ses pieds, Akamaru continuait à le saluer à sa manière. Alors que le futur vétérinaire tourna son visage doucement, tel un robot vers son bourreau, l'atmosphère se fit alors plus lourde, si lourde que cela stoppa le chien dans l'expression de sa joie. Le canidé s'assit même, dévisageant les deux êtres humains devant lui, ne comprenant pas grand chose à la situation. Tout ce qu'il ressentait était l'arrivée d'un danger sur le point de s'abattre. Devant l'Inuzuka se dressa une jeune femme brune d'au moins de 8 ans son ainée. Elle possédait les mêmes marques en forme de crocs rouges que lui. Fermant les yeux, il attendit que la sentence s'abatte sur lui. Cela dura plusieurs secondes avant qu'il réalisa que rien ne vint. Oh non, pas ça, pensa-t-il. A tous les coups, elle attendait qu'il se sente en sécurité pour se jeter sur lui.

« - Anna, grande sœur, épargne-moi la torture mentale. Crie-moi dessus, frappe-moi, mais dépêche-toi. »

Serrant un peu plus les paupières, prêt à recevoir une correction mémorable, il les rouvrit comme des soucoupes quand, au lieu de coups ou d'insultes, il sentit deux mains se poser délicatement sur ses joues. Bien que la douleur de son visage se réveilla, sa surprise se mélangea à une sensation de douceur au contact des doigts qui auscultaient ses blessures. Entrouvrant les yeux, il vit la fureur de sa sœur se transformer en inquiétude.

« - Mais d'où viennent toutes ses blessures ? C'est la raison de ton absence d'aujourd'hui ?...

- Anna, je…

- Tu t'es encore battu ? Tu as dragué la mauvaise fille et son copain t'ait tombé dessus ?

- Ecoute, Anna, ça n'a rien à voir avec tout ça. Je…

- Kiba Inuzuka ! » Se mit à grogner une voix des plus en colère.

Regardant par-dessus l'épaule de sa frangine, la peau de Kiba se mit à blanchir alors que la peur l'envahit. Là, devant lui, les mains sur les hanches et une aura sombre tourbillonnant autour d'elle, Tsume Inuzuka, sa très chère mère, se dressait, aussi furieuse qu'une tempête. Il déglutit et s'imagina déjà être en proie à la plus vile torture. Punaise, pourquoi la chance l'abandonnait-il ainsi ? Consciente de ses plaies, Anna tenta de s'interposa en faisant barrage et en tentant de trouver une excuse à son frère et ainsi éteindre le volcan. Malheureusement, le thermomètre représentant l'humeur de la cheffe de famille avait viré au rouge au point d'exploser. Non, elle n'avait pas apprécié, mais alors pas du tout, que son fils fasse faux bond à ses études.

« - Tu as intérêt à avoir une bonne… raison pour… »

La phrase se suspendit quand comme son aînée, elle vit l'était de son unique garçon. Toutefois, la ressemblance s'arrêta là. En effet, alors que sa fille avait montré une certaine compassion, sa colère redoubla et se lut dans les éclairs qu'elle jeta sur le corps masculin meurtri devant lui. L'alarme, qui avait retenti dans le cerveau de Kiba depuis l'arrivée de sa maternelle, redoubla d'intensité, mais au lieu de prendre ses jambes à son cou, il resta comme figer, statufier par ce regard meurtrier où une lueur d'inquiétude dansait tout de même.

« - Ne me dis pas que tu as encore préféré écumer les bars à la recherche de « divertissements » plutôt qu'à te consacrer à ta formation. Tu as dormi où ? Chez ta nouvelle conquête ? C'est le mari trompé qui t'a appris où était la sortie ?

-Maman, s'exaspéra Kiba, sortant enfin de sa torpeur face à cette accusation. Je te l'ai déjà dit. Je fais toujours attention à ce qu'elle soit célibataire… et si ce n'est pas le cas, c'est qu'elle m'a menti… J'y peux rien dans ces cas-là.

- Peut-être, mais quand même, regarde dans quel état tu oses rentrer. J'exige des explications, jeune homme et tu as intérêt à en avoir une bonne.

- Bon ok, obtempéra-t-il. Oui, je me suis battu. Oui, j'étais si amoché que je suis resté au lit toute la journée chez une fille rencontrée hier, dite fille que j'ai protégé de soulards et que je n'ai même pas touché d'ailleurs,…, d'où mes blessures de guerre et ces vêtements qu'elle m'a prêté… Voilà, t'es contente.

- Ne me parle pas sur ce ton, Kiba, se mit encore plus en colère Tsume avant de reprendre d'une voix cassée par l'émotion et un certain soulagement. Je me suis inquiétée pour toi. Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit tellement j'avais peur d'entendre le téléphone sonné pour qu'on m'apprenne qu'on t'a retrouvé dans un caniveau, mort comme ton père. Quand je ne t'ai pas vu durant ma conférence, ce fut encore pire, alors oui, je suis en colère… en colère contre toi de m'avoir fait sentir impuissante à te protéger… Tu es adulte maintenant et j'en suis consciente. Je n'ai plus à dicter tes actes, mais je reste ta mère et tant que tu vivras, je me ferais du souci pour toi… C'est ça être parent.

- Maman, je… je suis désolé, » tenta son fils, comprenant enfin d'où venait sa rage et en restant muet par la suite.

En effet, que pouvait-il dire de plus pour soulager celle qui avait fait énormément de sacrifices pour subvenir à leurs besoins à tous les trois, en plus des chiens, quand le destin leur avait retiré son soulard de père. Il l'avait déjà nourri ses inquiétudes quand il avait été hospitalisé pour son priapisme et il venait de recommencer. Cependant, s'excusait-il vraiment pour lui avoir été senti aussi misérable ou pour lui avoir menti ? Car oui, il avait conscience de ne pas lui avoir affirmé la vérité, la déformant, mais que pouvait-il faire d'autre ? La leçon de moral serait encore pire et il n'avait pas la force de la supporter.

« - J'espère bien que tu es désolé, souffla Tsume avant de perdre en peu en véhémence. Bon, vu que tu as agi pour protéger une jeune fille, je ne peux que t'en féliciter, mais la prochaine fois, pense à m'appeler. Un coup de fil, ça ne coute rien.

- J'y penserai, acquiesça-t-il.

- Bon, tu devrais aller prendre une douche, abdiqua la maîtresse de maison. Viens me voir après pour que je jette un coup d'œil à tes blessures. »

Faisant un salut militaire, Kiba n'attendit pas plus longtemps. Il allait prendre son sac qu'il avait fait tomber par terre face à l'ancienne aura noire de sa mère que la main de sa sœur le devança en le saisissant. Lui souriant d'une manière entendue, celle-ci lui fit comprendre qu'elle s'occupait de ses affaires. Ne lui laissant pas le temps de répliquer, Anna se dirigea vers la buanderie où l'attendait la machine à laver. Au lieu de se sentir soulager, un petit stress vit le jour en son sein. Grimaçant sous cap, le maître d'Akamaru se résigna à ce que son aînée le soupçonne de mensonge. Enfin, pour le moment, la seule qu'il devait garder dans l'ignorance le scrutait toujours. Lui donnant le change, il se dirigea donc vers la salle de bain.

Y entrant et après avoir retiré les bandages neufs de Tamaki, il se délecta de sentir l'eau chaude couler sur sa peau, le détendant. En cet instant, il en oublia ses ennuis passés, présents et futurs. Pendant ce temps, au sous-sol, un sac était entrain de se faire ouvrir. A peine la fermeture éclair tirée, qu'un arôme nauséabond prit la gorge Anna. La nausée monta. Un effluve d'alcool, d'ordures, mais aussi de sang, était monté jusqu'à ses narines. Prenant son courage à deux mains, elle sortit les vêtements de son frère et l'odeur se fit plus forte, augmentant sa nausée, au point qu'elle eut du mal à s'empêcher de vomir. Mais où avait-il traîné ? Prenant de l'eau oxygénée, elle en passa sur les tâches d'hémoglobine pour en dissoudre un maximum avant de jeter son fardeau dans le tambour de la machine à laver. La mettant en marche, ses yeux exprimèrent une amère tristesse.

La version de son frère ne tenait plus vraiment la route pour elle. Sa découverte lui criait que ce n'était qu'invention. Pourtant, c'était possible. Si la bagarre s'était terminé dans les ordures, cela en expliquait l'odeur, mais delà à sentir autant l'alcool. Il avait dû en consommer beaucoup pour en imprégner les tissus. Anna ne savait plus quoi en penser, enfin si, une seule chose. Son cadet consommait beaucoup trop de ces boissons fortes et elle eut peur pour lui. Cela en balaya même son inquiétude sur le potentiel bobard qu'il leur avait fourni. Retournant vers le salon, elle rejoint ainsi sa mère qui patientait. La voyant, une indécision la prit. Devait-elle raconter à celle-ci ses doutes ou se taire, se transformant en complice de son frère ?

« - Ah Anna, tu es revenue, affirma Tsume la faisant revenir à la réalité. Je te remercie de t'être occupée des affaires de Kiba. Il aurait pu le faire tout seul. Cela lui aurait fait les pieds.

- C'est vrai, reconnut sa fille. Mauvaise habitude de grande sœur. »

A cette phrase, un voile de mélancolie glissa dans les pupilles de la mère de famille en regardant son aînée. Ces deux enfants avaient un tel écart d'âge qu'elle s'était souvent appuyée sur cette dernière pour éduquer Kiba et le garder quand malheureusement, elle travaillait tard à la clinique. Du moment où son époux s'était consacré à sa nouvelle passion pour l'alcool, dérivant dans un monde où elle n'avait jamais réussi à l'en sortir, il ne s'était plus occupé de leur fils unique. Elle avait alors assumé le rôle des deux parents. Quoi que ne l'assumait-elle pas déjà depuis ses noces et la naissance de ses enfants ? Etait-ce là que fut son erreur ?

Peut-être. En tout cas, la tromperie et le décès de son mari en avait rajouté une couche, surtout pour un garçon qui était rentré en pleine adolescence, une période où le besoin de stabilité et une vision saine de la masculinité représentaient un maillon important pour un garçon. Elle se demandait comment elle s'en serait sortie sans Anna, qui l'avait énormément aidé à s'occuper de son cadet. Il aurait plongé certainement dans la délinquance, perdu qu'il était dans son identité sans père fiable. Sa fille allait bientôt atteindre la trentaine. Pourtant, elle était toujours là, sans avoir fondé sa propre famille, sans une relation amoureuse à sa connaissance. Tsume avait l'amère impression de…

« -… t'avoir sacrifiée…

- Pardon, dit Anna. Tu as dis quelque chose maman. Je n'ai pas très bien entendu.

- Je… je suis désolée. Ce n'est qu'aujourd'hui que je me rends compte que j'ai volé une partie de ta vie, Anna. J'ai énormément exigé de toi au point que tu as mis ton existence entre parenthèses pour t'occuper de ton frère.

- Mais non, maman. Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça. Je comprends ton choix. Tu étais seule à nous assumer et tu avais besoin d'aide et de soutien.

- J'aurai pu en trouver chez nos amis, surtout les Aburame, mais eux-aussi ont du faire face au décès de la mère de Shino. Néanmoins, je l'avoue, ma fierté a eu plus de poids que toutes les autres considérations. Je voulais prouver que je pouvais y arriver seule. Pour cela, je t'ai obligée à grandir plus vite que tes camarades. Tu en subis encore les conséquences. Je m'en veux, tu sais.

- Pas moi, affirma sa fille. Je ne dis pas que certains jours, au collège ou au lycée, j'en ai eu marre de ne pas pouvoir sortir avec mes copines, parce que je devais aller chercher Kiba à l'école, l'aider à réviser et le garder jusqu'à ton retour. Oui, j'aurai aimé sortir avec un garçon sans me soucier de devoir prendre en compte mon frère. Beaucoup n'ont pas supporté que j'en fasse ma priorité ou de l'avoir dans nos pattes quand je devais l'emmener avec moi à cause de ton travail. Oui, je t'en ai voulu de m'avoir transformée en une seconde mère pour lui. Toutefois, je ne le regrette pas au final. J'ai beaucoup plus muri grâce à ça et j'ai su ce qui avait de l'importance dans la vie, mais surtout qui étaient mes véritables amis, ceux qui ne m'ont jamais tournée le dos… Et puis, tu as su me laisser mes moments de liberté. Dès que tu étais présente, tu reprenais ta place et je redevenais une adolescente normale. En réfléchissant bien, tu me demandais juste de prendre soin de lui et un peu de ménage. Tu gérais tout le reste, alors je pouvais faire cet effort.

- Mais, sans tout ça, tu aurais déjà un mari et des enfants. Tu aurais une vie plus épanouie.

- Qui te dit que je n'en ai pas une, de vie épanouie ? Lui sourit tendrement Anna. J'ai un travail que j'adore, un petit appartement non loin de ma famille, des amis fidèles… Bon, un petit frère qui me donne des cheveux blancs avant l'heure, mais tout ne peut pas être parfait. Je suis indépendante et j'aime ça. L'amour et les enfants viendront en son temps. Je suis encore jeune.

- Mais si…

- Si cela ne se présente jamais, se mit à réfléchir l'aînée des Inuzuka. Et bien, tant pis. Cela ne m'empêchera pas de vivre les moments de mon existence à fond et de savourer tous les bons moments. En quoi d'être célibataire, ne pas être mariée, de ne pas avoir d'enfants signifie que j'aurai loupé ma vie ?

-…

- En rien. Ce n'est pas uniquement ça qui définie la réussite d'une vie d'une femme. C'est moi qui façonne mon destin. Si mariage, enfants doivent en faire parti, je les accueillerai avec bonheur. Si ce n'est pas le cas, j'agirai de la même manière. Je pense que cela ne doit pas être un frein à l'épanouissement personnel. Je suis heureuse comme je suis… Et je suis sincère, maman.

- Tu as dû en souffrir quand même de ton célibat, non, avait un peu de mal à comprendre Tsume.

- A une époque, oui,…, quand je voyais toutes mes amies se trouver un fiancé, et à me demander de plus en plus gêner d'être leur demoiselle d'honneur ou la marraine de leur petit bout. Je les jalousais. A chaque fois que je franchissais la porte de mon appart pour me changer les idées avec les copines, je regardais autour de moi d'un coup d'œil, à la recherche d'un homme qui me plairait et à qui je pourrais plaire. Malheureusement, à part des amourettes, rien de bien sérieux. J'ai même tenté les sites de rencontre, mais ce ne fut pas très concluant.

- Oui, je m'en rappelle.

- Puis, l'année dernière, je me suis remise en question. J'ai constaté que malgré ma confiance en moi, je me mettais beaucoup trop la pression à chaque fois que j'aventurais le pied dehors. Je sortais avec un radar dans la tête, comme si j'avais peur de louper ma grande histoire d'amour, prête à m'y jeter toute entière. Je n'ai pas de mal à parler aux hommes, c'est un fait, mais j'ai constaté qu'au bout d'un moment, ils me fuyaient ou ne venaient pas me voir, préférant mes amies. J'ai mis beaucoup de temps pour comprendre, mais j'y suis arrivée… A chaque fois qu'un mec me plaisait, j'y glissais tout mes espoirs. Inconsciemment, je me voyais déjà la bague au doigt avec une ribambelle d'enfants. J'exagère un peu, mais c'est un peu le tableau. Je pense qu'il sentait le poids que je lui posais sur les épaules, que je n'attendais de lui qu'une seule et une unique chose… Pas de faire connaissance, pas de se lier d'amitié ou de voir où cela nous mènerait étape par étape. Non, mais de bien de commencer une vie de couple déjà bien accomplie. A part les profiteurs qui pourraient jouer sur cette espérance, cela a plutôt eu tendance à les voir prendre la poudre d'escampette.

- Je suppose que j'en suis pour quelque chose, soupira Tsume. C'est vrai que je t'ai souvent soufflé l'idée que je m'imaginais facilement en grand-mère et que je me désolais de ne pas te voir avec quelqu'un de sérieux. J'ai nourri la pression que tu te mettais.

- Sans doute, acquiesça Anna. A ta décharge, avec le style de vie de Kiba, tu t'ais dis que c'était mort de son côté. Il ne fallait pas trop compter sur lui. Il ne restait plus que…

- Toi, souffla sa mère. Encore une fois, j'ai fait une erreur. Je suis désolée, Anna.

- Ce n'est pas grave, maman. Tu veux juste ce qu'il y a de bien pour nous, mais tu as oublié que fonder une famille n'est pas forcément le but final d'une existence… J'aime ma vie telle qu'elle ait. Pour le moment, j'ai pris la décision de lâcher prise là-dessus. Peut-être que je découvrirai que l'amour n'était pas si loin que cela. Il me tombera dessus quand je m'y attendrais le moins, ou pas du tout. Que la destinée en décide, moi je continuerai d'avancer du mieux que je peux.

- Je te le souhaite, Anna.

- Et rassure-toi, tu nous as bien élevé. Kiba est encore jeune. Un jour, il ressentira le besoin de se poser… Il serait bon d'envisager à ce qu'il se trouve un logement maintenant, non ? Tu le chouchoutes trop et il en profite. »

A cette proposition, Tsume eut une petite grimace. Elle avait beaucoup de mal à laisser volé de ses propres ailes son petit loup. Elle aimait le savoir sous ce toit, en sécurité. Au moins, elle arrivait à le canaliser un peu dans son désir d'une vie volage. Sa mimique eut le don de faire rire sa fille qui savait pertinemment que sa proposition allait tomber à l'eau. Kiba avait toujours été le petit chouchou, mais elle ne lui en voulait pas. Car oui, elle aussi…

« - Nous l'avons beaucoup trop couvé, finit-elle par reconnaître entre deux ricanements. C'est surement pour ça qu'il s'est lancé dans cette existence qui lui donne la sensation de liberté.

-Oui, peut-être, l'accompagna sa mère avant de se calmer. Mais j'aimerai qu'il se stabilise un peu avec une fille et qu'il arrête de se chercher des ennuis. A si au moins, il avait tenté sa chance avec la petite Hyuga, les choses seraient différentes.

- Toujours à vouloir me caser avec Hinata, se fit entendre la voix du concerné. Tu sais pourtant qu'elle n'est qu'une petite sœur pour moi. En tout cas, la concernant, jamais elle n'a envisagé quoi que ce soit avec moi. Elle n'a jamais eu que Naruto dans le cœur.

- Et puis, aux dernières nouvelles, elle sort avec lui, en rajouta Anna.

- C'est vrai, reconnut la cheffe de famille. Il faut que je me fasse une raison, mais vous auriez fait un si magnifique couple tous les deux.

- Maman, soupira son fils, une moue débitée. Ne recommence pas.

- C'est bon, c'est bon, abdiqua Tsume. Viens là que je te regarde un peu tes blessures. »

Ni une, ni deux, Kiba s'exécuta et se plaça en face de sa mère. Cette dernière l'ausculta et souffrit dans son cœur maternel de toutes les ecchymoses et les petites plaies qui parsemaient le corps de son rejeton. Elle savait par expérience qu'il n'avait pas fini d'en ressentir de la douleur. Pour le moment, qu'une partie des hématomes était sortie. Ils allaient s'étendre et la seule manière de limiter les dégâts étaient des gels anti-inflammatoire et des antalgiques. Elle devait se reconnaître chanceuse à ce qu'il n'ait eu aucun traumatisme interne grave, comme une hémorragie, ou cérébral. Les coups avaient dû être d'une sacrée violence pour avoir laissé autant de témoignages. Encore une fois, son fils s'était frotté à plus forte partie. Que cherchait-il à prouver ? Cette question la torturait bien souvent. En tout cas, elle devait se rendre à l'évidence d'une chose.

« - Ton amie, enfin si je peux l'appeler ainsi,…

- Tamaki, la coupa Kiba.

- Oh, tu te souviens de son prénom, ironisa Tsume. C'est une prouesse de ta part.

- Maman, s'exaspéra-t-il.

- Bon, bon. Donc cette Tamaki a l'air de savoir ce qu'elle fait. Tu as reçu des soins plus que corrects. Malheureusement, tu vas continuer à souffrir pendant quelques temps, mais je te préviens, ce ne sera pas une raison suffisante pour que tu sèches encore une fois tes cours. Je me fais bien comprendre. »

Kiba hocha la tête, ne souhaitant pas du tout philosopher avec elle sur ce point. Puis, Tsume lui demanda s'il avait mangé chez son « amie ». Son fils n'eut pas le temps de répondre que son ventre cria famine. Cela fit pester sa mère qui s'attaqua alors à Tamaki, en affirmant que celle-ci aurait pu lui proposer de quoi casser copieuse croûte. Se rappelant le plateau qu'il avait à peine touché, le maître d'Akamaru affirma enfin une vérité depuis son retour en sa demeure en défendant sa sauveuse. Il en prit ainsi la responsabilité racontant qu'il avait préféré rentrer le plus rapidement possible et ne pas abuser de son hospitalité. Heureusement pour lui, Tsume accepta son explication et arrêta de s'en prendre à cette jeune femme. Le trio d'Inuzuka se dirigea donc vers la cuisine pour se préparer de quoi se restaurer.

Pendant ce frugal repas, Kiba semblait se concentrer uniquement sur sa nourriture, alors que la fille et la mère avaient repris une conversation des plus cordiales. En réalité, il était plongé dans son esprit et les regardait tour à tour par de légers coups d'œil quand elles n'étaient pas susceptibles de le prendre en flagrant délit. Il réfléchissait. En effet, il avait surpris une partie de la discussion de tantôt entre elles. Il se sentait mal de leur avoir menties, mais quoi leur dire. Lui-même avait du mal à se rappeler les événements de la veille, à part qu'il s'est fait passer à tabac. Oui, il avait un peu honte de les inquiéter, surtout après tout ce qu'elles avaient fait pour lui. Il fallait qu'il le reconnaisse. Toutefois, ce ne fut pas facile tous les jours de grandir enfermé qu'il avait été dans leur affection débordante. Il avait toujours eu besoin d'une boule d'oxygène, étouffé qu'il avait été à supporter le poids d'un père devenu négligeant et ensuite absent. Et heureusement pour lui, il l'avait trouvée. Certes, ce n'était peut-être pas glorieux, mais au moins, il y était bien, enfin pensait-il l'être.

Sa mère avait du mal à accepter son choix de vie, mais il se sentait libre ainsi. Il avait surtout un sentiment de contrôle, cette sensation qu'il lui avait manqué à être entouré de deux femmes surprotectrices. Et puis, parfois, il se demandait comment sa mère faisait pour défendre encore la vision romantique de l'amour. Son mari l'avait peut-être aimé, mais il l'avait trahie et abandonnée pour une autre, y trouvant la mort. Il aurait pensé que cela l'aurait dégoûtée, mais non. Elle espérait le voir se caser avec un brin de fille, mais lui n'en avait pas du tout envi. Le romantisme et lui, ça faisait deux. Il lui accorda cependant un point. La seule avec qui il aurait pu l'envisager n'était qu'autre qu'Hinata, mais il se l'était interdit, même encore aujourd'hui et cela même si elle n'était plus avec Naruto. Elle était vraiment comme sa sœur, et l'idée de coucher avec sa sœur le fit frissonner, pas d'horreur, mais presque.

D'ailleurs, en repensant à la rupture de la Hyuga, Kiba n'avait pas contredit Anna. De un, parce qu'il ne voulait pas que Tsume se jeta sur cette occasion. Il ne désirait pas du tout l'entendre faire des plans sur la comète sur une mise en couple avec elle. De deux, il savait pertinemment qu'il n'avait de toute manière aucune chance car Hinata aimait toujours le blondinet. Il fallait être sourd ou aveugle pour ne pas le comprendre. Et puis, qui dit vie en couple, dit contrainte et il ne voulait pas de cela, surtout si cela voulait dire avoir son propre appartement. Il aimait son chez lui, avec le moins d'obligation possible. Il aidait bien sûr, mais il adorait ne pas se soucier des heures des repas, de la lessive, du ménage, des factures. Oui, il adorait se faire chouchouter et il l'assumait.

C'était peut-être contradictoire avec sa soif de liberté et d'indépendance, surtout dans certains domaines, mais il n'était pas à une contradiction prêt. La vie lui convenait ainsi, et tant pis si cela voulait dire essuyer quelques coups de gueule de sa mère. Et puis, il ne voulait pas laisser cette dernière seule. Anna vivait déjà en dehors de la maison, bien que son appartement n'était qu'à quelques rues d'ici, mais quand même. Tsume avait besoin de lui, car à part ses enfants, elle n'avait personne. Il ne pouvait pas l'abandonner comme l'avait fait son salaud de père. Il sera meilleur que lui, en tout. Sentant la colère le prendre à l'évocation de son géniteur, il préféra prendre congé de sa petite famille et suivi par Akamaru, regagna sa chambre. Se jetant sur son lit, il ne fut pas long à se rendormir. Quelques minutes plus tard, sa porte se mit à grincer.

C'était Anna qui était venu pour lui remettre de la pommade anti-inflammatoire. Le voyant plonger dans ses rêves, elle y renonça. Il avait l'air si mignon dans son sommeil. Elle avait l'impression de le revoir gamin quand il dormait. Seule sa barbe naissante témoignait que le temps de l'enfance était passé. Soupirant, la jeune Inuzuka referma et le laissa tranquille. Regardant une dernière fois en direction de la pièce, elle repensa à sa décision, car oui, son frère ne fut pas le seul à avoir caché des choses. Anna avait choisi de ne pas divulguer à sa mère ses doutes sur ce qu'elle soupçonnait sur la trop grande consommation d'alcool de Kiba et sur les événements de la veille. Elle préféra préserver celle qui avait sué sang et eau pour les élever. Toutefois, elle se promit d'en toucher deux mots à son cadet. Il le fallait si elle ne voulait pas le voir sombrer dans le même travers que leur père. Elle avait surmonté cette épreuve, pas sûre qu'elle se relève d'une seconde du même gabarit.

Anna regagna sa propre chambre, préférant passer la nuit auprès des siens. S'allongea à son tour, elle ignorait que dans d'autres demeures, deux autres jeunes femmes ressentaient les mêmes inquiétudes concernant Kiba. La première aux yeux noisette se demandait s'il était bien rentré chez lui, sans aucun autre incident. Elle aussi avait senti les effluves d'alcool et se demandait ce qui le poussait à se mettre dans un tel état, au point de se faire rouer de coups, mais surtout, elle était triste. Jamais elle n'aurait pensé que l'adolescent qu'elle avait croisé mainte fois ce soit transformé en un homme si imbu de lui-même, si irrespectueux envers elle.

La seconde aux yeux blancs vivait le même souci. Elle avait peur pour son meilleur ami et des conséquences d'une telle consommation. Elle ne l'avait plus reconnu et se questionnait sur ce qu'il aurait pu lui faire si Toneri n'était pas intervenu à temps et si Naruto n'avait pas fait demi-tour. L'aurait-il violenté ? Non, ce point était inenvisageable, et pourtant, une petite voix lui soufflait que c'était possible. Malgré cette crainte, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui. Qu'était-il devenu après son départ ? Allait-il bien ? Sans savoir pourquoi son esprit se mit à penser à une chevelure aux épis d'or et à des yeux azuréens. Elle regrettait de s'être montrée si froide, elle qui ne voulait pas être en mauvais terme avec lui. Elle n'avait pas arrêté d'y penser toute la journée. Pourtant, cette dernière s'était plutôt bien passée, à part le retour de certains chuchotements sur son passage.

Eloignées l'une de l'autre de plusieurs kilomètres, n'habitant ni le même quartier, ni la même demeure, ne se connaissant pas du tout, les deux jeunes femmes soupirèrent en même temps, lasses, alors qu'elles avaient plongé leur regard dans le spectacle de la nuit étoilée. Se décidant finalement à aller dormir, elles fermèrent les yeux et s'endormir sur la même pensée. Comment se passera une confrontation avec Kiba quand elles le croiseront à nouveau ? Comment réagir face à lui ?