Un tout petit chapitre pour aujourd'hui, désolée :)


Harry Potter était de retour à Poudlard et regardait son reflet dans le miroir du Riséd. Mais il ne voyait plus le reflet de ses parents. A la place, il regardait Dudley en train de faire de la danse classique, faisant preuve d'une grâce assez surprenante malgré son poids.

- Harry.

L'image de son cousin fut remplacée par celle de Dumbledore tenant une paire de chaussette représentants des potions d'Amour. Le vieux Directeur hocha la tête et ouvrit la bouche :

- N'oublie pas le plus important, Harry. Nigaud ! Grasdouble ! Bizarre ! Pinçons !

Harry ne put s'empêcher de sourire et traversa le miroir sans teint. Il se retrouva alors dans une salle sombre, avec des inscriptions vertes sur les murs, des inscriptions qu'il n'eut pas le temps de lire.

- Haaaarry Poooootteeeeer ! murmura une voix glaciale qu'il aurait reconnu entre mille.

Tétanisé, il se retourna et vit Voldemort en train de jaillir d'un chaudron, dans un cimetière. Le corps de Cédric Diggory gisait au sol.

Harry recula en brandissant sa baguette magique.

Un jet de lumière verte jaillit de celle du Mage Noir.

- PAPAAAAAAAAAAAAA ! hurla la voix terrifiée d'Albus.

La douleur explosa dans le crâne d'Harry. Une douleur vive, en plein milieu du front.

Harry Potter se redressa dans le lit. Malgré le décor rassurant de sa chambre, il avait l'horrible impression d'être toujours dans le cimetière où son pire ennemi avait ressuscité, plus de vingt ans auparavant.

- Harry… ?

Ginny remua près de lui. Il essaya de calmer sa respiration encore saccadée par son cauchemar et essaya de prendre sa voix la plus normale et la plus rassurante :

- Tout va bien… Rendors-toi.

Mais son ton était tout sauf convaincant.

- Lumos, souffla sa femme.

L'extrémité de sa baguette magique s'illumina, elle regarda le visage de son mari, inquiète :

- Un cauchemar ?

Il acquiesça en se retenant de grimacer. Sa cicatrice pulsait douloureusement, lui donnait l'impression que quelqu'un essayait de l'ouvrir à l'aide d'une lame au fer rouge.

- Sur quoi ?

- Oh…une salle de Poudlard, Dumbledore… et après c'est devenu autre chose.

Harry ne voulait surtout pas inquiéter Ginny, mais il se sentait nauséeux. Dans un geste qui se voulait naturel, il essuya son front avec la manche de son pyjama, puis attrapa ses lunettes. Il les mit sur son nez et se leva du lit pour aller prendre le pichet d'eau sur le rebord de la fenêtre.

- Tu n'as pas l'air très bien… C'est à cause de la visite d'Amos, hier soir ? Il y a de quoi être un peu déboussolé.

Le Survivant trempa ses lèvres dans le verre qu'il venait de remplir, appréciant la fraicheur de l'eau contre sa bouche brûlante. Il mourrait d'envie de plaquer le récipient froid contre sa cicatrice.

- Je peux affronter sa colère, répondit-il. Le plus dur, c'est qu'il a raison. Amos a perdu son fils par ma faute…

Ginny fit la moue en lissant les couvertures du plat de la main :

- Tu es un peu injuste avec toi-même…

- Et que puis-je lui dire ? Je ne peux rien dire à qui que ce soit… ou alors, bien sûr, dire ce qu'il ne faut pas.

Elle comprit immédiatement que ce n'était plus Amos le sujet, et finalement pas lui le véritable problème de son époux.

- Tu as eu une bonne idée en voulant donner la couverture à Al'.

Il se rassit sur le lit, le verre à moitié vide entre les mains :

- Vraiment ? Je n'ai fait que le mettre en colère et je n'ai pas choisi le bon moment pour lui annoncer mon refus pour Noël.

- C'est sûr, marmonna Ginny. Tu as choisi le pire moment possible.

- Parfois… J'aimerais qu'il ressemble un peu plus à James ou à Rose, avoua-t-il piteusement en baissant la tête.

- Harry !

- Eux, je les comprends au moins…

- Et moi, je préférerai que Lily prenne plutôt exemple sur Albus que sur James, rétorqua Ginny sèchement. Il est différent, c'est plutôt une bonne chose, non ?

Harry hocha la tête, il savait parfaitement qu'il ne gagnerait pas contre sa femme et n'aurait certainement pas le dernier mot, surtout quand elle avait raison.

- Tout de même, soupira-t-il, quelle idée de vouloir passer Noël ailleurs qu'ici.

- Harry… Je peux comprendre ton refus mais essaye de voir aussi les choses de son point de vue. Tu prônes le Noël en famille, et c'est bien, mais je ne crois pas me souvenir que tu sois retourné à Privet Drive pour passer les fêtes de noël avec ton oncle et ta tante. Pourtant, ils étaient ta famille.

Il redressa vivement la tête :

- Mais c'est différent ! Ils ne voulaient pas de moi, eux ! Et ils ne m'ont jamais considéré comme étant de leur famille ! Et je ne maltraite pas Albus, moi !

- Je sais, Harry, je sais ! répondit Ginny. Mais tu ne peux pas nier qu'Albus n'a pas l'air complètement heureux. Or, je crois que noël, c'est avant tout une fête où on doit être heureux, et peut-être que lui, ce qui le rend heureux, c'est de passer ce moment en compagnie de son meilleur ami. Comme toi, quand tu passais tes noël en compagnie de Ron, Hermione ou ton parrain.

Harry resta silencieux. Il écoutait son épouse, mais il ne pouvait s'empêcher de trouver que sa situation n'avait tout de même rien à voir avec celle d'Albus. La main de Ginny se posa sur son épaule :

- Que tu veuilles Albus ici, ça se comprend. Mais dans ce cas, peut-être pourrions-nous inviter Scorpius à venir à la maison ?

- Pourquoi donc ? demanda Harry en fronçant les sourcils. Tu ne veux pas inviter Drago, tant que tu y es ?

- Harry, nous ne sommes plus des étudiants en conflit comme au temps de Poudlard. Et Scorpius n'est pas Drago Malefoy, il a l'air gentil, poli et même Hagrid nous en dit le plus grand bien dans ses lettres.

Cet argument ne sembla pas le convaincre. Le demi-géant achetait des dragons aux parfaits inconnus, il suffisait que le fils Malefoy soit doué dans la matière qu'il enseignait pour qu'il ait soudain toutes les qualités du monde. Il repensa à l'appel à l'aide d'Albus, entendu dans son rêve, et frissonna tandis que la douleur de sa cicatrice revenait en force. Ginny le serra contre elle et continua patiemment :

- Scorpius a perdu sa mère, Harry. Tu sais ce que c'est que de perdre des proches… Ce sera son tout premier noël sans sa mère, qui faisait partie de sa famille. Peut-être que lui aussi serait heureux d'avoir Albus à la place.

Il voulut répondre, mais seul un gémissement de souffrance franchit ses lèvres. La voix effrayée d'Albus résonnait dans ses oreilles. Harry se plia en deux en plaquant le verre contre son front brûlant. Ginny reconnut immédiatement ce geste, un geste familier autrefois.

- Harry… Depuis combien de temps ta cicatrice ne t'avait plus fait mal ? demanda-t-elle lentement.

Il reprit son souffle tandis que la douleur s'atténuait, et tourna la tête vers son épouse. Ils échangèrent un long regard, et le Survivant finit par répondre dans un souffle :

- Vingt-deux ans…

Ils savaient ce que ça pouvait signifier. Quelque chose allait se produire. Quelque chose à ne pas prendre à la légère.