Mot de l'auteur :
Je vous prie d'excuser ce délai dans la publication. Depuis septembre, j'ai un coup de mou et j'ai un peu de mal à me mettre à écrire. Pourtant, j'ai de l'inspiration. J'ai les idées, les événements à venir et même la fin en tête, mais je rencontre quelques difficultés à les organiser et à les mettre en place. La publication se fera donc de façon assez aléatoire.
En espérant qu'un regain d'énergie me touche, je vous souhaite une bonne lecture.
NaruHina82
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Le jour suivant, Kiba trouva le courage, ou du moins sa mère le lui en inspira suffisamment, pour qu'il se présenta à son école vétérinaire. Face à son visage marqué, il suscita diverses réactions allant de l'administration à l'indifférence la plus totale. Ses cours se passèrent normalement, à un détail près. A la sortie d'une salle, il eut l'impression d'entrevoir Tamaki au détour d'un couloir. Cela fut encore le cas plusieurs fois dans la journée. Au début, il avait pensé avoir rêvé. Puis, à force de croire la voir, il en eut marre. Après sa dernière heure de conférence, pensant l'avoir encore une fois identifiée, il se mit à la courser. Malheureusement, il avait oublié un petit quelque chose. La fin des cours ayant sonné, tous les étudiants s'affairèrent à rejoindre la sortie dans un seul mouvement, pressés qu'ils étaient d'être en week-end. Il dût alors se frayer un chemin entre eux, bousculant certains, afin de ne pas perdre de vue sa cible. Ce fut ainsi que la malchance continua à l'entraver quand il la perdit au détour d'un tournant, sa silhouette noyée dans la foule. C'était comme si elle n'avait jamais existé.
S'arrêtant, il se traita de crétin. Mais qu'est-ce qu'il lui prenait bon sang ? Lui, courir derrière une fille ! Il fallait qu'il soit vraiment tombé sur la tête ou un des coups reçus l'avait complètement détraqué. Hochant des épaules, il décida de plus s'en préoccuper. En tout cas, elle avait dû beaucoup la marquer pour halluciner autant à son sujet. Ce qui était bizarre d'ailleurs. Il n'avait même pas couché avec elle, alors pourquoi il n'arrivait pas à la sortir de sa tête. Bah, ça lui passera bien assez vite. De plus, son esprit était déjà pas mal tourmenté par une autre jeune femme. En effet, des flashs de son passage à tabac l'avaient torturé durant son sommeil. Ou alors c'étaient des petits détails de la vie quotidienne qui réveillèrent quelques bribes de sa mémoire, l'explosant en pleine face soudainement. L'élément déclencheur pouvait se présenter sous la forme de cheveux grisonnants d'une vieille dame ou dorés d'un enfant jouant dans un parc, ou encore d'un rire froid. Ce n'était rien de précis, mais le visage d'Hinata y était souvent associé. Les interrogations de Shino l'accablaient alors. Son meilleur ami avait-il dit la vérité ? S'en était-il pris à elle ?
Son malaise s'était intensifié lors de la pause de midi. En effet, Kiba avait eu l'occasion de la croiser lors du déjeuner. Avec certains de leur petit groupe d'amis, ils avaient pris l'habitude de partager de temps en temps le repas au sein d'un fast food à quelques pas de l'université. Malheureusement, alors qu'il avait été avenant et tout sourire, il avait déchanté quand il vit la Hyuga le snobait complètement. C'était à peine si elle l'avait salué, préférant regarder le sol plutôt que lui. Leur maigre échange avait été assez étrange. En fait, sa meilleure amie avait été des plus distantes avec lui, comme si elle avait désiré fuir sa compagnie. A sa façon de trembler devant lui, il l'avait soupçonnée de ressentir de la crainte à se retrouver en face de lui. Quand Juugo les avait rejoints, ses épaules s'étaient même détendues, donnant l'impression qu'elle était soulagée par l'intervention de ce dernier. Hinata avait-elle donc peur de lui ? Si oui, pourquoi ?
Quand il avait réussi à la coincer seul à seul pour exiger une réponse à cette question, elle n'avait rien dit, le regard exprimant la déception, comme si elle avait attendu quelque chose de lui. Face à son propre silence et son visage d'incompréhension, la fille de Hiashi s'était dégagée et avait écourté leur pseudo-conversation. L'Inuzuka en fut des plus étonnés. Il en avait même ressenti de la colère. Cela n'allait pas se passer comme ça. Il était décidé à se faire entendre. Ce fut ainsi qu'il se retrouva, après avoir couru derrière l'ombre de Tamaki, devant la demeure d'Hinata. Il avait bien essayé le téléphone, mais elle ne décrochait pas, ou la seule fois où elle l'avait fait, elle avait raccroché lui donnant une raison des plus farfelues à son sens. Pourtant, il s'était montré des plus joviaux, enjoués même. Malheureusement, pour lui, sa nouvelle tentative fit choux blanc. Et il repartit comme si rien n'était, la tête remplie d'interrogations. On lui avait interdit l'accès à la maison.
La seule explication qui lui venait à l'esprit était qu'elle lui en voulait pour Naruto. Celui-là allait le rendre chèvre à force de s'immiscer dans leur vie et cela même s'il ne faisait plus parti intimement de celle d'Hinata. La barbe, se disait Kiba, se plongeant dans des pensées tortueuses. Il l'était si profondément qu'il ne put voir un rideau bouger à une fenêtre. Derrière ce dernier, le visage d'Hinata y était dissimulé. Elle le regardait s'éloigner. En cet instant, elle se trouvait lâche à ne pas se confronter au maître d'Akamaru. Malheureusement, la nonchalance de son camarade l'avait blessée. Elle qui avait espéré qu'il viendrait s'excuser et lui demander pardon, ce fut tout le contraire. Son comportement avait été tout autre que celle d'un homme qui s'en voulait. Il n'avait été que sourire, comme s'il n'avait rien à se reprocher.
D'ailleurs, il n'était pas le seul qu'elle ignorait. Elle refusait aussi de répondre aux questions de Shino. Ce dernier l'avait souvent appelée, mais dès qu'il abordait le sujet de Kiba, elle fuyait. Elle se doutait que l'Aburame aurait eu vent de tout ceci et elle ne désirait pas du tout engendrer de la zizanie entre deux frères, alors elle avait choisi le silence. Heureusement, le collectionneur d'insectes respectait ce besoin et n'insista pas.
Soufflant tristement et désorientée, Hinata rejoignit Hanabi, mais sans beaucoup d'enthousiasme. Bien que la semaine se fût déroulée dans une routine déconcertante, elle se sentait accabler par un poids énorme. Son cœur était lourd, surtout quand ses pensées se tournaient vers Naruto. Elle n'arrivait pas à cesser de songer à lui. En fait, savoir qu'il la croyait capable d'avoir joué de lui lui était insupportable. Elle réalisa bien vite qu'elle avait vraiment du mal à surmonter la rupture. Pourtant, elle était de son propre chef. Néanmoins, elle ne cessait de se demander si elle avait bien fait. Etaient-ils si incompatibles que cela ? Ce fut donc l'esprit occupé ailleurs qu'elle écouta sa sœur dans son entraînement au piano.
Cette dernière le remarqua, mais préféra garder la bouche close, malgré son inquiétude envers son aînée. Elle fit le choix de laisser la musique faire son œuvre et détendre Hinata. Cela marcha si bien que celle-ci finit par s'endormir sur le canapé, montrant alors que ses nuits n'œuvraient plus à son repos. Derrière la porte entrouverte, un père espionna la même scène, se demandant ce qui se passait pour sa première fille. Cela augmenta déjà les soucis qu'il devait gérer avec les aléas et les dysfonctionnements observés dans son entreprise. Se sentant désarmé et n'aimant pas du tout se sentir ainsi, Hiashi bâtit en retraire. Il préférait mille fois rejoindre les domaines sur quoi il avait un contrôle, ses papiers et ses affaires commerciales.
Il ne fut pas le seul à partir s'occuper de ses propres affaires. Kiba marchait d'un pas décidé en ville. La visite infructueuse chez sa meilleure amie l'avait désappointé et il n'aimait pas du tout ça. Il avait vraiment besoin de se changer les idées. Alors qu'il s'apprêtait à franchir un passage piéton, une limousine blanche lui passa au rat, au point qu'il sauta en arrière pour éviter le choc. Insultant le conducteur, l'Inuzuka suivit du regard le véhicule qui se gara non loin. Un gorille qui lui sembla des plus familiers en sortit pour ouvrir la portière arrière. Une silhouette masculine fit ainsi son apparition, lui présentant son dos. Toutefois, ses longs cheveux blancs lui disaient quelque chose. Son cœur d'ailleurs en tambourina furieusement, comme si son corps se rappelait d'un danger, un danger dont cet individu était la source.
Comme scotché, Kiba ne fit pas une foulée de plus. Ses yeux n'arrivaient pas à se détacher de cet homme qui aidait une femme à la même chevelure et à la pâleur de peau lui rappelant celle d'Hinata. Alors que cette dernière rentrait au sein d'un immeuble de bureaux, un jeune de son âge fit également son apparition. A la différence de son accompagnatrice, il se tourna vers lui. A sa vue, il en eut un geste de dédain avant de le snober complètement pour franchir les portes de l'établissement. Cette attitude engendra alors des flashs dans l'esprit de l'Inuzuka à s'en donner le tournis. Punaise, pourquoi, se disait-il. Encore une fois, cet arrogant lui rappelait de sombres souvenirs à le prendre de haut ainsi. Il l'avait déjà vu, c'était presque certain, mais où ? Sa tête lui fit alors mal à cause de la torture de ses méninges.
En tout cas, si le regard du maître d'Akamaru avait eu pour pouvoir d'enflammer les costumes trois pièces de ces hommes à force de les observer, le récit d'une combustion instantanée, les immolant, aurait fait la une des journaux le lendemain. D'ailleurs, se sentant observer avec une telle pression, le premier de ces individus fit volte face pour se retrouver à le défier à son tour. Le reconnaissant visiblement, un sourire machiavélique lui barra le visage. Ses pupilles immaculées transpercèrent Kiba de part en part, tels des éclairs meurtriers. Face à ce visage, l'air manqua à l'Inuzuka qui eut du mal à reprendre son souffle, alors qu'en face de lui, l'homme leva ses doigts imitant la forme d'un revolver et simulant un coup de feu visant son cœur. Il en rigola franchement avant de suivre d'un pas altière et nonchalant la femme et son jeune compagnon. Ce rire fut le dernier morceau de puzzle pour Kiba.
Tout lui revint en mémoire, d'un coup, sans prévenir qu'il s'en arracha les cheveux. Il se revoyait cette nuit-là, à insister lourdement auprès d'Hinata pour la faire rentrer dans le club libertin, quitte à user de la force pour cela. Il réentendait ses suppliques, mais surtout ses accusations de s'être laissé guider par l'alcool. Il se rappelait de l'arrivée de Naruto et de ses accusations sans qu'il ait bougé le petit doigt pour défendre celle qu'il considérait comme une petite sœur. Il se rappelait l'intervention de ces mêmes individus à la chevelure immaculée, le plus jeune venant « secourir » la demoiselle en détresse, mais surtout du passage à tabac que lui valut son audace de les avoir défiés. Alors il s'en était en quelque sorte pris à Hinata sous l'effet de l'alcool. Non, impossible. Il n'était pas comme ça. Et quand bien même, ses intentions n'étaient pas si mauvaises.
Certains de la véracité de ses pensées, Kiba préféra retourner à ses occupations pour sortir tout ça de sa tête. Il avait autre chose à faire que de se préoccuper de toutes ces histoires. Ainsi, toujours du même pas, il entra dans un bar, le sourire aux lèvres. Arrivé au comptoir, il serra la main au barman qui lui offrit un salut franc et jovail. Visiblement, l'Inuzuka avait ses habitudes dans ce lieu au point qu'on pourrait croire entrer dans son QG personnel. La familiarité du personnel qui lui servit son premier verre le démontrait bien, surtout quand il se mit à le tutoyer et à rigoler avec tous. Cette impression en fut renforcée quand d'autres habitués vinrent lui taper la discute ou des jeunes femmes se montrèrent plus que familières avec lui. Ainsi se passa cette journée où un futur vétérinaire rentra chez lui en début de nuit, bien éméché au point de tanguer sur ses jambes et avec l'aide de sa sœur, appelée à la rescousse par le barman qui avait refusé de lui servir une énième tournée.
Alors que tout le monde se débattait avec ses propres soucis et leur inquiétude pour les autres, à l'instar d'un Akimichi aux prises avec une petite cousine au comportement de plus en plus alarmant, ou d'une Matsuri à la merci des états d'âme d'un amant possessif, les vacances de Noël arrivèrent bon gré, mal gré. Un nouveau stress envahit à la même vitesse Hinata. En plus de voir Kiba rester toujours sur la même position nonchalante, à part qu'il avait arrêté de l'harceler, se confronter de nouveau à Naruto l'angoissait. Comment devait-elle se comporter ? Comment allait-il la regarder ? Mépris ? Ignorance ? Allait-il s'excuser ou l'injurier ? Et puis, comment faire lors de leur journée de Noël entre amis ? Quoi lui offrir ?
Démoralisée et perdue, elle n'avait pas eu l'occasion de finir le présent qu'elle avait débuté pour l'occasion. Et pour le bal du nouvel an ? Comment cela allait-il se passer ? Tous les gens du grand monde seront au courant qu'elle était de nouveau célibataire. Les familles aux dents longues en profiteront surement pour se jeter sur cette nouvelle fenêtre de tir. Elle n'avait plus du tout envi de redevenir la cible de leurs assiduités. Peut-être qu'il serait judicieux pour elle d'en avertir son père afin de recevoir sa protection ? D'ailleurs, elle s'interrogeait souvent sur la raison qui l'avait poussée à ne pas parler de sa rupture à ses parents les plus proches. Peut-être qu'elle pourrait se faire porter pâle et ne pas se présenter ni à le 27, ni au bal. Toujours déprimée, elle s'apprêta à faire face à ces congés qu'elle présentait mouvementés.
Chez l'Uzumaki, deux jeunes hommes se retrouvaient. Devant leur ami, Sasuke et Juugo savouraient une étreinte pudique. Tous deux avaient réfléchi sur la manière dont ils s'étaient séparés. Ils avaient reconnu avoir donné à la situation une importance qui n'aurait pas dû avoir autant d'impact sur leur relation. Appuyés par les excuses de Naruto qui culpabilisait d'être la source de dissidence dans un couple qui méritait de rester uni, ils s'étaient pardonné mutuellement. Juugo espérait qu'avec cette chance, son amant fasse un peu attention à ses priorités maintenant. Il était d'accord pour aider leur compère, mais pas au détriment de leur couple. Ce furent donc sous le regard azur d'un blondinet jaloux d'une telle entente que les deux amoureux commencèrent leurs vacances de Noël. S'enfermant un instant dans sa suite, le fils adoptif d'Iruka réalisa qu'il aurait aimé vivre cela avec Hinata.
Malgré ses efforts et ses tentatives pour l'oublier ou pour se raisonner, il n'y arrivait pas vraiment. Bien souvent, ses pensées se dirigeaient vers elle, surtout quand il se trouvait devant la lune aussi pleine que ce soir. La nuit étoilée avait le don de lui rappeler la beauté de son ex-petite-amie. A chaque apparition de la reine des étoiles, son cœur cognait de tristesse et de mélancolie. Sa colère avait diminuée depuis qu'il avait compris sa méprise lors de sa dernière rencontre avec elle. C'était déjà ça, mais le deuil lui était impossible pour le moment. Après avoir discuté avec Sasuke, il avait pris la décision de prendre un peu de recul avec Hinata et la situation pour reprendre un peu ses esprits. Devait-il vraiment la voir que comme une amie ?
Bien que cette idée l'horripile à chaque fois, sentant sa rage se réveiller, il s'était résigné, à moins que Sakura ait une nouvelle qui chamboulerait positivement sa vision. Malheureusement, cette dernière n'avait pas été très encourageante à chaque fois qu'il l'avait eue au téléphone, promettant toujours de faire quelque chose pour lui. Désabusé, Naruto se laissa tomber sur son matelas, les bras croisés derrière la tête et se posant toujours la même question. Est-ce que cela valait le coup de s'acharner autant ? Si Hinata ne voulait plus de lui, peut-être devrait-il respecter cela ? Toutefois, avant de réussir à la revoir en tant qu'amie, il avait besoin de comprendre ce qu'il avait fait de mal et ses raisons. Elle les lui avait dites, mais il n'arrivait pas à en saisir le sens. Les yeux plongés dans la contemplation du plafond, il revint à la réalité quand on lui annonça l'arrivée d'une invitée surprise. Se levant, il alla donc à son encontre.
« - Tiens Sakura ! Tu es là ? »
En effet, devant lui, discutant un instant avec Sasuke et Juugo, l'Haruno se dressait dans le salon. Elle était magnifiquement apprêtée, bien que ce soit un peu léger pour un hiver, mais sa robe m'était en valeur sa silhouette. Beaucoup d'hommes ont dû se retourner sur son passage. Enfin, pas tous, l'Uchiwa en était immunisé et en avait même froncé les sourcils à son intrusion, se demandant pourquoi une telle tenue à la limite de la provocation pour une simple visite de courtoisie. Son visage s'assombrit encore plus quand il vit son amie d'enfance se précipiter vers Naruto, lui sautant presque au cou, dès son entrée dans la pièce. Elle l'avait fait d'une telle manière qu'il avait l'impression d'être devenu invisible pour la jeune femme. Cette sensation d'insignifiance se poursuivit quand il se rendit compte qu'elle ne le calculait plus du tout. Face à ce spectacle et à sa mine préoccupé, Juugo dût lui rappeler sa présence en lui posant sa main sur l'épaule. D'un signe, le roux l'invita à laisser son frère de cœur seul avec la rose.
Cette idée n'enchanta guère Sasuke, mais il s'y plia pour lui faire plaisir, et pour éviter une énième dispute avec lui. Naruto devait apprendre à se débrouiller sans son aide. Et puis, de toute manière, Sakura n'était plus un danger, enfin il l'espérait. Les voyant quitter la pièce, l'Uzumaki en fut un peu déçu. Pas qu'il n'aimait pas passer du temps avec sa meilleure amie, rien que tous les deux. Cependant, en cet instant, il aurait préféré qu'ils restent. Savoir que sa relation avec la rose avait causé la décision d'Hinata le chamboulait toujours un peu. Il fut bien sûr le seul à ressentir une petite pointe de déception à ce départ. L'Haruno en avait l'air satisfaite pour sa part.
« - Mais qu'est-ce qu'ils ont ? Pourquoi ils partent ? Tu crois que c'est parce que je pus ou quoi ?
- Mais non, se mit à le rassurer Sakura après avoir ri à sa boutade et reprenant son calme ainsi que son sérieux. Sinon, ça va ? Tu tiens le coup ?
- Ouais,…, enfin je fais aller. Merci de t'en préoccuper.
- Je suis ton amie, c'est normal que je m'inquiète un peu. C'est dur de te voir avec ton air abattu et de ne plus te voir sourire comme avant.
- Rassure-toi. Je vais me reprendre. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Il en faut plus pour abattre un Uzumaki. »
Face au grand sourire qu'il lui offrit, Sakura le lui rendit, heureuse de cette réponse. Puis, tous deux parlèrent des dernières semaines de cours, de leur sortie. La rose parlait de tous leurs amis, sauf, étrangement, d'une. Ce que remarqua le blond. Les nouvelles étaient-elles donc si mauvaises que cela ? Sa meilleure amie voulait-elle donc le préserver d'une information pouvant lui briser le cœur une énième fois ? Avait-elle donc appris quelque chose lors de sa discussion avec elle ? Bientôt, constatant l'heure tardive, l'Haruno voulut prendre congé sans avoir abordé le sujet qui le touchait de près et qu'il s'impatientait à savoir. Alors qu'elle s'apprêtait à partir, Sakura entendit Naruto prononcer la seule question qu'elle ne désirait pas aborder. Le ton sombre et profond employé la tendit autant qu'il lui apporta un frisson d'anxiété.
« - Attend,… Et Hinata ? Comment va-t-elle ?
- Elle,… Elle va bien, lui répondit la rose d'un ton désolé, n'osant pas le regarder en face. Etrangement, la séparation n'a pas l'air de l'avoir beaucoup affectée.
- Ah, s'attrista Naruto qui en serra les poings de savoir être le seul à en souffrir.
- Mais je me trompe peut-être, s'empressa de déclarer Sakura. Tu connais sa capacité à dissimuler ses réels ressentis et qui elle est vraiment derrière un masque pour ne pas nous inquiéter. »
Un silence suivit cette déclaration. Naruto n'était pas d'accord avec son amie. Hinata était loin de cacher qui elle était. Sa personnalité avait toujours été constante. En fait, elle s'était même ouverte avec lui, enfin, jusqu'au… jusqu'au retour de sa complicité avec la rose. A ce moment, il entraperçut une certaine réalité de leur rupture. Ne voulant pas s'y attarder encore plus, il préféra poser une question qui lui brûlait encore la langue.
« - Et… Et tu lui as parlé ? M'a-t-elle déjà effacé de sa mémoire ?
- Naruto, se peina la rose. Pourquoi cette question ? Tu prévois de la reconquérir si ma réponse est positive ?
- Je… Je ne sais pas…, hésita le blond. Je ne sais vraiment pas si j'ai envi de tenter une nouvelle fois cette aventure… Je veux juste savoir… savoir pour…
- Pour pouvoir passer à autre chose plus aisément et l'oublier. C'est vrai que ce serait plus facile pour toi dans cette perspective, finit la rose avant de souffler et se résigner à réponde. Ecoute, oui, j'ai parlé avec elle comme je te l'ai promis, mais ce ne fut pas très fructueux. Elle était très évasive, comme si elle ne savait pas vraiment ce qu'elle ressentait ou ce qu'elle voulait. J'ai eu l'impression qu'elle se persuadait de savoir ce qu'elle pensait de ses sentiments. J'ai plaidé ta cause, bien sûr, mais elle semblait ailleurs. Je ne suis pas certaine qu'elle m'ait entendue, en fait. Elle avait l'air plutôt résolu à…
- Je vois, se désola encore plus Naruto en la coupant.
Il ne voulait pas entendre la suite. Il sut alors qu'il avait mis beaucoup d'espoir dans l'intervention de sa meilleure amie. Malheureusement, en vain. Apparemment, Hinata était peut-être passée à autre chose. Il n'était plus dans son cœur. En tout cas, bien qu'elle ne fût pas très explicite, Sakura le lui fit comprendre, surtout dans son attitude. Ce qui l'avait frappé était qu'elle avait parlé d'oublier sa princesse, comme si c'était son souhait, alors qu'il en était incapable. C'était au-dessus de ses forces malgré ses efforts. Peut-être qu'en réalité, était-ce une recommandation de sa part, car elle savait que c'était peine perdue ? Les jeux étaient visiblement faits. Elle avait l'air si désolée pour lui qu'à tous les coups, elle n'avait pas abordé le sujet de la Huyga pour le préserver. La perspective de voir cette dernière au bras d'un autre le fit frissonner.
A cette réaction involontaire, Naruto se détesta. Il ne devrait pas réagir avec autant de jalousie, mais il n'arrivait pas à s'en empêcher. Pourquoi s'accrochait-il ? Il devrait faire comme son ex et passer à autre chose. Ne voulant plus y penser, il changea de sujet à la grande joie de Sakura qui en papillonna des yeux. Quand enfin, elle prit congé, elle se retourna vers lui et lui posant une main sur la joue, déclara.
« - Je vais retenter de lui parler à nouveau. Elle m'écoutera peut-être cette fois.
-Ne te fatigue pas, lui répondit Naruto d'une petite voix, repensant à l'image d'une Hinata préférant suivre un inconnu que lui. Cela n'en vaut pas la peine.
-… Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi… Je ne t'abandonnerai pas,…, jamais.
- Je sais, affirma d'une petite voix Naruto. Merci Sakura. »
Lui faisant une bise des plus chaleureuses et qui dura plus que de raison, cette dernière partit enfin. L'Uzumaki qui lui avait souri pour la rassurer, perdit dans la seconde sa risette et se retourna à sa suite, les mains dans les poches, les épaules basses, ainsi que sa tête. Les mots de Sakura lui empoisonnaient l'esprit, tournant continuellement. Se rallongeant sur son lit, il ferma les yeux et sans s'en rendre compte, s'endormit sur la pensée qu'il valait pour son confort mental reprendre un semblant de vie quotidienne normale. Toutefois, avant cela, il avait une dernière épreuve à passer et il l'appréhendait beaucoup. Se confronter à Hinata durant les fêtes... et peut-être à son nouvel petit-ami.
Les jours qui suivirent furent autant banaux que surprenants d'un certain point de vue. Naruto avait bien sûr revu tout le monde, passant des moments ensemble. La plupart du temps, Sakura était présente, et ne le quittait pas d'une semelle, à part quand elle parlait à Ino ou partait avec elle pour faire du shopping. La relation de l'Uzumaki était toujours aussi fusionnelle avec la rose et était redevenue des plus cordiaux avec les autres. Il riait, taquinait et redevenait celui que tous connaissaient. Seul Sasuke pressentait que c'était un faux semblant et que son cœur n'était pas à la fête. Il suffisait de voir comment il fusillait du regard Kiba qui lui rendait en le snobant royalement.
D'ailleurs, ce dernier restait le même, ne pensant en aucune manière à se confronter à Naruto par rapport au club libertin. Il ne fallait pas compter sur lui pour faire le premier pas. Jamais il ne s'abaisserait à cela. A la rigueur, la seule à qui il devait faire amende honorable était Hinata. Malheureusement, elle brillait par son absence. Même Neji était rarement au sein du groupe. Quand on lui posait la question sur sa cousine, il restait évasif et ordonnait presque à Tenten de ne rien dire. Face à cette omission, l'humeur de l'Uzumaki se dispersait dans tous les sens. Il passait du soulagement à la déception, du contentement à la colère. D'un côté, il voulait mettre un point final à toute cette histoire et sa disparition l'en empêchait. De l'autre, la voir lui annoncer sortir avec un autre ne l'enchantait guère. D'ailleurs, peut-être était-elle absente, car elle préférait passer du temps avec cet homme aux cheveux blancs ? Pour ne plus y penser, il se lançait à corps perdu dans les divertissements proposés et son amitié avec Sakura.
Ce que personne ne savait, c'était qu'Hinata était en réalité là, non loin d'eux, à quelques mètre en fait, mais se cachait derrière un arbre. A chaque fois que les amis se donnaient rendez-vous, elle se convainquait de sortir de son exil. Malheureusement, dès qu'elle voyait Naruto, mais surtout son comportement avec Sakura, le courage lui manquait. L'entendre rire, l'observer attentionné avec la rose tout en gardant son côté enfantin, en gros, revoir celui qu'elle avait bien souvent espionné durant son enfance et dont elle était tombée amoureuse lui plantait un couteau dans le cœur. La douleur des mauvais souvenirs et de la perte de ce Naruto l'envahissait. Jamais il avait été ainsi avec elle durant leur relation du moment où l'Haruno était revenue vers lui. De plus, la présence d'un Kiba égal à lui-même ne l'aidait pas non plus à se dévoiler. Elle partait bien souvent sans avoir salué un seul d'entre eux. De toute manière, sa présence n'avait pas l'air de trop les attrister.
Bien sûr, Hinata se trompait. Au fil de cette première semaine de vacances, l'état d'esprit du blond changeait. Ne plus la voir le déprimait de plus en plus. Il aurait tant voulu avoir la possibilité de poser son regard sur elle, même si c'était pour qu'elle ne le considère plus du tout, quitte à ce qu'elle se pavane au bras de Kiba ou de Shino. Elle lui manquait au point que sa colère et son ressentiment s'évanouissaient au fil des jours. Sasuke avait sans doute raison. Peut-être était-il temps de faire table rase du passé et de retrouver une amitié avec elle ? Il était là de ses réflexions qu'il se retrouvait au sein du supermarché de Konoha. Et oui, en cette journée, il était de corvée de course et cette passionnante activité laissait beaucoup de place à ses réflexions pour voyager. Il était à se demander où trouver les derniers produits commandés par Iruka qu'il tomba nez à nez avec le fruit de ses pensées. Devant lui, de dos, Hinata se dressait. Malheureusement, elle n'était pas seule.
Reconnaissant son interlocuteur comme étant l'inconnu de la limousine, Naruto en froissa la liste des commissions. En effet, quelques instants plus tôt, la Hyuga était rentrée dans le magasin, désireuse d'acheter les ingrédients nécessaire pour la confection de chocolats de Noël. Au hasard d'un rayon, elle s'était cognée à un torse. En s'inclinant, elle s'était alors excusée.
«- Il n'y a pas de mal, mademoiselle Hyuga. Je suis même ravi de vous revoir.»
Se redressant, les yeux écarquillés par l'étonnement que cet homme la nomma par son nom, Hinata avait donc fait face à ce jeune homme qui l'avait sauvée devant le club libertin.
« - Monsieur Otsutsuki, l'avait-elle salué.
- Je vous en prie, appelez-moi Toneri.
- Je… Je ne sais pas si ce serait très convenable.
- Vous avez sans doute raison. Il est certain que notre connaissance restreinte de l'autre ne nous permette pas autant de familiarité. J'en conviens donc… J'aimerai cependant y remédier.
-…
- Avec votre permission, bien entendu… Nos entreprises familiales respectives vont sans doute dans un proche avenir être amenées à travailler ensemble. Personnellement, je crois plus en une productivité liée par une alliance basée sur une forte entente, voir même une amitié inébranlable. Nous pourrions en tant qu'héritier œuvrer dans ce sens pour le bien de tous. Ne pensez-vous pas ?
- Et bien,…, sans doute… Cependant, je…
- Mademoiselle Hyuga, la coupa Toneri. Je vais être honnête avec vous. Bien que le bien de Otsutsuki corps me tient particulièrement à cœur, désireux que je suis de préserver les emplois de mes salariés, je désire vraiment faire plus ample connaissance avec vous, en apprendre plus sur vous.
-…
- En toute amitié, cela va sans dire. »
Cette demande avait laissé perplexe Hinata. Il existait tant de chaleur et d'espoir dans la voix qui lui parvenait. Elle était convaincue de sa sincérité. Elle l'était tellement qu'elle avait l'impression que pour la première fois, elle était la seule à se trouver dans les prunelles qui la fixaient. Les pensées de cet homme n'étaient pas divisées en deux, mais bien concentrées que sur elle et uniquement elle. Elle en avait été tellement bouleversée, surtout après toutes ces semaines de stress et d'anxiété, que ses doigts avaient laissé glisser son panier. La chute de ses marchandises la tira de ses pensées et ce fut donc honteuse qu'elle les avait regardées s'étaler sur le sol.
Se précipitant pour les ramasser, elle avait senti soudainement une douleur au niveau de son front, la faisant gémir. Reculant d'un pas et posant une main sur une bosse naissante, ses yeux étaient tombés sur Toneri. Ce dernier avait eu la même posture que lui, la même expression douloureuse sur le visage. Tous deux s'étaient tout simplement cognés la tête, voulant réparer le désastre d'un même mouvement. Cela les avait alors fait rire. C'était ainsi, échangeant un bref moment de complicité que Naruto les avait retrouvés, la jalousie brûlant au fond de ses entrailles.
Le sourire sincère qu'elle offrait à ce type était un fer rouge sur son cœur. Depuis quand l'Uzumaki ne l'avait-il plus vue ainsi, avec un visage presque rayonnant, même quand il était encore ensemble ? Une éternité, s'avoua-t-il. Savoir que c'était pour un autre réveilla sa frustration. Qui était ce type pour Hinata ? Il n'en pouvait plus de se poser cette question. Toutefois, bien qu'il en meure d'envie, il se refusait d'interférer dans leur échange. Il avait déjà fait cette erreur. Et comment en avait-il été récompensé ? La Hyuga avait repoussé sa main tendue et avait préféré celle d'un inconnu. S'éloigner serait donc le plus judicieux, mais ses jambes refusaient de bouger. Un poids le clouait littéralement au sol. Ainsi, il observa son ex refuser avec timidité et humblement à Toneri de l'aider à terminer ses courses en portant son panier. Naruto n'entendait rien depuis sa cachette bien sûr, mais les gestes de son ex étaient des plus explicites et n'avaient pas besoin de parole pour être compris. Ce fut donc sur un baisemain après espionné par un ancien amant qui s'en mordit la lèvre, que l'Otsutsuki prit congé.
« - Si c'est votre souhait. Je vous dis donc au revoir. Je me fais déjà une joie de vous revoir au bal donné pour l'occasion du nouvel an par la famille Nara.
- Vous êtes donc invité ? S'étonna Hinata.
- Effectivement. Leur héritier fait parti de vos plus proches amis, me semble-t-il ?
- En effet… Mais comment… ?
- Une information donnée par ma tante. Elle l'aurait apprise lors d'un repas d'affaire avec monsieur Nara. Je m'excuse si cela était indiscret, mais j'avoue que depuis notre rencontre particulière, tout ce que je peux apprendre sur vous me fascine…. La jeune femme que vous êtes m'intrigue, me fascine même,…, mademoiselle Hyuga, murmura Toneri, d'un ton séducteur mélangeant confiance en lui et douceur.
- Je… Je, fus plus que gênée l'aînée de Hiashi. Je…
- D'ailleurs, je profite de l'occasion pour vous adresser une prière… J'espère que vous me feriez l'honneur de m'accorder la toute première danse.
-Je… je ne voudrais pas me montrer impolie, mais je ne suis pas certaine de pouvoir m'y rendre… Des obligations familiales, vous comprenez.
- Oh, quel dommage, soupira Toneri. Enfin, votre venue sera donc une merveilleuse surprise pour moi.
-…
- Je vais vous laisser à vos emplettes. Au revoir… Hinata. »
Sur cette dernière salutation, Toneri prit enfin congé, laissant la jeune femme rouge de gêne. Le prénom dans sa bouche fut prononcé avec autant de sensualité que de mystère qu'elle en frissonna. Beaucoup de femmes en auraient été toute retournées, mais pas Hinata. Elle ne saurait dire pourquoi ou comment, mais une impression sourde la titillait, comme une mise en garde. Oh, c'était un jeune homme qui semblait gentil, bien sous tous les rapports, gentleman. Toutefois, n'était-ce pas trop beau pour être vrai ? Enfin, ce n'était pas le moment de réfléchir à ça. Reprenant un peu ses esprits, elle retourna à ses achats. Se faisant, elle passa sans en prendre conscience juste à côté du pilier où se trouvait, toujours caché derrière, Naruto.
Ce dernier fulminait de rage qu'il en tremblait. Toutefois, il faisait son possible pour garder son calme. La revoir avait chamboulé son cœur et la joie avait cogné à sa porte pour se faire balayer en un instant en constatant avec qui elle parlait. Quand elle passa devant lui, il ne put se retenir. Il fallait qu'il sache pourquoi elle ne voulait plus se joindre à eux, ne pensant qu'à s'isoler.
« - Bonjour Hinata. »
A son prénom mais surtout à cette voix, cette dernière se figea avant de se retourner. Elle tomba alors sur un Uzumaki tendu à l'extrême, mais surtout qui cachait l'azur de ses yeux dans l'ombre de son visage autant baissé qu'enragé. Elle n'était pas prête à se confronter à lui au stresse qu'elle ressentait. Pourtant, le destin n'était pas du même avis.
« - Bon… bonjour Naruto, répondit-elle malgré une certaine crainte.
- Cela fait un moment. Comment vas-tu, demanda-t-il.
Il se redressa, enfichant devant elle un léger sourire, bien que crispé. Cette attitude sembla un peu rassuré Hinata qui resta tout de même très tendue. Son ex paraissait vouloir reprendre une certaine communication, en tout cas un peu plus amicale que lors de leur dernière rencontre. Avait-il donc réfléchi et revu son comportement ? Allait-il s'excuser ?
- Je vais bien, merci. »
Un silence suivit cette brève réponse qui fit tiquer le jeune homme. L'hypothèse d'une éventuelle maladie, la clouant au lit, était donc à exclure des raisons de son absence. Des obligations familiales, peut-être.
-Vu qu'on n'a pas eu la joie de te voir ces derniers temps, tu devais être beaucoup occupée. La préparation de Noël dans ta famille sans doute. Cela doit représenter un énorme travail vu la populace à nourrir, tenta Naruto.
- Ca va. Pas plus que les années précédentes, en fait. »
Ces propos qui se voulaient cordiaux ne furent qu'une nouvelle source de fureur et de déception pour Naruto. Lui qui avait fini par espérer la revoir et à envisager une relation plus posée vivait une désillusion blessante. Elle n'avait visiblement pas désiré avoir affaire avec lui. C'était la seule hypothèse qui lui venait à l'esprit. Elle n'avait aucuns griefs contre les autres, à part peut-être Kiba ou Neji, mais jamais elle n'aurait snobé sa meilleure amie Tenten, sauf pour de graves raisons. Il existait aussi une autre supposition qu'il ne voulait pas reconnaître, mais elle le tarabustait de plus en plus.
« - Si tu as fini avec tes courses, on pourrait aller parler autour d'une boisson chaude. Qu'en penses-tu ?
- Je ne crois pas que… enfin, je n'ai pas tout à fait terminé…
- Je vais t'aider alors. Cela ira plus vite, affirma Naruto rempli de bonne volonté, bien qu'il ait bien compris que son invitation ne l'enchantait guère de l'avoir près d'elle.
- Ce n'est pas la peine, essaya de refuser Hinata. Je ne voudrais pas te retarder.
- Mais non, j'ai tout mon temps, s'imposa-t-il en lui arrachant presque son panier des mains. Aller viens. »
Encore une fois, elle n'eut aucun mot à dire. Encore une fois, il ne prit pas en compte son avis. Elle se sentit obliger, presque forcer à faire ses quatre volontés. Devrait-elle se faire entendre ? Sans doute. Malheureusement, ne voulant déclencher ni un conflit, ni un scandale en plein du supermarché au vu de tous, Hinata se contenta alors de soupirer en le suivant. En effet, Naruto était déjà parti avec ses victuailles à la main, sans même savoir quoi chercher. Cette attitude l'aurait bien fait rire avant, ce côté enfantin l'ayant séduit pendant des années à cause de cette naïveté bienveillante. Cependant, à cette minute, ce n'était qu'un poids sur ses épaules, car elle ressentait plus que de l'animosité derrière ses intentions. Elle en avait même soupiré quand il s'était trouvé bête à lui demander ce qu'elle désirait acheter d'autres.
Quel contraste avec ce Toneri. Ce dernier lui avait proposé le même service, mais lui au moins, il avait accepté son refus. Autrefois, Naruto aussi n'aurait pas agi ainsi, à s'imposer. Il avait si changé. Il n'y avait pas à dire, elle ne le reconnaissait plus depuis qu'il avait été en prépa. Bien entendu, Hinata rendit la pareille à Naruto en l'accompagnant à compléter sa liste, mais l'enthousiasme n'y était pas. Elle le suivait sans un mot, l'écoutant à essayer de faire la conversation. Ce furent les courses les plus longues de sa vie. Quand enfin, tous deux en finirent avec la caissière, ils se dirigèrent vers la sortie. L'Uzumaki insistait toujours pour passer un moment avec elle.
« - Naruto, j'ai dis non, » s'obstina-t-elle à refuser.
Face à ce énième refus, le fils adoptif d'Iruka se stoppa net, les yeux rivés au sol. Cette attitude intrigua Hinata, mais surtout une alarme de danger s'éveilla en elle. L'aura autour de son ex pesait lourd sur elle au fil des secondes, la faisant craindre le pire. Quand il reprit la parole, son ton était glacial, bien qu'il aurait voulu qu'il soit amical. Visiblement, il n'était plus temps de jouer la comédie.
« - Toi qui disais vouloir garder un lien d'amitié avec moi, tu t'es bien foutu de ma gueule.
- C'est faux !
- Alors pourquoi refuses-tu de partager un verre avec moi ?
- Parce que j'ai vraiment des choses de prévu, se défendit la Hyuga.
- Comme rejoindre le bellâtre de tout à l'heure… Tu m'as vite oubliée à ce que je vois. Tu l'as rencontrée alors qu'on sortait encore ensemble ou lors d'une soirée lubrique au club libertin ? C'est peut-être un ami de débauche de Kiba ?
- Par… pardon ?
- Pourquoi fais-tu l'étonner ? Le type avec qui tu parlais, c'est bien celui qui était devant le club…
- Tu… tu m'as espionnée.
- Ce n'était pas mon intention, mais je suis tombé sur vous tout à l'heure, alors oui, je vous ais vu ensemble, bien que je n'ai rien entendu.
- Je…
- Alors c'est ton nouveau copain ? Si tu l'as suivi aussi facilement l'autre soir, c'est qu'il doit l'être non ? Sinon pourquoi la timide que tu es aurait fait ce choix, toi qui se cachais derrière les jambes de ton protecteur de cousin face à des inconnus ? Et puis, cela expliquerait ton absence ces derniers jours, à ne pas te joindre au groupe, et à me repousser. En fait, tu passais ton temps avec lui... Tu as vraiment des goûts de luxe maintenant, vu sa babiole et son beau costume. C'est vrai qu'à côté de sa fortune, je ne pèse pas lourd. Ce sont les anciens qui doivent contents de ton nouveau soupirant... Enfin, ils ignorent peut-être au sein de quoi tu l'as rencontrée. Pas sûr que cela leur plaise. »
Hinata n'en revenait pas de ce qu'elle entendait et en fut horrifiée. Naruto se montrait cruel avec elle, et cela juste parce qu'elle avait refusé sa main tendue et surement à cause de la rupture. Souffrait-il donc tant que ça pour qu'il rejeta tout son mal être sur elle ? Pourtant, il avait l'air si épanoui quand elle l'avait espionné durant les derniers jours, à moins que sa propre tristesse l'ait rendue aveugle, abrutissant la clairvoyance qu'elle avait eue autrefois le concernant. Cependant trop meurtrie par les attaques, l'esprit de la jeune femme était incapable d'y voir plus clair. Ce fut donc avec un semblant de rage dans le cœur, qu'elle serra son sac de course à s'en faire mal pour ensuite partir sans rajouter un seul mot. De toute façon à quoi bon s'éterniser. Il ne l'écouterait pas.
Face à ce virement de situation, à cette fuite, l'Uzumaki ne décolérait pas, bien au contraire. Il n'avait pas eu la réponse à sa question et il était déterminé à en avoir une. La rattrapant en quelques foulées, il lui saisit le bras et l'obligea à lui faire face.
« - On n'a pas fini ! Tu me dois… »
Le reste de sa phrase lui resta au fond de la gorge quand il vit un flot discontinu de larmes inonder les joues d'Hinata. Cette vision eut le don de calmer son humeur mortifiante. Les émois de son cœur se réveillèrent d'un coup face à autant de désolation, dont il était la cause principale. Réalisant de quoi il l'accusait sans aucune preuve, la culpabilité remplaça sa rage. Sa prise sur le bras de la Hyuga faiblit alors, permettant à cette dernière de se dégager. A cette possibilité de fuir offerte, elle n'en fit pourtant rien et le toisa d'un regard aussi froid que celui de son père, mais également aussi triste qu'un ciel de pluie.
« - Je ne te dois rien du tout, Naruto, déclara-t-elle. Nous ne sommes plus ensemble et quand bien même, je n'ai pas ni à obéir à tes ordres, ni à te rendre des comptes… surtout si c'est pour me faire insulter ou humilier de la sorte… J'ai assez subi et souffert à faire uniquement que tes quatre volontés. J'ai aussi le droit de vivre ma vie comme je l'entends.»
Ayant fini son monologue, Hinata fixa son ex qui resta sans voix. Jamais il n'aurait pensé la voir ainsi, à lui remonter les bretelles. Et puis, il n'avait pas eu l'impression d'avoir imposé autant ses prérogatives. Bon, il avait été plus d'une fois insistant, mais jamais il n'avait été à l'encontre de la volonté propre à la jeune femme… Enfin, le croyait-il. En tout cas, elle, elle le croyait incapable de prendre en compte son point de vue. Pour l'heure, ce fut impuissant qu'il vit la Hyuga prendre ses jambes à son cou, s'abandonnant à ses larmes. Naruto était cloué au sol, aux prises avec un sentiment profond d'avoir été trop loin. Que faire ? Il se posait là qu'une voix l'en sortit.
« - Je peux savoir ce qui s'est passé avec Kiba, Hinata, ce type et toi au juste ? »
Sursautant à cause de la surprise, le blond posa une main sur son cœur comme pour l'apaiser de la peur que l'arrivée d'un jeune homme aux lunettes sombres et au marteau au col haut lui fît.
« - Shino ?! Ca ne va pas de surgir comme ça sans prévenir. Tu veux que j'aie eu une attaque cardiaque.
- Ce ne sera pas une grande perte vu ce que j'ai espionné.
- Hey, s'offusqua Naruto.
- Tu n'as pas répondu à ma question.
- Cela ne te regarde pas.
- Peut-être, mais quand cela fait souffrir ma petite sœur, alors oui, cela me regarde. Tu ferais la même chose si cela concernait Sakura, admet-le.
-…
- Alors ? J'attends tes explications.»
Le sérieux de son camarade les plongea dans un lourd silence que l'Uzumaki rompit d'un soupir. Résigné et espérant trouver des réponses auprès de Shino, il lui proposa d'aller boire un verre après avoir déposé ses courses dans le coffre de sa voiture. Ce fut donc appuyé au comptoir d'un bar que les deux amis se retrouvèrent entrain de siroter une bière pour l'un, une boisson chaude pour l'autre. A l'opposé de son meilleur ami, Shino n'était pas très féru d'alcool et réservait la consommation qu'au moment de fêtes ou lors de ses sorties nocturnes en fonction de la dame à courtiser. Par bonheur, la majorité de ses conquêtes étaient séduites et appréciaient ce côté sobre de sa personnalité. Enfin, pour le moment, il était entrain d'écouter son camarade de promotion narré l'altercation qu'il a vécue avec Kiba et accessoirement Hinata ainsi qu'avec cet homme qu'il ne connaissait pas.
A la fin du récit, l'Aburame fit peser un lourd silence entre eux. Le stress envahissait à chaque seconde le blond, attendant son verdict. Il tentait par tous les moyens de lire dans l'expression de son interlocuteur, mais en vain. Shino restait impénétrable, comme à son accoutumée. Rien ne transpirait d'à travers lui. Absolument rien. Soudain, Naruto sursauta quand d'un mouvement sec et ferme, son ami se leva pour se diriger vers la sortie afin d'en franchir la porte. Ce comportement ne fut qu'étonnement pour l'Uzumaki. De peur de le perdre et désireux de connaître les raisons d'une telle réaction, ce dernier jeta un billet sur le bar pour payer et lui emboîta le pas. Dehors, Shino était immobile, comme s'il l'attendait. Son aura rendit muet le blond qui n'osa briser ses réflexions. Quand enfin, il se mit à parler, ce fut par énigme.
« - Des hommes et une femme aux cheveux gris pratiquement blancs,…, des yeux ressemblant à ceux des Hyuga pensant qu'ils y seraient apparentés… Garde du corps, voiture et vêtements de luxe… Ils me font penser aux Otsutsuki.
- Qui ?
- Les Otsutsuki, répondit-il en gardant ses yeux rivés droit devant lui. Une famille d'industriel ayant fait fortune dans le diamant et autres pierres précieuses. Ils ont aussi plusieurs grands palaces dans leur patrimoine. Ils essaient de se diversifier en rentrant dans le capital des grandes familles et en s'y associant. Leur héritier est de notre génération et se montre des plus brillants. Effectivement, ce serait un bon parti pour les Hyuga… En tout cas, il est plus prévenant que toi à ce que j'ai pu observer. »
Cette remarque fit grincer des dents Naruto qui en serra les poings. Maintenant, il regrettait d'avoir parlé à Shino. Lui qui avait pensé que la neutralité et le pragmatisme de son camarade l'aideraient à y voir plus clair, il s'était trompé. Rongeant son frein, il fit de nouveau face au silence de son camarade. Au bout de quelques secondes, ce denier refit volte face et le fusilla du regard en fronçant des sourcils. Une colère contenue se lisait au travers des verres fumés de ses lunettes. Cette expression était si rare chez lui qu'un frisson traversa le corps de l'Uzumaki.
« - Je dois partir. Nous terminerons cette conversation plus tard.
- Mais…
- Ecoute, le coupa l'Aburame. J'ai une affaire à régler qui ne peut attendre… Je passerai chez toi ce soir car je n'en ai pas fini avec toi. Ne crois pas que tu pourras t'en tirer comme ça, par une pirouette. »
Ne laissant pas le temps à l'Uzumaki de répliquer, Shino partit vers une destination inconnue de notre héro. Ce dernier resta donc seul sur le trottoir, ne comprenant pas du tout pourquoi il aurait des comptes à régler avec lui. Soupirant un bon coup, il prit la direction de sa voiture et ensuite de son domicile. Pendant ce temps, l'Aburame se retrouvait à toquer devant un immense domaine. Après beaucoup d'insistances, il réussit à se faire introduire vers la personne qui voulait absolument voir. Il la vit assisse sur un sofa de son boutoir favori, les yeux encore gonflés par les larmes qui avaient récemment coulées. S'asseyant à ses côtés, il essuya les dernières traces avant de la laisser appuyer sa tête contre son épaule. Les mots ne furent pas nécessaires entre eux. Un silence réconfortant suivit pendant quelques minutes avant d'être rompu.
« - Par moment, je me dis que j'ai fait du mal dans une ancienne vie pour être ainsi traitée par les gens que j'aime.
- Je ne crois pas à ce genre de choses.
- Je sais...
- Hinata, tu es une personne généreuse et gentille, peut-être un peu trop. Ta naïveté est ton plus grand défaut, mais non, je ne crois pas que tu ais fait quelque chose de mal que ce soit dans une vie précédente ou dans celle-ci.
- Merci.
Un autre temps silencieux se dressa à nouveau. Au fil des secondes, Shino se sentit de plus en plus nerveux. Il ne savait plus si c'était une bonne idée. Il risquait de briser cette bulle de quiétude qu'avait envahie Hinata. Cependant, il devait le faire. Prenant son courage à deux mains, et d'une voix aussi neutre que possible, il se lança.
« - Je t'ai vu avec Naruto tout à l'heure et j'ai discuté avec lui suite à votre altercation.
- Ah ! Appréhenda-t-elle. Désolée que tu ais pu assister à ça.
- Pas grave… Il m'a raconté ce qui s'est passé avec Kiba avant les vacances, mais j'aimerai avoir ta version.
- Je… je ne préfère pas, Shino…
- Pourquoi ?
- Ils restent tous deux tes amis,…, surtout Kiba. Je ne veux pas que vous vous fâchiez à cause d'une histoire sans importance.
- Elle n'est pas sans importance si elle te fait souffrir et si elle t'empêche de vivre ta vie… Tu nous a tous évités. Pas seulement Kiba et Naruto, mais nous tous… Même Tenten ne comprend pas ce qui se passe.
Hinata resta la tête appuyée contre l'épaule de son camarade, n'osant pas le regarder tellement elle se sentait coupable. Pourtant, ces paroles étaient remplies de bon sens, mais elle avait du mal à l'admettre. De plus, il sous-entendait que la petite-amie de Neji s'inquiétait. Pourtant, elle n'était pas venue aux nouvelles ou très peu, comme si une barrière s'était érigée entre elles. Son mutisme fut plus qu'éloquent pour l'Aburame.
- Alors il t'a vraiment fait du mal, comprit-il en retirant ses lunettes de soleil.
-…
- Hinata, l'appela-t-il en l'obligeant à plonger ses prunelles dans les siennes. Tu es aussi mon amie. Je dirais même la plus précieuse, bien plus précieuse que Kiba ou Naruto.
- Shino, ne me dis pas que tu…, hésita la Hyuga.
- Non, rassure-toi. Mon cœur est encore à prendre, et il le sera pendant longtemps, dur comme il est. Je veux juste t'aider… Et si cela veut dire que je dois rentrer dans le lard de mon meilleur ami pour qu'il reprenne un tant soit peu de raison, alors je le ferai. Personne n'a le droit de faire du mal à autrui pour son propre profit. Etre lié par l'amitié implique aussi de remettre ses amis sur le droit chemin, quitte à se disputer avec. L'important est de faire les choses justes. »
Voyant toute sa sincérité et son désir d'apporter tout son soutien dans ses noires pupilles, Hinata craqua. Une envie de se confier à quelqu'un fut ainsi la plus forte. D'une voix chevrotante, elle lui raconta tous les événements de cette désastreuse soirée, l'implication de Kiba, Naruto et Toneri. Elle n'omit aucuns détails. Shino n'ouvrit aucune fois la bouche, se refusant de l'interrompre dans un récit qui lui était encore douloureux. En lui dansaient plusieurs émotions, compassion, colère, consternation. Il se surprit quand même à avoir pitié de Naruto, car entre ce qu'il avait observé et ce récit, il entrevoyait tous les symptômes d'un cœur meurtri et totalement perdu. Il était presque certain qu'il n'avait pas compris les raisons d'Hinata à le quitter. Il n'était même pas sûr qu'il s'y fût vraiment penché. Après, c'était compréhensible de sa part. Etant plus facile de s'y plonger, la souffrance empêchait bien souvent de réaliser une rétrospection.
Au travers du récit de la Hyuga, il avait l'impression que le pupille d'Iruka avait entrepris des efforts durant leur dernière confrontation, mais cette histoire avec Kiba, l'arrivée de Toneri et de la jalousie avaient compliqué les choses. La méfiance avait maintenant sa place. En tout cas, lui qui avait douté des sentiments du blond pour sa « sœur » à cause de Sakura, Shino commençait à entrevoir la vérité pure et dure les concernant. Toutefois, ce n'était pas à lui de dire à Naruto ses erreurs. Il fallait qu'il les découvre lui-même. Il espérait juste qu'il puisse s'en rendre compte et qu'il fasse ses preuves, car oui, un léger soupçon était encore présent. Pour l'heure, il était surtout en colère, une colère qu'il contenait devant Hinata, mais qui ne demandait que peu de choses pour exploser. Après quelques mots de réconfort, l'Aburame se décida à la quitter. Au moment où il franchit la lourde porte de l'entrée, il prononça une dernière parole.
«- Hinata, Kiba est en tord total. Quand à Naruto, tout comme toi, il est une victime des circonstances… bien que je suis d'accord, il doit faire un travail sur lui et s'excuser. Laisse-lui du temps pour se faire à votre séparation et à la comprendre, alors peut-être que l'amitié entre vous reviendra. Pour le moment, il doit faire son deuil.
-…
- La situation est peut-être dure, mais rien n'est figé. Tout peut encore arriver et en bien. Si je peux te donner un conseil. Ne te laisse pas miner par tous ces événements. Va de l'avant et tout rentrera dans l'ordre.
-Merci Shino. »
Se saluant une dernière fois, les deux meilleurs amis se séparèrent et vaquèrent à leurs occupations. Hinata, aux préparatifs de Noël, le cœur un peu plus léger. Shino, le visage fermé et exprimant enfin toute sa rage au grand jour, à un projet de justice. Arrivé devant sa maison, ce dernier se gara au sein de son garage. Toutefois, au lieu de rentrer directement chez lui, il fit un détour. Il délaissa ainsi l'allée allant jusqu'à sa demeure pour se diriger vers une bâtisse non loin de la sienne. Y sonnant, il attendit qu'on vienne lui ouvrir. A l'intérieur, après avoir entendu la sonnette de l'entrée, un jeune homme au tatouage rouge en forme de crocs sur les joues entreprit de voir qui venait leur rendre visite.
Au moment même où il ouvrit la porte, il fut projeté avec violence et souffrance en arrière. La force du coup fut si forte qu'il en tomba sur les fesses, se tenant son douloureux menton. Levant les yeux vers son agresseur, il les écarquilla tellement sa surprise était grande. Jamais il n'aurait imaginé que ce fut lui, et pourtant… Son étonnement était tel qu'il resta sans voix. Par contre, sa chute fit tant de bruit que deux femmes se précipitèrent dans le hall d'entrée pour en connaître la source. Elles s'étaient tellement pressées que l'une d'entre elles avait gardé à sa main la cuillère à soupe qu'elle manipulait encore l'instant plus tôt.
« - Kiba, que se passe-t-il ? S'exclama Tsume avant de le voir à terre et de menacer le nouvel arrivant de son ustensile. Et vous, qui êtes-vous et comment osez-vous vous attaquer à mon fils ? »
En effet, le visage de l'attaquant était caché par l'ombre de la porte. Faisant un pas en avant, il se découvrit et tout comme pour le maître d'Akamaru, la mère de famille et sa fille en eurent le souffle coupé. Ce fut Anna qui rompit la tension.
« - Shino ? Mais… Tu nous expliques.
-Pourquoi vous ne demandez pas à Kiba ? Je suis certain qu'il se doute de mes raisons… N'est-ce pas mon vieil ami ? Raconte donc à ta mère, pourquoi Hinata se sent trahie, et humiliée, presque salie par son meilleur ami, un frère à ses yeux.»
A cette provocation, le concerné détourna la tête, serrant les dents. En effet, il avait une petite idée de ce qu'il lui avait valu le coup de poing de l'Aburame. Apparemment, quelqu'un avait cafté, mais qui ? Hinata ? Non, impossible. Naruto ? Plausible vu sa rancune. Le responsable de son passage à tabac ? Plus que probable. Si sa mère apprenait ce qu'il avait osé faire, il ne donnait pas cher de sa peau. Sa tête carburait à cent à l'heure pour trouver une échappatoire, mais elle était vide. Aucunes excuses n'auraient pu expliquer la violence de Shino aux yeux de sa génitrice. En tout cas, il sentait très bien le poids du regard de Tsume et d'Anna sur lui. Ce qui ne l'aidait pas du tout.
« - Qu'est-ce qu'il veut dire, Kiba, le sortie la voix de sa mère. Qu'as-tu encore fait ?
- Rien… rien de grave en tout cas. C'était juste une invitation
- Rien de grave… Juste une invitation, se mit en colère Shino. Tu te fous de moi ! Tu pensais faire quoi au juste si tu avais réussi à l'introduire à l'intérieur ? L'a forcée pour assouvir ta libido ?
- Mais je ne l'aurai pas touchée, voyons.
- Ah ouais ?! Tu aurais vraiment réussi à rester stoïque face aux scènes de sexe se déroulant devant toi avec une belle femme à tes côtés ? Tu es vraiment sûr de toi, là ?...
- Mais, Hinata est comme une sœur pour moi ! Jamais je ne l'aurai forcé à…
- Arrête, Kiba ! Tu deviens pathétique, là ! Tu m'as avoué avoir été complètement bourré ce soir là. C'est bien toi qui te plaignait d'une gueule de bois le lendemain, je ne me trompe pas. Qu'Hinata soit comme une sœur pour toi n'aurait rien changé du tout.
- Ouais, et alors ? J'étais lucide. Je suis celui qui tient le mieux l'alcool que vous tous. J'aurai su me tenir, défia l'Inuzuka en se relevant.
- Elle m'a tout dit Kiba… Comment tu l'as forcée à te suivre… Comment tu as usé de violence… Alors ne me prend pas pour un idiot ! Désinhibé comme tu l'étais, tu n'étais plus mettre de ta raison. Jamais tu n'aurais pu te retenir, lucide ou pas… Arrête de te croire plus fort que la boisson. Tu risques de perdre tout.
-…
- Et quand bien même, comment à ton avis, elle aurait réagi en constatant que tu l'as trainée contre son gré dans un club libertin, en pleine séance d'échangisme et de voyeurisme ?
- Quoi ?! Se mit presque à crier Tsume alors qu'Anna avait une main devant sa bouche grande ouverte par la stupéfaction. Qu'est-ce que tu as osé faire à cette jeune fille ? Ne me dis pas que c'est là-bas que tu étais quand tu t'ais fait tabasser ? Tu m'as mentie !
- Oh ça va ! Arrêtez un peu d'en faire tout un fromage ! Je veux bien reconnaître que j'y suis allé un peu fort, mais il ne s'est rien passé du tout… Et puis, peut-être que cela aurait réveillé sa curiosité et que cela lui aurait plus. »
A peine cette phrase prononcée, qu'une nouvelle douleur fit son apparition au niveau de la joue de Kiba. Se la tenant, ce dernier vit sa mère la main encore levée. Elle venait de le gifler avec une telle force que son appendice commençait déjà à rougir à cause du choc. Les yeux maternels se remplissaient de larmes. Malheureusement, bien que serrant ses dents, cela n'émeut pas son fils qui détourna le visage, les pupilles exprimant sa colère d'une telle correction. Devant lui, Tsume le toisa de toute sa hauteur et de toute son autorité.
« - Laisse-nous Shino, ordonna-t-elle. Nous allons régler cette affaire en famille. »
Ne désirant pas épiloguer avec une femme en colère, l'Aburame ne demanda pas son reste et rentra donc chez lui sans un mot pour son meilleur ami. De plus il avait une autre personne à voir et le soir était déjà tombé. Il lui restait peu de temps avant la nuit. Ni une, ni deux, il se retrouva de nouveau derrière son volant pour aller sonner à la porte de l'Uzumaki. Ce dernier était toujours dans l'attente de Shino, se demandant si son attente n'était pas vaine.
