A/N : Le monde de WoW n'est pas à moi, mais à Blizzard.
Bonne lecture !
Tout était plus calme lorsqu'il était ici. Un peu plus haut, il savait que les fermiers allaient et rentraient du marché de Gina; mais la route était suffisamment éloignée pour que le bruit de leurs conversations ne lui parvienne presque pas. Les faucons n'étaient que des ombres qui passaient rapidement au-dessus de lui, trop haut pour le déranger.
Ici, ses pensées s'apaisaient, jusqu'à devenir aussi paresseuses que le fleuve à ses pieds. Les seuls mouvements étaient ceux de l'eau, des bestioles qui pointaient le bout de leur museau pour apprécie un instant la chaleur du soleil, et de sa cane quand il la remontait, avec un nouveau prix à ramener quand le soleil entamerait sa descente inexorable.
Parfois, sa jambe tressautait, habituée aux longues heures d'activités. Course, entraînements, combats ici, il n'y avait que l'effort de venir au fleuve et d'en revenir, et de l'aider dans leur potager – leur ferme, l'entendait-il le corriger avec sévérité. Ils avaient beaucoup travaillé dessus, et il ne devait pas dévaloriser cet oasis de calme.
Parfois, ses bras relevaient sa prise trop fort, trop haut : la cane et les prises qu'il ramenait n'étaient pas aussi lourds que son arme, pas aussi brutal qu'un combat, pas aussi douloureux qu'un corps qu'on ramène. Ici, la seule chose lourde était le panier à ramener à la maison, et les légumes à amener au marché quand ils avaient envie d'y aller – de moins en moins souvent ces derniers temps. Trop de bruits.
Parfois, ses sens s'emballaient un instant, son regard cherchant l'ennemi, ses oreilles écoutant les hurlements d'une bataille, son odorat sentant l'odeur si familière de la fumée et du sang de la mort. Ici, il n'y avait que des fermiers et leurs bêtes les bruits de ces dernières qui tranchaient quand le silence de l'herbe qui pousse et des nuages qui glissent dans le bleu du ciel. Les odeurs étaient celles de la ferme : les légumes bien mûrs, les fleurs entêtantes, l'engrais mélangé à l'eau pure la vie.
Dans un coin de leur maison, leurs armes et son armure prenaient la poussière, déposées à leur arrivée et plus touchées. Dans un coin de leur tête, l'espoir insensé qu'elles resteraient là, reliques oubliées, et que sa cane et sa bêche seraient les seuls outils que leurs mains connaîtraient à l'avenir.
Dans un coin de leur maison, dans une boite jetée négligemment, leurs insignes perdaient leurs couleurs dans l'obscurité. Ni le rouge sanglant ni le bleu imposant n'avaient leur place ici, le bleu était clair, dans l'eau remplie de pouvoir régénérateur de cette terre de paradis ici, le rouge était doux dans les couchers de soleil qu'ils savouraient, assis l'un à côté de l'autre sans insignes pour les séparer. Ici, la couleur principale était le vert des pousses et le marron de la terre. Dans un coin de leur tête, le rêve de ne jamais les épingler à nouveau, que rien ne pourrait à nouveau les forcer à s'opposer.
Tout était plus calme quand il était ici. Ses pensées ne s'agitaient pas, ses peines et ses inquiétudes poussées plus loin là où elles ne pouvaient le déranger, l'espace d'un instant. Il ne restait que le bleu clair du ciel, les odeurs de fleurs, le bruissement du fleuve il ne restait que son sourire quand il rentrait avec un panier rempli de poissons, qu'ils partageraient dans leur repas du soir, agrémentés des carottes et des échalotes que le potager lui avait donné tandis que lui pêchait.
Pas de guerres, pas de chefs fous et de rois tristes pas de créatures de cauchemars, pas de dernières chances et de combats désespérés. Juste une petite maison près d'une ferme partagée.
Juste un instant d'éternité, dans le poisson qu'il remontait.
