Un long chapitre qui reprend les scènes importantes de la première année d'Albus Severus à Poudlard. Ceux qui ont lu la pièce de théâtre noteront que l'on commence à voir quelques changements entre le script et ma version.

Attention, attention (avertissement adressé surtout à ceux qui lisent cette fic sans avoir lu la pièce de théâtre) : la véritable histoire commence à partir de la 4ème année ! Autrement dit, considérez que la première, deuxième et troisième années sont, en quelque sorte, une longue introduction pour poser certaines bases plus ou moins importantes. Si vous avez une impression de rapidité, c'est normal. Il s'agit simplement de voir les quelques scènes importantes qui se sont produites lors des 3 premières années à Poudlard.


Année 1 (2016-2017)

Aussi nerveux que ses camarades de première année, Albus lissa sa robe du plat de la main. Il regarda avec anxiété les quatre grandes tables qui se dressaient derrière eux, puis observa ensuite la table des professeurs rapidement.

- Un autre fils Potter !

Voici la rumeur qu'il entendait depuis tout à l'heure, de quoi rendre James presque jaloux s'il l'apprenait. Il sentait les regards furtifs se poser sur lui et les murmures :

- Il lui ressemble tellement !

- Les cheveux, tu as vu ses cheveux ? Exactement les mêmes !

- Comment tu t'appelles ?

- Albus Potter ! clama fièrement la voix de Rose qui apparut soudain à ses côtés.

Le garçon lui lança un regard étonné. Sa cousine avait bien pris soin de ne surtout pas monter dans la même barque que lui et Scorpius, faisant même semblant de ne pas le voir. Mais depuis, les murmures et les rumeurs circulaient et elle ne résistait pas à l'envie de faire savoir à tout le monde qu'elle connaissait la famille des Potter depuis sa naissance ! Et pour cause, elle était une Granger-Weasley, la fille des meilleurs amis d'Harry Potter ! Albus soupira intérieurement, laissant Rose répondre à toutes les questions le concernant. De toute façon, même s'il avait voulu répondre lui, il n'aurait pas eu le temps, sa cousine préférait garder l'attention sur elle. Il croisa le regard de Scorpius qui se tenait à côté de lui. Ce dernier lui adressa un léger sourire, mais semblait avoir quelque peu pâlit :

- Tu sais comment ils vont choisir dans quelle Maison nous envoyer ? chuchota-il à Albus.

Ce dernier crispa sa main sur sa baguette magique rangée dans sa poche en répondant par un hochement de tête négatif.

- Moi non plus, avoua le fils Malefoy.

Albus se mordilla la lèvre inférieure :

- James m'a parlé d'un duel contre les fantômes de l'école. Mais mon père m'a parlé d'un Chapeau…

- Un duel ? Mais on ne connait aucun sort ! piailla une élève qui les écoutait et qui s'appelait Polly Chapman.

Instantanément, Albus-le-Fils-d'Harry-Potter ne fut plus le sujet principal de conversation, au plus grand soulagement de ce dernier. A présent les élèves essayaient de se rassurer, ou de se faire peur, en essayant de savoir comment ils allaient être répartis entre les Maisons de Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard.

- Un peu de silence, je vous prie ! réclama le professeur Flitwick, directeur adjoint, en déposant devant les premières années un tabouret de bois avec un chapeau pointu rapiécé posé sur lui.

Une déchirure s'ouvrit alors, près du bord, et le Choixpeau Magique se mit à chanter :

- Au cours de tant de siècles, j'ai scruté les cerveaux,

J'ai lu dans les pensées des élèves nouveaux,

Année après année, j'ai joué ce rôle unique

Qui a fait mon renom, moi, le Choixpeau magique

Au plus haut, au plus bas, j'ai choisi sans relâche,

Contre vents et marées, j'ai accompli ma tâche,

Posez-moi sur la tête, la voix de la raison

Révélera alors quelle est votre maison.

- Faut juste le mettre sur la tête alors, murmura un autre élève du nom de Craig Bower Jr.

- Il faut croire, murmura Albus qui se sentit soulagé de ne pas avoir à démontrer de quelconques talents magiques devant toute l'école.

Mais comment allait-il pouvoir « parler » au Choixpeau magique de ses craintes sans que tout le monde l'entende… ? On risquerait de se moquer de lui.

Le professeur Flitwick s'avança de quelques pas, un parchemin dans la main :

- Lorsque j'appellerai votre nom, vous viendrez prendre place sur le tabouret et vous mettrez le Choixpeau sur votre tête.

Tétanisé, sachant que la décision tomberait bientôt, Albus serra à nouveau sa baguette magique dans sa poche pour se rassurer.

- Rose Weasley-Granger !

Il regarda sa cousine avancer d'un pas sûr et s'assoir sur le tabouret. Le professeur posa le Choixpeau sur la chevelure ébouriffée de sa cousine.

- GRYFFONDOR ! cria le Choixpeau.

Un large sourire fendant son visage, Rose reposa le chapeau magique sur le tabouret et se précipita à la table des Gryffondor d'où s'élevaient des applaudissements et des acclamations de joie. Albus eut le temps de voir James bomber le torse d'un air important et déchiffra sur ses lèvres un fier « c'est ma cousine ! »

Encore plus nerveux, il reporta son attention sur le chapeau qui envoyait un autre élève à Serdaigle. Gryffondor, la Maison de son père, de sa mère et de toute la famille de celle-ci, de sa tante Hermione, de Rose et de James. Avait-il vraiment sa place au milieu des lions aux fières couleurs or et rouge tape à l'œil ? Arriverait-il à se faire des amis ? Il n'était pas aussi foufou que James, ni intello comme Rose. Pire, il ressemblait en tous point à son père Harry Potter, au niveau physique… tous les Gryffondor attendraient de lui qu'il soit aussi célèbre, aussi doué, aussi bon, aussi…

Il sentait la tête lui tourner un peu. Il n'avait pas envie d'aller à Serpentard, mais il commençait maintenant à avoir tout aussi peur d'aller à Gryffondor et d'avoir de « faux » amis là-bas. S'il n'était pas le fils Potter, on s'intéresserait moins à lui.

- Respire, chuchota soudain Scorpius à côté de lui en lui donnant un discret coup de coude. On dirait que tu vas tourner de l'œil.

Albus déglutit en se demandant s'il parviendrait à le garder comme ami s'ils ne se retrouvaient pas dans la même maison. Après tout, Scorpius portait le nom des Malefoy, mais rien n'indiquait qu'il irait forcément à Serpentard, n'est-ce pas ? On lui avait raconté plusieurs fois que Sirius Black avait rompu la tradition de sa lignée en étant justement envoyé à Gryffondor, là où toute sa famille avait eu droit à Serpentard… En un sens, cette solution lui plaisait. S'il allait à Gryffondor avec Scorpius, sa famille serait ravie et lui aurait à coup sûr un bon et vrai ami à ses côtés. Il adorait Rose, bien sûr, mais elle manquait de frivolité et comptait un peu trop sur la réputation qu'elle pouvait avoir.

- Scorpius Malefoy !

Albus parvint à lui adresser un semblant de sourire et le regarda prendre place sur le tabouret.

- SERPENTARD ! cria le Choixpeau.

Un peu déçu et sentant ses espoirs chuter en pressentant qu'il n'allait pas aller au même endroit que lui, Albus le regarde hocher la tête avec un demi-sourire entendu.

- Fallait s'y attendre, marmonna Polly Chapman en regardant le garçon blond rejoindre la table qui le concernait.

- Albus Potter !

Un certain silence se fit dans la Grande Salle. Tout le monde était curieux de savoir où allait être envoyé ce deuxième fils Potter, même si tout le monde se doutait également que Gryffondor l'accueillerait. Rapidement, il regarda les quatre tables, sa cousine et James qui étaient déjà en train de se pousser sur le banc pour lui faire de la place quand il les rejoindrait, et Scorpius qui le regardait avec attention. Le Choixpeau magique fut alors posé sur sa tête, le plongeant dans le noir et un silence complet. Nerveux, il crispa les doigts autour du tabouret, sans plus savoir ce qu'il devait penser. Confusément il revit Rose dans le train qui ne voulait pas rester en sa compagnie parce qu'il voulait parler à un Malefoy et qui brandissait son nom et leur parenté comme une bannière qui devrait leur ouvrir toutes les portes. Il pensa à James qui affichait à peu de choses près la même attitude. Oui, il ferait la fierté de ses parents, de sa famille au complet, mais… il n'avait pas envie en réalité d'être le « Nouveau Potter ».

- Tu as les qualités requises pour aller dans deux maisons. L'une d'elle est Gryffondor, chuchota une voix à son oreille.

« Oui, mais serais-je vraiment heureux là-bas ? » ne put s'empêcher de répondre Albus en pensées en laissant le chapeau lire toutes ses craintes.

- Je vois. Tu ne sais plus où donner de la tête, mon garçon ! C'est difficile… très difficile…

« Je… Je veux… » commença Albus sans savoir comment terminer sa phrase. Il n'osait pas demander quelle était l'autre maison potentielle. Etait-ce par crainte de savoir ou par crainte d'être déçu ?

- Oui ? Tu ne sais plus ce que tu dois privilégier entre tes devoirs et ton bonheur. C'est intéressant, très intéressant… Je vois en outre que tu ne te sens pas vraiment à ta place… Tu penses qu'on ne te comprend pas vraiment…

Inquiet, Albus avait l'impression que cela faisait déjà bien cinq minutes qu'il était dans le noir le plus complet. Le visage souriant et confiant de Scorpius se dessina devant lui et il se sentit presque immédiatement apaisé.

- Très bien, murmura le Choixpeau avant de crier :

- SERPENTARD !

Stupéfait, Albus sentit qu'on lui retirait le couvre-chef. Machinalement, il se leva, un peu tremblant. Les yeux étaient rivés sur lui. Quel coup de théâtre dans la Grande Salle.

- Serpentard… ? répéta Polly Chapman.

- Quelle honte… marmonna un autre.

- Un Potter avec nous ! applaudirent les Serpentard ravis de l'accueillir. Un Potter avec nous !

Les jambes en coton, il se dirigea vers la table. D'un côté, il avait le cœur noué d'anxiété et l'impression d'avoir trahi sa famille et en même temps il sentait un certain soulagement le gagner.

- Viens ! lui cria joyeusement Scorpius en battant des mains plus fort que les autres. Viens à côté de moi !

Sans se faire prier, Albus prit place à côté de son nouvel ami. Il eut le temps de voir Rose le fixer d'un air outré et bouleversé tandis que James restait bouche bée de stupeur.

Sans trop réaliser ce qui lui arrivait, il se retrouva à serrer la main des Serpentard autour de lui qui l'accueillaient avec une joie qui, il en était presque sûr, n'aurait pas été aussi sincère à Gryffondor.


C'était l'heure du petit déjeuner. Dans la Grande Salle, Albus se régalait d'une brioche à la citrouille lorsqu'une tornade de cheveux roux le tira hors du banc. Il se retrouva nez à nez avec une Rose furieuse et perplexe à la fois :

- Enfin, Albus ! Qu'est-ce que c'est que cette histoire de se retrouver à Serpentard ?!

- Mais je…

Il se tut en voyant James les rejoindre, le visage inhabituellement fermé de son grand frère lui serra le cœur.

- Compte pas sur moi pour dire aux parents dans quelle maison tu as osé finir… marmonna-t-il.

- Papa a dit qu'il s'en fichait ! protesta Albus.

Son ainé le toisa comme s'il se demandait quelle mauvaise blague il leur faisait :

- Il a dit ça pour te rassurer, mais n'oublie jamais que Voldemort sortait de Serpentard ! Tu veux suivre ses traces et devenir un Mage Noir ? Remarque, tu es bien parti étant donné tes fréquentations.

D'un signe de tête, il désigna Scorpius qui se contenta de saluer dans le vide Rose et James d'un signe de la main. Albus fronça les sourcils :

- Les rumeurs sont fausses et tu le sais !

- Ah ouais ? Et qu'est-ce qui prouvent qu'elles le sont ? De ce qu'on sait, il pourrait très bien être le fils de Voldemort et tu oses faire copain-copain avec le fils du pire ennemi de papa ! Viens Rose, nous n'avons rien à faire avec ces gens.

Désemparé, Albus regarda son frère et sa cousine s'éloigner pour regagner leur table. Une bouffée de larmes lui monta aux yeux. En retournant s'assoir, il fit semblant d'avoir fait tomber sa serviette pour se pencher et se les essuyer rapidement avec sa manche. Jamais il n'aurait pensé que sa famille lui tournerait le dos pour un choix de maison.

- Tu as fini de manger ? lui demanda aimablement Scorpius.

- Oui, marmonna le garçon sans finir sa brioche.

Son ami quitta le banc :

- Viens, j'ai quelque chose à te montrer avant le début des cours.

Ravi de pouvoir mettre encore plus de distance entre lui James et Rose, Albus emboîta le pas à Scorpius et le suivit tandis qu'il redescendait dans les cachots.

- Crin de Kelpy ! lança le garçon blond devant un mur vide où se dessina alors une porte en pierre.

Ils la franchirent ensembles et arrivèrent ainsi dans leur salle commune. Des braseros allumés projetaient des lueurs vertes sur les murs de pierre et cela amusait beaucoup Albus qui trouvait que cette couleur avait quelque chose d'appaisant. Ce qu'il adorait par-dessus tout, c'était les dortoirs situés au niveau du lac. Le bruit du clapotis de l'eau avait le don de calmer ses angoisses et il s'était ainsi endormi comme un bébé malgré toutes ses inquiétudes et son mal-être. Mais pour l'heure, ils ne retournaient pas au Dortoir, Scorpius le conduisit à la cheminée où brûlait un feu verdoyant et lui désigna le portrait qui se dressait là, au-dessus de l'âtre.

- Tu sais qui c'est ?

Albus se tordit le cou pour regarder le bonhomme à la longue barbe blanche qui se grattait le nez d'un air concentré tout en observant un lac limpide à quelques mètres de lui.

- Non… Je ne suis pas très calé en figures historique, ironiquement.

- C'est Merlin. Celui des légendes, le Graal, le Roi Arthur, tout ça.

Albus cligna des yeux, étonné :

- Un Grand Mage… pourquoi son portrait est ici ?

Le sourire de son ami lui fit comprendre qu'il attendait la question.

- C'était un Serpentard, Albus. Comme toi, comme moi… N'écoute pas les autres, tu sais bien que notre Maison souffre de sa réputation, mais tu sais aussi que certaines choses sont fausses. Les autres maisons aussi ont abrité des mauvais sorciers, Peter Pettigrow par exemple était à Gryffondor… Et nous, nous avons aussi formés quelques grands sorciers, comme Merlin.

Pour la première fois depuis qu'il avait quitté sa maison pour se rendre à la gare et sur la voie 9 ¾, Albus sentit un lourd poids quitter ses épaules. A Serpentard, il était à sa place, il ne deviendrait pas « mauvais » pour autant… et tant pis si Rose et James préféraient voir en lui une personne à éviter. Ils ne voulaient plus le fréquenter ? Soit, il ne les chercherait pas non plus. Après tout, il n'était pas seul, il avait Scorpius à ses côtés et tous ses camarades de dortoir étaient plutôt sympathiques. Si d'autres voulaient le juger, qu'ils le jugent, il les éviterait… Il pouvait rester seul avec Scorpius, lui aussi souffrait des rumeurs circulant à son sujet. Ensemble, ils se débrouilleraient pour survivre au milieu de cette communauté de sorciers, ils n'avaient besoin de personne d'autres.


Le premier cours de vol sur balais arriva très rapidement. Et il s'agissait d'un cours commun avec les Gryffondor. Albus apprécia de pouvoir sortir du château pour se rendre dans le parc où Madame Bibine devait les rejoindre.

- On devrait venir faire nos devoirs ici, commenta Scorpius près de lui.

Il hocha machinalement la tête, il venait surtout de remarquer que les Gryffondor étaient déjà tous là, devant la vingtaine de balais alignés au sol. Albus n'avait pas eu l'occasion de revoir Rose depuis la conversation du petit déjeuner, trois jours auparavant, et se risqua à lui adresser un sourire. Sa cousine lui répondit par un vague hochement de tête, avant de se tourner vers une de ses camarades de classe et de se lancer dans une grande discussion sur la meilleure façon de lisser ses cheveux en temps record avec le nouveau Lisseplis. Energique, Madame Bibine, arriva près de ses élèves :

- Allez, que chacun se place à côté d'un balai !

Immédiatement, ils se répartirent en deux lignes. Albus jeta un coup d'œil à son balai qui n'avait rien à voir avec ceux de compétition qu'ils avaient à la maison. Les brindilles étaient tordues et le manche loin d'être en bon état semblait peu confortable.

- Tendez la main droite au-dessus du balai et dites : « Debout » ! ordonna Madame Bibine.

A l'unisson, les élèves entonnèrent un joyeux :

- DEBOUT !

Immédiatement, les balais de Rose et de l'un de ses camarades leur sautèrent dans les mains.

- Encore une fois pour les retardataires ! demanda Madame Bibine.

- DEBOUT !

Cette fois ci, tous les balais répondirent à l'appel. Scorpius sourit d'un air satisfait tandis qu'Albus eut l'envie soudaine d'apprendre à creuser pour disparaitre sous terre : son propre balai n'avait pas bougé d'un seul centimètre. Quelques ricanements se firent entendre dans les rangs de Gryffondor :

- C'est vraiment un fils Potter ?

- A mon avis, il a été adopté….

- C'est un Cracmol en fait, non ?

- Taisez-vous ! ordonna Madame Bibine. Nous allons passer à la suite.

Si Albus n'avait pas eu un coup de cœur particulier pour les matières qu'il avait commencé à étudier ces derniers jours, il sut avec certitude que le cours de vol sur balais était de loin celui qui lui plaisait le moins. Il ne se sentait pas à l'aise sur le manche en bois, ses mains semblaient glisser sans cesse et il avait un mal fou à le contrôler. A la fin du cours, Albus rentra au château en compagnie de Scorpius et de ses camarades Serpentard qui lui donnaient de temps à autre une petite tape dans le dos pour le réconforter.

- Ce n'est pas grave, Albus, le rassura son ami. Je ne suis pas très doué non plus.

- Oui, mais toi tu n'es pas tombé de ton balais, marmonna Albus en se frottant son bras encore endolori de sa chute.

Scorpius lui prit le coude et l'entraina vers la Grande Salle

- Allez, c'est du passé. On va manger et tu vas vite oublier cette mésaventure. Peut-être même que dans quelques années on en rira !

- S'tu le dis… soupira Albus en le suivant.

Il dû reconnaitre cependant que le plan de son ami était plutôt bon. Assis à table, il oublia le cours de vol pour se concentrer sur les plats et remplir son assiette avec tout ce qu'il aimait.

- La purée est trop bonne !

- A qui le dis-tu ! renchérit Scorpius en se resservant une part généreuse. Goûte le rôti avec, le jus de viande qui se mélange à la purée c'est juste le paradis !

Albus émit un petit rire :

- Ton assiette est plus grosse que toi !

- Mais non, mais non, tu hallucines.

Le ventre plein, les deux amis finirent par quitter la table.

- On a encore un peu de temps avant le prochain cours, tu veux faire un tour au parc ?

- Je crois que je l'ai assez vu pour la journée, répliqua Albus. On peut plutôt retourner à la salle commune ?

Scorpius hocha la tête en quittant la Grande Salle. Ils traversaient le hall quand :

- Albus ! Hé, Albus !

Reconnaissant la voix de son grand frère, Albus s'arrêta et regarda par-dessus son épaule. James les rejoignait en courant, la serviette tachée de sauce encore accrochée autour du cou.

- Il parait que ton premier cours de vol s'est mal passé ?

- Je vois que Rose te tient bien au courant, soupira le garçon. Si papa espérait me voir faire une carrière dans l'Equipe de Quidditch d'Angleterre c'est loupé…

- Dans ce cas, c'est moi qui ferais carrière ! répliqua James en lui donnant une grande tape dans le dos. On vient de m'accepter dans l'équipe de Gryffondor ! Tu as devant toi le nouveau gardien !

- Félicitation ! lança Scorpius en lui souriant.

James adressa un rapide coup d'œil au fils Malefoy et le remercia du bout des lèvres.

- Bon, je retourne à table avant que Rose ne mange tous les moelleux au chocolat !

Il repartit en courant. Albus soupira :

- Au moins, papa pourra compter sur James pour perpétuer la tradition d'entrer dans une équipe de Quidditch.

- Personnellement, je n'aime pas trop ce sport, commenta Scorpius d'une voix légère en recommençant à marcher.

Albus le regarda en se demandant si c'était vrai ou si son ami disait ça pour lui faire plaisir. Essayant d'oublier à nouveau le cours lamentablement raté, il parvint à adresser un sourire à son ami :

- Mon oncle Ron m'a envoyé des Chocogrenouilles, ça te dit qu'on partage ?

- Quelle question ! Le Roi des bonbons est toujours partant !

Bras dessus, bras dessous, les deux garçons regagnèrent leur salle commune.


Albus apprécia de rentrer à la maison aux vacances de Noël. Il retrouva sa chambre, sa maison, ses repères et n'avait plus l'appréhension de croiser les autres élèves de l'école qui lui rappelaient à quel point il faisait la « honte des Potter ». Cependant, rentrer à la maison n'était pas facile pour autant. Bien sûr, il pouvait parler de Poudlard, des cours et des professeurs sans problème. Excepté le professeur Hagrid qu'il était allé voir une fois, lors du fameux vendredi où il avait été invité. Ça ne s'était pas mal passé, mais Albus n'avait tout simplement pas su quoi lui dire. Evidemment, il en avait été tout autre pour Rose et James. Si eux venaient voir le demi-géant de temps en temps, Albus avait préféré éviter via divers prétextes. Rose et James avaient en outre expliqué à Hagrid la grande timidité d'Albus, tout en se doutant que la vraie raison était ailleurs. Et c'était le cas : Albus ne voulait pas revenir sans Scorpius, mais il craignait la réaction du professeur, qui l'impressionnait. Aussi avait-il préféré laisser tomber. Et il n'avait en rien de tout cela à son ami. De la même manière, il passa cet incident sous silence à ses parents.

De plus, il se sentait quelque peu exclu lorsque le sujet venait sur la salle commune des Gryffondor. Il ne connaissait pas les tapisseries rouges et dorées, lui il connaissait celles vertes et argentées des Serpentard. Il connaissait Merlin qui guettait toujours le lac avec espoir et insistance. Il connaissait le doux clapotis de l'eau qui régnait dans le dortoir là où James parlait de la vue merveilleuse qu'il avait depuis la fenêtre. Albus avait fait semblant de ne pas voir la légère déception s'afficher sur le visage de son père quand il avait avoué ne pas aimer le Quidditch et ne pas savoir manier correctement un balais, même si Harry affirmait que ce n'était pas grave. Sa mère l'avait consolé en lui préparant son dessert préféré ce soir-là.

Ginny ressentait une légère inquiétude pour son deuxième fils. Albus avait toujours été plus discret et plus fragile que James. Si le premier s'était adapté à Poudlard et semblait maitriser la magie assez facilement, il était assez clair que le deuxième connaissait des difficultés en comparaison. Il maintenait toutefois la moyenne et ne se confiait pas spécialement à eux lorsqu'il leur écrivait, elle avait donc été plutôt étonnée de le voir revenir à la maison en étant un peu plus réservé. Ginny avait également remarqué qu'un beau sourire fendait le visage d'Albus lorsqu'il recevait un hibou apportant un message de Scorpius Malefoy. Harry n'était pas extrêmement ravi de savoir que les deux jeunes gens se fréquentaient, craignant que le fils de Drago soit une mauvaise influence sur Albus, mais Ginny n'était pas de cet avis. Elle avait cru comprendre que Scorpius n'était pas non plus très apprécié par les élèves de l'école à cause des rumeurs à son sujet (Albus lui en avait parlé à demi-mot) et surement se serraient-ils les coudes pour s'en sortir ensemble.


La première année scolaire s'écoula, péniblement pour Albus. Plus les semaines passaient, plus il avait tendance à s'isoler un peu plus en compagnie de Scorpius. Ce dernier était inquiet, la santé de sa mère se dégradait de plus en plus. Lorsqu'il sentait que ses soucis menaçaient de le submerger, il se refugiait près d'Albus pour se changer les idées. Ils s'entraidaient, ils évitaient les autres. Ils s'amusaient aussi, tous les deux, surtout lorsque Ron envoyait à Albus des jeux sortis de son magasin de farces et attrapes. A la fin de l'année, les élèves prirent à nouveau le Poudlard Express pour revenir à la gare King's Cross. Tandis que le train entrait en gare, Albus remarqua que Scorpius avait déjà le nez collé à la vitre du wagon et qu'il essayait de voir ses parents :

- Il ne fait pas beau, j'espère que maman est restée à la maison pour se reposer…

- A moins que le meilleur médicament pour elle soit de te voir, sourit Albus.

Scorpius lui rendit un sourire de remerciement. Ils avaient revêtu leurs vêtements moldus quelques minutes auparavant. Le train s'arrêta. Les portières s'ouvrir. Bientôt les élèves sortirent en masse pour retrouver leur famille. Scorpius couru vers ses deux parents en tirant sa valise :

- Maman, tu n'es pas raisonnable !

Mais il se serra contre elle avec bonheur. Bien qu'ayant déjà remarqué où se trouvaient ses propres parents, Albus rejoignit soudain son ami en obéissant à une impulsion subite :

- Scorpius, attend !

L'interpellé se retourna. Drago Malefoy eut un léger tic à la paupière en reconnaissant le fils d'Harry Potter et ses doigts se resserrèrent autour du pommeau en argent de sa canne dissimulant sa baguette magique. Les doigts posés dans la chevelure blonde de son fils, Astoria adressa un sourire hésitant à Albus qui salua un peu timidement les parents de son ami, avant de regarder Scorpius :

- J'ai un cadeau pour toi.

Il se baissa et ouvrit sa grosse valise d'où il extirpa un volumineux grimoire :

- Tient ! Je sais que tu le cherchais, alors je te donne le mien.

Les yeux gris de Scorpius pétillèrent :

- Oh ! « L'Histoire de Poudlard » !Tu es sûr de toi, Albus ?

- Oui, oui, prend-le. Tu l'as feuilleté trois fois par semaine, il va te manquer si tu ne l'as pas pendant deux mois !

Le rire reconnaissant de son ami lui réchauffa le cœur.

- Merci Albus. N'oublie pas de m'envoyer un hibou de temps en temps pendant les vacances.

- Toi aussi ! lança Albus en se détournant pour rejoindre sa famille.

Deux mois s'offraient à lui. Il songea qu'il n'était pas spécialement ravi de rentrer à la maison. Les vacances d'été signifiaient qu'il allait voir souvent toute sa famille au complet. Même pour rire, le sujet comme quoi il était à Serpentard allait être abordé. James vanterait ses exploits en Quidditch. Rose clamerait haut et fort qu'ils avaient gagné la Coupe des Quatre Maisons. Et lui, il n'aurait pas grand-chose à raconter, il était un Serpentard, un élève plutôt moyen et il n'avait qu'un seul ami qui était la progéniture Malefoy. Mais, il n'avait pas hâte non plus de retourner à Poudlard et de retrouver les sorciers, les rumeurs, les préjugés…


J'espère que ce chapitre vous a plu. Si vous vous posez la question, je n'ai pas inventé le fait que Merlin est allé à Serpentard, c'est officiel. N'hésitez pas à me faire savoir si cet réécriture vous plait !