Mot de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous,
Bonne année à tout le monde. J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de Noël et de fin d'année.
Je voulais aussi m'excuser sur la durée de la publication pour ce chapitre. Contrairement à ce que je pensais, je n'ai pas vraiment eu une minute à moi durant les dernières semaines. De plus, je continue de souffrir d'une petite baisse de moral qui m'empêche de trouver assez de force pour écrire. J'espère vraiment que cela va aller en s'arrangeant et que j'arriverai à publier un peu plus régulièrement.
J'espère que mon histoire continue à vous plaire. Aujourd'hui, une petite interrogation. Comment répondre à cette question : Suis-je amoureux/amoureuse ? Une petite réflexion sur ce sujet au travers d'un dialogue entre Naruto et Hinata. Bien sûr, je pars du principe que nous avons toutes et tous une définition qui nous est propre. Ceci n'est qu'un point de départ pour y réfléchir.
Bonne lecture.
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En tout cas, celle qui était la plus intriguée fut Sakura. Non, celle-ci n'était pas vraiment intriguée. En réalité, elle voyait d'un très mauvais œil la scène qui se déroulait sous ses yeux. Voir Sasuke augmenté son aura d'animosité pour cet étranger ne lui plaisait pas beaucoup. Représentait-il donc un danger ? Mais pour qui ? Pour l'entreprise ? Non, ce n'était pas son genre. L'Uchiwa était d'un très grand sang-froid quand il s'agissait des affaires familiales. Pour Hinata ? Il fallait être aveugle ou complètement stupide pour ne pas comprendre que ce Toneri était plus qu'intéresser par la fille de Hiashi. L'éclat de ses yeux, mais surtout toutes ses manières plus que charmantes, ne laissait que très peu de place au doute…, à moins que c'était ce genre d'hommes à réincarner la courtoisie à l'état pur. Cependant, Sakura en doutait. Il existait dans son expression un soupçon de mystère dérangeant.
Le fait que Sasuke semblait détester d'emblée le nouvel arrivant était un point à prendre en compte. Qu'Hinata était au centre de cette tension doubla encore plus l'intérêt de la rose. Elle en fronça même les sourcils tellement elle se posait des questions à cause de la réaction de l'Uchiwa. A croire qu'il serait prêt à défendre corps et âme la chasse gardé de Naruto sur son amie. A moins qu'une autre raison existait. Se pourrait-il qu'il ressente quelque chose de plus fort que l'amitié pour l'héritière ? C'était plausible. Pourtant, Sasuke était homosexuel, donc impossible. Quoi que… Et s'il était bi-sexuel, donc tout aussi capable de tomber amoureux d'une femme, ou du moins d'être attiré par elle ? Non, ce n'était pas ça, se disait Sakura. Il était en couple avec Juugo et depuis presque plus d'un an maintenant. Leur relation donnait l'impression d'être plus que stable, mais bon, tout était envisageable.
Mais si c'était le cas, si elle avait vu juste et qu'il avait développé une bisexualité…, pourquoi pas sur elle ? Pourquoi son dévolu se serait-il porté sur Hinata ? Pourquoi ? Se souvenant de la prévenance dont il avait fait preuve autrefois, la rose ne pouvait pas s'empêcher de douter. La savoir de nouveau célibataire, et enfin libre d'un amour qui ne fut que désillusion aurait réveillé son ancienne convoitise ? Et puis, qu'avait Hinata de plus qu'elle ? D'un coup, une vieille animosité se réveilla dans son cœur. Sur tous les plans, elle était meilleure que la Huyga. Plus belle, plus intelligente, plus mature,… Alors pourquoi ? La voyant ainsi, toute tendue, les poings serrés et se mordant la lèvre inférieure, sa voisine lui caressa le bras pour attirer son attention.
« - Sakura, ca va ?
-Hein,…, euh,…, oui Ino. Je vais bien… Tu ne trouves pas qu'il a un je ne sais quoi, ce Toneri… Un véritable gentleman.
- C'est vrai qu'il est bel homme. Très élégant, consentit à avouer son amie. Mais il ne vaut pas mon Saï.
- Amoureuse jusqu'au bout, ricana Sakura.
- Et oui, haussa des épaules la Yamanaka. Je préfère son charme ténébreux à celui quelque peu terne de ce type… Et puis, il ne m'inspire pas confiance.
- Pourtant, il est plus que charmant.
- Serais-tu entrain de me dire qu'il t'intéresse, demanda sa meilleure amie, mettant ainsi sur cette explication son attitude de tantôt.
- Mmm, pas vraiment… Et puis, il a l'air plus intéressé par Hinata.
- Je ne peux pas te contredire.
- En plus, regarde, elle, si timide d'habitude, ne semble pas vraiment réticente. Ils vont même plutôt bien ensemble. Tu ne trouves pas ?
- Mouais, peut-être, se désintéressa un peu Ino qui n'avait pas envi de se prendre la tête pour comprendre ce que son amie sous-entendait.
- Il faudra que je fasse attention à Naruto. Le pauvre, cela ne va pas lui plaire du tout, murmura Sakura avant de se mettre à réfléchir.
- Pourquoi tu parles de Naruto ?
- Il ne va pas bien du tout à cause d'Hinata et de son entêtement à ne pas l'écouter. S'il apprend qu'elle l'a remplacé aussi rapidement et de la bouche d'un autre qu'un de ses amis, il va très mal le vivre… J'ai même peur qu'il en vienne à faire une bêtise.
- C'est vrai que si tu m'as rapportée est vrai, elle est dure à cracher sur Naruto. Jamais je n'aurai pu imaginer Hinata capable de l'insulter de pervers et de traîner dans la boue ses sentiments… Après, il a tout fait pour le lui faire croire.
- Certes, il a fait des erreurs, mais ce n'est pas une raison pour le traiter aussi mal. Quand je pense qu'elle l'a fait chasser à grands coups de pied par ses gardes du corps quand il a voulu prendre de ses nouvelles. Elle aurait pu lui donner une seconde chance. Finalement, peut-être que son amour pour lui n'était pas si fort que ça et qu'elle s'est jouée de lui.
- Tu sais, ce n'est pas nos affaires. Je pense que moins on s'en occupera, mieux c'est pour tout le monde.
- Tu es la voix de la raison, Ino, mais je ne peux pas abandonner. »
Non, la rose refusait d'abandonner. Elle avait trop souffert pour que tout parte en cendres. Et ce n'était pas ce Toneri qui mettrait à mal ce qu'elle avait reconstruit et ceux qu'elle aimait. Oui, une chose était certaine pour Sakura. Elle entreprendrait tout pour le préserver. Quoi que…, après réflexion, peut-être pourrait-elle user de ce prétendant pour le faire réagir et obtenir ce qu'elle envisageait ? Enfin pour le moment, elle espionnait de nouveau Sasuke, toujours en duel visuel avec l'Otsutsuki qui tentait de faire bonne figure en souriant malicieusement. Il n'y avait pas à dire l'Uchiwa préservait le territoire de Naruto. Ce qui fit sourire la rose, priant au fond de son cœur que c'était bien pour ce dernier et non pour son propre pavillon qu'il se battait ainsi.
Bientôt, les premières notes de musique se firent entendre, au grand soulagement d'Hinata qui ne supportait plus vraiment cette tension entre les deux jeunes hommes. Elle aussi n'avait jamais vu Sasuke réagir ainsi. Elle, qui avait espéré compter sur le pragmatique de son ami, s'était visiblement trompée. L'amitié qu'il le liait à son ex était plus importante, et elle ne pouvait pas le blâmer pour cela. En effet, si elle s'était trouvée dans une situation similaire avec Tenten, elle aurait réagi à son image. Face à tous ses regards connus et interrogateurs, tout comme désapprobateurs, elle se sentait bien seule. L'orchestre engagé pour l'occasion du bal venait de lui offrir une échappatoire. Enfin, c'était ce qu'elle croyait. La mélodie venant à ses oreilles fit comme sursauter Toneri. Ce dernier se tourna alors vers la fille de Hiashi et d'une révérence des plus courtoises l'invita pour la toute première danse.
Face à sa main tendue, Hinata hésita. Elle aurait voulu en profiter pour rejoindre son père, ou que ce soit ce dernier qui la sauva de devoir accorder cette faveur à un étranger. Mais cet Otsutski en était-il vraiment un ? Fondamentalement, oui. Elle ne le connaissait pas. Elle ne savait pas du tout quel type d'homme il était. Il était certes toutes politesses, mais il existait dans ses manières une chose qui la dérangeait. Elle n'arrivait pas à définir en quoi, mais c'était là. Toutefois, malgré cela, il lui fallait prendre une décision rapide. Son hésitation commençait à devenir à la fois gênante et ridicule. Elle entendait presque la voix des anciens lui reprocher son manque de personnalité et d'atteinte à l'honneur, au devoir et à l'éducation des Hyuga.
Lui reconnaissant toujours son rôle dans son sauvetage du club libertin, Hinata vit sa main se lever automatiquement pour se glisser dans celle de Toneri. Par ce geste, elle accepta donc son invitation. Ce fut ainsi, tel un automate, laissant son corps bougé seul, qu'elle suivit son cavalier jusqu'à la piste de danse. Là-bas, elle y trouva Neji qui dansait déjà avec Tenten qui fut ahurie de la voir au bras d'un inconnu. Elle n'était pas la seule, puisque toutes ses camarades étaient à son image. Jamais leur amie n'avait accepté aussi facilement une invitation d'une personne qu'elle connaissait à peine. Une d'entre elles fut la première à sortir de sa stupeur, sentant la fureur renaître dans ses entrailles. S'avançant dans l'intention de rattraper Hinata d'un pas décidé, marmonnant dans sa barbe, le visage fermé et les sourcils froncés, Karui se vit stopper par une Temari. Cette dernière venait juste d'arriver auprès d'elle.
«- Ne fais pas ça, Karui, pria-t-elle.
- Pourquoi ?
- Parce que je te le demande…
- Mais je ne peux pas laisser passer ce qu'elle laisse dire de Choji dès qu'on a le dos tourné, se dégagea la petite-amie de ce dernier. Elle me doit des explications. Je veux entendre de sa bouche si c'est vrai ou non, et cela même si on nous a prévenus qu'elle nierait tout en bloc.
- Je te comprends, je t'assure, mais je refuse que tu fasses un scandale à la soirée de Shika et de sa famille. Il ne mérite pas ça… Imagine que ce soit Choji à sa place, tu me demanderais la même chose… Et puis, on nous a parlé de rumeurs. Rien n'est sûr, alors pas d'esclandre s'il te plaît. »
Face à ces ultimes arguments, Karui en reconnut la justesse. Elle acquiesça en serrant les poids. Elle préféra donc rejoindre son amant et se pendit à son bras comme si sa vie en dépendait. Son attitude surprit l'Akimichi. Sa dulcinée se sentait-elle mal ? Eprouvait-elle un quelconque malaise ? Lui murmurant son inquiétude dans le creux de son oreille, il ne reçut qu'une réponse courte et rassurante, mais peu convaincante. En effet, elle se colla par instinct contre lui, comme pour recevoir plus de réconfort. Ne cherchant pas à comprendre, et respectant son besoin de silence, Choji se dégagea doucement avant de glisser une main dans le dos de sa dulcinée pour la déposer sur sa taille. Tendrement, il la serra contre lui, au grand bonheur de la jeune femme. L'effet sur elle fut immédiat quand elle sentit sa fureur s'estomper. Elle se détendit un peu et oublia pour un temps son ressentiment.
Qu'en à Temari, la No Sabaku fut attristée pour Karui. Si ce que Sakura leur avait rapporté était vrai, alors ce serait fini d'une amitié, et même de plusieurs. En effet, elle voyait mal Shikamaru continuer à entretenir un quelconque lien si son meilleur ami était de nouveau attaqué, et par un membre de leur groupe qui plus est. Elle espérait que la rose ait mal entendu. Elle ne pouvait pas croire que la douce Hinata puisse être capable de planter un couteau dans le dos d'autrui ou de se réjouir de son malheur. La Hyuga avait plutôt tendance à se plier en quatre pour rendre service, pour ne pas indisposer les autres et ne pas faire de vague. Temari avait beau se torturer l'esprit dans tous les sens, elle n'arrivait à se souvenir d'un seul moment, d'une seule parole dénigrante en provenance de l'ex de Naruto. Oui, elle espérait que ce n'était qu'un horrible malentendu, bien qu'elle devait se l'avouer, Karui et elles ne connaissaient pas tellement que cela Hinata. Tout était possible dans ce monde de fou, même côtoyer les pires hypocrites.
Pendant ce temps, l'aînée de Hiashi et son cavalier commencèrent à danser sous les yeux de curieux de plus en plus nombreux et qui se posaient tous une question. Mais où était passé Naruto Uzumaki ? Pourquoi Hinata Hyuga n'ouvrait-elle pas le bal avec son petit-ami ? Ils n'étaient pas les seuls à s'interroger. Le grand-père d'Halya et ses comparses les plus proches se les posaient également. Petit à petit, l'idée d'une rupture naquit dans leur esprit qu'ils en sourirent en se regardant de manière entendue. Leur projet d'étendre les influences de la famille, et plus particulièrement la leur, venait de vivre une nouvelle aurore au travers d'un possible mariage des plus avantageux. L'héritier des Otsutsuki était un bon parti, si ce n'était le meilleur pour eux. Leur entreprise était plus que fleurissante, alors que des rumeurs de difficultés commerciales et financières fuitaient de leurs propres locaux. En tout cas, il représentait plus d'avantages que l'Uzumaki. Enfin, leur héritière s'avérait utile à quelque chose finalement.
En parlant d'un certain blondinet, où était passé notre héros ? Sasuke serait-il venu sans lui, juste accompagné de Juugo, d'Iruka et Mei, ainsi que de son parrain et de sa marraine ? D'ailleurs, l'Uchiwa ne détachait pas son regard des danseurs qu'étaient Toneri et Hinata. Il n'aimait vraiment pas ce qui se passait devant ses yeux. Bon sang qu'il était soulagé que son meilleur ami fut absent et n'assista pas à ce spectacle. Il était déjà assez éprouvé ainsi. Lui qui espérait un dénouement plus heureux pour lui commençait à douter d'en voir le jour. Désolé et peiné pour Naruto, Sasuke se tourna vers les portes-fenêtres par où les invités pouvaient accéder à un grand balcon. Poussant son regard aussi loin dont il était capable, il put alors distinguer une silhouette masculine aux épis parsemant la tête. Visiblement,…
« - Parfois, l'amour que tu ressens ne suffit pas pour construire un avenir à deux, Naruto…»
Cette phrase qui reflétait parfaitement les pensées de l'Uchiwa au même moment sortait de la bouche d'une jeune femme qui se trouvait comme durant le nouvel an de l'année précédente devant notre acteur principal. Ce dernier en serrait les dents. Pourtant, une partie de lui était d'accord avec cette affirmation. Toutefois,…
«- Elle m'aime aussi, Shion. Je le sais. Je le sens.
-Peut-être… Cependant, après ce que tu m'as raconté, je peux comprendre sa décision… Elle a perdu la confiance qu'elle avait en toi… Sans confiance, sans respect et communication, vous ne pouviez que vous écraser contre un mur… Et la seule chose qui aurait pu sauver votre couple, tu le lui as refusé.
- Je devais tenir ma promesse. Pourquoi personne ne le comprend !? » S'exaspéra Naruto.
Devant lui, Shion le regardait, ses émotions se balançant entre l'exaspération et la compassion pour son ancien béguin. Elle l'avait croisé alors qu'il déambulait, l'âme en peine, dans la salle de bal. Il avait l'air de chercher quelqu'un, tout en donnant l'impression de se battre dans son for intérieur sur l'utilité d'une telle recherche. Il était même passé à côté d'elle sans la voir, prouvant sa préoccupation. S'inquiétant à cause de ce comportement inhabituel, elle l'avait donc suivi, après avoir prévenu son fiancé, sur le balcon où elle l'avait découvert siroter son verre en regardant la pleine lune. Son air nostalgique et cette rage endormie dans ses azurs ne purent que lui confirmer son pressentiment.
Ainsi, Shion ne fut pas dupe quand, après réaliser sa présence près de lui, Naruto avait tenté de faire bonne figure devant elle. Après des formules de politesse et une discussion des plus banales, la fiancée de Shisui avait réussi à le convaincre de tout lui dévoiler. En effet, au moment où elle avait demandé des nouvelles d'Hinata, il avait essayé de changer de sujet. La tension qui avait émané de lui à l'évocation de ce prénom et cette tentative avaient conforté la jeune femme qu'il y avait aiguille sous roche. Sachant très bien qu'elle n'aurait pas lâché le morceau, l'Uzumaki s'était mis à table. Peut-être qu'avoir un autre point de vue l'aiderait. Ce fut le cas, mais malheureusement, ça n'allait pas dans son sens, le braquant encore une fois. Soufflant un peu, exaspérée de faire face à son entêtement, Shion décida de laisser tomber et de rejoindre Shishui. Toutefois, elle eut une dernière parole pour son ancien béguin.
« - C'est dommage… Oui, vraiment dommage que tu n'ais pas réfléchi à ma recommandation de l'année dernière… Maintenant, te voilà piéger. Auras-tu le courage de le reconnaître et de corriger en revenant sur ta promesse ?
-…
- Je l'espère pour toi, Naruto…, mais surtout que ce ne sera pas trop tard.»
Faisant demi-tour, Shion laissa son camarade sur ses mots qui l'avait scotché sur place. Il ne savait pas quoi répliquer d'autres tellement il était sur le cul. L'Uzumaki avait complètement oublié leur conversation durant le dernier bal. Des bribes lui revinrent en mémoire, bien que ce fût encore flou. Il se rappelait vaguement de ses recommandations. Encore une fois, une tierce personne mettait à mal son jugement. Avait-il donc vraiment fait une erreur en édifiant et en tenant cette promesse à Sakura ? Cela avait-il vraiment fait souffrir les autres ? Devait-il revenir dessus pour les beaux yeux d'Hinata et avoir une nouvelle chance avec elle ? Et puis, cela suffirait-il ? Il n'en était plus très sûr. Plongeant de nouveau les yeux dans l'éclat de la lune, il réalisa une chose qu'il refusait de reconnaître depuis si longtemps. Dans son cœur, et cela depuis qu'il avait promis, il avait la sensation de n'avoir pas entrepris ce qui était juste. Son orgueil l'avait-il emmené trop loin ?
Il était là de ses réflexions qu'il se décida à revenir dans la salle. Cela faisait déjà un moment qu'il était dans le froid et à tous les coups, Sasuke allait commencer à s'inquiéter. Au moment même où il allait faire le premier pas, un couple de danseurs passa juste devant la porte-fenêtre. Une longue chevelure couleur nuit virevolta devant lui tel un mirage, alors que la pâleur de la danseuse ne lui permit pas de douter. Devant lui, valsait Hinata, guidé par ce bellâtre, comment il s'appelait déjà, ce Toneri Otsutsuki. Le cœur de Naruto en rata un battement au point de lui faire mal. Il ne supportait pas ce spectacle. Toutefois, la tristesse prit le pas sur la rage. Il avait l'impression d'avoir mérité cette douleur, même s'il n'arrivait pas à savoir pourquoi. Toutes les paroles, que ce soient celles de Sasuke, d'Iruka, de Shion et encore d'Hinata, se mélangeaient dans sa tête. Il n'avait qu'une envie, quitter les lieux. Il en sourit même, car quelques semaines plus tôt, il se serait jeté sur cet emmerdeur pour lui faire goûter de son poing. Quelle ironie !
Se forçant à quitter des yeux celle qui lui meurtrissait le cœur, l'Uzumaki trouva assez d'énergie pour se mélanger à nouveau à la foule et peut-être se confronter à elle. En fait, il espérait pouvoir partir discrètement, car il n'était pas sûr de réussir à se contenir dans le cas contraire. Malheureusement, le destin en décida autrement et avait prévu une autre punition pour lui. Au moment où il entreprit de mettre son plan à exécution, une femme fit son apparition à quelques pas de lui.
« - Il forme un magnifique couple, n'est-ce pas ? Tellement assorti, tellement du même monde… Un gendre en or pour Hiashi si on devait le comparer à…, se fit entendre la nouvelle arrivant qui le jaugea de la tête au pied. Enfin, vous voyez surement de quoi je parle. »
Se tournant vers sa nouvelle interlocutrice, Naruto en fronça les sourcils. Il n'appréciait pas du tout ce que cette personne insinuait. Ses attaques le touchaient de plein fouet et ce n'était pas le moment. Son état psychique ne lui permettait pas de les encaisser avec sang froid. En plus de cela, elle lui était complètement inconnue. Cependant, son air lui était familier. Ses cheveux blancs, ses traits fins, mais surtout ses yeux clairs lui disaient quelque chose. Quand cela fit tilt dans son esprit. Il fit un discret aller retour entre le cavalier d'Hinata et cette femme pour mettre le doigt dessus. Les deux étaient liés. Il en mettrait sa main à couper.
« - Que me voulez-vous ?
- Que d'impolitesse, mais je ne devrais pas m'en étonner vu le milieu d'où vous êtes issu.
- Répondez à ma question, ne se démonta pas l'Uzumaki.
- Rien de spécial, à part peut-être vous mettre en garde… en toute amitié.
- Pardon ?
- Vous n'êtes pas ni de son monde, ni du notre… et vous ne le serez jamais. Ce n'est pas la peine d'espérer reconquérir Hinata Hyuga. Nous serons très bien la traiter, bien mieux que vous en tout cas.
- Nous nous aimons.
- Vraiment ? Alors pourquoi n'êtes-vous plus ensemble ?
-…
- Ah oui ! Nous savons tous les deux ce que cela donne une relation avec vous… que des malheurs, continua-t-elle à provoquer. Vous devriez abandonner.
- Ce n'est pas votre affaire. Et qui êtes-vous bon sang pour me dire ce que je dois faire ?
- Qui je suis importe peu. Par contre, que croyez-vous faire avec votre entêtement ? Vous faire accepter par Hiashi et les Hyuga ? Lui apporter le bonheur qu'avec votre amour ?
-...
- Hinata Hyuga a été élevée dans le luxe et l'abondance. Croyez-vous vraiment qu'elle se contentera de la vie simple et peu fortunée d'un officier ?
- Je suis un Uzumaki. Je suis tout à fait capable de lui apporter une vie confortable. Mon héritage m'y aidera et…
La femme se mit alors à rire, le coupant dans son élan. C'était à la fois machiavélique et des plus moqueurs. En fait, c'était plus que de la moquerie. Il y existait de l'animosité et de la méchanceté dans ce son. La rage de Naruto était sur le plan d'exploser.
« - Pardonnez mon hilarité, reprit-elle après s'être calmée, affichant un sourire qui disparut bien vite derrière un air froid et pourfendeur. Mais quel héritage ? Celui de votre mère ?
-…
- Votre famille maternelle est certes influente et importante, mais jamais elle ne vous reconnaîtra comme héritier. Vous vivez que sur le placement de l'argent qu'elle vous a laissé à sa mort. Vous n'êtes rien à côté de nous, les Otsutsuki, qu'un simple insecte insignifiant. Pour Hiashi, vous êtes une tâche sur la réputation de sa fille, vous l'orphelin, fils d'un officier sans le sou et d'une héritière désavouée, traînée dans la boue par ses propres parents.
- Comment osez-vous ? Se contint Naruto qui n'avait qu'une seule envie, se jeter sur elle.
Pourtant, il fallait absolument qu'il arriva à garder son calme. Il n'allait quand même pas s'abaisser à frapper une femme. Ce serait indigne de lui et de l'éducation qu'Iruka lui avait donné. Ce serait donner raison à cette folle et à ses abnégations. Pourtant, qu'est-ce qu'il en ressentait la pulsion grandissante. Face à son silence qu'elle prit pour une marque de répartie et de faiblesse, la provocatrice le regarda de haut avant de repartir vers la salle de bal. Elle eut une dernière parole pour le jeune homme.
« -Si vous aimez Hinata Hyuga, vous la laisserez s'épanouir dans le milieu qui est le sien et qu'elle ne devrait jamais quitter… De toute manière, jamais Hiashi ne vous acceptera comme gendre. »
Après son départ, Naruto resta comme statufier par cette discussion. Il ne savait pas pourquoi il n'arrivait pas à bouger. Etait-ce à cause de sa fureur ou de la véracité de ses paroles ? Hinata avait-elle été si malheureuse avec lui ? Etait-il donc incapable de la rendre heureuse que ce soit maintenant ou à l'avenir ? Et si cette femme avait raison ? Son ex avait vécu dans la fortune et l'opulence. Son salaire ne lui permettra jamais de maintenir son niveau de vie. Il avait pourtant tout tenté pour satisfaire les attentes de Hiashi, d'être digne de l'héritière. Cependant, cela n'avait pas suffi. Peut-être devrait-il abandonner en fin de compte ? Pourtant, Hinata était toujours amoureuse malgré leur différence sociale. Il en était persuadé, mais ça aussi, cela ne suffisait pas. Où avait-il donc échoué ? Ce fut donc dans cet état qu'un de ses amis le retrouva, complètement abattu.
« - Tu ne devrais pas l'écouter, Naruto.
-Quoi, sursauta ce dernier. Ah, c'est toi Shikamaru. Tu as tout entendu, n'est-ce pas ?
- Difficile de ne pas entendre vu la grandeur de ce balcon.
- Je ne t'avais pas vu. Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je m'en grillais une.
- Je croyais que tu voulais arrêter.
- C'est vrai, mais ce n'est pas si facile qu'on le croit. Je le fais progressivement en diminuant ma consommation et en utilisant quelques patchs de nicotine pour combler mon manque. A l'avenir, j'espère aussi en diminuer l'usage pour finir par ne plus en avoir besoin. Je pense même passer un temps par la cigarette électronique pour gérer mes habitudes. J'ai trop souvent compté sur ma dépendance pour occuper mes mains.
- Je suppose que Temari t'aide beaucoup à les occuper et à penser à autre chose qu'à la cigarette.
- Je ne crois pas que ma vie intime t'intéresse et pas la peine de changer de sujet, avait compris Shikamaru d'un ton taquin, mais aussi sérieux.
- Toujours aussi perspicace, » lui sourit Naruto.
Un silence se dressa entre les deux amis. Il n'était ni gênant, ni désagréable. L'ambiance était détendue, faisant du bien à l'Uzumaki, lui qui vivait entouré de tensions depuis plusieurs semaines. Plusieurs minutes passèrent avant qu'il coupa le calme ambiant.
« - Tu crois qu'Hinata était malheureuse avec moi ? Que je suis incapable de lui apporter ce dont elle a besoin ? J'ai pourtant tout fait pour être digne d'elle.
- Naruto, commença le Nara après un temps de réflexion. Tu te rappelles quand l'année dernière, j'étais revenu sur mes pas pour récupérer l'oreiller que Temari m'avait offert en tant que présent de Noël.
- Oui… plus ou moins.
- J'ai espionné la conversation que tu as eue avec Sasuke l'instant d'avant. J'ai entendu ta peur de ne pas être à la hauteur de la position sociale d'Hinata.
- Et…
- Tu n'es qu'un idiot.
Cette réponse laissa couard Naruto. Il ne comprenait pas pourquoi on venait encore de l'insulter. A croire que c'était devenu le jeu à la mode. Qui l'insultera le plus ?
- Tu as oublié les conseils de ton meilleur ami et je suis d'accord avec lui. Si Hinata est tombée amoureuse de toi, a espéré pendant des années en un amour réciproque et a enfin accepté de sortir avec toi, c'était que ta position sociale lui était complètement égale. Elle s'en fichait comme de sa dernière chemise… Elle n'avait pas honte de tes parents ou que tu sois élevé par un simple instituteur.
- Mais…
- Je peux comprendre ta crainte, Naruto, mais ce n'était pas à toi de décider pour elle, continua Shikamaru en ne lui laissant pas le temps de placer un mot. Chaque individu possède ses propres critères, ses propres exigences. Certains en auront élevé, ou mettant le besoin matériel devant tout le reste, même dans leur manière de montrer leurs sentiments. D'autres en auront des plus basses, se contentant de peu, tant qu'ils sont chéris, ont un toit, de quoi manger et se vêtir. En gros, le minimum, sans pour autant chercher à avoir plus. Nous avons tous notre vision du bonheur, et personne n'a le droit de le définir pour nous, comme vient de le faire cette femme. Concernant Hinata, elle est la seule à avoir la réponse à ta question.
- Visiblement, elle ne l'était pas. Je n'ai pas su accomplir à ce qu'on attendait de moi.
- Es-tu sûr d'avoir répondu à ce qu'elle désirait elle ?
- Comment ça ?
- Tu parles d'avoir tout fait pour être digne d'elle. Mais es-tu sûr d'avoir fait cela pour Hinata, ou du moins que c'était surtout envers elle ? N'est-ce pas plutôt pour éviter d'être montré du doigt par son père et sa famille ? N'est-ce pas plutôt eux que tu essayais d'impressionner ou de plaire ?
- En quoi est-ce un mal de vouloir être accepté par sa famille ? C'est pour notre couple, que j'ai désiré l'être. Reconnait que la vie conjugale est plus facile quand on est toléré par chaque membre.
- Ce n'est pas faux… tant que cela ne t'oblige pas à changer qui tu es au plus profond de toi et à te faire violence au point que la personne qui partage ta vie ne te reconnaisse plus. Parfois, même moi, je me suis interrogée sur tes objectifs… Aimais-tu réellement Hinata ou désirais-tu le soutien des Huyga ?
- Alors toi aussi. Toi qui mets la logique et le pragmatisme en priorité.
- Et toi, tu as oublié qu'elle a toujours été une femme simple, sans aucune prétention à la vie de luxe, et qui n'aspirait qu'à la liberté que tu représentais, toi qui a toujours été un esprit libre… Tu t'es désavoué de toi-même… Et puis, ton ambiguïté avec Sakura ne l'a pas aidée à avoir confiance. Ce fut tout le contraire. Toutefois, j'ai le pressentiment qu'il existe quelque chose d'autre entre vous deux qui a été la goutte d'eau de trop. »
A cette remarque, Naruto ne dit mot et se plongea dans ses pensées. Les paroles d'Hinata lui envahirent son esprit. « Je ne peux répondre à tes attentes sans aller contre mes convictions. Je ne suis pas celle qu'il te faut, celle qui te permet d'être toi-même. Je le vois bien quand tu es avec Sakura… Je refuse de t'obliger à être une personne que tu n'es pas, à te maintenir dans un rôle qui un jour, te rendra malheureux… ». Ces mots lui donnèrent presque la migraine. Ils entraient en résonnance avec ceux de Shikamaru et de Sasuke. Oui, en plus des doutes sur son lien avec la rose, sa belle, enfin s'il avait encore le droit de l'appeler ainsi, et lui avaient eu un autre différent. Un différent bien plus important, leur intimité. Pour elle, ils avaient des visions bien opposées. Cependant, au fond, il ne savait pas lui-même ce qu'il désirait. Il avait toujours pensé que cela coulait de source dans un couple, mais il comprit que c'était à la fois simple et plus compliqué que cela. Toutefois, pour le moment, il était lui-même dans le flou le plus total.
« - Tu devrais sérieusement t'y pencher avant d'envisager de la reconquérir. Te lancer dans une quête sans n'avoir réglé aucun des problèmes, sans avoir trouvé des solutions ne servirait à rien. C'est pourquoi je te le dis. Tu ne devrais pas écouter les attaques de cette femme. Elle voulait te déstabiliser… Laissez tomber le quand dira-t-on quand il s'agit de votre bonheur à deux, sinon cela vous pourrira la vie.
-…
- Sur ce, je dois te laisser. Temari m'attend. Si je tarde encore, je vais me faire incendier. »
Shikamaru laissa donc son ami en pleine réflexion autant douloureuse que nécessaire. Pourquoi avait-il agi ainsi ? Pour l'aider ? Pour sa propre rédemption, en se faisant pardonner de ne pas lui avoir dit ses quatre vérités plus tôt ? S'il s'était réveillé plus tôt, alors deux êtres qu'il connaissait depuis enfant n'auraient peut-être pas souffert ainsi. Quoi qu'il en soit, maintenant, la balle était dans le camp de Naruto.
L'Uzumaki, lui, était encore complètement déboussolé par ces deux entretiens et par ce qu'il venait d'entendre. Il en expira, fatigué d'avance par les questions qui ne sauront tarder. Oui, il était vraiment fatigué qu'on vienne jouer le rôle de sa conscience. Il était fatigué de s'entendre dire qu'il avait été un si grand crétin. L'avait-il vraiment été durant sa relation ? Et maintenant, que devait-il faire ? Que décider ? Shikamaru avait raison. Il ne pouvait plus faire n'importe quoi. S'il se donnait une nouvelle chance et si elle lui était accordée, il était obligatoire pour lui de définir ce que lui voulait dans sa vie, notamment dans sa future vie de couple. Quoi qu'il en soit, il n'avait plus le cœur à rester à ce bal. Il ne savait même pas pourquoi il était venu de toute manière. Quoi que… ce n'était pas tout à fait vrai. Au fond de lui, une petite voix lui soufflait à l'oreille qu'il en connaissait la cause. Il voulait la revoir.
En réalité, il avait fait plus que désirer revoir Hinata. Rentrant dans la salle, il la vit de nouveau enchaîner une nouvelle danse avec celui qu'il qualifierait d'adversaire. Bien que son cœur brulait de jalousie, il n'arrivait pas à se détacher de sa beauté et à s'imaginer à la place de cet homme. Il s'imaginait bien entrain de la faire virevolter dans ses bras. Et cela aurait été le cas, si elle n'avait pas rompu. En cet instant, il se surprit à ne ressentir aucun ressentiment envers elle, juste de la tristesse. Son esprit combattif et déterminé serait-il sur le point d'être vaincu ? Refusant de faire face à cette interrogation qui le meurtrissait, Naruto se détacha du spectacle de son ex et se dirigea vers la sortie en rasant les murs, les épaules voûtées. En connaissait-il l'origine, l'origine de ce poids sur lui ? Assurément que non. Sinon il se serait surement jeté au pied d'une jeune femme aux yeux blancs pour la supplier de lui accorder son pardon, ou même de le frapper pour le punir. Une jeune femme qui fut témoin de sa fuite.
Il fallait avouer qu'au moment où elle était arrivée sur la piste, Hinata s'était surprise à suivre les mouvements de son cavalier sans y réfléchir, par pur réflexe. Ses pensées s'étaient alors éloignées loin d'ici. Ce fut donc lors d'une de ses divagations qu'elle avait cru voir auprès d'une des tables du buffet, une touffe hérissée et blonde surplombant une grande silhouette masculine. Pensant reconnaître son ancien petit-ami, les battements de son cœur s'en étaient accélérés. Ses mains en étaient devenues moites. N'arrivant pas à se détacher de ce dos, elle avait attendu avec anxiété, mais aussi avec une pointe de contentement de l'entrapercevoir. En effet, elle ne pouvait pas le nier. Elle se préoccupait de lui, désirant toujours savoir s'il allait bien, et se plonger dans ses pupilles aussi bleues que l'océan. Elle en avait oublié jusqu'à son cavalier.
Ce dernier se rendait-il compte qu'il guidait qu'une poupée de chiffon ? Qu'entre ses doigts, ceux de la jeune femme se faisaient fuyants ? Peut-être, mais il s'en fichait. Il avait réussi à l'avoir dans ses bras et devant tous. Pourtant, une part de lui commençait à fatiguer de la regarder entrain de fureter à droite et à gauche, à la recherche de quelque chose,…, ou plutôt de quelqu'un, et il se doutait qui. Fronçant les sourcils, il avait jeté un œil sur ce qui l'avait fascinée. Comprenant ce qui se passait, Toneri s'était saisi de la taille et de la main d'Hinata avec une telle brusquerie qu'une plainte en sortie de sa bouche. Sans attendre et sans s'excuser, il l'avait entraînée à sa suite dans la valse.
Au début, pensant qu'il avait réussi à la sortir de ses pensées, l'Otsutsuki n'avait plus pas fait trop attention, mais il avait très vite déchanté quand il avait voulu plonger ses pupilles dans celles de sa partenaire. Elle ne lui avait pas accordé un seul regard, préférant tourner ses yeux à la moindre occasion, vers cette satanée table, pour tenter d'identifier l'homme à la blonde chevelure. Pris d'une colère sourde autant que soudaine, il avait raffermi sa prise sur Hinata qui en avait sursauté. Levant enfin, les yeux sur lui, elle avait été sur le point d'interroger sur la raison d'une telle poigne qui lui était à la limite de lui broyer les doigts qu'il lui avait sourie innocemment. Sans lui laisser le temps de parler, Toneri l'avait alors entraînée vers les portes-fenêtres dans le but de l'éloigner de sa vision. Toutefois, le destin joua contre lui. Ce fut justement à ce moment là que Naruto vit le couple de danseurs valser devant lui.
Le reconnaissant au travers de la vitre, le neveu de Kaguya s'était maudit, ainsi que son rival, comprenant alors son erreur. Il avait alors fait en sorte de cacher cette vue à Hinata. La jeune femme avait dû encore subir sa brusquerie quand, brutalement, il changea encore une fois de direction pour revenir juste devant le buffet où l'homme dont elle avait espionné le dos se trouvait encore. Toutefois, cette fois-ci, elle avait pu en connaître l'identification. Malheureusement, ou heureusement, elle ne saurait le définir, ce n'était pas Naruto quand l'homme qu'elle soupçonnait l'être s'était retourné. Elle aurait dû s'en douter, ses cheveux ne brillant pas tel un soleil comme ceux de l'Uzumaki. Ce fut donc à la fois déçue et soulagée qu'elle continua la danse, le regard baissé, ne se préoccupant de rien. Le visage déformé quelque peu par la tristesse, la Hyuga tenta juste de se préoccuper du moment présent, au plus grand plaisir de Toneri.
Cependant, il avait encore dû se contenir face à l'impolitesse de sa cavalière. En effet, du moment où elle avait cru en la présence de Naruto, tout son esprit s'était vocalisé sur ce dernier. Hinata n'arrivait pas à penser à autre chose. Aurait-il fait faux bond à Shikamaru en ne venant pas ? Se terrait-il chez lui, en proie au désespoir ou à une indifférence mortifiante ? Etait-ce à cause d'elle ? Elle se sentait affreusement coupable, se demandant si elle n'y avait été trop fort lors de leur dernière altercation. Avait-elle bien fait de lui refuser une seconde chance ? N'auraient-ils pas pu mettre carte sur table pour voir si leur couple était encore envisageable ? Réalisant l'absurdité de cette idée, car au fond, rien n'avait changé entre eux, la Hyuga essaya tant bien que mal à contrôler ses émotions. Il ne servait à rien de chercher le blond dans la foule. Et pourtant, elle continua à scruter son environnement. Etait-ce pour par intérêt amoureux ou pour se protéger ? Elle n'en savait rien.
Quoi qu'il en soit, Toneri fut tellement agacé par le manège qu'il avait répliqué en la soulevant par la taille au point que les escarpins d'Hinata quittèrent le sol. Virevoltant pendant quelques secondes en l'air, cette manœuvre fut tellement surprenante pour cette dernière qu'elle en oublia son espionnage. Quand ses pieds retrouvèrent le plancher des vaches, la jeune femme leva la tête vers son cavalier avec l'intention de lui demander les raisons d'une telle brutalité dans ses gestes depuis un certain temps. Pourtant, au début, il s'était présenté comme un excellent danseur, prenant bien soin de la guider avec douceur et attention. Au moment où elle vit son air contrarié et ses pupilles attristées, à moins que ce soit colérique, elle garda ses pensées pour elle.
Détournant les yeux pour les perdre dans la vision d'un torse recouvert d'une chemise en soie des plus luxueuses, la Hyuga réalisa alors son comportement. Elle comprit les raisons de son attitude. Il devait certainement se sentir vexé de valser avec une cavalière qui n'était pas du tout concentrer sur lui. Pour sa défense, elle était très mal à l'aise. En cet instant, elle avait surtout hâte d'en finir pour retrouver sa famille et ses amis. Au fil des secondes, elle se demandait bien pourquoi elle avait accepté l'invitation de l'Otsutsuki, ou plutôt pourquoi elle le laissait l'entraîner dans plusieurs danses. C'était indéniable qu'il était un bon danseur, qu'il était plus que charmant. En tant normal et si l'ombre d'un autre homme n'habitait pas encore son cœur, Hinata aurait pu, peut-être, envisager de faire plus ample connaissance.
Cependant, elle n'était toujours pas d'humeur à la fête et à faire l'effort des civilités de convenance. Elle réalisa alors que ce dernier avait en quelque sorte profité de son absence et de son manque d'enthousiasme pour l'accaparer. Elle ne chercha même pas à savoir pourquoi et ses intentions. La jeune danseuse était plutôt maintenant entrain de se creuser les méninges pour quitter son cavalier en faisant preuve d'une grande politesse et sans le braquer. Ce fut à ce moment là que ses yeux se tournèrent vers les portes-fenêtres et tombèrent sur le fruit de ses pensées. Naruto était finalement là. Il était venu, mais quelque chose n'allait pas. Il était voûté vers l'avant, la tête entre ses épaules, et les mains dans les poches dans une attitude désabusée. Contrairement aux derniers jours, il semblait en cet instant si malheureux. Son abattement plus que visible brisa le cœur d'Hinata. Etait-elle donc responsable ? S'était-elle donc trompée ?
Quand elle le vit se déplacer en faisant attention à être le plus discret possible en direction de la sortie, elle comprit vite les intentions de l'Uzumaki. Pourtant, une partie d'elle espérait avoir tord et que ses yeux étaient victimes d'une hallucination. Elle désirait, oui, se méprendre et le voir se diriger vers Sasuke, un grand sourire aux lèvres. Malheureusement, son espérance fut déçue quand Naruto disparut dans le couloir, loin de cette salle de bal. Cette fuite fut l'élément déclencheur chez Hinata. Plus rien n'existait pour elle que ce dos qu'elle voyait disparaître petit à petit. Poussée par une force inconnue, elle se dégagea de la prise de Toneri. Ce dernier sentit alors glisser entre ses doigts ceux de sa cavalière sans qu'il puisse rien n'y faire. Il aurait pourtant voulu la retenir, mais la surprise fut trop grande pour qu'il pense à rattraper ce poignet qui le fuyait.
De plus, le désir de ne pas faire de scandale en ce soir de nouvel an fut un autre argument pour le retenir. Sa famille avait subi trop de meurtrissures et fourni trop de sacrifices pour enfin sortir de l'ombre. Elle marchait maintenant aux côtés des plus grands, sur le même plan. Il ne devait pas ruiner tous les efforts entrepris par sa frustration, mais surtout à cause d'une femme. Jamais on le verrait se jeter au pied d'une d'entre elles, et certainement pas devant sa tante qui scrutait le moindre de ses mouvements. La honte ne devait jamais étreindre le cœur de celle qui l'avait sortie de l'orphelinat. Ce fut donc impuissant que l'Otsutsuki vit Hinata se précipiter derrière un autre homme. Elle s'éloignait loin de lui. Refoulant sa rage derrière ses dents, il quitta la piste de danse, rejoignant ses oncles dont les émotions avoisinaient les siennes.
Pendant que Toneri rongeait son frein sous le sarcasme de ces derniers pour cacher leur débit, une jeune femme, au bras d'un homme bien plus âgé qu'elle, fulminait de rage. Elle avait vu toute la scène, et plus particulièrement la danse. A chaque regard qu'il avait posé sur sa partenaire, elle y avait vu de la tendresse et un désir de possession dont elle-même n'avait jamais eu droit. Son cœur se brisait à chaque seconde. Jamais elle n'aurait imaginé ressentir cela, elle qui pensait être celle qui dominait les hommes, qui les contrôlait. Comment cette Hyuga osait-elle lui voler son amant ? Elle avait déjà un petit-ami, non ? Que cherchait-elle ? Plus de fortune, de notoriété ? Au moment où elle se posait ces questions, Toneri s'isola, sûrement fatigué d'entendre Urashiki le charrier ou lui parler de ses exploits. A ce mouvement, prétextant désirer se servir un petit verre, la jeune femme se libéra de son propre cavalier. Toutefois, au lieu de se diriger vers les buffets, ses pas l'amenèrent juste derrière le neveu de Kaguya.
« - Bonsoir, Toneri… Je vois que tu m'as vite remplacé. Pourtant, tu es certain que cette sainte-nitouche arrivera à te satisfaire ? Elle paraît comme un glaçon.
- Bonsoir, Kin, lui répondit-il simplement en fermant les yeux, heureux d'être de dos pour éviter de lui montrer un visage ennuyé, avant de lui faire face. Je suis ravi de te voir...
- Ah oui ?! Tu en es sûr ? Ce n'est pourtant pas vers moi que tu t'es précipité pour ouvrir le bal lors de la première danse et…
- Et comment va ton cher mari, la coupa-t-il.
- Il ne s'agit pas de lui en cet instant, se mit-elle presque en colère.
- Kin, se désola Toneri. Tu devrais te montrer plus indulgente avec lui… Il t'aime…
- Il aime surtout ma jeunesse et le fait qu'il peut s'afficher devant ses vieux amis, en se pavanant tel un paon… Je ne suis qu'un faire-valoir pour lui.
- Tout comme toi… Toi qui t'es marié avec lui pour sa situation financière et le fait qu'il t'a nommée son exécutrice testamentaire, faisant de toi la principale héritière de sa fortune à sa mort… Il t'aime à sa manière, reconnait-le.
Un silence se fit entre les deux, Kin essayant d'assimiler et de comprendre ses paroles. Il n'avait pas tout à fait tord.
-De plus, tu as déjà enfreins une des closes de ton contrat de mariage, reprit l'Otsutsuki. Je n'allais pas te mettre dans l'embarras devant lui. C'est un homme intelligent et il aurait vite comprit notre lien à notre façon de nous regarder ou de nous toucher… S'il apprend que tu le trompes, même si c'est par amour, tu perdras tous les avantages de ton sacrifice et de tes efforts. Je m'en voudrais d'en être responsable… Et puis, j'ai moi-même des obligations que je me dois de remplir, à mon corps défendant. Ne me met pas dans la situation de ne rien pouvoir faire... Ce ne sera bon ni pour toi, ni pour moi… Si nous désirons continuer à être ensemble, nous nous devons d'être prudents. »
Kin ne put que baisser la tête devant ces faits des plus indéniables. Elle se sentait coupable de les mettre en danger. Cependant, cela ne changeait pas ce qu'elle ressentait au fond d'elle. Plus le temps passait, plus elle regrettait de s'être mariée par pur besoin matériel et par soif de luxe. Cependant, jamais elle n'aurait rencontré Toneri sans ce mariage. Jamais leurs vies ne se seraient croisées. Cette idée la fit frissonner, car en cet instant, jamais elle ne pouvait imaginer une existence sans lui. Serait-elle prête à tout avouer à son époux et partir ? Toneri serait-il prêt à l'accueillir si elle mettait fin à son mariage ? Elle en doutait. Tout comme elle avait les pieds et poings liés par sa signature en bas d'un contrat, lui était prisonnier de sa tante et de son poste d'héritier. Jamais Kaguya Otsutuski n'acceptera qu'il se marie avec une divorcée sans aucune fortune. Elle préférerait la faire disparaître d'une manière ou d'une autre.
Et sa famille ? Tellement honteuse de son milieu d'origine, elle avait renié sa mère qui en était tombée malade. Sa sœur ne voulait plus entendre parler d'elle à cause de son ex. Ces questions la torturaient. Ainsi, malgré les prémices des regrets, la peur de la pauvreté et de la solitude fut la plus puissante. Elle ne pouvait pas se permettre de se libérer d'une union qui lui rapportait autant de confort et de sécurité matérielle. Toutefois, elle sourit, car derrière ces mots, elle percevait sa prévenance à son encontre. Toneri se souciait d'elle, de sa sécurité et sous-entendait qu'il ne désirait pas arrêter leur liaison. Alors que le cœur de Kin se réconfortait face à ce qu'elle croyait être une affection sincère, dans le long couloir qui reliait la sortie à la salle de balle, Hinata était entrain de marcher aussi vite que ses jambes le pouvaient. Elle se retenait pourtant de courir pour ne pas attirer l'attention des autres invités. De toute manière, il n'était pas nécessaire qu'elle s'y résout.
En effet, elle avait l'impression que la haute silhouette de Naruto avançait au ralenti, comme si une force le retenait de partir. Ce qui n'était pas totalement faux. L'Uzumaki se trouvait déjà à mi-chemin de la sortie et pourtant, il avait la sensation que son corps pesait une tonne. Il se surprit à fouler ce sol par des pas qui mettaient des heures à se former. Etranger pendant un temps à ce qui arrivait dans son dos, il fit une légère pose. Ce fut à ce moment précis qu'il entendit le son précipité de talons sur le carrelage en marbre. Jetant un rapide coup d'œil au-dessus de son épaule, son souffle se coupa quand il reconnut Hinata marchée avec diligence vers lui. Malgré un visage soucieux, elle était toujours aussi belle, illuminée qu'elle était par la lumière des lampes et ses yeux brillant comme des étoiles. Son cœur tambourina à une vitesse folle avant qu'il réalise qu'il ne devrait plus se laisser aller à autant d'émotions. Elle avait refusé de lui donner une seconde chance, alors à quoi bon espérer la voir se jeter à son cou en lui demandant pardon. Détournant son regard, dans un soupir, il reprit sa marche. Cependant, la Hyuga ne l'entendit pas ainsi.
«- Naruto, attend !
-…
- Je t'en prie ! »
A cette supplique, l'Uzumaki s'arrêta presque, lui permettant sans s'en rendre compte de combler les derniers mètres. L'aînée de Hiashi était à deux doigts de d'empoigner le bras du jeune homme que son pieds glissa sur le marbre. Se sentant tomber vers l'avant, Hinata en ferma les yeux, se préparant à l'impact. Ce dernier ne vint pourtant pas. Elle se sentit retenue par des bras puissants, mais surtout un torse dont elle pouvait en percevoir la force et la chaleur. Rouvrant ses paupières, elle tomba sur des azurs inquiets. Visiblement, il n'avait pas réussi à résister et s'était précipité pour l'empêcher de tomber. Se plongeant dans les pupilles de l'autre, le temps se suspendit pour les deux jeunes gens et plus rien ne comptait. Ni ce Toneri, ni leurs amis, mais surtout ni leur rupture. Malheureusement, la réalité les rattrapa quand le bruit de verre brisé provenant de la salle de bal raisonna dans le couloir. L'empoignant par les épaules, Naruto éloigna Hinata avant de la lâcher, détournant son visage qui reprit une expression neutre, voir fermée.
« - Bonsoir Naruto, commença la Hyuga quand elle le devina sur le point de reprendre sa fuite. Tu pars déjà ? Tu ne veux pas rester un petit peu. Sakura risque de s'inquiéter.
-Qu'est-ce que tu veux, Hinata, lui répondit-il un peu sèchement, la faisant tiquer douloureusement, au point qu'il en prit conscience. Pardon... Je ne voulais pas être aussi brutal. »
C'était la vérité, mais au prénom de sa meilleure amie, une colère sourde l'avait pris. Il n'en connait pas vraiment la raison. C'était juste un fait. L'entendre sortir de la bouche de celle qu'il aimait encore devenait insupportable. A chaque fois, il réentendait ses insinuations sur le fait qu'il l'avait préférée à elle. Il avait marre de percevoir dans sa voix une certaine supposition comme quoi il serait avec la rose, qu'il l'avait remplacée par celle-ci.
« - Ce n'est rien, lui sourit la jeune femme tristement. Je… je voulais juste savoir comment tu allais depuis… Enfin… »
Les mots de la Hyuga se perdirent dans sa gorge. En fait, maintenant qu'elle était devant lui, elle ne savait pas trop quoi lui dire. Elle ne savait pas non plus pourquoi elle avait couru derrière lui.
« - Tu ne devrais pas faire ça, Hinata, soupira le blond. Etre aussi prévenante avec moi… Je sais que c'est dans ta nature et c'est une de tes qualités qui m'a le plus séduit,…, mais ça ne m'aide pas du tout… surtout si tu refuses de me donner une seconde chance. »
Ces mots la frappèrent de plein fouet. Encore une fois, elle entreprenait le contraire de ce qu'elle devait faire. Il n'était pas étonnant que son ex n'arrivait pas à passer à autre chose si elle ne refreiner pas son attitude à son encontre. Elle avait osé presque lui ordonner de prendre ses distances, tout en lui courant après. Pas surprenant qu'il soit perdu. Cependant, une partie d'elle n'arrivait pas à s'en empêcher, cette partie qui était toujours aussi amoureuse de lui.
« -Naruto, je sais que je t'ai fait mal d'avoir entretenu tes espoirs pour rien et quand je t'ai rejeté une nouvelle fois, mais… je ne peux changer d'avis…
- Hinata, dis-moi vraiment pourquoi, supplia-t-il presque Naruto.
- Je t'ai déjà tout dit. Je ne t'ai rien caché… Nos sentiments n'auraient rien changé,.., enfin,…, si les tiens étaient sincères. Les miens l'étaient.
- Ils l'étaient Hinata, défendit avec détermination l'Uzumaki. Bien plus que tu le penses... Que vous le pensez tous.
- Es-tu vraiment sûr que tu te sentais amoureux ? N'était-ce pas simplement la manifestation d'un fort désir, et peut-être uniquement physique, envers moi, alors qu'au final, tu ne me connais pas ? Car oui, Naruto, as-tu vraiment fait l'effort de mieux me connaître et à te poser les bonnes questions ?
- Je…, hésita l'Uzumaki, ne sachant pas trop quoi répondre à ça.
Les larmes aux yeux, Hinata se tourna sur le côté, plongeant son regard dans le néant, les mains croisées sur le cœur. Elle semblait plonger dans ses souvenirs et une profonde mélancolie.
« - Moi, du moment où je t'ai vu, j'ai ressenti le besoin de savoir qui tu étais. Oui, j'ai ressenti un sentiment si fort qui envahissait tout, qui était à la fois euphorisant et angoissant. A chaque fois que mon esprit vagabondait, il se tournait vers toi, imaginant ce que tu faisais. Je rêvais littéralement de toi, de nous. Dès que nous étions dans la même pièce ou lors de nos sorties de groupe, je recherchais ta présence. Te voir me suffisait amplement et remplissait ce manque que je vivais quand tu étais absent. J'étais triste quand tu étais triste. Heureuse quand tu l'étais. Pendant des années, et encore plus pendant notre relation, j'agissais souvent en fonction de toi, de ce que tu pensais, de ce que tu aimais ou pas. Du moment où on était ensemble, où que nous étions là l'un pour l'autre, les petites contrariétés de la vie,…, je ne parle pas bien sûr de ma famille, mais de tout le reste, n'étaient plus devenues insurmontables pour moi. Je vivais sur un petit nuage. Il suffisait que j'entende ta voix pour surmonter tous les obstacles.»
Et c'était la vérité. A chaque pamphlet, à chaque allusion luxueuse à son encontre de la part d'hommes sans scrupule, les paroles et l'amour de Naruto l'avaient aidée à les surmonter. Toutefois, du moment où le doute s'était insinué entre eux, elle s'était trouvée désarmer. En tout cas, à ce discours, l'âme et le cœur de Naruto étaient remplis d'allégresse et de chaleur. Le jeune homme avait l'impression qu'il allait fondre face à autant de sentiments pour lui. Comment avait-il donc été aussi aveugle ? Comment leur idylle avait-elle été autant gâchée ? Il n'arrivait pas à croire qu'il ait pu en être l'unique responsable. Etrangère à son état d'esprit, Hinata continua d'une voix remplie d'émotion, mais surtout de sanglots étouffés.
« - Tout me poussait à une seule conclusion. Oui, j'étais amoureuse, très amoureuse. Malheureusement, j'ai dû descendre de mon paradis, me confrontant à la réalité. Encore aujourd'hui, j'essais de me convaincre tous les jours que c'était le cas pour toi aussi.
-Ce n'était pas une illusion, Hinata. C'était vrai.
- Peut-être au début, mais… Mais au fil du temps, cet amour s'en est allé. Je n'étais devenue qu'un fardeau pour toi, un fardeau qui se refusait à te donner ce que tu voulais.
- C'est faux, s'offusqua l'Uzumaki. Je reconnais que tout comme chez beaucoup de garçons, les sensations corporelles que je pouvais ressentir pour toi furent les premières manifestations de mon amour. J'étais comme attiré par un aimant puissant. Ensuite, à force de te connaître, tes qualités t'ont rendue plus qu'attachantes à mes yeux. Les liens que nous avons tissé nous ont rendus complices et m'ont donné le sentiment que nous nous comprenions, d'être sur la même longueur d'ondes. Ce que je ressentais pour toi était bien plus qu'un élan fort. Cela allait beaucoup plus loin. Mon désir « corporel » s'est transformé en désir sentimental. Je ne voulais qu'une seule chose… Etre toujours avec toi.
- Tu crois vraiment qu'avoir le corps et le cœur au même diapason suffise ? Peut-on construire une relation durable uniquement à partir de ces désirs ? » Au moins notre histoire m'a fait comprendre quelque chose. Le sentiment amoureux ne suffit pas pour s'engager dans une vie de couple.
A cette affirmation, le fils adoptif d'Iruka tiqua, en fronçant les sourcils. Il était plus que septique face à ce que son ex avançait. Cette expression eut le don d'exaspérer Hinata.
« - Naruto, ouvre les yeux. Nous n'étions pas sur la même longueur d'onde. Tu aspires à la liberté, alors que je t'ai enfermé dans ma peur de la famille Hyuga. Je ne peux pas non plus m'offrir à toi en dehors du mariage... et tu m'as bien fait comprendre que tu n'attendrais pas jusque là, rétorqua-t-elle avant de continuer, l'empêchant d'affirmer le contraire. Je ne veux pas me marier juste pour satisfaire une libido. De plus, je refuse de garder la tête dans le sable… Ce ne fut qu'en présence de Sakura, que tu paraissais le plus heureux… Et encore aujourd'hui, tu l'es qu'avec elle.
- Heureux ?! Tu penses vraiment que je suis plus heureux avec Sakura, alors que… que je me sens le plus malheureux des hommes. C'est de te voir qui me remplissait de joie. Oui, après notre rupture, je t'ai provoqué qu'à cause de mon ressentiment. Cependant, au fil des jours, je me suis surpris à n'attendre que les moments de t'apercevoir, de te parler... et de te toucher.
- Mais,…
- Et pour ta gouverne, je ne sors pas avec Sakura et je n'envisage pas du tout à me mettre avec elle… Quoi que tu en penses, mon cœur est encore épris de toi. »
Le souffle d'Hinata lui manqua face à cette déclaration, les yeux s'écarquillant. Comment était-ce possible ? C'était évident pour tous qu'il y avait quelque chose entre eux, quelque chose de bien plus fort que de l'amitié. De plus, à chacune de ses visites, Sakura n'avait eu de cesse de lui rabâcher les oreilles avec des sous-entendus plus qu'explicites. Son attitude avec la rose allait de toute manière dans ce sens. Alors pourquoi une telle confession ? Détournant la tête, elle rompit leur échange. De toute manière, cela ne changeait en rien ce qu'elle venait de dire. Comprenant alors par cette réaction qu'elle ne le croyait toujours pas, Naruto en perdit toutes ses illusions. Jamais il n'aurait sa seconde chance. Déçu, autant que blessé, il réalisa bien vite que cette discussion n'amènera quelconque changement entre eux. Il ne servait à rien de continuer.
« - Tu devrais aller rejoindre ton cavalier et me laisser, souffla-t-il. J'ai besoin d'être seul et de réfléchir à tout ça, mais surtout si rester ami avec toi est encore possible.
- Je comprends, » s'attrista la Hyuga à la perspective qu'elle avait peut-être tout perdue.
Un silence lourd régna après ça entre les deux anciens tourtereaux. Aucun d'entre eux ne savaient pas comment quoi exprimer. Devait-il échanger des banalités, en rester là même si c'était pour la dernière fois ? Sans le savoir, tous deux étaient aussi perdus l'un que l'autre. Néanmoins, une question poussait au portillon de l'élève-officier. Il était fatigué de nager dans des eaux troubles, à être balancé à droite et à gauche, entre ses certitudes, celles de Sakura, de Sasuke et tous les autres. Son cœur et son humeur n'en pouvaient plus de ne pas réussir à trouver la paix. Cela faisait plus de quatre mois maintenant. Tout en lui réclamait d'en finir une bonne fois pour toute et qu'enfin, il puisse prendre une décision pour son avenir.
« - Hinata,…, Hinata soit franche avec moi… M'aimes-tu encore ?
- Naruto, se désola-t-elle, déprimée de l'entendre aborder encore ce sujet.
- J'ai besoin de savoir, même si cela me fait mal, supplia le jeune homme. Pour arriver à avancer. »
La Hyuga prit un petit temps pour répondre, soupesant le pour et le contre. Ce fut le visage plein d'espoir, mais surtout de demande de paix intérieure qui la décida à enfin le satisfaire.
« - Naruto, je… je te mentirai si je te disais que ce n'était pas le cas… J'ai apprécié l'enfant avec qui j'ai grandi. Je suis tombée amoureuse de l'adolescent que tu étais, ainsi que du jeune homme qui a réussi à rentrer en prépa et qui a déclaré m'aimer, qui m'a choyé pendant un temps…, commença la fille d' Hiashi avant d'hésiter à continuer.
-… Hinata…, encouragea-t-il.
- Malheureusement, je n'aime pas l'homme que tu es devenu au fil de notre relation. »
Face à ces mots qui mélangeaient réconforts et dureté, le cœur de Naruto se glaça en un instant. Il en détourna les yeux, les poings serrés, ainsi que la mâchoire. Il n'arrivait pas à la croire. Pourtant, il ne pouvait douter. La sincérité se lisait dans les pupilles immaculées de la jeune demoiselle, ainsi qu'un air désolé. Cela lui coûtait de lui avouer cela. Il l'avait bien vu. Il soupira quelque peu pour reprendre contenance, mais surtout pour se contrôler. Le blond ne pouvait pas lui en vouloir. Oh, il aurait surement éclaté si cette révélation lui avait été faite juste après leur rupture. Toutefois, à l'heure d'aujourd'hui, ce coup du sort l'attristait plus qu'autre chose, comme si tout ce qu'on lui avait rapporté y avait joué un rôle pour le préparer à l'entendre. Et puis, c'était lui qui lui avait demandée d'être enfin honnête. A lui de l'encaisser.
« - Au moins, nous avons pu enfin mettre carte sur table. Ce n'est pas si mal, » dit Naruto, en trouvant la force de lui sourire tristement.
En effet, ce n'était pas si mal. Cependant, Hinata n'avait pas l'impression que cela suffisait pour qu'ils puissent tous les deux repartir à zéro. Elle avait le pressentiment que le blond était resté sur ses positions, sans vraiment avoir réfléchi à ce qui les avait entrainés à vivre tous ces événements. Le silence qui suivit fut assez lourd entre les deux jeunes gens, au point que l'Uzumaki perdit patience. Il ne supportait plus cette ambiance. Toujours aussi désireux de rentrer chez lui et d'échapper au spectacle de celle qu'il aimait encore dansant avec un autre homme, il fit volte face et partit. Il eut tout de même une dernière parole pour sa camarade.
« - Adieu, Hinata. Prend soin de toi. »
Etrangement, la jeune femme resta silencieuse, ne lui rendant pas ses salutations. Ces dernières restaient au fin fond de sa gorge, refusant de sortir. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait un mauvais pressentiment. Elle avait le sentiment que si elle lui disait adieu, ce serait pour toujours, qu'elle ne le reverrait plus. Elle le vit donc s'éloigner d'elle sans qu'elle puisse détourner le regard. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. A chacun des pas de Naruto, une envie de courir derrière lui pour le retenir la retenait. Quand enfin, sa haute silhouette disparut dans l'ombre de la nuit, ce désir faillit exploser. Hinata réussit pourtant à se faire violence et resta encore à fixer le vide devant elle. Une unique larme coula sur sa joue, témoignage de la tension qu'elle ressentait.
