Un silence suivit les propos de Toneri. Hinata était dans l'indécision totale. Son regard passait du jeune homme à Jérôme qui attendait sans la presser, puis à Kurama pour finir dans les yeux de Byakugan. Les pupilles de l'animal l'aspiraient inexorablement, alors que ses naseaux se frottaient contre son épaule. Son cœur la poussait à se jeter sur cette occasion en or qui ne se représentera peut-être plus jamais. Cependant, sa raison lui soufflait d'être prudente. Son cerveau était en pleine ébullition. Il tentait de trouver tant bien que mal toutes les raisons qui pousseraient l'Otsutsuki à lui faire une telle proposition. Ne risquerait-il pas de lui demander une compensation en échange quand il en jugera bon, une compensation qu'elle ne serait pas prête à lui céder ? Elle ne pourrait pas se permettre de refuser, lui rappelant qu'elle lui était redevable plus d'une fois. Elle était là de ses réflexions qu'un coup un plus puissant de la jument lui fit un peu perdre l'équilibre.
Hinata y répondit en faisant un pas de côté pour retrouver sa stabilité. Par réflexe, autant que par habitude, elle posa les mains sur la tête de Byagukan et commença à la flatter et à laisser glisser ses doigts dans sa fourrure. Ce doux contact lui criait que pour une fois, elle avait le droit de se montrer un peu égoïste, d'arrêter de penser à ce que les autres penseront ou feront. Après tout, penser aussi à soi-même était légitime. Oui, en cet instant, elle voulut faire preuve d'égoïsme et d'agir en fonction de ses envies, de ses désirs, et non en fonction de sa peur du mauvais jugement de ces vieux grabataires d'anciens. Continuant à caresser la jument, elle prit enfin sa décision.
« - J'aurai une condition.
- Laquelle ? Demanda le neveu de Kaguya.
- Que vous permettiez à Jérôme de monter Byakugan si je suis dans l'impossibilité de le faire… et peut-être m'aider à lui faire retrouver son emploi de moniteur.
- Si cela peut vous faire plaisir.
- C'est donc en vous remerciant que j'accepte, finit par dire la Hyuga.
- A la bonne heure, respira Toneri qui se surprit à avoir retenu son souffle pendant toute sa réflexion. Vous m'en voyez ravi et très heureux pour ma bête. Par contre, j'ignore s'il faut remplir un quelconque contrat.
- Il faut juste que vous alliez tous les deux à la direction signaler votre accord pour que le haras soit au courant des nouvelles dispositions, répondit Jérôme.
- Très bien, hocha de la tête l'Otsutsuki. Je vous propose d'y aller dès à présent. Qu'en dites-vous Hinata ?
- Euh, oui, pourquoi pas, acquiesça-t-elle, un peu gênée. Je reviens vite Jérôme.
- Oh, ce n'est pas la peine. Je vais finir d'installer Kurama et m'occuper des autres chevaux. Ma journée de travail n'est pas encore finie.
- Entendu. Je suis navrée de vous avoir monopolisé autant sur votre temps de travail, s'excusa Hinata. Je vous souhaite quand même une bonne fin de journée. Je reviendrai donc demain matin pour m'occuper de Kurama.
- Très bien. A demain, mademoiselle Hyuga, » la salua Jérôme qui lui fit comprendre qu'elle n'avait pas à être désolée.
Après tout, il ne remplissait que les obligations de son emploi. Toutefois, il était heureux du retournement de sa situation. Il allait revenir à sa passion première, enseigner ce qu'il savait de la pratique équestre et monter. Toutefois, cela allait demander au haras de trouver un nouvel palefrenier pour s'occuper des animaux pendant qu'il formerait les nouveaux cavaliers et s'occuperait d'Hinata, ainsi que des deux chevaux. Peut-être qu'il pourrait proposer la candidature de son propre fils qui était au chômage depuis déjà un certain temps. Cela valait le coup d'essayer. Pendant que Jérôme reprenait sa fourche et commençait à réfléchir à un plan de bataille, sur le chemin qui menait à l'administration, deux jeunes gens tentaient de trouver un sujet de conversation.
Toneri avait bien essayé, mais ce ne fut pas un grand succès. En fait, du moment où ils étaient sortis de l'écurie, Hinata avait repensé au journal du matin et de sa fameuse une. D'un coup, un malaise s'était instauré chez elle. Elle n'osait pas trop poser son regard sur son camarade du moment. Avait-il lu l'article ? Qu'en pensait-il ? Que désirait-il obtenir d'elle ? Sa proposition, qui se saura bien assez tôt, n'allait-elle pas remettre de l'huile sur le feu ? Et Naruto dans toute cette histoire ? Sans en prendre conscience, un long soupir sortit de sa bouche, interpella Toneri. Ce dernier ne sut pas trop comment réagir à cela. Il espérait juste que ce ne soit pas sa présence qui l'ait rendu tout d'un coup si nostalgique. Lui qui avait été si enchanté de retrouver la jeune femme. Lui à qui on venait de servir sur un plateau un moyen de se lier avec elle. Il allait devoir remercier sa tante d'avoir acheté ce fichu canasson.
Puis ne sachant pas pourquoi, il la vit s'arrêter pour ne pas bouger, la tête basse. Bien qu'il en ignore la raison, il en avait quand même une petite idée, car lui aussi il avait jeté un coup d'œil sur l'actualité. Retenant son envie de mettre les pieds dans le plat, il préféra ne pas bousculer Hinata par des questions, la laissant venir par elle-même au sujet qui avait l'air de la préoccuper. Cependant, c'était assez long à venir. Il sentait de l'hésitation dans l'attitude de la jeune femme, comme si elle pesait le pour et le contre. Il se demandait comment son ex avait fait pour supporter cette incapacité à s'affirmer, bien qu'il trouve cela assez adorable. Lui qui adorait tout contrôler, avoir une femme qui se plierait à ses décisions ne serait pas désagréable. Ce serait même assez valorisant pour lui. Toutefois, là, sa patience était mise à rude épreuve et il était sur le point de la perdre qu'enfin, la voix de la Hyuga se fit entendre.
« - J'aimerai savoir pourquoi ? Pourquoi, depuis que nous nous sommes rencontrés, vous faites tout ça pour moi ? Qu'attendez-vous de moi ?
-... Rien de spécial, répondit-il après un petit temps de réflexion à trancher s'il lui fallait lui dire la vérité. Ce ne fut que de simples coïncidences qui nous firent nous croiser. J'avoue que votre détresse m'a touché et que j'ai simplement voulu vous aider… Et puis, c'est vrai que vous confiez Byagukan m'enlève une épine du pied.
-…
- Je vous assure, rajouta Toneri face à un visage un peu circonspect qui lui fit offert. Je me demandai justement comment j'allais faire pour m'en occuper, n'ayant pas été satisfait des derniers cavaliers qui ont monté ma jument. Elle semble vous apprécier et vous l'aimez à ce que j'ai compris, alors j'ai sauté sur l'occasion. »
Face à la sincérité qu'elle lisait en lui, Hinata rendit les armes et prit le parti de le croire. Après tout, Jérôme avait désiré rentrer en contact avec lui pour Kurama. Que ce soit en fait une personne qu'elle connaissait, bien qu'un tout petit peu, facilite les choses. Toutefois, il existait un je ne sais quoi qui la dérangeait, mais surtout, il fallait résorber ce malaise qui lui broyaient les entrailles.
« - Je suppose que vous avez lu le…, essaya-t-elle d'aborder.
- Le journal ? Termina Toneri en voyant son hésitation. Oui, je l'ai lu.
- Ah, » se désola la Hyuga.
Voyant la tristesse, mais aussi la détresse dans les pupilles blanches de la jeune femme, Toneri se sentit comme un petit garçon devant sa mère en pleurs. Il était vraiment peiné de la voir ainsi et aurait tout fait pour lui épargner tout cela. Décidemment, elle allait lui coûter plus d'une fierté, lui qui n'avait pas l'habitude de s'apitoyer sur le sort des autres.
« - Ecoutez, Hinata, intervint-il en l'obligeant à le regarder à nouveau. Je suis navré que cet article vous ait fait du tord. Nous savons tous les deux que ce ne sont que des ragots qui ne sont publiés pour que certains se fassent de l'argent sur notre dos. Ne prenez pas trop à cœur ce qui a été écrit. Tant que nous connaissons la vérité sur la situation, le reste n'a pas d'importance.
-Je sais, mais je ne suis pas la seule impliquée, insista la Hyuga, l'image de Naruto en tête. Et ce n'est pas avec moi qu'ils ont été les plus durs et les plus injustes.
- Sachez que je compte bien découvrir d'où vient la source, et de porter plainte pour diffamation contre elle, mais aussi contre la rédaction de ce journal, l'informa Toneri qui lui, ne pensait pas du tout au blondinet. Si vous le souhaitez, vous pouvez vous joindre à moi.
- Oh, s'étonna-t-elle. Votre famille est prête à aller jusque là.
- Vous savez. Ce n'est pas la première fois que cela arrive, et ce ne sera certainement pas la dernière. Alors, l'action fut toujours notre créneau.
- Je vois. Les Hyuga préfèrent l'ignorance… Enfin, si cela ne concerne pas les affaires, fit un peu triste Hinata qui voyait souvent son honneur passé après l'entreprise. Bon, il faudrait que nous dépêchions. »
La Huyga reprit sa marche, un peu moins tendue. Il l'avait un peu rassurée sur le fait qu'il ne prenait pas au sérieux les insinuations de mariage entre eux qui entraînerait l'union des deux entreprises. Au moins, elle allait s'épargner cela. Toutefois, le destin en décida autrement. Toneri n'était pas du tout satisfait. En fait, il avait un arrière goût d'inachevé dans la bouche et il n'aimait pas ça du tout. Pour une fois qu'il avait l'occasion d'être seul avec elle, il ne pouvait pas passer à côté. Alors qu'elle était déjà à quelques pas de lui, il reprit la parole.
« - Ne vous chagrinez pas pour ça. Bientôt, ils auront vite fait d'avoir oublié. Ceci étant dit, nous ne pouvons pas non plus leur en vouloir…»
Cette simple phrase statufia Hinata. Elle avait un mauvais pressentiment et toute la tension qui commençait à la quitter, revint au galop dans son ventre. Elle redoutait ce qui allait suivre, car elle le sentait, il s'était lancé et il ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin. Toutefois, elle ne s'attendait pas du tout à ce qui allait venir.
« -… Nous formions un joli couple tous les deux. Ce serait quand même risible de les confronter à leur mensonge, se mit-il presque à rire. Bien qu'être ensemble serait assez plaisant, je dois dire.»
Et voilà, c'était la douche froide qu'elle redoutait le plus. Toneri était épris d'elle. Hinata ne savait pas comment réagir. Qu'un autre homme que Naruto lui avoue désirer plus qu'une relation d'amitié aurait peut-être dû la flatter, la rendre heureuse, mais c'était tout le contraire. Elle était plus que gênée et triste. Oui, triste de devoir faire de la peine à quelqu'un qui l'avait plus d'une fois aidé et qui semblait surtout la respecter. Toutefois, ce serait aussi très cruel de le faire espérer en vain. Elle savait que trop bien la douleur qu'on ressentait. Elle, qui était restée de dos le temps de cette petite confession, prit son courage à deux mains et fit face au jeune héritier. Ce dernier bouillonnait de l'intérieur, bien qu'à l'extérieur, il faisait son possible pour paraître maître de lui et de la situation.
« - Si vous avez lu le journal, je ne vous apprendrai rien, mais… je viens de vivre une rupture très difficile et…
- Oh, vous croyez que je souhaite…, commença l'Otsutsuki avant de réaliser qu'elle ne l'écoutait même pas.
- Je… je suis désolée, mais je ne peux pas m'engager… dans une quelconque relation… pour le moment… Et puis, j'ai peur que vous vous méprenez sur mon compte et sur ce que vous pensez éprouver pour moi. Avec notre rencontre, ce ne serait pas étonnant.»
Ceci étant affirmée, Hinata reprit le chemin des bureaux, bien décidée à en finir, car maintenant, elle n'avait qu'une hâte, se retrouver de nouveau seule. Au moins dans la solitude, personne ne risquait de lui rappeler tous ses déboires. De son côté, en Toneri, c'était un véritable raz de marée de déception et vents glaciaux qui sévissait en lui. Il en avait repris son calme et n'avait qu'une envie, la saisir par les épaules et la secouer comme un prunier en lui criant qu'il valait mieux que ce vanupied de Naruto, que c'était l'insulter que de le comparer à lui. Pourtant, il se retint. Oui, il se contenait, car il savait que ce n'était pas la chose à faire. La brusquer ne ferait que le desservir, mais surtout elle n'y était pour rien, et lui non plus. Tout était la faute de cet Uzumaki. Si au moins, elle ne l'avait jamais connu.
« - Vous l'aimez encore, n'est-ce pas ? »
Encore une fois, cette question qui sonnait plutôt comme une affirmation eut le don d'arrêter Hinata qui se mit à souffler, autant par fatigue que par lassitude. La politesse lui commandait de répondre, mais elle préféra garder le silence. A quoi bon épiloguer encore une fois sur ça, surtout avec une personne qu'elle ne connait pas vraiment et qui, elle le présentait, n'avait pas besoin de l'entendre lui avouer ce qu'il savait déjà. Toutefois, elle ne voulait pas se montrer grossière et prit sur elle pour l'inviter à changer de sujet en revenant à leur objectif premier.
« - Si cela vous pose un problème par rapport à Byagukan et si vous souhaitez revenir sur votre engagement, je le comprendrai très bien. Il ne sera pas donc nécessaire que nous allions jusqu'au bureau. Je vais retourner vers Jérôme et l'informer du changement. »
En prononçant ses mots, elle posa ses yeux de nouveau sur Toneri. A sa grande surprise, ce dernier, souriant, lui tendit la main comme pour la saluer. Surprise et n'y comprenant plus rien, elle fit de nombreux aller-retour entre cette main et ce sourire avant d'entendre une nouvelle fois sa voix.
« - Toneri Otsutsuki, enchanté de vous rencontrer, mademoiselle. Je suis ravi de vous confier ma jument.»
Toujours un peu dans le flou, la Hyuga finit par saisir ce que ce cinéma signifiait. Ce jeune homme au comportement des plus cultivé et assez surprenant sur le coup désirait visiblement reprendre tout à zéro, oublier les circonstances de leur rencontre pour ne se concentrer que sur le moment présent et voir ce que l'avenir leur réservait. Par ce geste, il balayait leur passé et ne désirait qu'on ne se souvienne que de ce moment pour leur présentation. Par ce geste, il était prêt à se contenter de lui montrer qui il était vraiment et d'une possible amitié. Hinata n'entrevoyait pas d'autre explication. Elle qui avait pensé devoir essuyer des tentatives de séduction et l'éconduite, s'était bien trompée. Elle se trouva un peu bête d'avoir présumée ses intentions sans savoir. Une fine risette apparue sur ses lèvres fines au moment elle lui rendit son geste en répondant à sa poignée de main.
« - Hinata Hyuga. Ravie également.
Se lâchant, les deux se mirent alors à rire doucement.
- Et si nous nous tutoyons, proposa le jeune homme.
- Volontiers, » accorda-t-elle.
D'un coup, l'atmosphère se fit moins tendue et ils purent reprendre où ils en étaient. Cheminant à ses côtés, la jeune femme était plus que soulagée que Toneri le prenne ainsi. C'était une certaine preuve de maturité. Quand à l'Otsutsuki, son cœur lui faisait un peu mal, mais surtout, il était dans l'incompréhension la plus totale. C'était bien la première fois qu'il avait l'impression d'être rejeté par une femme et il n'aimait pas du tout ça. En plus, il ne savait pas trop pourquoi il avait réagi en lui tendant la main. L'instinct peut-être. Quoi qu'il en soit, il en fut heureux, car il n'avait pas tout perdu et il était déterminé à obtenir Hinata par tous les moyens. Bientôt, les deux jeunes gens en terminèrent avec les formalités administratives. Ne pouvant pas rester plus longtemps, Toneri dut prendre congé autant pour ne pas paraître ni insistant, ni collant. Quand à la Hyuga, elle alla dire au revoir à Jérôme et gratifier d'une dernière caresse les deux chevaux avant de rentrer chez elle.
Pendant tout ce temps, dans le parc qui avait accueilli son premier baisé avec Hinata, Naruto était affalé sur un banc. Il avait le regard hagard et laissait ses souvenirs revenir à lui. Il revoyait les sourires de son ex. Il entendait son rire dans ses oreilles. Il avait même l'illusion de sentir son odeur dans la brise. C'était merveilleux. Il n'arrivait toujours pas à comprendre comment il en était arrivé à être de nouveau seul. Peut-être que le journal avait raison ? Ils ne seront jamais du même monde. Jamais il ne sera accepté par la famille d'Hinata et cela malgré tous ses efforts. C'était surtout cela qui était difficile à avaler. Vraiment qu'avait-il fait de mal ? Le blond ne savait pas trop depuis combien de temps il était dans le froid, mais il commençait vraiment à en sentir le mordant, surtout au niveau de ses extrémités. Se frottant les mains contre elles et soufflant dessus, il se résigna à rentrer chez lui. Il ne pouvait pas rester ici.
Sur le chemin, il entendit des éclats de voix. Curieux, comme tout le monde, il vit un couple qui se chamaillait dans tous les sens. Bien que la plupart des passants vaguait à leur occupation sans y faire attention, Naruto n'arrivait pas à se détacher de ces deux personnes entrain de se chercher gentiment. Une bataille de taquineries et de chatouilles paraissait être leur amusement et la source de leurs rires. Cela rappelait de fabuleux souvenirs à l'Uzumaki qui se tarda sur eux. Leurs silhouettes lui disaient vraiment quelque chose. Ce ne fut que quand il arriva à bonne distance qu'il les reconnut. Ses soupçons furent confirmés au moment où la femme se mit à nommer son compagnon par le prénom de Stéphen entre deux ricanements. Alors c'était bien le serveur du restaurant des Akimichi et sa meilleure amie Sonia… Enfin, meilleure amie serait à bannir vu comment les deux se dévoraient les lèvres à présent devant lui.
Alors comme ça, Stephen s'était enfin rendu compte des sentiments de la jeune femme. Il était temps, pensa Naruto, quand il se rappela qu'il n'avait pas été mieux. Tout comme Hinata l'avait aimé depuis l'adolescence, Sonia était éprise du serveur depuis aussi longtemps et avait même eu la souffrance de le voir en couple avec sa propre sœur. Son comparse avait visiblement laissé une nouvelle chance à l'amour malgré les agissements de cette dernière. Comment elle s'appelait-elle déjà ? Ah oui, Kin. Pourtant, cocu comme il avait été fait, il aurait été logique qu'il enferme son cœur à double tour et qu'il ait du mal à faire de nouveau confiance. Apparemment, il avait réussi à passer à autre chose et à tenter une romance avec Sonia. D'une certaine manière, il avait su faire preuve de maturité en laissant dans le passé ce qui devait y croupir.
Ce n'était pas comme lui, réalisa-t-il. Peut-être qu'il n'avait pas réussi à enterrer son lien avec Sakura. Peut-être qu'il n'avait pas envi d'une autre personne qu'Hinata, même pas sa meilleure amie. Toutefois, si Stéphen avait été capable de passer au dessus de la trahison, peut-être qu'Hinata aussi en trouverait la force, le bannissant de son cœur. Elle serait en droit de le faire, vu son comportement avec elle depuis quelques mois. En tout cas, les deux tourtereaux paraissaient bien heureux ensemble. Cette vision et un amère constat qu'un jour prochain, sa belle sera liée à un autre lui rappelèrent alors sa propre solitude. Soufflant, triste, Naruto laissa le couple à sa félicité et reprit son chemin. Arrivé à son domicile, il alla directement dans sa suite sans attendre et s'y enferma. L'ayant entendu rentrer, Iruka et Sasuke étaient sortis du salon que pour le voir passer sans qu'il posa une seule fois les yeux sur eux. Comprenant son besoin de solitude, ils le laissèrent tranquille. Derrière eux, se trouvaient Tsunade et Jiraya qui, mis au courant de la situation, se consultèrent du regard, comme pour se mettre d'accord.
Plusieurs heures plus tard, la nuit était bien tombée. Sur son lit, Naruto émergea d'un sommeil agité. Voyant qu'il était encore habillé, il réalisa alors qu'il s'était assoupi, alors que son esprit avait vagabondé dans tous les sens. Surtout, il avait faim. La sensation de creux à l'estomac lui était pénible et c'était certainement cela qui l'avait réveillé. Sachant très bien qu'il n'arrivera pas à se rendormir le ventre vide, il se leva et se dirigea vers la cuisine. Aucun bruit n'émanait de la maison, lui faisant comprendre que tous étaient partis se cocher. A destination, il y vit une assiette de victuailles protégés par un film alimentaire. Un sourire en coin, il murmura le prénom de son meilleur ami. Ce dernier lui avait mis de côté de quoi lui remplir la panse. Un sourire au coin de la lèvre, le blond le remercia, alors qu'il réchauffa son plat au micro-onde avant de s'attabler. Après s'être restauré, Naruto se mit à réfléchir. Que faire maintenant ? Il avait envi de prendre ses distances, de se ressourcer loin de Konoha. Repensant au havre qu'il avait découvert au cours de l'année précédente, il prit une décision. Se levant, il rejoignit sa chambre et balança sur son lit plusieurs sacs qu'il se mit à remplir.
Plus tard dans la matinée, alors que la vie avait repris son cours dans la ville, Sasuke était entrain de marcher dans un couloir de la demeure. Il avançait d'un pas assuré, décidé à sortir de son plumard son flemmard de frère. Il était déjà bien tard et il était temps qu'il quitte sa couette. Ouvrant avec fracas la pièce, l'Uchiwa se mit à crier un branle bas de combat. Malheureusement pour lui, seul un silence de mort lui répondit. Restant immobile dans l'embrassure de la porte, le jeune élève officier fit un tour de la propriété. Il y vit un lit défait, mais surtout des tiroirs ouverts et une armoire dont plusieurs vêtements dépassaient. C'était un véritable chantier, mais point de Naruto. Le croyant peut-être dans la salle de bain, Sasuke s'avança et y entra, mais là aussi, c'était vide. La panique le prit quand un détail l'interpela. La chambre était en désordre, sauf le bureau. Dessous, y était posée soigneusement une lettre. La prenant, il la lit et la froissa d'un mouvement rageur. Il garda ce même état d'esprit jusqu'à la cuisine où il fut accueilli par les autres habitants de la maison.
« - Alors, Sasuke, tu as réussi à réveiller Naruto, demanda Iruka.
- Non.
- Non ?! D'étonna l'instituteur.
- Ce n'était pas nécessaire.
- Ah, il était déjà levé.
- Non.
- Euh, là, je ne comprends plus.
- Naruto n'est pas là.
- Quoi ?! Cria presque l'Umino. Tu me fais une blague.
- C'est sûr que je suis du genre à faire ce genre de blague. »
Cette réponse jeta un froid chez ses camarades qui se regardèrent dans l'incompréhension la plus totale. C'était vrai que le ténébreux n'était pas du tout un moqueur né. En fait, il était bien tout le contraire. En termes de plaisantin, il y avait mieux que lui. Face à la mine inquiète d'Iruka, Mei tenta de le rassurer tant bien que mal. Sasuke montra alors le mot du blond à l'instituteur qui le lut après l'avoir défroissé. Au fil de sa lecture, son visage se détendit. Son fils adoptif était parti, ne supportant plus de rester dans une tension permanente. Le lieu de retraite indiqué lui disait en plus quelque chose. Il pourrait y aller, mais préféra le laisser à son isolement. Au moins, il savait où il se trouvait, ce qui était le plus important. De leur côté, Jiraya et Tsunade étaient plus que déçus, eux qui désiraient parler à leur filleul. Ce dernier les inquiétait et ce qu'Iruka leur avait raconté ne faisait que renforcer ce sentiment. Maintenant, ils vont devoir prendre leur mal en patience et attendre une autre occasion.
Par contre, Sasuke n'arrivait pas à décolérer, malgré les tentatives de Juugo. Ce dernier vit même son amant partir furibond dans le jardin sans qu'il puisse s'y opposer. Ce que l'Uchiwa ne savait pas, c'était que son attitude blessait son petit-ami qui se sentait de jour en jour bien seul à son tour. Après ce temps de solitude, le roux le revit réapparaître, mais l'Uchiwa ne daigna pas le regarder, préférant partir au sous-sol. Il était toujours plongé dans son état d'esprit, n'arrivant pas à s'en sortir. Ne le supportant plus, Juugo le rejoignit dans la salle de sport où il le trouva entrain de frapper le sac de sable.
« - Je peux savoir ce qui t'arrive, au juste, l'interpella Juugo.
- Rien.
- Et moi je suis le pape.
- Ne me fais pas chier, tu veux. C'est pas le jour.
- C'est toi qui fais chier, répliqua Juugo, perdant de plus en plus son sang-froid. Putain, vous êtes tous les deux les mêmes, Naruto et toi. Vous merdez, mais ce sont les autres qui en payent les pots cassés et j'en ai marre que tu ne vois rien.
- Juugo,…, fut surpris Sasuke.
- Oui, j'en ai marre d'être pris pour le dindon de la farce. Naruto se barre sans toi et c'est la fin du monde. Plus rien n'a de l'importance pour toi, à part qu'il est parti sans t'en parler. J'ai beau être là pour toi et te soutenir, tu m'envoies balader. C'est comme si je n'existais plus. En cet instant, je comprends de plus en plus Hinata.
-…
- Putain, j'en ai marre. Je me barre, s'écria le roux en tournant le dos à son petit-ami.
-…
- Mais, tu n'en auras rien à foutre, souffla Juugo face au manque de réaction. Car je ne suis pas Naruto. »
Aussitôt dit, aussitôt fait, autant furieux que blessé, il franchit le seuil et claqua la porte derrière lui. Il laissa un Uchiwa débité et sur les fesses. C'était bien la première fois qu'il voyait son compagnon aussi touché et aussi furibond à son encontre. Il avait plutôt tendance à encaisser. Il réalisa alors qu'il était peut-être allé trop loin cette fois. De plus, il reprochait à Naruto son comportement avec Hinata et Sakura, mais il se rendit compte qu'il faisait la même chose. Les derniers mots de Juugo le frappèrent de plein fouet au point qu'une peur s'insinua en lui. Ni une, ni deux, Sasuke se précipita après lui et réussit à le rattraper avant qu'il ne monta les escaliers.
Pour dire la vérité, Juugo s'était appuyé un instant sur le mur pour tenter de se remettre de ses émotions. Il ne le dira jamais, mais il avait déjà songé à la rupture. Il avait pourtant tenu bon, car il aimait sincèrement l'Uchiwa. De plus, il savait que si la situation avec le blond s'arrangeait, il retrouverait celui dont il était tombé amoureux. Il suffisait qu'il fasse preuve de patience, mais qu'est-ce que c'était dur par moment. Entendant des pas précipités derrière lui, il se redressa un peu pour donner le change, bien que son cœur n'y était pas. Une poigne forte lui saisit le bras, l'obligeant à faire de nouveau face.
« - Non, je n'en ais pas rien à foutre, furent les premiers mots qui franchirent les lèvres de Sasuke. Je t'interdis de penser ça… Et puis, pourquoi tu dis que tu te barres. Tu veux me quitter ?
- Je ne le veux pas, s'empressa de répondre le roux avant de détourner le regard, mal à l'aise. Mais pourquoi je resterai si tu es plus préoccupé par un autre, un autre que tu as aimé autrefois.
- Tu viens de le dire… que j'ai aimé. Oui, je le reconnais, Naruto me préoccupe et je n'aime pas quand il me laisse en plan comme ça. Nous avons toujours fait les choses ensemble, et on se disait tout,…, enfin presque tout.
- Sasuke, souffla Juugo. Il faut que tu grandisses un peu. Un jour ou l'autre, Naruto et toi ferez votre vie de votre côté et il est normal que vous gardiez des choses pour vous. Je ne dis pas qu'il faut que vous oubliiez votre amitié. Elle est magnifique et une telle longévité est beau à voir, en plus de ne pas être courant. Cependant, il a le droit de ne pas te tenir au courant de ses moindres faits et gestes... Tout comme toi d'ailleurs.
- Je sais, mais j'ai horreur d'être mis ainsi de côté, reconnut l'Uchiwa avant de souffler. Mais c'est vrai. Tu as raison. Ce n'est pas le fait qu'il soit parti qui m'a énervé, c'est le fait qu'il le fasse sans m'en parler. Quand je pense qu'il envisage de ne pas revenir à Konoha et qu'on se retrouve qu'à l'école militaire. J'enrage. Toutefois, je n'aurai pas dû déverser ma frustration sur toi.
-…
- Désolé.
- D'accord, accepta Juugo qui savait que présenter des excuses n'était pas une attitude des plus naturelles pour son amant. Je veux bien passer l'éponge encore cette fois, mais j'aimerai qu'on pense aussi un peu à nous… En plus, je ne suis pas certain que de s'éterniser ici soit une chose à faire. Naruto s'appuie trop sur nous et cela ne va pas l'aider à devenir plus autonome.»
Un silence suivit cette déclaration. Sasuke tentait de comprendre ce que son compagnon sous-entendait. Désirait-il donc déménager ? Avec lui ? Qu'ils trouvent tous deux à logement à eux pour commencer une vie à deux ? Ce n'était pas très clair, mais c'était une possibilité. En plus de cela, Juugo n'avait pas tord. Naruto agissait parfois comme un gamin avec ses caprices et à prendre des décisions sur un coup de tête sans penser aux conséquences. Le laisser face à ses responsabilités serait peut-être une solution. Et puis, il devait le reconnaître. Parfois, il se sentait un peu oppresser maintenant dans la maison de l'Uzumaki. Il aimait être entouré et se sentir en famille, c'était un fait, mais d'un autre côté, il aspirait de plus en plus à suivre ses propres règles et sa propre organisation. Ses réflexions furent interrompues par un effleurement sur ses lèvres. Juugo lui offrait un chaste baiser pour mettre un point final à leur micro-dispute. Gêné, Sasuke détourna la tête pour cacher ses rougeurs alors qu'il suivit le roux dans les escaliers.
Dès son arrivée chez elle, Hinata avait dû informer son père de son acquisition. Tout d'abord, elle le remercia d'avoir sauvé la jument. Hiashi resta stoïque face à ses remerciements, mais la brillance de son regard fit comprendre à sa fille qu'il était touché par cette attention. D'un ton égal, il l'informa l'avoir fait car c'était une magnifique bête qui méritait d'être opérée. Son aînée sourit, comprenant le sous-entendu. Il avait payé le vétérinaire et tous les soins pour elle, car il la savait très attacher à Byakugan et refusait qu'elle culpabilise. Ensuite, elle avait pris son courage à deux mains et lui demanda pourquoi il ne lui avait rien dit, surtout au moment où l'équidé avait été mis en vente.
Le chef de famille avala un peu sa colère d'être ainsi pris à parti, mais se contint. Il prit plutôt la décision de lui expliquer. De un, il ignorait que la jument avait été mise en vente. De deux, il avait gardé le silence sur son geste pour la simple raison qu'il savait qu'elle se serait empressée de retourner au haras pour remonter à cheval et il avait refusé de prendre ce risque. Le cœur d'Hinata loupa un battement face à ces dires. Elle sentit une douce chaleur d'amour filial l'envahir. Connaissant Hiashi et son incapacité à faire ressortir ses émotions, elle comprit ce qui l'avait poussé à ne rien lui révéler. Sa chute avait réveillé la plus grande crainte de son père, perdre à nouveau un être cher, son enfant qui plus est. C'était aussi pourquoi il ne l'avait pas encouragée à reprendre ses éperons, bien au contraire. Ce point réglé après quelques remerciements de circonstances, la jeune femme l'informa de la situation et lui parla de Kurama.
Au début, un peu surpris de l'initiative de son aînée, le chef de famille resta silencieux. C'était bien la première fois qu'elle s'imposait ainsi. Sa relation, bien que s'étant terminée avec fracas, lui aurait-elle donnée un peu de caractère ? Pas sûr, mais il reconnaissait bien là son cœur généreux. Finalement, il ne s'opposa pas à ce qu'elle posséda son propre cheval. Quel cavalier n'aurait pas envi d'en avoir le sien ? De plus, Hiashi la savait toujours en proie à la douleur de la séparation. Connaissant le bienfait qui ressortait de sa relation aux chevaux, pourquoi refuserait-il ce remède à sa fille ? Il l'informa donc qu'elle pouvait ce qu'elle jugeait bon, mais à la seule condition, que cela n'empiète pas sur ses études. L'héritière lui assura qu'elle y fera attention.
A quelques jours de la fin des vacances, dans une autre demeure, Kaguya Otsutsuki sirotait un verre de vin millésimé, le faisant tournoyer entre ses doigts aux ongles crochus et manucurés. Son regard était perdu dans le vide, alors qu'elle regardait le spectacle de la nature au travers de la fenêtre de son boudoir personnel. Son esprit était en pleine réflexion quand on toqua à sa porte. Après avoir appris la raison de cette intervention, elle se dirigea vers son bureau où l'attendaient ses neveux. Quand elle rentra dans la pièce, ces derniers étaient positionnés de part et d'autre de son fauteuil, toisant l'invité qu'on venait d'introduire. Ce dernier n'en menait pas large, tout en essayant de rien laisser paraître. S'installant, altière. Kaguya resta un instant dans un silence lourd, foudroyant l'homme devant elle d'un regard d'aigle au point que celui-ci crut qu'il allait s'oublier dans son pantalon.
« - Bien, que me vaut votre visite ? Commença-t-elle d'un ton sans appel.
- Monsieur a décidé de se plaindre et considère que nous l'avons lésé, ma tante, répondit un de ses neveux.
- Je te remercie pour se résumer, mais je pense que ce monsieur possède une langue et j'aimerai l'entendre.
- J'ai simplement appris que votre neveu, Toneri, a porté plainte contre X par rapport à l'article que j'ai rédigé, lui répondit son interlocuteur. Il compte bien remonter jusqu'à moi et me faire condamner pour diffamation et atteinte de la vie privée. Le rédacteur de mon journal m'a viré pour avoir osé lui faire publier de fausses informations et pour éviter qu'on l'implique, lui répondit son interlocuteur avant de continuer d'un ton colérique. Vous m'aviez pourtant assuré que je n'avais rien à craindre si j'écrivais un article sur votre neveu et la Hyuga. Vous-même avez répondu à mes questions de façon très explicite sur le lien qui existait entre eux.
- En êtes-vous sûr ? Questionna la femme d'affaire avec un sourire mesquin qui vit le journaliste blanchir. La rupture entre Naruto Uzumaki et Hinata Hyuga était exacte et ne serait pas restée secret bien longtemps… En qui concerne mon neveu… Je ne me rappelle pas avoir confirmé quoi que ce soit le concernant.
- Mais, vous…, ne comprenait pas vraiment son visiteur.
- Ce n'est certainement pas la faute de ma famille, ni la mienne, si vous avez extrapolé nos réponses et entendu ce que vous vouliez entendre. »
Le journaliste n'en croyait pas ses oreilles. Pourtant, il ne put que serrer les poings en baissant la tête, car il savait qu'elle avait en partie raison. Il se rappelait très bien l'interview. Nouveau dans la profession, il avait voulu marquer les esprits et se démarquer de ses confrères en arrivant à avoir un entretien avec la dirigeante de la très secrète famille Otsutsuki. A force de persuasion, il avait réussi. Enfin, c'était ce qu'il avait toujours cru. Ce n'était que maintenant qu'il comprit. On le lui avait fait croire. En réfléchissant bien, il prit conscience que sa présence, qu'il aurait voulu discrète, autour de la maison avait été repéré. Il avait été introduit que quand cela les avait arrangés, c'est-à-dire juste avant le bal. En fait, sa découverte à errer près des jardins avait donc été orchestrée. Pourtant, il avait imaginé le pire, comme se retrouver en prison pour être entré sur une propriété privée. Au lieu de ça, il avait été introduit au sein de ce même bureau et avait plaidé sa cause.
A son grand étonnement, la grande Kaguya Otsutsuki s'était montrée indulgente, elle qui était connue pour son intransigeance, sa froideur et d'être un véritable démon. Au lieu d'appeler la police, elle lui avait accordé un entretien sous condition qu'il ne parlerait jamais de ses sources. Il avait même rempli une déclaration sur l'honneur pour ça, une déclaration qu'il n'avait pas et détenue par la famille. Pas vraiment préparé, il avait posé des questions, notamment sur leur vie privée et de fil en aiguille il avait parlé de Toneri. Son interrogatoire était vif, et direct, ne poussant pas vraiment au débat. Son interlocutrice avait joué plus subtile, répondant en tournant autour du pot et sans vraiment confirmer ses soupçons. Il réalisa alors que son euphorie d'obtenir un bon papier lui avait fait oublier la prudence et de garder la tête froide. Il s'était fait avoir en beauté, l'ayant laissée diriger l'interview depuis le début.
Le journaliste l'avait même crue de bonne fois quand elle l'avait assurée qu'il pouvait écrire sans crainte un article plus tourné sur son héritier, mais sans papier signé de sa part, il ne pouvait pas le prouver. Avoir trouvé des photos du bal glissées sous la porte de son domicile, dans la nuit du nouvel an, l'avait poussé dans ce sens, pensant que cela venait de sa source. Ce n'était que maintenant qu'il se rappela que l'enveloppe avait été vierge. Cela aurait dû lui mettre la puce à l'oreille, mais la perspective de faire la une avait balayé sa raison et il s'était empressé d'aller à la rédaction du journal pour faire imprimer son article, appuyé par les photographies. Maintenant, il regrettait de ne pas avoir fait preuve de plus d'objectivité. Sortant de ses souvenirs, le journaliste défia tout de même Kaguya et ses neveux du regard. Il allait tenter de se défendre et de leur couper le clapet, mais il fut devancé.
« - Cependant, je comprends votre désarroi. Vous vous trouvé au chômage et juste à cause d'un malheureux papier. Ce n'est pas spécialement notre faute, Toneri étant totalement dans son droit de porter plainte… Que je sache, il ne vous a rien promis de son côté. »
Encore une fois, Kaguya avait raison. Même si elle, elle lui avait fait une promesse, son neveu n'était pas tenu à la remplir. Le piège se refermait sur le journaliste, qui ne savait vraiment pas quoi faire, à part peut-être se venger en déballant tout ce qu'il savait.
« - Quoi qu'il en soit, continua la maîtresse de maison en rédigeant quelque chose. Je pense que cela devrait suffire en termes de compensation… »
- Mais ma tante,…, tenta Momoshiki.
- Je ne tolèrerai aucune interférence.
- Veuillez m'excuser.
- Il va de soi que j'espère que vous l'accepterez, continua sa parente en se concentrant à nouveau sur son visiteur. Sinon, vous savez ce que vous risquez.»
La cheffe d'entreprise tendit alors au journaliste ce qui semblait ressembler à un chèque. La curiosité de ce dernier piquée au vif par la réaction de Momoshiki le poussa à se saisir de ce papier. Et en effet, c'était bien un chèque. Quand il en vit le montant, il en écarquilla les yeux. Tout le monde rêverait d'une telle somme, une somme qui mettrait une famille à l'abri de tout besoin pendant longtemps, surtout si elle était judicieusement placée. Relevant le visage, il plongea son regard dans celui de Kaguya qui affichait un sourire satisfait et sadique à la fois. Encore une fois, il comprit ses intentions. Retenant un instant son souffle, il se mit à réfléchir. Que faire ?
S'il acceptait, cela signifiait qu'il cautionnait les agissements de cette famille, mais surtout qu'elle se soit servie de lui, même s'il ne savait pas pour quelle raison. S'il refusait, cela montrerait son intégrité et il pourrait se servir de cette tentative de corruption contre eux. Cette manœuvre pourrait-elle lui permettre de retrouver son emploi ou une autre place ? Gagnerait-il autant ? Ironiquement, il eut un petit soupir, en haussant légèrement des épaules. Pourquoi se posait-il autant de questions ? De façon, il n'avait plus rien à perdre, à part la vie et il n'allait pas la risquer. Retrouver un poste était de toute manière trop incertain. D'un mouvement, il mit le chèque dans sa poche.
« - Je suppose que nous nous ne reverrons plus ni à Konoha, ni dans le pays. Je vous souhaite donc bon courage pour l'avenir, » salua Kaguya en lui tendant la main.
Toutefois, cette dernière resta dans le vide. Au lieu de s'en sentir offusquée, la cheffe d'entreprise agrandit son sourire qui se montra plus carnassier. Ce fut donc en silence que le journaliste prit congé et quitta la demeure des Otsutsuki en étant tout de même escorté par un domestique. Dehors, il s'empressa de rentrer chez lui pour préparer son départ prochain pour une destination lointaine. Ce qui ne sera pas difficile pour lui de trouver, ayant rêvé des Etats-Unis toute sa vie. Le plus difficile sera de convaincre sa compagne enceinte de le suivre. Si elle disait non, et bien tant pis. Ce sera triste pour l'enfant, mais il quittera la ville et le Japon sans elle. Il savait ces gens sans aucun scrupule. Ils seraient surement capables de le faire disparaître sans laisser de traces. Pendant ce temps, au sein du bureau, Urashiki comprit les actions de sa tante.
« - Combien lui avez-vous offert pour payer son silence et le corrompre ?
- Assez pour que cette offre étouffe tous les scrupules d'un homme qui se dit intègre et défenseur de la vérité, lui répondit sa parente.
- Cela prouve une nouvelle fois que les hommes sont tous influençables par l'argent. La soif de richesse prouve encore sa force, affirma à son tour le second neveu. Nous serons bientôt les maîtres de la ville.
- Tu as raison. Toutefois, fais attention à ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, » répliqua Kaguya en pensant à un certain blondinet.
En effet, le bref entretien qu'elle avait eu lors du bal avec Naruto lui avait permis de jauger le bonhomme. Une petite voix lui soufflait qu'il ne sera pas si facile à écarter, et certainement pas par la corruption. Sur ce point, il ressemblait trop à son père, et elle en savait quelque chose. Elle avait tenté de l'éloigner par ce biais et plein d'autres autrefois, mais en vain. Il s'était accroché comme une sangsue. Son fils semblait être fait du même marbre. Elle espérait que l'article allait faire son effet et le démoraliser au point qu'il lâchera enfin la Hyuga. La stratégie du scandale allait peut-être fonctionner. Enfin, pour l'heure…
« - Cette histoire enfin terminée, laissez-moi et retournez à nos affaires.
- Bien ma tante, dirent ses deux neveux simultanément.
- Une dernière chose, les interpella Kaguya alors qu'ils allaient atteindre la porte du bureau pour prendre congé. Aucun mot de tout cela à Toneri. Il ne faut pas qu'il apprenne que nous sommes les instigateurs de l'article et toutes nos actions sur la Hyuga. Sa plainte va lui servir pour l'atteindre. Ne gâchons pas cela.
- Que craignez-vous ?
- Comme tu l'as dit toi-même… Il n'est pas prêt à tout écraser sur son passage. Il risque de faire preuve de pitié… Toutefois, je sens que son désir d'obtenir la jeune femme va nous le mettre sur le chemin que nous souhaitons. »
Acquiesçant à cette analyse, les deux cousins promirent et prirent congé alors que Kaguya se plongea dans ses réflexions tout en caressant le médaillon qu'elle ne quittait jamais. L'image d'une femme aux longs cheveux roux et aux iris verts envahit son esprit qu'elle en ferma les yeux, se plongeant dans ses souvenirs d'un rire et d'une force de vie hors du commun. Bientôt, très bientôt, elle obtiendra ce qu'elle désirait le plus. Par la suite, les journées défilèrent, se ressemblant. Ainsi, à part cet interlude qui changea la vie d'un journaliste aveuglé par sa soif du scoop de l'année et en partance pour les Etats-Unis avec sa compagne, ignorante des faits qui l'avaient amené à cette décision, les jours se passèrent sans grand incident.
Hinata passait la plupart de son temps au haras pour s'occuper de Kurama et de Byakugan. Bien entendu, son premier souci fut d'acheter tout le nécessaire pour le poulain en couverture, bandes, protections, et matériels de soins. Les jours suivant, elle pansait la jument devant ce dernier qui humait les brosses dès qu'elles étaient à sa portée. Il lui était même arrivé de les prendre entre ses dents comme pour en connaître le goût. Puis, la cavalière s'attaquait au jeune équidé. Au début, elle glissait ses mains sur son pelage pour l'habituer à être touché. Puis, elle tentait le pansage. Ce fut assez fastidieux et lui demanda énormément de patience, ainsi que de calme. Il lui fallut plusieurs tentatives et jours pour qu'il accepte sans trop bouger le passage de l'étrille et du bouchon. Ce fut aussi le cas pour lui apprendre à donner le pied afin d'être curé. Bien entendu, au début, elle n'utilisait pas de cure pied et l'habituait juste au toucher de ses doigts sur ses jambes et à lever le pied sur demande. Puis, elle usa de l'ustensile sur quelques secondes pour ensuite prolonger le contact au fil du temps.
A chaque fois qu'elle venait, après la séance de pansage, Hinata le faisait marcher au licol, alors que Jérôme tenait Byakugan à leur côté. Auprès de sa mère, Kurama restait plus tranquille et tolérait un peu plus facilement de suivre la jeune femme. Les deux les emmenaient ainsi aux pâturages dès que le temps le permettait. Alors qu'ils les observaient quelques minutes à se défouler sur l'herbe, ils se mettaient un peu à parler. Ainsi, la Hyuga apprit que le palefrenier avait repris son poste de moniteur et que le haras avait embauché son fils pour le remplacer à son poste de soigneur. Bien que ce n'était pas forcément son plan de carrière initial, ce dernier avait été heureux de mettre fin à une longue période de chômage et se surprit à apprécier de travailler au milieu des chevaux, malgré la dureté des tâches. Il allait enfin pouvoir rembourser toutes ses dettes. Ce changement permit ainsi à Hinata de retravailler avec son instructeur favori.
En effet, elle avait repris le chemin des reprises équestres. Dès la première, elle avait été très confiante, mais avait un peu déchanté à la fin. En effet, sa longue interruption avait laissé des traces. Bien qu'elle avait retrouvé d'instinct les principales aides, elle sentait que sa position n'était plus la même et qu'elle accumulait les défauts. Elle avait un peu de mal à retrouver son équilibre et son ancienne aisance. De plus, elle constata qu'elle avait perdu en masse musculaire, surtout au niveau des abdominaux. Se soulever de terre pour se mettre en selle fut très pénible. Elle avait même cru qu'elle n'y arrivera pas jusqu'à une énième tentative réussie. Toutefois, malgré ce départ des plus décevants, Hinata avait persévéré et retrouva petit à petit ses repères. Elle avait, certes, encore des choses à améliorer, mais cela prenait le bon chemin. En tout cas, remonter Byugukan fut un véritable bonheur, malgré les courbatures. D'ailleurs, elle croisait de temps en temps son propriétaire.
En effet, Toneri fit l'effort de se rendre au haras assez régulièrement. Avant, y aller représentait une corvée. Il s'y était rendu l'autre jour sous l'insistance de sa tante qui ne lui avait pas laissé le choix. Il s'était bien posé la question sur les raisons d'une telle insistance, mais il l'avait vite oublié quand il avait vu Hinata. Elle avait même béni sa parente pour l'avoir poussé à monter dans sa Porsche. Il ne chercha même pas à comprendre comment elle l'avait su. S'il l'avait fait, il aurait découvert que Kaguya avait été informée de la présence de la Hyuga au sein du haras et qu'elle s'était empressée de l'y envoyer. Maintenant, Toneri s'y rendait avec une certaine satisfaction. Pourtant, il n'appréciait pas beaucoup de côtoyer des animaux de plus de 500 kg capables de le piétiner si l'envie les prenait ou de marcher dans le crottin salissant le bas de ses pantalons.
D'ailleurs, son animosité, qu'il tentait de la cacher au mieux, entraînait des scènes assez loquaces et assez amusantes. Plus d'une fois, Hinata s'était retenue de rire quand elle l'avait vu sursauter quand Kurama l'avait un peu bousculé en le poussant du museau, ou quand Byakugan le surprenait en ayant des mouvements brusques, surtout au moment où elle comprenait qu'elle partait au pré. Cela se voyait qu'il n'était pas du tout à l'aise avec les chevaux. Bien qu'elle se demande pourquoi avoir acheté une jument si ce n'était pas un passionné, elle se surprit à passer de bon moment avec Toneri. Il se montrait un agréable ami cultivé, bien qu'il parle surtout de lui et de ses projets. Il l'écoutait, certes, mais elle avait l'impression que c'était que d'une seule oreille. De plus, au fil de l'évolution de leur amitié, la nostalgie prenait Hinata. Les souvenirs affluaient en elle. Elle avait le sentiment de revivre la complicité qu'elle entretenait avec Naruto avant leur mise en couple.
Oui, elle se souvenait de tout et cela la chagrinait, car elle n'était pas certaine que ce type de relation avec le blond revienne. C'était comme si leur histoire commune avait détruit le lien qu'elle avait mis tant de temps à nouer avec lui. Elle regrettait un peu cette époque où les difficultés de l'amour ne s'étaient pas immiscées entre eux. Maintenant, un mur s'était élevé et il semblait très solide. De son côté, Toneri espérait ne pas servir de bouche-trou ou de remplaçant. Il passait de magnifiques moments avec elle, la sentant de plus en plus à l'aise avec lui, bien qu'encore un peu sur la défensive. Par contre, sur le plan sentimental, il n'avançait pas d'un iota. C'était au point mort, et il pressentait qu'elle ne sera pas si aisée à séduire. Ce constat mettait vraiment ses nerfs à fleur de peau, lui qui était habitué à ce qu'on lui baise les pieds.
Malheureusement, c'était Kin qui en payait le prix. Sa maîtresse devait de plus en plus souvent subir son impatience et sa frustration, et la délicatesse n'était pas vraiment au rendez-vous lors de leurs entrevues. Il la jetait rapidement dans son lit pour se défouler sans prendre en considération sa personne, prétextant d'avoir été impatient de la revoir... Enfin quand il pensait le lui dire. Leurs rapports étaient donc bien souvent douloureux au départ, mais elle ne se plaignait pas. En fait, bien qu'elle regrette ce manque de douceur, cette femme mariée ne voyait rien de mal à son comportement, enfermant sa raison derrière la passion. Elle était même plutôt heureuse à chacun de ses appels qu'elle empressait de satisfaire.
Toutefois, Kin n'oubliait pas qu'elle avait une rivale de poids en la personne d'Hinata. Elle brûlait de jalousie et regrettait de plus en plus son mariage, ainsi que cette maudite clause de perte financière en cas de divorce. Elle avait beau se répéter que c'était pour le bien et la réputation de l'entreprise Otsutsuki, savoir que son amant tournait autour de cette héritière la mettait en rogne pour la journée. Chacun de ses appels et de ses sollicitations avait donc le don de la rassurer et de la convaincre qu'il n'existait pas de sentiments derrière son empressement auprès de cette Hyuga. C'était juste dans un but commercial. Toneri ne lui avait rien avoué, mais plus elle le côtoyait, plus elle était certaine que c'était elle qu'il aimait. En tout cas, c'était ce que Kin se répétait à chaque fois qu'elle le surprenait avec la fille de Hiashi dans les rues de Konoha ou à un café.
En effet, il arrivait que son amant y croise plus d'une fois la fille de Hiashi. C'était souvent par hasard. Enfin, elle s'en persuadait, tout comme Hinata. Ainsi, cette dernière était bien souvent invitée à partager un verre par Toneri ou à faire un bout de chemin avec lui. C'était à chaque fois plaisant, bien que quand elle se devait de refuser, une lueur presque colérique passait dans les yeux clairs du jeune homme. C'était fugace, à un tel point que la Hyuga ne s'y penchait tant que cela, mettant cela sur la déception et la fatigue. D'ailleurs, elle retrouvait un jeune homme beaucoup moins formel, plus souriant et plus ouvert en dehors des mondanités, déjà dans sa façon de s'habiller. Son Jean et son manteau en cuir, bien de grande marque, lui donnait une allure à la fois rebelle et élégante. Toute femme aurait certainement été séduite par sa stature et le charme que cela lui donnait. Malheureusement pour lui, ce n'était pas le cas d'Hinata. Naruto habitait encore son cœur, ou alors elle était aussi aveugle que celui-ci l'avait été, pour voir tout ce qu'il faisait pour y entrer et y effacer le blond une bonne fois pour toute.
Ce fut ainsi lors d'une de ses sorties que l'Otsutsuki fit plus ample connaissance avec les amis de la jeune femme. Cette dernière était dans un parc en pleine discussion avec les filles qu'elle avait entendu qu'on la saluait. Reconnaissant la voix, Hinata était parti à sa rencontre.
« - Bonjour, Toneri.
- Je vois que le destin nous réunit encore une fois.
- Il semblerait.
- Je vois que tu es avec tes amis. Je vais donc te laisser,…, à moins que tu veuilles bien me les présenter. Je serai ravi de faire leur connaissance dans des circonstances un peu plus détendues, n'en ayant pas beaucoup moi-même.
- Oui,…, pourquoi pas, » lui accorda Hinata.
Ce fut donc suivi par Toneri qu'elle se dirigea à nouveau vers ses camarades d'enfance. Les voyant approchés, les petits-amis respectifs avaient rejoint leurs dulcinées, Gaara se montrant le plus possessif en serrant avec force l'avant-bras de Matsuri qui en grimaça quelque peu. Trop concentré sur le nouvel arrivant et à rassurer leur compagnon qui désirait marquer leur territoire face à un envahisseur séduisant, personne n'y fit attention. Après les présentations d'usage, il dut prendre congé, en souhaitant avoir la chance de les recroiser. Après son départ, tous posèrent leur regard sur Hinata qui ne savait plus où se mettre. Elle était rouge jusqu'aux oreilles. A cela, les premières à y réagir furent les filles qui se jetèrent sur elle pour avoir plus d'informations. Elles la bombardèrent tellement de questions qu'elles ne lui laissèrent pas vraiment de temps pour y répondre. Ainsi, elles n'apprirent pas grand-chose, à part ce que Hiashi avait lui-même appris.
Sasuke qui regardait tout ce déballage d'un mauvais œil, pensant à Naruto, remarqua que la plus déçue à ne rien se mettre sous la dent était Sakura, à moins qu'il ait des hallucinations. Se secouant la tête pour enlever de sa tête l'idée que la rose rêvait de mettre Hinata avec un autre, il préféra se persuader que c'était pour son meilleur ami qu'elle s'inquiétait également. Un touché de Juugo lui fit comprendre que ce n'était pas à lui de s'occuper de cela et que c'était à Hinata de faire ses choix. Soufflant silencieusement, il reconnut qu'il avait raison, mais il avait mal pour Naruto. Il était toujours persuadé que les deux étaient faits l'un pour l'autre et qu'ils s'aimaient encore. Il était tellement désolé que les choses se soient terminées ainsi. Il n'était pas le seul à s'y pencher. Shino, aussi, pensait qu'une autre fin aurait pu avoir lieu dans d'autres circonstances. Il avait hâte de terminer son projet et pour y arriver le plus rapidement possible, il s'entretint avec Shikamaru qui accepta de lui apporter son aide. En fait, les deux n'aimaient pas trop ce bellâtre qui avait osé faire un baisemain à toutes les filles, sauf peut-être Matsuri, surement à cause du regard assassin de Gaara.
Ainsi se passèrent les derniers jours des vacances. La rentrée était de nouveau arrivée au sein des écoles et des universités. Sasuke était de retour auprès de ses camarades élève-officier depuis la veille. D'ailleurs, il y retrouva comme convenu Naruto. Toujours un peu en colère contre lui, il lui envoya une bonne droite dans sa face. Les fesses au sol et la main sur la mâchoire, le blond en ria, comprenant un peu son frère de cœur. Montrant qu'il était sans aucune rancune, il accepta la main que Sasuke lui tendait pour l'aider à se relever. Ce fut sur le même ton que les deux se dirigèrent vers leur chambre tout en discutant. L'Uchiwa tentait de lui faire avouer où il était parti. Malheureusement pour lui, son ami resta dans le flou. Il ne sut que peu de chose. Naruto s'était reposé au sein d'un lieu un peu perdu dans la forêt. Il lui raconta même les tentatives de séduction de la gente féminine.
« - Et tu as succombé ? Demanda Sasuke, d'un ton curieux et voulant surtout savoir s'il avait trouvé de nouveau le bonheur ailleurs.
- J'aurai pu, vu que je suis libre comme l'air maintenant, lui avoua son camarade. Elles n'étaient pas mal, même très jolies, mais… L'image d'Hinata m'en a empêché. J'avais l'impression de la tromper… C'est idiot, hein ?
- Non, pas du tout, le rassura le ténébreux. Cela prouve sans doute que tu continues à l'aimer. Je pense que trahir tes sentiments t'a donné cette impression… ou alors tu as du mal à prendre le risque d'une nouvelle rupture si ta nouvelle histoire se termine mal.
- Je t'avoue que je ne sais plus vraiment où j'en suis par rapport à mes sentiments, lui révéla l'Uzumaki. M'éloigner d'elle m'a fait étrangement du bien… Après tout, je n'ai rien fait de mal durant notre relation, alors pourquoi pas passer à autre chose…, mais oui, tu as sans doute raison… Je vais avoir quelques difficultés à faire de nouveau confiance… Et puis, coucher pour coucher, ce n'est pas mon truc.
- Ouais, si ce n'est pas pour se respecter, il n'y a pas d'intérêt.
- A part se faire un peu plaisir.
- Un plaisir bien éphémère. Enfin, certain y trouvent leur compte, affirma l'Uchiwa en pensant à Kiba. Qui sommes nous pour les juger ? A chacun de savoir si cela leur convient et tant qu'il se respecte et respecte l'autre.
- Pas faux, lui accorda Naruto. Bon, je pourrai à la rigueur tenter une histoire avec Sakura.
- Tu es sérieux ?!
- Depuis qu'elle a remis de l'ordre dans sa vie, elle ne m'a jamais abandonnée. J'ai confiance en elle.
- Mais est-ce que tu l'aimes,…, enfin, tu sais, pour envisager ça ? »
Le silence suivit cette question. L'Uchiwa n'en croyait pas ses yeux et ses oreilles. Alors comme ça, son meilleur ami avait réfléchi à se mettre en couple avec Sakura. Il avait beau avoir très bien entendu son affirmation, il avait du mal à la croire vrai. Soudain, un rire s'éleva dans les airs. Tournant la tête, Sasuke vit Naruto se plier en deux, s'esclaffant comme un enfant. Les larmes aux yeux, ce dernier se calma au bout de quelques secondes d'un fou rire.
« - Tu aurais dû voir ta tête. C'était trop drôle.
- Tu t'es moqué de moi, réalisa l'Uchiwa. Punaise, Naruto. Je vais t'exploser.
- Ok, ok, ok, leva les mains le blond pour se protéger. Désolé, mais je n'ai pas m'en empêcher.
- Pst. Tu n'es qu'un gamin, tu sais ça.
- Si tu le dis, lui accorda l'Uzumaki avant de reprendre un ton plus cérémonieux. Plus sérieusement. J'ai besoin d'être un peu seul. De plus, je ne pense pas retomber amoureux d'une autre pour le moment… et certainement pas de Sakura. Et puis, il y a Lee.
- Ouais. Il semblerait qu'il passe de plus en plus de temps avec elle. Sakura m'a avoué se sentir bien avec lui, alors il a ses chances.
- Parfois, je nous imagine bien accompagner notre petite sœur jusqu'à l'autel où un Lee euphorique l'attendrait. Ce serait drôle, surtout s'il en vient à détruire la salle de réception à cause d'un peu d'alcool. Tu te souviens comment on a découvert son effet sur lui ?
- Ouais, pouffa Sasuke. Je crois que c'était à la plage, avec nos premières bières. Il avait défié des mecs plus âgés et plus baraqués que lui. C'était un vrai carnage. Il en a envoyé plusieurs à l'hôpital.
- En y rependant, heureusement, qu'aucun n'a porté plainte.
- Ils avaient trop honte de s'être pris une raclée par un gringalet qui faisait la moitié de leur taille, » ria Naruto.
La discussion continua ainsi entre les deux meilleurs amis, le ténébreux préférant ne pas aborder le sujet de Toneri et lui apprendre son rapprochement avec Hinata. Tout cela se fit sous le regard d'un Shino silencieux. Ce dernier avait été témoin sans le vouloir de la conversation. Il avait rangé son frein quand il avait entendu Naruto ne rien se reprocher et pensa à ce qu'il avait dans son sac. Son projet était terminé et il espérait que cela lui fera ouvrir les yeux. Il ne savait pas trop ce que cela allait amener, et se posait encore la question s'il le lui donnera. Enfin, pour le moment, il regarda au loin et y vit Neji qui ne dénia pas saluer l'Uzumaki. Il eut un léger hochement de tête à l'encontre de Sasuke et pour lui, mais rien pour ce dernier. Il semblerait que les quatre mousquetaires étaient morts.
