Bonjour à tous ! Entamons ce bon week end de congé avec ce chapitre 22 tout frais ! :)

Merci encore pour tous vos commentaires !


2 Septembre 2020 – Soir

Scorpius se frotta les yeux en baillant et se redressa sur le lit dont les ressorts grincèrent. Il avait l'impression de vivre la journée la plus longue de sa vie. Fatigué, il regarda Albus, assis sur le plancher poussiéreux, qui jouait avec Ratibus. Le rat n'avait pas l'air de leur tenir rigueur pour toutes ces aventures et se prêtait volontiers au jeu de sauter pour attraper les miettes de pain que son maître lui lançait. L'adolescent blond soupira :

- Delphi n'est pas revenue ?

- Pas encore, elle est allée chercher du matériel pour notre voyage. Bien dormi ?

Il haussa les épaules, sans répondre, estimant qu'ils auraient très bien pu se reposer chez Amos, comme il le pensait ! Au lieu de ça, Miss Diggory avait transplané avec eux à Pré-au-Lard et, toujours sous l'effet du Sortilège de Désillusion, ils avaient gagné la Cabane Hurlante. Là, ils s'étaient enfin posés quelques heures, pour se remettre de leurs égratignures et pour laisser le temps à la cousine de Cédric d'aller leur chercher à manger et du « matériel » apparemment. Selon la jeune femme et Albus, cet endroit était relié à un passage secret qui les conduirait dans le Parc de Poudlard, plus précisément vers le Saule Cogneur.

- Tu te souviens où se déroulait la Première Tâche ? demanda Albus en faisant faire une pirouette à son rat.

- Pas loin de la Forêt… marmonna Scorpius. Si tu pars du château, tu vas tout droit, puis après tu contournes jusqu'à ne plus voir la cabane d'Hagrid et Poudlard.

Son ami sourit :

- Quelle mémoire ! Je t'envie !

- Et moi, je ne t'ai jamais vu aussi enthousiaste…

Albus se releva et se laissa tomber près de lui sur le lit qui grinça férocement :

- Avoue que c'est plutôt pas mal ! On est en train de vivre une grande aventure passionnante !

Scorpius ouvrit la bouche pour protester, lui faire remarquer judicieusement que c'était tout sauf « passionnant » ! Surtout quand on se fait tabasser par des livres magiques dans le bureau de la Ministre de la Magie, mais le sourire ravi d'Albus lui coupa net l'envie de râler.

- Ouais, ouais… fut sa réponse.

Il croisa les doigts dans sa poche. Au moins, ils n'étaient plus très loin de l'Ecole, ce qui était plutôt un grand pas positif en avant ! Dans quelques heures, tout ceci serait enfin terminé et peut-être même que dans quelques semaines il rira bien en se rappelant de cette rentrée des plus mouvementées.

Entendant des bruits de pas en provenance du rez-de-chaussée, les deux amis tournèrent la tête et virent bientôt Delphini Diggory les rejoindre, un sac jeté sur l'épaule. Essoufflée, les joues rosies par l'effort, elle leur sourit :

- Pardon pour le retard, Amos ne se sentait pas très bien, il a fallu que je reste un peu plus longtemps que prévu…

Inquiet, Albus se mit debout :

- Il va mieux ?

L'air soucieux, la jeune femme hocha la tête :

- Pas vraiment… Il n'est plus tout jeune, tu sais…

- Alors, plus vite on pourra exaucer son souhait et lui ramener Cédric, mieux ça sera ! déclara l'adolescent en frappant dans ses mains.

Elle acquiesça :

- Il nous aide beaucoup, il a eu d'ailleurs une bonne idée pour que nous puissions être plus discrets dans la foule.

Curieux, Scorpius regarda le paquetage apporté par Delphini qui s'assit sur le lit en défaisant les lanières. Albus écarquilla des yeux en voyant les trois robes rouge écarlate qu'elle sortait triomphalement.

- Discret… ? En rouge… ? s'étonna-t-il.

Par contre, Scorpius avait immédiatement comprit :

- Ce sont des tenues de Durmstrang.

La jeune femme acquiesça en souriant.

- Mais... Comment as-tu fait pour les avoir ?

- Ouhlà ! s'exclama Delphi en riant. C'est un peu compliqué mais pour faire vite : mon oncle a une amie dont le cousin s'est marié avec une russe qui elle-même à un frère qui travaille dans le prêt-à-porter. Il me connait, il m'a suffi d'aller le voir en transplanant. J'ai prétexté que c'était pour faire une farce.

- Wow... Mais pourquoi tous ces efforts ? demanda Albus, le regard brillant.

- Pour nous fondre dans le décor. Mon oncle pense que c'est mieux si nous nous faufilons au milieu des autres écoles, au lieu de Poudlard. Si par hasard, nous étions plus ou moins remarqués, il ne faudrait pas que tous les soupçons soient tournés vers Poudlard qui présente déjà deux Champions au lieu d'un seul.

Albus saisit la robe la plus proche de lui et palpa le tissu beaucoup plus épais que celui de l'uniforme de son école. En levant les yeux, il nota le regard incertain de Scorpius dont les yeux passaient des trois robes, à Delphi, à lui Albus, avant de revenir vers les tenues de Durmstrang…

- Un problème ?

L'adolescent blond afficha une moue vaguement sceptique :

- Autant, l'idée de se camoufler en élèves de Durmstrang me parait bonne, autant je commence à me demander si Delphi ne devrait pas rester ici…

- Mais c'est mon cousin ! protesta immédiatement la jeune femme. Et je suis responsable de vous deux également, s'il vous arrive quelque chose…

Scorpius délaissa le lit à son tour, pensif :

- Oui, justement. Si quelque chose tourne mal, il est peut-être préférable que tu restes ici pour pouvoir nous aider à distance. Et puis, sans vouloir t'offenser… Tu es plus âgée que nous…

- A peine ! l'interrompit Albus. Elle pourrait presque être en dernière année à Poudlard.

- Tu me flattes, Albus, roucoula la jeune femme en rosissant. Mais… je dois bien admettre que Scorpius n'a pas complètement tort, non plus.

Elle toucha sa longue chevelure argentée, vraisemblablement dépitée à l'idée de ne pas pouvoir les accompagner comme prévu.

- Moins on sera à se déplacer dans le temps, moins on prendra de risques, continua Scorpius en enfilant la robe rouge. Albus et moi sommes parfaitement aptes pour jeter les sortilèges convenus sur Cédric.

Delphi les observa avec inquiétude :

- Vous arriverez à faire fonctionner le Retourneur de Temps ?

Scorpius attrapa l'artefact posé sur une vieille table et répondit d'une voix rassurante :

- Oui. C'est pas difficile, j'ai eu tout l'après-midi pour l'étudier.

- Parfait alors… murmura-t-elle. Dans ce cas, préparez-vous, puis je vous accompagne tout de même jusqu'au Parc de Poudlard. Je vous laisserai au pied du Saule Cogneur et la suite dépendra de vous deux.

Guère rassuré de savoir que leur amie ne vivrait pas l'aventure avec eux, mais également soulagé de savoir qu'au moins elle serait en sécurité en cas de pépin, Albus imita Scorpius et se changea également. Il enfila toutefois sa cape de sorcier noir par-dessus la tenue écarlate, préférant ne pas être trop visible en pleine nuit noire dans le Parc.

- Prêt ? demanda l'adolescent quelques minutes plus tard.

Scorpius hocha simplement la tête. Il avait également enfilé sa cape pour passer plus inaperçu. Le visage un peu plus pâle qu'à l'ordinaire, Albus sortit d'un pas résolu de la pièce poussiéreuse où ils avaient passé ces dernières heures. Scorpius soupira intérieurement en regardant les traces visibles de leurs chaussures sur le plancher, puis lui emboita le pas, suivi par Delphini. En silence, ils descendirent les escaliers grinçants dont le bois, fragilisé par les années, grinçait effroyablement. Le trio traversa la pièce du rez-de-chaussée, et s'engagèrent ensuite dans un long tunnel.

- Lumos, souffla Delphi en levant sa baguette au-dessus de sa tête, autant qu'elle le pouvait, pour éclairer les lieux au mieux.

Albus avançait d'un pas vif, resserrant parfois sa cape, peu rassuré par les ombres informes qui se dessinaient sur les murs. Il avait l'impression de voir un oiseau noir les suivre, mais quand il tournait la tête vers la forme, il ne voyait que sa silhouette déformée sur les parois.

Au bout d'une bonne demi-heure de route, ils arrivèrent au pied du Saule Cogneur que Delphini maintenait inoffensif à l'aide d'une branche, le temps que ses deux amis sortent du passage secret. Toujours sans échanger un mot, ils avancèrent encore, juste assez pour se mettre hors de portée des branches. Scorpius jeta un regard par-dessus son épaule. Poudlard se découpait devant la voûte céleste étoilée, il voyait la lumière derrières les fenêtres et regretta, une nouvelle fois, de ne pas être à l'intérieur.

- Je vous laisse ici, déclara Delphini Diggory en s'arrêtant au pied d'un chêne. Vous connaissez la route ?

Albus acquiesça en pointant du doigt leur direction :

- On longe la lisière de la Forêt Interdite, par-là, et on s'arrête pas loin de là où il y avait l'enclos des dragons.

La jeune femme sourit :

- Je compte sur vous, les garçons.

- Tu peux ! répondit Albus avec un grand sourire.

Un rire cristallin et léger jaillit des lèvres de Delphi :

- Oui.

Ses yeux noirs dévisagèrent ses compagnons d'aventure avec une vive émotion. Elle serra une main de Scorpius entre les siennes :

- Merci d'avoir bien voulu nous aider, au fait. Je sais que tu étais réticent au début, mais je suis rassurée de savoir qu'Albus part avec toi.

L'adolescent hocha la tête, en s'efforçant de ne pas montrer à quel point il était inquiet et mourrait d'envie de faire demi-tour, de courir jusqu'au Château, et de se cacher ensuite dans la Salle Commune des Serpentards jusqu'à la fin de ses jours. La jeune femme se tourna ensuite vers Albus et posa ses deux mains fines et gracieuses sur ses épaules :

- Merci, à toi aussi. N'oubliez pas une chose, tous les deux : ce soir, vous avez une occasion qu'on n'a pas souvent… L'occasion de changer l'histoire…. Et de changer le temps lui-même.

Elle baissa les yeux un bref instant, avant d'achever dans un murmure de confidence :

- Et mieux encore… vous avez une chance de rendre son fils à un vieil homme malade.

L'adolescent hocha la tête, se sentant tout à coup capable de déplacer des montagnes pour voir le visage rayonnant de joie de son amie. Il était impatient de revenir et de lui annoncer qu'ils avaient réussi ! Miss Diggory lui adressa un chaleureux sourire, confiante, et se pencha. Délicatement, elle lui embrassa les deux joues pour le remercier.

- On devrait avancer, lança Scorpius qui continuait son chemin vers la Forêt. Nous sommes dans l'enceinte de Poudlard, et peut être que les profs savent déjà que l'on est ici.

Remerciant l'obscurité de la nuit de dissimuler ses joues brûlantes, Albus bredouilla :

- Il a raison. Tu devrais rentrer prendre soin d'Amos, Delphi ! Tu sauras bien assez vite si on a réussi !

- Oui, murmura-t-elle en lui remettant machinalement une mèche de cheveux noire en place. A bientôt, Albus.

L'adolescent décampa et se dépêcha de rejoindre son ami. Scorpius lui jeta un vague coup d'œil :

- Tu es blanc. Et un peu rouge, aussi. Et on dirait que tu sautilles presque de joie…

Albus marmonna une réponse vague, sans queue ni tête et accéléra le rythme. Il ne résista pas à l'envie de regarder derrière eux et aperçut la silhouette de Delphi qui leur faisait signe de la main, les doigts levés en V de la victoire.

Le regard fixé droit devant lui, Scorpius avançait, les sourcils froncés.

- Quelque chose ne va pas ? demanda Albus en remarquant l'expression soucieuse de son camarade.

L'adolescent blond se mordilla la lèvre inférieure, hésita, puis finit par lâcher à mi-voix :

- Tu sais que si on réussit, ce que j'espère… Il y a de fortes probabilités pour que Delphini ne se souvienne pas du tout de nous, lorsque l'on reviendra ?

Albus cligna des yeux :

- Comment ça ?

- Bah… Comme nous sommes les seuls à voyager dans le temps, nous serons les seuls à savoir la vérité, expliqua Scorpius d'une voix douce et prudente. Si nous sauvons Cédric, nous ouvrons un nouveau présent où il sera en vie et ça sera normal pour tout le monde. Du coup, Amos ne pleurera jamais la perte de son fils, ne viendra pas se plaindre à ton père… et tu n'auras alors pas rencontré cette fille.

Albus fut frappé par la justesse du raisonnement. Pas un instant, il n'avait pensé à ça ! Fébrilement, il se retourna, mais Delphini n'était plus visible. En voulait aider son amie, il allait donc la perdre ! Dépité, l'adolescent soupira en se rapprochant de son meilleur ami, les mains enfoncées dans les poches.

- Tant pis… Je prends le risque. Et puis, Delphini ne disparaitra pas parce que son cousin est sauvé ! Du coup, rien ne m'empêchera de reprendre contact avec elle pour redevenir son ami ! se consola-t-il. Nous serons des héros de l'ombre !

Scorpius opina du chef :

- Ouais… les deux seuls à savoir…

Il avait vaguement espéré que sa remarque ferait réagir Albus autrement, que ce dernier aurait soudain l'idée d'annuler ce voyage suicidaire. Mais non, vraisemblablement son ami préférait jouer les « héros » comme il disait et reconquérir le cœur de sa belle dès qu'il le pourrait. Et en même temps... Peut-être que si Delphi les oubliait, ce ne serait pas si mal ? Puisque...

- Et si j'arrive à redevenir son ami, je lui raconterai tout ! déclara soudain Albus. Elle sera surement heureuse alors d'apprendre tout ce qu'on a fait pour elle, tu ne crois pas ?

- Sûrement… se contenta de répondre Scorpius.


Vous aurez la suite demain :)

Merci, merci vous toutes et tous qui me suivez ! Je dois avouer que je m'attendais à être suivi par 2-3 personnes maximum, voire que j'allais vaguement me faire lyncher plus souvent parce que j'osais soit trop suivre, soit pas assez, le script d'origine... Grâce à vos commentaires, vos mp, j'suis bien motivée ! Je vous embrasse tous fort et je vous souhaite une bonne journée / soirée / nuit,, d'ici demain !