Le coin réponse :)

_ Cybelia : Merci pour tous tes commentaires ! J'essaye effectivement de "redorer" un peu le blason de Drago Malefoy en essayant de le rendre un peu plus intéressant que dans la pièce. Quant à Hermione, elle n'a aucune preuve "concrète" qu'Albus accompagne Scorpius (puis surtout, je la vois mal informer Harry directement sans preuve, au risque de le faire exploser de colère). Je pense qu'elle s'en doute mais qu'elle osait pas l'affirmer... d'où le fait qu'ensuite elle n'est pas réellement surprise quand elle apprend qu'Albus a bien disparu en même temps.

_ Noour : Oui, j'ai prévu d'infiltrer le Ministère au Polynectar. Cependant (et je pense que c'est ça que tu redoutes), la scène Albus/Ron avec Hermione ne sera pas comme dans le script :)


1er septembre 2020

20 heures

Scorpius se pencha et attrapa un sandwich posé sur un plateau en argent. Delphini en avait ramené plein, avec des gâteaux et des boissons. En attendant son retour, avec l'aide d'Albus, il avait un peu dépoussiéré et nettoyé le salon pour le rendre habitable quelques heures, constatant que cela faisait surement plusieurs longues années que le vieil homme n'avait plus mit les pieds ici. Enfoncé dans un vieux canapé beaucoup trop mou, il donna un petit bout de poulet à Ratibus qui se promenait sur ses genoux, tout en observant Albus et Delphi Diggory en pleine conversation passionnée :

- Je suis sûre que tu finiras par devenir très bon, en sortilège, assura-t-elle en lui souriant. C'est parce que tu manques de confiance en toi, pour le moment. Tu as quand même la moyenne, c'est donc que tu te débrouilles ! Tu deviendras certainement un sacré bon sorcier, Albus Potter.

Il rougit en mordant dans un sandwich à la charcuterie et cornichons. La jeune femme agita sa baguette magique, la brique de jus de fruits lévita sur la table et vint remplir les trois verres. Elle s'empara du sien, trempa ses lèvres dans le liquide frais et sourit à ses jeunes invités :

- Maintenant que nous sommes posés… Comment envisagez-vous la suite pour récupérer le Retourneur de Temps ?

Scorpius haussa les épaules et tourna la tête vers Albus, sachant que ce dernier avait déjà plus ou moins tout prévu, même s'il lui manquait des détails. L'adolescent avala une bouchée de son repas :

- Je me suis dit que du Polynectar serait pas mal, pour nous infiltrer au Ministère.

Scorpius avala de travers et se mit à tousser bruyamment, effrayant Ratibus qui courut se cacher derrière un coussin du canapé.

- Tout va bien ? s'alarma Delphi en se levant et en lui tendant immédiatement son verre. Bois, ça devrait aider à passer, tu as du avaler de travers.

L'adolescent but trois longues gorgées, réfléchissant à toute vitesse. Il en vint à la conclusion qu'Albus avait dû mettre la main sur la liste de tous les interdits possibles dans la communauté des sorciers et qu'il avait dû se lancer le défi de tous les transgresser un par un. Ou alors, Albus était devenu fou… A moins qu'il lui fasse une énorme plaisanterie depuis ce matin. Ou peut-être qu'il allait se réveiller, là, dans le Poudlard Express et rire un bon coup en réalisant qu'il avait fait un rêve incroyablement stupide où Albus fuguait du train, l'embarquait dans le Magicobus, lui faisait sécher les cours et songeait sérieusement à préparer une dangereuse Potion interdite pour s'introduire au Ministère, afin de voler un Retourneur de Temps. Tout ça dans le but de sauver Cédric Diggory, décédé depuis des années, parce qu'Amos Diggory chouinait sur son fauteuil qui allait finir par rouiller avec autant de larmes versées, et qu'il suffisait que Delphini batte des cils pour qu'Albus rougisse jusqu'à la racine des cheveux.

- Ça va mieux ? demanda la jeune femme en lui tapotant le dos.

- Oui, oui, croassa-t-il en se pinçant discrètement. Juste avalé de travers.

Malheureusement, il ne put que constater qu'il était bien éveillé et qu'Albus était on ne peut plus sérieux. Delphi reprit place dans son fauteuil :

- Du Polynectar, donc… c'est pas idiot.

- Mais c'est terriblement long à préparer ! fit remarquer Scorpius en voyant immédiatement une magnifique faille dans le plan de son ami. On n'a pas la recette, mais il faut un tas d'ingrédients, dont certains sont difficiles à se procurer, et il faut beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps pour préparer du Polynectar ! Sans parler de l'ingrédient essentiel, un…

- Petit bout de la personne dont on veut prendre l'apparence, acheva Albus à sa place en lui souriant. Je sais, j'ai déjà ça !

Triomphalement, l'adolescent sorti plusieurs petites fioles de la poche de sa cape :

- J'ai récupéré plein de trucs à la maison, c'est pas difficile ! Il y a des cheveux de mes parents, de mon oncle, de ma tante… Pas difficile, ils sont souvent à la maison.

Dépité, Scorpius regarda les petits tubes qu'Albus alignait devant eux, déçu qu'ils ne se soient pas tous brisés dans le Magicobus.

- Il n'empêche que c'est une potion longue et difficile, Albus. On ne va quand même pas louper les cours pendant deux mois, insista-t-il.

Son ami lui sourit, rassurant :

- C'est pour ça qu'on est venu ici ! Pour prévenir Amos qu'il avait des alliés et parce que j'espérais bien que Delphi pourrait nous aider !

- Albus, tu me flattes… répondit la concernée en rosissant de modestie. Je ne suis pas une très grande sorcière, mais je peux faire au mieux.

Albus attrapa deux gâteaux sur la table devant lui et en lança un à Scorpius qui l'attrapa au vol machinalement :

- Tu penses être capable de nous aider pour fabriquer le Polynectar ? s'enquit l'adolescent aux cheveux noirs en regardant sa nouvelle amie.

Un sourire mystérieux se dessina sur le beau visage de la jeune femme :

- Je vais même pouvoir faire mieux, je peux t'en fournir dès à présent.

Il écarquilla des yeux étonnés et sentit une bouffée de joie envahir son cœur. L'adolescent s'attendait à devoir retourner à Poudlard dans les jours prochains et à devoir trouver un moyen de fuguer, plus tard, pour retrouver son amie et gagner le Ministère, mais la chance était vraisemblablement de son côté ! Il avait presque l'impression d'avoir avalé un flacon de Felix Felicis à la place de son jus de fruits.

- Comment ça se fait ? demanda Scorpius un peu plus méfiant. Tu as une réserve quelque part ?

La jeune femme haussa modestement les épaules :

- Oh, tu sais… Des moments, j'aime bien être un peu discrète. Ce n'est pas toujours facile d'être la nièce d'Amos Diggory qui rappelle à tout le monde qu'Harry Potter est responsable de la mort de son fils, alors parfois j'ai envie de sortir et de me balader sans que l'on puisse me reconnaitre, tu comprends ?

Albus acquiesça d'un vigoureux hochement de tête, compréhensif.

- C'est plus facile de préparer du Polynectar que d'être Métamorphomage, acheva-t-elle. Enfin, pour moi, en tout cas. Et puisque tu as déjà de quoi nous transformer, je pense que plus vite nous irons a Ministère, mieux ce sera.

Tous les regards se posèrent sur les fioles d'Albus dont le sourire allait bientôt dépasser ses oreilles :

- Demain ! proposa-t-il aussitôt. Personne ne s'attendra à nous voir agir aussi rapidement, et ils seront peut-être même en train de nous chercher ailleurs alors que l'on sera sous leur nez ! C'est génial !

Delphini Diggory acquiesça :

- Oui, cela me parait être une bonne idée. J'irais chercher la potion avant que l'on parte, et je pourrais à nouveau faire un Transplanage d'escorte pour nous emmener à Londres. Tu sais comment entrer dans le Ministère ?

- Oui, aucun problème !

Scorpius attira Ratibus contre lui avec des miettes de gâteaux, écoutant les deux autres qui mettaient leur plan en place pour le lendemain. Il avait envie d'ouvrir la bouche, de protester contre toutes ces idées dangereuses, et il trouvait tout de même bizarre que Miss Diggory ait « comme par hasard » du Polynectar sous la main. Son explication tenait la route, mais à son sens, il aurait préféré utiliser un sortilège pour se déguiser, plutôt que de se casser la tête à faire du Polynectar, dans le seul but de passer inaperçu. Du coin de l'œil, l'adolescent blond observa Albus, tout en caressant le museau noir de Ratibus qui se mit à lui lécher l'index. Son ami souriait, débordait d'enthousiasme et il ne l'avait jamais vu autant motivé pour quoi que ce soit d'autre… Scorpius avait conscience qu'il pouvait sûrement se retirer du projet à tout moment, et il en mourrait d'envie, mais il se doutait que son retrait n'arrêterait pas Albus Potter. S'il arrivait quelque chose à son ami, tout ça parce qu'il n'était pas resté pour l'aider, il s'en voudrait terriblement. Décidant de montrer un minimum de bonne volonté, il écouta un peu mieux l'échange entre ses deux camarades et s'autorisa à penser que tout pouvait parfaitement bien se passer.

- D'accord, finit-il par dire au bout de vingt bonnes minutes de mise au point. Le plan va marcher, on se transforme en Hermione Granger, Harry Potter et Ron Weasley, et on arrive à repartir avec le Retourneur de Temps. On fait quoi ensuite ? Je suppose qu'on va l'utiliser tout de suite, histoire d'agir le plus rapidement possible avant que toute la communauté de Sorciers nous mette la main dessus ?

Albus tourna la tête vers lui, content de le voir participer :

- Je pense, oui, il faudra agir vite. Mais la question maintenant, c'est de savoir comment on va sauver Cédric Diggory… Que sait-on exactement ? Il a pris le Portoloin et s'est retrouvé dans le cimetière, donc…

- Donc, il faudrait qu'il ne puisse pas prendre le Portoloin… supposa Scorpius. Comment on l'empêche de faire ça ?

Delphi agita sa baguette magique, un feu ronflant s'alluma dans la cheminée. Albus rapprocha son fauteuil pour profiter de la chaleur des flammes, le visage pensif :

- C'était lors de la Troisième Tâche, non ? On peut peut-être remonter le temps jusqu'à cette tâche-là, on lui lance un petit sortilège de Confusion discrètement, ou on peut le Stupéfixier, ainsi on sera sûr qu''il n'atteindra pas le Trophée ensorcelé.

La jeune femme attrapa un paquet de marshmallow et l'ouvrit d'un coup de dents :

- C'est une idée intéressante, répondit-elle en leur tendant des piques de brochette. Qu'est-ce que tu en penses, Scorpius ?

Il se déplaça et s'assit sur l'accoudoir du canapé en prenant la pique et planta un bonbon sur la pointe :

- Je pense que c'est dangereux. Normalement, le Tournois a été conçu pour des élèves majeurs, des élèves qui avaient donc dix-sept ans, ce qui signifient que les créatures présentes dans le labyrinthe ont normalement été étudiées par eux.

- Mon père a bien réussi le labyrinthe, protesta Albus en faisant griller son marshmallow en même temps que lui.

- Plus exactement, le Mangemort à la solde de Voldemort le surveillait et s'est débrouillé pour que ton père ne rencontre aucun obstacle, corrigea Scorpius. Si tu veux empêcher Cédric d'attraper le Trophée, sans qu'on nous remarque, ça veut dire qu'il faut qu'on soit nous-même présents dans le Labyrinthe pour l'arrêter après qu'il soit entré dans l'épreuve, mais avant qu'il arrive au Portoloin.

- Et le labyrinthe est truffé de différentes créatures que nous n'avons pas encore étudiées, c'est ça ? demanda Albus en mâchonnant son bonbon. Tu as peur qu'on tombe sur un truc qui nous empêcherait de mener le projet à bien ?

L'adolescent blond acquiesça en avalant également son bonbon :

- Il y a ça, oui. Mais nous risquons aussi d'être perdus comme des andouilles parce que c'est un labyrinthe justement, ce qui signifie qu'il faudrait trouver Cédric et ne pas nous perdre dedans, ou tourner stupidement en rond. De plus, si je ne dis pas de conneries, plusieurs professeurs patrouillaient autour du labyrinthe et dans le lot, il y avait notamment le Mangemort déguisé en Maugrey Fol Œil…

- Et il avait un œil magique ! Bien sûr ! s'exclama Delphi en se frappant le front. Il peut sûrement voir à travers la haie et si nous avons le malheur de passer dans son champ de vison, il risque de nous dénoncer et de contrecarrer notre plan avant qu'on ait pu le mettre en action ! Bien vu, Scorpius !

Le concerné s'autorisa un sourire. Albus se mit à rire :

- Tu es un sacré intello, Scorpius ! Mais tant mieux, sans toi on foncerait droit dans des ennuis encore plus profonds.

Son ami se contenta d'un sourire, préférant ne pas dire à haute voix qu'il estimait être déjà dans des ennuis très profonds.

Delphi reprit son verre et but une gorgée en regardant les flammes dans l'âtre :

- Dans ce cas, nous devons intervenir sur une autre tâche. Il y a celle avec les dragons et celle qui se passait sous l'eau. Laquelle est la moins dangereuse pour agir, à votre avis ?

- Attendez, en quoi intervenir sur une autre tâche réglerai le problème ? s'étonna Scorpius.

- Mais bien sûr ! s'exclama Albus, surexcité. Si Cédric échoue lors de la première tâche, il sera sûrement disqualifié ! Et donc, il ne participera pas à la troisième tâche !

- On part sur le sabotage de la première tâche, si je comprends bien ? sourit Delphi.

- Ouais. Avec les dragons, on peut agir à distance sans trop nous faire remarquer alors que dans l'eau, ça risque d'être déjà un peu plus délicat...

Scorpius demeura silencieux, certain d'apercevoir un problème dans ce plan. Est-ce que Cédric Diggory allait réellement survivre simplement parce qu'ils interviendraient sur une tâche précédente ? Il n'en était pas sûr. Y avait-il une garantie qu'échouer à la Première Tâche disqualifierait le Champion numéro deux de Poudlard ? Ou peut-être que Cédric serait tellement écœuré de son échec qu'il voudrait abandonner mais… L'adolescent préféra taire ses doutes. Si saboter la Première Tâche suffisait à sauver Cédric, tant mieux. Et si par hasard, cela ne suffisait pas, et que Diggory était toujours décédé lorsqu'ils reviendraient dans le présent, peut-être qu'Albus réaliserait qu'il se lançait dans un pari beaucoup trop risqué et qu'il abandonnera son projet insensé.

- Il fallait récupérer un œuf d'or, je crois, commenta Albus. Comment il avait fait ?

Delphini sourit en levant la main :

- Moi je sais, moi je sais, chantonna-t-elle.

L'adolescent rit en la désignant du doigt :

- Diggory, je vous écoute !

- Il a métamorphosé une pierre en chien pour détourner l'attention du dragon.

- Bravo ! Trois points pour Poufsouffle ! répliqua joyeusement Albus, avant de reprendre avec un peu plus de sérieux, donc c'est là qu'on va devoir agir. On peut peut-être se mêler au public, il y avait tellement de personnes présentes qu'on passera sûrement plus inaperçu.

La jeune femme approuva :

- Si nous lançons un sort pour perturber Cédric, il est possible qu'on nous remarque. Par sécurité, nous enfilerons une tenue d'une autre école, ainsi s'ils enquêtent ils chercheront dans une mauvaise direction de toute façon.

- Un Expelliarmus suffira ? s'enquit Albus en piquant un gâteau sur sa pique, puis un marshmallow par-dessus, avant de tout approcher du feu.

- Trop visible, répondit aussitôt Delphi, on risque de voir immédiatement que c'est un sabotage et il faut que ça ait l'air naturel. Par contre, on peut combiner un Expelliarmus avec un Maléfice du Bloque-jambe. Ainsi, Cédric trébuchera d'abord, là on lance le sortilège de désarmement pendant sa chute, puis on lève ensuite le Maléfice, ce sera juste une histoire de quelques secondes…

- Et tout le monde croira qu'il a trébuché et a perdu sa baguette comme ça ! acheva Albus en regardant le bonbon fondre sur son muffin. J'adore cette idée !

- J'espère que le dragon n'en profitera pas pour le manger tout cru… marmonna Scorpius en retenant Ratibus qui s'approchait trop près des flammes.

- Aucune chance, sourit Delphi avec assurance. Les épreuves sont quand même surveillées et ils ne prendraient pas le risque qu'un des Champions soit particulièrement abimé.

La jeune femme termina son verre, puis se leva :

- Très bien, vous devriez dormir un peu, tous les deux. Pendant ce temps, je vais aller chercher un peu de Polynectar pour demain, et quelque chose à mettre pour notre retour dans le temps, ainsi nous aurons tout sous la main.

- Merci, Delphi ! s'empressa de la remercier Albus en commençant à débarrasser la table de leur dîner improvisé. Sans toi, on aurait vraiment du mal.

Elle rosit en hochant la tête d'un air modeste et sortit de la maison en laissant les deux amis ranger les restes de repas et se coucher.


Dans le Poudlard Express, Albus regardait attentivement la tasse de thé qu'il tenait entre ses mains. Il la fit tourner entre ses doigts et remarqua la forme d'un dragon rugissant. Satisfait, l'adolescent leva les yeux vers Scorpius et Delphini qui s'échangeaient leurs sandwichs, assis sur la banquette. Il tourna ensuite la tête pour regarder par la fenêtre et sursauta en voyant le visage furieux d'Harry :

- Tu n'es qu'un enfant, Albus ! le gronda son père. Tu joues à un jeu bien trop dangereux pour toi !

- T'as rien à dire, toi ! répliqua sèchement l'adolescent en lançant sa tasse dans sa direction.

Le récipient brisa la vitre du train. Albus leva les bras devant son visage pour se protéger des éclats de verre et grimaça lorsqu'il sentit sa main être entaillée. Il l'ouvrit et lâcha le Retourneur de Temps qui rebondit sur de l'herbe fraiche. Immédiatement, l'adolescent se baissa pour le récupérer et ses doigts butèrent contre une pierre froide. Une pierre tombale. Le nom de Tom Jedusor était gravé dans la pierre usée. Albus frissonna en se relevant et sursauta en voyant qu'il n'était pas seul dans le cimetière. Une dizaine de Mangemorts s'inclinaient respectueusement devant Lord Voldemort, mais le Mage Noir préféra les ignorer et se tourna vers Albus qui recula. Mais le Sorcier ne fit pas attention à lui et s'approcha de la pierre tombale où était à présent ligoté un adolescent terrifié. Scorpius ! Un énorme serpent rampait aux pieds de Vous-Savez-Qui et commençait à s'enrouler autour du prisonnier. Les yeux écarlates de Voldemort toisèrent Scorpius Malefoy :

- Alors, il parait que tu es mon fils ?

Il éclata d'un rire glacial qui fut bientôt rejoint par un autre. Albus se boucha les oreilles, mais les rires malveillants résonnaient dans sa tête. Horrifié, il vit le gros serpent se dresser et planter ses crocs venimeux dans le cou de Scorpius dont la bouche s'ouvrit en un cri silencieux.

- Viens, Albus ! s'écria Delphini en lui prenant le bras et en se mettant à courir.

L'adolescent la suivit en trébuchant à moitié. Lorsqu'il tourna la tête pour regarder par-dessus son épaule, son ami n'était plus qu'un fantôme qui lui murmura :

- Albus. Ramène mon corps, s'il te plaît. Ramène mon corps à mon père…

Albus resta assis de longues minutes sur le bord du canapé, la tête entre les mains, se balançant nerveusement et luttant contre les larmes qui voulaient couler sur ses joues. Le feu brûlait toujours dans l'âtre de la cheminée, et Delphini n'était pas encore revenue… ce qui n'était pas plus mal, il ne souhaitait pas qu'elle le voit dans cet état de peur. Il écouta la respiration calme de Scorpius, tirant tout de même un certain réconfort de le savoir tout prêt et culpabilisant un peu de l'avoir entraîné dans cette aventure qui ne lui plaisait clairement pas. Sur la pointe des pieds, il s'approcha tout de même de son ami endormi, roulé en boule dans un fauteuil, et vérifia l'état de son cou. Bien sûr, c'était stupide, ce n'était qu'un cauchemar, mais il avait besoin d'être rassuré… et il le fut quand il constata qu'il n'y avait pas la moindre trace de morsure. Albus resta près de lui et s'assit sur l'accoudoir. Scorpius entrouvrit les yeux et bailla :

- Toi, tu as encore fait un cauchemar…

- C'est rien… marmonna l'adolescent en regardant ailleurs.

- J'ai pourtant l'impression que tu en fais de plus en plus… répliqua son ami d'une voix douce en remontant la couverture sur lui.

Albus resta silencieux, Scorpius n'insista pas et referma les yeux. L'adolescent se demanda vaguement ce que faisaient leurs parents à présent que leur absence avait certainement été signalée.