Désolée, je ne publie que ce soir, j'ai eu la bonne idée d'enchainer ma journée de travail avec une séance ciné (Docteur Strange pour les curieux)

_ Cybelia : Eh oui, le grand Harry Potter est casse pied et désagréable, quand il veut :) et encore, j'essaye de l'atténuer par rapport à la pièce et je me reporte pas mal en fait à son caractère dans le 5ème tome, où il est particulièrement irrascible...

_ Bellasidious : merci ! comme tu peux voir, la suite est là :)

_ Noour : haha oui ! Vive les filles pour tempérer :p


2 septembre 2019

8h30

Debout devant la cheminée éteinte, Scorpius observait d'un air sceptique le gobelet rempli de Polynectar dans sa main.

- On avale ça, on se transforme, on transplane à Londres, on entre au Ministère, on vole le Retourneur de Temps et on revient, c'est ça… ? marmonna-t-il en humant le liquide boueux et en grimaçant.

- Tout à fait ! répondit Delphini en sortant deux robes de sorciers de plus grande taille pour ses deux compagnons d'aventure. Albus, tu as les cheveux ?

L'adolescent brandit fièrement les mèches réclamées :

- Oui ! On y va ?

La sorcière acquiesça en tendant la main vers lui :

- Je vais commencer, histoire que l'on soit sûr que la potion est efficace.

Vaguement méfiant, Scorpius regarda Albus déposer un cheveu châtain dans la paume de la jeune femme. Celle-ci attrapa son propre verre et y laissa tomber l'ingrédient essentiel. La potion fuma alors et changea de couleur pour devenir bleuté, elle hocha la tête et sourit aux deux adolescents.

- C'est parti !

Delphini Diggory avala la potion en quelques gorgées rapides et grimaça :

- Je m'attendais à pire…

Sous leurs yeux ébahis, ses longs cheveux argentés se raccourcirent pour devenir une tignasse ébouriffée. Son visage fin se déforma légèrement pour aborder plus de joues, de légères rides se dessinèrent au coin de ses yeux qui délaissèrent leur couleur noire pour virer au marron. En quelques instants, il ne restait plus rien de Miss Diggory et Albus ne put retenir un éclat de rire :

- Génial ! Prend l'air un peu plus sérieux, et on dirait vraiment ma tante !

Delphi pirouetta sur lui-même et alla se regarder dans un miroir. Elle se mit à rire à son tour, en repoussant ses cheveux en arrière :

- Incroyable ! Je suis la Ministre de la Magie.

Même Scorpius ne put retenir un sourire amusé. Tant qu'à être dans les ennuis jusqu'au cou, autant essayer de voir la partie comique de la situation. Il s'empara du cheveu qu'Albus lui tendait, celui d'Harry Potter, et le laissa tomber à son tour dans sa potion qui prit une couleur plutôt dorée, tandis que celle de Ron devenait verte.

- A moi, maintenant ! s'exclama Albus.

- Oh que non ! protesta Scorpius. On avale en même temps.

Ravi, l'adolescent fit claquer son verre contre celui de Scorpius :

- Trois…

- Deux…

- Un ! acheva Albus avant de boire à son tour.

Scorpius se dépêcha de déglutir. Le Polynectar avait beau être d'une couleur plus attrayante, le goût lui rappelait celui du poisson et il détestait ça. Il toussa en reposant le verre vide et regarda ses mains grandir de quelques centimètres. Sa vision devint plus floue et son cuir chevelu le tirailla désagréablement tandis qu'il devinant que sa chevelure devenait plus sombre. Retenant un gémissement de douleur, l'adolescent se plia en deux, il avait l'impression que ses entrailles s'agitaient comme des serpents en colère. Puis tout cessa soudain, et il prit une grande inspiration.

- Tout va bien ? demanda Delphi qui s'amusait à prendre des poses de top-modèle devant le miroir. En tout cas, vous ressemblez vraiment trait pour trait à Ron Weasley et à Harry Potter.

A tâtons, Scorpius attrapa la paire de lunettes rondes posées sur la table du salon et poussa un soupir de soulagement en les ajustant sur son nez. Le père d'Albus avait vraiment une mauvaise vue.

- Je crois que ça va, oui, répondit Albus qui s'amusait autant que Delphini.

La jeune femme eut la décence de regarder ailleurs tandis qu'Albus et Scorpius enfilaient les robes de sorcier, hilare. Scorpius nota que son ami avait de plus en plus de mal à contenir un fou rire et se demanda s'il s'agissait vraiment d'amusement ou plutôt de nervosité. Lui-même ne savait pas trop s'il fallait rire ou pleurer de tout ce cirque.

- C'est fou comme on dirait mon père, quand tu prends cet air sceptique… nota Albus en regardant Scorpius.

Ce dernier fronça les sourcils :

- Albus Severus Potter ! Je t'interdis de fréquenter la maison des Serpentard ! Prend donc exemple sur ton frère, James !

Hilare, Albus lui lança une cape noire. Scorpius l'attrapa et l'attacha sur ses épaules en soupirant :

- Pourquoi j'ai accepté ça ? Tu devrais être ton père, et moi dans la peau de ton oncle Ron.

- D'ailleurs, je note que mon tonton cache bien sa petite bedaine naissance, commenta Albus en se tapotant le ventre d'un air entendu. Tante Hermione va devoir le mettre au régime, si ça continue.

- On parle de moi ? s'enquit Delphi en virevoltant vers eux.

Elle passa un bras autour des épaules du faux Ron et l'embrassa sur la joue :

- Mon mari a pris du poids ? Le vilain…

Albus rougit jusqu'aux oreilles. Scorpius jeta un regard circulaire dans la pièce, s'assurant qu'ils n'avaient rien oublié :

- Allez, dépêchons-nous. Le Polynectar est à durée limitée et nous ne sommes pas encore au Ministère.

Le trio reprit instantanément son sérieux. Les deux garçons s'accrochèrent aux bras de Delphini-Hermione qui transplana immédiatement avec eux, dans une rue déserte où des bennes débordaient d'ordures odorantes près d'une vieille cabine téléphonique.

- Pourquoi on passe par l'entrée des visiteurs ? demanda Scorpius en remontant les lunettes sur son nez. On aurait pu transplaner directement, non ?

- Oui, mais je n'étais pas sûre de savoir où exactement… répondit Delphi en ouvrant la porte de la cabine téléphonique. Il aurait été dommage qu'on arrive pile en même temps que ceux que nous incarnons, c'était un trop gros risque.

Scorpius fit la moue, estimant que leur entrée ne serait pas plus discrète, mais il préféra néanmoins tenir sa langue. Le trio se serra dans la cabine :

- Je connais le code pour entrer, annonça Albus en étendant son bras jusqu'au cadran circulaire qu'il actionna. Six, deux, quatre, quatre, deux.

- Hallucinant comme tu as bonne mémoire quand il s'agit de la mettre à profit pour faire des bêtises, marmonna Scorpius.

Une voix féminine sans émotion se fit entendre dans la cabine :

- Bienvenue au ministère de la Magie ! Veuillez indiquer votre nom et l'objet de votre visite.

Delphini se racla la gorge et annonça sans hésitation :

- Hermione Granger, Ron Weasley et Harry Potter. Nous avons une affaire urgente à régler !

- Merci, reprit la voix. Le visiteur est prié de prendre le badge et de l'attacher bien en vue sur sa robe.

Ils entendirent un déclic, puis un grincement, et un badge tomba dans le réceptacle servant normalement à recevoir la monnaie. « Ron Weasley. Mission Urgente ». Albus attrapa le badge argenté en bougonnant :

- Pourquoi j'ai ça et pas vous ?

- Parce que nous, on travaille ici, cher époux ! le taquina Delphini.

Scorpius se retint pour ne pas lever les yeux au ciel.

- Le visiteur est prié de se soumettre à une fouille et de présenter sa baguette magique pour enregistrement au comptoir de la sécurité situé au fond de l'atrium.

Le plancher de la cabine téléphonique se mit à vibrer et commença à s'enfoncer sous terre.

- Je crois qu'oncle Ron est assez connu pour ne pas avoir besoin de se présenter, supposa Albus d'une voix tendue en serrant sa baguette magique dans sa main.

- Mais oui, ne t'inquiète pas, le rassura la fausse Ministre en lui ébouriffant les cheveux.

Ils continuèrent dans l'obscurité quelques instants, jusqu'à ce qu'un filet de lumière commence à éclairer leurs pieds, puis les illumine tout entier. Ils battirent des paupières, aveuglés.

- Le Ministère de la Magie vous souhaite une bonne journée, dit la voix tandis que la portière de la cabine s'ouvrait pour les laisser sortir.

Nerveux, Scorpius regarda rapidement le hall qui s'étendait devant eux, où différents sorciers se déplaçaient, plus ou moins pressés. Il s'attendait à ce que tout le monde se tourne vers eux et à ce qu'on les arrête et fut donc complètement étonné de voir que tout se déroulait selon le plan de Delphini et Scorpius. Ils traversèrent naturellement les lieux, adressant de temps à autre un signe de tête aux sorcières et sorciers qui les saluaient. Albus guidait discrètement sa nouvelle amie pour qu'elle n'ait pas l'air d'être perdue tandis que Scorpius prenait un air très concentré et sérieux, espérant qu'ainsi personne ne s'arrêterait pour leur parler. Sans encombre, ils parvinrent à gagner le niveau un et à avancer dans un couloir peu fréquenté. Il était encore tôt, les employés travaillant à cet étage n'étaient pas censés avant un bon quart d'heure, ils avaient donc largement le temps d'entrer dans le bureau de la Ministre.

Albus désigna une porte d'un air triomphant :

- Iciii !

- Harry, tu as vraiment passé la nuit ici ? résonna une voix un peu trop familière dans un couloir parallèle.

Le trio échangea un regard paniqué.

- Qu'est-ce qu'on fait ? chuchota précipitamment Scorpius. On peut pas se rendre invisible !

- Désillusion ? suggéra Albus en plongeant la main dans sa poche pour prendre sa baguette magique.

- Tu parles, murmura Delphini qui avait pâlit, ça ne marchera pas. Et surtout, si elle entre dans son bureau, on est mal, l'effet du Polynectar n'est pas éternel.

Scorpius tendit l'oreille, concentré et fronça les sourcils :

- Il n'y a que Madame Granger et ton père, Albus. Delphini et moi, on va se planquer dans le bureau de ta tante, et toi tu fais de ton mieux pour les empêcher d'entrer !

- Qu… quoi ? bredouilla Albus en pâlissant sous ses taches de rousseurs récentes.

- Pas le choix, annonça Delphini en posant la main sur la poignée de la porte qui tourna dans le vide. Zut ! c'est fermé.

La voix de Harry Potter répondit :

- Oui… Enfin, j'ai accompagné une des équipes de recherches pendant deux heures, mais pour l'instant nous n'avons toujours rien trouvé…

Scorpius brandit sa baguette magique et commença à la pointer vers la porte. Delphini le retint par le poignet en chuchotant :

- Qu'est-ce que tu fais ?! Tu es un Sorcier de Premier Cycle, tu risques de te faire repérer immédiatement !

Elle agita sa baguette magique en murmurant :

- Alohomora !

Un léger déclic retentit et Scorpius tourna la poignée, la main moite. La porte s'ouvrit dans l'instant.

- Tu devrais rentrer te reposer, conseilla la véritable Ministre d'une voix inquiète. Tu as l'air crevé…

Précipitamment, les intrus entrèrent dans le bureau et lancèrent un dernier regard d'encouragement au pauvre Albus qui resta dans le couloir. Celui-ci s'assura que le battant avait bien été à nouveau clos, prit une profonde inspiration et se tourna dans la direction des voix, essayant de se rappeler toutes les mimiques et les attitudes que pouvaient avoir son oncle. Moins de dix secondes plus tard, la Ministre et le Directeur de la Justice Magique tournaient à l'angle du couloir.

- Hermione ! Harry ! Vous voilà ! s'exclama-t-il en avançant à grands pas vers eux.

- Ron ? s'étonna Hermione. Mais qu'est-ce que tu fais là ?

Cherchant une réponse crédible, Albus haussa nonchalamment les épaules :

- Je viens aux nouvelles… Alors, quoi de neuf ?

Harry soupira :

- Rien pour le moment. Albus et Scorpius sont toujours introuvables…

Le faux Ron retint un sourire. Son père paraissait effectivement exténué, comme l'avait souligné sa tante et une petite part de lui n'était pas mécontente de le voir s'inquiéter autant pour lui. Aussi naturellement que possible, il passa un bras autour des épaules d'Hermione :

- Tu devrais aussi te reposer un peu. Pourquoi tu n'irais pas prendre un bon petit déjeuner avec Harry ? Vous continuerez après…

La Ministre soupira en secouant la tête :

- Je ne suis pas sûre que l'on puisse se le permettre… et je dois vérifier à mon bureau si je n'ai pas reçu des notes de service au sujet des enfants. Ou d'autres choses, on ne sait jamais.

Albus décida de jouer au mieux la carte du mari soucieux et lâcha Hermione pour se planter devant le bureau, les bras croisés :

- J'en sors, je te croyais à l'intérieur, et je peux t'assurer qu'il n'y a rien pour toi là-dedans.

- Ron… commença à protester la Ministre.

- Tu crois que tu seras plus efficace, si tu ne prends pas le temps de faire une pause ? répliqua-t-il avec assurance tout en tournant les yeux vers Harry pour avoir son soutien. Vous devez être en forme, pour continuer les recherches ! Donc, une pause s'impose ! Ensuite, vous serez bien plus efficace, j'en suis certain !

Elle hésita et échangea un coup d'œil avec Harry, ne pouvant nier qu'ils avaient bien besoin de refaire un plein d'énergie. Le Survivant retira ses lunettes, les nettoya, et les remit sur son nez. Son expression indiquait clairement qu'il n'avait pas du tout envie d'écouter Ron, mais que le bon sens lui soufflait de prendre tout de même un minimum soin d'Hermione dont les yeux étaient soulignés de cernes.

- Il n'a pas tort, dans notre état nous ne sommes plus très efficaces. Une demi-heure suffira…

- Bien parlé ! acquiesça Albus en les poussant dans le couloir.

- Tu ne viens pas avec nous ? demanda sa tante. Tu ne serais pas de trop…

- Tout à l'heure, répondit-il naturellement. Je dois d'abord… euh… aller aux toilettes ! Et ensuite, je vais vérifier si Georges n'a pas besoin de moi à la boutique, et je vous rejoints.

Harry hocha la tête en lui donnant une tape dans le dos :

- Merci, mon vieux !

Hermione lui sourit et l'embrassa délicatement sur les lèvres :

- A plus tard, dans ce cas.

Se sentant rougir jusqu'aux oreilles, Albus recula en bredouillant :

- Excuse-moi, c'est urgent…

Il se mit à courir dans le couloir et tourna à l'angle pour disparaitre de leur vue et simula le bruit de sa course, comme s'il se ruait réellement vers les toilettes. L'oreille tendue, Albus écouta son père et sa tante continuer leur chemin, sans pénétrer dans le bureau, et revint sur ses pas une fois sûr que la voie était libre. Mort de gêne, il se frotta la bouche avec sa manche et entra dans le bureau d'Hermione. Scorpius et Delphini se tournèrent immédiatement vers lui, soulagés.

- On a pas beaucoup de temps, marmonna le faux Ron en se laissant tomber dans le premier fauteuil venu. Je parie qu'elle va revenir ici dès qu'elle aura terminé sa pause…

Scorpius sourit et pivota sur ses pieds en observant les étagères qui tapissaient la pièce :

- Tu t'es bien débrouillé, j'ai presque cru que tu allais réellement partir avec eux pour les aider à nous chercher.

Delphini commença à ouvrir les tiroirs du bureau, en ajoutant :

- Et j'ai entendu qu'ils ont juste parlé de vous deux, ils ne savent donc pas que je suis avec vous, ce qui est plutôt un avantage.

Albus hocha la tête en se relevant et se mit à aider ses amis à fouiller la pièce, sous les regards désapprobateurs des portraits présents.