Mot de l'auteur :

Bonjour à toutes celles et tous ceux qui me lisent,

Cela fait longtemps. Je n'ai pas vraiment d'excuse, à part peut-être le confinement. Etant mère de quatre enfants, dont trois qui vont à l'école, j'ai dû me transformer en institutrice et en animatrice de centre aéré. En plus, je suis tombée malade, ainsi que ma famille. Epuisée par ces journées, autant physiquement que psychiquement, je n'avais plus vraiment la force de rédiger. J'espère qu'avec les vacances, j'aurai un peu plus de temps, bien que je ne pourrai pas forcément poster un chapitre régulièrement. En effet, en parallèle, j'ai commencé la réécriture du tome 1 et je réfléchis à la possibilité de continuer à écrire mon autre récit L'Amour amoureux. Je suis en plein doute à ce sujet car, bien que j'aimerai reprendre ma première histoire, j'ai peur que m'attaquer à deux récits en même temps m'entraîne à les bâcler.

En ce qui concerne ce chapitre, je serai curieuse de savoir quelle réponse vous donneriez à la question "L'ai-je bien cherché ?" que se posera un des personnages. J'attends votre réponse en commentaire pour ceux et celles qu'ils veulent. La mienne se trouvera dans le prochain chapitre, avec si j'en vois la pertinence, l'appui de vos commentaires.

Bonne lecture,

Cordialement

NaruHina82

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Le soir tomba bien vite et la nuit se présenta, englobant le continent. Dans une boîte de nuit, des jeunes et des moins jeunes se trémoussaient au rythme de la musique, ou s'abreuvaient avec des verres d'alcool. Hommes et femmes faisaient la fête avec sur leur visage des masques. En effet, le propriétaire des lieux avait organisé une soirée masquée avec interdiction de se dévoiler ou de dévoiler l'autre. Ainsi leur identité cachée, certains se lâchaient complètement, pendant que les vigiles étaient un peu plus en alerte pour empêcher d'autres d'en profiter pour agresser la gente féminine ou de déclencher une bagarre. Au milieu de la piste, se faisant balayer par les jeux de lumière et la fumée, un jeune homme dont le visage laissait à peine deviner sous son masque de chien des triangles rouges sur les joues dansait coller-serrer avec une des participantes au visage de chat. Cette dernière lui offrait une belle vue sur ses longues jambes grâce à une mini-jupe, si courte qu'il crut entrevoir son sous-vêtement. Sa chemise était si décolletée que le haut de son soutien-gorge était assez visible. Elle était sexy sans être vulgaire. Les deux se caressaient et leur bassin se cherchait, tellement leur hanche se touchait.

Les deux jeunes gens s'étaient rencontrés au bar, se disputant le même verre. Sans le savoir, ils avaient commandé une boisson à l'identique. L'un avait fait valoir le fait d'avoir réclamé en premier au barman, l'autre l'honneur aux femmes. Aucun n'avait voulu cédé, au point que des éclairs sortaient de leurs yeux, jusqu'à ce que celui-ci leur présente un second cocktail en souriant et en déclarant Peace and Love. Cette réplique était tellement sortie de son contexte que cela fit rire les deux adversaires. Ces derniers s'étaient séparés sans pour autant quitter le champ de vision de l'autre. Ainsi, la dévisageant et la scrutant de bas en haut, Kiba avait trouvé son interlocutrice plutôt à son goût. Son caractère le changeait aussi un peu des filles qu'il côtoyait habituellement. Finalement, elle serait peut-être un bon challenge qui le sortirait de sa routine. Quand à la jeune femme, après un temps à siroter sa boisson, elle s'était surprise à lorgner sur la musculature de son rival. Elle avait admis que son côté bestial était assez intéressant, voir même attirant, sans pour autant réveiller en elle la sensualité nécessaire à un désir intime.

Ainsi, elle était assez mal à l'aise face à son regard de braise et de désir qui la foudroyait. Elle avait quelque peu deviné ses intentions et avait donc préféré s'éloigner de lui. Elle n'était pas là pour une partie de jambes à l'air, mais pour s'amuser et ne penser à rien. Rejoignant la piste en faisant un peu des pieds et des mains, elle s'était mise à danser au rythme de la musique. Au bout de moment, au milieu de l'odeur de parfum d'humanité et d'alcool, elle avait senti deux mains se poser sur ses hanches et suivre ses mouvements. Se retournant, elle reconnut la stature, et le masque de son ancien adversaire. Au début, elle avait eu envi de l'envoyer bouler, mais elle s'était retenue. Pourquoi ? A cause de l'alcool qui commençait un peu à lui embrouiller l'esprit ? L'envi de se laisser un peu aller, elle qui passait son temps à s'inquiéter pour ses proches et à être sérieuse pour réussir dans son travail ? Enfin, qu'importait, elle avait fait le choix de profiter du moment présent.

Au fil des danses, les jeunes gens se mirent à parler et ainsi à se connaître. La savoir célibataire et sans projet de se trouver de petit-ami raviva l'intérêt de Kiba. Au moins, il ne brisera pas de couple et ne cocufiera pas un de ses confrères masculins. Cette satisfaction le rendit quelque peu sourd aux paroles de sa cible, occultant une nouvelle qui l'aurait refroidi instantanément. Puis, un silence sensuel s'installa entre les deux, les noyant et les isolant du reste du monde. Plus le temps passait, plus une tension sexuelle s'étendit entre l'Inuzuka et sa partenaire, s'effleurant des lèvres sans pour autant s'embrasser. Ils s'allumaient littéralement entre eux, baladant leur main sur le corps de l'autre. Une chaleur s'ajoutant à celle de la pièce, les pupilles dilatées, Kiba était si excité qu'il n'attendait que le bon moment pour emmener sa nouvelle conquête partager un tendre moment. Pour lui, aucun doute n'était possible. Elle avait envi de lui, et lui n'en parlant pas. Ce désir était si présent en lui qu'encore une fois, il ne fit pas attention aux paroles de la jeune femme.

« - Je te préviens tout de suite… Il y a peut-être de l'électricité entre nous, mais… cela n'ira pas plus loin que le flirt… Pas de nuit endiablée sous les draps… Par contre, je ne dis pas non pour faire plus ample connaissance.

-Pas de problème, » répondit Kiba machinalement, sans vraiment assimilé ce que cela impliquait.

Les minutes s'enchaînèrent pendant un temps dans une ambiance endiablée entre les fait-tard, oubliant leur quotidien au milieu de la musique et des cocktails. La fatigue commença ainsi à se faire sentir, leur boisson aidant à rendre leur esprit un peu moins alerte. La jeune danseuse s'arrêta donc et préféra rentrer chez elle, refusant l'invitation de son cavalier à partager quelques verres de plus. Elle connaissait sa limite et s'était promise de jamais la dépasser pour ne pas risquer de se mettre en danger. Elle avait un jour failli mourir d'un coma éthylique à l'hôpital où elle s'était réveillée intubée et perfusée. Le seul souvenir qu'elle avait eu après son réveil avait été bref. Elle s'était revue enchaîner les verres pour ne pas paraître coincée aux yeux de ses amis, et danser, mais ensuite plus rien, à part qu'à un moment, un certain flou s'était installé.

Sa mère lui avait ensuite apprise qu'elle avait été ramassée dans une petite ruelle où un homme l'avait amenée, profitant de son ébriété pour tenter d'abuser d'elle. Elle n'avait reçu son salut que grâce à l'intervention de policiers en civil qui avaient appelé le SAMU en la voyant inconsciente. Voir le visage rempli de larmes de ses parents face à cette idée qu'ils auraient pu perdre leur enfant lui avait fait si mal au cœur qu'elle leur avait promis de faire plus attention en pleurant dans leur bras. Tous trois n'avaient que leur famille et ils seraient brisés par la mort d'un de leurs membres. Ils étaient le ciment de leur existence. Ainsi, depuis cette soirée, la jeune femme faisait attention à sa consommation et prenait toujours un taxi pour rentrer chez elle pour éviter d'avoir un accident mortel. Et cette nuit ne ferait pas exception.

Cependant, Kiba ne l'entendait pas de cette oreille. Sa partenaire de danse l'avait chauffée et il ne serait pas dit qu'il rentrerait la queue entre les jambes, excité à mort sans se soulager. Refusant d'aller draguer une autre femme, il emboîta le pas à la fuyarde et la rattrapa. Elle allait monter dans son véhicule qu'il la retint par le bras et en fit bénéficier à un couple qui sortait également de la boîte de nuit. Ne cherchant pas à comprendre, le chauffeur redémarra. Tant qu'il accomplissait sa course et était payé, qu'importe les passagers. Par contre, une personne était plutôt énervée de voir son carrosse lui passer sous le nez.

« - Mais ça va pas ! Qu'est-ce qui te prend au juste ?

-Je te raccompagne. Il ne faudrait pas qu'il t'arrive quelque chose. Il fait encore nuit noire et on ne sait jamais ce qui peut arriver.

- Je n'ai pas besoin de ton aide. Je me suis toujours débrouillée toute seule et je ne m'en porte pas plus mal.

- Je n'en doute pas du tout, admit Kiba qui admirait de plus en plus sa répartie et l'indépendance qui transpirait de sa personne. Je trouve juste dommage qu'on se quitte comme ça. On a passé un bon moment ensemble. Reconnais-le.

-… C'est vrai, le fit-elle.

- Alors, laisse-moi te servir de chevalier servant jusqu'au bout… On peut même garder nos masques si tu veux. »

Ce fut en entendant ces paroles, que la jeune danseuse réalisa qu'en effet, son visage et le sien étaient encore dissimulés. Cela la fit rire un instant alors que Kiba en sourit, heureux de cette réaction. C'était dans la poche visiblement. Cette hypothèse s'en fut renforcée quand d'un mouvement de tête, elle lui accorda sa faveur. Après tout, il n'y avait pas de mal à se faire raccompagner. Il lui avait assuré avoir compris qu'aucun espoir de se retrouver au lit ensemble n'était permis. Et puis, on ne savait jamais. Peut-être que cette rencontre se suivra par une belle histoire d'amitié ou plus, ou encore restera un très bon souvenir. Elle ne cherchait pas forcément l'amour, mais ne le rejetait pas non plus. Elle espérait juste tomber sur quelqu'un qui ne la jugera pas et acceptera qui elle était. Ainsi, l'Inuzuka appela à nouveau un taxi. Il avait sa propre voiture, mais il se doutait qu'elle refuserait d'y monter, alors qu'ils avaient consommé tout deux de l'alcool. Chemin faisant, ils continuèrent à parler de tout et de rien, jusqu'à ce que sa compagne d'un soir s'assoupisse sur son épaule.

Etrangement, le cœur de Kiba battait dans sa poitrine sans qu'il en connaisse vraiment la signification. Posant son regard sur sa compagne d'un soir, il la trouva vraiment très belle, une vraie douceur. En fait, c'était peut-être la première fois qu'il ressentait une telle tension. A croire que le stress avait raison de lui, à moins que l'excitation fût telle que l'impatience le gagnait à un point inimaginable. Pourtant, ce n'était pas la première fois que cette situation arrivait. Il se serait bien penché encore un peu là-dessus, mais sa destination arriva bien vite. Regardant au travers de la fenêtre, il la découvrit. Devant lui, s'élevait un immeuble au style Haussmannien, surement une ancienne demeure de la haute bourgeoisie transformée en logements. Réveillant doucement sa partenaire, il l'invita à descendre, la suivant. Un peu chancelante, elle titubait quelque peu sur ses jambes. La rattrapant, l'Inuzuka la soutint. Ce contact aida la pauvre à revenir un peu plus au présent, en essayant de se dégager.

« - Je te remercie, mais je vais me débrouiller maintenant.

-Il n'en ait pas question. Tu tiens à peine debout. Je te raccompagne jusqu'à ta porte.

- Quel gentleman, abdiqua-t-elle.

- Et oui, je suis comme ça. »

Faisant un signe au chauffeur du taxi, le maître d'Akamaru le libéra de sa course. Ce fut donc sous le bruit du moteur qu'il commença l'ascension des étages qui l'amèneraient vers le septième ciel ce soir. Ce fut assez laborieux. En effet, il découvrit que la jeune femme logeait dans une chambre de bonne, juste en-dessous des combles, mais la récompense en valait la chandelle. Quand enfin, les deux partenaires de soirée arrivèrent enfin devant la porte d'entrée, la jeune femme, toujours son masque sur son visage, sortit de son sac ses clés et ouvrit. Au moment où elle s'apprêtait à rentrer, elle hésita quelques secondes. Devait-elle inviter son compagnon à l'intérieur pour lui proposer un peu d'eau, et peut-être même de dormir sur un lit de fortune ? Il était plus que tard et il était de moins en moins certain qu'il puisse trouver un chauffeur à cette heure. Déjà, qu'elle trouvait que la chance avait été de leur côté pour en trouve par deux fois. Ou alors, le laissera-t-elle sur le perron avec un simple merci ? Un long soupir la sortit de sa réflexion. Tournant le regard vers Kiba, elle le vit quelque peu essoufflé par son ascension et la sueur qui coula sur son front prouvait son effort. La pitié rentrant dans son cœur, elle se décida.

« - Viens, rentre. Je vais t'offrir un dernier verre pour te remercier… Tu as l'air d'en avoir bien besoin vu comme tu souffles comme un bœuf. Si j'avais su que quelques marches pouvaient avoir raison d'un gaillard comme toi, » le taquina-t-elle.

Contrairement à ses habitudes, l'Inuzuka ne se vexa pas et en rigola même. Heureux de cette invitation, mais surtout prêt à faire prolonger leur rencontre jusqu'au petit matin, il rentra et découvrit un appartement d'un seul tenant, bien qu'un petit enfoncement au fond laissait deviner une petite cuisine ouverte, tout équipée. Une petite table avec deux chaises autour en apportait les preuves. Contre le mur le plus long, se dressaient une armoire et une commode sur lequel quelques photos trônaient. Dans un angle, un bureau accueillait des livres et des stylos. S'avançant, il se dirigea vers le seul moyen de s'asseoir, soit un canapé-lit que son hôtesse devait s'amuser à plier et à déplier tous les jours. Alors qu'il s'installait, la maîtresse des lieux se dirigea vers sa cuisinette pour en sortir une bouteille d'eau et deux verres. Profitant qu'elle ne puisse pas le voir, Kiba ouvrit son portefeuille et en sortit un préservatif qu'il installa dans sa poche de pantalon. Pendant de temps, remplissant les récipients, elle désigna une petite porte à ses côtés.

« - Si tu veux te soulager, la salle de bain est juste ici où il y a des toilettes.

-C'est sympa mais non, lui répondit Kiba.

- D'accord, revint vers lui la jeune femme en lui tendant sa boisson. Je te propose que de l'eau. Je crois qu'on a bu assez d'alcool pour ce soir.

- C'est sûr… Merci. »

S'asseyant à ses côtés, elle sirota son verre d'eau dans un silence cérémonieux. On pourrait croire qu'elle était calme et sereine, mais la gêne la gagnait. Elle ne savait pas trop quel sujet abordé maintenant. Puis, d'un coup, sans prévenir, son voisin fit un bon en poussant un grognement. Levant les yeux vers lui, elle se mit alors à rire. Il venait de renverser un peu d'eau sur son pantalon, juste à l'emplacement de l'entrejambe. La froideur du liquide l'avait fait sursauter. Au début, elle tenta de se retenir, mais les gestes désarticulés et les jurons de son invité eurent raison de sa résolution. Elle éclata de rire. La voyant se moquer de lui, Kiba fit la moue en lui ordonnant de se taire, mais en vain. Son attitude augmenta l'hilarité de sa proie, un rire si communicatif qu'il n'y tient plus et se mit à la suivre. Cette joie eut raison de l'atmosphère un peu tendue de tantôt et les deux finirent par reprendre une conversation plus posée et décontractée. Chemin faisant, mais surtout distraite par leur bonne entente, la jeune femme ne se rendit même pas compte qu'elle lui racontait énormément de choses privées, surement poussée par l'anonymat apporté par leurs masques. Elle avait l'impression d'être une autre personne.

De son côté, Kiba se découvrait de plus en plus de points communs avec elle et aimait ce qu'il entendait. Leur soif d'indépendance engendrée par une famille un peu trop envahissante, les peines de cœur et leur désir de mordre la vie à pleine dent sans attendre l'approbation de leurs paires l'enchantaient, mais pas au point de lui donner assez de scrupules pour ne pas l'abandonner le lendemain de cette soirée. Il n'allait pas déroger à sa règle d'or, c'est-à-dire s'amuser pour ensuite partir comme un voleur au petit matin, pour ses beaux yeux et sous prétexte qu'il se sentait vraiment bien avec elle. Il était déjà tombé sur des filles qui s'attachaient et se voyaient la bague au doigt dès une nuit avec lui, au point de le harceler. Il ne désirait pas revivre cette expérience et agissait maintenant en conséquence. Le fait qu'elle ne méritait certainement pas d'être traitée comme une conquête à mettre sur sa liste ne lui effleura même pas l'esprit. Il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin. Au fil des minutes, l'Inuzuka s'approcha de sa cible de plus en plus sans qu'elle en prenne conscience, tellement la conversation l'absorbait.

« - C'est vraiment une sacrée coïncidence qu'on suive les mêmes études… Et je peux te demander dans quelle année tu…, » voulut savoir la jeune femme avant de se stopper net.

Sur sa joue, un doux toucher se faisait sentir, lui effleurant la peau. Une mèche s'était aventurée devant son visage et d'un geste doux, l'homme devant elle la dégageait pour la glisser à nouveau derrière son oreille. Son attention se porta alors sur Kiba qui plongea son regard dans le sien. Ses cheveux remis en place, les doigts experts se faufilèrent vers son menton sans rompre le contact. Un frisson parcourut la jeune femme alors que son cœur s'emballa et son souffle se fit plus rare. La surprise se lisait sur son visage, surtout au moment où celui de l'Inuzuka s'approcha lentement vers elle. A chaque centimètre franchi, ses pupilles noisette s'écarquillaient sous le masque de loup. La gêne et le stress firent alors leur apparition. Avait-elle donc fait une erreur ? En tout cas, le poids de ce regard sur elle la paralysait presque.

Elle ne savait plus trop où se mettre. Pourtant, elle était chez elle, sur son territoire. Pourquoi la fixait-il avec une telle intensité ? Il n'allait quand même pas, angoissa-t-elle. La lueur qu'elle percevait au fond des iris de son invité ne la rassurait pas du tout, bien au contraire. La braise d'un désir y dansait. Mais comment serait-ce possible ? Elle n'avait rien fait pour éveiller une quelconque envie. Elle l'avait averti qu'il ne devait rien attendre d'elle. Malgré cela, les yeux langoureux qui se trouvaient devant elle la brûlaient et ne cachaient en rien les intentions de cet homme, des intentions qui étrangement, ne la laissaient pas indifférente. Alors qu'il n'était plus qu'à quelques centimètres de ses lèvres, elle se redressa soudainement pour s'éloigner, le prenant de cours. La voir debout, l'infortuné ne comprenait plus rien. Tout se passait bien pourtant. Quelle mouche venait de la piquer ?

« - Je crois qu'il est temps que tu appelles un taxi ou un proche pour venir te chercher ? Ce n'est pas pour te mettre dehors, mais je commence un peu à fatiguer et j'aimerai me coucher.

- Euhn…, ouais. Tu as sans doute raison, » fit semblant d'abdiquer Kiba.

Pour dire la vérité, ce dernier était un peu perdu par se revirement. Lui qui pensait que c'était dans la poche, venait de perdre un peu ses moyens. Il était parti en pleine improvisation. En sortant son portable et y jetant un coup d'œil dessus, il trouva le prétexte parfait.

« - Mince, ma batterie est à plat.

- Tu peux utiliser mon téléphone si tu veux. Je vais aller le chercher. »

Se levant, presque heureuse d'avoir un prétexte pour fuir, la jeune femme se vit interrompre dans son geste par une poigne douce, mais ferme, qui la fit tomber sur son canapé-lit. Elle se trouva sur le dos en une position semi-allongée, tentant de garder son équilibre en s'appuyant sur son coude. Elle sentit presque instantanément un poids se déplacer et se mettant au-dessus d'elle. Elle voulut protester, mais resta sans voix quand des yeux brillant de désir percèrent les orbites d'un masque et se noyèrent dans les siens. Se penchant une nouvelle fois vers elle, Kiba ne voulait plus attendre plus longtemps et prit le parti d'y aller franchement. Il reprit sa conquête et fondit sur les lèvres de sa proie. Malgré le souffle empli d'alcool, cette dernière fut trop surprise et désarmée qu'elle ne réagit pas tout de suite. En fait, par instinct, il y répondit avant de réaliser ce qui était vraiment entrain de se passer. Toutes ses craintes venaient d'être confirmées et elle n'avait que faire de l'odeur à lui donner la nausée. Avant qu'elle retrouve ses esprits, l'Inuzuka rompit le baiser et se pencha jusqu'à l'oreille de sa camarade, dans un murmure sensuel, rompit le silence.

« - Tu es vraiment adorable. Tu me fais penser à une amie à moi, toujours à rendre service mais…, on n'a que faire de ce téléphone…

La jeune femme voulut protester, mais elle ne put que frissonner de la tête au pied en fermant les yeux, tout en entrouvrant ses lippes dans l'espoir de reprendre de l'air. Ce salopard était entrain de titiller un de ses points faibles, le lobe de ses oreilles par un subtile touché de ses lèvres. La décharge qu'elle ressentit alors éprouva sa raison qui s'effritait de plus en plus, surtout quand il glissa tendrement vers son cou et lui fit connaître la même torture. Pourtant, malgré toutes les émotions et les sensations sensuelles qui la traversaient de toute part, aucune envie ne l'habitait, aucun désir enfoui ne se réveillait. Résolue à ne pas être un simple jouet ou de se soumettre en priant qu'il en finisse vite, elle se décida à réagir. Dans un murmure, elle formula un non d'une voix qu'elle voulut déterminer, mais qui parut si mal assurer à Kiba. Etait-ce la raison pourquoi, au lieu de se stopper, il continua ses gestes, les accentuant même. Il alla jusqu'à lui capturer une nouvelle fois les lèvres pour les dévorer.

Cependant, cette fois-ci, sa proie n'y répondit pas et resta plus que stoïque puisqu'une agitation se sentit entres ses bras. Tout lui soufflait qu'elle ne souhaitait qu'une chose, se dégager de dessous lui. Non, il devait se tromper. Pourquoi l'arrêter alors qu'elle n'avait eu de cesse à lui lancer des signes ? Elle l'avait invité chez elle, alors c'est qu'elle avait une idée derrière la tête. C'était de l'excitation. Elle voulait surement le dominer et prendre les rênes de leur ébat. Toutefois, l'Inuzuka n'était pas du genre à rendre les armes ainsi. Refusant de remettre en cause ses pensées, il se saisit des poignées de sa victime, une victime qui tentait de le pousser de ses mains. Se sentant prisonnière, la peur face à cette violence envahit la jeune femme, son estomac se tordant, ses muscles se tendant à leur maximum pour se préparer à fuir. Il n'allait quand même pas la forcer. Décidée à se battre, elle se mit alors à crier.

« - Arrête ! Je ne veux pas ! »

Ce cri stoppa net Kiba. N'y comprenant rien, autant que choqué par cette injonction, il se redressa, la surprise présente dans son regard. La jeune femme crut qu'il allait la lâcher. Malheureusement, ce ne fut qu'illusion. Il n'était pas résolu à libérer sa proie, bien au contraire. Il était là, au-dessus d'elle, appuyant de tout son poids sur les poignets qu'il maintenait avec fermeté de part et d'autre du joli minois devant lui. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il avait entendu. C'était inédit dans sa vie. Il avait déjà reçu des râteaux, mais au grand jamais en pleine action. Là, où d'habitude, une femme se pavanait et soupirait de plaisir se trouvait une vénus respirant que lutte et désapprobation. Une grimace déformait son visage au point que des larmes apparurent à ses paupières. Fut-il ému ? Non. Tout être raisonnable se serait arrêté et se serait plié en excuse, mais malheureusement, ce ne fut pas le cas du maître d'Akamaru. Etait-ce dû à l'alcool, à un désir incontrôlable, à l'incompréhension d'être tombé sur un os ? Tout à la fois ? Qu'importait au final, pour la jeune femme.

Malgré la douleur dans ses poignets à cause de la poigne énorme de son invité, cette dernière le fusillait comme si elle voulait le tuer sur place. Par tous les moyens, elle tentait de faire comprendre son refus, si bien qu'elle se mit à se débattre. Pourtant, rien n'y fit. Restant sur ses premières résolutions et refusant de croire qu'elle avait changé d'avis, l'Inuzuka refusa de l'écouter. Face à cette lutte, il fronçât les sourcils et accentua sa prise. L'entendre gémir de douleur l'incita-t-il à lâcher ? Même pas en rêve. Même les grimaces de souffrance qui s'offraient à lui n'y firent rien. La seule raison qu'il y voyait était qu'elle le mettait au défi. C'était tout ce qu'il arrivait à comprendre. Etrangement, il reprit une expression plus calme, plus sereine. Etonnée d'un tel revirement et étonnée de le voir ainsi, sa proie cessa tous mouvements. Avait-il compris ? Petit à petit, un sourire apparut sur ce visage masculin toujours caché par le masque. Il se voulait séduisant, et aurait pu la rassurer, mais une chose ne collait pas.

Les pupilles brunes qui se fondaient dans les siennes ressemblaient à celles d'un serpent. Il respirait le machiavélisme. La panique gagna petit à petit et envahit la jeune femme. Visiblement, il ne l'avait pas entendu. Cette crainte se fit plus vive quand, dans un geste brusque, Kiba emprisonna ses deux poignets dans une seule main pendant que la seconde s'aventura sous son haut. Sentir ce toucher sur sa peau nue la fit de nouveau frissonner. Ces tremblements le confortèrent dans sa décision. Toutefois, c'était plus de peur que d'excitation, mais à cela, il resta aveugle et sourd. Elle voulut réagir. Elle n'était pas de celles et de ceux qui se laissaient dicter sa loi par les réactions corporelles. Malheureusement, le maître d'Akamaru eut le don de la statufier d'une seule parole.

« - Ca ne marche pas avec moi… Je sais que t en as autant envi que moi. Allez, on va bien s'amuser… Arrête de te faire désirer. Tout chez toi me réclame. Je l'ai bien compris avec tout ton cinéma.»

Cette phrase était si énorme qu'elle ne peut que dire. En fait, elle la frappa de plein fouet. Et s'il avait raison ? Lui avait-elle vraiment donné de quoi la croire plus qu'intéresser par une partie de jambes en l'air ? En quelques fractions de seconde, la jeune femme passa en revue tous les souvenirs de sa soirée. Elle devait le reconnaître. Elle s'était montrée sensuelle et quelque peu réceptive. Elle était allée jusqu'à flirter avec lui. Mais était-ce une excuse pour l'agresser ainsi, chez elle, alors qu'elle n'avait été que politesse ? Elle n'avait jamais voulu le séduire. Une femme ne pouvait-elle donc pas juste désirer s'amuser sans que ses gestes soient sexualisés par les hommes ? Les larmes commencèrent à vraiment s'accumuler derrière les paupières de la propriétaire des lieux. Elle était consciente que c'était ridicule, mais elle se sentait coupable de la situation malgré tout. Son désarroi était tel qu'elle n'arriva plus à réagir.

Pensant avoir gagné, Kiba repartit à son assaut, en remontant sa main vers les deux collines qui n'attendaient que lui. Se penchant à nouveau, il posa ses lèvres contre celles de sa nouvelle amante. Cependant, contrairement à ce qu'il prévoyait, ce contact n'eut pas l'effet escompté. Le voir essayer de franchir la barrière de ses dents, cette dernière revint du monde de ses pensées. Non, elle refusait de se sentir coupable. Elle était libre de faire ses propres choix, mais aussi de changer d'avis, même à la dernière seconde. Au niveau de ses poignets, la pression se fit moins forte. S'en rendant compte, elle décida d'en profiter. Quand elle sentit une nouvelle tentative lui demandant l'accès à sa bouche, elle l'entrouvrit. Heureux de ce revirement et non conscient du stratagème, Kiba lâcha encore plus sa prise en libérant les mains de sa victime qui se mirent à glisser vers ses épaules et son torse. Les deux chairs dansaient avec tant de désir que celui du jeune homme décupla qu'il était plus qu'heureux d'avoir gagné son défi. Il avait hâte de goûter encore plus à la volupté et au plaisir ultime.

Quand soudain, une vive douleur s'éveilla au niveau de sa lèvre inférieure. Par réflexe, il se recula d'un coup. Malheureusement pour lui, sa chair était encore prisonnière de leur piège qu'il dût tirer avec force pour les libérer. La souffrance qui en résulta fut si forte qu'il posa ses mains sur sa blessure en grognant avec fureur. Ses yeux étaient comme des révolvers sur le point de tirer sur la jeune femme en face de lui. Libérée d'une partie de son poids, celle-ci le poussa alors avec toutes ses forces avec ses bras et le fit tomber au bas du canapé-lit. Atterrissant lourdement sur le sol, toujours en protégeant comme il le pouvait sa plaie dont il sentait un liquide s'écouler, l'Inuzuka la vit se lever et s'éloigner pour se réfugier près du bureau, un liseré rouge s'écoulant de la bouche. La maudissant, il se remit tant bien que mal sur ses jambes. Quand ce fut fait, il tâtonna sa lippe douloureuse. Une tâche sanguinolente apparut sur ses doigts, lui révélant la terrible vérité.

« - Sale garce, tu m'as mordu jusqu'au sang ! L'insulta Kiba.

-Ca t'apprendra à vouloir me forcer ! Je ne veux pas couche avec toi ! Ca y est, tu as compris ?! C'est monté à ton cerveau de dégénéré ! Se défendit-elle.

- C'est toi qui m'as chauffée à la boîte de nuit ! Et regarde comment tu es habillée ! Une vraie femme en chaleur !

- Hey, je ne te permets pas, cria-t-elle. Je m'habille comme je veux. Une tenue sexy ne veut pas forcément dire que je voulais du sexe… et puis, je te rappelle que je t'avais prévenu… On n'a fait que s'amuser. C'est toi qui t'ais imaginé des trucs tout seul, mon pauvre ! »

Un silence se leva entre les deux, comme deux camps adversaires sur un champ de bataille attendant le moment propice pour se jeter l'un contre l'autre. L'air était tellement surchargé de frustration et de rage qu'un rien pouvait tout faire exploser. Leurs yeux étaient remplis de rage. Leurs muscles étaient tendus à l'extrême que la jeune femme remerciait le ciel qu'ils aient répondu à son appel l'instant plus tôt. Elle espérait juste ne pas avoir brûlé sa dernière cartouche tellement ils commençaient à lui faire mal. De plus, elle sentait la peur l'envahir un peu plus et à la tétaniser. Sa volonté entière était tournée vers le contrôle de ses émotions. Si la panique finissait par gagner, elle était perdue. Elle en était parfaitement consciente et faisait tout pour le cacher. De son côté, Kiba n'arrivait toujours pas à croire qu'elle ait pu le mener en bateau ainsi. C'était trop facile de l'allumer pour ensuite le renvoyer dans les jupons de sa mère. Si c'était son trip, ce n'était pas le sien et il allait le lui apprendre. Ainsi, pendant ce qui leur semblait être une éternité, les deux restèrent ainsi immobiles, n'osant pas bouger d'un iota et retenant leur souffle. En fait, la tension augmentait à chacune de leur respiration.

Quand soudain, contre toute attente, les armes furent rendues par l'instigateur de tant d'animosité. L'Inuzuka rompit la formation en fermant les yeux et en soufflant un bon coup, tout en se passant une main dans les cheveux. Comme par miracle, son masque, ainsi que celui de sa partenaire de combat, avait tenu le choc et était resté accroché à son visage. Ce qui le fit sourire un instant avant qu'il n'éclata de rire, mais un rire quelque peu jaune. Cette attitude déstabilisa complètement son hôtesse qui n'y comprenait plus rien. Abdiquait-il ?

La jeune femme n'arrivait pas à croire ce qu'elle entendait et voyait. Mais c'était quoi son problème ? La minute d'avant, il était à l'agresser, et maintenant, il s'esclaffait comme un gamin. C'était une caméra cachée ou quoi ? Un prank de très mauvais goût ? Elle était complètement perdue entre l'accompagner dans l'hilarité dont il était victime à cause de ses nerfs sur le point de lâcher, et lui faire voir de quoi elle se chauffait. La seconde solution avait sa préférence tellement elle n'aimait pas du tout ce genre de blague. Elle était sur le point de lui dire ce qu'elle pensait qu'elle se figea, se tendant encore plus, si c'était encore possible. Devant elle, des yeux de chasseur venaient de la tuer sur place, si bien qu'elle eut l'impression que son cœur s'arrêtait de battre. Pendant un instant, elle eut l'illusion d'être une biche en pleine forêt sur ses gardes, et pourtant obnubiler par deux iris perçant semblant flotter dans les airs au travers de la végétation.

Ainsi paralysée par ce regard autant de prédation que de séduction, la jeune femme ne bougea pas d'un centimètre quand le chasseur se mit à s'avancer vers elle. L'aura qu'il dégageait la fascinait autant qu'elle la craignait. Et malgré cette peur, ses muscles refusaient de bouger. Ils étaient comme tétanisés. Avaient-ils donc donné leur dernière force dans la bataille précédente ? Quel était donc ce pouvoir qu'il semblait avoir sur elle pour l'amener à rester ainsi à sa merci ? Une tonne de question traversait l'esprit de l'hôtesse et n'arrêtait pas de prier à ses jambes de bouger. Malheureusement, sa prière resta sans réponse, si bien que bientôt elle se trouva une nouvelle fois prisonnière de l'Inuzuka. Elle en sursauta même quand, dans un bruit sourd, ce dernier claqua ses mains sur le mur, de part et d'autre de sa tête.

« - Es-tu vraiment sûr de vouloir en rester là ? C'est bien toi qui m'a invitée chez toi, non ? Pourquoi, si ce n'est pour se donner du plaisir…, alors arrête ton jeu du chat et de la souris. Cela ne m'amuse plus… Tu vas être très gentille et je te promets de l'être avec toi.

Ne supportant pas le regard qu'il posa sur elle, elle baissa le sien. Se faisant, elle tomba sur la musculature de cet homme qui la dépassait d'une bonne tête. Il était aisément raisonnable de penser qu'il était deux fois, voir trois fois, plus fort qu'elle. Serait-il capable d'user de violence pour avoir ce qu'il voulait ? Son comportement, mais surtout la tension musculaire qu'elle devinait sous le tissu, la poussait à le croire capable de tout. Comment allait-elle s'en sortir ?

« - Si tu veux tant que je parte, donne-moi ce que je veux et tout se passera bien. Nous sommes tous les deux des adultes, on ne se prend pas la tête. Et puis, ce ne sera que pour un soir. Il n'y aura aucune conséquence. »

Son ton était autant menaçant que séduisant qu'il fit frémir sa proie. La jeune femme ne savait plus quoi penser. Elle n'en avait pas envi, mais malgré ses refus, il insistait encore et encore, lui lançant des arguments de plus en plus farfelus. Tout chez elle aurait dû lui faire comprendre qu'elle n'était pas d'accord, que ce soit son langage verbal et son langage corporel. Pourtant, une part d'elle commençait à céder. Elle avait bien vu à la boîte qu'il était plus que piqué. Pourtant, elle l'avait invité à rentrer chez elle et à partager un dernier verre. Devait-elle donc assumer ses actes en lui permettant d'aller jusqu'au bout ? Ne serait-pas la meilleure manière de s'en débarrasser ? Et puis, s'il en venait à la force, voulait-elle en subir les violencees ? Ne valait-il pas mieux qu'elle supporte les assauts sexuels, au risque de se sentir humiliée et sale, au lieu de recevoir coups et blessures ? Finalement, son choix se résumait qu'à un seul, choisir, comme au temps des attaques de diligence, entre « la bourse ou la vie », et le sien était vite fait.

En tout cas, son corps fit ce choix. Il l'abandonna, devenant mou, répondant robotiquement aux gestes de Kiba. En effet, ce dernier avait déjà commencé à lui dévorer le cou d'une manière des plus brutales. Ses mains s'aventuraient avec brusquerie, sans aucune douceur, sous ses vêtements. Tout n'était que violence dans chaque caresse, chaque tentative de lui faire vivre la sensualité. Chacun de ses mouvements la réconfortait dans sa résignation. La jeune femme avait choisi la vie, quitte à ne rien ressentir, ni joie, ni plaisir, et à prier qu'il en termine vite pour la laisser en paix. Alors que son harceleur lui avait déjà enlevé le haut, ce dernier s'attaqua à la fermeture éclaire de sa jupe qui glissa le long de ses jambes. Sentant soudainement ses lèvres contre les siennes, elle réalisa qu'il tentait de lui enlever son masque tout en l'embrassant et la forçant à ouvrir la bouche. Malheureusement pour lui, dans leur précédente altercation, les attaches s'étaient emmêlées à ses cheveux, rendant pratiquement impossible la manœuvre. Frustré, Kiba tira dessus si fort qu'une plainte douloureuse sortie de la bouche de sa proie. Ne désirant tout de même pas la torturer, il cessa sans réaliser qu'il avait plus ou moins réussi à libérer le visage de celle-ci de sa protection. Et puis, une chose lui importait un peu plus.

L'obligeant à s'agenouiller, il défit son pantalon, libéra son phallus déjà dressé et le lui présenta sans aucune gêne. Voir ce… cette chose…, juste devant sa bouche, la jeune femme ressentit une terrible envie de vomir qu'elle en recula instinctivement. Malheureusement pour elle, son invité la rattrapa et des deux mains l'obligea à se présenter à nouveau devant son érection. Il ne fallait pas être devin pour deviner ce qu'il voulait, une fellation, une gâterie, une sucette, une turlutte. Enfin qu'importe quel nom on donnait à cet acte, il désirait qu'elle le suce pour avoir un plaisir égoïste. Encore pousser par son instinct de survie et dans le but d'en finir au plus vite, elle abdiqua en ouvrant la bouche, prête à l'accueillir. Peut-être que si elle l'amenait jusqu'à l'éjaculation, il en aura assez et partira. Il était extrêmement rare d'avoir deux érections d'affilé après avoir bu autant d'alcool. Alors qu'elle allait sentir ce « bout de viande » dans sa bouche, une voix masculine se fit entendre du couloir extérieur, juste devant sa porte.

« - Tamaki ?! »

A ce prénom, Kiba se figea net. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Non, ce n'était pas possible. Ce n'était pas celle qu'il connaissait. Il priait n'importe quel dieu pour avoir mal entendu. Et puis, il existait bien d'autres femmes portant le même nom. Pendant ce temps, la jeune femme réussit à se reculer, la honte comme compagne, mais surtout, un énorme soulagement dans le cœur. Complètement étrangère à l'Inuzuka, elle était loin d'imager le regard horrifié qu'il arborait maintenant. Ayant baissé les yeux vers elle, il avait découvert la terrible vérité. A genoux devant lui, se trouvait, à moitié révéler, le visage de la personne qui l'aidait dans ses études, celle qu'il s'était promis de laisser tranquille tant qu'il avait besoin d'elle. D'ailleurs, cette dernière était trop concentrée sur la voix qui lui parvenait de plus en plus fort pour se rendre compte qu'il s'empressait de remonter son pantalon et de l'attacher.

« -Tu es là ? Pourquoi ta porte n'était pas fermée ? Ce n'est pas…»

Etant rentré, le nouveau visiteur ne put finir sa phrase tellement il fut choqué. Le temps se figea laissant le temps à l'Inuzuka de l'identifier. Debout, se trouvait le videur du club libertin, le fameux Kento, selon lui un des amants de Tamaki. Pourquoi il était venu celui-là ? Il voulait se la taper ? Alors que Kiba rageait dans son coin, le dit Kento avait un peu de mal à sortir de sa sidération. Devant lui, se déroulait une scène qu'il n'aurait jamais dû voir. Au début, un peu gêné d'avoir surpris et interrompu Tamaki dans son intimité, le rouge lui vint au joues. Il allait s'excuser quand la vision d'une larme sur sa joue transforma son rougissement d'embarras en une colère écarlate. La peur de le voir faire demi-tour et la laisser là, seule face à son assaillant, l'avait submergée tellement que ses émotions s'étaient libérées d'un coup. Comprenant la situation en une fraction de seconde, son sauveur allait se jeter sur Kiba que celui-ci ne le lui en laissa pas le temps. Ayant senti le danger dans le changement de regard, passant de l'étonnement en rage froide, il s'était précipité en avant. Le bousculant pour libérer le passage, il s'enfuit à toute jambe, au risque de se rompre le cou en trébuchant dans les escaliers. Il savait pertinemment qu'il était suivi par un lion en colère, prêt à le tuer. Pourtant, il n'avait rien fait de mal. A tous les coups, ce mec n'avait pas supporté devoir passer après lui. Il avait atteint la rue qu'il l'entendait encore.

« - Reviens ici salaud, que je te règle ton compte ! »

Mais peine perdue, Kiba s'était déjà enfoui loin de l'immeuble. Comprenant qu'il n'arrivait pas à le rattraper à moins de continuer à lui courir après, Kento s'arrêta en le menaçant de lui faire la peau s'il revenait dans le coin. De plus, il avait une chose plus urgente à faire. Rebroussant son chemin, il revint vers l'appartement de Tamaki aussi rapidement que possible. Là, il la retrouva en pleurs, toujours agenouillée. Doucement, il l'aida à se relever et à s'asseoir sur le canapé-lit. L'enlaçant doucement, il la berça comme si elle était une petite fille, attendant qu'elle se calme avant de l'assaillir de questions. Les deux protagonistes ne savaient pas combien de temps cela dura, mais les sanglots commencèrent à se tarir. Bientôt, la jeune femme finit par s'en dormir sur l'épaule de son sauveur. Comprenant qu'il n'aura pas de réponses tout de suite, Kento l'allongea et la recouvrit d'une couverture avant d'installer par terre un matelas gonflable trouvé dans le débarras. Se couchant dessus, il se laissa emporter dans un demi-sommeil, toujours aux aguets au moindre bruit. Ainsi, il entendit l'agitation et les murmures angoissées de Tamaki. Ayant très mal dormi, il fut le premier levé et entreprit de préparer le petit-déjeuner pendant qu'elle dormait encore.

Malgré ses précautions pour ne pas faire de bruit, l'étroitesse du studio ne l'aida pas dans son dessin. En plus, ayant été à la boulangerie au coin de la rue, l'odeur des croissants frais titilla les narines de Tamaki qui sortit doucement de son sommeil. Se frottant les yeux, la bouche pâteuse, elle se dressa sur ses avant-bras. Pour le moment, elle n'arriva pas encore à prendre conscience du lieu où elle se trouvait. En plus, un mal de tête impossible cognait dans sa boîte crânienne qu'elle en ferma les yeux, une main sur la tempe. Ouvrant les yeux, sans savoir comment, un verre et une aspirine apparurent devant elle. Voyant Kento au bout de cette main salvatrice, elle lui offrit un sourire en guise de remerciement. Après s'être assise, elle prit le traitement se souvenant petit à petit des événements de la veille. Se rappelant l'inconnu, elle se mit à trembler et sans crier gare, se précipita dans sa minuscule salle de bain. Bientôt, son sauveur entendit l'eau coulée, comprenant parfaitement ce qu'elle voulait, faire son possible pour effacer toutes traces sur elle. Il ne savait pas si cela marchait, mais si cela lui faisait du bien, ce n'était pas lui qui allait la contredire. Au bout de quelques minutes, vêtue d'une nouvelle tenue, Tamaki réapparut et s'installa sur une des chaises entourant sa petite table de cuisine. Prenant le café que Kento lui tendait, elle commença à profiter de ce petit-déjeuner. Un silence bienveillant régna avant que ce dernier perdit patience.

« - Tu crois que tu te sens assez bien pour me dire ce qu'il s'est passé cette nuit ?

-…

- Je comprends que tu ne veuilles pas m'en parler, se résigna-t-il. Je ne vais pas te forcer.

- Et moi, je sais que tu meurs d'envi de m'assommer de questions. Je te connais pour savoir que tu vas revenir à la charge.

- Je veux juste t'aider.

- Je sais.

- Me parler te fera peut-être du bien. Je te promets de ne rien raconter aux parents sans ton accord.

- Promis jugé ? Une promesse inviolable d'un frère à une sœur ? Je te préviens, si tu ne la tiens pas, je pense qu'ils seront contents d'apprendre quelques anecdotes embarrassantes sur toi.

- Promis, » blêmit Kento, bien qu'il ne comptait pas manquer à sa parole.

Hésitant quand même un peu, Tamaki mit un peu de temps pour se décider, mais face au regard bienveillant sur elle, elle se décida à tout lui raconter. Elle finit son récit repliée sur sa chaise, tremblante, en attente du verdict. Celui-ci se matérialisera par un Kento se levant brutalement, au point que sa chaise était sur le point de tomber, et arpentant le studio de long en large. La colère sortait de chacun de ses pores que personne n'aurait osé l'arrêter. Oui, il était furieux contre ce sale type qui avait osé lui faire du mal. Il était furieux contre lui-même d'avoir hésité à rendre visite à Tamaki quand il l'avait entendue rentrer si tard. Habitant dans le studio juste en face du sien, il était souvent critiqué pour son côté surprotecteur. Il n'avait pas voulu donner le bâton pour se faire battre. Puis, un mauvais pressentiment l'avait pris quand la porte de la jeune femme lui avait paru mal fermée. Il s'en voulut d'avoir perdu du temps en divagations avec lui-même, mais il s'en voulait aussi de ressentir de la colère contre elle. Il ne désirait pas l'être, mais c'était plus fort que lui.

« - Mais à quoi tu pensais en dansant avec autant de gestes ambigus et en l'invitant à rentrer chez toi ?

-…

- Je t'avais pourtant bien prévenu de ne pas le faire, surtout en boîte de nuit et en y sortant. Alcoolisés, ces dragueurs à la noix ne savent pas tenir leur quéquette en place et sont prêts à frapper père et mère pour avoir ce qu'ils veulent.

- Je sais. Qu'est-ce que tu crois ? Je l'avais prévenu comme tu me l'avais conseillée. D'habitude, ça marche. En général, le mec s'en va dès qu'il a compris qu'il n'y aura rien de plus entre nous… Là, j'ai vraiment cru qu'il l'avait compris.

- Ce n'est pas une excuse. Tu n'aurais jamais dû l'autoriser à rentrer.

- Mais je voulais le remercier de m'avoir raccompagnée,… et je me sentais bien avec lui. Il avait l'air gentil. J'ai cru que peut-être cela aurait pu se transformer en une belle relation.

- Regarde où ton naïf romantique t'a mené, s'énerva un peu plus Kento. Quand je pense que tu as cédé. A croire que c'est ce que tu cherchais au final avec ton cinéma et ta façon de t'habiller. De toute façon, tu l'aurais bien cherché. C'est en partie de ta faute. »

Il regretta à l'instant même ses paroles, surtout face au visage défait et bleime de Tamaki. La reprise des larmes inondant de nouveau les joues de celle-ci lui brisa le cœur. Il le fut encore plus quand elle le repoussa quand il voulut l'enlacer pour se faire pardonner et la réconforter. Encore une fois, il dut attendre plusieurs minutes avant qu'elle retrouve son calme.

« - Tu as raison, réussit-elle à articuler entre deux sanglots, acceptant enfin de se réfugier entre ses bras. Je dois assumer ma connerie, mais je t'assure que je n'ai pas cédé parce que j'en avais envi. J'avais peur qu'il me frappe et me viole brutalement. Il faut que tu me crois.

-Je te crois, je te crois, lui assura tout de suite Kento. Oublie ce que je t'ai dit. C'est à cause de la colère. Ce n'est pas ta faute. Excuse-moi, mais promets-moi de ne plus aller en boîte de nuit pendant quelque temps et de ne plus faire cette bêtise.

- Promis, lui fit-elle. Merci d'être là.

- Je serai toujours là pour toi. Je te soutiendrais si tu décides de porter plainte. Si tu veux, je t'y accompagnerai. En tout cas, moi, je t'encourage à le faire.»

Un temps silencieux suivit, mais il était loin d'être serein. Porter plainte, s'interrogea Tamaki. Est-ce que ça servirait à quelque chose ? Elle était incapable d'identifier l'homme de la veille à cause du marsque, mais surtout elle avait tellement honte de l'avoir invité chez elle. La culpabilité la rongeait. N'avait-elle pas récolté ce qu'elle avait semé ? Les événements de la veille empoisonnaient littéralement l'esprit, la faisant trembler horriblement dans les bras de son sauveur. Ce dernier tentait par tous les moyens de la rassurer par des caresses dans son dos et en lui murmurant des encouragements.

« - Pourquoi ? Recommença la jeune femme. Dis-moi pourquoi les hommes pensent qu'un non veut dire oui ? Pourquoi êtes-vous aussi prompt à nous croire bonne à ouvrir les cuisses dès qu'on s'habille un peu court et qu'on se montre sensuelles ? N'avons-nous pas le droit de changer d'avis à la dernière minute ? Pourquoi c'est toujours à nous de faire attention ?

-Parce que nous sommes cons, » lui répondit Kento.

Ce fut son unique réponse. En fait, il ne savait pas trop quoi lui dire, car il l'ignorait lui-même. Etait-ce à cause de leur éducation, à cause de l'image que la société renvoyait des relations entre les hommes et les femmes ? Il ne peut que rester là, à l'écouter et à la soutenir, se promettant de rester auprès d'elle le temps qu'il faudra.

Pendant ce temps, au sein d'un parc, une silhouette masculine était complètement avachie sur un banc. Sa respiration laissait vite deviner que la personne était endormie. Au vu de ses habits froissés, mais surtout à l'odeur d'alcool et de tabac qui émanait de lui, tout faisait supposer qu'un sans-abri se trouvait là. Son état le faisait tant supposer que les mères interdisaient à leurs enfants de s'approcher et que les personnes âgées le regardaient avec désapprobation, mais la plupart des passants marchait dans la plus totale indifférence à son sort. Un bras replié sur son visage, cachant ses yeux clos, montrait bien que tout était fait pour que la lumière ne le sorte de son sommeil. Malheureusement pour le dormeur, toutes les manœuvres se montraient vaines. Le soleil était déterminé à le taquiner jusqu'à ce qu'il se réveille. Ce fut dans un grognement d'agacement que Morphée quitta ce gaillard. Libérant son visage, il cligna des yeux, alors que des triangles rouges se découvraient et qu'un masque en forme de chien tomba au sol au moment où il s'assit sur son lit de fortune.

Se massant les tempes en attendant que ses yeux s'habituent à la luminosité, Kiba tentait de reprendre ses esprits. Son crâne sonnait comme si des marteaux s'en servaient comme une enclume. Quelle soirée, ne pouvait-il que penser. Jamais il n'aurait imaginé se retrouver à dormir dehors, sur un banc. Et pour couronner le tout, il découvrit que quelqu'un avait profité de son inconscience pour lui voler son portefeuille et son portable. Il n'avait donc plus les moyens de se payer un taxi ou d'appeler quelqu'un à la rescousse. En plus, il avait du mal à se souvenir des événements de la veille. C'était plutôt vague. Il se rappelait avoir passé la soirée avec une fille, s'être rendu chez elle où il avait dû un peu plus user de son charme que d'habitude, et qu'au moment où tout allait débuter, avoir été interrompu par un type, surement le petit-ami. Il se revoyait courir afin de s'échapper et après avoir trouvé un parc pour se reposer, s'y être assoupi. A part ça, plus rien. Il n'arrivait pas à se souvenir du visage de sa conquête ou d'autre chose. Encore une fois, il était tombé sur une fille facile, prête à tromper son copain. C'était la seule conclusion à laquelle il avait abouti dans les brumes de ses souvenirs. Enfin, pour le moment, il lui fallait trouver assez de force pour rejoindre à pied sa voiture et rentrer chez lui. Heureusement que ses clés étaient encore au fin fond de son blouson. Dans son malheur, sa bonne étoile continua pourtant à briller et se matérialisa dans la personne de Shino.

Ayant désiré passer du temps avec son père, ce dernier avait décliné l'invitation de Kiba à le suivre en boîte de nuit. Il avait même eu la surprise de dîner en compagnie d'Anna et de Tsume, son paternel les ayant croisées dans l'après-midi et leur avait offert de les rejoindre. Il ne savait pas pourquoi elles avaient accepté, mais au final, la soirée avait été agréable. Cela avait été à la fois gênant et marrant d'entendre la mère de son meilleur ami vociférer contre ce dernier à cause de son manque d'amour filial. Il préférait courir la gueuse plutôt que rester en famille comme lui. Shino en avait rougi un peu alors qu'Anna en avait rigolé. En tout cas, le jeune homme soupçonnait son père de désirer se rapprocher de la famille Inuzuka et plus particulièrement de la matriarche de la famille. Pas que cela le dérangeait, mais c'était bizarre de penser qu'un jour, il se retrouverait être le demi-frère de Kiba par mariage. Enfin pour l'heure, il entreprit de porter secours à celui-ci qu'il avait vu traîner des pieds sur le trottoir. Il avait vite deviné comment s'était finie la soirée de son acolyte. Lui-même en voiture, il lui proposa de monter pour le conduise jusqu'à la sienne, enfin après un arrêt chez lui pour qu'il se débarbouille et change de vêtements.

Ne voulant pas tomber sur sa mère et ainsi éviter les remontrances maternelles, le maître d'Akamaru le supplia de le conduire plutôt en sa maison. Il pouvait lui prêter sa salle de bain, un t-shirt et un pantalon le temps qu'il règle ses affaires. Ce que l'Aburame accepta. Le trajet se déroula par la suite en silence, ce qui était étrange de la part de Kiba qui ne ratait jamais un moment pour se vanter de ses coups d'un soir. Sa discrétion légendaire oblige, Shino ne demanda rien. Arriver chez lui, son père heureusement absent, et après une bonne douche, il lui conseilla d'appeler sa banque pour faire bloquer sa carte bancaire et ensuite aller à la gendarmerie pour signaler le vol de ses papiers. Au moins avec le procès-verbal, il pourra faire jouer son assurance auprès de son opérateur pour avoir un nouveau téléphone après avoir bloqué le précédent. Kiba le remercia et s'exécuta, mais hésita d'aller à la gendarmerie. Il préféra prendre le temps de la réflexion avant de s'y rendre. Il ne désirait pas trop raconter sa soirée à un inconnu. Shino n'insista pas, mais le mit en garde une dernière fois.

« - Si tu veux payer les amendes et les crimes d'un type qui aura piqué ton identité, c'est ton problème après tout. »

Cette phrase eut raison de la résistance de l'Inuzuka qui reconnut la justesse de son ami. Et puis, il n'était pas obligé de raconter tous les détails, notamment ceux avec la fille. Il se résigna à aller signaler le vol, mais pas tout de suite. Il devait déjà récupérer sa voiture et affronter sa dragonne de mère. A son arrivée à son domicile, accueilli par un Akamaru tout fou de le revoir, ce qu'il avait prédit arriva. Tsume était plus qu'en colère de le voir rentrer que maintenant. Encore une fois, elle s'était imaginée le pire, le voir mourant dans un caniveau. Commença alors le bis répétitat du laïus maternel. Et comme d'habitude, Kiba la laissa parler sans vraiment l'écouter, trainant des pieds pour rejoindre son havre de paix, sa chambre.

« - Ne crois pas que j'ignore d'où tu sors jeune homme. Je ne suis pas née de la dernière pluie. Et ce n'est pas en portant les vêtements de Shino que tu pourras m'avoir. Je ne suis pas dupe. Tu devrais prendre exemple sur lui. Lui, au moins, fait passer sa famille avant ses petits besoins personnels. Lui, au moins, se comporte en vrai fils et non en un étranger qui squatte une chambre gratuitement. Shibi peut être fier de lui. Moi…

Entendre ses paroles fut la goutte de trop pour Kiba qui ne put en rester là et faire la sourde oreille. Il la coupa violemment.

- Tu sais, si je te fais si honte que ça, je n'ai qu'à me barrer. Je n'ai pas besoin de toi et de cette maison toute pourrie… Tu n'auras qu'à me remplacer en adoptant Shino, vu qu'il est dix fois mieux que moi, ou mieux, épouse son père et fais toi de nouveau trahir. »

A peine ses mots sortis de sa bouche qu'une douleur vive lui chauffa la joue. Sa mère venait de lever la main sur lui, le giflant avec force. Cette insulte avait été de trop pour elle. Regrettait-elle son geste ? Non, la rage se lisait dans son regard. Elle ne laisserait personne l'humilier ainsi, et encore moins son propre enfant. Il fallait qu'il apprenne le respect qui lui faisait visiblement défaut. Malheureusement, c'était peine perdu. La colère était devenue la maîtresse de leur échange. S'en suivit ainsi une dispute avec cris et fracas. Tous deux se postillonnaient des reproches au visage de l'autre. Aucun n'écoutait les arguments de l'autre, pensant être dans son bon droit. Attirée par le bruit, Anna tenta bien de calmer le jeu, mais en vain. Le point de non retour fut franchi quand dans un ras le bol, Kiba abandonna son idée de rejoindre sa chambre. En rage, il prit Akamaru sous le bras et repartit comme il était venu. Montant dans son véhicule et prenant la direction du centre ville, il s'enfuit loin de sa mère. Cette dernière pesta face à cette attitude inacceptable à ses yeux. Sa fille, par contre, souffla désespérée d'un tel tournant.

« - Mais quel ingrat, vociféra Tsume. Et dire que je m'inquiétais pour lui.

-Maman.

- Quoi ?! Reconnait qu'il dépasse les bornes. Il veut qu'on le traite en adulte, mais il fait tout le contraire de se comporter comme tel. On dirait un adolescent en pleine puberté. Qu'est-ce que cela lui coutait de passer une soirée avec nous et nos amis ? Rien ! Il a préféré se mettre dans les ennuis.

- Il y va un peu fort, reconnut Anna. Mais tu n'aurais jamais dû le comparer à Shino. Tu sais très bien que Kiba est très complexé par ça. Il s'est senti rejeter par toi et te l'a fait payer à son tour.

-…

- Il essaie de le cacher, mais il n'a pas beaucoup confiance en lui. Je crois que jouer les durs le rassure, mais c'est vrai que ça le dessert plus qu'autre chose. En l'affrontant aussi frontalement, tu l'as braqué et maintenant, il est parti je ne sais où.

-Je…, commença Tsume en réalisant l'erreur qu'elle venait de faire. J'étais si inquiète que la colère l'a emporté. Je ne sais plus comment réagir avec lui. Je pensais que sa mésaventure à l'hôpital l'aurait fait réfléchir, mais c'est tout le contraire.

- Je crois qu'il faut que tu lâches prises et tu le laisses faire ses propres erreurs.

- Une part de moi sait que tu as raison, qu'il faut que j'arrête de le materner comme on l'a toujours fait, mais… Mais, si ses erreurs l'emmènent à dépasser la ligne rouge et à l'envoyer en prison, je n'arriverai pas à me le pardonner… Je ne veux pas de ça pour lui. »

A peine prononcer ces mots, Tsume s'écroula dans les bras de sa fille, en pleurs, la peur au ventre de perdre son fils, de ne plus compter pour lui. C'était vrai que Shino et Kiba étaient tous les deux des créatures de la nuit, aimant batifoler à droite et à gauche, mais l'Aburame le faisait avec une telle maturité qu'il savait où mettre le curseur, quand il fallait se laisser aller, et quand il fallait redevenir sérieux. Son cadet se lançait là-dedans à corps abattu, comme un assoiffé, comme s'il voulait prouver quelque chose, comme s'il voulait dominer les femmes pour se sentir puissant. Elle n'était pas forcément contre son mode de vie, même si cela ne lui plaisait pas beaucoup, mais la façon dont il voyait vivre ce choix lui faisait craindre le pire. Elle savait qu'un jour, la chance tournera et qu'il allait en payer le prix. Comment faire maintenant pour rabibocher les choses avec lui et lui faire entendre raison ?

Alors que deux âmes essayaient de trouver du réconfort, le responsable de tant de peine était arrivé au centre ville. Ayant garé sa voiture, il était maintenant entrain de marcher sans vraiment de but, Akamaru sur ses talons. Il ressassait son entretien avec sa mère. Une part de lui était triste et se sermonnait d'avoir agi ainsi, mais surtout d'avoir sorti de telle horreur. Tsume ne le méritait pas. Malheureusement, une autre partie de lui disait le contraire et qu'elle était fatiguée de le voir être traité comme un gamin. Puis il pensa à Shino. Une pointe de jalousie lui refroidit le cœur. Comment sa mère pouvait-elle le comparer à son meilleur ami ? Il n'était pas lui et ne le sera jamais. C'était trop demandé d'être reconnu comme étant Kiba Inuzuka. Certes, il avait d'innombrables défauts, comme tout le monde, mais aussi des qualités. Cependant, personne ne faisait l'effort de les voir, à part… A part son compagnon de toujours, Shino. En fin de compte, il ne pouvait pas en vouloir à ce dernier d'être celui qu'il était. Ce n'était pas sa faute si sa mère le préférait à lui. Cette pensée lui fit mal. Il n'aimait pas être en conflit avec elle, mais il refusait de plier l'échine. Elle l'avait blessé.

En tout cas, ne sachant pas trop comment, il se retrouva devant la gendarmerie. Penser à Shino avait surement guidé ses pas jusqu'à ce bâtiment. Se souvenant qu'il avait des démarches à y faire, il y entra et, accueilli par un agent, raconta sa mésaventure de la veille. Ce ne fut pas vraiment une expérience qu'il gardera en mémoire tellement son interlocuteur avait été morne. Si au moins cela avait été une charmante gendarmette, ce temps aurait eu le mérite d'être un peu plus plaisant. Cette obligation remplie, il était sur le perron qu'il vit Tamaki s'avancer vers la porte de cette maison de loi. A cette vue, une soudaine angoisse naquit en lui. Il en eut le souffle coupé et le cœur tambourinant fort dans la poitrine. Une goutte glacée glissa le long de son dos, le faisant frissonner. Mais pourquoi une telle réaction ?