Chapitre 5 :
Les inspecteurs de l'unité des renseignements s'étaient retrouvés le lendemain matin, plusieurs heures avant ce qu'ils supposaient être l'heure de l'explosion. Un match de basket avait lieu entre deux lycées latinos d'un quartier de Chicago. Ce n'était pas le plus grand événement de l'année, mais ça réunirait pas loin de 300 personnes et attaquer une cible comme celle-ci avait une certaine signification pour le groupe responsable de la première explosion.
Colby les avait accompagnés, tout comme les policiers, il était en civil. Le but était de repérer leur poseur de bombe sans se faire remarquer. Personne n'était sûr qu'il attaque ce jour-là, il pourrait très bien attendre. Mais l'agent du F.B.I, avait fait remarquer qu'il n'y avait aucune raison que le groupe terroriste attende pour commettre un autre attentat, il devait agir rapidement pour réduire les chances de se faire prendre, et profiter du choc de tout le monde pour tenter autre chose d'encore plus gros.
Jay l'observait du coin de l'œil, se souvenant la veille de son argumentaire pour les accompagner.
FLASHBACK
- J'ai trouvé. Dit soudainement Jay. Il y a un match de basket entre deux lycées demain matin à 9h00.
Les policiers hochèrent la tête, tout concordait.
-Ouais, c'est plausible. Ajouta Colby.
-Ok, demain matin on se retrouve ici à 5h, pour préparer l'opération. En attendant, vous rentrez chez vous et vous vous reposez. Ordonna Voight. Colby merci beaucoup pour votre aide, on n'aurait pas réussi sans vous.
-Attendez, je viens demain. Répondit Colby, il n'était pas question de laisser tomber cette affaire maintenant, Jay était soulagé de le voir contredire Hank, ça lui ressemblait plus que tout ce qu'il avait vu chez son ami jusqu'à maintenant.
-Pas question, vous n'avez pas été formé pour ça.
-Excusez-moi Sergent, mais je pense que je connais plus de chose sur les bombes que vous tous réuni. Si jamais, vous la trouvez trop tard il n'y a aucune chance que vous puissiez la désamorcer à temps. Vous avez besoin de moi.
Voight avait horreur de ça, quand celui en face ce lui avait raison, et présentait des arguments plus que valable.
-Sergent, il a raison. Il nous sera utile. Ajouta Jay.
-D'accord, mais ne joue pas au cow-boy.
Colby hocha la tête satisfait.
FIN DU FLASHBACK
Jay avait été soulagé de revoir le Colby qu'il connaissait si bien, celui qui contrait leur supérieur et qui ne se laissait pas faire. Mais malgré tout il restait inquiet. Colby avait refusé de boire une bière avec lui, prétextant qu'ils avaient besoin de repos. Le policier n'était pas dupe, il savait que son ami l'évitait, et ça ne lui plaisait pas, parce que l'ancien Colby n'aurait jamais refusé une bière avant une grosse opération, histoire de décompresser un peu. Il devait découvrir ce qui se passait s'il voulait l'aider, enfin pour le moment il devait surtout se concentrer sur ce qui se passait ici et maintenant.
Les inspecteurs c'étaient tout dispersés autour du stade. Ils communiquaient par radio. Ils étaient tous sur leurs gardes, devenant méfiant face au plus petit détail, un papier jeté par terre qui s'envole, un gamin curieux qui vérifie si la grille est fermée ou pas. Leur formation les préparait à beaucoup de situations, mais les vivre dans la réalité ce n'était pas la même chose. Certains d'entre-eux, comme Kevin, Kim ou même Adam, durant les quelques années qu'ils avaient dans la police n'avait pas l'habitude de ce type d'opération, et ils avaient parfois du mal à distinguer, ce qui était suspect de ce qui ne l'était pas. Et ils devaient avouer qu'ils étaient impressionnés par le calme des autres policiers, et encore plus de celui de Colby. Il semblait totalement détendu face à la situation.
Le fait d'attendre ne faisait qu'augmenter la pression chez les policiers. Ils étaient largement en avance sur le début du match parce qu'ils voulaient repérer le poseur de bombe au moment où il placerait son engin comme ça ils feraient d'une pierre deux coups : empêcher une explosion, arrêter un meurtrier. On pourrait même ajouter un troisième coup : sauver des vies. Seulement, après plus d'une heure, rien du tout, et l'attente continua, longue, épuisante, et incertaine.
A 8h45, les joueurs commençaient à arriver, ainsi que leur famille, puis des spectateurs. Petit à petit le stade commença à se remplir, rendant pour les policiers la visibilité difficile. Chaque geste, chaque mouvement, chaque individu devenait suspect.
L'heure fatidique approchait à grand pas. Voight hésitait, devait-il faire évacuer le terrain de basket. Le faire pourrait causer la panique ce qui pourrait entrainer des blessés et pousser le terroriste à enclencher sa bombe. Ne pas le faire pourrait entrainer la mort de centaine de personnes s'il y avait bien une bombe, parce que ce n'était même pas sûr.
Il était 9h01, les membres de l'unité de l'intelligence se lancèrent un regard, incertain de ce que leur avenir allait être. Antonio ne put s'empêcher de se rappeler des mots de son supérieur avant leur départ, « on ne pourra rentrer que de deux manières de cette opération ». Il n'avait pas eu besoin de préciser ce qu'il voulait dire, tout le monde le savait. Mais la question se posait quand même : vivant ou mort ? Dawson, ne put s'empêcher de se demander s'il n'aurait pas dû passer un peu plus de temps avec son fils et sa fille. Atwater, pensait à son frère, et à sa sœur, aux derniers moments passés ensemble. Ruzzek jeta un regard à Kim, se demandant s'ils auraient finalement une chance ou pas. Al fit un imperceptible mouvement de la tête à Hank, qui y répondit de la même manière, les deux amis n'avaient pas besoin de mots. Et Hailey glissa sa main dans celle de Jay, levant les yeux vers lui, il lui offrit un sourire rassurant.
Et puis une annonce tomba, venant d'un membre temporaire de cette équipe, cette famille, et elle fit l'effet d'un seau d'eau glacée sur tout le monde, c'est comme si la terre s'arrêtait de tourner, à cet instant plus rien ne comptait à part ces quatre mots.
-J'ai trouvé la bombe.
