Les semaines suivantes suivirent leur cours normal, sans trop de changement. Tous étaient submergés par leur étude et leurs travaux respectifs. La seule différence notable avec le semestre précédent se présenta sous la forme d'étudiants assidus à séduire une héritière. Heureusement pour elle, ils n'étaient pas nombreux. En effet, la majorité des universitaires étaient déjà en couple ou donnaient foi à la une de ce fameux journal. Face à un jeune homme autant riche qu'appartenant à une famille des plus influentes, ils se décourageaient avant même de tenter leur chance. Et puis, ils avaient d'autres objectifs que de courir derrière une fille. Ils étaient déjà entrain de construire leur avenir, tout comme la plupart de leurs homologues féminins dont l'indifférence la plus totale était le credo. Par contre, pour une minorité de la gente masculine, la savoir de nouveau célibataire avait réveillé chez eux une certaine convoitise.
Certains se montrèrent subtils et des plus polis. Toutefois, après quelques tentatives, ils jetèrent l'éponge. En fait, ils comprenaient bien vite qu'elle avait plutôt tendance à les fuir et qu'il ne servait à rien de continuer, surtout quand la rumeur d'un cousin capable de les envoyer à l'hôpital arrivait à leurs oreilles ou face à des yeux masculins inquisiteurs. En effet, Juugo et certains de ses amis veillaient au grain. Certaines personnes pourraient penser qu'ils faisaient cela pour le compte de Naruto, mais ce serait une erreur. Ils tentaient de les jauger et ainsi de la préserver des profiteurs. En plus de cela, la Hyuga était peut-être jolie, mais son manque de confiance et sa personnalité refroidissaient ces étudiants quelque peu. Elle ne leur convenait pas vraiment. Par contre, ils découvrirent une personne ouverte et accessible, en gros le contraire de l'image qu'ils avaient des gens richissimes. Au final, ils retournèrent à leur vie.
D'autres n'eurent pas la même considération. Tout ce qu'ils désiraient était de l'avoir dans leur lit, et pourquoi pas profiter de sa fortune. Cependant, ils craignaient un peu Hiashi et sa capacité à réclamer justice dès que quelqu'un osait toucher à un seul cheveu de sa fille. Courageux mais pas téméraire, enfin, s'ils avaient encore conscience de la gravité de leur acte. Malheureusement, une minorité d'entre eux laissaient bien volontiers cette petite voix au vestiaire. Ainsi, plus d'une fois, alors qu'elle était seule à marcher dans les couloirs, Hinata devait faire face à l'assiduité de jeunes hommes de plus en plus lourds à se croire les plus séduisants ou les bad boys casanova de l'université. Cependant, ils repartaient à chaque fois la queue entre les jambes, une queue glacée par un snobisme glaciale de leur cible.
Pas qu'elle désirait leur manquer de respect, mais la Hyuga ne supportait pas ce genre de type qui se croyait irrésistible ou d'être simplement le centre d'intérêt des autres dont elle suspectait les intentions. Alors, elle les fuyait, jouant l'indifférente. Pas qu'elle n'aimait pas faire de nouvelles connaissances et de discuter, mais son cercle d'amis lui suffisait amplement. Malheureusement pour elle, vexés ou pensant juste que ce n'était plus qu'une question de temps pour qu'elle tombe dans leur filet, certains ne comprenaient pas vraiment le message. Ainsi, bien qu'ils gardent d'une certaine façon leur distance, Hinata dut faire face à des ragots, des sifflements, certes discrets, mais présents, qui ne laissaient aucun doute sur leur dessein. En plus de cela s'ajoutèrent d'autres murmures. Ces derniers féminins avaient certes beaucoup diminué ces derniers mois, mais ils revinrent au grand galop suite à cette assiduité masculine.
Plus d'une fois, l'ex de Naruto dût faire face aux regards noirs de certaines de ses camarades universitaires qui voyaient d'un mauvais œil l'intérêt de leur crush sur elle. Celles-ci ne supportaient pas ne pas réussir à séduire leur cible ou de réaliser qu'elles n'étaient qu'un plan d'un soir pour eux. Au lieu de comprendre d'où venait leur aveuglement sur le type d'homme qu'était leur amant ou que leur coup de cœur n'était pas forcément intéressé, elles préféraient en rejeter la faute sur Hinata, mais surtout sur sa position sociale et sa fortune. Ainsi, recommencèrent les commentaires calomnieux et les ragots comme quoi, elle se « tapait » un homme tous les soirs avant de le rejeter pour un autre le lendemain. Ces célibataires frustrées étaient rejointes à certain moment par les femmes jalouses qui craignaient de voir leur petit-ami succombé à cette héritière et ainsi, les tromper. Des scènes de ménage avait parfois lieu après le passage de la Hyuga, si une d'entre elles espionnait son copain la suivre du regard ou juste lever les yeux sur elle.
La pauvre victime ne sentait alors mal d'être responsable d'autant d'animosité amoureuse, priant ne pas être la cause de rupture. Bien que tous ses détracteurs ne fussent pas nombreux, leurs moqueries et leurs attaques blessaient la fille de Hiashi au fil du temps, mais surtout réveillaient la peur qu'elle avait ressenti l'année précédente face aux pamphlets. Au lieu d'être écrites, toutes les critiques étaient prononcées sous cape. Ce qui était pire, car avant, elle avait pu espérer qu'une poignée était contre elle, mais maintenant, les rumeurs risquaient de se répandre comme une nuée de poudre, et déclencher un véritable enfer pour elle. Elle qui avait tant apprécié cette période d'alcalmie, se vit replonger dans la tourmente. Ne voulant s'y noyer, Hinata s'accrocha à un fin espoir. Que cela ne durera que le temps de quelques jours. En attendant, elle tentait tant bien que mal de donner le change.
Cependant, son vœu ne fut pas entendu. En effet, plus les jours passaient, plus les murmures s'accentuaient sur son passage. Au fil du temps, sa silhouette se tassait pour paraître la plus petite possible, ses épaules se lever, comme pour cacher son visage et s'extraire de la réalité, alors qu'elle marchait parmi les étudiants. Pourtant, ces derniers gardaient leur distance. Leur aura était toutefois si sombre sur elle que la sœur d'Hanabi avait l'impression d'être envahie. Cette dernière était ainsi de plus en plus décontenancée, ne sachant pas trop comment réagir. Elle avait bien tenté encore une fois de se faire entendre par le doyen de l'université ou par le professeur responsable de sa branche, mais rien ne vint pour l'aider, à part des conseils de patience et de l'hypocrisie.
Quand à ses amies, elles semblaient ne rien voir. Il fallait dire que la jeune torturée faisait tout pour ne rien montrer, se faisant très discrète. La peur du jugement ou qu'on s'en prenne à ses copines de toujours, ou qu'on lui tourne le dos à cause de ses problèmes, l'empêchaient d'en parler. Et puis, elle croyait dur comme fer que se plaindre l'aurait montrée faible et encouragerait ses détractrices à accentuer leur attaque. Elles allaient surement se lasser et passer leur chemin. Ce n'était qu'une question de patience, se rassurait comme elle le pouvait Hinata. Sinon, à côté de cela, sa vie allait plutôt dans le bon sens. Tout se passait bien auprès de Kurama et Byakugan. Les anciens semblaient lui foutre la paix et ne lui cherchaient plus des poux. Certains avaient bien sûr l'indélicatesse de lui demander comment cela s'avançait avec Toneri. Et du bien entendu, elle ne répondait rien, sachant pertinemment qu'il ne servait à rien de les démentir.
L'héritière n'avait pas du tout envi qu'ils la bassinent avec un sermon comme quoi il lui fallait lui mettre la main dessus. Elle était certaine qu'ils auraient été sourds à la réalité de leur lien. Pourtant, seul de l'amitié les unissait tout deux. Comme promis, les jeunes gens étaient repartis sur de nouvelles bases. D'ailleurs, en parlant de l'Otsutsuki, Hinat l'avait bien souvent croisé au centre équestre, mais également dans les rues et les parcs de Konoha. A chaque fois, cela semblait du pur hasard, mais il n'était pas rare que le neveu de Kaguya l'invita à boire ou à cheminer ensemble. Habillé un peu plus décontracté dans son jean, son t-shirt et son polo, il ressemblait aux jeunes de son âge. Comme si l'habit faisait le moine, Toneri se montrait alors plus abordable et détendu, se mettant souvent à plaisanter, bien qu'il était du genre plus sérieux que Naruto.
Ce dernier, à côté, était l'image du boutentrain, de celui qui laissait sa partie enfantine s'exprimer, refusant que la morosité l'emporte sur la joie de vivre. Certes, les derniers mois l'ont montré sous un ciel de nuage, mais elle était certaine, qu'avec l'aide de leurs amis, mais surtout de Sakura, la vraie personnalité du blond ressortirait bientôt. Penser à lui, rendait nostalgique Hinata. Celle-ci n'arrivait pas à s'empêcher de comparer les deux hommes. Ils étaient à la fois semblables et différents. Elle avait appris lors d'une de leur excursion, que Toneri avait, tout comme Naruto, perdu ses parents et avait vécu un enfer à l'orphelinat et dans les différentes familles d'accueil jusqu'à ce que sa tante vienne le chercher.
Ce qui différait entre eux fut la façon d'aborder le sujet. Chez l'Uzumaki, son récit avait été rempli de pudeur. Il ne l'avait jamais crié sur tous les toits, en parlant qu'aux personnes dont il avait confiance. Pas qu'il en avait honte, mais il estimait que cela appartenait à sa vie privée et qu'il refusait d'engendrer de la pitié à son égard. C'était surtout ce sentiment dont Naruto ne voulait pas entendre parler. Il s'était toujours battu pour qu'on le juge en fonction de ses actes, et non au travers de son malheureux passé. A l'opposé, son enfance fut pratiquement le premier thème abordé par l'Otsutsuki, comme une revendication. Cependant, une étrange émotion avait envahie Hinata. De la compassion, certes sentiment non répréhensible, mais il existait autre chose. C'était comme une gêne, comme si par son histoire, il désirait faire naître de la sympathie que par ce biais. Ce ressenti se renforça et se vérifia quand, une après-midi, Toneri fit plus ample connaissance avec les amis de la Hyuga.
Comme à l'accoutumée, il l'avait croisée au détour d'un parc à l'improviste, enfin, semblait-il. Constatant qu'elle était entourée de ses plus proches camarades, Toneri avait alors formulé le souhait de leur être présenté un peu plus informellement que la dernière fois. N'y voyant pas d'inconvénients, Hinata avait alors accédé à sa demande. Bien qu'un peu suspicieux et un peu réticent dans l'ensemble, à part peut-être Sakura qui l'accueillit avec un grand sourire, tous lui souhaitèrent la bienvenue. Il était un ami à une d'entre eux, alors pourquoi ne pas faire connaissance et cela malgré le fait qu'il existait une certaine gêne par rapport à Naruto. L'Otsutsuki se montra alors charmant, ouvert d'esprit et chaleureux, s'intéressant à chacun d'entre eux. Ainsi, après un petit résumé de sa vie, mais surtout de son enfance, qui engendra un nuage de compassion, surtout chez la gente féminine, il leur posait des questions et les écoutait avec cérémonie. Il accepta même un défi de Lee, en riant de l'excentricité de ce dernier. Le disciple de Gaï avait vu le sourire de sa rose et la suspecta d'être intéressée par le jeune homme. Face à un nouveau rival, il avait pris le taureau par les cornes et était décidé à lui montrer qu'il était prêt à ne pas se laisser faire, tout en espérant impressionner la belle.
Ce ne fut pas le seul à ressentir des doutes sur l'Haruno. Ino aussi avait espionné sa façon d'accepter Toneri, se montrant la plus touchée par son histoire, mais aussi la plus curieuse sur sa personne. La blonde se promit alors de la prendre à part pour en connaître tous les aboutissants. Dans le souci d'en savoir plus, elle fut à l'image de sa meilleure amie et se mit à poser énormément de questions. Saï le prit assez mal, les mêmes soupçons de Lee lui arrivant à l'esprit, mais à l'encontre de sa fiancée cette fois. Il s'était alors approché d'elle et d'un geste possessif, l'avait plaqué contre lui alors qu'elle discutait avec l'Otsustsuki. Regardant son amant, Ino y vit la jalousie et, bien que touchée, essaya de lui faire comprendre par une caresse subtile sur le bras, qu'il n'avait rien à craindre. Face à cette scène, Toneri en profita pour les féliciter de leurs fiançailles. Le couple en fut surpris avant de comprendre par ses dires que ce fut Hinata qui l'en avait informé.
Entendre que leur compagne divulguait des informations privées à un parfait inconnu, hérissa les poils de Matsuri. Une angoisse autrefois endormie par une promesse de confidentialité et de silence prononcée par la dite héritière se réveilla en elle. Si elle était prête à dévoiler certaine chose sur son entourage, qu'avait-elle pu lui dire la concernant ? Cette crainte fut telle qu'elle lorgna sur son petit-ami, comme si elle attendait quelque chose de sa part. Etait-ce en mal ou en bien ? Personne ne le sut, pas même Temari, trop concentrée qu'elle était sur le nouvel arrivant. Suspicieuse que cette dernière était avec les hommes, la No Sabaku essayait de le jauger, mais ne vit rien qui l'alarma. Toneri était souriant, avenant et des plus attentionnés. Il regardait chacun avec des yeux notant le respect et une bienveillance notoire. Aucune perversité ne semblait briller derrière ses pupilles. De par son attitude, il était l'exact opposé de Naruto tout en étant semblable. L'un était une véritable pile électrique, ayant fait du mal à une de ses amies, alors que le second était plus calme, dégageant pourtant une énergie forte, tout en semblant protecteur. C'était assez déroutant comme sensation, mais elle comprit pourquoi Hinata paraissait à l'aise avec lui.
Temari délaissait donc Matsuri, qui ne savait plus où se mettre et se contentait d'être silencieuse, la tête basse à côté de Gaara, étranger à tout ce qui l'entourait. La sœur de celui-ci préférait visiblement observer l'Otsutsuki. Ce dernier continuait à discourir avec Saï qui découvrit chez son interlocuteur un passionné d'art. Pendant de longues minutes, les deux jeunes hommes parlèrent de peintures, de sculptures, mais surtout de la vision du fiancé d'Ino. Au fil de leur conversation, ce dernier oublia bien vite sa suspicion face à un connaisseur qui semblait boire ses paroles, et s'intéresser à ses projets futurs. Toneri alla même plus loin en informant le futur peintre qu'il désirait ouvrir un jour une galerie d'art et qu'il comptait sur lui pour être le premier exposant. Sa façon de voir les choses l'enthousiasmait. La Yamanaka en fut si heureuse pour Saï qu'elle omit à son tour d'interroger Sakura sur son subit intérêt pour le nouvel ami d'Hinata.
L'étudiant en art ne fut pas le seul à avoir droit à cet enthousiasme. En effet, durant une autre rencontre fortuite ou non, Choji en bénéficia également. Le neveu de Kaguya se préoccupa ainsi de l'Akimichi. Au fil des questions, celui-ci lui apprit qu'il souhaitait étendre les affaires en diversifiant un peu plus l'entreprise familiale. Pourquoi ne pas faire connaître la cuisine polynésienne au monde ? Sa relation avec Karui lui en avait fait gouter la saveur et avec le père de sa dulcinée, il avait déjà abordé le projet. Là encore, Toneri l'informa être prêt à investir dans ce domaine, lui qui aime tant manger de la bonne cuisine. Ainsi, l'Otsutsuki fit son possible pour être accepté par le groupe. Tous le voyaient leur relation avec lui sous les meilleurs auspices. De plus, la plupart des filles pensait qu'il correspondait bien à Hinata.
Oh, bien sûr, la concernée les contredisait, affirmant qu'il n'était qu'une connaissance, voir même un ami. Tenten abandonnait bien vite, consciente que son cœur appartenait encore à Naruto. Il fallait être aveugle pour ne pas le comprendre, quand on l'espionnait entrain de regarder de vieilles photos. La nostalgie et l'amour se lisaient dans ses yeux. D'ailleurs, la future professeur d'éducation physique se demandait comment Neji allait réagir au nouveau soupirant de sa cousine. Elle angoissait de revivre le même scénario qu'avant la rupture. Karui et Temari s'en fichaient un peu au final. Ino était plus préoccupée par l'attitude de Sakura pour pousser plus loin. Cette dernière était la plus assidue à pousser la Hyuga à la confidence sur ses réels sentiments pour Toneri, la poussant presque à oublier le blond dans ses bras. Combien de fois l'avait-elle entendue lui dire qu'il formerait un beau couple ? La Yamanaka ne savait pas pourquoi elle agissait ainsi. Etait-ce pour l'aider ou pour l'enfoncer ? Etait-ce pour récupérer Naruto ? En tout cas, ses interrogations se réveillèrent à nouveau. Ainsi un jour, elle aborda sa meilleure amie.
« - Sakura, j'aimerai savoir quelque chose ?
- Quoi donc ?
- A quoi tu joues avec Hinata ? J'ai l'impression que tu veux l'inciter à sortir avec son nouvel ami. Je croyais qu'il te plaisait.
- Quoi ?! Mais pas du tout !
- Ah bon, j'ai cru pourtant, vu comment tu l'as accueilli l'autre jour. Tu es sûre qu'il ne t'a pas tapé dans l'œil ?
- Non, pas spécialement, se mit à réfléchir Sakura. Bien qu'il est un beau jeune homme et d'un certain côté, il me fait penser à Naruto. C'est surement pour ça qu'il a su toucher notre petite timide, elle qui a tant de mal à se lier avec quelqu'un.
-…
- Tu as raison dans un sens. Il aurait pu me plaire, continua la rose face au silence d'Ino. Cependant, je trouve qu'il irait mieux avec Hinata. Ils sont du même milieu. Ils sont calmes tous les deux, ayant reçu la même éducation. Ils ont pas mal de points communs. Oui, il est le type de mec pour Hinata.
- Et puis, cela t'arrange. Tu pourras avoir Naruto comme ça, testa la Yamanaka.
- Ne dis pas de bêtise, voyons. Tu sais bien qu'il ne me voit que comme une sœur, même après sa rupture… Bien que…
- Bien que… ?
- Je ne sais pas si je peux te le dire, mais Naruto m'a fait une confidence il n'y a pas si longtemps au téléphone.
- Une confidence ? Quelle confidence ?
- Et bien, se mit à murmurer Sakura. Ses sentiments pour Hinata se seraient estompés. Il commencerait même à penser que leur rupture était le mieux à faire, vu qu'au final, ils n'étaient plus si heureux ensemble. Il a même reconnu qu'il était plus préoccupé par moi que par elle. Ce qui veut tout dire pour lui.
- Et ben.
- Il aurait même rencontré quelques filles durant ses week-ends.
- Alors c'est là que se trouve l'explication de son absence ces derniers temps ?
- Apparemment, haussa des épaules l'Haruno. Il paraît même que Sasuke le suit dans ses frasques pour éviter qu'il fasse une bêtise.
- Et bien, pauvre Juugo, se mit à souffler Ino en rajoutant pour elle-même, pauvre Hinata. Il doit se sentir bien seul… Dommage qu'il refuse de venir avec nous. Nous aurions pu lui remonter le moral. C'est un chic type.
- C'est vrai. Enfin, nous ne pouvons pas l'y obliger.
- Alors c'est pour toutes ces raisons que tu mets ton grain de sel avec Toneri. Pour ne pas qu'Hinata soit trop triste quand elle le découvrira. Elle aura déjà quelqu'un.
La rose acquiesça, en affichant quand même un petit air désolé.
- En tout cas, cela n'empêche pas Naruto de trouver du temps pour t'appeler, continua la petite-amie de Saï. Tu crois qu'il serait possible qu'il ait à nouveau des sentiments pour toi ?
- Je ne sais pas, reconnut Sakura.
- Et si c'était le cas, que ferais-tu ? Tu sortirais avec lui ?
- Honnêtement, seul l'avenir connait la réponse, lui répondit son amie, d'un air énigmatique. Et puis, si cela arrivait, Hinata ne pourra s'en prendre qu'à elle-même. C'est elle qui a voulu rompre. Je n'ai rien fait pour ça. »
Ne désirant pas pousser plus loin cet interrogatoire, Sakura s'éloigna et reprit le cours de leur sortie entre meilleure amie. Alors qu'Ino, comprenant le message, la rattrapait, la porte du magasin devant laquelle elles s'étaient arrêtées pour parler, s'ouvrit. Elle céda le passage à une Hyuga, des larmes dans les yeux, sortant de sa cachette. Sans le vouloir, elle avait entendu la conversation alors qu'elle-même était de sortie avec sa sœur. Elle avait aperçu ses amies et avait désiré les saluer quand les révélations de la rose étaient arrivées à ses oreilles. Cela l'avait arrêté net dans son entreprise. Alors comme ça, Naruto acceptait enfin la rupture et reconnaissait la véracité de ses propos lors de leur séparation. Bien que soulagée, le cœur d'Hinata était meurtri, comme s'il avait espéré le contraire. Maintenant que faire ? Le prendre en exemple, et laisser une chance à quelqu'un d'autre ? A Toneri, peut-être ? Elle n'était pas aveugle, et avait bien vu l'ambiguïté de son attitude à son égard. Il disait vouloir de l'amitié, mais une petite voix lui disait qu'il aimerait plus que cela. Il fallait voir tous ses efforts pour se faire accepter par son entourage et les ronds de jambes qu'il faisait aux anciens.
Tous l'acceptaient parmi eux. Enfin, tous était un grand mot. En effet, Shikamaru restait assez distant, ne désirant pas vraiment mieux le connaître, mais sans pour autant l'envoyer se faire voir ailleurs. En fait, il donnait plus l'impression de le surveiller. Hinata mit ce comportement sur la loyauté que le Nara avait pour Naruto. Maintenant qu'elle était au courant de ce qui se tramait, ou plutôt qui risquait de se tramer entre Sakura et son ex, quelle place accorder à l'Otsutsuki ? Et puis, que ressentait-elle pour lui ? Elle se devait de le reconnaître. Elle se sentait bien avec lui, respectée, bien que légèrement écoutée. Elle s'était même surprise à ne plus penser à Naruto quand elle était avec lui. Son amour pour ce dernier commencerait-il donc aussi à s'estomper pour que son cœur en accueille un autre ? La Hyuga ne savait plus trop bien ce qu'elle éprouvait. Peut-être avait-elle juste besoin de temps pour remettre tout cela en place dans son esprit ? Quand soudain, une petite voix la rappela à la réalité. C'était Hanabi qui, inquiète de la voir ainsi immobile, le regard dans le vaque, l'interpellait. La rassurant, son aînée lui sourit et l'entraîna dans la rue marchande pour continuer leurs emplettes.
Ce qu'Hinata ignorait était qu'elle avait été vue par Sakura, mais trop concentrée par sa conversation, cette dernière n'avait pas daigné lui accorder de l'importance. Elle avait préféré vaguer à ses occupations, le sourire aux lèvres, se sentant comme une reine au milieu de cette rue, tous ses paquets à la main. D'ailleurs, Ino se demandait si cela ne faisait pas un peu trop d'argent dépensé, mais surtout où son amie avait trouvé les moyens de se payer toutes ses tenues et ses chaussures hors de prix. Les jours se suivirent ainsi, sans gros de changement, Toneri se faisant une petite place dans le groupe. Bizarrement, il y trouvait son compte et s'y sentait bien, lui qui pensait y perdre son temps. Finalement, faire le bon ami le pesait de moins en moins. Son sentiment de solitude s'éloignait de lui à chaque fois un peu plus à leur contact. De cela, il était le plus reconnaissant à Hinata, la rendant encore plus précieuse à ses yeux. Toutefois, cette douce chaleur qu'il ressentait à chaque fois qu'il l'apercevait, ne fut pas suffisante pour l'arrêter de voir Kin. Sans le savoir, et pensant que chacune de ses visites renforçait leurs sentiments, cette dernière lui servait de défouloir. Si elle en prenait conscience, peut-être l'idée qu'il pourrait lui demandé de divorcer pour l'épouser à son tour n'aurait pas émergé de son esprit.
Bientôt les vacances de février arrivèrent. Personne ne vit l'ombre d'un Uzumaki ou d'un Uchiwa avant ce premier jour de congé. Les deux firent leur entrée au sein de leur domicile en face d'un Iruka et d'une Mei, heureux de les revoir. Le couple n'essaya même pas de demander des explications à leur absence durant des semaines, surtout après avoir vu l'état dans lequel était Naruto. Ce dernier les avait à peine salués, leur souriant juste avant de se diriger vers sa suite après leur avoir affirmé une nouvelle fois qu'il était vraiment content que son père adoptif ait trouvé chaussure à son pied. A la sortie de son petit monologue, il avait repris sa marche, le torse voûté, la mélancolie dans la voix et les yeux. Interloqué par cette attitude, l'instituteur interrogea en silence Sasuke qui était aussi peiné que lui et qui hochait négativement de la tête. Il lui fit ainsi comprendre que ce n'était pas le moment et que même lui, n'en connaissait que la surface.
Prenant la main de Juugo, le ténébreux l'emmena dans leur chambre pour y déposer ses affaires avant de se rendre avec lui au sein de la volière. Là-bas, il profita d'un temps en amoureux, tous deux parlant de ce qui s'était passé durant les semaines précédentes, bien que le roux avait quand même obtenu des nouvelles. Quand à Sasuke, ce moment fut comme une dette qu'il remboursait à son amant, à cet amant qui avait encore accepté qu'il resta auprès de son meilleur ami. Naruto avait le moral dans les chaussettes depuis qu'un soir, Shino lui avait remis une clé USB. Cela s'était fait dans la plus grande discrétion. Il avait mis plusieurs jours pour se convaincre de l'ouvrir, mais quand cela avait été fait, il en était ressorti blanc, et une lueur de colère dans le regard. Juugo écoutait en silence, touché par le désarroi de son petit-ami qui ne savait plus comment faire réagir l'Uzumaki, malgré une petite tristesse au coeur. Le ténébreux en était bien conscient. Le roux devait fatiguer à l'entendre parler de ce dernier, mais il avait besoin d'en parler et lui en fut reconnaissant. Il l'était tellement qu'un projet se construit dans son esprit, car lui aussi était épuisé de tout ça.
Malgré cette lourde atmosphère, le lendemain, Sasuke et Naruto trouvèrent assez de motivation pour suivre Juugo au parc où s'était organisée une nouvelle réunion entre tous les amis. Bien qu'il traîne des pieds, suivant le couple par réflexe, le blond apprécia l'air libre, lui qui était bien resté enfermer dans sa chambre en dehors des heures de formation, le nez plongé dans ses études. Personne ne l'avait vu agir ainsi, pas même l'Uchiwa. Etait-ce pour oublier quelque chose ? Pour devenir le premier de la promotion et réussir si bien qu'il aura la chance de choisir l'arme dans laquelle il servira ? Surement des deux. Quoi qu'il en soit alors que le trio était en marche, la plupart de leurs amis était déjà réunie. Hinata, assisse sur un banc, regardait Kiba qui, à côté de Shino, paraissait nerveux et indécis, même Akamaru ne faisait que bouger dans tous les sens, alors que c'était un chien habituellement calme et serein. A croire qu'il reflétait l'humeur de son maître. Elle était presque certaine que celui-ci hésitait à partir ou à rester. Ce comportement durait depuis que Toneri avait fait la connaissance du groupe. Depuis la première fois, le frère d'Anna trouvait toujours un prétexte pour prendre congé ou disparaissait sans explication. Intriguée et peinée par cette attitude, la jeune femme alla à l'encontre de deux jeunes hommes et interpela l'Inuzuka qui le suivit un peu à l'égard.
« - Tu as des problèmes Kiba ?
-Non, qu'est-ce qui te fait dire ça ? Lui répondit-il, un peu sur la défensive.
- Tu n'as pas l'air bien… et puis, tu quittes toujours nos réunions avec précipitations et en nous donnant des excuses de moins en moins crédible, alors oui, je m'inquiète un peu. Tu peux m'en parler, tu sais.
- Je sais, mais…, hésita le maître d'Akamaru avant de se décider, fatigué de garder tout pour lui. Bon, écoute,…, mes études ne se passent pas comme prévu. J'ai été convoqué par le responsable de mon cursus. Mes notes sont en baisse. Il a voulu me prévenir que si je ne redressais pas la barre, je risque de ne pas passer l'année suivante, et il ne pourra rien y faire, malgré son amitié pour ma mère.
- Il doit se montrer impartial, comprit Hinata.
- Ouais, alors il m'a fait une faveur. Enfin, si on peut appeler ça une faveur, s'énerva un peu l'Inuzuka. Il m'a mis sous la tutelle d'une étudiante en dernière année pour m'aider. Elle doit me donner des cours particuliers dans les matières où j'ai du mal.»
Un silence suivit cette explication qui laissa perplexe Hinata, qui était quand même à la limite d'éclater de rire. Elle ne voyait pas en quoi cette nouvelle pouvait mettre en rogne son meilleur ami, à moins que…
-Ne me dis pas que ta fierté en a pris en coup. Tu n'avais qu'à travailler au lieu de passer ton temps dans les boîtes de nuit à draguer, le taquina-t-elle.
- Au ça va. Tu ne vas pas t'y mettre. J'ai suffisamment de ma sœur et de ma mère.
- Désolée, reconnut la Hyuga. Mais comprend qu'elles ne font que s'inquiéter pour toi et ton avenir. C'est leur rôle. Et puis, je ne vois pas ce qui a de grave à se faire aider pour réussir à accomplir son rêve, sauf si ce n'est plus le cas. »
Kiba se mit à réfléchir aux paroles d'Hinata. Il désirait toujours devenir vétérinaire. Ce n'était pas le problème. Cependant, quand il avait découvert l'identité de sa tutrice, le monde s'était un peu écroulé. A croire que le karma était contre lui. Leur rencontre s'était faite au milieu de la bibliothèque du campus. La jeune femme était assisse à une table, dans la contemplation de livres de biologie et de sociologie. Apparemment, elle travaillait à son rapport de fin d'année. La tête basse, son visage était caché derrière de longs cheveux. Seuls des lunettes étaient visibles. Chouette, une grosse tête, avait-il ironisé. Se mettant debout devant la table de travail, il avait raclé de la gorge pour se faire connaître. Se tournant vers lui, le visage qui se dessina lui avait coupé le souffle. Il n'avait pas été le seul. L'étudiante avait écarquillé les yeux en le voyant. Se levant, elle resta immobile pendant un temps. Puis, dans un mouvement synchrone, Kiba et elle avaient pointé leur doigt vers l'autre en criant :
« - Toi ! »
Les deux n'avaient pas réussi à croire qu'ils se revoyaient dans de telles circonstances. Le plus étonné avait été bien sûr Kiba. Jamais il n'aurait imaginé la rencontré ici, lui qui pensait qu'elle travaillait dans le milieu du sexe. Bon dieu, c'était surement une plaisanterie. De son côté, l'étudiante s'était mordue la lèvre afin d'éviter de faire un scandale. A l'opposé de l'Inuzuka, elle savait pertinemment qu'elle risquait de le croiser au sein de l'école vétérinaire. Elle avait même tout fait pour l'éviter un maximum, surtout après la manière dont ils s'étaient croisés. Et maintenant, elle se trouvait dans l'obligation de le prendre sous son aile pour qu'il remonte sa moyenne. Qu'avait-elle donc fait pour mériter un tel traitement ?
« - Mais qu'est-ce que tu fais ici, avait commencé le maître d'Akamaru.
-J'étudie ici, figure-toi.
- Mais bien sûr, l'avait défiée le jeune homme. Tu ne devrais pas plutôt te trémousser et chauffer une salle remplie de libertins lubriques. Après tout, avec les parents comme les tiens, c'est tout ce que tu peux espérer.
- Comment ? N'en revenait pas son interlocutrice. Pour ta gouverne, je suis la major de ma promotion et mes parents ont un master en économie et en management. Je te fais une faveur bien énorme d'accepter de t'aider. J'ai d'autre chose à faire que de m'occuper d'un type comme toi.
-…
- D'ailleurs, je n'ai pas à me justifier face à un je m'en foustiste de première qui ne pense qu'à se faire toutes les filles du campus. J'ai tout à fait le droit de me trouver ici et si cela ne te plait pas, ça m'est complètement égal.
- Je… »
Face à cette défense des plus acharnées, Kiba ne sut pas trop quoi dire. A part sa mère, ou devant sa sœur, il avait toujours eu la répartie facile et cinglante à l'encontre de la gente féminine. Bon, ses propos ne volaient pas bien haut, mais il arrivait à leur clouer le bec. Cela pouvait paraître machiste égoïste et tout ce qu'on veut, mais il s'en fichait pas mal. Cependant, en cet instant, il avait été à sec, mais surtout, il avait eu le sentiment d'avoir été trop loin cette fois. C'était vrai qu'il n'avait pas jugé des personnes qu'il ne connaissait pas. En fait, au fond de lui, il leur en voulait encore de la punition que lui avait gratifiée sa mère quand il était revenu chez lui après ce fameux soir. Tout de même un peu penaud, tout en refusant de le montrer et de le reconnaître, il s'était alors contenté de se gratter l'arrière du crâne. Cette inaction avait eu le don d'énerver son interlocutrice qui réussit tant bien que mal à se contenir. Débitée autant que déçue, elle s'était rassisse sans aucune forme de cérémonie. Les coudes appuyés sur le bureau, la tête entre ses mains, elle s'était mise à réfléchir. Tout en soufflant, elle avait repris la parole.
« - Ca ne va pas le faire, nous deux. Je vais aller voir ton responsable et le prévenir. Il te trouvera bien quelqu'un d'autre..., même si cet espoir est bien mince. »
Ni une, ni deux, cette phrase avait glacé le sang de Kiba. Ce dernier avait compris en une fraction de seconde qu'il était sur le point de perdre sa dernière chance de sauver son année. Vu la charge de travail que leur formation réclamait, peu de monde se proposait à aider un autre étudiant pour des cours de soutien. De plus, comme il avait poursuivi de ses assiduités pratiquement toutes les jolies filles de l'école vétérinaire sans rien leur promettre hormis une nuit de folie et se valant de ce fait la hargne de certains camarades masculins, il n'était pas certain d'obtenir cette perle rare. Il ne voulait pas non plus tomber sur une mocheté, enfin selon ses critères, ou une de ses anciennes conquêtes un peu trop revancharde. Celle-ci pourrait très bien en profiter pour se venger de son manque d'engagement en le descendant en flamme auprès des professeurs.
Finalement, ce n'était pas plus mal que ce soit tombé sur une personne qu'il connaissait à peine, si ce n'est pas du tout, et qu'il n'avait pas touché. Puis, elle était plutôt mignonne en regardant de plus près. De plus, vu son animosité à son égard, il ne risquait pas de se faire distraire de ses études. Jamais elle n'accepterait une partie de jambe en l'air. L'Inuzuka, mué par sa peur de louper un coche important pour lui et de décevoir par conséquent sa mère, avait alors plaidé sa cause. Il l'avait si bien fait que l'étudiante avait abdiqué et avait accordé son aide après plusieurs minutes de réflexions et de conditions posées. Un peu étonné de cette reddition, car aucunes excuses n'avaient franchi ses lèvres, Kiba l'avait remerciée.
Oui, Hinata était dans le vrai, revint au présent le jeune homme. Il n'existait aucune raison pour faire une tête de six pieds de long pour cette histoire de tutelle. Et puis, on ne sait jamais, il pourrait peut-être en profiter pour enfin découvrir ce milieu qui l'intriguait autant. Cependant, comment avouer à sa sœur de cœur que sa tutrice n'était qu'autre que Tamaki, la fille des propriétaires deu club libertin où il l'avait pratiquement agressée ? Il craignait de réveiller de mauvais souvenirs, surtout avec cet Otsutsuki dans les parages.
« - Kiba, ça va ? S'inquiéta Hinata face au mutisme de son ami d'enfance.
-Hein,…, euh,…, oui, se concentra-t-il à nouveau. Tout va bien. J'étais juste plongé dans mes pensées.
- C'est ce que j'ai cru comprendre, mais tu en es sûr, demanda-t-elle encore. J'ai l'impression qu'il existe autre chose et que ton histoire de tutelle n'est qu'un prétexte. »
Un peu pris au dépourvu, l'esprit de l'Inuzuka carburait pour trouver une échappatoire. Quand soudain, il le trouva. Il se tendit même face à une silhouette qui approchait dans le dos de la jeune femme. C'était lui, ce Toneri de malheur qui s'abreuvait, tel un vampire, de l'amitié d'Hinata, lui volant ainsi le temps qu'il aurait voulu avoir avec elle. En plus, il ne pouvait ni se plaindre, ni s'y opposer. La menace du cousin Otsutsuki lui pesait sur les épaules. Au final, il aurait mieux fallu qu'elle reste avec Naruto et qu'il ne s'en mêle pas. Au moins avec leur baka national, et malgré son manque de gêne, côtoyer Hinata n'avait pas posé de problèmes en soi, comme maintenant où il ne se sentait pas à sa place.
« - Euh, je crois que Shino m'appelle. Je vais te laisser, Hinata… Salut, » se sauva Kiba en joignant le geste à la parole.
Estomaquée et répondant machinalement en le saluant de la main, la Hyuga n'y comprit plus rien, quand elle sursauta au son d'une voix grave, mais chaleureuse.
« - Je vais finir par penser que je le fais fuir.
- Oh Toneri, se retourna-t-elle. Tu es là.
- Bonjour, Hinata. J'ai en effet réussi à me libérer. Tu as l'air contrarié.
- Rien de grave. Juste Kiba qui continue à réagir bizarrement. »
A peine cette phrase terminée que les deux se tournèrent vers la direction prise par l'Inuzuka. Ce dernier avait parlé de rejoindre Shino, mais celui-ci était à l'opposé. Cela confirma le malaise que la sœur d'Hanabi ressentait. Elle aussi allait finir par croire que son meilleur ami prenait la poudre d'escampette dès l'arrivée de Toneri.
« - Il ne doit pas beaucoup m'apprécier, poursuivit le neveu de Kaguya. C'est compréhensible, après tout, vu les circonstances de notre première rencontre. Il a surement honte.
-Oui, peut-être, se rappela Hinata, affichant un visage désolé. Mais maintenant, c'est du passé. Il faut savoir oublier. »
Etrangement, cette dernière phrase fit plaisir à l'Otsutsuki. En effet, il était tout à fait possible qu'elle parlait aussi pour elle-même et son amour pour cet Uzumaki de malheur. Savoir que celui-ci serait peut-être présent ce jour faisait bouillir son sang et l'avait plus qu'inciter à changer son emploi du temps. Beaucoup de futurs collaborateurs allaient râler mais, il s'en fichait royalement. De plus, il avait l'aval de sa tante. Il fallait qu'il soit là, auprès d'Hinata afin de se rappeler à son bon souvenir. Il ne faudrait pas que le retour de Naruto compromette tous ses efforts et ravive ses sentiments toujours présents, mais enfouis grâce à son intervention. Désireux de marquer encore des points auprès de sa belle, Toneri s'avança vers Kiba sans qu'elle ne puisse rien y faire. D'ailleurs, elle ne désirait pas vraiment l'en empêche, surtout après qu'il lui assura juste vouloir s'entretenir avec le maître d'Akamaru pour arranger les choses entre eux.
Hinata ne sut pas trop ce que les deux jeunes hommes se dirent tellement ils s'étaient éloignés du groupe. Tout ce qu'elle put observer fut un Kiba se trouvant dans l'impossibilité de décliner l'invitation de l'Otsutsuki pour ne pas éveiller les soupçons des autres. S'en suivirent de longues minutes de discussion durant laquelle l'Inuzuka se détendit et se redressa pour finir par serrer la main que son interlocuteur lui tendit. Quand ils séparèrent, il sourit très largement à la Hyuga qui se surprit à lâcher un grand bol d'air. Elle avait donc retenu sa respiration pendant tout ce temps. Alors qu'il vit son camarade de toujours rejoindre une fois pour toute Shino, qui tenta de comprendre la situation, mais en vain, elle sursauta à nouveau. A croire que tout le monde désirait la voir succomber à une crise cardiaque.
« - Alors, c'est donc lui ton nouvel ami. C'est sûr que c'est d'un autre standing que Naruto.
-Neji ! »
En effet, devant elle, se dressait son cousin au bras duquel se tenait Tenten, heureux de revoir son bien-aimé, après autant de semaines d'absence. Le dit jeune homme affichait un visage si sérieux qu'il témoignait de son instinct protecteur face à un homme qu'il ne connaissait que sur papier. Cette attitude réveilla la crainte de Tenten qui se voyait déjà passer en arrière plan dans les priorités de son petit-ami. Il n'allait pas recommencer. La jeune expert en arts martiaux eut à peine le temps de s'inquiéter que le fruit de toute cette attention était à leur côté. Hinata fit vite les présentations. Et comme à l'accoutumée, la mission de séduction de Toneri débuta. Ce dernier jouait gros cette fois. Il ne s'agissait plus de se faire bien voir et accepter par des gens qui n'avaient qu'un lien d'amitié pour s'accrocher à la jeune femme, mais surtout qui n'étaient rien pour lui… quoi qu'il s'entendait plutôt bien avec eux.
Là, c'était la famille et l'un des plus influents auprès de celle-ci. Il espérait juste que les prochains sentiments qu'elle ressentira certainement pour lui un jour se seront si forts qu'elle sera capable de tous les défier. Ce sera la partie la plus difficile, vu qu'elle en fut incapable concernant son grand amour de jeunesse, Naruto. Toutefois, il était plus que confiant à réussir là où celui-ci avait échoué. Il avait tout de même une longueur d'avance s'illustrant par le soutien de certains anciens. Hiashi semblait même sous le charme. L'Uzumaki n'avait plus l'ombre d'une chance.
D'ailleurs, en parlant de Naruto, ce dernier était sur le point d'arriver au lieu du rendez-vous toujours en compagnie de Sasuke et Juugo. Les deux amants remarquèrent bien vite la présence de Toneri qui faisait valoir son don pour l'éloquence auprès de Neji. Le cousin d'Hinata paraissait apprécier d'avoir en face de lui quelqu'un dont les capacités intellectuelles rentraient en résonance avec les siennes et tenaient la distance en terme de connaissances. Pas parce qu'il n'avait jamais connu cette sensation d'avoir trouvé son égal. Débattre avec Shikamaru ou Sasuke représentait également un challenge. Cependant, cet Otsutsuki semblait boire ses paroles, tout en ayant sa propre opinion. Il ne se rendit même pas compte qu'il se trouvait devant une parfaite maîtrise de l'art de la flatterie et de l'auto-valorisation tout en donnant l'impression de valoriser autrui.
Du côté de Tenten, elle était plutôt mitigée. Sa précédente crainte s'était plus ou moins envolée au moment où le regard de son petit-ami était passé de la méfiance à l'intérêt. De plus, ce Toneri lui accordait de l'importance au cours de la conversation, s'intéressant à ses projets, ravissant Neji. Cela l'étonnait d'ailleurs, car c'était la première fois que cela arrivait à la jeune femme. Le neveu de Kaguya avait plutôt tendance à l'ignorer habituellement. Elle avait toujours supposé que c'était à cause de son milieu social d'origine. Peut-être se trompait-elle au final. Il était peut-être un grand timide avec la gente féminine qu'il ne connaissait pas bien. C'était vrai qu'à part Hinata, il ne parlait pas aux autres filles qu'en présence de leur bien-aimé. A moins que ce soit la présence de Neji qui lui ait fait remonter sa côte. Ne voulant pas trop se torturer l'esprit avec ça, Tenten préféra profiter de la sensation que lui procurait leur échange et un copain détendu, donnant l'impression d'accepter ce nouveau arrivant.
Hinata, en cet instant, ne se doutait pas qu'elle était le centre d'intérêt, ou plutôt le centre de l'univers d'une autre personne. Dès qu'il l'avait vue, Narutà ne faisait plus du tout attention à son entourage. Il ne savait même pas qui était présent, qui était absent. Seule la nymphe devant lui comptait. Chacun de ses mouvements et son sourire étaient un enchantement pour lui. Les autres pouvaient être envoyés aux Enfers que cela lui serait passé à des années lumières. Toutefois, lui qui aurait eu envi de exploser de joie, ne put qu'afficher un visage désolé et mélancolique, certaines images le hantant. Conscient de son état d'esprit, Sasuke lui mit la main à l'épaule. Ce geste eut le don de le ramener sur les terres des vivants. Ce fut à ce moment là qu'une furie aux cheveux roses se fit connaître en se jetant littéralement sur lui en criant presque son nom. Ainsi prévenus, tous se tournèrent comme un seul homme vers le trio.
La plupart fusillèrent l'Uzumaki alors que d'autres à l'image de Shikamaru froncèrent des sourcils soucieux de l'état du blond. Shino était sur le point de regretter de lui avoir donné la clé USB. Il la soupçonnait d'en être la cause. D'un autre côté, il était impatient de voir ce que Naruto allait faire de son contenu. Compte tenu de ce qu'il avait devant les yeux, cela avait fait son petit effet. Ce qu'il avait vu ne le laissait pas indifférent. Il existait donc un petit espoir. Dans le cas contraire, il aurait joué l'indifférence. De bien entendu, la plus touchée fut bien sûr Hinata qui se torturaient les méninges pour deviner d'où venait cette pâleur sur le visage de son ex. C'était assez antinomique avec ce qu'elle avait espionné. Qui sortirait le visage un peu creusé témoignant d'un léger amaigrissement, bien que le reste soit un poil plus musclé compte tenu du sport militaire, d'une vie remplie de loisir nocturne ?
Malgré le sourire de circonstance qu'il offrit à Sakura, la lueur terne de ses azurs ne trompa pas la Hyuga. Naruto n'allait pas bien, alors qu'il avait repris le chemin des études avec un peu plus de sérénité. Il fallait être aveugle pour ne pas voir que quelque chose s'était passé depuis. Ce qui semblait être le cas de la Haruno qui était comme hystérique à vouloir traîner le blond à sa suite. La suivant presque contre son gré, l'élève officier se retrouva vite dans la mêlée de ses amis, la main derrière le crâne. Il paraissait vouloir montrer une image détendue, mais il ne put duper Sasuke ou Shikamaru. L'Uchiwa n'en revenait pas de l'attitude de Sakura et ne la comprenait pas du tout. C'était comme si l'état de leur compagnon lui importait peu. Ce qu'il ignorait c'était qu'elle n'était pas la seule. Toneri aussi s'en fichait comme de l'an 40. Tout ce qu'il voyait était l'attention qu'Hinata accordait à cet homme. Il ne supportait pas de constater qu'elle se retenait d'aller lui demander des nouvelles et de le réconforter le cas échant. Il savait que ce qui l'en empêchait était leur histoire mouvementée.
Il rejetait avec force cet était de fait. Elle était à lui maintenant et il ne laissera personne s'interposer. D'un geste aussi tendre, bien qu'un peu brutal, que possessif, il posa sa main sur son épaule pour lui rappeler sa présence. Le fait de la voir sursauter et d'afficher de la surprise à son contact confirma sa crainte. Elle avait complètement occulté. Ce fut à ce moment là que Naruto se rendit compte de sa présence. Ayant enfin trouvé le courage d'aller la saluer, il la vit presque coller à l'Otsutsuki. Le reconnaissant pour être l'homme du journal, il eut alors un mouvement de recul, mais reprit rapidement contenance. Bien que l'idée qu'elle soit avec quelqu'un d'autre que lui était mortifiante, il ne pouvait ni rien lui dire, ni rien lui reprocher. Soufflant discrètement un bon coup, il s'avança donc vers Hinata qui rougissait à chacun de ses pas. Consciente d'avoir toujours la main de Toneri sur l'épaule, elle se dégagea doucement. Il ne faudrait pas que le blond se fasse des idées. Sans savoir que son geste nourrissait la rage de son nouvel ami, comme il apaisait un cœur meurtri, elle se trouva bien vite devant son ex.
« - Bonjour Hinata. J'espère que tu vas bien.
-Bonjour Naruto. Je vais bien merci… Toi par contre, tu n'as pas l'air en forme.
-Tu as remarqué, fit-il un peu gêné. Juste une mauvaise grippe qui m'a laissé KO pendant quelques jours.
- Oh, ne put-elle s'empêcher de s'inquiéter. Et ça va mieux ?
- Oui, oui, essaya de la rassurer le blond. Ne te fais pas trop de bile pour moi. Je suis résistant. »
Un petit silence suivit cet échange des plus banaux dans l'indifférence la plus totale de leur entourage, enfin sauf un seul. Toneri sentait vraiment la moutarde lui monter au nez. Faisant semblant de se racler la gorge comme pour se dégager les bronches, il se rappela à leur attention. Il ne faudrait pas que les deux anciens tourtereaux aient l'idée de s'embrasser devant lui. Vu comment ils se noyaient dans le regard de l'autre, et cette tension qui s'éleva entre eux, c'était le risque. Il ne voulait surtout pas y assister. Se souvenant qu'elle n'était pas effectivement seule, Hinata s'empourpra encore plus à cause de la gêne et d'une certaine honte d'être si impolie.
« -Pardon… Naruto, je te présente Toneri Otsutsuki, un…, un ami à moi. »
A cette appellation, l'Uzumaki sentit son cœur revivre en une fraction de secondes. Souriant avec un peu plus de sincérité, il tendit la main à ce fameux ami qui essaya de lui répondre avec autant de franchise, mais son humeur n'y était pas.
« - Nous ne nous sommes jamais parlés, mais je crois que je t'ai vu au nouvel an.
-En effet, » répondit le neveu de Kaguya qui eut du mal à avaler sa familiarité.
Cet échange assez glacial fut observé par Shikamaru, trouvant que sa risette sonnait un peu faux. Après cette salutation des plus sobres, le trio ne sut comment continuer la discussion, l'un parce qu'il ne désirait pas qu'un certain jeune homme s'éternise avec eux, les deux autres parce qu'un certain malaise les habitait. Pas de gêne, mais même eux ne surent le définir. En fait, ce n'était pas désagréable si on retirait la présence de Toneri. Ce dernier fut sauvé de cette atmosphère par l'intervention de Sakura qui s'accapara encore une fois Naruto qui ne fit rien pour lui résister. Hinata le regarda s'éloigner, un voile de mélancolie sur les yeux. La rose sera toujours là au final, alors à quoi bon. En tout cas, le neveu de Kaguya ne quitta pas Hinata de tout le reste du jour, s'évertuant à la faire rire et à la distraire de son ex.
De son côté, le blond tentait de passer un agréable moment au milieu de leurs amis, prenant des nouvelles de chacun. A part Shikamaru et Gaara, tous lui offrirent un éloge de ce Toneri, peignant un tableau bien élogieux. Ils ne réalisèrent pas que leurs propos blessaient Naruto, lui qui avait dû essuyer des critiques de certains d'entre eux, comme par exemple Ino ou Sakura durant l'enfance, et se battre pour creuser sa place. Ils avaient accepté bien vite cet inconnu. Il se contentait donc de les écouter que d'une seule oreille, tout en lorgnant du coin de l'œil la cousine de Neji. C'était la seule à l'avoir accepté d'emblée. Celle-ci n'avait pas quitté le côté de cet homme, ou alors que très peu. En plus, cela n'avait pas l'air de déranger le petit-ami de Tenten, à son grand désarroi. Peut-être que c'était vraiment lui le problème dans son couple et non le fait qu'Hinata se soit trouvé un compagnon. Cette hypothèse se fit encore plus forte quand le Hyuga ne fit aucune remarque quand sa parente leur signala devoir partir, accompagnée par Toneri.
Les regardant s'éloigner, Naruto ressentit le besoin de s'isoler un instant. Faisant signe à Sasuke pour le prévenir, il partit de son côté, se rendant invisible à ses camarades. Neji et Tenten en firent autant pour d'autres raison. De son côté, le cœur un peu perdu dans ses émotions, l'Uzumaki ne se rendit pas vraiment compte de l'approche de sa meilleure amie au bout de quelques minutes. Cette dernière regardait dans la même direction que lui avant de poser ses yeux sur lui. Voyant une pointe de tristesse sur son visage, elle fut touchée par la même émotion. Elle se mit quand même à sourire légèrement en prenant calmement la parole.
« - Alors, comment tu trouves Hinata ?
-…
- Elle a l'air heureuse, n'est-ce pas ? Elle a surmonté le plus dure. Bientôt, tout ira bien pour elle. Tu n'as plus de soucis à te faire. Je suis certaine que ce Toneri prendra soin d'elle… Après tout, ils sont du même statut social et doivent bien se comprendre.
- Je suppose.
- Ils passent beaucoup de temps ensemble, tu sais. Cela ne m'étonnerait pas que bientôt, ils officialiseront leurs sentiments.
-…
- Pourquoi tu fais une telle tête d'enterrement ? Elle n'est pas ta propriété et sort avec qui elle veut. Tu pourrais très bien en faire autant… Et puis, je suis…
- Sakura, l'interrompit Naruto. Je vais y aller. Tu m'excuseras auprès des autres.
- Mais…, » tomba un peu des nues la rose, ne s'attendant pas du tout à cette réaction.
L'Haruno n'eut pas le temps de rajouter quoi que ce soit. L'Uzumaki s'était séparée d'elle en courant à vive allure, sans lui accorder un seul regard, sans se retourner. Il semblait la fuir et vouloir mettre une très grande distance avec elle. Frappant du pied contre le sol, montrant ainsi sa rage, Sakura se mordit la lèvre pour ne pas crier. Comment osait-il, surtout à cause de cette pimbêche ? Comment pouvait-il lui donner encore de l'importance alors qu'elle l'avait quitté comme une vieille chaussette ? Entendant son nom dans la bouche d'Ino qui arrivait dans son dos, elle eut juste le temps de retrouver son calme et d'afficher un air désolé. S'en suivit alors quelques explications sur sa solitude soudaine, apprenant à tous le départ de Naruto et inquiétant de ce fait Sasuke. Ce dernier décida alors de rentrer à son tour, avec Juugo sur ses talons. Il espérait juste ne pas y retrouver son meilleur ami dans un état lamentable.
Aux dires de l'Haruno, celui-ci aurait pris par mégarde la même direction qu'Hinata. Il l'aurait ensuite surprise dans les bras de Toneri dans une étreinte tout sauf amicale. Ne l'ayant supporté, il serait parti sans regarder en arrière, mais surtout après lui avoir fait une déclaration bien déchirante. Selon son jugement, Sakura trouva l'aînée de Hiashi bien cruelle de faire les choses dans leur dos. Elle ne fut pas pour autant suivie par ses comparses qui ne savaient plus trop quoi en penser. Tout cela les dépassait un peu. En tout cas, cette histoire était bien incompréhensible, faisant froncer les sourcils de Shikamaru, mais rien ne prouvait le contraire. Ce qu'ils ignoraient tous, c'était qu'Hinata devait vraiment s'en aller, pas parce qu'elle avait promis un rendez-vous galant et caché à son nouvel ami, mais bien par obligation. Elle avait promis à Jérôme de passer au haras pour sortir Byakugan et Kurama. En tant que son propriétaire, Toneri avait désiré l'accompagner pour voir sa jument, bien qu'il n'assiste pas souvent à l'entraînement. Il préférait siroter un café au club house ou partir tout simplement.
Quand à Sasuke, il arriva bien vite devant la suite de Naruto. Iruka lui avait appris qu'il s'y était enfermé un instant plus tôt. Il hésitait maintenant d'y cogner, quand il entendit le son d'une vidéo au travers de la porte. Se doutant de ce qui se passait dans la chambre, le ténébreux préféra le laisser et quitta la place. En effet, devant son écran d'ordinateur, sur le côté duquel était branchée une clé USB, le dit jeune homme fixait avec intensité la photo représentant le visage souriant et plein de vie d'une jeune femme aux longs cheveux bleutés et aux pupilles immaculées. D'un geste doux, il y fit glisser le doigt, effleurant les contours de la joue. Cet éclat de joie était le parfait reflet d'une période de bonheur, surtout quand enfin, un film débuta. Il y vit bien vite son propre visage apparaître, tout aussi souriant, au côté de celui de sa belle. Bientôt, la caméra recula pour les montrer en entier, lui levant dans le ciel la jeune femme, alors qu'un son cristallin sortait de sa bouche vermeille. En ce temps là, Hinata était heureuse… et lui aussi, tous les deux formant un couple.
De la mélancolie apparut alors sur le faciès de Naruto, car, il le savait, bien vite la représentation de leur bonheur allait se transformer en enfer. En effet, il visualisait à nouveau le présent de Shino, un présent que ce dernier avait mis des jours à lui donner, tellement il était indécis. Lui-même ne savait pas si ce fut une bonne idée, mais c'était un fait et il était trop tard pour revenir en arrière. Maintenant, le blond ne pouvait pas nier et dire qu'il n'était pas au courant. Il était bien sûr dans la possibilité d'en vouloir à l'habitude de l'Aburame de se trimballer avec sa caméra miniature, tel un espion, cachée dans ses vêtements. Filmer le quotidien du groupe, et ce qui représentait un intérêt pour lui était une vieille passion de Shino. Le seul hic était qu'il oubliait parfois d'éteindre l'enregistrement. Ce qui lui valait parfois des scènes loquaces, voir même drôles, comme se visualiser avec la tête en bas sur le film. Cette fois-ci encore, ce film ne dérogeait pas à cette règle. Le fils de Shibi avait alors cadré des moments à l'improviste.
Pourtant, rien ne prédisait que ce souvenir télévisuel était un drame à l'état pur. Il débutait avec des images de leur enfance et de leur adolescence montrant une Hinata cachée derrière un arbre, le regardant avec un doux sourire aux lèvres, et cela malgré qu'on le voyait, lui, draguer Sakura ou se battre avec Sasuke, ou encore Hinata lui donnant des cours particuliers ou un bento. Ces images étaient un contentement, bien que le regret de n'avoir rien vu à l'époque le reprenne. Comme il aurait voulu qu'il en soit autrement, car il visualisait bien la tristesse dans ce regard immaculé de ne pas être aimée en retour. Puis, au fil des secondes, ce fut le film de ce fameux bal où, enfin, ils formèrent un couple. S'en suivit le témoignage des jours heureux où aucun nuage sombre semblait obscurcir leur histoire… enfin jusqu'au jour où il laissa sa frustration, son égo prendre le dessus et le retour de Sakura dans leur vie.
Au fil de la vidéo, Naruto se vit se faire draguer par des filles sans qu'il n'y fasse rien, voyant en arrière plan le visage de ex se décomposer face à son impuissance. Il assista même à une scène où Hinata avait même quitté les lieux de leur rendez-vous, marre sans doute d'attendre qu'il se libère de l'emprise des autres femmes. Puis, ce fut le tour d'images relatant son rapprochement et sa préoccupation envers la rose, alors que sa petite amie à l'époque s'effaçait de plus en plus, que son teint se faisait pâle et son sourire rare. Bientôt, alors qu'elle lui avait souri l'instant plus tôt, la caméra de Shino avait pris la fleur qu'elle était se fanait au moment où il était parti rejoindre Sakura. Son ex s'était éteinte au fil de leur histoire jusqu'au dénouement et même après. Shino lui avait enregistré de rares moments où il avait espionné sa détresse et sa tristesse après leur rupture, montrant qu'elle s'y était résolue à contrecœur. Cette vérité fut la plus frappante.
En effet, quand l'Uzumaki avait visualisé ce film la première fois, il s'était mis en colère, faisant les cent pas dans le dortoir. Il avait même pris un grand bol d'air. Il n'avait pas compris pourquoi Shino lui avait donné des images trafiquées. Il avait donc mis la clé USB de côté, mais malgré tout, elle le torturait. Il avait fini par la revoir encore et encore. Et à chaque fois, des souvenirs qu'il avait occultés dans sa mémoire lui étaient revenus, notamment le match de volet. Tout ce que les scènes lui montraient, il les avait vus. Cependant, il avait préféré rester aveugle, trop préoccupé par sa promesse, ses efforts pour se faire accepter au point de ne plus être lui-même et son désir sexuel. Pourtant malgré ces preuves, l'Uzumaki avait encore du mal à réaliser. Il n'était quand même pas le seul responsable ? Si ? Soufflant, il caressa encore une fois la dernière image d'Hinata, mais cette fois, seule la tristesse et le désespoir y étaient visibles. Il était tellement absorbé par sa contemplation qu'il ne prit pas conscience d'une ombre qui le regardait dans l'embrasure de la porte.
