Attention, j'ai fait une petite erreur sur le chapitre 17 et 18. J'ai effectivement mis la date du 1er Septembre 2020... qui est fausse ! Nous sommes en 2019 (comme corrigé ci dessous).

_ Merci aux nouveaux abonnés :)

_ Merci pour vos commentaires, je radote mais c'est toujours aussi agréable.

_ Un grand merci aussi à mon frère Gael42 qui m'aide à corriger quelques petites incohérences qui m'avaient échappées !


1er Septembre 2019

20 h 15

Amos pianota avec impatience sur l'accoudoir de son fauteuil en regardant l'homme qui faisait les cent pas devant lui.

- Je vous répète, Monsieur Potter, que j'ignore complètement de quoi vous me parlez !

- Etonnant, riposta sèchement Harry en pivotant vers lui. Mon fils n'a aucune raison de venir dans ce village, sauf s'il a entendu notre conversation.

Le vieil homme soupira :

- Même si votre progéniture nous a écoutés, il n'aurait aucune raison de venir ici !

- Pourtant, l'une des pensionnaires ici affirme avoir vu deux adolescents qui vous cherchaient.

- Peut-être s'est-elle trompée, Monsieur Potter. Je ne reçois jamais de visite ici, encore moins celle d'adolescents qui ont mieux à faire que de venir me voir.

Harry se passa une main lasse sur le visage et regarda d'un œil morne une des nombreuses photos de Cédric Diggory accrochées au mur. Si Albus et Scorpius avaient été déposés à Flagley-le-Haut, il ne restait plus aucune trace d'eux à l'heure actuelle. Le personnel de la maison des sorciers âgés voyait de nombreux visiteurs par jour et n'avait pas spécialement fait attention à une visite en particulier. Et pourquoi diable son fils serait-il venu ici ? Pour parler de la mort de Diggory ? A quoi cela l'avancerait… ? Et louper le Poudlard Express pour aller parler à Amos alors qu'il était plus simple de lui écrire s'il avait quelque chose à lui dire ? Guère plus logique.

- Vous êtes sûr de ne pas les avoir vus ? insista Harry un peu plus calmement.

- Certain, répondit immédiatement Amos en le regardant droit dans les yeux. Si ces deux enfants sont venus dans ce village, ce n'est pas pour moi. Mais peut-être que votre fils est venu prendre des renseignements pour vous ? Il me semble que vous commencez à vieillir un peu, si j'en crois ces quelques cheveux grisonnants sur vos tempes…

- Très amusant, monsieur Diggory, marmonna le Survivant. Si jamais quelque chose vous revient, faites envoyer un hibou chez moi ou au Ministère de la Magie, je vous en serai très reconnaissant.

- Bien sûr, bien sûr, grommela Amos.

N'ayant aucune raison de rester dans la chambre du vieil homme, Harry quitta les lieux. Il regrettait de ne pas savoir maitriser la Legilimancie, il aurait peut-être pu savoir si le père de Cédric lui mentait ou non… Malgré tout, son regard avait paru franc et sincère, comme s'il ne savait réellement rien du tout au sujet des deux garçons. Nerveux, il sorti du bâtiment en remerciant le personnel de lui avoir permis d'entrer à une heure aussi tardive et, une fois à l'extérieur, il se passa une main dans les cheveux. Où était son fils ? Où se cachait-il ? Le Survivant jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et regarda encore le bâtiment. Peut-être aurait-il dû faire boire discrètement un peu de Veritaserum à Monsieur Diggory, histoire d'être certain de sa sincérité… ? Il garda cette idée en tête, elle pourrait lui être utile si vraiment les recherches pour retrouver les enfants ne donnaient rien. En attendant, il ne lui restait plus qu'à rentrer et c'est ce qu'il fit. Harry transplana et se retrouva bientôt dans l'entrée de sa maison, il remarqua immédiatement la cape doublée en soie verte qui était pendue au porte-manteau et entendit la voix traînante qui parlait avec Ginny et Hermione dans la cuisine. Harry les rejoignit et se contenta d'un hochement de tête poli à l'adresse de Drago Malefoy assis à sa table, une tasse de thé devant lui.

- Alors ? demanda Hermione avec espoir. Tu as trouvé quelque chose ?

- Non, soupira Harry en se laissant tomber sur la chaise la plus proche. J'ai pu confirmer que le Magicobus a bien laissé deux adolescents d'environ quinze ans au village, mais Amos Diggory soutient qu'il n'a rien vu.

Ginny baissa le nez dans sa propre tasse, sans cacher sa déception et son inquiétude. La Ministre hocha la tête :

- Je m'en doutais un peu, ils ne veuillent vraisemblablement pas que nous les retrouvions si facilement… Aucun Moldu n'a été témoin d'un acte de magie, aux dernières nouvelles. Si demain matin, nous n'avons toujours rien, j'irais voir le Premier Ministre Moldu pour lui demander d'ouvrir un dossier de « personnes disparues », nous élargirons ainsi nos recherches.

- Bonne idée… murmura Ginny.

Drago tiqua, manifestant clairement sa désapprobation :

- Maintenant il va falloir compter sur les Moldus pour retrouver nos enfants ? Tant que tu y es, tu ne veux pas non plus leur parler de la cicatrice de Potter ?

Harry ouvrit la bouche pour lui demander de se taire, mais Hermione fut plus rapide. Loin de se laisser impressionner, elle répliqua calmement :

- Il s'agit seulement de leur demander de l'aide, rien de plus. Nous ignorions ce que la cicatrice d'Harry a à voir là-dedans, ça peut avoir un lien, ou non, mais ça reste un lien possible entre nos deux affaires en cours. Nos Aurors enquêtent actuellement sur tous ceux qui ont eu un lien avec les forces du Mal…

Le père de Scorpius reposa brusquement sa tasse sur la table, sans se soucier des gouttelettes qui se mirent à gicler :

- Je suis au courant ! Mon père a reçu leur visite, et je m'attends à les voir frapper à ma porte à tout moment ! Mais je te garantis que les Mangemorts n'ont rien à voir avec Scorpius et Albus !

Harry alluma la cafetière d'un coup de baguette magique et utilisa un sortilège d'attraction pour faire venir un grand bol vers lui :

- J'aimerai partager cette confiance, marmonna-t-il.

Les yeux gris de Drago lancèrent des éclairs dans sa direction :

- Ce n'est pas une question de confiance, Potter ! C'est une question de raison ! N'importe quel crétin s'intéressant aux Forces du Mal de nos jours n'oserait certainement pas s'en prendre à mon fils ! C'est un Malefoy !

- Ta famille était tout de même tombée en disgrâce et n'avait plus vraiment les faveurs de votre Voldemort adoré, susurra Harry en le fusillant aussi du regard.

Hermione leva les yeux au ciel avec l'impression d'être retournée à Poudlard, à l'époque où son ami et Drago ne cessaient de se chercher les poux. Ginny posa une main apaisante sur le bras de son mari :

- Même avec cette histoire de disgrâce, je pense que Drago a raison et qu'aucun Mangemort n'irait s'en prendre à son fils. Qu'ils s'en prennent à Albus, ce serait plus logique déjà… Mais les kidnapper tous les deux, ça n'a aucun sens.

Harry serra les dents et remplit son bol de café. Drago les regarda tour à tour, les sourcils froncés :

- J'espère qu'aucun de vous ne pense que le Potter Junior a été kidnappé par mon fils. Scorpius a plutôt tendance à suivre, il ne prend pas d'initiative malgré tout ce que j'ai essayé de lui inculquer.

- Tu es en train de dire que c'est Albus qui a demandé à ton gosse de sortir du train et de lancer le sortilège ? demanda Harry en prenant sa baguette magique. Mon fils n'aurait certainement pas ce genre d'idées stupides ! C'est plutôt digne de toi, ça !

- ASSEZ ! rugit Ginny sur un ton qui la faisait curieusement ressembler à sa mère. Arrêtez de vous comporter comme des adolescents tous les deux !

Drago ouvrit la bouche, croisa le regard furibond de Ginny Weasley et estima qu'il était peut-être préférable de la fermer, pour une fois. Elle les fusilla tous les deux du regard :

- Albus s'est surement enfui et Scorpius l'a peut-être suivi pour éviter qu'il lui arrive des ennuis. Du peu qu'Albus me raconte sur lui, ça lui ressemblerait bien.

Hermione croisa les bras sur sa poitrine en regardant Ginny, puis Harry :

- J'ai l'impression que vous avez oublié de me dire un truc, tous les deux… Albus aurait eu une raison de fuguer ?

Il y eu un silence pesant, puis Harry avoua :

- Je me suis disputé avec lui, avant-hier…

Le Survivant releva la tête et regarda franchement Drago :

- Nous nous sommes disputé et j'ai refusé qu'il aille passer Noël chez toi. Il est possible que ça l'ait assez mis en colère pour s'enfuir et rester avec son ami, loin de moi.

Le teint de Drago Malefoy pâlit davantage sous la colère, une veine se mit à palpiter furieusement sur son front. Il se leva lentement de sa chaise, le regard écœuré en fixant Harry Potter, la voix chargée de haine :

- S'il arrive quoi que ce soit à mon fils parce que tu es un crétin…

Ginny se leva à son tour :

- Drago, pas de menaces, s'il te plait !

- Mon fils a disparu ! rugit-il assez fort pour faire trembler les vitres de la main.

- LE MIEN AUSSI ! renchérit-elle avec une telle fureur qu'Harry s'attendait presque à la voir cracher des flammes.

Ils se foudroyèrent mutuellement du regard. Malefoy fut le premier à détourner la tête, les mains crispées autour de la table de la cuisine pour masquer leurs tremblements. Il retroussa les lèvres, tel un animal blessé et sauvage et lança froidement :

- Si vous avez besoin d'or… Tout ce que possèdent les Malefoy… Scorpius est mon unique… ma seule famille.

Le regard de Ginny s'adoucit légèrement. Hermione osa faire un petit pas en avant :

- Merci, Drago, mais le Ministère dispose de tout ce qu'il faut. Je vais y retourner de ce pas pour continuer les recherches.

Il acquiesça et sortit sans un mot de la cuisine. Ils entendirent la porte claquer derrière lui quelques secondes plus tard et s'éloigner sur le chemin. Le vent frais lui fouettait les joues. Les dents serrées, il resserra sa cape autour de lui. Hors de question de se montrer en position de faiblesse devant Potter, mais la vérité était là : Scorpius était quelque part, il ne savait pas où… Et il espérait de tout cœur qu'on le retrouverait rapidement, en bonne santé. Imaginer son fils blessé lui retournait le cœur et si ça vie était en danger… Drago se mordit rageusement le poing : il avait déjà perdu Astoria. Il n'était peut-être pas le plus parfait des pères non plus, mais il aimait son enfant plus que tout.

Après le départ de Drago Malefoy, Harry acheva de boire son café et se leva en posant son bol dans l'évier.

- Je viens avec toi, Hermione, laisse-moi juste le temps de prendre une douche, de me changer et je pars avec toi au Ministère.

- Moi, je vais rester ici, annonça Ginny. On ne sait jamais, s'il rentre à la maison… Il faut qu'il y ait quelqu'un…

Harry hocha la tête et l'embrassa sur le front, avant de monter à l'étage. En l'attendant, Hermione se resservit un thé et adressa un regard d'encouragement à Ginny :

- Ne t'inquiètes pas, on les retrouvera tous les deux.

- Albus est débrouillard quand il veut, soupira la rouquine. Et même si Drago est tout aussi inquiet que nous, je suis plutôt rassurée de les savoir ensemble, à deux ils peuvent plus facilement s'entraider.

Hermione acquiesça. Le silence se fit, il n'y avait rien d'autres à ajouter. Chacun espérait que les deux disparus avaient au moins pu avaler quelque chose et trouver un toit pour la nuit.


Le chapitre n'est pas très long, je m'en excuse.